thérapie génique l.f.
gene therapy
Utilisation thérapeutique de l'ADN qui consiste à introduire du matériel génétique dans les cellules somatiques de l'organisme afin de lui apporter un nouveau gène pour remédier à l'insuffisance qualitative ou quantitative d'un gène altéré, pour moduler l'expression génétique endogène ou corriger l'anomalie structurale d'un gène muté.
Dans la prévention de la resténose coronaire, technique de transfert de matériel ADN dans l'épaisseur de la paroi vasculaire, dans le but de contrôler le processus moléculaire de la resténose. Cette thérapeutique est en cours d'évaluation pour le traitement de certaines tumeurs malignes, des infections et des déficits congénitaux ou acquis.
transgénique (animal) l.m.
Animal dont le génome a été modifié de manière stable et qui transmet cette modification à sa descendance.
Dans le cas de la Souris, l’obtention d’individus transgéniques repose sur l’utilisation de cultures de cellules souches embryonnaires isolées au stade de blastocytes.
L’utilisation de telles souris permet diverses analyses dont des modifications du génome : mutations nulles, insertion de copies multiples du gène, introduction d’un gène rapporteur sous le contrôle du promoteur du gène...
transposon n.m.
transposon
Séquence d’ADN capable de s’insérer dans un génome ou un plasmide et de se déplacer d’un site à un autre sur un même brin d’ADN ou sur un autre brin ("gêne sauteur").
Un transposon peut contribuer à des réarrangements de portions de génome et être ainsi à l’origine de nouveaux gènes . Lorsqu’un transposon se place dans un gène, celui-ci perd son activité.
Un transposon comporte à ses extrémités des séquences répétées inverses qui permettent l’insertion (séquence d’insertion). Il comprend le gène d’une transposase, enzyme nécessaire à la transposition. Il peut inclure différents gènes dans sa partie centrale, en particulier des gènes de résistance aux antibiotiques.
Certains transposons, hautement mutagènes, comme dans le maïs ou le riz, pourraient jouer un rôle important dans l’évolution des génomes.
[Q1]
Édit. 2017
transsexualisme n.m.
transsexualism
« Condition d’hommes comme de femmes, sans anomalies biologiques constantes connues, qui ont le sentiment intense et pénible de ne pas être de leur sexe de naissance mais d’appartenir au sexe opposé ; les transformations corporelles qu’ils demandent en conséquence aux chirurgiens plasticiens et aux endocrinologues portent sur les signes sexuels primaires et secondaires et ont, pour les transsexuels, valeur de rectification. Aucun délire de type schizophrénique n’est détectable » (P.H. Castel).
Le transsexualisme est une « maladie » autodiagnostiquée (un ressenti), dont la thérapie est autoprescrite (forte demande d’un acte médical et chirurgical irréversible) et dont le résultat est auto-évalué (après une telle transformation l’individu perd toute liberté d’évaluation autre que d’un succès), ce qui la rend extrêmement complexe à gérer médicalement, philosophiquement, du point de vue de l’éthique médicale et du point de vue juridique ( voir sur ces développements l’excellent article de P.H. Castel in « Dictionnaire de la pensée médicale » sous la direction de D. Lecourt, PUF édit. Paris 2004).
Le transsexuel souhaite un aboutissement total de sa démarche. En France il lui faut pour cela suivre un parcours complexe auprès d’un collège d’experts agrées : psychiatre qui éliminera toute comorbidité psychiatrique du transsexualisme et endocrinologue qui seulement alors pourra entreprendre le traitement , ces deux praticiens devant assurer un suivi suffisamment prolongé (18 mois à 2 ans en moyenne) pour mettre le candidat au changement morphologique de sexe à l’épreuve de sa décision ; ce n’est qu’après cette première phase que le chirurgien pourra réaliser son intervention non sans avoir bien informé à nouveau son patient des gestes qui seront réalisés et de leur caractère définitivement irréversible. Toute proportion gardée la transformation d’un homme en femme, du moins dans sa morphologie externe, est chose relativement aisée à pratiquer. La transformation d’une femme en homme, beaucoup plus rarement demandée, est de réalisation beaucoup plus complexe en ce qui concerne les organes génitaux externes. Surtout dans ce dernier cas il arrive que le postulant transsexuel interrompe de lui-même la série des opérations chirurgicales programmées. La fonction de procréation n’est bien évidemment jamais établie.
Au terme de cette transformation morphologique plus ou moins complète ou réussie (certaines sont remarquables), le transsexuel doit demander à un tribunal de grande instance son changement de sexe et de prénom sur les registres de l’état civil. Pour cela un collège d’experts (un psychiatre, un urologue et un chirurgien généraliste) sont commis par ordonnance du juge pour attester du changement de sexe apparent du demandeur. L’expertise porte tant sur l’état psychique que sur l’examen morphologique. En fonction des réponses données dans le rapport d’experts, le juge, seul compétent en la matière, rend son ordonnance en droit.
La découverte du gène SRY (Sex-determining Region of Y chromosome) sur le bras court du chromosome Y en Yp11.31, codant pour la proteine TDF (Testis-Determining Factor) a permis de comprendre certains aspects biologiques et génétiques du transsexualisme. La mutation ou l’absence du gène SRY chez l’homme XY entraîne un développement morphologique féminin. L’activation ou la translocation du gène SRY vers le chromosome X oriente le sujet XX vers une morphologie masculine ; l’identité sexuelle ressentie restant orienté en fonction des hormones circulantes.
P.H. Castel, psychanalyste français (2003) ; M. Hirschfeld, médecin sexologue allemand (1910) ; H. Benjamin, endocrinologue et sexologue américain (1966)
Syn. syndrome de Benjamin
→ dysphorie de genre, homosexualité, uranisme, lesbianisme, saphisme, transvestisme, Benjamin (syndrome de), gène SRY
triplet (CGG) n l.m.p.
triplet (CGG) n
Triplet dans la région 5' du gène FMR1 (Xq27.3).
L'inhibition de la transcription du gène FMR1 (Xq27.3), causée par l'expansion de la répétition de triplets (CGG) n dans sa région 5' non traduite et les méthylations qui s'en suivent, est à l’origine du syndrome de l'X fragile. Ces mutations complètes proviennent d'allèles instables, prémutés (55 à 200 répétitions de CGG). Les prémutations sont notamment associées à un risque d'insuffisance ovarienne précoce (IOP) chez les femmes et au syndrome tremblement-ataxie lié à une prémutation de l'X fragile. De rares cas de mutations ponctuelles intragéniques de FMR1 sans expansion de répétitions CGG ont été décrits. Le gène FMR1 code pour la protéine FMRP, une protéine de liaison de l'ARN qui régule la synthèse protéique et d'autres voies de signalisation dendritiques. L'inhibition transcriptionnelle de FMR1 réduirait la plasticité et la modulation synaptique dans l'ensemble du cerveau, y compris l'hippocampe.
Syn. CGG trinucléotide
→ triplet, FMR1 gene, syndrome de l'X fragile, syndrome tremblement-ataxie lié à une prémutation de l'X fragile, protéine FMRP
[H1,O1,O6,Q2]
Édit. 2017
tritanopie n.f.
tritanopia
Déficience de la perception du bleu, ou cécité au bleu, les sujets affectés n'ayant plus la vision du bleu et du jaune.
Le jaune correspondant à la bande neutre des tritanopes (entre 568 et 578 millimicrons) n'est pas perçu. Ne pas confondre avec les atrophies optiques juvéniles dominantes qui donnent un déficit jaune-bleu acquis secondaire, l'ERG permettant la distinction. L'anomalie n'est pas dépistée par le test d'Ishihara mais au 100 HUE ou au test Hardy-Rand-Rittler. La fréquence de l'affection est entre 1/13000 et 1/65000 selon W.D. Wright (1952). Le gène du pigment bleu (BCP) a été cloné par J. Nathans et localisé en 7q31.3-32. Trois mutations sur ce gène (BCP) sont actuellement connues et donnent une tritanopie. L'expressivité du gène est variable. La forme anciennement dite liée au sexe est une tritanomalie donc moins sévère voire une tritanomalie partielle. L’affection est autosomique dominante (MIM 190900).
S Ishihara, ophtalmologiste japonais (1917 et 1960) ; W. D. Wright, docteur en sciences britannique (1952) ; J. Nathans, biochimiste américain (1986) ; L. Hardy, ophtalmologiste américain, Gertrude Rand, psychologiste américaine, M. Catherine Rittler, technicienne américaine (1950)
Syn. dyschromatopsie tritan
→ Ishihara (test d'), Hardy-Rand-Rittler (atlas de)
tyrosine-transaminase (déficit en) l.f.
tyrosine transaminase deficiency
Maladie exceptionnelle avec retard intellectuel, signes cutanés (hyperkératose palmoplantaire), et signes ophtalmologiques (kératite bilatérale superficielle).
Elle débute à la naissance, avec retard psychomoteur, hépatosplénomégalie, et hyperkératose palmoplantaire parfois douloureuse. La kératite donne une photophobie très marquée, des opacités cornéennes (cristaux en aiguille) et des ulcérations dendritiques d'allure herpétique sans hypoesthésie et avec néovascularisation. On trouve également un épaississement de l'épithélium conjonctival et la cataracte a été rapportée pour un cas. Il existe trois types principaux de tyrosinémie ; le type I infantile précoce aigu donne des lésions hépatorénales, le type II donne des manifestations oculaires et cutanées (Richner-Hanhart), et le type III un léger retard mental. Le locus du gène type I déficit en fumarylacétylacétique-hydroxylase est en 15q23-q25, le locus du gène du type II, tyrosine-aminotransférase hépatique (TAT), est en 16q21.1-22.3, le locus du gène de type III, déficit en 4-hydroxyphénylpyruvate-dioxygénase est en 12q14-qter. L’affection est autosomique récessive (MIM 276600).
H. Richner, dermatologiste suisse (1938) ; E. Hanhart, médecin interniste et généticien suisse (1947)
Syn. déficit en tyrosine-aminotransférase, dystrophie cornéenne, Richner-Hanhart (syndrome de)
UGT1A1 gene sigle angl. pour UDP glucuronosyltransferase family 1 member
Gène localisé en 2q37 appartenant à la famille des gènes qui dirigent la formation des enzymes UDP-glucuronosyltransferases.
Ces enzymes dirigent la glucuronisation qui attache l’acide glycuronique à une de nombreuses substances.
Sous l’influence du gène UGT1A1 l’uridine diphosphate glucuronosyl transférase est l’unique enzyme qui dirige la glycuroconjugaison de la bilirubine permettant sa solubilité et son excrétion.
Une mutation de ce gène est à l’origine de la maladie de Gilbert du syndrome de Crigler-Najjar (types 1 et 2)
et de l’hyperbilirubinémie néonatale familiale transitoire.
Syn. BILIQTL1, bilirubin-specific UDPGT isozyme 1, GNT1, HUG-BR1, UD11-HUMAN, UDP-glucuronosyltransferase 1-A, UDP glucuronosyltransferase 1 family, polypeptide A1, UDP-glucuronosyltransferase 1A1, UDP glycosyltransferase 1 family, polypeptide A1, UDPGT, U
→ Gilbert (maladie de), bilirubine, bilirubine conjuguée, Crigler-Najjar (syndrome de)
vecteur de criblage d'un promoteur l.m.
promoter screening vector
Vecteur de clonage contenant un gène d'expression sans promoteur.
Lors d'un clonage moléculaire, l'expression de ce gène permet de détecter la présence d'un promoteur dans la séquence clonée en amont de ce gène.
→ clonage
vecteur de récupération l.m.
retriever vector
Vecteur de clonage contenant les séquences encadrantes d'un gène chromosomique capable de se recombiner au niveau de ce gène avec le chromosome et, après duplication de ce gène, de le récupérer sans délétion du chromosome.
→ clonage
von Recklinghausen (maladie de) l.f.
von Recklinghausen's disease
1) Neuroectodermose, génopathie transmissible selon le mode autosomique dominant, caractérisée par des taches cutanées de couleur café au lait, des tumeurs fibromateuses de la peau, des nerfs (gliomes), du système nerveux central, d'adénomes et de tumeurs viscérales.
Certaines de ces tumeurs peuvent devenir malignes.
La maladie fait partie des phacomatoses, le terme de von Recklinghausen doit être réservé à la forme périphérique de neurofibromatose (type 1). On observe parmi les signes et complications : l'anomalie du sphénoïde, le méningiome, le neurinome de l'acoustique, le phéochromocytome, la dégénérescence maligne des tumeurs, la scoliose, la pseudoarthrose du tibia, et le retard mental. Au niveau oculaire il existe un neurinome du nerf optique, le névrome plexiforme de la paupière, les nodules iriens de Lisch (hamartomes iriens) et le glaucome. Le locus du gène (NF1) est en 17q11.2. Le gène code pour la neurofibromine, protéine inactivant le proto-oncogène p21ras. Plus de dix mutations distinctes ont été décrites. Le type 2, concerne le système nerveux (neurinome bilatéral de l'acoustique, méningiome) avec des lésions cutanées moindres, le gène responsable (NF2) est en 22q12 code pour la schwannomine. Le diagnostic prénatal par marqueurs est possible. L’affection est autosomique dominante (MIM 162200, avec 50% de mutations de novo)
2) Ostéite fibrokystique correspondant à un hyperparathyroïdisme généralement dû à un adénome de la parathyroïde, caractérisée par une hypercalcémie à 150, voire 200mg/L, soit à 7 à 10 mEq, une hypophosphatémie, une élimination phosphocalcique excessive par les reins, et par des lésions osseuses permettant un diagnostic radiologique.
Ces troubles sont liés à l'augmentation de sécrétion de parathormone.
F. D. von Recklinghausen, anatomopathologiste allemand (1882) ; K. Lisch, ophtalmologiste autrichien (1937)
Syn. neurofibromatose de type I
→ parathormone, hyperparathyroïdisme
WAGR (syndrome) l.m. sigle angl. pour Wilms tumor-Aniridia-Genitourinary anomalies-mental Retardation syndrome
Anomalies congénitales dues à une microdélétion en 11p13 de plusieurs gènes s'exprimant par une tumeur de Wilms, une aniridie, des anomalies urogénitales, une hémi-hypertrophie et un retard mental.
L’aniridie, presque constante, peut être partielle et accompagnée de ses complications habituelles, glaucome et cataracte précoces, les anomalies génito-urinaires vont de l’ambiguïté sexuelle à l’ectopie testiculaire Le retard mental peut être variable. La délétion entraîne la perte de plusieurs gènes en continuité en 11p13 : le gène WT1 (Wilms tumor 1) et le gène PAX6 (Paired box 6), codant pour des facteurs de transcription impliqués dans le développement de l’œil, des organes sensoriels et du cerveau. Si la délétion du gène WT1 est présente dans l’aniridie le risque de tumeur de Wilms est supérieur à 50%. L’affection est sporadique et de novo dans la plupart des cas, elle peut cependant être transmise lors de translocation parentale. (MIM 194072).
R.W. Miller, épidémiologiste américain (1964), M. Wilms, chirurgien allemand (1899)
→ Wilms (tumeur de), néphroblastome, aniridie, PAX6 gene
Wilms (tumeur de) l.m.
Tumeur maligne rénale avec cellules de type embryonnaire, volumineux, rapidement évolutif, observé chez les jeunes enfants.
L'âge moyen de constitution est d'environ trois ans, mais cette tumeur embryonnaire peut également survenir chez l'adolescent et l'adulte. Elle se développe à partir du blastème rénal et comporte dans sa structure des éléments épithéliaux, fibreux et blastémateux (mésenchyme immature). L'extension peut être locale, rétropéritonéale par rupture de la capsule, veineuse et ganglionnaire. Les métastases sont essentiellement pulmonaires. Cette tumeur est associée parfois à des malformations génito-urinaires, à une aniridie ou à une hémi-hypertrophie corporelle, à des anomalies génito-urinaires, à un retard mental, à un syndrome de Beckwith-Wiedemann.
Le syndrome de WAGR (Wilms tumor-Aniridia-Genitourinary anomalies-mental Retardation, secondaire à une microdélétion) à a permis l'approche du gène de la tumeur de Wilms (aniridie et retard mental correspondent à des gènes séparés car ils ne sont pas toujours présents dans le WAGR). Le gène de la tumeur de Wilms est de type "tumeur suppresseur" ou anti-oncogène, il contrôle la prolifération et la différenciation des tissus et présente deux mutations l'une germinale et l'autre sporadique (hypothèse de Knudson, comme pour le rétinoblastome). Trois locus sont en jeu, le premier locus (WT1) localisé en 11p13 avec gène candidat AN2, le deuxième locus (WT2) en 11p15.5 très proche et le troisième locus (WT3) en 16q. L’affection est autosomique dominante (MIM 194070).
M. Wilms, chirurgien allemand (1899) ; F.V. Birch-Hirschfeld, anatomopathologiste et bactériologiste allemand (1898) ; A. G. Knudson Jr, généticien américain (1971)
Syn. néphroblastome, Birch-Hirschfeld (tumeur de)
→ WAGR (syndrome), Beckwith-Wiedmann (syndrome de), néphroblastome
xyphoïdalgie n.f.
YARS2 gene acr. angl.pour tyrosyl-tRNA synthetase 2 mitochondrial
Gène localisé en 12p11.21, qui code pour une protéine mitochondriale catalysant la fixation de la tyrosine à tRNA(Tyr).
Une mutation de ce gène est associée à la myopathie, l’acidose lactique et l’anémie sidéroblastique type 2 (MLASA2)
L.G. Riley, généticienne australienne (2013)
→ myopathie, acidose lactique et anémie sidéroblastique
[Q1,F1,H1,2015]
Zellweger(syndromede) l.m.
cerebrohepatorenal syndrome
Peroxysomopathie létale avec syndrome néonatal malformatif comprenant une hypotrophie, des malformations osseuses (crâne, mains, pieds), une dysmorphie faciale, une hépatomégalie, des reins polykystiques et une cécité (pratiquement à la naissance).
Les malformations osseuses du crâne s’accompagnent d’anomalies faciales et cérébrales : petite taille, hypotonie, retard mental sévère, convulsions et surdité. Le front est haut et proéminent, les paupières bouffies et d'obliquité mongoloïde, avec épicanthus et hypertélorisme. Il peut y avoir un ictère (hépatomégalie avec dysgénésie biliaire intrahépatique), de petits kystes glomérulaires rénaux. On peut observer des globes proéminents, des opacités cornéennes, un nystagmus, des taches de Brushfield, une cataracte (30 % des cas), un glaucome chronique (20 %), une dystrophie maculaire, une dystrophie rétinienne périphérique avec pigmentations "ostéoblastiques" et un ERG éteint dès les premières semaines. Les sujets hétérozygotes de la maladie présentent de petites opacités cristalliniennes. A l'IRM on découvre une gyration corticale anormale sans microcéphalie. Il s'agit d'une maladie avec anomalies des peroxysomes et des mitochondries.
Trois locus pour le gène ZWS1 localisation en 7q11.23 (gènes PEX2,PEX5, PEX6,PEX12, MIM 214100 ; MIM 214110), pour le gène PAF1 (PXMP3) en 8q21.1 (MIM 170993.0001-2), pour le gène (PXMP1) en 1p22-p21. L’affection est autosomique récessive (MIM 170993 ; 170995).
H. Zellweger, médecin américain (1964)
Syn. cérébrohépatorénal (syndrome)
Clove (syndrome de) l.m.
Clove syndrome
Syndrome caractérisé par des excroissances lipomateuses congénitales, des malformations vasculaires combinées complexes et progressives du tronc et par des nævi épidermiques.
Les patients présentent également une répartition anormale et disproportionnée du tissu adipeux, sous l’aspect d’hamartomes. Le syndrome CLOVE peut être associé à une scoliose de sévérité variable et à un élargissement des os sans croissance osseuse excessive. Contrairement à la déformation squelettique caractéristique du syndrome Proteus, celle du syndrome CLOVE apparaît uniquement après chirurgie majeure. Une asymétrie crânienne et des manifestations du système nerveux central (convulsions généralisées, hémimégalencéphalie, dysgénésie du corps calleux et défauts de migration neuronale) ont été rapportées occasionnellement.
La prévalence de la maladie est inférieure à un pour 1 million. Environ 1000 patients en souffrent en France. Ce syndrome est lié à des mutations survenant durant l’embryogénèse du gène PIK3CA. Ce gène activé en permanence favorise une croissance anarchique de certaines parties du corps. Jusqu’à présent, il n’existait pas de traitement. Récemment, un traitement bloquant de façon spécifique les effets de la mutation de ce gène a été découvert..
Étym. CLOVE : acr.pour Congenital Lipomatous Overgrowth, Vascular malformations, and Epidermal nevi
Réf. Orphanet(2009)
→ lipome, hamartome, Proteus (syndrome), nævus épidermique
[I2,J1,K4,Q2]
Édit. 2018
ABCG5 gene sigle angl. pour
ATP binding cassette subfamily G member 5
Gène localisé en 2p21 codant la stéroline-1, une sous-unité de la stéroline.
L’autre sous-unité, la stéroline-2 est produite par le gène ABCG8. L’hétérodimère est un transporteur membranaire de stéroles.
Les mutations du gène ABCG5 sont responsables d’un déficit du transporteur, qui entraîne une sitostérolémie par défaut d’élimination des stérols d’origine végétale.
D’autres mutations sont responsables de lithiase biliaire.
Syn. ABCG5_HUMAN, ATP-binding cassette sub-family G member 5, ATP-binding cassette, sub-family G (WHITE), member 5, ATP-binding cassette, subfamily G, member 5 sterolin 1, STSL
→ bêta-sitostérolémie, lithiase biliaire, stéroline
[C1,C3,L1]
Édit. 2017
PCDH19 gene l.m. sigle angl. pour protocadherin 19
Gène situé en Xq22.1, codant la The PCDH19- encoded protein is a protocadherin, a neuronal adhesion protein that plays an important role in early development of the central nervous system. protocadhérine, protéine d'adhésion neuronale qui joue un rôle important dans le développement précoce du système nerveux central.
Le chromosome Y mâle serait capable de compenser les mutations du gène dans le chromosome X, alors que le deuxième chromosome X femelle ne le peut pas.
Ce gène a été impliqué dans divers tableaux épileptiques, dont l’encephalopathie épileptique infantile précoce (Early infantile epileptic encephalopathy 9) une forme d’épilepsie sensible à la fièvre débutant la première année de vie ayant certaines similitudes avec le syndrome de Dravet dans certains cas: le début avant 1 an, le développement psychomoteur normal au début de l’épilepsie, l’existence de crises en série, l’installation de troubles cognitifs et du comportement, le caractère sévère de l’épilepsie. Cependant, avec les progrès dans la description de l’épilepsie liée aux mutations de PCDH19, des différences notables ont été soulignées qui permettent de différencier les patients des porteurs d’un syndrome de Dravet typique :
- les états de mal sont rares, il s’agit avant tout de séries de crises brèves,
- les crises sont très différentes ; il s’agit de crises focales cyanosantes, impliquant surtout les régions antérieures,
- la sensibilité à la fièvre est moindre,
- Il peut exister une authentique régression autistique après les orages de crises.
En cas de syndrome de Dravet chez une fille, sans anomalie de SCN1A, la recherche de mutation de PCDH19 peut donc être proposée.
Syn. EFMR, EIEE9
→ Dravet (syndrome de), encéphalopathie infantile épileptique précoce
[H1,O1,O6,Q2]
Édit. 2017
empreinte parentale l.f.
genomic imprinting
Expression par certains gènes d’un seul allèle transmis par le père ou par la mère.
Ces gènes ont donc une empreinte qui a été mise par l’un des deux parents et qui fait que l’allèle transmis s’exprime ou pas. Ces marques sont de nature épigénétique, c’est à dire qu’elles sont transmises à la génération suivante sans que la séquence de l’ADN ne soit modifiée. Pour ce que l’on en sait aujourd’hui, sur le plan moléculaire, ces marques résultent de méthylations des cytosines de l’ADN, et/ou de modifications post-traductionnelles des histones (acétylation, méthylation etc.) ou encore de modifications de la structure de la chromatine. Ces marques peuvent avoir un effet activateur de l’expression du gène ou au contraire inhibiteur, mais elles ne sont présentes que sur l’un des deux allèles du gène. Une mutation récessive d’un de ces gènes se traduira par une maladie qui n’apparaîtra que si l’allèle muté a été transmis par le parent qui l’exprime. Chez l’homme, par exemple, le syndrome de Prader-Willi, caractérisé par une hypotonie, une obésité, une petite taille et un retard mental, est dû à une mutation sur le chromosome 15 paternel, non suppléée par la copie maternelle demeurée silencieuse. De même le gène de l’IGF2 (Insulin like Growth Factor) est soumis à une empreinte parentale avec une expression sélective des allèles paternels. Une levée de l’empreinte est observée dans le syndrome de Beckwith-Wiedemman qui est associé à une macrosomie fœtale, une prédisposition tumorale et une hypoglycémie néonatale.
→ syndrome de Prader-Willi, IGF2, syndrome de Beckwith-Widemman, allèle, épigénétique
[Q1]
Édit. 2020
gene Foxp2
Forkhead-box P2
Gène codant pour la protéine de même nom qui est un facteur de transcription de nombreux autres gènes et joue un rôle majeur dans le développement du langage et de la parole en ce qui concerne l’articulation, mais aussi la compréhension
Le gène est situé sur le bras long du chromosome 7 et code pour une protéine de 715 acides aminés dont le domaine Forkhead se lie à l’ADN. Cette protéine intervient dans les communications verbales chez l’homme comme chez l’animal. Des variants du gène ont été retrouvés dans la schizophrénie et l’autisme. Une famille porteuse d’une mutation (famille KE) a été particulièrement étudiée. Les sujets porteurs sont atteints de dyspraxie verbale (difficulté de répéter les mots usuels et inventés) et orofaciale limitée aux muscles de la face. Cette maladie héréditaire est à transmission autosomique dominante.
[L1, Q1, Q2]
Édit. 2020
addiction oncogénique l.f.
oncogene addiction
Dépendance d’un cancer à l’altération d’un gène dit gène « driver » ou de quelques gènes telle qu’une mutation ou un réarrangement chromosomique avec fusion de deux gènes, pour maintenir un phénotype cancéreux et assurer la survie des cellules tumorales.
On a conclu de cette notion l’idée que l’inhibition de l’oncoprotéine codée par ce gène permettrait une thérapeutique efficace de la tumeur. L’exemple le plus ancien est celui du chromosome Philadelphie résultant de la fusion des bras longs des chromosomes 9 et 22 observée dans la leucémie myéloïde chronique. L’inhibition de la protéine kinase impliquée dans cette fusion par l’imatinib conduit au contrôle de la maladie. Un autre exemple est celui de HER2, un récepteur de la famille des récepteurs du facteur de croissance épidermique (EGFR) présent dans de nombreux cancers du sein. Le blocage de son activité par un anticorps monoclonal humanisé, le trastuzamab, inhibe l’évolution de la tumeur. En fait, on ne peut pas faire de ces exemples une règle générale, des échecs nombreux étant survenus dans son application.
→ chromosome Philadelphie, protéine kinase, HER2
[F2, Q1]
Édit. 2020
CDH 1 gene l.m.
acr. angl pour cadherin 1
gène localisé sur le bras long du chromosome 16 (16q 22.1), codant pour la E-cadhérine, protéine qui appartient à la famille des molécules d’adhésion cellule-cellule et qui joue un rôle central dans l’adhésion calcium dépendante des cellules épithéliales, le maintien de la différenciation cellulaire et
de l’architecture normale des tissus épithéliaux.
C'est un gène suppresseur de tumeur. Des mutations de ce gène sont responsables du cancer du sein et du cancer gastrique diffus dans sa forme héréditaire.
Leila Dorling, épidémiologiste britannique (2021) : Chunling Hu, scientifique américaine (2021)
Syn. CAM 120/80 or epithelial cadherin (E-cadherin) or uvomorulin
[F2, L1, Q1]
Édit. 2021
ACADM gene sigle angl. pour Acyl-CoA Deshydrogenase for Medium-chain fatty acids gene
Gène situé sur le chromosome 1, en 1p31, codant pour la protéine mitochondriale MCAD (Medium-chain CoenzymeA Deshydrogenase) intervenant par bêta-oxydation dans la dégradation des acides gras à chaîne moyenne (de C4 à C12) en cas de jeûne ou d’effort intense demandant un surcroît de métabolites énergétiques.
La protéine codée MCAD est formée de 454 acides aminés. Elle peut présenter des mutations provoquant une déficience de l’action enzymatique de l’acyl-CoA deshydrogénase provoquant une hypoglycémie hypocétonique chez le jeune enfant avec un risque de crises convulsives et de coma pouvant entraîner des risques de séquelles neurologiques et même de décès. La mutation la plus commune est le remplacement de la lysine par l’acide glutamine en position 329 (lys329glu) par substitution du codon AAA de la lysine par le codon GAA de l’acide glutamique.
Le nom officiel du gène ACADM est : acyl-CoA desydrogenase (C4 to C12 straight chain.)
Y. Matsubara, généticien japonais (1986)
[Q1]
Édit. 2017
achondroplasie n.f.
achondroplasia
Chondrodysplasie héréditaire à transmission dominante autosomique caractérisée par un nanisme dysharmonieux avec membres courts par arrêt de développement des os dans leur longueur et une atteinte craniofaciale.
L’anomalie est liée à un défaut de conversion du cartilage en os, affectant particulièrement les os longs, prédominant sur les segments proximaux ; les métaphyses sont larges, les diaphyses épaisses. La tête est large avec des bosses frontales saillantes, une ensellure nasale et un prognathisme relatif ; le raccourcissement de la base du crâne donne un aspect brachycéphale. La longueur du tronc contraste avec la brièveté des membres, le rachis est en cyphose, les vertèbres sont étroites, leurs pédicules courts et rapprochés. Le strabisme, l’atrophie optique et l’atteinte des nerfs crâniens sont liés à la dysmorphie craniofaciale. L’intelligence est normale. L’incidence est de 1/ 15000.
L’affection est due à la mutation du codon 380 du gène FGFR3 du récepteur du facteur de croissance des fibroblastes, locus en 4p16.3. 90% des cas sont dus à une mutation récente. L’homozygotie est létale (MIM 100800, pénétrance complète). Une mutation du gène FGFR3 est également trouvée dans le nanisme thanatophore et dans l’hypochondroplasie, affections correspondant sans doute à une forme létale et à une forme modérée de l’achondroplasie (Maroteaux).
J. Parrot, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1878) ; P. Maroteaux, pédiatre et généticien français (1966)
Étym. gr. a : privatif ; chondros : cartilage ; plassein : former
Syn. nanisme achondroplasique
→ Parrot (maladie de), nanisme thanatophore, hypochondroplasie
[I2, Q2]
Édit. 2020
acidurie argininosuccinique l.f.
argininosuccinic aciduria
Déficit en argininosuccinate lyase (également appelée argininosuccinase), enzyme du cycle de l'uréogenèse, entraînant retard mental et physique, hépatomégalie, lésions cutanées, cheveux secs et cassants, avec trichorrhexis nodosa, convulsions et épisodes d'inconscience.
Ce déficit est àl'origine d'une hyperammoniémie, d'une augmentation de l'argininosuccinate plasmatique et d'une hypoargininémie.
Selon N.R. Glick, P.J. Snodgrass, I.A. Schafer, (1976), il existe trois formes :
- néonatale sévère dans les premières semaines de la vie exposant à une intoxication ammoniacale d’évolution rapidement mortelle ;
- infantile subaigüe avec retard de croissance ;
- tardive ou chronique avec troubles neurologiques, arthropathies des membres inférieurs, parfois cataracte.
Le gène de l'argininosuccinate lyase (gène ASL) est localisé en 7cen-q11.2. L’affection est autosomique récessive (OMIM 207900).
D. Allan, pédiatre britannique (1958) ; N. R. Glick, P. J. Snodgrass et I. A. Schafer, médecins américains (1976)
Syn. déficit en argininosuccinate lyase, déficit en argininosuccinase
→ argininosuccinase, acide argininosuccinique, cycle de l'uréogenèse, trichorrhexis nodosa
[C1, H3, J1, L1, P2, Q2]
Édit. 2020