Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

2920 résultats 

jet washer de Gravlee l.angl. m.

Gravlee’s jetwasher

Recueil par lavage énergique de la cavité utérine de cellules endométriales.
Celles-ci sont isolées ensuite par centrifugation du liquide de lavage et soumises à une analyse cytologique.

L. C. Gravlee Jr, gynécologue obstétricien américain (1969)

jonction (complexe de) l.m.

junctional complex

Dispositif apical des cellules épithéliales destiné à assurer leur cohésion et à obturer l’espace intercellulaire.
Il est formé de trois types de jonction, en partant du bord libre cellulaire vers la profondeur : zonula serrée, adhérente et desmosome.

jonction dermoépidermique l.f.

epidermal-dermal junction, dermal-epidermal junction

Située entre épiderme et derme souvent mentionnée sous le nom de membrane basale épidermique, la jonction dermo-épidermique qui se présente comme une ligne sinueuse de 10 nm d’épaisseur semblant séparer la couche basale épidermique de la limite superficielle du corps papillaire dermique a une structure complexe au sein de laquelle au moins 26 composants ont été identifiés et une double fonction d’ancrage des cellules épidermiques et de filtration.
En microscopie électronique on distingue trois zones visibles ; une zone supérieure correspondant au pôle basal des kératinocytes, comportant les hémidesmosomes avec les filaments intermédiaires de cytokératine et la membrane cytoplasmique des kératinocytes basaux ; une zone intermédiaire comprenant un feuillet clair, la lamina lucida, et un feuillet sous-jacent plus foncé, la lamina densa, la lamina lucida étant traversée par les filaments d’ancrage faits de laminine reliant le pôle basal de chaque kératinocyte à la lamina densa ; une zone inférieure correspondant à la sousbasale intradermique superficielle qui contient des fibres de collagène et des microfilaments appelés fibrilles d’ancrage faites de collagène VII reliant lamina densa à des structures denses du derme nommées plaques d’ancrage constituées de collagène IV.
En pathologie de nombreux antigènes contenus dans les différents étages de la jonction dermoépidermique sont impliqués dans le déclenchement de maladies bulleuses telles que pemphigoïdes, épidermolyses, dermatose bulleuse à IgA ; le sérum des malades atteints de pemphigus vulgaire contient des auto-anticorps démontrables par immunofluorescence indirecte dirigés contre certains de ces antigènes, en particulier des anticorps anti-desmogléine-3, protéine appartenant à la superfamille des cadhérines. Dans le lupus érythémateux systémique on observe par immunofluorescence directe des dépôts d’immunoglobulines et de certains composants du complément sur la jonction dermo-épidermique en peau malade mais également en peau saine, la mise en évidence de ces derniers étant à la base du « lupus band test » (LBT) qui a un double intérêt diagnostique et pronostique pour l’étude de la maladie.

Kaposi conjonctival (sarcome de) l.m.

conjunctival Kaposi's sarcoma

Néoformation tumorale maligne ou multiple de la conjonctive, d'aspect rougeâtre, très congestif et parfois hémorragique, actuellement observée surtout dans le cadre d'un sida, et associant une prolifération de cellules fusiformes et de capillaires sanguins.

M.  K. Kaposi, dermatologiste austrohongrois, membre de l’Académie de médecine (1872)

Kaposi (maladie de) l.f.

Kaposi's haemorragic sarcoma

Processus néoplasique multifocal émanant de l'endothélium vasculaire ou lymphatique.
On distingue actuellement quatre formes de la maladie : a) une forme sporadique, de cause inconnue, décrite par Kaposi en 1872, chez des Israélites d'Europe centrale, touchant des sujets âgés, surtout masculins, et localisée principalement aux membres inférieurs : on y observe de l'œdème, ainsi que des tumeurs angiomateuses rouge brun, qui augmentent progressivement en volume et en nombre ; b) une forme endémique africaine (République démocratique du Congo, Ouganda, Rwanda), qui revêt différents aspects cliniques (nodules infiltrés, tumeurs plus ou moins volumineuses, adénopathies) ; c) une forme survenant chez des sujets immunodéprimés (corticothérapie générale, transplantation rénale, lymphomes) ; d) une forme associée au sida.
L'examen histologique montre une prolifération de cellules fusiformes et de vaisseaux, associée à une extravasation d'érythrocytes. L'évolution est lentement progressive dans la forme sporadique, plus rapide dans la forme endémique. Chez le sujet immunodéprimé, la maladie peut régresser spontanément après l'arrêt du traitement immunosuppresseur. Son apparition au cours du sida est d'un pronostic fâcheux.
Il est aujourd’hui admis que toutes les formes de maladie de Kaposi sont liées à une infection par un virus, l’Herpes Virus Humain de type 8 (HHV8), aussi appelé Herpes Virus associé à la maladie de Kaposi (KSHV).

M. K. Kaposi, dermatologue austro-hongrois, membre de l’Académie de médecine (1872)

Syn. acroangiomatose de Kaposi, acrosarcomatose de Kaposi, sarcome de Kaposi (terme impropre), sarcomatose multiple hémorragique de Kaposi

→ Kaposi (maladie de) du sida

KAR sigle angl. m. pour K cell Activation Receptors

Molécules membranaires dont l'interaction avec leur ligand entraîne l'activation des cellules NK.

→ cytotoxicité, cellules NK

Keith et Flack (nœud de) l.m.

Keith-Flack node

Amas de cellules nerveuses situé dans la paroi de l’oreillette droite, près du sinus des veines caves, à proximité de l’orifice de la veine cave supérieure.
Il a la forme d'un croissant à concavité supérieure d'environ 15 à 20 mm x 5 mm. Il est vascularisé soit par un rameau de l'artère coronaire droite (plus de la moitié des cas) soit par un rameau de la coronaire gauche, soit par les 2 artères coronaires (2 à 5% des cas).
Siège du centre de commande de la stimulation électrique du cœur, il est la partie la plus haute des voies intracardiaques de conduction. Il déclenche la contraction cardiaque en conduisant l’influx vers le nœud d’Aschoff-Tawara puis le faisceau de His.

A. Keith, Sir, anatomiste et M. W. Flack, physiologiste britanniques (1906)

Syn. nœud sinusal, ou sino-atrial, ou sino-auriculaire

kératites n.f.p.

Kératopathies d’origines diverses regroupant les kératites infectieuses, filamenteuses, neurotrophique et la kératite ponctuée superficielle de Thygeson.
Parmi les kératites infectieuses on distingue :
-les kératites superficielles qui se manifestent par un ulcère épithélial associé ou non à une atteinte plus postérieure notamment stromale. Elles peuvent être d'origine bactérienne, virale, notamment herpétique ou zostérienne, mycotique ou dues à une infection parasitaire notamment par acanthamoeba ;
-les kératites interstitielles qui  touchent le stroma profond, sans ulcération épithéliale et s'accompagnent souvent d'une néovascularisation. Elles sont secondaires à une infection bactérienne, notamment syphilitique, virale notamment herpétique, parasitaire, ou conséquences d'une atteinte systémique notamment lors du syndrome de Cogan qui associe kératite interstitielle et atteintes vestibulaire.
Les kératites filamenteuses se caractérisent par la présence à la surface de la cornée de filaments composés de cellules épithéliales dégénérées et de mucus. Elles sont la résultante de multiples affections ophtalmologiques, notamment de sécheresse oculaire, ou d'affections générales.
La kératite neurotrophique est une atteinte dégénérative de l'épithélium cornéen caractérisée par une anesthésie cornéenne et une absence de cicatrisation. C'est anesthésie cornéenne peut être la conséquence d'affections oculaires notamment liées au virus herpétique, d'atteinte nerveuse du trijumeau, d'affections  générales ou avoir une origine toxique.
La kératite ponctuée superficielle de Thygeson est une kératite épithéliale de cause inconnue qui n'est associée ni avec une autre pathologie oculaire ni avec une atteinte générale. Elle est caractérisée par des lésions, arrondies ou ovalaires réparties diffusément dans toute la cornée, purement intraépithéliales.

P. Thygeson, ophtalmologiste américain (1950)

kératocyte n.m.

keratocyte

Cellule cornéenne de type conjonctif ou fibrocyte.
Ces cellules sont plates, étoilées, disposées parallèlement à la surface de la cornée et aux lamelles de collagène.

Syn. stromacyte, fibrocyte cornéen

kératokyste cutané l.m.

cutaneous keratocyst

Variété de kyste cutané pouvant se former à la face et sur le cou de sujets atteints du syndrome des hamartomes basocellulaires, contenant un liquide brun épais et parfois quelques poils lanugineux et qui, contrairement aux kystes épidermiques, est délimité sur le plan histologique par une paroi irrégulière et festonnée composée de plusieurs rangées de cellules malpighiennes se kératinisant en l’absence de couche granuleuse.
Il ressemble donc aux kystes maxillaires qui font parfois partie de ce syndrome et pourrait, pour certains auteurs, être apparenté aux kystes de la sébocystomatose, quoique les glandes sébacées fassent défaut dans sa paroi.

R. J. Barr, dermatologiste américain (1986)

kératolytique adj.

keratolytic

Se dit d'une substance qui dissout la kératine et facilite l'exfoliation du stratum corneum en dissociant les ponts d'union intercellulaire et dont les exemples les plus connus sont l'acide salicylique, l'urée et les acides de fruit.
Ce terme contesté tend à être remplacé par exfoliant ou desmolytique, plus justes du point de vue physiologique car il y a non pas véritable destruction de la kératine, mais élimination des cellules cornées par destruction de leurs ponts d'union ou desmosomes.

Étym. gr. keras : corne ; lysis : destruction

kératopathie superficielle l.f.

superficial keratopathy

Groupe d'affections cornéennes responsables d'une accumulation épithéliale et sous-épithéliale de cellules inflammatoires, illustrée par la kératoconjonctivite épidémique virale.

kératose laryngée l.f.

keratosis

Anomale de maturation de l’épithélium malpighien se traduisant par l’apparition de grains de kératine dans les cellules superficielles de la muqueuse des cordes vocales.
Ce phénomène est lié à l’inflammation chronique ou à certains toxiques comme la fumée de tabac. La kératinisation peut se faire sous forme de tache blanche surélevée et plane, appelée leucoplasie, ou de forme verruqueuse hérissée de nombreux spicules appelé papillome corné. Ce type de lésion peut correspondre à un cancer très différencié ou à un état pré-cancéreux. Une biopsie exérèse est nécessaire.

keratosis follicularis inversa l.f.

inverted follicular keratosis

Tumeur cutanée bénigne apparaissant chez des sujets âgés dans les sourcils, la moustache, la barbe et ne présentant pas de caractères cliniques particuliers, mais pouvant simuler une verrue séborrhéique, un nævus hyperkératosique ou même un kératoacanthome et souvent traversée par quelques poils.
L'image histologique révèle une prolifération intraépidermique qui, contrairement à la verrue séborrhéique, pénètre dans le derme superficiel. Elle est recouverte d'une importante hyperkératose et se compose de boyaux constitués de petites cellules épidermiques, qui, en de nombreux endroits, sont disposées en enroulement concentriques ou bulbes d’oignons autour de foyers de kératinisations. Des pseudokystes, résultant de plis profonds de la surface épidermique, font souvent partie du  tableau. La tumeur est considérée par certains comme une entité séparée, par d'autres comme une variété de verrue séborrhéique irritée ou même comme une verrue vulgaire. L'évolution est bénigne. Le traitement consiste en une exérèse chirurgicale.
Le terme « inversa » signifie « tournée en dedans ».

E. B. Helwig, pathologiste américain (1955)

Syn. acrotrichome, adénome infundibulaire, porome folliculaire

kinase dépendante des cyclines l.f.

cyclin-dependent kinase (CDK)

Famille de protéines-kinases indispensables au cycle de division cellulaire, qui sont activées par fixation de cyclines.
Les CDK activées par les cyclines permettent l’avancée des cellules dans le cycle de division cellulaire en phosphorylant des substrats spécifiques lors des étapes successives du cycle. Le génome humain contient 21gènes codant des CDK, parmi lesquelles au moins CDK1 à CDK4 sont directement impliquées dans le contrôle du cycle cellulaire.

→ cycline, protéine kinase, cycle cellulaire

[C1]

Édit. 2018

kinétine n.f.

kinetin

Furfurylamino-6-purine, dérivé de l'adénine, ayant des propriétés d'hormone de croissance pour les cellules végétales.

KIR sigle angl. pour K cell Inhibition Receptors

Molécules membranaires possédant une séquence ITIM inhibitrice de l'activation des cellules cytotoxiques.
On a identifié deux familles de récepteurs KIR : les uns appartiennent à la superfamille des immunoglobulines, reconnaissant des molécules de classe I du complexe majeur d’histocompatibilité, les autres hétérodimériques, sont des lectines (CD94).

Kit n.m.

Kit

Récepteur exprimé à la surface de cellules hématopoïétiques aux phases initiales de leur développement.
Les Kit exercent une activité de tyrosine-kinase.

→ tyrosine-kinase

Kölliker (bourgeon de) l.m.

Kölliker's bud

Partie postérieure de la vésicule cristallinienne chez l'embryon de quelques semaines dont les cellules épithéliales se sont allongées considérablement et qui vont former les fibres primaires du cristallin.

R. A. von Kölliker, anatomiste et physiologiste suisse (1844)

Krukenberg (tumeur de) l.f.

Krukenberg's tumour

Tumeur maligne de l'ovaire, solide, ovoïde, réniforme ou nodulaire, souvent bilatérale, caractérisée par la présence de cellules « en signet » ou en « chaton de bague ».
Dans 80% des cas, ce sont des métastases d'un cancer digestif, du pylore ou de l'estomac, et dans 20% des cas elles sont primitives.

F. E. Krukenberg, anatomopathologiste allemand (1896)

Kupffer (cellule de) l.f.

Kupffer’s cell

Phagocyte mononucléé spécifique au tissu hépatique, situé dans le sinusoïde au contact de l'endothélium et impliqué dans les mécanismes de défense (clairance des endotoxines et des immuns complexes) et dans la fibrogénèse via la production de cytokines.
Plus volumineuse que la cellule endothéliale des sinusoïdes hépatiques, elle apparaît dispersée au long de celui-ci et manifeste une activité macrophagique qui la classe dans la catégorie des cellules du système des monocytes macrophages ou mononucléés ou ancien système réticuloendothélial.

C. von Kupffer, anatomiste allemand (1829-1902)

kymographie n.f.

kymography

Technique radiologique consistant en l'enregistrement des modifications de la silhouette d'un organe en mouvement (cœur, aorte, diaphragme).
Pour visualiser les pulsations des contours cardiovasculaires pendant plusieurs contractions, on utilisait :
- soit la radiographie avec un long temps de pose et le déplacement uniforme, entre objet et film, d'une plaque opaque comportant plusieurs fentes parallèles.
- soit les ombres radioscopiques, les battements des bords étant détectés par des cellules photoélectriques et enregistrés (électrokymographie ou même densigraphie qui, en plus, tentait de déceler le pouls capillaire pulmonaire).
Techniques obsolètes.

Étym. gr. kuma : onde ; graphein : écrire

Syn. radiokymographie.

kyste congénital lacrymal l.m.

cyst of the lacrymal gland

Kyste bleuté développé aux dépens d'un canal de la glande lacrymale.
Situés dans le cul-de-sac supérieur ils peuvent provoquer une exophtalmie. Histologiquement leur paroi est faite de cellules cubiques.

Syn. dacryops

kyste cutané l.m.

cutaneous cyst

Formation pseudotumorale plutôt que véritable tumeur, hémisphérique, bénigne, à évolution lente, d'architecture cavitaire plus ou moins évidente, résultant d'une accumulation ou d'une rétention de kératine ou de substances inertes dans une poche à paroi épithéliale et dont les aspects clinique et histologique varient selon son origine.
Les kystes les plus fréquents sont les kystes épidermiques, dont la plupart prennent en réalité naissance dans l'infundibulum folliculaire et dont le grain de milium est un exemple; ils sont bordés par un épiderme normal et contiennent des lamelles de kératine. D'autres se forment dans les zones profondes du follicule pileux et sont délimités par des rangées de cellules épithéliales qui présentent une kératinisation trichilemmale sans granuleuse : c'est le cas du kyste dit sébacé ou, mieux, kyste trichilemmal. D'autres encore résultent d'altérations des glandes sébacées ou sudoripares, p. ex. ceux de la sébocystomatose, le kyste sudoral, l'hidrocystome.

Étym. gr. kystis : vessie, poche ; lat. cutis : peau

kyste éruptif à duvets l.m.

vellus hair cyst

Petit kyste se formant à partir d'un follicule lanugineux et survenant le plus souvent en grand nombre et de façon éruptive sur le tronc chez les enfants et les adolescents avec parfois une incidence familiale et une transmission autosomique dominante.
L'examen histologique montre que la cavité kystique se situe dans le derme moyen, est délimitée par des cellules épithéliales et contient des lamelles de kératine, ainsi qu'un certain nombre de sections transversales de poils.

Nancy Esterly, D.  Fretzin et H. Pinkus, dermatologues américains (1977)

[J1, Q3]

Édit. 2018

| page précédente | /117 | page suivante