Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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gastro-entérostomie l.f.

gastroenterostomy

Anastomose réalisée chirurgicalement entre l'estomac et l'intestin, la variété la plus fréquente étant la gastrojéjunostomie latérolatérale.

Syn. gastroentéro-anastomose

glomus n.m.

glomus

Anastomose artério-veineuse cutanée dévolue à la thermorégulation, constituée d'une artériole circonvolutionnée et de fibres musculaires lisses qui règlent le débit sanguin, entourée d'une coque conjonctive inextensible et de filets nerveux qui en assurent le fonctionnement.
Étym. lat. glomus : pelote

paraganglion, glomique (tumeur)

grand cercle artériel de l'iris l.m.

circulus arteriosus iridis major (TA)

major circulus arteriosus of iris

Anastomose artérielle circulaire située dans le corps ciliaire.
Elle est formée par les branches terminales des deux artères ciliaires postérieures longues.

Syn. anc. grand cercle artériel irido-ciliaire

Hartmann (opération de) l.f.

Hartmann’s opération

Résection colorectale plus ou moins étendue, sans rétablissement de la continuité digestive, dans laquelle le côlon d'amont est abouché à la peau en colostomie terminale dans la fosse iliaque gauche, le moignon rectal plus ou moins long étant suturé et laissé tel quel au fond du petit bassin.
Cette intervention est proposée, en urgence, lorsque les conditions locales pourraient entraîner un risque important de fistule si le rétablissement était immédiatement effectué, en raison d’une peritonité stercorale, d’une diverticulite et plus rarement en cas de pathologie tumorale. Le rétablissement de la continuité digestive peut être réalisé ultérieurement si les conditions techniques locales et l'état général du patient le permettent, nécessitant alors une laparotomie itérative avec mise en évidence et dissection du moignon rectal dans le petit bassin, décrochement de la colostomie et du côlon gauche afin de pouvoir abaisser celui-ci et réaliser une anastomose côlorectale.

H. Hartmann, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1921)

[L2]

Édit. 2015

hémorroïdes n.f.

haemorrhoid

Complexe vasculaire associant à l'extrémité des branches terminales de l'artère hémorroïdale supérieure des dilatations veineuses, un shunt artérioveineux (le saignement hémorroïdaire est de type artériel) et des lacs vasculaires.
Ces complexes vasculaires, sous la muqueuse anale, réalisent des coussinets élastiques qui s'effacent lors de la défécation et participent à l'obturation du canal anal.
La maladie hémorroïdaire associe le facteur vasculaire (saignement, thrombose), le facteur inflammatoire (anite) et surtout le facteur mécanique. La procidence hémorroïdaire (extériorisation des paquets hémorroïdaires) est liée à la déficience de l'appareil de soutien et accentuée par les troubles de la défécation. Les hémorroïdes sont alors définies par leur extériorisation, partielle ou circulaire, permanente ou transitoire. C'est alors que peuvent survenir les épisodes aigus réalisant la crise hémorroïdaire.
On divise habituellement les hémorroïdes en "internes" et "externes" selon qu'elles siègent au-dessus ou au-dessous de la ligne pectinée.
Les hémorroïdes internes se traduisent, au début, par des rectorragies de sang rouge englobant les selles, quelque fois abondantes. Même si l'anuscopie suffit à faire le diagnostic, il convient toutefois de s'assurer de l'absence de lésions sus-jacentes comme une polypose ou, beaucoup plus grave, un cancer du rectum.
À un stade plus avancé, les hémorroïdes se développent et s'extériorisent. La protrusion se produit lors des efforts de défécation et le malade la réduit sans difficulté. Puis elle devient permanente et entraîne des douleurs, des écoulements muqueux et une irritation périnéale.
Les hémorroïdes externes forment de simples saillies bleuâtres molles et indolores tant que n'apparaît pas une complication très fréquente : la thrombose hémorroïdaire externe. La veine dilatée devient alors tendue, dure et très douloureuse. Si le malade est vu rapidement, l'incision et l'excision du caillot soulagent immédiatement la douleur.
Une bonne hygiène et un régime alimentaire approprié suffisent dans les cas bénins. Les hémorragies sont une bonne indication des infiltrations sclérosantes. En cas d'échec, il faut avoir recours à la chirurgie ; la disposition des veines hémorroïdaires en paquets bien individualisés facilite leur exérèse. Le traitement des prolapsus hémorroïdaires est exclusivement chirurgical.
À noter une éventualité très particulière : les plexus hémorroïdaires constituant une anastomose naturelle entre les systèmes porte et cave, les hémorroïdes font donc partie du tableau classique dbe l'hypertension portale.

Étym. gr. haïma : sang ; rhéô : je coule

fissure anale, hypertension portale

[L1]

hépatico-duodénostomie l.f.

hepaticoduodénostomy

Anastomose du canal hépatique avec le duodénum.

[L2]

hépato-cholangio-cysto-gastrostomie n.f.

hepatocholangiocystogastrostomy

Anastomose de la vésicule biliaire et de l’estomac pour pallier l’obstruction des canaux hépatique et cholédoque et permettre l’écoulement de la bile à partir des gros canaux intra-hépatiques.

[L2]

hépato-cholangio-entérostomie n.f.

hepatocholangio-entérostomy

Anastomose dans l’intestin des gros conduits biliaires intra-hépatiques pour pallier l’obstruction des canaux hépatiques et cholédoques.

[L2]

hépato-duodénostomie transvésiculaire l.f.

Anastomose du canal hépatique dans la vésicule biliaire, reliée elle-même au duodénum.

[L2]

hypertension portale de l'enfant l.f.

children's portal hypertension

Augmentation de la pression dans le système veineux porte, pouvant se développer précocement dès les premières semaines de la vie de l'enfant.
L’hypertension portale peut être pré-hépatique, intrahépatique ou beaucoup plus rarement post-hépatique.
L’hypertension portale pré-hépatique se manifeste par une splénomégalie isolée en l’absence d’hépatomégalie, une biologie hépatique souvent normale et une circulation veineuse collatérale éventuellement associées à une ascite. Elle survient au cours d'une phlébite de la veine porte consécutive à une omphalite ou à un cathétérisme veineux ombilical infecté ou prolongé au-delà de 48 heures. Cette cause représente 40 % des obstructions porte laquelle est idiopathique dans 60 % des cas. La sclérose hépato-portale ou l’hyperplasie nodulaire régénérative sont les conséquences d’une veinopathie oblitérante responsable d’un bloc présinusoidal.
La fibrose hépatique congénitale et les cirrhoses sont les principales causes de bloc intra-hépatique. Dans ces cas il existe souvent une hépatomégalie ferme. Les cirrhoses sont des cirrhoses biliaires (atrésie des voies biliaires) ou syndrome de déficit en alpha -antitrypsine, (maladie de Byler).
Les principales causes de bloc sus-hépatique sont :
- la thrombose des veines sus-hépatiques (syndrome de Budd-Chiari) exceptionnelle chez l’enfant de diagnostic échographique simple ;
- une maladie veino-occlusive, définie par une oblitération des veinules centrales dont le diagnostic est histologique ; les causes sont en majorité toxiques et
- les causes cardiaques (péricardite constrictive).
Des accidents hémorragiques peuvent émailler l'évolution : les hémorragies digestives viennent de varices du bas œsophage ou de la grosse tubérosité gastrique.
La mise en place d'une sonde de Blakemore de taille adaptée et l'administration de lysine-vasopressine sont à faire en urgence. La ligature élastique des varices œsophagiennes est à réaliser sous endoscopie. Le traitement chirurgical (anastomose portocave pour éviter les hémorragies) ou la pose d’un TIPS (trans intrahepatic porto-systemic shunt) sont à discuter au cas par cas.
Les accidents d'encéphalopathie portocave sont rares si les précautions habituelles sont prises. Les hémorroïdes sont rares à cet âge.
Dans tous les cas il faut rechercher un syndrome hépatopulmonaire ou une hypertension artérielle pulmonaire associés.

Étym.  : Byler : maladie décrite chez des descendants Amish de Jacob Byler

cathéter veineux ombilical, hémorragie digestive grave, omphalite, cirrhose biliaire secondaire, atrésie des voies biliaires, maladie de Byler, Budd-Chiari (syndrome de), péricardite constrictive, sonde de Blackmore, lysine-vasopressine, encéphalite portocave, syndrome hépatopulmonaire, hypertension artérielle pulmonaire

[O1,L1]

hypoplasie artérielle l.f.

arterial hypoplasia

Dysplasie artérielle définie par une réduction segmentaire ou totale du calibre de l'artère carotide interne, qui reste toutefois perméable.
Elle est souvent associée à des anévrismes intracrâniens, à des anomalies du cercle de Willis ou à des anastomoses dilatées court-circuitant les segments non fonctionnels.
Ces anomalies, longtemps bien tolérées, se révèlent par un accident vasculaire cérébral ischémique ou hémorragique, en cas d'association à d'autres malformations.
Le diagnostic est porté par l'angiographie et le scanner de la base du crâne qui montre une diminution du diamètre du canal carotidien. Une asymétrie unilatérale du calibre des artères vertébrales est fréquente (30% des cas), l'artère hypoplasique se terminant en artère cérébelleuse postéro-inférieure. L'hypoplasie bilatérale des artères vertébrales s'accompagne d'une anastomose carotidovertébrale, persistance d'une artère trigéminée primitive.

V. A. McKusick, médecin interniste et généticien américain, membre de l'Académie de médecine (1964)

[K4]

iléo-iléostomie n.f.

ileo-ileostomy

Anastomose entre deux segments d'iléon.

iléostomie latérale l.f.

lateral ileostomy

Iléostomie temporaire visant à protéger une suture effectuée dans le tube digestif d'aval : anastomose iléo-iléale, iléocolique, iléorectale ou iléo-anale.

iléotransversostomie n.f.

ileotransversostomy

Anastomose entre l'iléon et le côlon transverse.

incisure de l'apex du cœur l.f.

incisura apicis cordis (TA)

notch of cardiac apex

Légère dépression qui divise l’apex du cœur en deux parties, l’une droite, petite, répond au ventricule droit, l’autre gauche, plus volumineuse, appartient au ventricule gauche et occupe l’apex même du cœur.
Cette dépression unit le sillon inter-ventriculaire antérieur au sillon inter-ventriculaire postérieur. A ce niveau la terminaison de l’artère coronaire droite qui descend dans le sillon inter-ventriculaire postérieur s’anastomose fréquemment avec l’artère coronaire gauche qui descend dans le sillon inter-ventriculaire antérieur, contournant le plus souvent l’apex du cœur pour se terminer dans le sillon inter-ventriculaire postérieur.

interruption de la crosse aortique l.f.

interruption of the aortic arch

Malformation congénitale exceptionnelle liée à une évolution anormale des arcs aortiques de l’embryon, comportant une solution de continuité entre l’aorte ascendante et l’aorte descendante.
Plus souvent on désigne sous ce nom une hypoplasie segmentaire étendue de la crosse aortique qui, par son importance, revêt la signification hémodynamique d’une interruption complète. L’interruption de la crosse aortique s’observe chez de très jeunes enfants et son pronostic spontané est sévère. Elle nécessite une correction chirurgicale qui est une opération difficile, associant un élargissement plastique de la portion rétrécie de la crosse, et une anastomose aorto-aortique terminale.

coarctation aortique

Kiesselbach (zone de) l.f.

Kiesselbach’s area, Kiesselbach’space, locus kisselbachii, vascular area

Tache vasculaire de la partie antéro-inférieure de la cloison nasale qui est souvent le siège d’épistaxis et de perforation.
C’est une zone d’anastomose de la branche interne de l’artère sphénopalatine, de l’artère labiale supérieure et de l’artère grande palatine.

W. Kiesselbach, laryngologiste allemand (1884)

épistaxis

Leadbetter-Politano (technique de) l.f.

Leadbetter Politano’s procedure

Technique de réimplantation urétérovésicale antireflux très utilisée, réalisée par voie endovésicale ou mixte, permettant l'entrée et l'anastomose de l'uretère en tout point de la vessie.

V. A. Politnao et W. F. Leadbetter, chirurgiens urologues américains (1958)

antireflux (opération)

lymphatique (vaisseau) l.m.

lymphatic vessel

Vaisseau à paroi mince qui véhicule la lymphe.
Les lymphatiques sont présents dans toutes les parties du corps et tous les organes. Ils forment un réseau complexe et richement anastomosé, qui s’écoule vers quelques gros troncs, dont les principaux sont la grande veine lymphatique et surtout le canal thoracique.
Les lymphatiques afférents pénètrent dans le nœud. Les lymphatiques efférents permettent aux lymphocytes et à la lymphe de quitter le nœud lymphatique. Après différents relais dans les nœuds, les vaisseaux lymphatiques se rassemblent en vaisseaux collecteurs, la grande veine lymphatique et le canal thoracique qui se déversent dans la circulation sanguine.
Les cellules dendritiques tissulaires (p. ex. : cellules de Langerhans de l’épiderme) migrent par les vaisseaux lymphatiques sous forme de cellules voilées pour gagner le nœud lymphatique où elles se localisent dans le cortex profond sous forme de cellules inter-digitées.

lymphe

Murphy (bouton de) l.m.

Murphy's button, biofragmentable anastomotic ring (BAR)

Petit appareil en forme de bouton-pression employé jadis en chirurgie intestinale pour pratiquer l'anastomose terminoterminale de deux segments d'intestin grêle.

J. B. Murphy, chirurgien américain (1892)

nerf alvéolaire inférieur l.m.

nervus alveolaris inferior (TA)

inferior alveolar nerve

Branche du tronc postérieur du nerf mandibulaire.
Ce nerf traverse la fosse ptérygo-maxillaire et atteint l’origine du canal mandibulaire surplombé par la lingula mandibulaire. Il donne le nerf mylo-hyoïdien et, devenu purement sensitif, il pénètre dans le canal mandibulaire. Il participe au plexus dentaire inférieur qui donne des rameaux dentaires inférieurs destinés aux racines des dents molaires et  prémolaires, un rameau dit nerf incisif pour les racines de la dent canine et des deux dents incisives, des rameaux gingivaux inférieurs, et le nerf mentonnier  qui émerge de la mandibule par le foramen mental et se distribue par de nombreux rameaux à la lèvre inférieure et au menton. Dans un tiers des cas environ, la division du nerf dentaire inférieur est plus précoce et se fait en nerf dental fournissant tous les rameaux dentaires et en nerf mentonnier. Le nerf alvéolaire inférieur s’anastomose avec le nerf lingual.

Syn. anc.  nerf dentaire inférieur

nerf antérieur de la petite courbure l.m.

nervus curvaturæ minoris anterior (TA)

anterior nerve of lesser curvature

Rameau nerveux du tronc vagal antérieur  le mieux individualisé parmi les rameaux gastriques antérieurs.
Il longe la berge antérieure de la petite courbure gastrique, anastomosé avec les filets sympathiques du plexus nerveux de l’artère gastrique gauche. Il se distribue à la face antérieure de l’estomac. Ces rameaux gastriques antérieurs ont chacun leur territoire distinct et indépendant de distribution.

nerf auriculaire (grand) l.m.

nervus auricularis magnus (TA)

great auricular nerve

Branche sensitive née de l’anse des deuxième et troisième nerfs spinaux cervicaux.
Elle innerve les téguments de l’auricule et de la région temporo-mandibulaire. Elle s’anastomose avec le nerf facial.

Syn. anc. branche auriculaire du plexus cervical superficiel

nerf buccal l.m.

nervus buccalis (TA)

buccal nerve

Branche sensitive du nerf temporo-buccal.
Elle longe le bord antérieur du tendon du muscle temporal et se divise en rameaux profonds et superficiels destinés à la muqueuse et à la peau de la joue. Elle s’anastomose avec un filet du nerf facial.

nerf temporo-buccal

nerf coccygien l.m.

nervus coccygeus (TA)

coccygeal nerve

Dernier nerf spinal, sortant du canal sacral par son extrémité distale, entre l’articulation sacro-coccygienne et le ligament sacro-coccygien latéral.
Il participe à la constitution du plexus coccygien avec le cinquième nerf spinal sacré et une anastomose venue du quatrième nerf spinal sacré.

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