Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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glycopexie n.f.

glycopexis

Fixation et mise en réserve du glucose, sous forme de glycogène dans les cellules, en particulier hépatiques ou musculaires.

glycoprotéine plaquettaire IIIa l.f.

platelet glycoprotein IIIa

Glycoprotéine de 762 acides aminés avec un domaine transmembranaire, correspondant à la sous-unité de la bêta 3-intégrine.
Le gène de GPIIIa se trouve à 250 kilobases de celui de GPIIb sur le chromosome 17. La GPIIIa peut aussi s'associer à la sous-unité du récepteur de la vitronectine donnant naissance au récepteur bêta 3 présent sur les cellules endothéliales et les ostéoclastes. Elle est respectivement absente, diminuée ou anormale dans les thrombasthénies type I, II et variant et joue un rôle essentiel dans l'agrégation plaquettaire.

GMCSF sigle angl. pour Granulocyte Macrophage-Colony Stimulating Factor

Facteur stimulant la prolifération des cellules granuleuses et monocytaires.

Golgi (organe de) l.m.

Golgi's apparatus, body

Formation proprioceptive située dans le tendon musculaire, d'où partent les fibres sensitives Ib.
Celles-ci gagnent la racine postérieure puis la corne postérieure de la moelle et vont s'articuler dans la corne antérieure avec les cellules motrices, d'où nait le motoneurone alpha destiné au muscle.
L'organe de Golgi joue un rôle dans le fonctionnement du réflexe proprioceptif d'étirement, le réflexe tendineux, dit encore réflexe myotatique.

C. Golgi, anatomiste italien, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1906 (1886)

gonalgie n.f.

knee pain

Douleur localisée au genou quelle qu’en soit la cause.
Une douleur peut aussi être ressentie uniquement au niveau du genou alors qu’elle prend son origine au rachis lombaire ou, surtout, à la hanche. Toutes les structures anatomiques articulaires peuvent être intéressées : os, cartilage, ménisques, ligaments, tendons et synoviale.
Une gonalgie par atteinte mécanique est accrue par les mouvements tels que montée et descente d’escalier, et calmée par le repos. Une origine inflammatoire, éventuellement  infectieuse, ou tumorale donne lieu à des douleurs permanentes avec recrudescence nocturne, non calmées par le repos. En pratique, la distinction repose surtout sur l’examen du liquide synovial prélevable par ponction articulaire. Un liquide inflammatoire contient plus de 1 500 cellules par mm3, le nombre d’éléments étant conditionné par le degré d’inflammation et pouvant en atteindre plusieurs dizaines de milliers ; il est à prédominance de polynucléaires neutrophiles dans les infections locales bactériennes ou dans les accès aigus microcristallins de la goutte et de la chondrocalcinose.

→ goutte, chondrocalcinose

Goodpasture (syndrome de) l.m.

Goodpasture syndrome

Maladie rare liée à l'hypersensibilité du type II, d'étiologie inconnue, se manifestant par une pneumopathie hémorragique associée à une grave glomérulonéphrite évolutive, caractérisée par la présence dans le sang d'anticorps antimembrane basale glomérulaire et, dans la membrane basale glomérulaire, de dépôts linéaires d'immunoglobuline et de complément.
S’observant souvent chez les sujets jeunes de sexe masculin il est généralement d’étiologie inconnue, mais a aussi été décrit après des expositions prolongées à des inhalations d’hydrocarbures.
La biopsie rénale montre la fréquence de croissants extracapillaires faits de cellules épithéliales pariétales mêlées à des éléments inflammatoires et à de la fibrine, comblant l'espace de Bowman et étouffant le bouquet glomérulaire. On observe des dépôts linéaires d'immunoglobulines (Ig) et de complément (C) le long de la membrane basale capillaire glomérulaire. Les lésions pulmonaires correspondent à une pneumopathie interstitielle nécrosante et hémorragique, avec dépôt d'Ig le long de la membrane basale des septums alvéolaires. On considère que ces lésions rénales et pulmonaires sont dues à la présence d'anticorps antimembrane basale glomérulaire qui donnent lieu à une réaction croisée avec les membranes basales alvéolaires.
L'évolution est habituellement sévère. Elle a été améliorée par les corticoïdes et les plasmaphérèses. La perte de la fonction rénale nécessite le recours à l’hémodialyse. Le recours à la transplantation doit être différé tant qu'il persiste des anticorps antimembrane basale dans le sérum.

E. Goodpasture, anatomopathologiste américain (1919)

graisse n.f.

fat

Substance d'origine animale comme le saindoux, le suif ou le beurre, ou végétale comme le beurre de cacao, essentiellement constituée de triglycérides.
Les graisses ont une densité inférieure à 1 ; insolubles dans l'eau, elles forment en général une phase à part quand on en fait une émulsion dans l'eau. Dans les cellules vivantes elles sont rassemblées dans des structures vacuolaires du cytoplasme, comme dans le tissu adipeux ou les organes stéatosiques. On oppose parfois les graisses aux huiles, les premières étant solides à la température ordinaire et les autres liquides. Les graisses sont plus riches en acides gras saturés et les huiles en acides gras insaturés. Les acides gras à plusieurs doubles liaisons, dits incorrectement polyinsaturés, sont indispensables.
Le terme « graisse brune » désignant le tissu adipeux brun est incorrect.

Étym. lat. grassia : épaisseur

→ tissu adipeux, graise brune

graisse brune l.f.

brown fat, brown adipose tissue

Variété de tissu adipeux, surtout situé dans la région scapulaire, composé d'adipocytes bruns, présent chez le nouveau-né et chez les mammifères adultes qui hibernent, chez lesquels elle exerce un rôle important dans la régulation thermique.
Chez le nouveau-né humain elle maintient la chaleur corporelle pendant la période néonatale, puis subit une involution pendant la première enfance. Elle existe encore en petite quantité chez l’homme adulte, notamment autour des surrénales. Les cellules qui la constituent sont des adipocytes à noyau central qui contiennent dans leur cytoplasme de nombreuses petites gouttelettes lipidiques, leur donnant un aspect vacuolaire.
La rare tumeur développée aux dépens de ce tissu adipeux particulier est l’hibernome dont il existe une forme maligne.

→ tissu adipeux, hibernome

granulations arachnoïdiennes l.f.p.

granulationes arachnoideae (TA)

arachnoid granulations

Excroissances villeuses de la surface externe de l’arachnoïde encéphalique qui refoulent la dure-mère dont elles sont recouvertes.
Situées électivement le long du sinus sagittal supérieur, elles peuvent faire hernie dans la lumière du sinus ou se développer en direction de la calvaria qu’elles érodent à sa face profonde. Normalement de la grosseur d’un grain de millet ou d’un petit pois, ces granulations deviennent plus volumineuses avec l’âge par prolifération du tissu fibreux des cellules arachnoïdiennes. Elles se calcifient chez les personnes âgées. Elles joueraient un rôle dans la résorption du liquide cérébro-spinal.

A. Pacchioni, anatomiste et médecin italien (1665-1726)

Syn. anc. corpuscules de Pacchioni, villosités arachnoïdiennes, granulations de Pacchioni

granules plaquettaires l.m.p.

platelet granules

Granules présents dans les mégacaryocytes et qui donnent naissance aux plaquettes.
Ils sont de 2 types : 1) les granules denses (de 3 à 12, en moyenne 6 par plaquette), ainsi nommés d'après leur aspect ultrastructural, contiennent essentiellement l'ADP, un des principaux stimulus de l'agrégation plaquettaire, le calcium, la sérotonine qui module positivement l'action de l'ADP ; 2) les granules alpha, beaucoup plus nombreux (de 50 à 100 par plaquette), contiennent de nombreux constituants dont la localisation intragranulaire est bien compartimentée.
Parmi les constituants principaux, on peut citer le facteur von Willebrand (permettant l'adhésion des plaquettes au sous-endothélium), des facteurs de la coagulation (facteurs V, XIII, fibrinogène) ou certains inhibiteurs (protéine S, thrombomoduline, inhibiteur de l'activateur du plasminogène de type 1). Les granules contiennent aussi des protéines liées à un protéoglycane, inhibant l'activation plaquettaire et régulant négativement la mégacaryocytopoïèse (facteur 4 plaquettaire, bétathromboglobuline), ou encore le Transforming Growth Factor Beta (TGFß), inhibiteur de plusieurs lignées hématopoïétiques, le Platelet Derived Growth Factor (PDGF) qui favorise la prolifération des fibroblastes et des cellules musculaires lisses, la thrombospondine qui consolide la fixation du fibrinogène à son récepteur. Il existe probablement des interactions mal connues entre ces deux types de granules, en particulier lors de l'activation plaquettaire. Celle-ci entraîne la sécrétion de leur contenu, aboutissant à une consolidation de l'agrégat plaquettaire et du caillot de fibrine.

→ mégacaryocyte, ADP, Willebrand (maladie de von), TGF bêta, PDGF

granulomatose n.f.

granulomatosis

Type d’affection caractérisée par la présence dans l’organisme de granulomes disséminés.
Il s’agit soit d’une maladie, p.ex. granulomatose de Wegener, soit d’un ensemble lésionnel constitué de l’efflorescence de granulomes dans un ou plusieurs organes.
Ces granulomes sont constitués en proportions variables de macrophages souvent d’aspect épithélioïde, de cellules géantes multinucléées, de lymphocytes, de plasmocytes et de polynucléaires.
Les causes et mécanismes de survenue des granulomatoses comportant par définition des granulomes multiples et disséminés sont variées: infections bactériennes (tuberculose, lèpre), mycotiques, parasitaires, virales ; agents physiques ou chimiques ; médicaments ; vascularites telles que les maladies de Wegener, Churg et Strauss, Horton, Takayashu, Buerger, etc. ; connectivites; hémopathies (maladie de Hodgkin, histiocytoses), etc.

Étym. lat. granum : grain

→ granulome

granulomatose pulmonaire l.f.

pulmonary granulomatosis

Affection pulmonaire caractérisée par une inflammation à composante granulomateuse désorganisant l'architecture pulmonaire.
Les granulomes créent ainsi une perturbation des échanges gazeux. Ils peuvent conduire ultérieurement à des dommages tissulaires irréversibles dominés par une fibrose interstitielle diffuse.
Ce groupe est très hétérogène, réunissant sur une base histologique des pathologies diverses quant à leur étiologie, leur mécanisme physiopathologique, leur pronostic et leur traitement.
Le type de granulome le plus fréquemment rencontré est le granulome épithélioïde et gigantocellulaire pouvant correspondre à des étiologies infectieuses (tuberculose, parasitose, mycose), à la sarcoïdose (granulome tuberculoïde sans nécrose caséeuse) ou aux pneumopathies d'hypersensibilité.
D'autres types de granulomes sont observés : granulomatoses à corps étrangers (pneumoconiose, talcose, pneumonie lipidique), granulomatose pulmonaire à cellules de Langerhans (ancienne histiocytose X pulmonaire), granulomatose bronchocentrique, granulomatose de Wegener, angéite granulomateuse de Churg et Strauss, etc.

granulome n.m.

granuloma

En histologie, mode particulier de réaction inflammatoire chronique caractérisé par un infiltrat mononucléé composé d'une proportion variable de macrophages et d'histiocytes épithélioïdes, de cellules géantes de Langhans et de lymphocytes.
Ce terme est utilisé seul ou dans la locution « granulome inflammatoire », qui constitue l'aboutissement de la phase exsudative et cellulaire de l'inflammation. Sous forme d’une locution, il précise la cause de la lésion (p. ex. granulome à corps étranger) ou la population cellulaire prédominante (p. ex. granulome plasmocytaire, histiocytaire, épithélioïde). Les granulomes induits par les corps étrangers (asbestose, bérylliose) sont provoqués par une activation directe des macrophages sans reconnaissance spécifique d’antigène par les lymphocytes T. Les macrophages activés sécrètent des facteurs d’activation et de prolifération des fibroblastes. Le granulome peut être à l’origine d’une fibrose avec synthèse et dégradation de protéines matricielles. Des granulomes s’observent de façon caractéristique dans certaines maladies inflammatoires chroniques d’étiologie inconnue telles que la sarcoïdose ou la maladie de Crohn.
En dermatologie clinique, le terme de granulome participe à la dénomination d'entités nosologiques variées telles que granulome annulaire, granulome actinique, granulome éosinophile, granulome facial, granulome silicotique, etc.

Étym. lat. granulum : petit grain ; gr. ôma : tumeur

→  granulomatose

granulome bilharzien l.m.

bilharzia granuloma

Lésion bilharzienne primitive provoquée par la présence d’un œuf de Schistosoma hæmatobium en migration dans un tissu de la paroi de la voie excrétrice urinaire.
Autour de l'œuf en voie de nécrose se produit une réaction cellulaire, formant une barrière d'aspect épithélioïde (éosinophiles et cellules histiocytaires) puis des formations gigantocellulaires multinucléées et plasmocytaires, qui peuvent avoir quelque ressemblance avec le follicule tuberculeux. Ce stade de réaction cellulaire précède celui de sclérose. Dans la vessie, cette lésion apparaît en cystoscopie comme un semis de granulations brillantes de la taille d'une tête d'épingle, constituant les lésions dites primaires, de bilharziose active ; cet aspect est pathognomonique.

→ follicule bilharzien, tubercule bilharzien, granulome éosinophile parasitaire

granulome multiforme l.m.

granuloma multiform

Affection d'origine indéterminée essentiellement observée en Afrique, caractérisée par de grandes plaques arrondies ou ovalaires infiltrées, évoluant lentement vers la guérison spontanée en laissant parfois une atrophie résiduelle et ressemblant histologiquement à un granulome annulaire mais avec de nombreuses cellules géantes multinucléées.

D. Leiker, dermatologiste néerlandais (1964)

Syn. granulome de Leiker

granulome sarcoïdosique l.m.

sarcoid granuloma

Lésion histologique élémentaire de la sarcoïdose réalisant, quel que soit le tissu atteint, de petits nodules de granulome bien délimités, avec une prédominance de cellules épithélioïdes, une couronne lymphocytaire périphérique mais, en principe, sans nécrose centrale.
Les granulomes sarcoïdosiques les plus caractéristiques sont observés au cours de la sarcoïdose, mais d'autres affections, notamment infectieuses, peuvent donner lieu à des lésions semblables.

→ granulome silicotique

granulome silicotique l.m.

silica granuloma

Granulome à corps étranger constitué autour de particules de silice provenant du sol ou de talc, sur le site d'une cicatrice cutanée posttraumatique ou chirurgicale, souvent très ancienne, soit isolément, soit dans le cadre d'une sarcoïdose qu'il peut éventuellement révéler.
Le granulome silicotique se développe parfois plusieurs dizaines d'années après le traumatisme cutané. L'examen histologique en lumière polarisée y met en évidence des particules biréfringentes très brillantes de silice généralement incluses dans des cellules géantes à corps étranger de type Langhans.

granulosa n.f.

granulosa

Couche de petites cellules tapissant la cavité du follicule de De Graaf où elles s'organisent en cumulus oophorus qui contient l'ovocyte.
La couche granuleuse de l’épiderme est parfois appelée granulosa.

Étym. lat. granulosa : granuleux d’aspect

→ follicule ovarien, tumeur de la granulosa, cumulus oophorus

granulysine n.f.

granulysin

Protéine antimicrobienne active contre les bactéries, les parasites et des champignons, présente dans les cellules T humaines CD4+, mais aussi dans tout le règne animal, de l’amibe à l’Homme.
Elle agit en synergie avec la perforine.

greffe n.f.

graft, grafting

Opération qui consiste, pour pallier une perte de substance ou remplacer un organe défaillant, à prélever des cellules, un tissu ou un organe sur un organisme appelé donneur pour les introduire chez un receveur.
En fonction du lien entre donneur et receveur on distingue plusieurs types de greffe: autogreffe (greffe effectuée chez le même individu), homogreffe ou allogreffe (greffe entre individus de même espèce, p. ex. d'homme à homme), hétérogreffe ou xénogreffe (greffe entre sujets d'espèces différentes). Les greffes entre jumeaux homozygotes ou entre animaux de même race sont appelées isologues ou isogéniques. Toutes les greffes, à l'exception des autogreffes et des greffes isologues, sont exposées à une réaction de rejet d'origine immune.
Le mot greffe est parfois aussi utilisé pour désigner le produit prélevé, plus souvent appelé greffon.

→ allogreffe, autogreffe, isogreffe, xénogreffe, transplantation, greffon, greffon contre l'hôte (réaction du)

greffe d'îlots de Langerhans l.f.

pancreatic islet transplantation

Technique d'implantation des seules cellules de la partie endocrine du pancréas destinée à traiter le diabète grave insulinodépendant.
Son siège peut être hépatique, épiploïque ou péritonéal. Elle s'apparente plus à une greffe de tissu qu'à une transplantation d'organes. Elle pose néanmoins les mêmes problèmes d'histocompatibilité.

grelot (image en) l.f.

mobile masse pattern

1) En radiologie pulmonaire, opacité de forme variable, mobile dans une cavité parenchymateuse.
En raison de ses déplacements, le grelot traduit la présence d'un matériel libre de toute attache pariétale : aspergillome, caillots sanguin, fragment tumoral.
2) En histopathologie cutanée, aspect dit « en grelot » des cellules des glandes sébacées avec leur noyau.

Griscelli-Pruniéras (syndrome des cheveux argentés de) l.m.

Griscelli's syndrome

Maladie héréditaire rare transmise sur un mode autosomique récessif, associant un déficit immunitaire combiné et un albinisme partiel avec absence de cellules de Langerhans.
Le déficit immunitaire est sévère avec, malgré un nombre de lymphocytes B et T normal, une anergie cutanée, une hypogammaglobulinémie, une neutropénie et une thrombopénie. L'albinisme cutané peut passer plus ou moins inaperçu, mais les cheveux, les cils et les sourcils sont, dès la petite enfance, d'une couleur gris argenté caractéristique.

Cl. Griscelli, pédiatre et immunologiste français et M. Pruniéras, dermatologiste français (1978) ; A. Chédiak, sérologiste cubain (1952) ; O. Higashi, pédiatre japonais (1954)

Syn. Griscelli (syndrome de),

→ Chédiak-Higashi (maladie de)

groupage tissulaire l.m.

tissue typing

Identification des antigènes d'histocompatibilité présents dans un organisme.
Ce groupage est habituellement réalisé sur des cellules lymphoïdes du sang circulant grâce à un test de lymphotoxicité in vitro.

groupe sanguin l.m.

blood type

Caractère d'ensemble d'individus possédant en commun dans le sang un même antigène.
Cet antigène est ou non compatible avec les anticorps d'autres sangs qui ne le possèdent pas.
Un tel polymorphisme génétique (allotypie) se manifeste au niveau de structures présentes sur la membrane de cellules sanguines ou sur des molécules diverses du sang circulant. 
Selon la situation de ces structures, on définit des systèmes de groupes :
- érythrocytaires : ABO, (chromosome 9), MNSs, Rhésus, Kell, Duffy, Kidd, etc. ;
- leucocytaires : NA, NB, etc. ;
- plaquettaires : PlA, PlE, KO ;
- salivaires : Lewis et présence de substances solubles A ou B chez les sujets sécréteurs (Se) ;
- sériques : d'immunoglobulines (Gm, Km, Am), d'enzymes, de transferrine, etc.
À l'état normal, il existe des anticorps anti-A et/ou anti-B chez les sujets n'ayant pas les antigènes A ou B. Cette présence constitue un danger potentiel grave en cas de transfusion de sang de groupe incompatible (accident par erreur de groupe). A la suite de transfusions sanguines ABO et Rhésus compatibles, les receveurs peuvent s'immuniser contre un ou plusieurs autres antigènes du receveur et produire des anticorps anti-Kell, anti-Duffy, p. ex. (autre type d'accident de transfusion sanguine).
La mère peut s'immuniser contre les antigènes de groupe sanguin de son fœtus autres que A et B : c'est l'allo-immunisation fœtomaternelle responsable de la maladie hémolytique du nouveau-né due p. ex. au facteur Rhésus.

K. Landsteiner, biologiste autrichien (1900), prix Nobel de médecine en 1930

→ groupage sanguin, groupes sanguins ABO, immunité

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