Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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frottis n.m.

smear

Étalement d'un produit en une mince couche sur une lame de verre en vue de l'observation microscopique des microorganismes ou des cellules qu'il contient.
Le frottis est généralement séché, fixé et coloré avant examen microscopique.

[B3, O3, A2]

Édit. 2019

frottis vaginal régressif l.m.

regressive vaginal smear

Aspect du frottis vaginal de la femme enceinte qui, par l’apparition des cellules basales ou parabasales annonçait, soit la mort fœtale, soit le dépassement du terme.

[B3, O3, A2]

Édit. 2019

fructose-1,6-diphosphate-aldolase n.f.

fructose-1,6-bisphosphate aldolase

Enzyme présent dans toutes les cellules catalysant le clivage du fructose-1,6-diphosphate en phosphoglycéraldéhyde et phosphodihydroxyacétone.
Cette réaction réversible constitue dans l'autre sens une aldolisation, qui crée une liaison C-C entre les deux trioses pour la synthèse d'un hexose.

→ gluconéogénèse

[C1, C2]

Édit. 2019

fuseau mitotique l.m.

mitotic spindle, central spindle

Réseau de filaments fins reliant chaque centriole dans une cellule en voie de division.
Cette structure, dont l'élaboration commence dès le début du processus mitotique, accompagne la transformation du réseau de chromatine nucléaire en chromosomes, lesquels vont s'attacher aux filaments du fuseau et migrer depuis la plaque équatoriale située au centre de celui-ci jusqu'aux centrioles pour donner deux cellules filles. le fuseau ne fixe pas les colorants histologiques : il est dit achromatique.

Syn. appareil fusorial, fuseau achromatique (terme ancien)

fuseau neuromusculaire l.m.

neuromuscular spindle, muscle spindle

Organe propriocepteur de la tension musculaire, ovoïde, formé de fibres spécialisées, situé à l'intérieur du muscle, solidaire de celui-ci, en particulier de ses mouvements d'étirement, et qui se trouve à l'origine du réflexe myotatique.
Cet organite allongé mesurant quelques millimètres comporte principalement : un groupement de cellules striées dites intrafusoriales, innervées par des motoneurones α issus de la corne antérieure de la moelle, au voisinage des motoneurones γ ; des fibres sensitives naissant surtout de la partie équatoriale du fuseau, articulées sur un mode monosynaptique ; une capsule conjonctive.
Les afférences issues des fuseaux neuromusculaires gagnent la moelle par des fibres sensitives primaires (groupe Ia), myélinisées, de grand diamètre, à conduction rapide. Elles dirigent leurs prolongements vers la colonne de Clarke, d'où part le faisceau spinocérébelleux dorsal ou direct de Flechsig. Avant de se terminer dans ce "nucleus dorsalis", des collatérales ont fait synapse avec les neurones du muscle où est née la stimulation.
Le fonctionnement des récepteurs est soumis à une régulation : une fibre musculaire incluse dans le fuseau et innervée par des fibres γ, accroit son excitabilité par sa contraction et la diminue par son relâchement. Le niveau d'excitabilité des neurones moteurs α est donc fortement influencé par la boucle de régulation γ. Le tonus musculaire et notamment le réflexe myotatique sont liés à ces activités.

J. A. Clarke, neuroanatomiste et physiologiste britannique (1851) ; P. E. Flechsig, neuroanatomiste et neuropathologiste allemand (1876)

→ boucle

fusion cellulaire l.f.

cell fusion

Processus consistant à mettre en présence le contenu de deux ou plusieurs cellules animales ou végétales, éventuellement après protoplastisation, afin de provoquer des recombinaisons génétiques nucléaires et/ou cytoplasmiques.
La fusion cellulaire s'accompagne en général de l'élimination de tout ou partie du matériel génétique nucléaire de l'un des deux individus, et permet d'induire des recombinaisons au niveau des génomes chromoplastiques et mitochondriaux.

Syn. fusion somatique, hybridation cellulaire, hybridation somatique

Gábor (fonction de) l.f.

Gábor’s function

Fonction utilisée pour décrire le profil de sensibilité à la luminance des champs récepteurs de cellules du système visuel.
La même fonction est utilisée pour créer des cibles caractérisées par un profil de luminance similaire à celui des champs récepteurs.

D. Gábor, physicien britannique, prix Nobel de physique en 1971

gaine épithéliale externe du poil l.f.

outer root hair sheath

Invagination de l'épithélium de surface formant l'assise cellulaire la plus périphérique du follicule pileux.
Faite de plusieurs assises de cellules polyédriques claires, car riches en glycogène, elle est bordée en dehors par la membrane vitrée ou gaine conjonctive péripilaire et, en dedans, par la gaine épithéliale interne dans sa portion basse en dessous de l'abouchement du canal sébacé.

Syn. gaine folliculaire externe, trichilemme

→  Henle (gaine de), Huxley (gaine de)

galactosamine n.f.

galactosamine

Osamine, sucre aminé présent dans de nombreuses combinaisons polyosidiques, glycoprotéines, glycolipides et glycosaminoglycannes le plus souvent sous forme acétylée, N-acétyl-galactosamine : mucopolysaccharides tels que les chondroïtine-sulfates, gangliosides, substances des groupes sanguins.
La biosynthèse de la galactosamine se fait par isomérisation de l'UDPglucosamine N-acétylée en UDPgalactosamine N-acétylée. La galactosamine libre est une amine toxique pour les cellules hépatiques.

→ galactose, osamine

galanine n.f.

galanin

Neurotransmetteur peptidique de 30 acides aminés qui est sécrété par les fibres sympathiques au voisinage des cellules bêta des îlots de Langerhans et qui inhibe la sécrétion d'insuline.
Elle est présente dans les neurones supra-optiques de l'hypothalamus, surtout colocalisée avec la vasopressine.

galectine n.f.

galectin

Lectine animale de type S, c'est-à-dire caractérisée par une fonction thiol nécessaire à sa structure active.
Dans la famille des galectines, on connaît la galectine-1, homodimère de protéines de 14 kDa, capable de lier spécifiquement les bêta-galactosides, qui a surtout été étudiée dans le thymus, où elle est abondante et où sa sécrétion par les cellules épithéliales permet la maturation des thymocytes. Elle se fixe sur plusieurs glycoprotéines membranaires, telles que la laminine, la fibronectine, les protéines CD45 et CD43.

gamète non réduit l.m.

unreduced gamete

Chez les Eucaryotes, gamète ayant la même garniture chromosomique que les cellules de la diplophase de l'individu qui l'a engendré.
Il résulte généralement d'une perturbation de la gamétogénèse, les chromosomes pouvant avoir ou non subi la recombinaison génétique.
Les gamètes non réduits se trouvent notamment chez les hybrides interspécifiques et chez les polyploïdes. La fécondation issue de deux gamètes non réduits produit un individu polyploïde.

Syn. somagamète, diplogamète

→ diplophase

gamétocytes n.m.p.

gametocytes

Cellules présexuelles des sporozoaires, à partir desquelles se forment, chez l’hôte définitif (et par réduction chromatinienne), les gamètes qui permettent la reproduction sexuée de ces parasites.

gamétocytogénèse n.f.

gametocytogenesis

Production de gamétocytes chez les sporozoaires (Plasmodium, Toxoplasma gondii).
Ces cellules présexuelles, apparaissent chez l’hôte intermédiaire et donnent naissance aux gamètes chez l’hôte définitif, après réduction chromatinienne.

gamma-hydroxybutyrate l.m.

gamma hydroxybutyrate

Anesthésique intraveineux qui peut être métabolisé en gamma-aminobutyrique (GABA) et intervient alors comme inhibiteur dans la transmission de l'influx nerveux.
Peu toxique, sans action analgésique, il doit être associé à un analgésique fort et à un curare pour l'usage chirurgical. Il favorise la rentrée du K+ dans les cellules, ce qui abaisse la kaliémie et ralentit l'électroencéphalogramme (qui peut même devenir plat). Il a un effet légèrement hypotenseur mais avec des à-coups hypertensifs en réaction aux stimulus nociceptifs. Il s'élimine lentement, ce qui restreint son utilisation en anesthésie générale. En obstétrique son action ocytocique accroît la fréquence des contractions et favorise la dilatation du col.

Abrév. γ- OH

→ anesthésie intraveineuse

ganglion n.m.

ganglion (TA)

ganglion

1 – amas de cellules nerveuses situé sur le trajet d’un nerf.
Les ganglions cérébro-spinaux sont situés sur les racines dorsales des nerfs rachidiens ou sur les nerfs crâniens sensitifs. Les ganglions sympathiques sont soit latérovertébraux et participent à la constitution de la chaîne sympathique latéro-vertébrale, soit préviscéraux et participent à la formation des plexus sympathiques viscéraux (p.ex. le plexus solaire). Le terme de ganglion est dorénavant exclusivement réservé aux ganglions nerveux.
2 – le terme de ganglion utilisé pour désigner les nœuds lymphatiques est désormais obsolète.

ganglion de Gasser (neurinome du) l.m.

gasserian trigeminal ganglion neurinoma

Variété de tumeur bénigne née de cellules de Schwann, bien plus rare que le neurinome de l'acoustique (0,2% des tumeurs intracrâniennes), constituée par le neurinome proprement dit du ganglion de Gasser, s'étendant plutôt vers la région temporale, et par les neurinomes rétrogassériens, se développant dans la fosse postérieure, avec possibilité de formes mixtes.
Le neurinome du ganglion de Gasser se traduit précocement en clinique par une névralgie faciale atypique, généralement peu intense, qui peut manquer ou rester épisodique. Elle est accompagnée de troubles sensitifs objectifs, élément différentiel majeur avec une forme essentielle.
Les clichés standard montrent typiquement un élargissement de la fossette trigéminale ou une érosion de la pointe du rocher. Plus sensible que le scanner, l'IRM visualise bien l'extension de la tumeur et le point de départ du neurinome.
Le traitement est chirurgical.

Syn. ganglion trigéminal

ganglion sensitif d'un nerf spinal l.m.

ganglion sensorium nervi spinalis (TA)

spinal ganglion ; dorsal root ganglion

Renflement fusiforme situé sur la portion distale de la racine dorsale des nerfs spinaux, à l’entrée ou à l’intérieur du foramen intervétébral.
Il est constitué par l’agglomération des corps cellulaires des protoneurones sensitifs somatiques et viscéraux caractérisés par leur aspect en T. Le ganglion sensitif  d’un nerf spinal comporterait également quelques cellules vicéro-effectrices.

Syn. anc. ganglion rachidien ; ganglion spinal.

ganglion terminal l.m.

ganglion terminale (TA)

terminal ganglion

Ensemble des cellules ganglionnaires annexées au nerf terminal et formant le ganglion de Locy.

W. A. Locy, docteur en sciences américain (1905)

Syn. anc. ganglion de Locy

→ nerf terminal

ganglioneurome n.m.

ganglioneuroma

Tumeur du système nerveux central ou périphérique correspondant à plusieurs entités, toutes très rares.
Au niveau central, le gangliocytome dysplasique ou maladie de Lhermitte-Duclos de l'adulte, est une tumeur cérébelleuse malformative d'un lobe, formée de lamelles hyperplasiques anormalement riches en neurones dans la couche des grains, qui envoient d'épais prolongements myélinisés vers la surface. Révélé par des signes d'hypertension intracrânienne, son traitement est chirurgical. Le gangliogliome cérébral est une tumeur de l'enfant appelée aussi gangliocytome ou neuro-astrocytome. Il siège principalement dans les hémisphères cérébraux, essentiellement le lobe temporal, mais aussi dans les structures médianes, tronc cérébral ou moelle. Il associe une double composante cellulaire, faite de neurones matures regroupés sans ordre, parfois binucléés, et d'astrocytes accompagnés de microcalcifications, d'infiltrats lymphocytaires et de corps éosinophiles. Les mitoses sont rares. La microscopie électronique peut aider au diagnostic. Souvent révélée par des crises comitiales, la tumeur guérit après exérèse. Quand celle-ci n'est pas possible ou incomplète, une transformation maligne peut survenir. Le gangliogliome desmoplastique de l'enfant vient d'être identifié. Le très exceptionnel ganglioneuroblastome cérébral associe neurones peu matures et neuroblastes.
Au niveau périphérique, il s'agit de ganglioneuromes (ou sympathicocytomes) développés principalement à partir des neurones du système sympathique dans l'abdomen, le thorax, le cou. Ces tumeurs bénignes bien encapsulées, souvent de grande taille, associent de volumineuses cellules ganglionnaires et des filets disposés en faisceaux entrelacés. Leur traitement est chirurgical. La ganglioneuromatose intestinale diffuse est isolée, non intégrée dans le syndrome des néoplasies endocriniennes multiples ni dans la maladie de von Recklinghausen.

J. J. Lhermitte, membre de l'Académie de médecine et P. Duclos, neurologues français (1920)

ganglioneurome cervical l.m.

cervical ganglioneuroma

Forme différenciée de tumeur développée aux dépens de cellules des ganglions sympathiques cervicaux.
Elle se développe généralement dans l’espace rétrostylien chez l’adulte d’âge mûr mais peut être vue à tout âge.

Syn. sympathome

→ sympathome cervical

gangliosidose généralisée GM1 de type 2 ou juvénile et de type 3 de l'adulte l.f.

generalized gangliosidosis, GM1, type 2 or juvenile type and type 3 or adulte type

Dégénérescence cérébrale avec surcharge de gangliosides dans le cerveau.
L'affection de type 2, a une évolution assez lente, elle débute vers 1 an avec un faciès dysmorphique en gargouille, un retard de croissance et psychomoteur, puis une cécité. Il n'est généralement pas décrit d'anomalie oculaire, mais il existe histologiquement une atteinte des cellules ganglionnaires rétiniennes. Le décès intervient entre 3 et 10 ans. Dans ce déficit en β-galactosidase, seuls les isoenzymes B et C sont en cause et la surcharge de gangliosides a lieu dans le cerveau et non dans les viscères (il y a tout de même surcharge viscérale en mucopolysaccharides). La gangliosidose généralisée GM1 de type 3 ou de l'adulte ne donne pas de macula rouge cerise mais une atteinte neurologique et intellectuelle lente. Le gène de l'enzyme GLB1 est situé en 3p21.33. L’affection est autosomique récessive (MIM 230650, type 2 ; MIM 230650, type 3).

D. M. Derry, pharmacologue canadien (1968)

Syn. gangliosidose à GM1 infantile tardive, gangliosidose à GM1 adulte

gargoylisme n.m.

gargoylism

Terme synonyme de mucopolysaccharidose mettant l’accent sur deux points : l’existence possible d’une dysmorphie à type de facies en gargouille et la présence dans les tissus de dépôts de mucopolysaccharides dans les cellules vacuolisées, les « gargoyl cells » des Anglo-Saxons.

Étym. vieux fr. garg : gosier ;  goule : gueule

→ mucopolysaccharidose de type IIIA,IIIB,IIIC, Hurler (maladie de), Goldberg (syndrome de), leucodystrophie métachromatique, gangliosidose généralisée GM1 de type 2 ou juvénile et de type 3 de l'adulte, neuraminidase (déficit en)

gastrinome n.m.

gastrinoma

Tumeur endocrine développée aux dépens d'un type cellulaire particulier : les cellules à gastrine principalement au niveau du pancréas.
Cette tumeur langerhansienne, également de siège duodénal ou gastrique, peut sécréter des quantités importantes de gastrine dans l'organisme (gastrinome sécrétant). Plus rarement, le gastrinome ne s'accompagne pas de sécrétion de gastrine (gastrinome non sécrétant).
Le gastrinome produit deux types d'effets qui sont liés d’une part aux complications du développement de la tumeur dans l'organisme et, d'autre part, à l'augmentation de la sécrétion de gastrine. Celle-ci est produite par le gastrinome sécrétant et aboutit à la formation d'ulcères duodénaux multiples et récidivants et à l'apparition d'une diarrhée d'hypersécrétion. L'apparition des antagonistes des récepteurs H2 a permis de ne plus recourir à l'ablation chirurgicale de l'estomac dont le but était d'éviter les complications liées à l'augmentation permanente du débit acide basal sous l'influence de la gastrine d'origine tumorale. Dans les gastrinomes malins, le développement tumoral est plus lent que dans les tumeurs malignes non endocrines.

R. M. Zollinger, membre de l’Académie de médecine et E. H. Ellison, chirurgiens américains (1955)

→ Zollinger-Ellison (syndrome de)

gastrite achlorhydrique l.f.

achlorhydric gastritis

Gastrite caractérisée par une absence d'acide chlorhydrique dans le suc gastrique, habituellement secondaire à une gastrite chronique fundique (type A) avec atrophie sévère marquée histologiquement par la disparition des cellules pariétales.
Cette gastrite achlorhydrique est caractéristique de la maladie de Biermer ou anémie pernicieuse.

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