Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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doigt à zinc l.m. (ZF)

zinc finger (ZF)

Domaine protéique formé d’une trentaine d’acides aminés stabilisés par un complexe de coordination avec un atome de zinc, qui permet des interactions spécifiques avec certaines séquences d’acides nucléiques.
Les
ZF sont en effet des modules reconnaissant des séquences ADN spécifiques et peuvent être assemblables à façon, permettant l’édition génomique. Les domaines ZF peuvent ensuite être associés à des domaines répresseurs ou activateurs de transcription permettant ainsi de moduler spécifiquement l’expression de gènes. De plus, dans le contexte de la thérapie génique, l’association de ZF à un domaine catalytique de type nucléase a également permis de remplacer dans des cellules humaines une copie mutée du gène IL-2Rg (impliqué dans un syndrome d’immunodéficience lié à l’X) par une copie normale. Cette stratégie d’édition du génome permet d’envisager, à relativement court terme, une thérapie efficace d’un grand nombre de maladies génétiques humaines.
L’avènement de la technologie CRISPR-Cas9 a rendu les nucléases bases sur ZF obsolètes.
Le doigt à zinc est souvent présent dans les facteurs généraux de transcription.

Sigle ZF

→ CRISPR-Cas9, thérapie génique, nucléase, facteur général de transcription, édition, thérapie génique

[C1, Q1]

Édit. 2019

dominance oculaire l.f.

ocular dominance

Usage préférentiel d'un œil pour accomplir une tâche soit oculomotrice, soit visuelle, soit les deux ensemble.
À l'échelle du neurone, une cellule ou un groupe de cellules du système visuel est activé par la stimulation de l'un ou l'autre œil ou des deux à la fois dans des proportions qui varient. L'influence respective de chaque œil sur l'activité du neurone peut être évaluée à l'aide d'une échelle permettant une représentation graphique sous la forme d'un histogramme de dominance oculaire. Un déséquilibre de la dominance au niveau des territoires corticaux entraîne l'usage préférentiel d'un œil par rapport à l'autre, pouvant conduire à la cessation relative de la transmission au cortex des signaux provenant d'un œil (amblyopie). Ce concept est indépendant de la notion comportementale d'œil dominant qui n'a pas, à ce jour, reçu de fondement anatomofonctionnel.

→ œil directeur, œil dominant, œil fixateur, œil préférentiel, colonne de dominance, plasticité

don d'organes l.m.

organs gift, organs donation

Geste par lequel une personne saine autorise que soit prélevé sur son corps un organe ou un tissu pour suppléer l’insuffisance ou l’absence de ce tissu ou organe d’une autre personne.
Le prélèvement sur un donneur vivant (rein, lobe hépatique, moelle osseuse ou cellules souches hématopoïétiques) ne peut être fait que s'il ne porte pas tort au donneur. Aussi est-il le plus souvent pris sur un patient en état de mort cérébrale, maintenu artificiellement en vie.
En France, le don d'organe par prélèvement sur une personne vivante est régi par la Loi (articles L 11231-1 et suivants du Code de la santé). Le prélèvement sur une personne vivante ne peut être fait que dans un but thérapeutique direct au bénéfice d’un receveur et entre membres d'une même famille (père, mère, fils ou fille, frère ou sœur et en cas d'urgence seulement, conjoint) «Le donneur, préalablement informé, doit exprimer son consentement devant le président du Tribunal de grande instance ou le magistrat désigné par lui. En cas d'urgence ce consentement est recueilli par tous moyens, par le procureur de la République. Ce consentement est révocable sans forme et à tout moment.».
«Aucun prélèvement d'organe ne peut avoir lieu sur une personne vivante mineure ou une personne vivante majeure, faisant l'objet d'une mesure de protection légale».
Le prélèvement sur une personne décédée est aussi régi par la Loi (articles L.617.7 et suivants du Code de la Santé). Il ne peut être effectué qu'à des fins thérapeutiques ou scientifiques. Il n'est autorisé que si le défunt n'a pas fait connaître son refus. Pour un mineur ou un majeur ayant fait l'objet d'une mesure de protection légale, le prélèvement ne peut avoir lieu qu'à condition que chacun des titulaires de l'autorité parentale ou le représentant légal y aient consenti par écrit. Enfin, «les médecins qui établissent le constat de la mort, d'une part, et ceux qui effectuent le prélèvement ou la transplantation d'autre part, doivent faire partie d'unités fonctionnelles ou de services distincts».
L'Établissement français des greffes doit être avisé au préalable de tout projet de greffe.

→ greffes (Établissement français des), prélèvement d'organe

dose létale l.f.

lethal dose

Quantité minimale de principe actif toxique ou d’irradiation entraînant la mort de l’organisme vivant qui la reçoit.
Les organismes concernés peuvent être des animaux, des cellules, des bactéries, des virus ou des végétaux. En toxicologie expérimentale, il est courant de définir cette dose par celle qui tue 50% des animaux auxquels on l'administre (dose létale 50, DL 50).

Étym. gr. dosis : action de donner, ce qui est donné (déverbal de didômi : donner) ; lat. letalis : mortel

→ dose létale 50

dose létale moyenne l.f.

mean lethal dose

Dose qui réduit à 1/e (environ 37%) - e : base des logarithmes naturels - le nombre de cellules survivantes (pour une courbe de survie exponentielle ou dans la partie exponentielle de la courbe de survie).

Étym. gr. dosis : action de donner, ce qui est donné (déverbal de didômi : donner) ; lat. letalis : mortel

Symb. D0

drusen de la tête du nerf optique l.m.p.

drusen of the disk

Formations profondes intrapapillaires vésiculeuses soulevant la papille et donnant parfois un aspect œdémateux.
Elles sont bilatérales dans 80% des cas, parfois présentes à la naissance mais le plus souvent acquises, elles évoluent en se calcifiant, en devenant plus superficielles et ophtalmoscopiquement plus évidentes. Dans les cas douteux il faut rechercher l'autofluorescence et une hyperfluorescence nodulaire tardive et diffuse en angiographie. Il n'y a pas de signe fonctionnel mais on peut trouver un élargissement de la tache aveugle et des hémorragies péripapillaires. Histologiquement il s'agit de concrétions hyalines en avant de la lame criblée dans le tissu glial, elles seraient dues au ralentissement du flux axonal dans un nerf optique au canal scléral trop étroit et secondaires à une concentration de mitochondries rejetées hors des cellules. Leur fréquence est estimée à 1/20.000. L’affection est autosomique dominante. La pénétrance et l'expressivité sont variables.

Étym. terme de géologie d’origine allemande, pluriel de druse : cavité minérale tapissée de cristaux

dynéine n.f.

dynein

Protéine intracellulaire qui joue un rôle dans les déplacements des organites de la périphérie vers le centre des cellules le long des microtubules.
La tête NH2-terminale de la protéine s'attache à la tubuline et se déplace de façon rétrograde grâce à de l'ATP, entraînant un organite fixé sur son domaine COOH-terminal.
A côté des dynéines cytoplasmiques, de masse moléculaire 1200 kDa, on reconnaît l'existence de dynéines dans les axonèmes, responsables des glissements des cils ou flagelles par rapport aux microtubules.
Ce complexe protéique permet, par exemple, le glissement des microtubules dans les flagelles des spermatozoïdes et est donc nécessaire à leur mobilité.

dysembryome n.m.

dysembryoma

Tumeur résultant de la prolifération de cellules germinales qui présentent un développement embryogénique mais dont l’évolution peut être variable, allant de la forme la plus immature : (carcinome embryonnaire), à la forme la plus mature (tératome mature).
Leur pronostic est d’autant plus mauvais qu’il existe un contingent immature.

Étym. gr. dus : difficile ; embruon : embryon

Syn. dysgerminome

dysembryoplasie neuro-épithéliale l.f.

dysembryoplastic neuroepithelial tumor

Prolifération anormale de cellules neuroépithéliales, entité bénigne décrite récemment sur un ensemble de corrélations anatomocliniques.
Il en existe deux formes, simple et complexe, toutes deux observées chez des sujets jeunes qui présentent au long cours une épilepsie isolée, souvent partielle, rebelle au traitement. L'imagerie montre le caractère cortical, hémisphérique, surtout temporal, de la lésion, avec parfois des lésions osseuses en regard.
La forme simple ou composante glioneuronale spécifique, comporte des faisceaux d'axones disposés en colonnes perpendiculairement à la surface, bordés d'oligodendrocytes et de neurones situés dans un tissu lâche présentant un œdème interstitiel. La forme complexe associe, en plus, des foyers de dysplasie corticale et des nodules gliaux qui ressemblent aux tumeurs astrocytaires et oligodendrogliales. L'index de prolifération cellulaire peut être élevé.
Après résection, le pronostic de ces lésions est excellent, ce qui contre-indique radiothérapie et chimiothérapie.

Catherine Daumas-Duport, anatomopathologiste française (1988)

dysgénésie réticulaire l.f.

reticular dysgenesia

Forme grave de déficit immunitaire combiné sévère marquée par une agranulocytose et une lymphopénie avec une hypoplasie du thymus et des organes lymphoïdes et associée à une surdité neurosensorielle.
Cette maladie génétique très rare à transmission autosomique récessive est causée par des mutations dans le gène codant l’adénylate kinase 2 (AK2). Cette protéine, impliquée dans le métabolisme énergétique de la mitochondrie, est nécessaire à la différenciation leucocytaire. Les hématies et les plaquettes sont, par contre, normales. Les conséquences de cette dysgénésie réticulaire sont immédiatement dramatiques car le nouveau-né n'a aucune défense contre les attaques microbiennes, bactériennes et virales. Seule une greffe de cellules souches hématopoïétiques permet de le sauver d’un décès précoce.

O. M. de Vaal pédiatre néerlandais et V. Seynhaeve, pédiatre belge (1959)

→ déficit immunitaire, alymphocytose, thymus, agranulocytose, mitochondropahie

dyskératose acantholytique focale l.f.

focal acantholytic dyskeratosis

Entité purement histologique d'individualité discutée, correspondant à une image de kératinisation anormalement précoce et individuelle des cellules (« dyskératose ») aboutissant à une ségrégation cellulaire ( «acantholyse ») avec formation de fentes étroites ou de véritables cavités situées généralement au-dessus de la couche basale de l'épiderme.
Cet aspect peut se rencontrer occasionnellement de façon locale dans certaines affections, notamment les kératoses actiniques dans leur forme dite acantholytique.

A. Ackerman, dermatopathologiste américain (1972)

→ dermatose acantholytique

dystrophie n.f.

Anomalies morphologiques, pouvant affecter un organe, un tissu ou une cellule, liées à des

troubles locaux touchant le métabolisme, l’apport nutritionnel ou vitaminique, les stimulations hormonales.
L’expression morphologique est très variable et dépend du type de carence (ex : les carences vitaminiques, l’atrophie endométriale post-ménopausique.)
Dans les troubles dystrophiques on distingue les atrophies, répondant à une diminution de taille ou de volume et les hypertrophies, caractérisées par une augmentation du volume habituel. Le terme hypertrophique est habituellement réservé à un organe ou à un tissu (hypertrophie musculaire). Il peut être lié à une infiltration du tissu de soutien (tissu mésenchymateux ou adipocytaire (lipomatose d’une glande) ou à une augmentation du nombre ou, d’une façon synonyme, une hyperplasie des cellules spécialisées.
Étym. gr. trophein : nourrir

dystrophie cornéenne postérieure polymorphe héréditaire l.f.

posterior hereditary corneal dystrophy

Dystrophie cornéenne postérieure avec altération de l'endothélium ou de la membrane de Descemet.
L’affection apparaît dans la première enfance, elle est précédée d'irritation et de photophobie puis apparaissent des plages de cristaux calcaires dans les couches profondes du stroma, des lésions vésiculaires dans l'endothélium et un œdème des couches profondes du stroma. Elle peut être asymptomatique mais dans les formes les plus majeures, l'épithélium et le stroma sont altérés de façon sévère par l'œdème. L’affection est autosomique dominante (MIM 121700).
Il existe parfois des adhérences iridocornéennes, un œdème de cornée et un ectropion uvéal. il s'agit d'une différenciation incomplète des cellules endothéliales cornéennes qui secrètent une membrane collagène envahissant l'angle et l'iris. L’affection est autosomique dominante (MIM 122000). Gène en 20q11.

L. Koeppe, ophtalmologiste allemand (1916) ; A. E. Maumenee, ophtalmologiste américain (1960) ; E. F. Carpel, ophtalmologiste américain (1977) ; H. Schlichting, ophtalmologiste allemand (1941)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

Syn. dystrophie cornéenne postérieure amorphe (Carpel), dystrophie cornéenne de Schlichting, dystrophie endothéliale congénitale, dystrophie postérieure polymorphe, œdème cornéen congénital héréditaire de Maumenee

→ dystrophie cornéenne endothéliale congénitale

dystrophie endothéliale cornéenne de Fuchs l.f.

Fuchs’ endothelial dystrophy of the cornea

Affection cornéenne avec altération primitive de la membrane de Descemet et de l'endothélium cornéen.
Les premiers signes apparaissent dans la troisième ou quatrième décennie, au niveau de l'aire cornéenne centrale ou paracentrale, puis progressent, plus en largeur qu'en hauteur, mais ne modifient l'acuité visuelle qu'entre 40 et 50 ans. Il existe d'abord de petites gouttelettes ou verrucosités sur la membrane de Descemet, ensuite un épaississement de la membrane, une modification des cellules endothéliales et une diminution de leur nombre, enfin un œdème du stroma. Le glaucome et l'atrophie irienne peuvent accompagner l'affection. La plupart des cas sont sporadiques. L'affection est autosomique dominante (MIM 136800) ou liée au sexe, dominante.

E. Fuchs, ophtalmologiste autrichien (1910)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

Syn. cornea guttata

dystrophie flavimaculée de l'adulte l.f.

adult onset reticular flavimaculatus dystrophy

Dystrophie rétinienne flavimaculée du pôle postérieur d'aspect un peu réticulé et d'évolution lente avec altération choriorétinienne atrophique caractéristique en périmaculaire et maculaire.
La maladie évolue sans signe fonctionnel durant plusieurs décennies; elle a été initialement décrite avec les formes pures de fundus flavimaculatus, mais les taches flavimaculées du pôle postérieur qui entourent la macula et semblent non évolutives vont provoquer une atrophie choriorétinienne périmaculaire de la région temporale qui va progressivement encercler la fovéola, et faire disparaître l’épithélium pigmenté, la choriocapillaire et les cellules visuelles en trois ou quatre décennies. L'ERG a des réponses photopiques légèrement altérées et l'EOG est normal. En angiographie pas de silence choroïdien, effet fenêtre au niveau des taches flavimaculées, et atrophie aréolaire en temporal de la macula dans les formes moyennement évoluées. L’affection est autosomique dominante ou autosomique récessive.

K. B. Stargardt, ophtalmologiste allemand (1909)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

Syn. dystrophie à taches jaunâtres du pôle postérieur, Stargardt flavimaculée tardive (maladie de)

Fukuyama (dystrophie musculaire de) l.f.

Fukuyama disease

Dystrophie musculaire congénitale caractérisée par une malformation cérébrale (lissencéphalie pavimenteuse), des dystrophies des muscles squelettiques, un déficit intellectuel sévère, une épilepsie et un déficit moteur.
La prévalence de la maladie est élevée dans la population japonaise (2-4/ 100 000) et très faible ailleurs. Une consanguinité des parents a été décrite.
La maladie débute classiquement dans la petite enfance. Les symptômes sont une succion et un cri faibles, un retard de développement, une hypotonie, des contractures des hanches, des genoux et des articulations interphalangiennes. Les signes plus tardifs sont un visage évoquant une myopathie, une pseudohypertrophie des mollets et des avant-bras, des anomalies ophtalmologiques (déficits visuels et dysplasie rétinienne). L'atteinte cardiaque progressive ainsi que les troubles de la déglutition et de l'alimentation (conduisant à une pneumopathie d'aspiration souvent fatale) s'observent dans les formes graves de la maladie ou chez des patients âgés de plus de dix ans. Les crises convulsives (convulsions généralisées toniques-cloniques, crises partielles complexes et crises partielles avec généralisation secondaire, spasmes infantiles, crises toniques ou myocloniques) apparaissent chez la moitié des individus (âge moyen à l'apparition des crises: 1-3 ans). Tous les patients ont un déficit intellectuel sévère (QI de 30 à 60).
Le gène en cause, FKTN, code pour la fukutine et est localisé en 9q31. La transmission est autosomique récessive.
Le diagnostic est basé sur des signes cliniques, sur des éléments caractéristiques de neuro-imagerie et d'électromyographie, sur des biopsies musculaires et sur la génétique moléculaire.
Les diagnostics différentiels comprennent les dystrophies musculaires de Duchenne et Becker ainsi que d'autres types de dystrophies musculaires comme le syndrome de Walker-Warburg et le syndrome muscle-oeil-cerveau.
Le diagnostic prénatal est possible sur de l'ADN extrait de cellules foetales prélevées par amniocentèse (à 15-18 semaines de gestation) ou par prélèvement de villosités choriales (à 10-12 semaines de gestation).
Le pronostic dépend de la sévérité des complications de la maladie, surtout neurologiques, cardiaques, ou respiratoires.

Y. Fukuyama, neuropédiatre japonais (1960) ; B. Eymard, myologue français (2008)

Réf. Orphanet, B. Eymard (2008)

→ lissencéphalie, FKTN gene, fukutine, dystrophie musculaire progressive pseudo-hypertrophique de Duchenne et de Becker, Walker-Warburg (syndrome de)

[H1, H3, I4, K1, K2, O1, P2]

Édit. 2019

échange gazeux l.m.

gas exchange

Passage de molécules de gaz, plus précisément d'oxygène et de dioxyde de carbone, d'un compartiment à un autre de l'organisme.
Les échanges respiratoires entre les mitochondries cellulaires et l'air ambiant se font par diffusion à l'intérieur des cellules, par la circulation qui transporte dans tout l'organisme les gaz dissous ou fixés dans le sang et par la ventilation qui renouvelle l'air alvéolaire.
L'intensité des échanges dépend de l'intensité du métabolisme cellulaire. Au niveau alvéolaire tous les gaz et vapeurs ont la même constante de temps ventilatoire (égale au quotient de la capacité résiduelle fonctionnelle par la ventilation alvéolaire), ailleurs la solubilité intervient pour la constante de temps de chaque molécule gazeuse.
En régime stable, l'équilibre ne dépend que de l'intensité des échanges d'O2 et de CO2. Dans les poumons les gaz se répartissent dans l'espace disponible laissé par la vapeur d'eau dont la pression partielle reste constante en fonction de la température (63 hPa = 47 mm de Hg à 37°C).
En régime variable, cet équilibre est modifié par l'augmentation des échanges ou par suite d'un changement de composition du mélange inhalé. Tous les compartiments de l'organisme sont affectés par une variation de pression partielle du mélange inhalé qui modifie toutes les pressions partielles en aval. Il peut en résulter des accidents graves (plongée, hypoxie au réveil anesthésique, etc.). Pour chaque espèce de molécule et pour chaque compartiment, les variations se font exponentiellement selon une constante de temps proportionnelle à la capacité du compartiment et inversement proportionnelle au débit des molécules concernées.

→ constante de temps, décompression (accident de plongée par), exponentiel (phénomène), respiration

[C2, C3, K1, G1]

Édit. 2019

échinocandines n.f.p.

echinocandine

Nouvelle classe d'antifongiques systémiques présentant un mode d'action innovant, spécifique et original.
Elle est dénommée la pénicilline des antifongiques.
Ces molécules interfèrent avec la synthèse de la paroi fongique par inhibition non compétitive de la 1, 3 β-D-glucane synthétase, système enzymatique présent chez la plupart des champignons pathogènes, mais absent des cellules de mammifères. Leur spectre d'action est étendu, englobant les Candida spp., les Aspergillus spp. et Pneumocystis carinii mais les Fusarium spp., les Mucorales, Trichosporon spp. et Cryptococcus neoformans sont résistants aux échinocandines.
Trois molécules sont actuellement disponibles ou en cours de développement : la caspofungine, l'anidulafungine et la micafungine. Ces médicaments, uniquement administrables par voie intraveineuse, représentent une réelle avancée dans le traitement des candidoses et aspergilloses invasives.

→ candidose invasive, antifongique, Candida, aspergillose, Pneumocystis carinii, Fusarium, Mucorales, Trichosporon, Cryptococcus neoformans, caspofungine, anidulafungine, micafungine

[C1, D1, G5]

Édit. 2019

écotaxie n.f.

homing

Phénomène par lequel les cellules circulantes migrent vers des territoires tissulaires particuliers.
Ce phénomène est maîtrisé par des interactions moléculaires spécifiques entre structures de la membrane des leucocytes et contre-structures à la surface de l’endothélium. Un faible pourcentage des lymphocytes du sang circulant exprime sur leur membrane les molécules CLA (cutaneous lymphocyte antigens) qui guident leur migration vers les territoires cutanés. L’intégrine exprimée à la surface de certains lymphocytes permet leur migration à travers les veinules à endothélium épais des plaques de Peyer.

Étym. gr. oikos : demeure ; taxis : arrangement

→ intégrine

[C2, F1]

Édit. 2019

écotropisme n.m.

ecotropism

Aptitude des cellules à migrer, au sein d'un organisme, vers des territoires particuliers (écotaxie), ou d'une espèce vivante vers un écosystème favorable à sa survie, son développement, sa reproduction.

→ écotaxie, écosystème, homing

[D2]

Édit. 2019

écouvillonnage de l'œsophage l.m.

oesophageal brushing

Technique destinée au diagnostic précoce des lésions de l’œsophage.
Une éponge déglutie pénètre jusque dans l’estomac, et, après son extraction par frottement doux, les cellules de l’épithélium œsophagien sont transférées sur une lame pour un examen cytologique.
Cette technique a été utilisée dans certaines régions de Chine où le cancer de l’œsophage a une incidence particulière, due sans doute à une mycobactérie liée à un procédé de conservation hivernale des légumes.

Étym. ancien fr. escoveillon, du lat. scopa : balai

→ mycobactérie, cancer de l'œsophage

[B3, L1]

Édit. 2019

ectoblaste n.m.

ectoblast

Couche cellulaire du disque embryonnaire tridermique qui, au cours de la troisième semaine du développement, va se constituer par le processus de gastrulation à partir des cellules épiblastiques du disque embryonnaire didermique qui ne migrent pas en profondeur au niveau de la ligne primitive et du nœud primitif de Hensen ; elles vont former le revêtement externe de l’embryon du côté de la cavité amniotique.
L’ectoblaste, sous l’influence de la notochorde et du mésoblaste prochordal sous-jacent, s’épaissit longitudinalement pour former la plaque neurale, processus initial de la neurulation. In fine, l’ectoblaste constitue le neurectoblaste qui donne naissance au système nerveux central, au système nerveux périphérique et à l’épithélium sensoriel des organes des sens, et à l’ectoderme, ses annexes cutanées et ses dérivés : glandes mammaires, hypophyse, émail dentaire.

Syn. ectoderme

→ disque embryonnaire tridermique, gastrulation, épiblaste, disque embryonnaire didermique, ligne primitive, nœud primitif de Hensen, cavité amniotique, notochorde, neurectoblaste, entoblaste, mésoblaste

[A4, ]

Édit. 2019

effet cytopathogène l.m.

cytopathic effect

Altération cellulaire liée à l'action des virus qui, par leur réplication, interfèrent avec le métabolisme de la cellule-hôte.
Les principales lésions cellulaires ainsi produites sont la lyse cellulaire, les altérations du cytosquelette, la formation de cellules géantes, de koïlocytes et les corps d'inclusion.

→ koïlocyte

[D1]

Édit. 2019

effet microphonique l

l.m.

Wever Bray’s phenomenon

Phénomène bioélectrique transformant, dans les cellules sensorielles de la cochlée, le message auditif reçu sous forme d’ondes, en un message électrique.

E.G. Wever et C.W. Bray,  psychologues américains (1930)

[C2, P1]

Édit. 2019

ehrlichiose équine monocytique l.f.

Potomac horse fever

Maladie infectieuse aiguë du Cheval due à Neorickettsia risticii, répandue aux Etats-Unis, au Canada et en Europe.
La bactérie envahit les monocytes, les macrophages ainsi que les cellules épithéliales intestinales. Il en résulte un syndrome d'entérocolite aiguë avec fièvre, diarrhée. Chez les juments gestantes, l'avortement est habituel. Le diagnostic est établi par détection par Polymerase Chain Reaction de N. risticii dans les selles et dans le sang. L'antibiothérapie par les cyclines est rapidement efficace. Un vaccin est disponible. La contamination pourrait intervenir à la suite de l'ingestion accidentelle d'insectes aquatiques parasités par des métacercaires de Trématodes eux-mêmes infectés par N. risticii.

→ Neorickettsia risticii, néorickettsiose, cyclines

[D1, D2, D5]

Édit. 2019

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