Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pyélonéphrite chronique l.f.

chronic pyelonephritis

Néphropathie interstitielle chronique de cause infectieuse caractérisée par une atrophie corticale à caractère focal avec sclérose interstitielle souvent radiaire à partir des calices.
Elle peut être unie ou bilatérale et s'installer d'emblée ou succéder à un ou plusieurs épisodes de pyélonéphrite aigüe.
L'évolution est habituellement lente, souvent longtemps cliniquement latente. L'hypertension est fréquente, parfois révélatrice de l'affection. Les formes bilatérales exposent à la survenue d'une insuffisance rénale chronique.
Sa fréquence est en régression grâce au traitement adéquat de l'infection urinaire et à la suppression de facteurs déclenchants ou favorisants tels que les obstacles de la voie excrétrice urinaire, une lithiase, un reflux vésico-urétéral etc.
Les formes unilatérales peuvent justifier, notamment en présence d'une hypertension, une néphrectomie.

→ néphropathie interstitielle, pyélonéphrite aigüe

pyopneumothorax chronique l.m.

chronic pyopneumothorax

Surinfection d'une poche pleurale chronique par l'ouverture de bronches dans cette poche.
Habituellement, c'est une plaque calcifiée de la plèvre viscérale qui ulcère et ouvre de petites bronches.
Le pyopneumothorax se révèle par une vomique modeste, souvent méconnue. Les signes infectieux sont discrets : un peu de fièvre à 38°, une discrète altération de l'état général. C'est dans le cadre d'une poche pleurale chronique tuberculeuse (ancienne poche de pneumothorax thérapeutique, poche de pleurésie sérofibrineuse non traitée, ancienne) que s'observe un tel tableau. La poche est apparemment stable, mais un niveau liquide y apparaît.
Le traitement de fond repose sur le traitement antituberculeux avec, de façon décalée à son instauration, l'ablation de la poche pleurale surinfectée et du parenchyme pulmonaire détruit.

pyruvate-kinase (déficit en) l.m.

PK deficiency

Première, par sa fréquence, des enzymopathies érythrocytaires de la voie d’Embden Meyerhof.
L’affection est principalement à transmission autosomale récessive. Les patients présentent une anémie hémolytique chronique d’intensité variable, les hématies prennent une forme d’echynocyte ; l’ictère est marqué (yeux et phanères jaunes) ; les urines sont foncées. L’anémie peut être améliorée par la splénectomie
Plusieurs centaines de cas ont été décrits. Il est responsable d’une anémie hémolytique congénitale chronique dont l’intensité varie avec la lésion moléculaire en cause.

→ pyruvate kinase, echynocyte

radiodermite n.f.

radiodermatitis

Réaction cutanée consécutive à une irradiation.
Dans les semaines qui suivent on peut observer les réactions de l’épiderme.
Après des doses supérieures à 20 Gy en irradiation unique, 40 Gy en irradiation fractionnée, persistent des séquelles d’atrophie, de sclérose cutanées (radiodermite chronique) qui peuvent s’ulcérer ou se cancériser. Les pionniers des radiations, physiciens et radiologistes, ont payé un lourd tribut à la radiodermite chronique.

→ radioépidermite

radiothérapie (complications nerveuses de la) l.f.p.

radiotherapy induced neurological lesions

Manifestations neurologiques aigües ou chroniques, précoces ou retardées, survenant après irradiation thérapeutique.
La tolérance du système nerveux aux radiations dépend de la dose totale reçue, de la dose et du nombre de chaque fraction, de la durée de la radiothérapie, du volume des zones irradiées et des facteurs propres au malade : âge, état vasculaire et général.
Sont décrites :
- des plexopathies, principalement brachiales et lombosacrées, après une latence de quelques mois à plusieurs dizaines d'années ;
- des atteintes des nerfs périphériques, surtout des nerfs crâniens (optique, auditif, dernières paires), parfois de troncs des membres comme le nerf crural ;
- des myélopathies, avec pour forme la plus habituelle la myélopathie post-radiothérapique chronique tardive progressive, sinon à type de myélopathie motrice pure, myélopathie aigüe (très rare), myélopathie aigüe transitoire, myélopathie chronique stabilisée ;
- des complications cérébrales avec œdème radique en période d'irradiation, encéphalopathie précoce réversible, leucoencéphalopathie nécrosante précoce, radionécrose cérébrale tardive, artériopathie cérébrale, atrophie post-radique. Ont été également signalés une insuffisance hypothalamo-hypophysaire chez l'enfant, des  calcifications post-radiques, des tumeurs gliales ou méningiomes, voire des fibrosarcomes.
Le plus souvent palliatif, le traitement est peu efficace. Reste la prévention, nécessairement limitée du fait des objectifs visés, si souvent vitaux. Elle repose sur la meilleure technique radiothérapique possible en fonction de chaque cas

→ artériopathie radique, radique (plexopathie)

réaction du greffon contre l'hôte l.f.

graft versus host disease GVHD

La réaction du greffon contre l'hôte (GVH), survenant après une greffe de cellules souches hématopoïétiques allogéniques, est une réaction des cellules immunocompétentes du donneur contre les tissus de l'hôte.
Les lymphocytes T activés du donneur attaquent les cellules épithéliales de l'hôte suite à des réactions inflammatoires en cascade débutant lors du conditionnement. Environ 35 à 50% des patients recevant une greffe de cellules souches hématopoïétiques (SCH) développent une GVH aigüe.
Cette réaction peut être aigüe (dans les trois premiers mois de la greffe) et se manifeste par de la fièvre, des éruptions cutanées, des troubles digestifs, faits de douleurs abdominales de diarrhées, et de troubles hépatiques (ictère, hépatomégalie, augmentation de la bilirubine).Elle peut être chronique si elle se manifeste après le troisième mois. Il s'agira alors d'un syndrome de malabsorption, de manifestations cutanées de type lichénoïde, d'une hépatite chronique.
Syn. maladie du greffon contre l’hôte

→ greffe (rejet de)

[F1, G5]

Édit. 2020

rhinite chronique l.f.

chronic rhinitis

Inflammation chronique de la muqueuse des fosses nasales.
On distingue la rhinite catarrhale chronique marquée essentiellement par un écoulement muqueux ou purulent et la rhinite hypertrophique caractérisée par une obstruction nasale liée à une hypertrophie de la muqueuse des cornets. Cette hypertrophie peut être diffuse ou localisée et prédominer au niveau des queues des cornets inférieurs.
La cause peut être infectieuse, allergique, vasomotrices, à éosinophiles, liée à l’abus de médicaments vasoconstricteurs.

→ rhinite atrophique, rhinite hyperéosinophile non allergique, rhinite médicamenteuse

Richter (syndrome de) l.m.

Transformation histologique d’une leucémie lymphoïde chronique ou d’un lymphome lymphocytique en un lymphome à grandes cellules B (ou en une maladie de Hodgkin).
Les techniques modernes d’analyse génétique moléculaire montrent que la transformation peut dériver du clone initial ou constituer un second lymphome indépendant de la leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytique.

M. N. Richter, anatomopathologiste américain (1928)

sarcoïdose n.f.

sarcoidosis

Affection multisystémique, chronique, d'étiologie inconnue, caractérisée histologiquement par la présence de granulomes épithélioïdes et gigantocellulaires d'aspect tuberculoïde mais sans nécrose caséeuse, touchant avec prédilection le thorax (adénopathies médiastinales et atteinte pulmonaire), la peau et l'œil, mais aussi le foie, les nœuds lymphatiques, le squelette, le système nerveux, les muscles, les glandes endocrines et exocrines, le cœur, le rein, etc.
Les symptômes dépendent de la localisation et du degré de diffusion des lésions. Si l'on excepte les localisations thoraciques et respiratoires, de loin les plus fréquentes, les manifestations cutanées de la sarcoïdose représentent sans doute une des principales causes de découverte de la maladie. Elles se répartissent en atteintes spécifiques, de structure histologique granulomateuse et d'évolution le plus souvent chronique, et en lésions non spécifiques essentiellement représentées  par l'érythème noueux. Les lésions spécifiques, parfois encore appelées sarcoïdes, sont cliniquement polymorphes ; leur confirmation histologique est nécessaire au diagnostic mais non suffisante, puisqu'il faut aussi considérer les autres causes possibles de granulome épithélioïde.
L’atteinte des glandes parotides, sous-maxillaires et sublinguales constitue le syndrome de Mikulicz. L’atteinte méningée est presque constante, souvent uniquement biologique et s’accompagne parfois d’une atteinte des nerfs crâniens, principalement du facial. Des formes encéphalopathiques ont été décrites, alors que les neuropathies périphériques et les atteintes musculaires sont rares.
Au cours de la sarcoïdose, les réactions d’hypersensibilité retardée sont diminuées, ainsi que pourrait le montrer la négativité des tests tuberculiniques et des tests au dinitrochlorobenzène (DNCB).
Le traitement, difficile, doit être adapté au préjudice entraîné. La corticothérapie est presque toujours indiquée, mais son efficacité reste inconstante.

E. Besnier, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1889), C. P. Boeck, dermatologiste norvégien (1899), J. Schaumann, dermatolgiste suédois, membre de l’Académie de médecine (1917)

Étym. gr. sarx : chair ; eidos : aspect

Syn. maladie de Besnier-Boeck-Schaumann (obs.), maladie de Schaumann (obs.), lymphogranulomatose bénigne (obs.)

→ sarcoïde, granulome sarcoïdosique, Löfgren (syndrome de), Mikulicz (syndrome de), lupus pernio, angiolupoïde, Heerfordt (syndrome de), Kveim (test de), Daniels (biopsie de), arthrite de la sarcoïdose, sarcoïdose sur cicatrice

schizophrénie n.f.

schizophrenia

Trouble mental classiquement dominé par une dissociation, une discordance de la pensée, de la vie affective et de la relation au monde extérieur, avec repli du patient dans l'hérmétisme et l'imaginaire.
Ce terme est le plus souvent employé au singulier, malgré des discussions sur l'unité des diverses formes cliniques qui composent ce groupe psychotique d'évolution chronique, source de problèmes majeurs, d'ordre étiopathogénique, thérapeutique, humain et socio-économique.
Parmi les principaux auteurs, F. Leuret (1834) décrit sous le nom d'incohérence les formes dites plus tard déficitaires ou négatives, et utilise déjà le terme de dissociation. B.A. Morel (1853) présente la stupidité comme une affection chronique évolutive des sujets jeunes qui préfigure la catatonie de Kahlbaum, en fait sans isoler une entité morbide. Entre 1850 et 1900, J. Bailarger puis J. Seglas mentionnent des formes nommées ultérieurement productives ou positives. E. Kraepelin, en 1899, regroupe les diverses formes de sa démence précoce.
E. Bleuler (1911) présente "le groupe des schizophrénies" sur la base conceptuelle d'une dissociation des différentes fonctions psychiques mais sans évolution déficitaire. Il reconnaîtra comme pratiquement synonyme le terme de discordance (ataxie intrapsychique, orchestre sans chef), introduit par Ph. Chaslin (1912). Mais en 1926, il parlera notamment de schizophrénie au singulier et affirmera son origine cérébrale.
On soulignera l'hétérogénéité du concept et les mises en question de sa légitimité. Après une extension abusive, en particulier aux États-Unis, l'appel à des critères plus précis facilite désormais les études pilotes internationales.

J. Baillarger, psychiatre farnçais, membre de l’Académie de médecine (1846) ; E. Bleuler, psychiatre suisse (1911) ; Ph. Chaslin, psychiatre français (1912) ;  F. Leuret, psychiatre français (1834) ; B. A. Morel, psychiatre français (1852-53) ; J. Séglas, médecin aliéniste français (1895)

Étym. gr. schizein : fendre, scinder ; phrên : esprit

→ schizophrénie (épidémiologie de la), schizophrénie (étiologie), schizophrénie (évolution), schizophrénie (formes cliniques), schizophrénie greffée, schizophrénie (imagerie cérébrale), schizophrénie (modes d'entrée), schizophrénie (prise en soins), schizophrénie (pronostic), schizophrénie (symptomatologie dite négative de la), schizophrénie (symptômes "nucléaires" de la), schizophréniforme (trouble)

scrofule n.f. (désuet)

scrofula

Lésion cutanée, voire muqueuse, chronique, suintante, d’étiologie imprécise.
Ce terme s’apliquait autrefois à des lésions multiples, d’origine infectieuse, probablement staphylococciques, impétiginisées, ou à des gommes tuberculeuses. Leur  caractère chronique et répétitif  caractérisait un état de prédisposition, la scrofulose.

→ srofuloderme,scrofulose

souffrance fœtale l.f.

fœtal distress

État qui se manifeste chaque fois que le fœtus est victime d'une insuffisance importante ou prolongée du fonctionnement du placenta, entraînant une réduction des échanges respiratoires et métaboliques.
La souffrance fœtale aigüe, contemporaine de l'accouchement, peut compliquer une souffrance chronique.
La souffrance fœtale chronique s'observe le plus souvent au cours d'une toxémie gravidique lorsqu'il y a implantation basse du placenta et en cas de malformation utérine ou de misère physiologique maternelle. Elle entraîne une hypotrophie fœtale qui peut être considérable et désastreuse lorsqu'il y a un retard de développement du système nerveux. Le nouveau-né possédant alors peu de réserves énergétiques, le risque d'hypoglycémie est important.
La souffrance fœtale aigüe s'observe chaque fois que les échanges respiratoires et métaboliques ont été entravés, voire abolis, p. ex. au moment de la naissance. La cause peut être un hématome rétro-placentaire, un placenta prævia très hémorragique, un collapsus ou une hypoxie chez la mère, une procidence du cordon, des difficultés lors de l'extraction, une hypertonie utérine spontanée ou provoquée par les ocytociques : beaucoup d'enfants naissent alors en état de mort apparente. Pendant l'extraction, des signes peuvent annoncer une souffrance aigüe : ce sont, par ordre chronologique, une accélération de la fréquence cardiaque du fœtus, puis une bradycardie et enfin l'expulsion de méconium dans le liquide amniotique. L'asphyxie provoque des mouvements respiratoires prématurés du fœtus qui inhale alors ce liquide : il en résulte un effet délétère sur ses alvéoles. Si le liquide est chargé de méconium la situation est plus grave car il y a inhalation de corps étrangers particulièrement visqueux et obstructifs.
En cas de souffrance fœtale, on constate à la naissance une hypoxie profonde, une acidose métabolique majeure avec souvent une forte hyperlactacidémie. Le score d'Apgar est très bas. Une attention particulière doit alors être portée au risque d'hypoglycémie.

→ Apgar (score d'), hématome rétro-placentaire, mort apparente du nouveau-né, placenta prævia, toxémie gravidique, retard de croissance intra-utérin, hypotrophie fœtale,

suppuration bronchique l.f.

bronchial purulent infection, suppuration

Présence de pus dans les bronches, de façon aigüe (bronchite aigüe suppurée) ou chronique, compliquant une bronchite chronique et/ou une dilatation des bronches.
Elle se traduit par un encombrement avec des crachats colorés. Non extériorisée, surtout chez la femme, elle est identifiée par une endoscopie. Un prélèvement protégé pour un examen bactériologique est nécessaire.

syndrome de Burnett l.m.

milk alkali sydrome

Insuffisance rénale chronique liée à une néphrocalcinose et/ou une lithiase rénale calcique avec alcalose et hypercalcémie, consécutive à l'absorption excessive et prolongée de lait et/ou de sels alcalins et calciques, notamment dans le cadre du traitement d'un ulcère gastroduodénal.
Le syndrome associe une hypercalcémie, une alcalose métabolique, des précipitations calciques dans de nombreux viscères dont les reins, une évolution possible vers l’insuffisance rénale, soit aigüe ou subaigüe (syndrome de Cope) en cas d’hypercalcémie sévère, soit chronique.

C.H. Burnett, médecin interniste américain (1949)

Syn. buveurs de lait (syndrome des)

→ alcalose métabolique, hypercalcémie, Cope (syndrome de)

syndrome de Gougerot-Sjögren l.m.

Gougerot-Sjögren’s syndrome, Gougerot-Houwer-Sjögren’s syndrome, Sjögren’s syndrome

Maladie autoimmune marquée cliniquement par un assèchement progressif des muqueuses, surtout buccales, mais aussi respiratoires, digestives, génitales etc., ainsi que par des conjonctivites et caractérisé histologiquement par une infiltration lymphoplasmocytaire et une dégénérescence progressive des glandes exocrines.
L'atrophie des glandes salivaires et lacrymales est à l'origine d'un syndrome sec (Sicca syndrome) associant au moins une xérostomie et une xérophtalmie. Il existe une infiltration lympho-plasmocytaire des glandes salivaires et lacrymales associée à des lésions canalaires et à une sclérose interstitielle.
D’évolution chronique, atteignant surtout la femme après 40 ans, le syndrome de Gougerot-Sjögren peut aussi comporter des atteintes musculaires, cardiovasculaires rénales (tubulopathie),  neuropsychiatriques,  etc..  Surtout, il peut coexister avec des maladies systémiques et auto-immunes telles que polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, sclérodermie, vascularites, dermatopolymyosites, connectivite mixte (on a d’ailleurs parlé pour lui de véritable « carrefour des connectivites »), hépatite chronique active, cirrhose biliaire primitive, thyroïdite. On peut aussi voir survenir au cours du syndome de Gougerot-Sjögren des lymphomes dont certains malins, en particulier une maladie de Waldenström. Les anomalies immunitaires y sont constantes: facteurs rhumatoïdes présents dans près de 100% des cas même en l’absence de polyarthrite rhumatoïde, hypergammaglobulinémie, anticorps antinucléaires, dont les anticorps anti-Ro (ou anti-SS-A) et anti-La (ou anti-SS-B).

H. Gougerot, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1925), H. Sjögren, ophtalmologiste suédois (1930)

Syn. syndrome de Sjögren, syndrome sec, syndrome de l’œil sec, kérato-conjonctivite sèche, syndrome arthro-oculo-salivaire

→ test de Schirmer, connectivite, syndrome sec,de Godwin (lésion lymphoépithéliale bénigne de)

syndrome triple H l.m.

hyperornithinemia-hyperammonemia-homocitrullinuria syndrome (triple H syndrome)

Trouble du métabolisme du cycle de l'urée.
Celui-ci se manifeste soit par l’apparition néonatale d’une léthargie, des difficultés à s'alimenter, de vomissements et d’une tachypnée, ou plus fréquemment, par une présentation au cours de la petite enfance, de l'enfance ou à l'âge adulte, avec un déficit neurocognitif chronique, une encéphalopathie aigüe et/ou un dysfonctionnement hépatique chronique.
Ce syndrome est causé par une mutation du gène SLC25A15 qui code pour un transporteur de l’ornithine (ORNT1) qui permet l’importation de l’ornithine dans la mitochondrie, indispensable au cycle de l'urée. Ce dernier s'en voit perturbé, créant ainsi une accumulation de l'ornithine, de l'ammoniac et de l'homocitrulline.
Le diagnostic repose sur le dosage de l’ammoniémie et des acides aminés plasmatiques et urinaires. L’analyse moléculaire du gène SLC25A15 confirme le diagnostic.
Le traitement consiste en un régime pauvre en protéines, avec une supplémentation en citrulline et arginine, et si nécessaire, des chélateurs de l’ammoniac.
Plus de 100 cas de triple H ont été décrits dans la littérature. Une prévalence plus élevée, de 1/1550, est retrouvée dans le Nord de la Saskatchewan, au Canada, à cause d’un effet fondateur.

V.E. Shih, neuropédiatre américain (1969), J.A. Camacho, généticien américain (1999)

Syn. syndrome hyperornithinémie - hyperammoniémie – homocitrullinurie

→ SLC25A15, ornithine,

thermalisme et appareil respiratoire l.m.

spa and respiratory system

 Les indications sont les suivantes : broncho-pneumopathies chroniques obstructives, bronchite chronique, dilatation des bronches, asthme de stade 1 à 3, rhino-bronchites à répétition, trachéo-bronchites récidivantes, trachéite spasmodique infectieuse à répétition.
La mucoviscidose et l’asthme sévère ou trop instable qui relève plutôt d'une cure climatique ne
sont pas des indications. Les affections aiguës, les maladies infantiles contagieuses, la
 primo-infection récente, l’insuffisance respiratoire chronique sévère et la dilatation des
bronches développée à partir d’un déficit immunologique sévère constituent des
contre-indications.
Stations qualifiées pour les affections de l’appareil respiratoire : Aix-les-Bains-Marlioz,
Allevard-les-Bains, Amélie-les-Bains, Amnéville-les-Thermes Argelès-Gazost, Ax-les-Thermes,
 Bagnères-de-Bigorre, Bagnols-les-Bains, Barèges-Sers-Barzun, Berthemont-les-Bains,
Bourbonne-les-Bains, Bourboule (la), Cambo-les-Bains, Camoins-les-Bains, Cauterets,
Chaldette (la), Challes-les-Eaux, Digne-les-Bains, Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes (les),
Enghien-les-Bains, Fumades (les), Gréoux-les-Bains, Jonzac, Luchon, Luz-Saint-Sauveur,
Molitg-les-Bains, Montbrun-les-Bains, Mont-Dore (le), Préchacq-les-Bains,
Saint-Amand-les-Eaux, Saint-Claude-Matouba-Papaye (Guadeloupe), Saint-Gervais,
Saint-Honoré-les-Bains, Saint-Lary-Soulan, Tercis-les-Bains, Uriage-les-Bains,
 Vernet-les-Bains, Zigliara-Bains d’Urbalacone

traction vitréomaculaire (syndrome de) l.m.

vitreomacular traction syndrome

Maculopathie liée à l'existence d'une traction vitréomaculaire chronique antéropostérieure après décollement postérieur du vitré incomplet.
La persistance, après décollement postérieur incomplet du vitré, d'une attache vitréorétinienne au niveau de la macula est responsable d'un syndrome fonctionnel maculaire et d'un œdème chronique dont l'évolution spontanée est le plus souvent défavorable. Le traitement chirurgical permet d'éviter la survenue d'anomalies cystoïdes irréversibles ou d'un soulèvement par traction du pôle postérieur. On distingue des syndromes de traction primitifs et des syndromes secondaires.

troubles psychiques de l'hématome sous-dura l l.m.]

subdural hematoma and mental disorders

Surtout chez le sujet âgé et l'alcoolique chronique, peuvent être observés, surtout quelques semaines après un traumatisme cranio-encéphalique, des troubles d'allure mélancolique plutôt que maniaque, mais surtout une obnubilation avec notamment déficits mnésiques, perplexité, et a fortiori des épisodes confusionnels.
Parfois ancien et fréquemment bénin, le traumatisme initial peut être oublié par le patient. Une évolution chronique est possible. L'examen clinique systématique soigneux et l'apport des investigations complémentaires sont déterminants dans cette symptomatologie psychique parfois dominante ou même pure.

Étym. gr. haïma : sang, ôma : tumeur

→ hématome sous-dural

[H2,H3]

tumeur du glomus carotidien l.f.

carotid body tumor

Paragangliome développé aux dépens du glomus carotidien .
Il se présente cliniquement comme une tuméfaction cervicale moyenne, transmettant les battements carotidiens. Rarement, la compression des nerfs crâniens X et XII, du sympathique cervical (signe de Claude Bernard Horner), de la veine jugulaire interne entraînent une sémiologie spécifique. Le diagnostic repose sur le scanner, l’IRM, l’artériographie. Le traitement est chirurgical.
Les tumeurs du corpuscule carotidien s’observent dans les cas d’hypoxémie chronique d’altitude ou d’hypoxémie secondaire à une bronchopneumopathie chronique, ou bien dans les observations d’hypertension artérielle systémique primitive. L’angiographie montre la tumeur hypervascularisée de la bifurcation carotidienne. L’évolution dépend de la permanence des causes, des régressions ont été décrites aprés retour au niveau de la mer ou traitement prolongé à l’oxygène.

Étym. lat. tumor : gonflement, glomus : pelote

→ paragangliome du corpuscule carotidien

ulcère tropical l.m.

tropical ulcer, tropical phagedenic ulcer

Ulcération chronique le plus souvent située sur les membres inférieurs, très fréquente dans les régions tropicales, d'étiologie variable, vraisemblablement infectieuse, apparaissant généralement après un traumatisme ou une piqure d'insecte, chez des enfants ou des adultes jeunes.
L'ulcère se développe rapidement, favorisé par la malnutrition. Il peut guérir en quelques semaines en laissant une cicatrice atrophique, mais aussi devenir chronique, prédisposant alors à l'apparition d'un carcinome.

Étym. lat. ulcus : ulcère

→ ulcère

uréthrite chronique l.f.

chronic urethritis

Infection chronique de l'urèthre marquée par des écoulements uréthraux intermittents, avec douleurs et dysurie.
Elle peut succéder à une uréthrite aigüe mal traitée, ou prend d'emblée une allure subaigüe récidivante. L'uréthrite postgonococcique, souvent surinfectée à d'autres germes, était la plus fréquente,. Cette évolution doit faire rechercher des facteurs locaux responsables de l'entretien de l'infection : rétrécissement uréthral, infection des glandes uréthrales, prostatite associée, diverticules. L'uréthrographie doit toujours être accompagnée d'une protection antibiotique. La présence de germes authentifie l'uréthrite chronique par rapport à de simples uréthralgies ou un syndrome uréthropérinéal. L'évolution peut néanmoins être longue et avoir un retentissement psychique.

Étym. gr. ourêthra : urèthre

→ uréthrite aigüe, rétrécissement uréthral, prostatite, diverticule de la voie excrétrice urinaire, uréthrographie, uréthralgie, uréthropérinéal de l'homme (syndrome)

Verneuil (maladie de) l.f.

hidradenitis suppurativa

Suppuration chronique, à germes non spécifiques, fistulisée à la peau, de localisation périnéale et inguino-scroto-pubienne parfois étendue aux fesses, aux aines et au périnée, liée à l'obstruction probablement malformative des conduits sudoraux apocrines et des follicules pilosébacés correspondants.
Les annexes glandulaires et pileuses sont remplacées par des granulomes polymorphes et des abcès, ce qui explique le désaccord sur l’origine de cette affection considérée comme sudorale apocrine par les uns et comme pilosébacée par les autres qui la rapprochent de l'acné conglobata à laquelle elle est parfois associée. 
La maladie se traduit par des nodules hypodermiques fistulisés à la peau par de nombreux orifices suppurants.
L’évolution est chronique et récidivante, mais toujours locale. Dans la localisation périanale il n’y a jamais de communication avec le canal anal, contrairement à la fistule anale.
Les traitements médicaux, y compris les plus récents (les biothérapies, qui avaient laissé espérer des résultats favorables) sont décevants : les antibiotiques ne traitent que les poussées inflammatoires ; seules les grandes exérèses profondes avec greffes cutanées ou lambeaux peuvent amener  une amélioration durable.
Des localisations axillaire ou périmamelonnaire ont été signalées.
La place du tabagisme, souvent constatée, n’est pas expliquée.

A. Verneuil, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1854)

Syn. hidrosadénite, hidradénite suppurée

→ acné conglobata

[D1, J1]

Édit. 2019

vessie de lutte l.f.

retentional bladder wall changes

Ensemble des modifications structurelles qui surviennent dans la paroi vésicale au-dessus d'un obstacle chronique : épaississement par hypertrophie du muscle et surcharge rapide et non réversible de collagène, trabéculations, cellules et colonnes, pseudodiverticules, diverticules de pulsion.
L’obstacle crée une hyperpression en amont et retentit sur les muscles vésicaux (détrusor). Les résultats de cette lutte vésicale évoluent en plusieurs stades :
1) simple hypertonie, avec une vessie ronde, de contenance réduite;
 2) vessie à colonnes et à cellules, avec de nombreuses images juxtaposées d'encoches et de diverticules ;
3) vessie multidiverticulaire.
L'ensemble de ces altérations pariétales réalise un aspect radiologique et endoscopique très caractéristique, authentifiant l'obstruction chronique d'aval (p. ex par un adénome prostatique ou une maladie du col).
Les modifications pariétales des neurovessies avec atteinte centrale sont très semblables..

Étym. lat. vesica : vessie

Syn. vessie à colonnes et à cellules

→ colonne vésicale, neurovessie, détrusor, col vésical (maladie acquise du), col vésical (maladie congénitale du)

[M3]

Édit. 2019

voies biliaires évanescentes (syndrome des) l.m.

evanescent bile ducts syndrome

Disparition progressive des canaux biliaires intrahépatiques essentiellement observée au cours du rejet aigu ou chronique du foie greffé.
Le rejet aigu apparaît au cours des deux premiers mois après la transplantation ; il peut être symptomatique (douleurs abdominales, fièvre, ictère) ou inapparent. Il existe des altérations du bilan hépatique avec des signes de cholestase et le diagnostic est confirmé par l'examen histologique d'une biopsie de foie montrant des lésions inflammatoires, des lésions veineuses et des altérations de la paroi des canaux biliaires. L'évolution clinique et biologique est rapidement favorable après injection de très fortes doses de corticoïdes ; la persistance des signes en dépit du traitement s'observe dans 10% des cas (disparition progressive des canaux biliaires) et oblige à une retransplantation qui n'est, en principe, pas suivie de récidive.
Le rejet chronique se traduit par une cholestase progressivement irréversible, avec disparition des canaux biliaires, cible privilégiée de la réponse immunitaire de l'hôte. Il est insensible au traitement immunosuppresseur et nécessite une retransplantation.

→ transplantation hépatique 

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