Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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maladie cœliaque l.f.

coeliac sprue

Maladie chronique caractérisée par une intolérance intestinale permanente au gluten présent dans le blé et céréales apparentées (orge, seigle, avoine) chez des sujets génétiquement prédisposés.
Les syndromes cliniques neurologiques associent les signes des dégénérescences combinées subaigües de la moelle, des polyneuropathies, des crises épileptiques, des syndromes cérébelleux, des états dépressifs, voire d'exceptionnelles démences.
L’affection est due à une malabsorption et à une infiltration de la lamina propria de l'intestin grêle proximal par des lymphocytes et des plasmocytes, associée à une atrophie villositaire totale ou subtotale. Les symptômes digestifs sont déclenchés par l'ingestion de gluten dont l'exclusion du régime alimentaire  entraîne la guérison.
La prévalence de cette affection en Europe va de 1 pour 300 (Irlande de l'Ouest, Bretagne), à 1 pour 2000 habitants. L’explication physiopathologique est une stimulation par le gluten des cellules immunocompétentes du chorion et de l'épithélium intestinaux chez des sujets porteurs du phénotype HLA DQw2. Le diagnostic est suspecté chez l'enfant de moins de 2 ans devant des signes de diarrhée chronique avec malabsorption, mais les formes diagnostiquées chez le grand enfant ou à l'âge adulte sont le plus souvent atypiques. La recherche des anticorps anti-endomysium et des anticorps antitransglutaminase a sa place dans la démarche diagnostique de la maladie coeliaque. Le diagnostic formel repose toujours sur des lésions morphologiques de la biopsie duodénojéjunale : atrophie villositaire totale ou subtotale, hyperlymphocytose intraépithéliale, hypertrophie cryptique, hypercellularité du chorion à lymphocytes, plasmocytes et polynucléaires éosinophiles. Les complications sont dominées chez l'adulte par l'augmentation du risque de néoplasies malignes, surtout le lymphome malin non hodgkinien du grêle. Le traitement repose sur l'éviction définitive de l'alimentation du gluten (blé, orge, seigle, avoine) qui permet la prévention des complications.

Étym. gr. coelia : ventre

Syn. sprue non tropicale, entéropathie au gluten

sprue

méningite tuberculeuse l.f.

tuberculous meningitis

Méningite granulomateuse liée à la prolifération du bacille de Koch, prédominant dans les espaces méningés de la base du crâne, à l’origine de foyers de nécrose cérébrale et évoluant, en dehors de son pronostic vital, vers une fibrose fréquemment génératrice d’un blocage des voies de circulation du LCR.
Le tableau clinique est souvent celui d’un syndrome méningé subaigu avec fièvre modérée et atteinte de l’état général mais aussi présence de signes focaux souvent trompeurs, voire de troubles de la conscience plus ou moins profonds : un ralentissement psychomoteur, une somnolence diurne contrastant avec l’insomnie nocturne, une apathie, un syndrome dépressif. Il peut être inauguré par un état confusionnel, une psychose délirante aigüe ou un delirium tremens alcoolique. Une primo-infection récente, la présence de tubercules de Bouchut au fond d’œil, une miliaire pulmonaire constituent des arguments majeurs.
Le diagnostic repose principalement sur l’étude du LCR qui est clair, lymphocytaire, avec hyperprotéinorachie et hypoglycorachie. Le BK n’est pas toujours retrouvé à l’examen direct et les cultures sont indispensables comme peut l’être l’amplification génique ou PCR. L’IRM est également d’un bon apport diagnostique.
Le traitement médical a radicalement transformé le pronostic qui était fatal mais reste encore sévère dans les formes traitées tardivement : mortalité d’environ 15 à 20% chez l’adulte, séquelles neurologiques de l’ordre de 15% (en particulier : hydrocéphalie le plus souvent communicante).
Des séquelles psychiatriques peuvent se voir chez l’enfant surtout s’il est jeune : un retard intellectuel parfois compliqué de signes diencéphalo-hypophysaires, des troubles caractériels ou même un état psychotique, qui peuvent être associés à une hydrocéphalie et à une comitialité. Chez l’adulte les séquelles sont plus discrètes avec cependant l’éventualité d’une évolution démentielle.
Personnalité antérieure, réactions de l’entourage, hospitalisation prolongée, précocité, qualité et complications propres du traitement, terrain somatique à risque (précarité de vie, éthylisme) etc. sont, surtout chez l’enfant, autant d’éléments qui peuvent peser sur l’apparition et l’intensité de ces complications.

Étym. gr. meningx : membrane ;  -ite : suffixe indiquant l’inflammation :

tuberculose neuroméningée

miction n.f.

micturition, mictio, emictio

Évacuation du contenu vésical par les voies naturelles.
Une miction normale est complète (sans résidu), indolente et volontairement contrôlée, du moins chez l'adulte car le petit enfant a des mictions automatiques. Le réflexe mictionnel correspond à une décharge parasympathique qui entraîne une contraction en masse "phasique" de la vessie et une relaxation sphinctérienne par inhibition réflexe des systèmes sympathique (sphincter lisse) et somatique (sphincter strié). Il est intégré dans la moelle sacrée chez le petit enfant et dans le tronc cérébral chez l'adulte. Cette action neuromusculaire réflexe intéressant les structures vésicosphinctériennes est sous le contrôle de la moelle sacrée (S2-S4) pour l’innervation parasympathique prédominante et dorso-lombaire D11 à L2 pour l’innervation sympathique et somatique. Les efférences proviennent des récepteurs sensibles à l'étirement situés dans la paroi vésicale. Le parasympathique qui innerve le muscle vésical ou détrusor et les nerfs efférents somatiques destinés au sphincter externe de l'urètre constituent l'essentiel des efférences en phase mictionnelle. L'innervation sympathique du sphincter interne du col vésical tient un rôle accessoire ; elle prévaut en phase de remplissage.
Des centres suprasegmentaires, inhibiteurs ou facilitateurs de la miction, contrôlent ces dispositifs. En particulier il existe des centres facilitateurs dans la formation réticulée pontine dorsolatérale et dans l'hypothalamus, dont la stimulation provoque la miction. D’autre part le cortex de la face interne du lobe frontal influe sur les organisations régulatrices sous-jacentes. Ainsi le contrôle volontaire de la miction est organisé dans le néocortex frontal ; il permet la miction "par raison" lorsque la vessie n'est pas pleine. La présence de centres mictionnels dans le cortex archaïque (système limbique) explique aussi les phénomènes d'urination qui accompagnent les paroxysmes émotionnels.

Étym. lat. mictio de mingerer : uriner

urination

miroir (stade du) l.m.

mirror phase

Phase décrite par J. Lacan ("Les complexes familiaux", 1938), survenant entre six et dix-huit mois, au cours de laquelle l'enfant appréhende l'image unifiée de son corps et se reconnaît dans le miroir (dimension imaginaire), en un moment de jubilation. C'est le temps où se constitue l'identification narcissique du moi (moi idéal).
Lacan donne aussi à cette phase une dimension symbolique ("Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je", 1949) en attachant une importance primordiale au mouvement de retournement de l'enfant vers sa mère qui le porte, dans une quête de reconnaissance. L'authentification de sa découverte par "ce regard qui le regarde" opère l'ébauche du détachement de l'image spéculaire fascinante et détermine un accrochage au symbolique qui constitue le moment fondateur du "Je".

J. Lacan, médecin et psychanalyste  français (1901-1981)

Étym. lat : mirari : s’étonner

mort brutale et ethnologie l.f.

sudden death and ethnology

En ethnopsychiatrie, phénomène observé à partir de l'Océanie, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, considéré comme provoqué par une peur panique désorganisatrice non seulement de la conscience dans sa totalité mais surtout de la vie elle-même, liée à la "suggestion collective de l'idée de mort", avec sentiment de l'imminence de celle-ci, à la suite de la transgression d'un interdit (M. Mauss, 1950).
Croyant à une rupture, « soit par magie, soit par péché avec les puissances ou choses sacrées dont la présence, normalement, le soutient », l'individu « se croit enchanté ou se croit en faute et meurt pour cette raison » (Mauss).
L'enfant y serait particulièrement exposé. Au cas de répétition de la mort dans une même cellule familiale, l'enfant survivant n'est jamais admis comme complètement innocent.

M. Mauss, sociologue français (1872-1950)

Étym. lat : mors : mort ; gr. ethnos : nation, ethnie ; logos : étude

mort subite du nourrisson l.m.

child's sudden death

Décès d'un nourrisson, jusqu'alors en bonne santé ou ne présentant que des troubles mineurs, trouvé inanimé.
Mode de décès le plus fréquent chez le jeune enfant, en Europe, il frappe deux garçons pour une fille. La mortalité présente un pic de fréquence entre 2 à 4 mois. En général l'enfant est découvert dans le berceau où il dormait. Des enfants ont pu être sauvés par des manœuvres de secourisme efficaces faites immédiatement. Malheureusement la découverte et l'intervention efficace sont en général trop tardives. Dans un tiers des cas on peut fournir une explication cohérente aux parents, le plus souvent un reflux gastro-œsophagien sur un terrain vagotonique ; dans d'autres cas une virose respiratoire, une méningite, un traumatisme du crâne, accidentel ou non, une hypocalcémie, une intolérance au lait de vache, une myocardiopathie ou une maladie métabolique. Ces informations sont très utiles pour donner un conseil génétique. Le mode de couchage du nourrisson joue un rôle : depuis qu'une campagne de propagande recommande de ne plus coucher les enfants sur le ventre, le nombre de morts subites a diminué.
Drame familial avec sa charge de peines et de suspicion, la mort subite du nourrisson impose une prise en charge psychologique des personnes impliquées.

apnée, enfant battu, reflux gastro-œsophagien

moyens de contention l.m.p.

containing material

Matériel utilisé pour immobiliser, le temps d'une radiographie ou d'une radiothérapie, un sujet enfant ou adulte.
Les matériaux au contact de la région à radiographier doivent être transparents aux radiations. Certains systèmes sont simples : sacs de sable ou de farine, cales de mousse, planchettes ou coques de bois ou de plastique, culotte à bretelles adaptable au portique radiologique, etc. D'autres sont plus complexes comme le céphalostat, les moulages en plastique personnalisés et solidarisés au statif ou, pour le tout petit enfant, la roue d'Aimé et la chaise de Lefèbvre.

[B2,B3,F2]

mutisme chez l'enfant l.m.

mutism in childhood

Disparition du langage chez un enfant ayant antérieurement parlé, en l'absence de toute cause organique et de tout facteur susceptible de rendre compte d'une aphasie. Elle peut être passagère ou durable, totale ou élective.
De durée variable mais fréquemment passager, le mutisme total ou émotionnel survient le plus souvent après un choc affectif.
D'origine névrotique ou réactionnelle, le mutisme électif peut être : extrafamilial, électivement scolaire, se déclenchant le plus volontiers au moment de l'entrée en cours préparatoire ; ou intrafamilial, débutant à des moments variables de la vie de l'enfant et s'adressant à un ou plusieurs membres du groupe familial avec qui il reste obstinément mutique.

Étym. lat. mutus : muet 

naissance (déclaration de) l.f.

Déclaration faite au service d’état civil dans les trois jours francs suivant la naissance d’un enfant vivant.
1) Après le 180e jour de grossesse, tout enfant né vivant, même s’il n’a vécu que quelques instants doit faire l’objet d’une déclaration.
2) Le déclarant peut être soit l’un des deux parents, soit à défaut une personne en raison de son état (médecin, sage-femme, etc.), soit à défaut un témoin.

enfant présenté sans vie, mort-né

naissance après terme l.f.

Naissance d’un enfant après le terme normal de la grossesse, c’est-à-dire après 280 jours environ.
En fait la plupart des naissances un peu après le terme sont normales. Toutefois, quand la grossesse se prolonge au point de faire courir un risque à la mère et  à l’enfant, il est opportun de provoquer l’accouchement.

NAO (syndrome) , sigle pour Nodulose, Arthropathie, Ostéolyse

multicentric osteolysis nodulosis and arthropathy (MONA)°

Dysplasie osseuse constitutionnelle héréditaire, décrite en Arabie Saoudite, caractérisée par l’apparition très précoce de douleurs articulaires, d’une ostéolyse carpienne et tarsienne et de nodules sous-cutanés.
L’enfant présente des anomalies cranio-faciales, un aspect grossier, une brachycéphalie, des sutures crâniennes scléreuses, un hirsutisme. L’ostéolyse et l’ostéopénie sont surtout distales avec une déformation des mains. Les os longs ont une corticale mince et un canal médullaire élargi prédisposant aux fractures. Un élargissement du tiers médial des clavicules a été noté. Les nodules sous-cutanés, constants à la plante du pied, sont saillants et douloureux. La consanguinité parentale est habituelle. L’hérédité est autosomique récessive ; l’affection est due à des mutations en 16q12-q21 sur le gène MMP2 codant pour un enzyme (matrix metallopeptidase 2) et inactivant la collagénase de type IV. NAO est la plus grave des ostéolyses autosomiques récessives de l’enfant.

S. M. Al-Mayouf, pédiatre et généticien saoudien (2000)

neuroblastome cutané l.m.

neuroblastoma

Métastase se manifestant par un nodule cutané ou sous-cutané dur, rouge bleu, dont le blanchiment prolongé provoqué par la palpation et suivi d'une période réfractaire d'une à deux heures a une nette valeur diagnostique, et ayant pour origine une néoformation à partir d'un ganglion sympathique ou de la médullosurrénale qui est une des tumeurs malignes les plus fréquentes du jeune enfant.
Histologiquement, la lésion se compose d'amas de petites cellules monomorphes et basophiles à noyau volumineux et souvent en mitose. Le pronostic, réservé, dépend de l'âge de l'enfant et du nombre de lésions métastatiques. Le traitement a recours à la radiothérapie, aux glucocorticoïdes et au cyclophosphamide.

Syn. sympathoblastome, sympathome embryonnaire

nourrice n.f.

foster mother

1) Mère qui allaite son enfant.
2) Femme qui allaite un enfant qui n’est pas le sien.

ostéochondrite primitive de la hanche l.f.

Legg-Perthes-Calvé’s disease, osteochondrosis deformans coxae juvenilis

Nécrose ischémique idiopathique du noyau épiphysaire fémoral proximal de l’enfant.
La plus fréquente des ostéochondrites de l’enfant (surtout le garçon) survient entre 4 et 9 ans, avec un pic autour de 5/6 ans, Parfois bilatérale mais asynchrone, elle se manifeste par une boîterie, douloureuse ou non. Son évolution se fait vers la guérison avec d’autant moins de séquelles que le début a été plus précoce, avant 6 ans d’âge osseux.
L’affection évolue en trois phases anatomiques : phase ischémique initiale, asymptomatique, à radiographies normales mais IRM pathologique; phase de revascularisation centripète du noyau céphalique avec fracture sous-chondrale de l’os nécrosé, symptomatique, à l’origine d’un processus de réparation qui associe des phénomènes destructifs (fragmentation de la tête fémorale, déformation du noyau épiphysaire) et constructifs (prolifération de tissu de granulation et d’os immature, ostéocondensation, remodelage de la tête) ; phase tardive de remodelage de la tête par de l’os spongieux normal.
A ces phases correspondent des stades sur les radiographies de face et de profil de Lauenstein : normalité, condensation, fragmentation, reconstruction, stade séquellaire. L’IRM avec injection, non irradiante, permet de faire le diagnostic précoce de nécrose ischémique alors que les radiographies sont encore normales, de rechercher des facteurs de mauvais pronostic et d’éliminer les diagnostics différentiels : synovite aigüe transitoire de hanche, épiphysiolyse, ostéoarthrite inflammatoire ou infectieuse, tumeur, arrachement apophysaires locaux, ostéonécrose céphalique secondaire, dysplasie de Mayer, ostéochondrodysplasies diverses…Différentes classifications (Catterall, Herring, Stulberg…) de cette affections ont été établies..
Le traitement est orthopédique et/ou chirurgical. Son but est d’éviter les déformations céphaliques secondaires (coxa plana) et d’aboutir à une couverture acétabulaire satisfaisante afin d’éviter la coxarthrose précoce.

A. T. Legg, chirurgien orthopédiste américain (1908-09), G. Perthes, chirurgien allemand (1910), J. Calvé, chirurgien orthopédiste français (1910)

Syn. ostéochondrose déformante juvénile, maladie de Legg-Perthes-Calvé, maladie de Calvé

Catterall (classification de), Meyer (dysplasie de), coxa plana, Lauenstein (incidence de)

[I,O1]

Édit. 2017

O'Sullivan (test de) l.m.

Test d’exploration de la tolérance glucidique de la femme enceinte entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée.
L’ingestion de 50 grammes de glucose est suivie, une heure après, par un dosage de la glycémie qui ne doit pas dépasser 1,30 g/L. Si le test est positif, il faut réaliser une hyperglycémie provoquée per os avec 100 grammes de glucose. Le diagnostic de diabète gestationnel est affirmé d’emblée si après la première prise de glucose la glycémie est supérieure à 2 grammes par litre.
Le test O'Sullivan est recommandé pour toutes les femmes et plus particulièrement celles qui ont un risque de diabète pendant la grossesse : excès pondéral, antécédent familial de diabète, accouchement antérieur d’un enfant de plus de 4 kg, d’un enfant mort in utero.

J. B. O’Sullivan et Clare M. Mahan, diabétologues américains (1964)

hyperglycémie provoquée per os

Édit. 2017

oxybutynine n.f.

oxybutynin chloride

Antispasmodique, antagoniste compétitif des récepteurs muscariniques de l’acétylcholine ( M1, M2 et M3) sur les muscles lisses, utilisé dans les contractions anormales des muscles lisses de la vessie.
L'oxybutynine est absorbée en environ une heure et sa demi-vie est de 2 à 5 heures.
Elle est utilisée par voie orale à la dose de 0,3 à 0,4mg/kg de poids corporel et par jour chez l’enfant et de 15 à 20 mg par jour chez l’adulte dans le traitement de l’hyperactivité vésicale et de l’incontinence d’urgence. Un patch transdermique peut être employé pour ses propriétés retard et parce qu’il évite l’effet de premier passage hépatique de la voie orale.
Les effets indésirables, liés aux propriétés atropiniques du médicament, sont faits de sécheresse de la bouche, mycose buccale et inflammation gingivale. Par ailleurs, l'oxybutynine peut aggraver une hyperthyroïdie, une insuffisance cardiaque, ou encore des maladies hépatiques ou rénales.
Comme son utilisation est susceptible de diminuer la transpiration, la surveillance du traitement est particulièrement importante en cas de grosses chaleurs, en particulier chez l'enfant, la personne âgée et les malades chroniques. Il faut donc informer le patient d’avoir à s’hydrater en conséquence.
Le produit est contre-indiqué, comme tous les médicaments anticholinergiques, dans le glaucome à angle fermé (il peut même provoquer un glaucome aigu chez les patients prédisposés), lors de l’obstruction du système urinaire ou du tractus gastro-intestinal, dans la colite sévère, le mégacôlon, l’atonie intestinale, et la myasthénie.

[G3,G5]

Édit. 2017

paralysie des cordes vocales du nouveau-né et du nourrisson l.f.

infant's vocal fold paralysis

Paralysie des adducteurs de la glotte chez le nouveau-né ou le nourrisson.
Chez certains nourrissons, l'attention est attirée par une dyspnée laryngée avec émission conservée de certains sons. Chez l'enfant, non anesthésié, la laryngoscopie montre des cordes vocales restant en permanence en position médiane. Souvent accompagnée de troubles transitoires de la déglutition, cette paralysie peut être la conséquence d'un traumatisme obstétrical grave. Mais elle peut être due à un retard de maturation, dans ce cas elle disparaît le plus souvent au fil des semaines.
Le traitement est l'intubation de l'enfant tant qu'il n'a pas récupéré une motricité convenable des cordes vocales.
Chez certains enfants l'existence d'une voix bitonale attire l'attention, la laryngoscopie montre la paralysie d'une seule corde vocale. On a souvent la notion d'un traumatisme à la naissance avec paralysie du nerf phrénique ou du plexus brachial homolatéral entraînant une paralysie récurrentielle. Une masse tumorale médiastinale ou une séquelle d'intervention thoracique, en particulier pour atrésie de l'œsophage (paralysie récurrentielle gauche), peuvent aussi aussi être en cause.

paralysie de la déglutition

paternité n.f.

paternity

Qualité de père.
1) En biologie, rapport de tout individu adulte mâle vis-à-vis de l’individu de sa descendance résultant d’une fécondation à partir de ses gamètes. La preuve d’une paternité biologique est apportée par l’étude comparée des ADN.
2) En droit, liens d’ascendance ou de descendance existant entre une personne et une autre personne
(père et  enfant). La paternité peut être légitime (en droit civil, le mari de la mère est présumé être le père de l’enfant) ou naturelle, ce qui n’est autre que la paternité biologique reconnue par le père et prouvable par les tests ADN qui peuvent  conclure soit à l’impossibilité de paternité, soit à une probabilité qui confine à la certitude. L’identification des groupes sanguins et des groupes tissulaires, l’étude des caractères humoraux propres à tout individu (enzymes, protéines sériques, etc.), longtemps seuls tests utilisables, peuvent encore apporter des preuves supplémentaires s’il en est besoin.

pédopsychiatrie n.f.

evolution of child psychiatry

Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent devenue autonome progressivement.
Pour certains, le premier pédopsychiatre fut J. Itard, avec sa "sublime tentative" d'éducation de Victor, "l'enfant sauvage" trouvé errant dans les forêts du Rouergue pendant le Directoire. Pour d'autres, elle est née avec la psychanalyse. En France, elle s'officialisa lorsqu'à Paris, G. Heuyer obtint la chaire de pédopsychiatrie.
Pendant des siècles, les enfants et adolescents perturbés étaient maintenus dans des établissements où ils étaient mêlés, dans des conditions souvent horribles, aux mendiants, vérolés et malades mentaux. Des philanthropes créèrent ensuite les colonies familiales. On ne saurait passer sous silence l'œuvre d'E. Seguin, "l'instituteur des idiots", ni celle de D. Bourneville.
L'introduction de la psychanalyse en France devait féconder la pensée et l'exercice de la plupart des pédopsychiatres. Les grands progrès de la neurobiologie, de la biochimie et l'avènement de la psychopharmacologie ont amorcé un important changement, bien que le rôle des chimiothérapies soit plus modeste que chez l'adulte.
On peut penser que les deux versants, biologique et psychologique, loin de s'opposer, s'associeront pour une meilleure compréhension de cette pathologie si complexe.

perversion n.f.

perversion

1) Déviation constante du comportement sexuel, où la recherche du plaisir et de l’orgasme est assurée par des moyens autres que le coït par pénétration vaginale.
On distingue classiquement les perversions sexuelles par rapport à l’objet sexuel (nécrophilie, bestialité), par rapport au choix du partenaire (pédophilie, gérontophilie, etc.), par rapport aux moyens utilisés (fétichisme, sadisme, masochisme, voyeurisme, exhibitionnisme, etc.).
2) Dans la théorie freudienne la mise en place, précoce, des perversions relève d’un mécanisme de défense (déni de la castration), qui consiste pour l’enfant à ne pas reconnaître la réalité de l’absence de pénis chez la mère, afin d’éviter lui-même d’être soumis à la castration. À la place de la castration maternelle, il érige le fétiche qui vient la masquer.
Il importe de distinguer la structure perverse fixe, des traits de perversion dans les structures névrotiques qui relèvent de fixations particulières survenues lors de l’évolution libidinale de l’enfant.

démenti, déni, paraphilie, perversité

petite enfance l.f.

Enfant jusqu’à l’âge de sa première dentition, soit trente mois environ.
Pour d’autres, elle s’applique à l’enfant de moins de cinq ou six ans n’ayant pas encore fréquenté l’école.

phtiriase n.f.

phtiriasis, pediculation, crabs, pediculosis pubis

Parasitisme par des Phtirius, caractérisé par un prurit intense dans la région pubienne, avec des lésions de grattage plus ou moins importantes.
Des parasites adultes et des lentes sont retrouvés sur les poils pubiens. Exceptionnelle chez l’enfant, cette parasitose est alors localisée aux cils (dont le diamètre, comme celui des poils pubiens inexistants chez l’enfant, permet la fixation des parasites) et s’accompagne souvent de blépharite.

Étym. gr. phteir : pou

Syn. pédiculose

morpion, pédiculose, pou

position dépressive l.f.

depressive position

Stade de l'évolution normale de la relation à l'objet, qui suit la position paranoïde (M. Klein).
L'enfant devient capable d'appréhender sa mère comme un objet total, vers lequel se dirigent dès lors ses motions pulsionnelles aussi bien affectueuses qu'hostiles. Fantasmatiquement, ces dernières pourraient le détruire. La position dépressive nait des efforts faits pour restaurer l'objet. Cette crainte angoissante est surmontée quand l'enfant parvient à introjecter de manière stable une mère aimante.

prématurissime n.m.

very premature infant

Enfant né avant la 32ème semaine d'âge fœtal, c'est-à-dire avant le 7ème mois de la grossesse.
Il partage avec une acuité particulière les risques d'une naissance trop précoce : absence de moyens de défense et immaturité des grandes fonctions. Il est en particulier menacé par la maladie des membranes hyalines, les saignements intracrâniens, les entéropathies vasculaires, la fibroplasie rétrolentale, les infections, sans préjuger des conséquences éventuelles liées à la cause de prématurité. L'enfant est menacé de séquelles nerveuses, principalement. Malgré les progrès des soins en néonatologie, les risques sont nettement accrus lorsque la naissance se produit au-dessous de 28 semaines, au point d'approcher la limite de viabilité au fur et à mesure que la durée de la gestation s'abrège davantage.

entéropathie vasculaire du nouveau-né, éthique en réanimation pédiatrique, fibroplasie rétrolentale, maladie des membranes hyalines

psychomotricité n.f.

psychomotor activity

Interaction entre les activités psychiques et motrices, qui constitue une dimension fondamentale du comportement humain.
Les unes et les autres se développent d'abord en étroite conjonction, puis se hiérarchisent et se spécialisent dans des domaines de plus en plus différenciés.
Chez l'enfant, les troubles portent sur des déficits organiques, une débilité motrice, une instabilité psychomotrice, ou des états d'origine affective. Le corps de l'enfant est considéré comme souvent parlant à la place des mots. Chez l'adulte, seront seulement rappelés les états d'excitation ou d'inhibition psychomotrice et catatoniques.

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