sarcome n.m
sarcoma
Tumeur maligne d’une ou plusieurs lignées cellulaires conjonctives, donc à type de fibrosarcome, liposarcome, léiomyosarcome, rhabdomyosarcome, lymphosarcome, ostéosarcome, chondrosarcome ou angiosarcome. (par opposition aux carcinomes, qui impliquent une origine ou une différenciation épithelio-glandulaire).
Nés des cellules mésenchymateuses du tissu de soutien, les cellules sarcomateuses peuvent subir toutes les inflexions et différenciations qui peuvent être observées dans les cellules mésenchymateuses. Sarcome fibroblastique (fibrosarcome) , lorsque les cellules tumorales élaborent des fibres collagènes, myxosarcome, quand les fibres et les cellules sont infiltrées d’œdème, leiomyosarcome, en cas de différenciation musculaire lisse, rhabdomyosarcome, en cas de différenciation musculaire striée, osteo ou chondrosarcome, en cas de différenciation squelettique ou lymphosarcome, plus communément lymphome, en cas d’origine ganglionnaire ou lymphoïde.
C’est à partir du sarcome du poulet que Rous a démontré l’origine virale de cette tumeur, ouvrant la voie à l’hypothèse virale du et des cancers. Mais la plupart des sarcomes humains, l’étiologie demeure obscure. Leur survenue peut cependant être liée à des radiations ionisantes thérapeutiques), à une exposition au chlorure de vinyle pour l’angiosarcome hépatique. Plusieurs syndromes congénitaux favorisent le développement d’un sarcome telle la neurofibromatose de von Recklinghausen.
Dans le système nerveux, des sarcomes primitifs de siège ubiquitaire peuvent se former aux dépens des enveloppes. Le gliosarcome ou sarcogliome reste l’objet de nombreuses controverses.
Etym : gr sarx : chair
F. P. Rous, anatomopathologiste et virologiste américain, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1966 (1911)
Syn. tumeur maligne conjonctive, tumeur mésenchymateuse maligne
sarcome de l'ovaire l.m.
ovarian sarcoma
Tumeur maligne rare née dans la trame conjonctive de l’ovaire.
Dans ce groupe de tumeurs, on trouve: des sarcomes à cellules rondes représentant des cellules mésenchymateuses indifférenciées ou des cellules musculaires immatures; des sarcomes à cellules monstrueuses éosinophiles d’origine musculaire; des sarcomes à disposition cellulaire palissadique supportant le neurinome mais qui sont en réalité des cellules musculaires lisses embryonnaires; des fibrosarcomes. Il peut s’agir aussi de tumeurs mülleriennes mixtes. Le pronostic de ces tumeurs est généralement très sombre malgré le traitement le plus souvent chirurgical.
Etym : gr sarx : chair
→ sarcome, tumeur mixte mullerienne
scission embryonnaire l.f.
embryonic scission, gemellary scission
Séparation des cellules (blastomères) issues de la deuxième ou de la troisième division durant la période du 5ème au 7ème jours du développement embryonnaire après la fécondation chez les mammifères, qui forment la morula et peuvent se développer en autant d’individus génétiquement identiques.
Cette séparation peut être réalisée juste avant le début de la formation du blastocyste. Cet organisme a pour particularité d'être composé de cellules dites totipotentes, autrement dit de cellules pouvant devenir tout type de cellules constituant l'individu à naître. En pratique le blastocyste ne peut être coupé qu'en deux parties, le couper en quatre produirait des amas de cellules trop petits pour renfermer un blastocyste capable de continuer son développement. La scission embryonnaire est une des techniques de clonage animal appliquées à différentes espèces d’élevage.
Cette scission peut survenir naturellement en particulier dans l’espèce humaine : c’est le cas des vrais jumeaux.
S.M. Willadsen, vétérinaire danois, physiologiste de la reproduction animale à Cambridge (1979)
Syn. scission d'embryon, séparation blastomérique, scission de blastocyste, scission gémellaire
→ clonage, blastomère, morula, blastocyste
[A4, O6, Q1, Q4]
Édit. 2019
sélection intrathymique l.f.
intrathymic selection
Sélection positive et sélection négative correspondant à l'expansion sélective ou à l'apoptose des thymocytes sous le contrôle des interactions moléculaires qui s’établissent entre les pseudorécepteurs ou les récepteurs d’antigène des lymphocytes T (TCR) et les peptides associés aux molécules du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) exprimées sur les cellules épithéliales et les cellules hématopoïétiques (macrophages et cellules dendritiques) du thymus.
Les cellules épithéliales interviennent dans la sélection positive par les molécules du CMH. Les cellules hématopoïétiques de la jonction corticomédullaire interviennent dans la sélection négative.
système APUD l.m. sigle angl. pour Amine Precursor Uptake and Decarboxylation
APUD system
Système cellulaire endocrinien défini par Pearse en 1966 sur des critères histochimiques (pouvoir de capter et de stocker des amines et leurs précurseurs), puis sur des critères supplémentaires ultrastructuraux et fonctionnels (sécrétion d'hormones, d'amines ou de polypeptides) et enfin embryologiques (crête neurale).
Ensemble qui groupeles cellules endocrines de l’appareil digestif, des ilots de Langerhans, de la médullosurrénale, des parathyroïdes, les cellules C de la thyroïde et certaines cellules de l’antéhypophyse.
Les cellules qui le constituent sont présentes dans des glandes endocrines compactes et en dehors d'elles (système endocrinien diffus). Les tumeurs à cellules APUD sont appelées apudomes.
A. G. E. Pearse, histochimiste britannique (1966 et 1969)
système endocrinien diffus l.m.
dispersed neuroendocrine system
Ensemble de cellules dispersées tout au long du tractus gastro-intestinal, des voies biliaires et pancréatiques, des voies aériennes, etc., sécrétant des hormones peptidiques et aminées : gastrine, sécrétine, CCK (cholécystokinine), sérotonine, entéroglucagon, substance P, VIP (vasoactive intestinal peptide), bombésine, etc.
Ces cellules dites entérochromaffines comprennent les cellules argentaffines réduisant l'argent et des cellules argyrophiles absorbant l'argent. Certains des constituants de ce système se caractérisent aussi par la présence d'amines fluorogènes et d'aminoacide-décarboxylases, propriété partagée avec des cellules de glandes endocrines classiques comme les îlots de Langerhans du pancréas. Il a été proposé de réunir tous ces éléments sous le sigle APUD (amine precursor uptake and decarboxylation) qui n'est pas superposable au système endocrinien diffus.
Sigle SED
→ APUD (cellule), cholécystokinine, VIP
température létale l.m.
lethal temperature
Température au-dessus de laquelle l'être vivant meurt, par nécrose des cellules nerveuses du cerveau chez les mammifères.
Au contraire le froid n'entraîne pas la mort des cellules, ni des microbes ou des virus, mais au cours du réchauffement, lors de la décongélation, les cellules peuvent être lésées par des microcristaux de glace et mourir par la suite.
La température létale varie selon les espèces (de l'ordre de 38°C chez l'échidné et 42°C chez l'Homme), mais elle est nettement plus élevée pour de nombreux germes microscopiques (parfois supérieure à 100°C en milieu humide).
Une température centrale basse amène une réduction du métabolisme cellulaire, un arrêt du passage des influx nerveux, elle peut entraîner des troubles cardiaques chez les homéothermes (fibrillation vers 32°C, arrêt du cœur au-dessous de 10 à 15°C) mais les pœcilothermes tolèrent des températures très proches de 0°C, tandis que les êtres inférieurs et les cellules isolées peuvent supporter des températures très basses (< - 100°C) si le refroidissement est rapide et si le réchauffement est suffisamment lent pour que les cristaux de glace formés dans les cellules n'en brisent pas les structures.
Étym. lat. letalis : mortel (de leto : faire disparaitre, tuer), l'écriture anglais th est incorrecte
→ action (potentiel d'), froid (conservation des aliments par le), mort
Merkel (tumeur de) l.f.
Merkel’s cell carcinoma, neuroendocrine carcinoma, trabecular carcinoma
Tumeur maligne, le plus souvent unique, du sujet âgé, siégeant dans la région cervicocéphalique ou sur les membres, à type de lésion nodulaire, rouge ou violacée, à croissance rapide, généralement non ulcérée, pouvant précocement comporter des métastases et dont l'aspect histologique consiste en travées ou en nappes envahissant le derme et l'hypoderme composées de cellules monomorphes à cytoplasme peu abondant et à noyau ovalaire, clair et vésiculeux avec de nombreuses mitoses.
L'origine des cellules tumorales n'est pas encore entièrement élucidée : il pourrait s'agir de cellules épithéliales à fonction neuro-sécrétoire, d'où le terme de carcinome neuroendocrine cutané, ou de cellules de Merkel en transit à partir de la crête neurale. L’examen immunohistochimique montre une expression de la cytokératine 20 (CK20). En 2008, la présence d’un polyomavirus intégré dans l’ADN des cellules tumorales a été mise en évidence, témoignant du rôle de ce virus de la cellule de Merkel (MCV : Merkel cell virus) dans la genèse de la tumeur.
Le traitement consiste en une excision large de la tumeur associée à une procédure du nœud lymphatique sentinelle avec, en cas de métastases nodales régionales, un curage des nœuds lymphatiques. Ce traitement chirurgical est complété par une radiothérapie sur le site de la tumeur primitive et, en cas de métastases ganglionnaires, sur l’aire ganglionnaire régionale. Une surveillance attentive est indispensable car les récidives sont fréquentes, en particulier dans la première année après le traitement initial. En cas d’évolution métastatique inopérable, la chimiothérapie obtient des régressions notables, mais souvent transitoires. Cette tumeur est radiosensible et la radiothérapie peut aussi être proposée.
F. S. Merkel, anatomiste allemand (1875)
Syn. carcinome neuroendocrine cutané, carcinome trabéculaire, merkelome
cancer broncho-pulmonaire primitif l.m.
primary bronchopulmonary carcinoma, primary bronchopulmonary cancer
Affection maligne liée à une prolifération cellulaire épithéliale anormale développée au sein du tissu bronchique plus rarement au niveau des alvéoles pulmonaires.
Ce terme correspond à plusieurs maladies distinctes souvent regroupées sous le terme courant mais erroné de "cancer du poumon". Ce cancer doit être distingué d’une atteinte métastatique (dite encore secondaire) souvent d’origine digestive. Les cancers broncho-pulmonaires primitifs sont essentiellement de quatre types histologiques : épidermoïde, glandulaire ou adénocarcinome, indifférencié à grandes cellules (ces trois premiers types souvent réunis sous le terme de "cancers bronchiques non à petites cellules" (CBNPC) et représentent près de 85% des cas), et carcinome à petites cellules. Quelle que soit leur forme histologique, leur principal facteur étiologique est l'intoxication tabagique, mais d’autres facteurs peuvent en être en cause : amiante, cannabis, rayons X ou gamma...
Le cancer bronchique primitif est l'un des cancers les plus fréquents. En France, son incidence annuelle est de 46 000 cas (67% masculins). Si elle a tendance à diminuer chez l’homme, elle augmente régulièrement chez la femme en raison de son tabagisme. C’est la première cause de mortalité par cancer en France responsable de 33 000 décès annuels. Son évolution, très sévère, est marquée par un développement intra-thoracique et par des métastases (cérébrales, hépatiques, osseuses…).
Son diagnostic et le plus souvent fait devant une symptomatologie broncho-pulmonaire (toux, hémoptysie..) et repose à la suite de l’imagerie sur une biopsie réalisée lors d’une endoscopie.
Les indications thérapeutiques se fondent sur le type histologique précis, essentiellement distinction entre CBNPC et cancers à petites cellules. La classification de l’O.M.S. de 2015, est un guide du traitement et un élément pronostique. Dans les CBNPC, il est idéalement chirurgical complété ou non par la radiothérapie et/ou la chimiothérapie ; certaines caractéristiques moléculaires, en particulier certaines mutations, observées dans près de la moitié des cas, vont peser sur l’indication des thérapeutiques médicamenteuses, thérapies ciblées entre autres contre l’expression de facteurs de croissance et/ou immunothérapie. Les cancers à petites cellules relèvent surtout de la radiothérapie et de la chimiothérapie.
Le pronostic dépend en très grande partie de l'extension (précisée par la classification TNM), de l'état général et la fonction respiratoire. Il reste très réservé dans les formes non opérables, avec environ 5% de survivants à 5 ans, d’autant que le diagnostic se fait le plus souvent (70% des cas) à un stade évolué lorsque la tumeur n’est plus opérable. Cependant, les thérapies ciblées et/ou l’immunothérapie permettent des rémissions inattendues avant leur utilisation dans certains cas de CBNPC, même évolués. A côté des formes invasives, il existe dans les CBNPC, des formes in situ de bon pronostic.
Syn. cancer bronchique, cancer des bronches, cancer du poumon, carcinome bronchique, carcinome broncho-pumonaire, carcinome pulmonaire
→ adénocarcinome broncho-pulmonaire primitif, cancer bronchique adénosquameux, cancer bronchique à grandes cellules, cancer bronchique à petites cellules, cancer broncho-pulmonaire in situ, cancer épidermoïde bronchique primitif, classification TNM
[A2, A3, B2, F2, K1, K3]
Édit. 2020
tumeurs broncho-pumonaires neuro-endocriniennes l.f.
carcinoid bronchial tumor
Tumeurs se développant à partir des cellules du système endocrinien réparties dans plusieurs parties du corps, principalement dans l’intestin grêle, le gros intestin, l’ovaire, le pancréas et le tissu broncho-pulmonaire.
.Les cellules neuro-endocrines peuvent produire certaines hormones de façon excessive ce qui peut conduire à des tableaux cliniques variés .Les tumeurs neuroendocrines broncho-pulmonaire forment un groupe hétérogène de tumeur, tant sur le plan histologique qu'immunohistochimique ou moléculaire, mais aussi pronostique et thérapeutique. Elles regroupent les carcinomes neuroendocrines à grandes cellules, les cancers bronchiques à petites cellules, certains cancer broncho-pulmonaire à grandes cellules, tumeurs carcinoïdes typiques et atypiques.
→ Cancer broncho-pulmonaire à petites cellules, , tumeurs carcinoïdes
[A2, A3, F2, K1]
Édit. 2020
lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) l.m.
Diffuse large B-Cell Lymphoma
Variété la plus courante de lymphome non hodgkinien ; il représente un tiers des lymphomes.
Le LDGCB peut se manifester chez les personnes de tout âge, mais il est plus fréquent chez l'adulte de plus de 60 ans. Il affecte un peu plus souvent l'homme.Chez de nombreuses personnes atteintes de ce lymphome, les nœuds lymphatiques enflent rapidement et des symptômes comme la fièvre, les sueurs nocturnes ou la perte de poids (symptômes B) se manifestent.
Il existe deux sous-types moléculaires distincts de lymphome diffus à grandes cellules B : celui de la cellule B du centre germinatif (BCG) et celui de la cellule B activée (CBA). De plus on reconnaît des lymphomes à cellules B à double « marquage » (double-hit cell-B lymphoma) – 5 à 10% - définis par une cassure chromosomique affectant le locus MYC/8q24 en combinaison avec un autre point de cassure, principalement t(14;18)(q32;21) touchant BCL2. Ces caractéristiques moléculaires et génétiques de ces lymphomes diffus interviennent de façon prépondérante dans le pronostic et le choix thérapeutique.
La plupart des LDGCB prennent naissance dans les ganglions lymphatiques, mais ils peuvent aussi apparaître à beaucoup d'endroits différents dans le corps. Chez environ 30 à 40 % des personnes atteintes d'un LDGCB, la maladie est localisée et de stade I ou II au moment du diagnostic. Chez les autres, la maladie s'est répandue au diagnostic. Dans ces cas-là, la maladie s'est propagée vers différentes parties du corps, comme la rate, le foie ou la moelle osseuse.
Le LDGCB peut aussi apparaître seulement dans des organes ou des tissus qui se trouvent à l'extérieur des ganglions lymphatiques (maladie extra-ganglionnaire primitive). Les emplacements les plus courants comportent ceux qui suivent : os, cerveau ou système nerveux central, seins, tube digestif, testicules, peau.
Les sous-types de LDGCB diffèrent dans leur comportement et leur emplacement dans le corps. Les sous-types de LDGCB sont entre autres ceux-ci :
1. lymphome médiastinal à grandes cellules B – il apparaît dans le thymus ou les ganglions lymphatiques situés au centre du thorax
2. lymphome intravasculaire à grandes cellules B – c'est un sous-type très rare de LDGCB qui affecte les petits vaisseaux sanguins (lymphome angiotrope)
3. lymphome primitif des séreuses
4. lymphome primitif du système nerveux central (SNC) – la plupart des lymphomes primitifs du SNC sont des lymphomes B, souvent des LDGCB (lymphome primitif cérébral)
Le traitement fait appel à la polychimiothérapie, CHOP, associée aux anticorps monoclonaux, Rituximab. La greffe de cellules souches hématopoïétiques peut être une option pour des personnes atteintes d'un LDGCB de mauvais pronostic. Ces thérapeutiques ont permis d’obtenir des résultats prometteurs.
La thérapeutique CAR T-cell, un traitement cellulaire par gène modifié, représente la voie nouvelle pour la prise en charge des formes réfractaires ou en rechute.
G. S. Nowakowski, hématologue américain (2015) ; Laurie H. Sehn, oncologue canadien et G. Salles, oncologue américain (2021)
→ lymphome médiastinal à grandes cellules B, lymphome angiotrope, lymphome primitif des séreuses, lymphome primitif cérébral
[F1, G5]
Édit. 2021
anesthésie oculaire l.f.
ocular anesthesia
Procédure d'anesthésie appliquée localement, en l'occurrence à l'œil, autour de lui ou dans la région oculo-orbitaire.
Elle fait appel à des produits anesthésiants qui agissent directement à l'endroit où ils sont appliqués ou à proximité de leur site d'administration.
Suivant les modalités de l'anesthésie pratiquée et ses tissus-cibles, on distingue l'anesthésie locale cornéenne ou topique de contact, et l'anesthésie locorégionale par injection péribulbaire ou rétrobulbaire.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
[G1,P2]
Édit. 2017
antithrombine n.f.
antithrombin
Substance naturelle ou synthétique s'opposant à des fonctions de la thrombine.
Le plus spécifique des inhibiteurs physiologiques est l'antithrombine III.
Parmi les autres antithrombines, citons la protéase nexine, qui est un inhibiteur, l'alpha-2 macroglobuline, qui n'inactive pas complètement la thrombine, et la fibrine qui, en fixant la thrombine, l'empêche d'aller agir sur ses cibles spécifiques. Parmi les molécules utilisées en thérapeutique pour s'opposer directement à la thrombine, certaines sont naturelles, comme l'hirudine isolée de salive de sangsue, d'autres sont synthétiques.
ataxie visuomotrice l.f.
visuomotor ataxia
Trouble de la coordination "œil-main", caractérisé par l'incapacité de saisir avec précision un objet sous contrôle visuel, en l'absence de déficit sensitivomoteur, cérébelleux ou extrapyramidal pouvant perturber le mouvement.
L'ataxie visuomotrice s'accompagne souvent de difficultés de dessin et d'écriture paradoxalement améliorées par l'occlusion des yeux. Selon son caractère uni- ou bimanuel et la partie de l'espace où elle se manifeste, on reconnaît des formes : unilatérale directe (une main dans l'hémichamp visuel ipsilatéral), unilatérale croisée (une main dans l'hémichamp visuel controlatéral), bilatérale croisée (chaque main dans l'hémichamp visuel controlatéral), bilatérale directe et croisée (chaque main dans les deux hémi-champs). Ce trouble de la saisie unimanuelle doit être distingué de la simultagnosie, où seule la saisie simultanée de deux cibles différentes est perturbée, alors que celle de chaque cible isolée est correcte.
Il s'agit de lésions pariétales postérieures corticales, ou de la substance blanche, ou plus rarement du corps calleux.
Étym. gr. a : priv. ; taxis : ordre
Syn. ataxie optique, ataxie visuomanuelle
[H1]
Édit. 2018
autisme (modèles physiopathologiques) l.m.p.
Les examens neuro-fonctionnels spécialisés, psychologiques et cérébraux, mettent en évidence des altérations du décodage de l'information sensorielle, motrice et émotionnelle.
Certains résultats des études sur les fonctions neurophysiologiques à la base des interactions sociales confirment les liens entre :
- défaut de réciprocité sociale et activation atypique des «systèmes miroirs» ;
- trouble de la communication et anomalie du traitement cortical de l'information sensori-motrice ;
- intolérance au changement et réactivité anormale du cortex cérébral aux événements inhabituels.
Ces anomalies du fonctionnement des réseaux neuronaux ont un impact majeur sur la perception d’autrui, de leurs intentions, de leurs émotions et de leurs réactions. Ces hypothèses «neuronales» rejoignent les modèles proposés par les psychologues décrivant les particularités du fonctionnement intellectuel et relationnel dans ce syndrome. Des travaux concernent actuellement la mise en évidence de corrélats cérébraux des déficits de l'empathie, de la théorie de l'esprit (« theory of mind »), de la fonction exécutive, de la cohérence centrale. Cette double approche réunit les cliniciens non seulement sur les modèles neuro-psycho-physiologiques mais aussi sur des propositions éducatives et thérapeutiques.
Il ne fait plus de doute que les facteurs génétiques contribuent fortement à la survenue de l'autisme. Du fait de la forte hétérogénéité clinique du syndrome autistique, il est nécessaire de constituer des sous-groupes homogènes à partir de variables phénotypiques cliniques et biologiques comme la taille du crâne, l'existence d'une régression du développement, l'épilepsie, les troubles du sommeil... Certaines caractéristiques électro-physiologiques (EEG, potentiels évoqués corticaux) s'intégreront certainement dans cette série de marqueurs.
La combinaison des approches cliniques, de neuro-imagerie et de génétique moléculaire vont permettre d'identifier des périodes critiques du développement cérébral et des fonctionnements neuronaux cibles. L'hypothèse de perturbations de la connectivité avec anomalie des structures et fonctions syn.aptiques est actuellement avancée.
→ autisme
calcidiol n.m.
calcidiol
Dérivé hydroxylé en 25 du cholécalciférol.
C’est dans le foie qui contient la 25-hydroxylase qu’est biosynthétisé ce précurseur de la forme hormonale de la vitamine D3 ; il quitte le foie associé à une protéine de transport pour atteindre les tissus cibles, rein et cartilages, qui transforment le calcidiol en calcitriol. Le dosage du calcidiol (25-hydroxy-vitamine D) dans le sérum peut être effectué par chromatographie liquide haute performance ou par électro-chimio-luminescence. C’est un bon marqueur du statut vitaminique D des patients.
Syn. 25-hydroxy-vitamine D
[C1]
chalone n.f.
chalon
Substance sécrétée par une glande à sécrétion interne, qui, contrairement aux hormones stimulantes, freine ou inhibe l'activité des tissus cibles.
Le terme est peu usité, car les hormones peuvent avoir les deux effets stimulateur et inhibiteur dans les organes récepteurs.
[C1,O4]
chronergie n.f.
Variation liée au temps des effets des médicaments sur l'organisme, qu'ils soient désirés ou non désirés.
Ses effets résultent à la fois des rythmes de susceptibilité des cibles biologiques du médicament (chronesthésie) et des variations liées au temps de la pharmacocinétique (chronocinétique).
→ chronesthésie, chronocinétique d'un médicament
[G3]
ciblothèque n.f.
Base de données ou de matières, contenant les cibles biochimiques, permettant de rechercher les molécules actives dans le cadre d’une production pharmaceutique ou industrielle.
La base de données permet :
- le clonage dans des vecteurs d'expression procaryote ou eucaryote,
- l'expression de protéines dans des systèmes eucaryotes et procaryotes,
- l'obtention de lignées cellulaires stables ou transitoires et leur validation pour le criblage,
- l'obtention de protéines solubles,
- la gestion et le stockage des lignées cellulaires.
Il existe en particulier une ciblothèque enzymatique.
cinéscanner l.m.
cine scanner
Nouveau type de scanographe, particulièrement intéressant pour l'exploration cardiaque, qui permet d'obtenir jusqu'à 30 images par seconde.
Dans cet appareil, un canon à électrons émet un faisceau, focalisé par des bobines, projeté sur quatre anneaux-cibles en tungstène disposés en couronne autour du malade. Ces anneaux (les anodes) émettent un faisceau de rayons X, collimaté et recueilli par deux couronnes de détecteurs juxtaposées, concentriques aux anneaux. Le lit d'examen, disposé au centre des anneaux et des couronnes de détecteurs, est la seule pièce mobile de la machine. Le balayage de chaque anneau se fait très rapidement. L'appareil peut fonctionner soit en mode haute résolution, permettant d'acquérir 10 images/seconde ; soit en mode cinéma (d'où son nom), permettant d'obtenir 30 images/seconde.
Syn. imatron
[B2]
cinétose n.f.
Crise neurovégétative apparaissant chez l'Homme ou l'animal confronté à un déplacement périodique de fréquence voisine de l'hertz chez l'Homme adulte, cette fréquence étant plus élevée chez l'enfant parce que sa taille est plus petite (isométrie)
Cette crise peut survenir au cours des voyages en voiture, bateau, avion. Elle débute par un état de malaise avec vertige, baisse de vigilance, état nauséeux conduisant à des vomissements.
Les variations périodiques d'accélération agissent sur les canaux semi-circulaires, les otolithes, les récepteurs cinesthésiques des muscles et des viscères qui envoient leurs informations aux centres corticaux où elles sont comparées aux informations visuelles et aux données de la mémoire (au-dessous de l'âge de trois mois les enfants ne présentent pas de cinétose). La discordance entre ces différentes informations est la principale cause de cinétose. Tous les influx atteignent le plancher du 4e ventricule, près du noyau solitaire où se situe le centre des vomissements. Par les synapses dopaminergiques les neurones des voies autonomes excitent une grande production de sérotonine. Véhiculée par les plaquettes, la sérotonine est l'une des causes des effets digestifs et cardiovasculaires observés. La chaleur, la fatigue, le manque de sommeil, les excès alimentaires et la perception d'odeurs nauséabondes favorisent la cinétose en fragilisant les cibles d'action de la sérotonine. Le sexe féminin et surtout les enfants (maximum vers 12 ans) sont les plus sensibles. En microgravité, les accélérations produites par les mouvements du corps agissent seules sur les otolithes et le moindre mouvement peut entraîner une cinétose (mal de l'espace) très incapacitante pour les cosmonautes.
Lors du transport en ambulance, le patient doit être couché dans l'axe du véhicule, la tête en avant dans le sens de la marche, surtout s'il est en collapsus. Le traitement (efficace à 50%) vise à neutraliser les effets de la sérotonine : on emploie des timbres cutanés associant des neuroleptiques parasympathi
Étym. gr. kinêsis : mouvement ; ôsis : impulsion, trouble
Syn. mal de l'air, mal de mer, mal des transports
→ accélération, sérotonine,mal des transports
[N1]
Coenorhabditis elegans
Coenorhabditis elegans
Nématode (ver rond) non parasite, dont l'obtention au laboratoire est rapide et facile et qui a constitué l'un des principaux modèles expérimentaux en génétique moléculaire.
Alors qu'il s'agit d'un métazoaire, son génome complet a été l'un des premiers à être entièrement séquencé. Sa simplicité aussi bien anatomique que génomique a facilité l'étude fonctionnelle de plusieurs gènes, en particulier au cours de l’apoptose. Elle a également permis la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques, antihelminthiques notamment.
[D2,Q1]
Cryptosporidium hominis
Cryptosporidium hominis
Seule espèce spécifique de l'Homme, Cryptosporidium hominis n'a été que très récemment individualisé.
Sa morphologie est pratiquement identique à celle de Cryptosporidium parvum dont elle ne diffère que par certains caractères culturaux et par son pouvoir pathogène expérimental. Son génome vient d'être complètement décrypté, ce qui devrait permettre de mieux comprendre sa biologie et d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques ou vaccinales.
[D1]
dyskerine n.f.
dyskerin
Protéine nucléaire faisant partie de complexes ribonucléoprotéiques catalysant la transformation d’uridines en pseudouridines dans certains ARN cibles et participant aussi.
à l’activité de l’enzyme télomérase.
Des mutations de la dyskérine sont responsables de la dyskératose congénitale liée à l’X et de sa forme sévère, appelée syndrome de Hoyeraal-Hreidarsson
Høyeraal-Hreidarsson (syndrome de)
→ ribonucléoprotéine, uridine, pseudouridine, télomérase, dyskératose, DKC1 gene,
GABA sigle angl. pour Gamma-Amino-Butyric Acid
L'acide γ-aminobutyrique (GABA) est le principal neurotransmetteur inhibiteur dans le cerveau mammalien où il agit sur les récepteurs GABA, qui peuvent être ionotropiques (GABAA) ou métabotropiques (GABAB).
Les récepteurs GABAA sont des canaux chlorés à ligand, cibles des benzodiazépines. Le récepteurs GABAB inhibent l’adénylate cyclase et l’influx calcique dans les neurones pré-synaptiques, et conduisent à une hyperpolarisation post-synaptique, par efflux du K+.
→ acide gamma-aminobutyrique, ligand, inotrope, métabotrope, benzodiazépines, adénylate-cyclase