Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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de Barsy (syndrome de) l.m.

de Barsy’s syndrome

Syndrome associant retard mental et statural, cutis laxa, microcéphalie, hypertélorisme, cataracte.
La transmission est autosomique récessive.

Anne-Marie de Barsy, baronne neurologue belge (1967)

cutis laxa, opacités cornéennes et retard mental

dégénérescence spinocérébelleuse avec dystrophie cornéenne maculaire, cataracte congénitale et myopie l.f.

spinocerebellar degeneration with macular corneal dystrophy, congenital cataract, and myopia

Ataxie spastique avec cataracte congénitale, opacités cornéennes maculaires et myopie non axiale.
Agénésie du cervelet, hypertonie, troubles de la marche et EMG anormal. La dystrophie cornéenne est constituée de dépôts mucoïdes dans le stroma. L’affection est autosomique récessive (MIM 271320).

A. M. Mousa, médecin koweïtien (1986)

Étym. lat. degenerare : dégénérer

Syn. ataxie spastique des Bédouins (syndrome de l')

dégénérescence spinocérébelleuse et dystrophie cornéenne l.f.

spinocerebellar degeneration and corneal dystrophy

Affection infantile caractérisée par une diplégie spastique, des convulsions, une surdimudité et une cataracte.
Il existe également un retard psychomoteur, des troubles du langage, une hypertonie, des mouvements anormaux avec troubles de la marche et du comportement, ainsi qu’une luxation de la hanche. L’affection est autosomique récessive (MIM 270600).

V. M. Der Kaloustian, pédiatre, N. I. Jarudi, ophtalmologue, M. J. Khoury, biologiste libanais  (1985)

Syn. Böök (dégénérescence spinocérébélleuse de type), diplégie spastique de type infantile

diplégie

[H1, H3, I2, P1, P2, Q3]

Édit. 2019

delta 1-pyrroline-carboxylate synthétase (déficit en) l.m.

delta -1-pyrroline-5-carboxylate synthetase deficiency

Génopathie familiale caractérisée par une hyperammoniémie, avec hypoprolinémie et hypoornithémie, cataracte bilatérale, retard mental, laxité ligamentaire et hyperélasticité cutanée.

dermatite atopique l.f.

Besnier's prurigo

Dermatose chronique fréquente chez le nourrisson, débutant généralement au cours des premiers mois de la vie et évoluant par poussées très prurigineuses, réalisant, dans la forme typique aigüe du petit enfant, des plaques érythémateuses et suintantes surtout sur le visage et les parties convexes des membres; plus tard, il s'agit d'un eczéma sec, lichénifié, épaissi, prédominant dans les plis de flexion, notamment des coudes et des creux poplités.
Elle guérit assez souvent avant l'âge de dix ans mais peut persister aussi à l'âge adulte. Une notion familiale est souvent retrouvée de même qu'une association en alternance avec de l'asthme. Le traitement repose sur la corticothérapie locale, les soins hydratants et la prévention des surinfections. Le rôle des facteurs allergiques, notamment alimentaires, est discuté.
Il peut s’y associer une cataracte d’abord sous-capsulaire postérieure puis corticale postérieure et antérieure et enfin sous-capsulaire dense en « bouclier ». Le kératocône associé à l’atopie a été également décrit (L. A. Brunsting 1955).
Le locus du gène candidat pour l’atopie (FCER1B) est localisé en 11q12-13. L’affection est autosomique dominante (MIM 147050) ou à hérédité indéterminée.

E. Besnier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1892) ; L. A. Brunsting, dermatologue américain (1955) ; S. Ständler, dermatologue allemand (2021)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. eczéma atopique, eczéma constitutionnel (désuet), prurigo diathésique de E. Besnier (désuet)

[J1]

Édit. 2021

dermoarthrite histiocytaire l.f.

histiocytic dermatoarthritis

Arthrite granulomateuse, iritis et éruption papulonodulaire.
Éruption cutanée de nodules rouge-brun translucides papulonodulaires histiocytiques (visage, oreilles et extrémités). Plaques cutanées indurées, peau lichénifiée. Arthropathie symétrique (arthrite) avec atteinte des mains et des pieds. Surdité possible. La lésion cutanée élémentaire est histologiquement un granulome avec vascularite. Au niveau des yeux, on trouve une uvéite bilatérale, un glaucome, et une cataracte secondaire. Le syndrome ressemble à la synovite granulomateuse avec uvéite et neuropathies crâniennes de Jabs. L’affection est autosomique dominante (MIM 142730).

I. Zayid et S. Farraj, anatomopathologistes jordaniens (1973)

diplopie n.f.

diplopia

Vision simultanée de deux images d'un même objet.
Elle peut être physiologique ou pathologique.
En langage courant, on entend par ce mot la diplopie pathologique binoculaire. Dans les autres cas contraire, on précise qu’elle est physiologique, monoculaire, paradoxale, etc...
Elle peut être binoculaire, due à un défaut de fusion des images fournies par chacun des yeux, ou monoculaire, c'est alors la perception de deux images par un seul œil. Cette dernière est un des signes de la cataracte, le sujet pouvant percevoir d'ailleurs plusieurs images (polyopie).
En neurologie, la lésion d'un muscle ou d'un nerf oculomoteur perturbe à la fois les correspondances motrice et sensorielle. Elle est donc responsable d’une déviation des yeux ainsi que d’une position anormale de la tête afin de compenser la perversion sensorielle. On distingue des diplopies horizontales, verticales, obliques, qui correspondent chacune à la direction du muscle paralysé, quelle que soit l'étiologie de cette limitation de mouvement.

Étym. gr. diploos : double ; ops : vue

Dorfman-Chanarin (syndrome de) l.m.

Dorfman-Chanarin’s syndrome

Maladie autosomique récessive rare, présente dès la naissance et stable pendant toute la vie, associant dans les formes complètes, une érythrodermie avec ichtyose généralisée atteignant aussi les paumes et les plantes, à une cataracte nucléaire bilatérale, à une faiblesse musculaire et à une hépatomégalie.
Une lésion particulière est représentée par des vacuoles lipidiques retrouvées dans les kératinocytes des couches basale et granuleuse de l’épiderme, de même que dans les polynucléaires éosinophiles circulants et dans les hépatocytes.

M. Dorfman, dermatologiste israélien (1974), I. Chanarin, biologiste britannique (1975)

ichtyose, ichtyose et anomalie lipidique

Duker-Weiss-Siber (syndrome de) l.m.

Duker-Weiss-Siber’s syndrome

Syndrome associant des lésions cérébrales, oculaires et urogénitales.
Association de microcéphalie, micro-encéphalie, retard mental, agénésie du corps calleux, hypospadias, et cryptorchidie. Au niveau oculaire blépharoptosis, pannus cornéen, microphtalmie, aniridie, cataracte, hypoplasie du nerf optique, hypoplasie uvéale, et dystrophie rétinienne. L'affection est récessive, liée au sexe.

J. Duker, J. S. Weiss, Margaret Siber, ophtalmologistes américains (1985)

Syn. cérébro-oculo-urogénital syndrome

dyscéphalie mandibulooculofaciale l.f.

mandibulooculofacial dyscephaly

Syndrome secondaire à une anomalie primitive du développement du premier arc branchial avec malformations céphaliques et agénésie ou aplasie du maxillaire inférieur.
Il existe un nanisme harmonieux avec une dysmorphie faciale en tête d’oiseau, une brachycéphalie, des bosses frontales, des cheveux rares et une alopécie en regard des sutures, l’absence de sourcils et une peau glabre. Le nez est en bec de perroquet, les dents peuvent être présentes à la naissance ou sortir précocement. Au niveau des yeux on peut observer une microphtalmie, des sclères bleues, une sclérocornée ou une microcornée, une aniridie, et une cataracte congénitale. L’affection est autosomique récessive.

W. Hallermann, ophtalmologiste allemand (1948) ; E. B. Streiff, ophtalmologiste suisse (1950) ; J. François, baron, ophtalmologiste belge, membre de l'Académie de médecine (1957) ; O. Ullrich, pédiatre allemand (1953) ; Helga Fremerey-Dohna, médecin allemande (1951 et 1953)

Syn. : syndrome d’Hallerman-Streiff-François, alopécie congénitale des sutures, oculomandibulodyscéphalie, oculomandibulofacial (syndrome), progéria avec cataracte, progéria avec microphtalmie, Ullrich et Fremerey-Dohna (syndrome d’)

cataracte

dyschondrostéose n.f

dyschondrosteosis

Forme particulière d’ostéochondrodysplasie épiphyso-métaphysaire décelée chez l’enfant ou l’adolescent caractérisée par une atteinte mésomélique avec des déformations osseuses et articulaires, un raccourcissement des membres et un nanisme modéré.
A l’avant-bras le radius est court et incurvé transversalement, son épiphyse inférieure est fortement oblique en bas et en dehors, la tête radiale est abaissée ; l’ulna est incurvé dans le plan sagittal, sa partie distale est luxée en arrière ; le carpe est ogival et le poignet présente une déformation comparable à la déformation de Madelung (ce qui laisse supposer une relation entre ces deux affections). La dysplasie du radius et du carpe peut donner une compression du nerf médian au canal carpien. Les mains sont normales. L’atteinte des membres inférieurs prédomine également sur le segment moyen et provoque une diminution modérée de la taille qui atteint à l’âge adulte environ 1,45 m chez la femme et 1,55m chez l’homme. Le tronc, le crâne et la face sont normaux. La gêne fonctionnelle du poignet, ordinairement modéré, peut parfois nécessiter une correction chirurgicale. Des anomalies oculaires peuvent être trouvées : microphtalmie, anophtalmie, cataracte, opacités nuageuses diffuses de la cornée et paralysies oculomotrices.
L’affection prédomine dans le sexe féminin ; l’hérédité est dominante à manifestations variables. Le gène impliqué est SHOX, porté sur la région pseudo-autosomique du chromosome X, par mutation partielle ou délétion en Xp22.32.
Le même gène est responsable du nanisme mésomélique (angl. mesomelic dwarfism) de Langer où les déformations et le raccourcissement sont importants, associés à une hypoplasie de la fibula et des altérations, inconstantes, de la mandibule ; les mains et les pieds sont épargnés. Elle serait la forme homozygote à hérédité autosomique récessive de la dyschondrostéose ; la maladie de Léri-Weill en serait la forme hétérozygote.

A. Léri, ohtalmologiste et J. A. Weill, pédiatre français (1929) ; L. O. Langer Jr, médecin radiologue américain (1967) ; Valérie Belin, pédiatre généticienne française (1998)

Étym. gr. dus : difficulté ; khondros : cartilage ; osteon : os

Syn. maladie de Léri-Weill

Madelung (déformation de), SHOX gene, nanisme mésomélique type Langer, dyschondrostéose, Léri-Weill ( syndrome de)

dysostose acrofaciale de Weyers l.f.

Weyers’ acrofacial dysostosis

Syndrome congénital malformatif familial avec nanisme, dystrophie myotonique, anomalies de la mâchoire inférieure, de la dentition, de la partie antérieure de la bouche, associées à une polydactylie post-axiale, une dystrophie unguéale, une relative petite taille mais une intelligence normale.
Quelques familles ont été décrites, avec des incisives manquantes, microdontie, oligodontie, hypoplasie de l'émail dentaire. Il existe également des anomalies de l'oreille (anthélix hypoplasique) et des ongles dysplasiques. Pour les yeux on peut trouver un hypotélorisme, des opacités cornéennes, de petites ponctuations iriennes, des synéchies pupillaires, une microphtalmie, un glaucome et une cataracte congénitale. L’affection est autosomique dominante (MIM 193530).
Elle est à rapprocher du syndrome d’Ellis-van Creveld (MIM 225500), forme allélique du gène EVC, les deux syndromes pouvant coexister au sein d’une même famille.

H. Weyers, pédiatre allemand (1952) ; R. Ellis, pédiatre britannique et S. van Creveld, pédiatre néerlandais (1940) ; Juliette Albuisson, généticienne française (2004)

Syn. dysostose acrodentale de Weyers, dysplasie dentofaciale, dysplasie iridodentaire, dysplasie dento-iridienne, dysgénésie iridodentaire, dysgénésie mésodermique cornée iris et oligodontie, syndrome de Weyers, syndrome du rayon ulnaire-oligodactylie de Weyer

Réf. modifié d’après J. Albuisson – Orphanet, janvier 2004

Ellis-van Creveld (syndrome d')

[A4,O6,Q2]

dysostose craniofaciale l.f.

craniofacial dysostosis, Crouzon’s disease

Affection malformative résultant d’un trouble du développement des os du crâne et de la face aboutissant à la fermeture prématurée des sutures crâniennes, et à une hypoplasie du massif facial.
La crâniosténose se complète progressivement de la naissance à trois ans avec une hypoplasie du massif facial médian (rétrusion nasomaxillaire) et un pseudoprognathisme comportant une lippe de la lèvre inférieure. On trouve également une surdité et un nez en bec de perroquet. Peuvent aussi se voir un hypertélorisme avec divergence des axes orbitaires, une exophtalmie (petites orbites), un ptosis ; il existe parfois un nystagmus, une cataracte, un œdème papillaire, et une atrophie optique. Le locus du gène (CFD1) est en 10q26.13 (mutation d’un récepteur du facteur de croissance des fibroblastes). L’affection est autosomique dominante (MIM 123500) ou autosomique récessive (MIM 218500).

L. Crouzon, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1912)

Étym. gr. dus , indique la difficulté, l’anomalie ; osteon : os

Syn. maladie de Crouzon

craniosténose, Apert (syndrome d')

dysplasie épiphysaire multiple avec myopie et surdité de conduction l.f.

epiphysal dysplasia multiple with myopia and conductive deafness

Une famille avec myopie progressive, fragilité rétinienne, cataracte, surdité de conduction et dysplasie épiphysaire multiple.
L’affection est autosomique dominante (MIM 132450).

P. Beighton, médecin généticien sud-africain (1978)

Étym. gr. dus : difficulté ; plasein : façonner

dysplasie spondyloépiphysaire congénitale

dystrophie musculaire congénitale, cataracte infantile et hypogonadisme l.f.

muscular dystrophy, congenital cataract and hypogonadisme

Association exceptionnelle d'une dystrophie musculaire congénitale, d'une cataracte infantile et d'un hypogonadisme.
Sept personnes ont été décrites dans un village Norvégien isolé. L'hypogonadisme chez les femmes donne une agénésie des ovaires et chez les hommes un pseudosyndrome de Klinefelter. L’affection est autosomique récessive (MIM 254000).

H. H. Bassøe, médecin endocrinologue norvégien (1956)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

dystrophie tapétorétinienne stationnaire ou lentement progressive de Gass l.f.

stationnary or progressive dominantly inherited tapetoretinal dystrophy

Affection oculaire choriorétinovitréenne associée à un glaucome et une cataracte.
Il existe une ligne de démarcation en périphérie, sur 360 degrés, séparant la rétine hyperclaire de la moyenne périphérie à la rétine équatoriale fortement pigmentée, siège d'une atrophie rétinienne dense. En angiographie est découverte une berge hyperclaire qui marque la jonction entre rétine pratiquement saine et pavage pigmenté dense comme dans la vitréorétinochoroïdopathie de Kaufman. On note une petite dysmorphie faciale avec paupières en S. L’affection est en tous points semblable à la vitréorétinopathie de François, mais sans la microcornée. La maladie est héréditaire et de type autosomique dominante.

J. D. M. Gass, ophtalmologue américain (1987)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

échographie B en ophtalmologie l.f.

ophtalmologic ultrasonography

Echographie du segment postérieur devant compléter toute biométrie en cas de cataracte obturante, totale.
Il est alors indispensable d'évaluer l'état du fond d'œil en échographie mode B, en étudiant les relations vitréorétiniennes (décollement total, subtotal, partiel, périphérique ou au pôle postérieur de l'hyaloïde postérieure) et à la recherche d'un décollement de rétine, d'une tumeur, d'une excavation papillaire ou  et d'une maculopathie.

échographie, échographie ophtalmologique, cataracte, décollement de rétine

[B2, B3 , P2]

Édit. 2019

dysplasie ectodermique anhidrotique l.f.

anhidrotic ectodermal dysplasia

Syndrome associant une absence ou une diminution de la sudation (anhidrose) avec intolérance à la chaleur, des cheveux secs et clairsemés, une finesse de la peau, une absence partielle ou totale des dents et une dysmorphie faciale caractéristique.
Une atteinte O.R.L (surdité.), ophtalmique (kératite ponctuée, hyposécrétion lacrymale, opacités cornéennes et cristalliniennes, parfois glaucome ou cataracte), digestive ou pulmonaire sont fréquentes. Il peut s’y ajouter microcéphalie, arachnodactylie, hypotrichose, retard mental.
Le syndrome est dû à une absence totale ou partielle des glandes sudoripares
Le diagnostic repose sur la clinique, l'examen radiologique, l'image histopathologique et les tests de mesure de la sudation. Le traitement vise à supprimer les exercices physiques, à éviter la chaleur, à conseiller le port précoce de prothèses dentaires.
Le gène est localisé sur le chromosome Xq12.2-13.1. L’affection est dominante, liée au sexe (MIM 305100) ou, exceptionnellement, autosomique récessive (MIM 224900) ou autosomique dominante (MIM 129490). Les femmes vectrices ont des anomalies et peuvent être dépistées par un simple examen des dents.

J. Christ, odontologue allemand (1913) ; H.W. Siemens, dermatologue allemand (1937) ;A. Touraine, dermatologue français, membre de l’Académie nationale de Médecine (1936)

Étym. gr. ektos: au dehors ; derma : peau

Syn. Christ-Siemens-Touraine (syndrome de)

Christ-Siemens-Touraine (syndrome de), anhidrosen kératite ponctuée superficielle, microcéphalie, arachnodactylie, hypotrichose

[H3, I2, J1, P1, P2, P3, Q2]

Édit. 2019

dysplasie ectodermique hidrotique l.f.

ectodermal dysplasia hidrotic

Dysplasie ectodermique hidrotique comprenant une dystrophie des ongles (épaississement en cornet), des cheveux absents ou clairsemés, associée à une kératodermie des mains et des pieds alors que les dents et la sécrétion sudorale sont normales.
Alopécie totale ou poils blonds à l'aspect en chiendent. Hyperpigmentation au niveau des articulations.  Parfois strabisme et cataracte. L’affection est autosomique dominante (MIM 129500).

H. R. Clouston, médecin canadien (1929)

Étym. gr. ektos: au dehors ; derma : peau

Syn. Clouston (syndrome de)

kératodermie, alopécie, strabisme, cataracte, Clouston (syndrome de), dysplasie, dystrophie, hidrotique

[ J1, P2, Q2]

Édit. 2019

ectopie du cristallin l.f.

ectopia lentis

Malformation congénitale à transmission autosomique dominante, conséquence du développement de la vésicule cristallinienne en dehors de son siège normal : la pupille apparaît divisée en deux parties par l'équateur du cristallin avec présence d'un iridodonésis et augmentation de profondeur de la chambre antérieure de l'œil.
Elle peut aussi s'observer :
-dans la maladie d'Ehlers-Danlos, affection génétique autosomique, dominante ou récessive, avec hyperlaxité ligamentaire, signes cadiovasculaires (anévrisme disséquant), ectopie (dans la forme VII B) ; dans le syndrome de Weill-Marchesani (brachymorphie, nanisme, microphakie, ectopie) ;
-dans la maladie de Marfan (affection autosomique dominante avec arachnodactylie, manifestations cardiovasculaires, ectopie supérieure, myopie forte, sphérophakie, colobome, cataracte évolutive)
- dans l'homocystinurie (aminoacidopathie avec accumulation de méthionine dans le sang et les urines, affection rare avec cheveux blonds, fins, pommettes rouges, peau cyanosée, marbrée, modifications squelettiques, retard mental parfois sévère, accidents thromboemboliques pathognomoniques, ectopie du cristallin nasale inférieure, qui apparaît vers l'âge de sept ans).
Son traitement est chirurgical, certains auteurs le voulant précoce.

H. Danlos, dermatologiste français (1908) ; E. Ehlers, dermatologiste danois, membre de l'Académie de médecine (1908) ; G. Weill, ophtalmologiste français (1932) ; O. Marchesani, ophtalmologiste allemand (1939) ; A. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de Médecine (1896)

Étym. gr. ek : hors ; topos : lieu

iridodonésis, Ehlers-Danlos (syndrome d'), Weill-Marchesani (syndrome de), Marfan (maladie de), homocystinurie

[P2, Q2]

Édit. 2019

électrisation n.f.

Ensemble des effets et accidents dus au passage de l'électricité à travers l'organisme.
Les effets sont immédiats.Ils peuvent entraÏner des complications précoces ou tardives et des séquelles définitives.
La gravité des accidents dépend de l'énergie électrique dissipée : la tension de la source, la nature du courant, la longueur de son trajet (l'impédance tête main est deux fois moindre que celle entre les deux mains) et la surface de section des tissus que l'électricité rencontre. L'impédance globale détermine l'intensité du courant et l'impédance locale l'énergie dissipée dans chaque portion du trajet de l'électricité.
La tension ne dépend que de la source électrique.
On distingue :

- la très haute tension (de l'ordre du million de volts, comme la foudre);
- la haute tension (> 600 V =, 250 V 50 Hz monophasé ou 433 V 50 Hz triphasé);
- la basse tension (110 ou 220 V, cause de la plupart des accidents);
- la très basse tension (< 27 V) n'entraîne pas d'accident électrique grave, sauf en endoscopie thoracique, s'il y a un défaut d'isolement du matériel, car l'impédance étant très faible au niveau du péricarde, une faible intensité peut être suffisante pour déclencher une fibrillation ventriculaire.
L'intensité, I, est fonction de la tension (V) et de la résistance globale (R) des tissus traversés (impédance en courant alternatif), selon la loi d'Ohm, (I = V/R).
L'énergie électrique se dissipe sous forme de chaleur selon la loi de Joule (W = R I2 t, avec t, temps de passage). Quand la chaleur dégagée est suffisante elle produit une brûlure qui est indolore si elle n'intéresse que des tissus profonds.
La résistance locale, inversement proportionnelle à la surface de section, est plus grande au niveau de la peau à l'entrée et la sortie du courant ainsi qu'au niveau des portions rétrécies du corps, tels les poignets, les coudes ou les genoux, c'est là que se produisent surtout les brulures électriques profondes. La résistivité de la peau sèche et froide est de l'ordre de 1 000 ohm/cm2 (celle de la peau humide est bien plus faible) et celle des milieux intra- et extracellulaires est environ dix fois moindre. La résistance des muscles et des vaisseaux est plus faible que celle des autres tissus, de telle sorte que le courant électrique les traverse de préférence : les brûlures profondes causent des coagulations qui obstruent les vaisseaux et surtout des lésions musculaires qui entraînent une rhabdomyolyse. Cette dernière libère de la myoglobine qui s'élimine par les reins et peut obstruer les tubules, d'où anurie.
Au niveau de l'œil, le passage du courant peut amorcer une phacosclérose (cataracte).
Le courant continu, une fois établi, n'a pas d'action excitatrice. Mais déjà pour une intensité de quelques dizaines de mA, la fermeture ou la rupture du courant provoquent l'excitation des nerfs et des muscles (à la cathode lors de la fermeture du circuit, à l'anode lors de  l'ouverture). Le courant continu est cause d'électrolyse qui apparaît aux points d'entrée et de sortie. Un courant continu de fuite, même de très faible intensité, peut entraîner une brulure chimique de la peau, p. ex. lors de l'utilisation d'électrodes pour une surveillance prolongée en réanimation, ou lors de l'emploi du bistouri électrique s'il est appliqué pendant quelques heures. Les courants alternatifs ne produisent des brûlures par électrolyse que si la forme du courant est asymétrique.
La forme du courant (continu ou alternatif) n'intervient pas dans les effets thermiques : seule l'intensité compte.
Pour un courant variable, l'excitation des nerfs et des muscles dépend de la fréquence : jusqu'à quelques centaines d'Hz un courant alternatif produit des effets de tétanisation musculaire, d'où de violentes contractures si l'intensité est suffisante. Si la victime a saisi un câble électrique, elle s'y accroche irrésistiblement tant que le courant passe. Ces contractures peuvent aussi provoquer des arrachements tendineux et même des fractures (ex.des processus épineux), le contact avec un conducteur est la source de chutes, de fractures et de blessures. La tétanisation des muscles ventilatoires entraîine un arrêt respiratoire rapidement mortel. Le cœur est particulièrement vulnérable : une intensité de quelques mA peut causer une fibrillation ventriculaire ou l'arrêt cardiaque en systole.
L'excitation des muscles et des nerfs diminue lorsque la fréquence augmente : au-dessus de 1 000 Hz le passage du courant est indolore et ne produit que des effets thermiques.

anesthésie électrique, brulure, brûlure électrique, électrocution, impédance, fibrillation ventriculaire, rhabdomyolyse, myoglobine, phacosclérose, électrolyse

[B1, E1]

Édit. 2019

Elschnig (perle d') l.f.

Elschnig pearl

Formation en globule apparaissant à la surface de la capsule résiduelle du cristallin après chirurgie de la cataracte laissant en place le rideau capsulaire (extraction extracapsulaire mécanisée ou non) et répondant à la colonisation capsulaire par des cellules très globuleuses (cellules de Wedl).

A. Elschnig, ophtalmologue autrichien (1863-1939)

cataracte, Wedle (cellule de)

[P2]

Édit. 2019

embryopathie à cytomégalovirus l.f.

cytomegalovirus embryopathy

Maladie ou malformation de l’embryon ou du fœtus secondaire à une infection par cytomégalovirus.
L’infection, pendant la gestation,  est la plupart du temps asymptomatique pour la mère mais le virus traverse le placenta. La gravité se situe dans les 20 premières semaines où il y a risque de lésions fœtales. On peut observer un ictère, une hépatosplénomégalie, une anémie, une thrombocytopénie, une microcéphalie, des calcifications intracrâniennes, une surdité, des crises comitiales. De nombreuses malformations oculaires sont possibles : colobome, malformation papillaire, atrophie optique, cataracte, microphtalmie. Il peut également y avoir une uvéite ou une choriorétinite, qui laissent des lésions semblables aux lésions de la toxoplasmose (foyers de nécrose rétinienne, infiltrats périvasculaires, hémorragies, calcifications rétiniennes) et non les lésions observées dans les déficits immunitaires acquis. On peut mettre en évidence le virus dans le liquide amniotique par biologie moléculaire ou par culture cellulaire.

Étym. gr. embruon : embryon ; pathê : souffrance

Syn. CMV (infection anténatale au)

embryopathie, cytomégalovirus, microcéphalie, colobome, uvéite, choriorétinite, toxoplasmose

[A4, D1, F1, H1, L1, P1, P2]

Édit. 2019

Epstein (syndrome d') l.m.

Epstein syndrome

Association d’une néphropathie, d’une macrothrombocytopénie et d’une surdité liée à une mutation du gène MYH9, de transmission autosomique dominante.
L’atteinte rénale est une néphrite interstitielle ; les plaquettes peu nombreuses, de 30.000 à 100.000, sont de grande taille ; la surdité neurosensorielle, de perception, porte d’abord sur les sons aigus. L’affection est très proche du syndrome de Fechtner, elle s’en distingue par l’absence de cataracte et d’inclusions intraleucocytaires.
Le gène en cause MYH9, en 22q12.13, code pour la chaîne lourde de la myosine non musculaire dont la modification est à l’origine de la désorganisation du cytosquelette et de la thrombopénie macrocytaire.

C. J. Epstein, généticien américain (1972) ; L. C. Peterson, biochimiste américaine (1985)

MYH9 ( maladies liées à), Fechtner (syndrome de), néphropathie interstitielle

[F1, M1, P1, Q2]

Édit. 2020

extraction de la cataracte l.f.

cataract extraction

Tout type d'extraction du cristallin atteint de cataracte.
L'expression "extraction du cristallin", sans préjuger le caractère pathologique ou non de ce dernier, est à éviter dans la mesure où elle induit une confusion avec l'extraction du cristallin transparent réalisée en chirurgie réfractive dans le cas de myopies fortes.

[P2]

Édit. 2018  

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