Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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cystadénome mucineux du pancréas l.m.

mucinous cystadenoma of pancreas

Le cystadénome mucineux du pancréas peut être de découverte fortuite ou être révélé par des douleurs abdominales, la palpation d’une masse abdominale ou une compression de la voie biliaire principale ou du canal pancréatique.
Dans sa forme typique, il s’observe chez la femme de 40-50 ans dans plus de 90 % des cas (la prédominance féminine est encore plus marquée que dans le cas du cystadénome séreux). Il siège préférentiellement dans la partie corporéo-caudale du pancréas. Il est macrokystique dans 80 % des cas, ne communique pas avec le canal pancréatique. A l’imagerie, la paroi se rehausse après injection de produit de contraste. La paroi plus ou moins épaisse peut être le siège de nodules ou de végétations. Le diagnostic de certitude doit être obtenu si besoin par l’écho-endoscopie complétée par une ponction avec dosage des enzymes pancréatiques et des marqueurs tumoraux. L’étude cytologique montre la présence de cellules muco-sécrétantes et un stroma de type ovarien très évocatrice du diagnostic et permettant d’éliminer une TIPMP (tumeur intracanalaire papillaire mucineuse du pancréas).
Contrairement au cystadénome séreux, le cystadénome mucineux est une tumeur potentiellement maligne, susceptible de dégénérer en cystadénocarcinome mucineux. Il doit donc être opéré et réséqué.

→ cystadénome séreux du pancréas, tumeur intracanalaire papillaire mucineuse du pancréas

[F5,F2,L1]

cystatine C n.f.

cystatin C

Protéine basique non glycosylée de masse moléculaire 13 kDa produite par toutes les cellules.
La cystatine C est totalement ultrafiltrée au niveau des glomérules rénaux et est ensuite entièrement réabsorbée au niveau des tubules proximaux.
Sa concentration sérique parait refléter directement le débit de filtration glomérulaire (DFG) et n’est influencée ni par l’âge (chez l’enfant de plus de 1 an), ni par la masse musculaire, ni par des pathologies extra-rénales. Son dosage, par techniques immuno-néphélémétriques, a donc été proposé en remplacement de celui de la créatininémie pour la détection précoce de l’insuffisance rénale chronique et le calcul du DFG.

→ débit de filtration glomérulaire, créatininémie

[C1]

cytochrome b n.m.

cytochrome b

Cytochrome faisant partie d'une classe de cytochromes rencontrés dans les complexes II, qui contient un cytochrome bK, et III, qui contient un cytochrome bT, de la chaine respiratoire mitochondriale et dans les photosystèmes des chloroplastes.
Leur potentiel normal d’oxydoréduction est en général voisin de 0 V.
Un cytochrome de type b entre dans la composition du complexe enzymatique de la NADPH oxydase des cellules phagocytaires.
Il est constitué de deux chaines polypeptidiques, l'une de 91 kDa et l'autre de 22 kDa. L'absence ou le dysfonctionnement de l'une ou l'autre des deux chaines conduit à une maladie héréditaire : la granulomatose septique chronique.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

→ cytochrome b5, cytochrome b5-reductase, cytochrome b5 réductase (déficit en) ,granulomatose septique chronique

[C1]

cytochrome b5-réductase n.f.

cytochrome b5-reductase

Enzyme flavinique, à FAD, catalysant la réduction du cytochrome b5 en oxydant le NADH.
Cet enzyme est surtout présent dans la plupart des cellules au niveau du réticulum endoplasmique, où il fait partie du système de la NADH-diaphorase et de la 9-désaturase des acides gras, mais il est aussi impliqué dans le système enzymatique soluble des globules rouges, capable de réduire la méthémoglobine.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

→ cytochrome b

[C1]

cytochrome P450 (CYP) n.m.

cytochrome P450

Famille d’enzymes d’une grande importance en pharmacologie, chromoprotéines, localisées à la face interne du réticulum cytoplasmique, contenant une protéine spécifique et un noyau hème, avec une bande d'absorption préférentielle au voisinage de 450 nm, d’où leur nom.
Les cytochromes P450 font partie de mono-oxygénases ou hydoxylases, qui utilisent le dioxygène moléculaire pour fixer un atome d'oxygène sur le substrat en oxydant le cytochrome ferreux en cytochrome ferrique, ce dernier étant ensuite réduit par une chaine de transport d'électrons comportant à partir de NADPH une flavoprotéine à FAD et une protéine à fer non héminique. Les cytochromes P450 sont surtout présents dans les cellules hépatiques ou glandulaires.
Il existe plusieurs centaines de cytochromes P450 (CYP) différents, répartis dans trois familles (CYP1, CYP2 et CYP3) et des sous-familles (CYP1A, CYP2D...) regroupant des iso-enzymes distincts (CYP3A4, CYP2D6,...). Les différents cytochromes P450 ont des fonctions multiples. Ces hémoprotéines sont très impliquées dans la dégradation des molécules exogènes (xénobiotiques), en particulier de médicaments. Plus les cytochromes P450 sont actifs, plus les médicaments sont rapidement métabolisés. Cela supprime l'activité de médicaments directement actifs, mais peut aussi accroître leur transformation en métabolites actifs.
Le CYP1A2 préside au métabolisme de la caféine et de la théophylline, de l'imipramine et du paracétamol.
Le CYP2C9 intervient dans le métabolisme de la plupart des anti-inflammatoires non stéroïdien, des antidiabétiques oraux, des anticoagulants oraux (acénocoumarol, warfarine), de la phénytoïne et d'antihypertenseurs (losartan).
Le CYP2C19 est un enzyme majeur dans la stéroïdogenése.
Le CYP2D6 intervient dans le métabolisme de certains anti-arythmiques et antidépresseurs, des bêta-bloquants et de plusieurs neuroleptiques, transformant la codéine en morphine par déméthylation.
Sous l’influence du CYP3A4, la codéine est inactivée et transformée en norcodéine laquelle est métabolisée en morphine par le CYP2D6.
Le CYP11A1 préside à l’hydrolyse du cholestérol en prégnénolone – d’où la dénomination de CYP scc (side-chain cleavage et de cholesterol side-chain cleavage enzyme). Il exerce en outre ses effets sur le métabolisme du diazépam, de l'imipramine, du propranolol ou de l'oméprazole.
Le CYP17A1 assure l’hydroxylation de la prégnénolone en 17-hydroxyprégnénolone et de la progestérone en 17-hydroxyprogestérone, réduisant la corticostérone en cortisol.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

[C1,C3,G3]

cytodiérèse n.f.

cytokinesis, cytodieresis

Lors de la division cellulaire, répartition des éléments constitutifs du cytoplasme dans les deux cellules filles.

Syn. cytocinèse

→ caryodiérèse

[A2]

cytodystrophie rénale

familial renal cytodystrophy

Néphropathie familiale très rare, se manifestant entre 20 et 30 ans par une protéinurie et des hématuries microscopiques.
Elle évolue lentement vers l’insuffisance rénale. Les cellules épithéliales des capillaires glomérulaires et celles de nombreux tubes contournées contiennent des vacuoles claires remplies d’inclusions lipidiques très denses et lamellaires.

J. Hamburger, néphrologue français, membre de l’Académie de médecine (1964)

[M1]

cyto-endoscopie n.f.

cyto-endoscopy

Examen cellulaire intra-oculaire sous endoscopie permettant soit le prélèvement cellulaire, soit l'examen direct tissulaire in situ, en peropératoire par contact direct (histo-endoscopie de contact).
L'intérêt de cet examen porte sur l'étude des cellules intraoculaires, comme p. ex. celles de l'équateur cristallin (germinatives), ou de la couronne ciliaire sécrétante, ou encore en oncologie intraoculaire.

Syn. histo-endoscopie, endoscopie de contact

[P2,A3]

cytohormonal adj.

cytohormonal

Qualifie l'étude des cellules d'un revêtement muqueux épithélial pour en déterminer l'imprégnation hormonale.
Le prélèvement est le plus souvent réalisé au niveau du vagin, mais il peut l'être au niveau de l'urèthre, ou de la bouche.

[A2]

cytologie abrasive l.f.

balloon cytology

Méthode de diagnostic du cancer et des lésions précancéreuses du tube digestif basée sur la recherche de cellules anormales recueillies par raclage d'une lésion.
Technique employée, principalement en Asie, pour des campagnes de dépistage de masse des cancers de l'œsophage et de l'estomac. L'abrasion est réalisée par un ballon entouré de mailles abrasives, ou plus récemment par une éponge auto-expansive.

[A2,F2]

cytologie péritonéale l.f.

peritoneal cytology

Etude des cellules obtenues après centrifugation du liquide péritonéal prélevé par laparotomie, cœlioscopie ou culdocentèse, à la recherche d'éléments infectieux ou cancéreux.

[A2]

cytolytique n.m.et adj.

cytotoxic

Qui détruit les cellules.
On dit aussi cytotoxique

[A2]

cytophilie n.f.

cytophilia

Propriété de certains anticorps de se fixer à la surface de certaines cellules, en général sur des récepteurs appropriés.
De nombreux anticorps sont cytophiles pour les macrophages qui possèdent un récepteur pour le fragment Fc des IgG. Les IgE sont cytophiles pour les mastocytes et les basophiles de l'espèce à laquelle ils appartiennent.

[F3,C3]

cytoponction n.f.

fine needle aspiration

Ponction à l'aiguille fine d'une tumeur perçue à la palpation, dans le but de prélever des cellules pour une étude histologique.

[B3]

cytoprotection n.f.

cytoprotection

Prévention des lésions macroscopiques, gastriques ou intestinales, lorsque la muqueuse est mise au contact d'agents nécrosants.
Pour ce qui concerne l'estomac, la cytoprotection ne fait pas intervenir la neutralisation de l'acide chlorhydrique ni l'inhibition de la sécrétion acidopeptique.
La cytoprotection est une propriété des prostaglandines naturelles et de synthèse.
Ces substances empêchent les lésions nécrosantes provoquées par l'acide chlorhydrique 0,1 N, l'alcool absolu, la soude 0,2 N, l'eau bouillante. Le rôle des capillaires est l'élément principal de cette propriété des prostaglandines. Des lésions histologiques sont cependant constatées, elles sont plus superficielles lorsque les prostaglandines sont administrées préventivement, permettant une réparation plus rapide de l'épithélium de surface à partir de la région du collet des glandes où se trouvent les cellules germinatives de la muqueuse gastrique.

[L1,G5]

cytosquelette n.m.

cyto-skeleton

Système de réseau fait de filaments et de tubules et assurant la permanence, le maintien de la structure cellulaire.
Encore dénommé système des protéines fibreuses de la cellule, il est constitué de trois éléments principaux : microfilament, microtubule et filament intermédiaire ; ainsi que de protéines associées ou protéines de liaison, qui relient ces structures entre elles, à la membrane plasmique et à celle des organites intracellulaires. Outre son rôle de support de la membrane plasmique, des organites cellulaires et de certains systèmes enzymatiques, le cytosquelette permet les mouvements des organites intracellulaires, de la membrane plasmique et des autres constituants du cytosol ; il constitue le système locomoteur des mouvements amiboïdes et des structures mobiles spécialisées (cils et flagelles) et assure la contractilité des cellules de certains tissus spécialisés comme le tissu musculaire.

Étym. gr. kutos : cellule ; skeletos : desséché, squelette

Syn. système des protéines fibreuses de la cellule

[A2]

cytotoxique n.m.et adj.

cytotoxic agent, cytotoxic

Substance médicamenteuse capable de s’opposer à la division cellulaire et de tuer les cellules.
Les cytotoxiques manifestent pratiquement tous en commun une toxicité hématologique portant principalement sur les polynucléaires et les plaquettes. Ils exercent souvent en outre des effets alopéciants et émétisants.
On distingue plusieurs familles de ces anticancéreux : agents alkylants, antimétabolites, inhibiteurs des topo-isomérases, poisons du fuseau.
Cette action est également appliquée en agrophysique : un rayonnement ionisant à doses définies (irradiation β ou γ) permet de réduire la charge bactérienne de matériaux fragiles et d’empêcher le développement d’organes végétaux (germes de pomme de terre). 
On dit aussi cytolytique

[G3]

cytotrophoblaste n.m.

cytotrophoblast

Couche interne du trophoblaste faite de cellules mononuclées, limitée par une membrane qui recouvre les villosités choriales.
Elle est tapissée intérieurement par la membrane d’Heuser. Le cytotrophoblaste s'oppose au syncytiotrophoblaste plus superficiel et qui en dérive. A partir du quatrième mois, le revêtement cytotrophoblastique des villosités est extrêmement réduit, mais persiste jusqu'au terme de la grossesse.

→ trophoblaste, Heuser (membrane de), syncytiotrophoblaste

[A4,O6]

cytotropisme s.m.

cytotropism

État de certains germes ou virus qui ne peuvent vivre et se développer qu’à l’intérieur de cellules vivantes.
C’est le cas des virus de la rage, de l’herpès, agent du trachome, de la variole.

[D1]

débit de dose l.m.

dose rate, flow of dosis

Dose administrée par unité de temps lors d'une exposition à des radiations ionisantes ou d'une perfusion d'un médicament.
En radiothérapie, elle est égale au rapport D/t, où D est la dose délivrée de façon continue et t la durée d’administration.
Le débit de dose intervient, pour l'effet biologique, dans la compétition entre la vitesse de des lésions sublétales, proportionnelle au débit de dose, et la vitesse de leur réparation. L’effet biologique d’une dose donnée diminue lorsque le débit diminue. La réduction de l’effet est plus importante pour les complications tardives que pour la létalité des cellules tumorales (effet différentiel) ce qui confère un intérêt thérapeutique aux faibles débits de la curiethérapie classique (0,3-1,5 Gy/h). On définit le débit moyen en considérant t égal à l'étalement (espace de temps entre le début et la fin de l'irradiation) et le débit instantané en excluant les éventuelles interruptions de l'irradiation.
En radiothérapie transcutanée courante, elle est égale au rapport D/t où le débit est élevé (de l’ordre du Gy/min.) et n’intervient pas car il n’y a pas de réparation significative des lésions sublétales pendant la brève durée de la séance (quelques min.); l’effet de celle-ci ne dépend pas de sa durée.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

→ dose de radiation ionisante

décalcification osseuse l.f.

bone decalcification

Appauvrissement du squelette en calcium, qui se traduit par une augmentation de la transparence radiologique des os, par un risque de fractures et qui peut être apprécié par une densitométrie osseuse.
La décalcification est un phénomène naturel au cours du vieillissement de l'organisme, plus marqué chez la femme (surtout après la ménopause) que chez l'homme.
Une ostéose décalcifiante diffuse peut être due soit à une insuffisance de l'ostéogenèse, soit à un excès de l'ostéolyse, soit à ces deux facteurs réunis. Chaque syndrome se traduit par des signes propres et son mécanisme est différent. L’ostéoporose est la conséquence d'un défaut d'élaboration de la trame protéique de l'os avec raréfaction des travées et diminution de la quantité de calcium fixé sur l'os par manque de charpente ;
- l'ostéomalacie résulte d'un défaut de fixation du calcium sur une charpente protéique normale, soit par défaut d’apport calcique soit par déficit en vitamine D. C’est cette deuxième cause qui détermine, chez l’enfant, l’apparition du rachitisme.
- la décalcification de l'hyperparathyroïdie provient d'une activité excessive des ostéoclastes ;
- l'ostéolyse est le fait d'une destruction des travées osseuses par l'envahissement de cellules malignes, qu'il s'agisse de métastases de cancers viscéraux, de plasmocytes d'un myélome multiple ou d’une lésion locale bénigne (kyste osseux, kyste anévrysmal, angiome).

→ ostéose, ostéoporose, ostéomalacie, ostéolyse, rachitisme

décarboxylation n.f.

decarboxylation

Clivage d'un acide organique libérant un anhydride carbonique à partir d'un carboxyle.
Les décarboxylations représentent le mode essentiel de formation du gaz carbonique au cours de la respiration cellulaire et du catabolisme des composés organiques.
Certaines décarboxylations peuvent être réalisées sans enzymes, éventuellement accélérées par le chauffage : c'est le cas pour les acides b-cétoniques, comme l'acide acétylacétique ou l'acide oxalosuccinique. Mais elles sont très généralement catalysées par des enzymes, les décarboxylases. Certaines sont associées à une oxydation : c'est le cas des décarboxylations oxydatives des acides a-cétoniques dans les cellules animales.

déciduome bénin l.m.

benign deciduoma

Tumeur utérine bénigne formée de cellules déciduales provenant d'une rétention de fragments placentaires.

Étym. lat. deciduus, qui tombe

déciduose du col utérin l.f.

cervical deciduomatosis

Amas de cellules déciduales, analogues à celles de la caduque, mais sans structure glandulaire, retrouvées en dehors de l'endomètre au niveau du col utérin.
Il s'agit d'une lésion bénigne liée à l'état gravidique, qui se présente comme une ulcération, associant une prolifération du tissu conjonctif cervical et une métaplasie déciduale.

Étym. lat. deciduus, qui tombe

décompression (accident de plongée par) l.m.

decompression accident in diving

La décompression correspond à la baisse de pression rapide à l’origine de barotraumatismes : rupture des parois des cavités closes de l'organisme par dilatation des gaz contenus dans la cavité (à glotte fermée, les poumons se comportent comme une cavité close) selon la loi de Boyle-Mariotte, qui montre que le volume d’un gaz augmente quand la pression diminue.
Il y a simultanément libération des gaz dissous dans le sang et dans les tissus (azote principalement), surtout lors d'une remontée trop rapide et sans paliers de désaturation. On parle alors d’accidents de désaturation (loi de Henry).
Après un séjour plus ou moins prolongé sous l'eau, la remontée rapide à l'air libre entraîne des accidents immédiats par dilatation de l'air dans les poumons (au niveau de la mer un volume gazeux double entre dix mètres de profondeur et l'arrivée à l'air libre, à 5000 mètres d'altitude (ex. lac de montagne), le volume double pour cinq mètres seulement).
Au niveau de la mer, à partir d'une remontée de neuf mètres déjà, il se forme des bulles d'azote dans les tissus et dans le sang. Ces petites bulles s'entourent d'une couche lipidoprotéique sur laquelle se fixent des plaquettes, puis des leucocytes qui activent le facteur XII de la coagulation. Cela peut être à l'origine d'une coagulation intraveineuse disséminée si on ne réduit pas rapidement les bulles par recompression. De toute façon, ces bulles forment des corps étrangers qui augmentent la viscosité du sang et sont à l'origine de micro-embolies capillaires. Elles se déplacent dans les vaisseaux avec violence et frappent les parois en les agressant, d’où un appel de plaquettes in situ. Si elles sont nombreuses elles ralentissent l'élimination des gaz par les voies aériennes et entraînent une stase pulmonaire et cérébrale. Au niveau pulmonaire, cette stase surcharge le cœur droit et peut causer un œdème pulmonaire. Elle se traduit cliniquement par une douleur thoracique, une dyspnée et des signes de choc. Au niveau du système nerveux elle se manifeste par des signes plus ou moins graves : parésie, hémiplégie, coma au niveau central et monoplégie ou paraplégie au niveau de la moelle, surtout pour la moelle lombaire qui est moins bien vascularisée, avec un lacis veineux très important, pouvant se thromboser en masse.
La poursuite du phénomène entraîne une coagulopathie généralisée, à l’origine de thromboses massives par agrégats de multiples cellules sanguines, et on parle alors de la maladie de désaturation, peu sensible au passage en caisson et de très mauvais pronostic. Des accidents tardifs peuvent s'observer ensuite car les tissus à faible irrigation peuvent être lésés par le dégagement d'azote, notamment au niveau des cartilages articulaires (signe des douleurs aux genoux et aux coudes - "bends" - après la plongée).
La prévention de tels d'accidents se fait par le respect de règles de sécurité précises tenant compte du temps de plongée et de la vitesse de remontée. Des tables de plongée instituant des paliers de décompression à la remontée permettent une bonne évacuation des gaz dissous et évitent les accidents. Ces tables sont établies à partir du niveau de la mer, mais pour les plongées dans les lacs de montagne il faut être plus sévère car la pression atmosphérique diminuant, le diamètre des bulles augmente. Pour les plongées profondes l'emploi de mélanges d'hélium et même d'hydrogène après une dénitrogénation préalable sont indispensables. L’utilisation d’ordinateurs de plongée de plus en plus perfectionnés est utile.
Les accidents immédiats de décompression se voient plus facilement chez les amateurs, mais peuvent survenir chez tout plongeur : prurit cutané («les puces») avec urticaire localisée (« moutons »), douleurs ostéomusculaires des grosses articulations ("bends") ; décompression a minima ou explosive (forme pulmonaire avec rupture des poumons, accidents cérébraux, médullaires, de l'oreille moyenne, troubles cardiaques). Des accidents tardifs d'ostéonécrose par répétition de micro-embolies gazeuses (maladie des caissons, classée comme maladie professionnelle) se voyaient chez certains plongeurs professionnels, mais sont devenues exceptionnelles. Le tableau 29 des maladies professionnelles en permet l’indemnisation.
En urgence, tout signe neurologique central ou périphérique doit être recherché. Le traitement d'urgence est basé sur la recompression en caisson, allant de 6 ATA à 2 ATA (des caissons de transport individuel sont utilisés en premier secours) pour réduire et si possible supprimer les bulles, l'inhalation d'oxygène évite l'entrée d'azote et abaisse l'importance de la recompression, mais celle-ci peut durer 8 h selon les tables thérapeutiques. Les soins de réanimation d'urgence seront administrés selon la clinique. Si l'on ne dispose pas de caisson l'oxygénothérapie a déjà une certaine efficacité. S'il n'y a pas de troubles graves, un retour en plongée pour effectuer correctement les paliers de décompression est une solution de fortune chez un plongeur bien conscient.

→ barotraumatisme, bends, hélium, oxygénothérapie hyperbare

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