Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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ectasie sclérale postérieure l.f.

posterior scleral ectasia

Ectasie du pôle postérieur de la sclère qui peut être observée dans le "morning glory syndrome "( papille en fleur de liseron), dans certaines myopies congénitales ou spontanément.

Étym. gr. ektasis : dilatation

→ morning glory syndrome,  papille en fleur de liseron

[P2]

Édit. 2019

ectasie vasculaire conjonctivale l.f.

vascular abnormality in systemic disease

Altération vasculaire avec dilatation des vaisseaux conjonctivaux dans l'ataxie-télangiectasie ou syndrome de Louis-Bar.

Denise Louis-Bar, neuropathologiste belge (1941)

Étym. gr. ektasis : dilatation

→ ataxie télangiectasique

[P2]

Édit. 2019

ectodermique-fente labiopalatine-déformation des mains et des pieds avec retard mental (dysplasie) l.f.

ectodermal dysplasia, cleft lip and palate, hand and foot deformity, and mental retardation

Dans ce syndrome associant anhidrose, fente labiopalatine, syndactylie des doigts et des orteils avec retard mental sévère, la fente labiale est latérale.
Il existe un retard pubertaire et un hypogonadisme, une hypotrichie, ou atrichie, et les cheveux sont clairsemés. Les ongles sont épais et dysplasiques (mains et pieds). Anodontie et anomalies de l'émail dentaire sont à rechercher. Il peut exister un ankyloblépharon et une cryptophtalmie.
L’affection est autosomique récessive (MIM 225000).

D. Rosselli et R. Gulienetti, médecins italiens (1961) ; J. Zlotogora, médecin généticien israélien, G. Oğur, pédiatre turc (1988)

Étym. gr. ektos: au dehors ; derma : peau

Syn. Rosselli-Gulienetti (syndrome de), Zlotogora-Oğur (syndrome de)

→ anhidrose, ankyloblépharon filiforme et fente palatine, syndactylie, atrichie, ankyloblépharon, cryptophtalmie, anodontie

[Q2]

Édit. 2018

ectodermose érosive pluriorificielle de Fiessinger-Rendu l.f.

ectodermosis erosiva pluriorificialis

Forme sévère d'érythème polymorphe bulleux dont l'appellation a été abandonnée au profit de celle de syndrome de Stevens-Johnson.

E. Fuchs, ophtalmologiste autrichien (1876) ; R. Rendu, médecin français, membre de l’Académie de Médecine (1916) et N. Fiessinger (1917) médecin interniste français, membre de l'Académie de médecine ; A. M. Stevens et F. C. Johnson, pédiatres américains (1922) ; E. Baader, médecin interniste allemand (1925)

Étym. gr. ektos: au dehors ; derma : peau

Syn. syndrome de Stevens-Johnson, dermatostomatitis de Baader (1925) (obsolète)

→ érythème polymorphe, Stevens-Johnson (syndrome de)

[J1]

Édit. 2018

ectopie du cristallin l.f.

ectopia lentis

Malformation congénitale à transmission autosomique dominante, conséquence du développement de la vésicule cristallinienne en dehors de son siège normal : la pupille apparaît divisée en deux parties par l'équateur du cristallin avec présence d'un iridodonésis et augmentation de profondeur de la chambre antérieure de l'œil.
Elle peut aussi s'observer :
-dans la maladie d'Ehlers-Danlos, affection génétique autosomique, dominante ou récessive, avec hyperlaxité ligamentaire, signes cadiovasculaires (anévrisme disséquant), ectopie (dans la forme VII B) ; dans le syndrome de Weill-Marchesani (brachymorphie, nanisme, microphakie, ectopie) ;
-dans la maladie de Marfan (affection autosomique dominante avec arachnodactylie, manifestations cardiovasculaires, ectopie supérieure, myopie forte, sphérophakie, colobome, cataracte évolutive)
- dans l'homocystinurie (aminoacidopathie avec accumulation de méthionine dans le sang et les urines, affection rare avec cheveux blonds, fins, pommettes rouges, peau cyanosée, marbrée, modifications squelettiques, retard mental parfois sévère, accidents thromboemboliques pathognomoniques, ectopie du cristallin nasale inférieure, qui apparaît vers l'âge de sept ans).
Son traitement est chirurgical, certains auteurs le voulant précoce.

H. Danlos, dermatologiste français (1908) ; E. Ehlers, dermatologiste danois, membre de l'Académie de médecine (1908) ; G. Weill, ophtalmologiste français (1932) ; O. Marchesani, ophtalmologiste allemand (1939) ; A. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de Médecine (1896)

Étym. gr. ek : hors ; topos : lieu

→ iridodonésis, Ehlers-Danlos (syndrome d'), Weill-Marchesani (syndrome de), Marfan (maladie de), homocystinurie

[P2, Q2]

Édit. 2019

ectopie isolée et congénitale du cristallin récessive l.f.

ectopia lentis isolated recessive

Subluxation évolutive du cristallin, le plus souvent vers le haut, conjonctivale.
Ces formes autosomiques récessives sont très rares (MIM 225100).
Éliminer les autres syndromes récessifs tels que le syndrome de Weill-Marchesani et l'homocystinurie. L’affection est autosomique récessive (MIM 225100).

V. A. McKusick, généticien américain, membre de l'Académie de médecine (1955) ; G. Weill, ophtalmologiste français(1932) ; O. Marchesani, ophtalmologiste allemand (1939)

Étym. gr. ek : hors ; topos : lieu

→ Weill-Marchesani (syndrome de), homocystinurie

[P2, Q2]

Édit. 2019

ectopie pupillaire l.f.

ectopia pupillae

Déplacement le plus souvent bilatéral et symétrique de la pupille, en région supérieure ou inférieure, qui apparaît ovalisée.
On décrit un autre syndrome s'il y a association à une ectopie cristallinienne en direction opposée. La forme isolée pupillaire est souvent mise en doute. L’affection est autosomique dominante (MIM 129750)

Étym. gr. ek : hors ; topos : lieu

Syn. correctopie

[P2, Q2]

Édit. 2019

ehrlichiose équine monocytique l.f.

Potomac horse fever

Maladie infectieuse aiguë du Cheval due à Neorickettsia risticii, répandue aux Etats-Unis, au Canada et en Europe.
La bactérie envahit les monocytes, les macrophages ainsi que les cellules épithéliales intestinales. Il en résulte un syndrome d'entérocolite aiguë avec fièvre, diarrhée. Chez les juments gestantes, l'avortement est habituel. Le diagnostic est établi par détection par Polymerase Chain Reaction de N. risticii dans les selles et dans le sang. L'antibiothérapie par les cyclines est rapidement efficace. Un vaccin est disponible. La contamination pourrait intervenir à la suite de l'ingestion accidentelle d'insectes aquatiques parasités par des métacercaires de Trématodes eux-mêmes infectés par N. risticii.

→ Neorickettsia risticii, néorickettsiose, cyclines

[D1, D2, D5]

Édit. 2019

ehrlichiose monocytique humaine l.f.

human monocytic ehrlichiosis

Maladie humaine répandue en Amérique du Nord, due à la bactérie Ehrlichia  chaffeensis, présente dans les monocytes et les macrophages.
Le tableau clinique de cette maladie associe fièvre, anorexie, céphalées, frissons, myalgies et arthralgies, nausées,  vomissements et douleurs abdominales. Un syndrome méningé est assez fréquent, de même qu'une atteinte pulmonaire. Des complications ont été rapportées : rhabdomyolyse, insuffisance rénale, myocardite. Biologiquement, on constate une thrombopénie, une leucopénie et une augmentation des transaminases. Le diagnostic biologique repose sur l'isolement du germe sur culture de cellules ou surtout sur l'immunofluorescence indirecte et la polymerase chain reaction. Le traitement fait surtout appel à la doxycycline. La maladie est connue des Etats-Unis (principalement dans le sud-est) où elle constitue une endémie rurale verno-estivale avec parfois de petites poussées épidémiques. Le vecteur majeur est la tique Amblyomma americanum. Des traces sérologiques sont aussi retrouvées chez l'Homme en Amérique du sud.

Syn. ehrlichiose humaine américaine, ehrlichiose monocytaire humaine

→ Ehrlichia chaffeensis, rhabdomyolyse, myocardites, doxycycline, polymerase chain reaction

[D1, D2]

Édit. 2019

éidolie hallucinosique l.f.

eidolie hallucinosique

Terme proposé par H. Ey pour compléter celui d'hallucinose et éviter ainsi une confusion avec l'hallucinose au sens de la psychiatrie germanique (hallucinose des buveurs de C. Wernicke), repris par E. Dupré, à savoir un délire très hallucinatoire.
Ainsi se confirmerait et se préciserait la dichotomie classique entre les éidolies hallucinosiques, relevant de dissolutions partielles, surtout d'ordre neurologique, avec sensorialité et xénopathie mais sans croyance, et les hallucinations psychotiques, relevant de dissolutions globales d'ordre psychiatrique, avec méconnaissance de leur caractère pathologique.
Cette dichotomie tranchée, également retenue par J. Lacan, rappelle l'opposition classique entre folie et pathologie autre. Or la clinique peut montrer p. ex. que bien des schizophrènes se présentent au début comme des halllucinosiques classiques, évoquant une origine notamment tumorale, et parfois inversement.
Plus généralement, la signification d'un syndrome hallucinatoire est différente "quand il s'agit du début des troubles chez un patient qui en est le premier surpris, ou d'un habitus hallucinatoire installé depuis longtemps" (G. Lantéri-Laura).

H. Ey, psychiatre français (1900-1977)

→ hallucinose, hallucinose des buveurs, schizophrènie, xénopathie

[H3]

Édit. 2019

Ekbom (syndrome d') l.m.

Ekbom syndrome

1) Maladie des jambes sans repos.
2) Syndrome au cours duquel les patients sont convaincus d’être infestés par des parasites, sans argument objectif.
C’est un des syndromes délirants non schizophréniques qui touche préférentiellement les sujets adultes ou âgés. Les patients décrivent des picotements cutanés, des sensations de grouillement. Il existe parfois des lésions de grattage. Il n’y a pas d’autre élément délirant. 

1) T. Willis, anatomiste britannique (1672), K. A. Ekbom, neurologue suédois (1938 pour la maladie n°1)  et (1945 pour l'affectio n°2)
2) K. A. Ekbom, neurologue suédois (1938)

Syn. maladie de Willis-Ekbom (2)

→ maladie des jambes sans repos

[H1, H3]

Édit. 2019

Miescher (élastome intrapapillaire perforant verruciforme serpigineux de) l.m.

elastoma intrapapillare perforans verruciformis, Miescher’s elastoma, elastosis perforans serpiginosa

Dermatose apparaissant le plus souvent à l'adolescence, faite de papules ou de petits nodules qui se disposent souvent en lignes serpigineuses ou en cercles, situés le plus souvent sur le cou, la nuque ou le visage et dont l'aspect histologique est caractérisé par des masses épidermiques cornées invaginées contenant des fibres élastiques altérées et entrant parfois en contact avec le derme.
Cette dermatose s'observe souvent en association avec une anomalie génétique du tissu conjonctif : syndrome de Marfan, ostéogénèse imparfaite.

W. Lutz, dermatologiste suisse (1953) ; A. G. Miescher, dermatologiste suisse (1955)

Syn. kératose folliculaire serpigineuse de Lutz (1953), maladie de Lutz-Miescher

→ élastome, Marfan (maladie de), ostéogénèse imparfaite

[A3, J1, Q2]

Édit. 2019

élastopathie n.f.

elastic fiber disease, elastic tissue disease

Affection caractérisée par une déficience quantitative et qualitative du tissu conjonctif élastique, concernant plus ou moins électivement les fibres élastiques et réalisant des tableaux anatomopathologiques divers selon que prédomine l’atteinte cutanée ou vasculaire.
Les principales maladies de ce type sont le syndrome de Marfan, l'élastorrhexie ou pseudoxanthome élastique, la cutis laxa ou chalazodermie et les syndromes d'Ehlers Danlos.
Les formes congénitales sont aussi appelées dystrophies ou dysplasies élastiques.

A. B. Marfan, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1896) ; E. Ehlers, dermatologue danois, membre de l’Académie de médecine (1901) ; H. Danlos, dermatologue français (1906)

→ Marfan (maladie de), élastorrhexie, cutis laxa, Ehlers Danlos (syndrome d')

[J1, K2, N3, Q2]

Édit. 2019

élément alphabétique ophtalmique l.m.

alphabetical pattern

Incomitance horizontale dans le regard vertical : on décrit les éléments en V, en A, en X, en Y, en λ.
L'élément alphabétique fait partie du syndrome vertical.
- élément en V :
V ésotropie : la déviation diminue dans le regard en haut et augmente dans le regard en bas,

 V. exotropie : la déviation augmente dans le regard en haut, diminue dans le regard en bas;
- élément en A : A ésotropie et A exotropie : la variation de la déviation est l'inverse de précédemment;
- élément en X sans déviation ou avec déviation minime en position primaire;
- élément en Y ou en λ sans déviation en position primaire et divergence dans le regard en haut et en bas.

Syn. syndrome alphabétique

→ incomitance, syndrome vertical

[P2]

Édit. 2019

El-Sahy-Waters (syndrome de) l.m.

El-Sahy Water syndrome

Syndrome associant un retard mental, une dysmorphie faciale, une fusion des vertèbres cervicales et un hypospadias.
Le retard mental peut être accompagné d'épilepsie. Au niveau de la face il existe une hypoplasie maxillaire, un prognathisme mandibulaire, des kystes dentaires, un élargissement de l'arête du nez, une luette bifide et une fente palatine partielle. On trouve par ailleurs une fusion des 2ème et 3ème vertèbres cervicales, un pectus excavatum, et un hypospadias. On peut observer un hypertélorisme, un ptosis, un strabisme divergent et un nystagmus. L’affection est autosomique récessive (MIM 211380).

N. I. El-Sahy et W. R. Waters, chirurgiens plasticiens américains (1971)

Syn. syndrome brachiosquelettogénital, syndrome BSG

→ épilepsie, pectus excavatum, hypospadias, nystagmus, hypertélorisme

[ H1,H3,I2, P2, P3, Q2]

Édit. 2019

embryotoxon n.m.

embryotoxon

Épaississement de la ligne de Schwalbe qui apparaît très antérieure et de ce fait devient visible au biomicroscope en rétro-illumination.
Il s'agit d'une anomalie à hérédité autosomique dominante, présente dans 10 % de la population. Elle est habituellement isolée, ou fait partie du tableau clinique du syndrome d'Alagille. L'embryotoxon peut se compliquer d'une hypertonie oculaire.

G. A. Schwalbe, anatomiste et anthropologiste allemand (1844-1906) ; D. Alagille, pédiatre français (1975)

Étym. gr. embryon ; toxon : arc

→ Schwalbe (anneau), Alagille (syndrome d')

[P2, Q2]

Édit. 2019

embryotoxon postérieur l.m.

posterior embryotoxon

Anneau blanc rétrocornéen parallèle au limbe plus ou moins complet qui correspond à un épaississement de la ligne de Schwalbe.
Lorsqu'un glaucome avéré accompagne cette anomalie, le syndrome d'Axenfeld est réalisé.

G. A. Schwalbe, anatomiste et anthropologiste allemand (1844-1906) ; K. T. Axenfeld, ophtalmologiste allemand (1920)

Étym. gr. embryon ; toxon : arc

Syn. embryotoxon corneae posterius

→ embryotoxon, Schwalbe (anneau), Alagille (syndrome d'), Axenfeld (syndrome d')

[P2, Q2]

Édit. 2019

empan de mémoire l.m.

memory span

Capacité d’enregistrement et de restitution sans délai dans la mémoire à court terme, dite aussi immédiate ou primaire, des informations qui viennent d’être perçues.
Sa mesure est effectuée en clinique par la répétition d’une série de chiffres de 0 à 9 ; l’empan de mémoire est normalement de 7 + ou – 2. Cette capacité est faible, proche, en fait, de l’empan perceptif ou d’attention. Elle peut être normale même en cas d’amnésie ; elle est conservée p. par exemple dans le syndrome de Korsakoff.
La distinction clinique avec la mémoire à long terme a une correspondance en informatique :
- d'une part mémoire-tampon ou même pile (au sens de stack : tas, monceau), dites toutes deux vives (au sens de volatiles), temporaires et de faible capacité ;
- d'autre part mémoire d'archivage, d'importante capacité qui suppose d'emblée une certaine structuration des données.

→ amnésie, syndrome de Korsakoff

[H1, H3]

Édit. 2019

emphysème bulleux malformatif l.m.

congenital cystic malformation of the lung

Malformation caractérisée par le développement de formations bulleuses au sein du parenchyme pulmonaire par suite d'anomalies des petites bronches.
Ces bulles peuvent être localisées ou parfois disséminées dans plusieurs segments ou lobes.
L’emphysème bulleux malformatif doit être distinguée d'une malformation kystique adénomatoïde, dysplasie intrapulmonaire diffuse, de pronostic plus réservé, et du kyste bronchogénique, malformation kystique isolée dont l'unique traitement est l'exérèse chirurgicale. Il ne faut pas confondre ce syndrome avec une hernie diaphragmatique, gauche en particulier.

Étym. gr. emphusêma : gonflement, emphysème, déverbal d'emphusaô : souffler dedans

→ emphysème pulmonaire, emphysème, détresse respiratoire, emphysème lobaire géant, hernie diaphragmatique, malformation kystique adénomatoïde, kyste bronchogénique

[K1, Q2]

Édit. 20189

encéphalite de Rasmussen l.f.

Rasmussen encephalitis

Encéphalite touchant essentiellement des enfants, qui est considérée comme un syndrome épileptique autonome caractérisé par des crises partielles évoluant vers une épilepsie partielle continue.
Elle comporte également un affaiblissement cognitif lié en général à une atrophie hémisphérique globale. Une hémiplégie est possible. L'imagerie peut faire discuter un processus expansif. Une origine virale semble très probable. Du matériel génomique de cytomégalovirus a été observé dans des pièces de résection cérébrale.
Un traitement par ganciclovir semble indiqué, mais l'épilepsie y est presque constamment pharmacorésistante et son traitement n'est bien souvent que chirurgical.

Th. Rasmussen, neurochirurgien canadien (1958)

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

→ crise épileptique partielle, cytomégalovirus

[D1, H1]

Édit. 2019

encéphalite limbique l.f.

limbic encephalitis

Atteinte paranéoplasique de l'hippocampe et des noyaux amygdaliens, liée le plus souvent à un cancer bronchique anaplasique à petites cellules.
Se succèdent un syndrome anxiodépressif puis une amnésie massive (antérograde avec atteinte de la mémoire à court terme et rétrograde), sans autre trouble cognitif. Une épilepsie s'y associe. L'électroencéphalogramme est tôt altéré et le liquide cérébrospinal (LCS) souvent inflammatoire. Des anticorps anti-Hu sont fréquemment mis en évidence dans le sang et le LCS.
Révélant le plus souvent le cancer, cette symptomatologie est létale d'un seul tenant, d'autant que les rémissions par un traitement antitumoral restent exceptionnelles.

J. A. N. Corsellis, neuropathologiste britannique (1968)

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

→ syndrome paranéoplasique, cancer anaplasique

[H1, F2]

Édit. 2019

encéphalopathie n.f.

encephalopathy

Ensemble des troubles nerveux liés à des altérations anatomiques diffuses, secondaires à des désordres variés d'origine cardiovasculaire, respiratoire, métabolique, toxique ou génétique, sans prédominance de l’inflammation.
Les encéphalopathies se différencient des encéphalites par l’absence d’inflammation et par leurs causes qui ne sont ni bactériennes ni virales.
On distingue les encéphalopathies :
- anoxiques secondaires à une hypoxie exogène, à une insuffisance respiratoire aigüe (pneumopathies) ou chronique, à une insuffisance cardiocirculatoire (arrêt cardiaque…) ou a certaines intoxications (oxyde de carbone) ;
- métaboliques consécutives, en général, à une altération du milieu intérieur par hyper- ou hyponatrémie, par acidocétose, atteinte hépatique... ;
- toxiques de causes diverses : alcool, bismuth, bromure de méthyle, plomb (sels de), cuivre (sels de)… ;
- carentielles diverses, en protéines (kwashiorkor), en vitamines (pellagre endogène ou exogène, béribéri...) ;
- congénitales (séquelle d'une rubéole ou d'une toxoplasmose de la mère au cours de la grossesse, d'une incompatibilité fœtomaternelle...) ;
- héréditaires, qui surviennent à différents âges (syndrome de Reye du nourrisson, chorée de Huntington) ;
- par apoptose (p. ex. maladie d'Alzheimer).
Le pronostic dépend de la cause, de la précocité et de l'efficacité du traitement.

[H1]

Édit. 2019

Binswanger (encéphalopathie de) l.f.

Binswanger encephalopathy

Démence progressive secondaire à une démyélinisation d'origine ischémique de la substance blanche sous-corticale.
L'hypertension est le principal facteur de risque. Des signes neurologiques focaux sont quasi constants : déficits moteurs, troubles de la marche, dysarthrie, incontinence, syndrome pseudobulbaire, rigidité ou ataxie des membres. L'IRM cérébrale montre une hyperdensité diffuse et des hypersignaux en T2 de la substance blanche. L'évolution progressive peut être émaillée d'aggravations brutales évoquant des accidents vasculaires cérébraux. Il n’y a pas de traitement.

O. Binswanger, neuropsychiatre suisse (1894)

→ hypertension artérielle, accident vasculaire cérébral

[H1, K4]

Édit. 2019

encéphalopathie familiale progressive avec calcification des noyaux gris centraux et lymphocytose chronique du liquide cérébro spinal l.m.

Aicardi-Goutières syndrome

Encéphalopathie précoce avec calcifications des noyaux gris centraux, atrophie cérébrale et leucodystrophie.
Le syndrome débute dès les premiers mois de la vie avec arrêt du développement et microcéphalie. Progressivement apparaissent une hypotonie, des signes pyramidaux et extra-pyramidaux, des convulsions et souvent des lésions cutanées des extrémités à type d’engelures. Il existe des mouvements oculaires anormaux avec une cécité et la conservation des réflexes pupillaires à la lumière. L’évolution se fait en quelques années vers un état grabataire avec une mortalité importante.
Le diagnostic repose sur la clinique, l’IRM ( calcifications des noyaux gris centraux et parfois du cervelet, leucodystrophie, atrophie cérébrale) et la biologie (augmentation des leucocytes et de la concentration d’interféron alpha dans le liquide cérébrospinal).
L’affection est autosomique récessive (MIM 225750). Des mutation dans les gènes TREX1, SAMHD1, ADAR1, IFIH1 ou sur l'un de ceux codant pour la ribonucléase H2 ont été décrites.

J. F. Aicardi et F. Goutières, neurologues français (1984)

Syn. Aicardi-Goutières (syndrome d')

[H1, Q2]

Édit. 2019

encéphalopathie hypertensive l.f.

hypertensive encephalopathy

Encéphalopathie induite par une hypertension artérielle sévère de survenue brutale.
Elle se traduit par des céphalées violentes, des vomissements, des crises d'épilepsie, des signes focalisés essentiellement visuels, une altération de la vigilance, des signes dysautonomiques (bradycardie et modifications du rythme respiratoire), auxquels s’associent une rétinopathie (spasme ou rétrécissement des artérioles rétiniennes, œdème papillaire, puis hémorragies focales et exsudats), une altération de la fonction rénale, parfois une anémie hémolytique microangiopathique.
Le diagnostic se fait sur les signes neurologiques, oculaires, les signes d'insuffisance ventriculaire gauche, d'insuffisance rénale aigüe avec oligurie, d'anémie par hémolyse et les signes digestifs avec soif ; ainsi que sur l’examen du fond d’œil.
L’IRM cérébrale met en évidence des hypersignaux en T2 et FLAIR, habituellement bilatéraux, symétriques ou non, traduisant une leuco-encéphalopathie affectant préférentiellement les régions pariéto-occipitales, parfois plus étendues dans les formes plus sévères. Il existe aussi des signes d’œdème vasogénique sur l’IRM de diffusio et parfois de petits foyers hémorragiques en T2*.
La physiopathologie de ce syndrome semble être l'association d'un vasospasme et d'une rupture de la barrière hématoencéphalique. Le traitement repose sur un abaissement progressif de l'hypertension artérielle.

→ hypertension artérielle, anémie hémolytique microangiopathique, engagement cérébral, œdème cérébral, hypertension intracrânienne, accident vasculaire cérébral, insuffisance ventriculaire gauche, insuffisance rénale aigüe

[H1, K4]

Édit. 2019

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