Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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colonne d'orientation l.f.

orientation column

Dans l'aire V1, les cellules de même orientation préférée sont empilées de la surface du cortex à la profondeur constituant une colonne d'orientation, interrompue au niveau de la couche IVc qui reçoit la plupart des afférences du corps géniculé latéral dont les champs récepteurs circulaires concentriques ne sont pas orientés.
D'une colonne à la suivante, l'orientation préférée évolue progressivement de sorte qu'on retrouve une colonne de même orientation que la première tous les 2 mm environ à la surface du cortex. Cet ensemble s'appelle une hypercolonne qui contient une paire de colonnes de dominance oculaire imbriquée dans une série complète de colonnes d'orientation et les lobules de cytochrome oxydase. L'hypercolonne constitue le module du traitement de l'information d'ocularité, d'orientation, de couleur et de mouvement.

[A1,H5]

comblement alvéolaire (syndrome de) l.m.

alveolar filling

Ensemble des signes radiologiques indiquant une atteinte des espaces aériens distaux au cœur du lobule pulmonaire secondaire.
Les lumières alvéolaires sont comblées selon les cas par du liquide, des cellules ou une substance amorphe, en remplacement de l’air qui est résorbé.
Bien que la pneumonie soit la première étiologie à évoquer devant un syndrome alvéolaire, une origine maligne reste possible d’où l’intérêt de pousser les investigations diagnostiques.

→ syndrome alvéolaire

[B2,K1]

Édit. 2020

compartiment biologique l.m.

biologic compartment

Ensemble d'entités biologiques identiques, atomes, molécules, cellules, engagées dans le même processus physiologique, dont la localisation anatomique est éventuellement précisée.
P. ex. compartiment iodure thyroïdien ou vasculaire, compartiment des granulocytes sanguins ou médullaires.

[C1]

complément n.m.

complement

Ensemble de protéines sériques et membranaires impliquées dans l'inflammation, l'activation des cellules lymphocytaires, la lyse de membranes cellulaires, la dissociation et l’épuration de complexes antigène-anticorps et la régulation de la réponse immunitaire spécifique.
Les protéines solubles du complément existent à l’état inactif dans le plasma normal. Elles peuvent être activées par trois voies : la voie classique (C1q), la voie des lectines et la voie alterne. L’activation est caractérisée par la formation temporaire d’agrégats moléculaires qui permettent l’expression d’activités enzymatiques conduisant à la protéolyse de proenzymes qui acquièrent ainsi leur activité.

→ déficit en complément, système du complément, fixation du complément (réaction de)

[F3]

Édit. 2018

complétion n.f.

completion

Phénomène par lequel le sujet perçoit une image de façon complète même si une partie de celle-ci se projette sur un scotome.
Chez le sujet normal, la complétion est toujours observée pour la partie de l'image correspondant au scotome physiologique (point ou tache aveugle) constitué par la papille. Ce phénomène est mis en évidence en vision monoculaire en fixant un point et en recherchant la zone de disparition d'un deuxième point, situé sur l'horizontale passant par le point de fixation à environ 14° d'excentricité. Chez le sujet pathologique porteur de scotomes dans d'autres régions du champ visuel, on peut observer un phénomène de complétion qui explique que ces sujets ne s'aperçoivent pas forcément de leur déficit. Dans les cas de plus larges scotomes, il n'est pas rare d'observer que le déficit fonctionnel est plus réduit que ne le laisserait supposer l'étendue de la lésion rétinienne, ce qui n'est pas le cas des scotomes d'origine corticale. Les hypothèses les mieux admises invoquent l'extension des champs récepteurs des cellules corticales entourant la représentation corticale du scotome qui s'ajoute au phénomène physiologique observé dans le cas du scotome physiologique correspondant à la papille.

[P2,C2]

complexe de jonction l.m.

junctional complex

Système assurant la cohésion des cellules épithéliales et obstruant l’espace intercellulaire.
On décrit ainsi des systèmes élémentaires du bord libre vers la profondeur : zonula occludens, zonula adherens, macula adherens.

[A2]

composant sécrétoire l.m.

secretory component

Polypeptide produit par clivage protéolytique du récepteur d’immunoglobulines polymériques de certaines cellules épithéliales, permettant le transport intracellulaire d’IgA sécrétoires et les protégeant de la digestion dans le tractus digestif.

Syn. pièce sécrétoire

[C1]

concentré plaquettaire l.m.

platelet unit

Ensemble des plaquettes obtenu par leur séparation, soit du sang total obtenu par un don du sang, soit après un prélèvement sélectif grâce à un séparateur de cellules.
Le contenu en plaquettes et le mode d'obtention définissent le concentré plaquettaire standard à partir d'un don traditionnel, ou le concentré unitaire de plaquettes obtenu par aphérèse.

[F1]

conduit sudorifère l.m.

sweat duct

Portion excrétrice de la glande sudorale située verticalement dans le derme entre, en profondeur, le peloton sudoral sécréteur et, en surface, le pore sudoral.
Ce tube glandulaire, à lumière étroite, est composé d'une double rangée de cellules bordées en dedans par une cuticule PAS +. Il devient hélicoïdal lors de sa traversée de l'épiderme et prend alors le nom d'acrosyringium.

Syn. conduit excrétosudoral, canal sudorifère, canal sudoral

[A1]

Édit. 2015

cône n.m.

cone

Neurone situé dans le feuillet interne de la rétine dont l'extrémité photoréceptrice est de forme cônique.
Les cônes avec les bâtonnets constituent l'élément récepteur de la rétine. Les cônes dont il existe trois catégories en fonction de leur photopigment permettent la réception de la couleur. On parle par mesure simplificatrice de cônes rouges (L cones), verts (M cones) et bleus (S cones).
Au nombre de 5 millions par œil, ils sont surtout concentrés dans la région maculaire où ils constituent l'intégralité des cellules photoréceptrices. Leur extrême densité dans la fovéola (2 500 cônes dans un diamètre de 0,3 mm) diminue dans le fond de la dépression fovéale (6 000 cônes dans un diamètre de 0,6 mm). La fovéa entière contient 50 000 cônes pour un diamètre de 1,5 à 2 mm. La densité diminue ensuite vers la périphérie mais demeure à peu près constante jusque vers la limite de la rétine (ora serrata) marquée par une bande constituée seulement de cônes. Du fait de leur concentration fovéale où leurs champs récepteurs sont très ténus, les cônes assurent la vision des détails fins. La diminution progressive de leur concentration dans la périphérie correspond étroitement à la limitation de l'acuité. La fréquence d'échantillonnage qui dépend de la distance entre deux cônes adjacents (constante de Nyquist) permet de définir la résolution spatiale (acuité).
Les cônes sont actifs en même temps que les bâtonnets pour des niveaux de luminance compris entre 10-2 et 10 cd.m-2 (vision mésopique), correspondant à une pièce mal éclairée. Ils sont seuls actifs aux niveaux de luminance plus élevés (vision photopique).
Trois types de cônes assurent la sensibilité chromatique dite trichromatique. Les cônes L ont un pic d'absorption à 565 nanomètres, les cônes M à 535 nm, et les cônes S à 430 nm. Ils sont parfois appelés improprement cônes Rouges, Verts et Bleus respectivement. Les cônes S sont rares, 100 fois moins nombreux que les L et M. Ils ne participent pas à la perception des contrastes lumineux mais seulement à celle des couleurs.
Les anomalies des cônes L, M et S portent respectivement les noms de Protan, Deutan et Tritan. Le suffixe an pour anomalie ou anopie (protanomalie, protanopie) indique qu'il s'agit d'un trichromatisme anormal ou d'un dichromatisme.

→ vision mésopique, vision photopique, sensibilité chromatique, daltonisme

[H5,P2]

conjugaison bactérienne l.f.

bacterial conjugation

Association entre deux cellules bactériennes permettant un transfert naturel d'ADN plasmidique ou chromosomique par l'intermédiaire d'un pont cytoplasmique.

[D1,Q1]

connexine n.f.

connexin

Protéine des membranes cellulaires qui forme des pores entre deux cellules voisines. Six connexines groupées en hexagone adhèrent à six autres connexines de la cellule voisine, ménageant un canal de communication intercellulaire, le connexon.
Toutes les connexions identifiées possèdent quatre domaines intramembrannaires et ont leurs extrémités NH2 et COOH terminales du côté cytoplasmique;

Abrév. Cx

[C1,C3]

Cooley (anémie de, maladie de) l.f.

Cooley's anemia

Forme majeure de ß-thalassémie comportant une anémie hémolytique importante avec microcytose et hypersidérémie.
Les hématies sont petites, minces et déformées, avec un aspect en cellules cibles ; leur résistance aux solutions hypotoniques est augmentée.
Le tableau clinique comporte des troubles morphologiques et osseux (faciès mongoloïde) avec une hépatosplénomégalie parfois importante. L'évolution autrefois mortelle dans l'enfance a été complètement transformée par la transfusion sanguine et la chélation du fer. La sévérité de ces formes justifie les programmes de dépistage systématique des couples à risques où les deux partenaires sont hétérozygotes, le conseil génétique et la pratique du diagnostic prénatal.

T. B. Cooley, pédiatre américain (1925)

→ thalassémies bêta, anémie méditerranéenne

[F1,Q2]

coque cytotrophoblastique externe l.f.

Mince couche de cellules cytotrophoblastiques des villosités placentaires qui, vers la fin de la 3ème semaine, traversent progressivement le syncytiotrophoblaste pour atteindre l’endomètre maternel où elles entrent en contact avec les expansions similaires des villosités choriales voisines.
Cette coque apparaît au pôle embryonnaire puis s’étend pour entourer le trophoblaste. Participant à la structure des villosités crampons elles amarrent la masse chorionique à l’endomètre.

Syn. coque trophoblastique

→ cytotrophoblaste, villosités placentaires, syncytiotrophoblaste, pôle embryonnaire

[A4,O6]

cordon de Valentin Pflüger l.m.

Valentin-Pflüger's tube

Travée de cellules issues de l'épithélium gonadique superficiel qui, vers la septième semaine du développement de l'embryon de sexe féminin, s'oriente vers le centre de la gonade.
La fragmentation de ce cordon donnera naissance aux ovogonies, dont le nombre est voisin de quatre cent mille à la naissance.

E. Pflüger, physiologiste allemand (1829-1910) ; G. Valentin, physiologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1810-1893)

Syn. cordon de Pflüger

→ Valentin-Pflüger (cordon de)

[A1]

Édit. 2019

cordons gonadiques l.m.p.

chordae gonadales
Formations épithéliales se développant à partir de la crête gonadale, qui seront colonisées vers la 5e semaine par les cellules germinales primordiales.

Syn. cordons gonadaux, cordons sexuels primordiaux

[A1,O6]

cornoïde adj.

cornoid

Se dit d’un empilement particulier de cellules de la couche cornée.

[P2]

corps astéroïde l.m.

asteroid body

Inclusion intracytoplasmique qui, comme les corps de Schaumann, est contenue dans des cellules géantes de l'infiltrat de la sarcoïdose sans en être spécifique.
On peut également en trouver dans certains granulomes à corps étranger, dans des cas de maladie de Hansen et dans certaines mycoses profondes.

G. Hansen, anatomopathologiste norvégien, membre de l'Académie de médecine (1873)

[A2]

corps chromatique l.m.

chromatoid body

Dans les cellules de la spermiogénèse de certains organismes, zone cytoplasmique proche du noyau, colorée à cause de la présence de ribonucléoprotéines.

→ cytoplasme

[A2]

corps de Michælis-Gutmann l.m.

Michælis-Gutmann’s body

Inclusion lamellaire minéralisé (fer et calcium) en œil d'oiseau, observée dans le cytoplasme de grands phagocytes mononucléés ou cellules de Hanseman, au cours de la malacoplasie.

L. Michælis et C. Gutmann, biochimistes allemands (1902) ; D.P. von Hansemann, anatomopathologiste allemand (1858-1920)

→ malacoplasie

[A2]

corps genouillé l.m.

corpus geniculatum
geniculate body
Noyaux pairs inférieurs du thalamus appartenant au diencéphale et formant le métathalamus.
Ces deux corps ovalaires sont situés sous le pulvinar, au bord postérolatéral du mésencéhale. L'un, médian (appelé aussi noyau géniculé médian ou corps genouillé interne), est relié au colliculus inférieur (ou tubercule quadrijumeau postérieur) par le bras conjonctival inférieur et postérieur. C'est un centre de relais des voies auditives. L'autre, latéral (appelé aussi noyau géniculé latéral ou corps genouillé externe), est relié au colliculus supérieur (ou tubercule quadrijumeau antérieur) par le bras conjonctival antérieur et supérieur. C'est un centre de relais des voies visuelles. La bandelette optique s'y termine et il entretient l'anastomose entre la terminaison des cellules ganglionnaires de la rétine et les fibres nerveuses qui constitueront les radiations optiques.

Syn. corps géniculé, noyau géniculé

→ occipitopariétale (voie), occipitotemporale (voie), voies auditives, voies optiques

[H5]

Édit. 2015

corps muqueux de Malpighi l.m.

stratum Malpighi, stratum spinosum, squamous cell layer

Partie de l'épiderme comprise entre la couche basale et la couche granuleuse, formée de plusieurs assises stratifiées de cellules polyédriques, dites malpighiennes, disposées en mosaïque, qui tendent à s'aplatir et à devenir horizontales au fur et à mesure de leur progression vers la surface épidermique tandis que leur noyau s'estompe, ce qui correspond à la maturation kératinocytaire.
Le corps muqueux de l'épithélium des muqueuses malpighiennes n'est normalement pas revêtu d'une couche granuleuse ni d'une couche cornée.

M. Malphigi, anatomiste italien (1628-1694)

Syn. couche épineuse ainsi appelée à cause de l'ancienne dénomination "cellule à épines" donnée aux kératinocytes du corps muqueux (obs.), couche filamenteuse (obs.)

[A1,J1]

Édit. 2015

corps tingible l.m.

tingible body

Corps apoptotique (fragments de noyaux entourés de membrane cytoplasmique dérivés de cellules mortes par apoptose) phagocyté par des macrophages.
Les corps tingibles sont particulièrement abondants au niveau des macrophages du thymus et des organes lymphoïdes périphériques.

→ apoptose

corpuscule de Hassall l.m.

Hassall’s corpuscle

Ilot de cellules épithéliales pavimenteuses kératinisées, hyalinisées, parfois kystiques, situées dans la médullaire du thymus.

A. H. Hassall, anatomiste et biochimiste britannique (1817-1894)

→ thymus

[A2]

Édit. 2015

cortex du cristallin l.m.

cortex lentis (TA)

cortex of lens

Couche épithéliale formée d’un seul rang de cellules qui double à sa face profonde la capsule du cristallin.

→ capsule du cristallin

[A1]

Édit. 2015

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