Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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prolan n.m. (désuet)

Naguère, gonadotrophine d'origine placentaire, sécrétée en abondance dès le début de la grossesse et dont la présence dans le sang et l'urine de la femme permettait de poser le diagnostic biologique de la grossesse.
On distinguait : le prolan A et le prolan B, assimilés actuellement aux gonadotrophines A et B d'origine hypophysaire.

gonadotrophine chorionique

prurigo gravidique l.m.

prurigo gestationis, prurigo of pregnancy

Prurit diffus de la femme enceinte accompagné de quelques petites papules excoriées dispersées sur les membres et le tronc, sans élément caractéristique de la dermatose prurigineuse polymorphe de la grossesse ou PUPPP, ni d'aucune autre dermatose spécifique.
Il survient après le quatrième mois et surtout en fin de grossesse; son étiopathogénie est inconnue et son traitement symptomatique; il ne s'accompagne d'aucun risque foetal particulier et régresse après l'accouchement.

prurit gravidique

prurit gravidique l.m.

pruritus of pregnancy, gestational prurit

Prurit survenant à partir du 3ème ou du 4e mois de la grossesse et allant souvent en s'intensifiant, atteignant d'abord la région abdominale, puis les mains, les pieds et le dos, se généralisant parfois et pouvant entraîner des excoriations par grattage.
Il serait dû à une cholestase gravidique intrahépatique apparaissant au troisième trimestre le plus souvent.
Il est la conséquence d’une anomalie congénitale de conjugaison des sels biliaires accentué par les œstrogènes, qui survient aussi sous contraception œstroprogestative. Il comporte un risque de mort fœtale in utero et doit conduire, surtout s’il s’aggrave et se complique d’une cytolyse, à interrompre prématurément la grossesse.

Syn. prurigo gravidique

prurigo cholestatique

pseudosac gestationel n.m.

pseudogestational sac

En échographie, image anéchogène ronde ou elliptoïde, située dans le centre de la cavité utérine, évoquant une grossesse extra-utérine.
Il manque toujours le double contour du liseré villositaire chorionique et les structures internes de la grossesse normale, le sac vitellin secondaire et l’embryon normaux.

psychose gravidique l.f.

gestational psychosis

Psychose qui se déclare en cours de grossesse.
La grossesse par elle-même ne cause pas de psychose, sauf si la patiente est prédisposée à une réponse psychotique au stress. Des trois types de psychoses, la plupart sont des réactions maniaco-dépressives ou schizophréniques ; le delirium toxique se voit occasionnellement. D’autres formes, telles la psychose alcoolique et l’épilepsie associée à une psychose, sont rares.

pyélonéphrite gravidique l.f.

gestational pyelonephritis

Infection des voies urinaires supérieures au cours de la grossesse.
Elle est favorisée par la dilatation physiologique des voies excrétrices du rein pendant la grossesse et la stase urinaire intrarénale.

radiopelvimétrie n.f.

Mensurations, à l'aide de radiographies, des dimensions du bassin féminin (aux détroits supérieur, moyen et inférieur), effectuées près du terme présumé de la grossesse, leur confrontation à celles de la tête fœtale permettant d'évaluer les risques de dystocie.
De nombreuses mesures sont possibles, les principales étant celles des diamètres transverse, promontorétropubien et bisciatique, auxquelles s'ajoute la courbure du sacrum.
Plusieurs techniques ont été utilisées soit indirectes (report à des tables tenant compte de l'agrandissement), soit directes, utilisant des règles ou des grilles spéciales aux graduations radio-opaques, que l'on radiographie en même temps que le sujet ou par surimpression; parmi ces dernières, les méthodes de Thoms et de Fernström furent les plus courantes et peuvent être encore employées dans certains cas exceptionnels.
Actuellement, on utilise le plus souvent la scanographie très basse dose avec des paramètres adaptés à une irradiation minimale.

Pour éviter de faire appel aux rayons X, on peut s'adresser aux ultrasons (pelvimétrie échographique ou ultrasonique) dont les mesures ont actuellement une précision un peu moindre et à la résonance magnétique (pelvimétrie par IRM), difficilement praticable sur une grossesse à terme (volume abdominal).

H. Thoms, gynécologue américain (1939 et 1946) ; U. Borell et I Fernström, gynécologues suédois (1960)

Thoms (position de)

[B2, O3]

Édit. 2020

Sheehan (maladie de) l.f.

Sheehan’s disease

Dégénérescence graisseuse aigüe du foie survenant pendant la grossesse, se traduisant par un ictère grave associé une fois sur deux à une toxémie gravidique, s’accompagnant de signes cliniques et biologiques d’insuffisance hépatique, de troubles de l’hémostase et, à l’échographie, d’un aspect « en dentelle » du foie, ainsi que d’une insuffisance rénale rapidement mortelle si la grossesse n’est pas interrompue dans les plus brefs délais.

H. L. Sheehan, anatomopathologiste britannique, membre de l'Académie de médecine (1937)

Syn. stéatose hépatique aigüe gravidique

sida acr. pour Syndrome d’Immuno Déficience Acquise

aids (Acquired ImmunoDeficiency Syndrome)

Syndrome d’immunodéficience consécutive à une infection par les virus de l’immunodéficience humaire (VIH).
Environ 42 millions de personnes ont été contaminées par le VIH jusqu’en 2003,  dont 95% vivent dans des pays du tiers monde. On dénombre chaque année en France environ 5 000 nouveaux cas de contamination par le VIH.
Le virus peut être transmis par contact, hétérosexuel ou homosexuel, par le sang (piqûre accidentelle, échange de seringues par les utilisateurs de drogues, transfusions ou injections de produits sanguins contaminés), ou par transmission de la mère à l’enfant à travers le placenta, lors de l’accouchement ou par l’allaitement. Après une primo-infection suivie d’une période asymptomatique de durée variable, caractérisée par une production massive de virus et de lymphocytes T avec diminution progressive du nombre de lymphocytes T CD4 circulants, avec effondrement du rapport T4/T8, la période de sida est caractérisée par une lymphadénopathie généralisée progressive accompagnée d’infections à germes opportunistes, de tumeurs et de manifestations neurologiques.
Les traitements associant des inhibiteurs de transcriptase inverse et des antiprotéases permettent, dans les cas favorables, d’abaisser la virémie au-dessous du seuil de détection des méthodes d’amplification par réaction en chaîne de la polymérase (PCR). Cependant, l’action de ces traitements sur le réservoir de virus (cellules dendritiques au sein des tissus lymphoïdes) n’est pas encore démontrée.
Au cours de la grossesse, le virus se transmet au foetus avec une fréquence supérieure à 20%  en l’absence de traitement, essentiellement au moment du passage dans la filière génitale. Le traitement par les médicaments rétroviraux pendant la grossesse permet de réduire l’infection fœtale à moins de 10%, voire maintenant à probablement moins de 5% .

virus de l'immunodéficience humaine, séropositif au VIH

Stangel (critères de) l.m.p.

Stangel’s criteria

Ensemble des conditions qui permettent de conserver la trompe lors de la cure chirurgicale d’une grossesse extra-utérine (grossesse ampullaire non rompue) chez une femme désirant d’autres grossesses.

J. J. Stangel, gynécologue américain (1986)

stérilisation tubaire l.f.

tubal sterilisation

Suppression irréversible de la fertilité par ablation chirurgicale de tout ou partie de la trompe de Fallope ou par son obstruction.
Elle se pratique par laparotomie, par colpotomie antérieure ou postérieure, ou par cœlioscopie. Les techniques les plus utilisées sont la salpingectomie, la fimbriectomie, la résection-ligature d’un segment de trompe, avec ou sans enfouissement sous le péritoine, la destruction de l’isthme et de l’ampoule par électrocoagulation, l’obturation de l’isthme par un anneau en silastique de Yoon ou une agrafe de Hulka. Elle est en principe irréversible, mais le taux d’échecs est de 1 à 2%, quelle que soit la technique ; les chances de grossesse sont de l’ordre de 50% après reperméabilisation chirurgicale d’une ligature tubaire. Considérée comme une mutilation, elle est interdite en France, sauf dans le cas où une grossesse ferait peser des menaces graves sur la santé de la femme.

R. H. Pomeroy, gynécologue américain (1867-1925), sa technique a été décrite par ses associés E. Bishop et W. F Nelms en 1930 ; M. Madlener, gynécologue allemand (1919)

fimbriectomie, Pomeroy (technique de), Madlener (technique de), Hulka-Clemens (clips de)

stérilité n.f.

sterility, infertility

1) En biologie animale, chez l’Homme, impossibilité de procréer du fait soit du partenaire masculin (défaut anatomique, insuffisance sécrétoire ou excrétoire) soit du partenaire féminin (anomalie anatomique ou fonctionnelle).
La stérilité est dite primaire en cas d’absence de toute grossesse, ou secondaire s’il s’est produit une grossesse antérieurement.
2) En microbiologie, absence de tout micro-organisme vivant ou de spore revivifiable dans un milieu donné.

agénésie 1, infertilité masculine

[M4,O3,Q4]

sulprostone n.f.

sulprostone

Analogue de la prostaglandine E2 dont l'effet ocytocique très puissant est utilisé pour provoquer une interruption médicale de la grossesse au deuxième ou au troisième trimestre.
On lui impute des accidents de thrombose vasculaire, notamment coronaires, qui ont conduit à en interdire l'usage pour les interruptions volontaires de grossesse.

syndrome des antiphospholipides l.m.

antiphospholipids syndrome

Maladie auto-immune systémique caractérisée par la présence d'anticorps sériques antiphospholipides chez des patients ayant des évènements thrombotiques et ou des complications obstétricales récurrentes.
Le syndrome débute en général chez l'adulte d'âge jeune ou moyen mais peut se manifester à tout âge. Les signes classiques sont des thromboses (veineuses profondes surtout des membres inférieurs) et des complications obstétricales (pertes foetales répétées, pré-éclampsie). Les autres manifestations sont neurologiques (accident ischémique transitoire, accident vasculaire cérébral ischémique, ictus amnésique, chorée, épilepsie, troubles visuels), cardiovasculaires (maladie coronarienne), dermatologiques (livedo reticularis, ulcères cutanés, gangrène digitale, hémorragies sous-unguéales en flammèches), hématologiques (thrombopénie), rénales (thrombose microvasculaire, thrombose des veines rénales, occlusion des artères rénales) et digestives (maladie vaso-occlusive mésentérique, syndrome de Budd-Chiari). Les thromboses récidivantes sont fréquentes.
Le syndrome est dit secondaire s'il est associé à: lupus érythémateux systémique. Il est primaire en l'absence d'autre maladie auto-immune. Il peut prendre une forme accélérée, très rare, chez la femme (à la trentaine), pouvant évoluer vers des thrombo-embolies massives avec détresse respiratoire.
Le diagnostic repose sur des critères cliniques et biologiques : existence de thrombose vasculaire et de pathologie de la grossesse (au moins une mort inexpliquée de foetus morphologiquement normal, après la 10ème  semaine de gestation, au moins une naissance prématurée avant la 34ème semaine de gestation, au moins trois avortements spontanés consécutifs inexpliqués avant la 10ème  semaine de gestation) et la présence d'anticorps (anti-cardiolipine, anti-β2-GPI et anticoagulant lupique).
La prise en charge a pour but de prévenir les thromboses par l'aspirine, le clopidrogel, la warfarine et l'héparine. Les femmes enceintes aux antécédents d'avortements spontanés doivent être traitées par héparine et aspirine à faible dose pendant la grossesse.

La maladie non traitée peut menacer le pronostic vital.

D. Garcia et D. Erkan, médecins américains (2018)

Sigle SAPL

[N3, O3, G5]

Édit. 2020

thalidomide n.m.

thalidomide

Substance chimique de synthèse dérivée de la pipéridine (N-phtalimido-glutarimide) à propriétés hypnotiques et qui fut largement utilisée dans certains pays (sauf la France), où la mise en vente, en tant qu’hypnosédatif et tranquillisant peu toxique, avait été autorisée en 1957.
Elle se poursuivit jusqu’en 1962, lorsque les autorités de santé de plusieurs pays européens reçurent des informations convergentes alarmantes : il avait connu un vif succès en particulier auprès des femmes enceintes, mais apparaissaient de façon épidémique de graves manifestations tératogènes liées à son utilisation à des moments précis du début de la grossesse, telles qu’absence d’oreille interne, paralysie des nerfs crâniens, rhizomélies (jours J21 et J22), phocomélies (de J24 à J29), sténoses ano-rectales (J34 à J36), atteintes diverses...
A cette époque, parmi les épreuves des essais préalables auxquelles étaient obligatoirement soumises les substances médicamenteuses pouvant conduire à des applications thérapeutiques possibles, on n’avait pas envisagé l’hypothèse d’effets tératogènes et ceux-ci n’étaient pas systématiquement recherchés chez les animaux d’expérience dans les protocoles imposés. Une conséquence heureuse de cette découverte tragique fut l’insertion désormais obligatoire dans le dossier des nouveaux médicaments, en phase I, de la recherche d’effets mutagènes et d’effets tératogènes.
Or cette nouvelle molécule chimique fit la preuve de plusieurs actions pharmacologiques de grand intérêt : c’est un immunomodulateur, inhibiteur de la production de cytokines, dont le TNFα, et de l’activation du facteur de transcription NF-κB, selon des mécanismes encore mal connus. Le thalidomide continue d’être utilisé en raison d’indications ne recevant que peu de moyens thérapeutiques : réactions lépreuses de type II (érythème noueux lépreux), aphtose sévère au cours de l’infection par le VIH, lupus érythémateux cutané résistant aux autres traitements, infiltrations lymphocytaires de la peau (maladie de Jessner-Kanof), réactions chroniques du greffon contre l’hôte, formes graves de la maladie de Behçet, prurigo actinique... Les applications actuelles n’ont lieu qu’en milieu strictement hospitalier, les femmes en âge de procréer étant soumises à une contraception efficace. Ce médicament, qui reste le traitement le plus efficace des poussées d'érythème noueux d'origine lépreuse, est uniquement distribué par les pharmacies hospitalières, au titre d'une Autorisation Temporaire d'Utilisation (ATU),
Prescrite à la dose de 300-400 mg/j, le thalidomide entraîne la disparition des symptômes en une quinzaine de jours. La posologie peut être ensuite diminuée, rapidement au début (jusqu'à 100 mg/j), puis plus progressivement, la durée totale du traitement n’excédant pas 1 à 2 mois. La tératogénicité de ce médicament le fait formellement proscrire au cours de la grossesse.
Deux indications hématologiques sont d’application fréquente depuis les années quatre-vingt-dix: la réaction du greffon contre l’hôte après transplantation de cellules souches hématologiques et le myélome multiple. La thalidomide a des effets inhibiteurs sur la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Cette revascularisation, appelée aussi angiogenèse, est la condition indispensable à la croissance des tumeurs. En outre, la thalidomide semble avoir aussi une action sur le système immunitaire.

M. Jessner et N.B. Kanof, dermatologistes américains (1953) ; H, Behçet, dermatologiste turc (1937)

Étym. de phtalique, dérivé du naphtalène, depuis gr. naphta, et imide (amide secondaire résultant de l’action de l’ammoniac sur un - ou un - diacide)

amélie, ectromélie, ectromèle, phocomélie, micromélie, méromélie, brachymélie, péromélie, rhizomélique

[A4,E1,G3,G4,O6,Q2,Q3]

tocophobie n.f.

La phobie de l’accouchement est définie comme une peur phobique de la grossesse et de l’accouchement.
Cet état pathologique est caractérisé par 3 groupes de symptômes :
- une peur d'une telle intensité qu’elle perturbe diverses fonctions psychiques et physiques, cognitives et émotionnelles sous forme de pensées irrépressibles de catastrophe à venir lors de l'accouchement avec interprétation péjorative de tout indice ou information altérations du sommeil ou de l'élan vital ;
- une conduite incontournable d'évitement au point de refuser une éventuelle grossesse malgré le souhait exprimé d'un tel événement;
- la nécessité absolue de la présence, au moment de l'accouchement, d'un "objet contraphobique" tel que la présence d'une personne proche , permettant hors de toute rationalité de pouvoir contourner l'évitement.
Divers facteurs individuels de vulnérabilité émotionnelle ou contextuels peuvent faciliter la survenue d'une tocophobie : hyperémotivité ,anxiété chronique, antécédent traumatique sexuel ou génital, récit d'une expérience traumatique survenue dans l'entourage...
La tocophobie accroît le risque de dépression du post-partum.
Cette pathologie féminine ne doit pas être confondue avec la simple appréhension craintive de l'accouchement à venir. Cette crainte fréquente peut être primaire (chez la primipare) ou secondaire (chez la multipare) souvent alors en fonction d'une expérience traumatisante lors d'un accouchement antérieur.

Étym. gr. phobos :peur pathologique ; tokos : accouchement

[H3]

Édit. 2017

toxoplasmose congénitale l.f.

congenital toxoplasmosis

Toxoplasmose due au passage transplacentaire de Toxoplasma gondii au cours d’une primo-infection maternelle.
Si de nombreuses toxoplasmoses congénitales tardivement transmises in utero sont bénignes, voire inapparentes, cette infection, si elle est transmise en début de grossesse, est susceptible de provoquer une encéphalomyélite, des lésions fœtales (choriorétinites, microcéphalie, retard psychomoteur) ou d’entraîner l’avortement. Des méthodes de biologie moléculaire permettent de poser le diagnostic d’atteinte fœtale in utero par amniocentèse à partir de la 25ème  semaine de grossesse.

Toxoplasma gondii

trisomie 21 l.f.

Anomalie chromosomique humaine caractérisée par la présence d'anomalies chromosomiques portant sur le chromosome 21, se manifestant par un syndrome dysplasique stéréotypé associant une débilité mentale, un facies caractéristique avec une face ronde, aplatie, une tête brachycéphale, des fentes palpébrales obliques en haut et en arrière, un épicanthus, une hyperlaxité, un abdomen hypotonique, des mains et des pieds courts, un pli palmaire transversal unique.
On retrouve très fréquemment des malformations viscérales associées, cardiaques et digestives ; une hypoplasie de l’apophyse odontoïde doit être recherchée en raison des risques neurologiques. L’espérance de vie de ces enfants est diminuée avec un taux de mortalité élevée les premières années par affection respiratoire, décompensation de malformations cardiaques, leucémie. À l’âge adulte ils présentent une forme prématurée de maladie d’Alzheimer, des affections auto-immunes (diabète de type 1, maladie de Hashimoto, maladie caeliaque, arthrite juvénile), une carence martiale.
Le caryotype est à 47 chromosomes dans toutes les cellules de l'organisme (trisomie 21 homogène dans 96% des cas) ou dans certaines d'entre elles (trisomie 21 en mosaïque dans 1 à 2 % des cas). Parfois le caryotype est à 46 chromosomes, par translocation du chromosome 21 surnuméraire sur le chromosome 14, 21 ou 22 dans 3 à 4 % des cas. Il existe de rares cas où l'anomalie chromosomique se marque par une trisomie partielle du 21. Les patients porteurs de mosaïcisme sont atteints d'une forme moins sévère de l'affection, développent moins de complications médicales et ont un retard intellectuel moins marqué.    
La trisomie 21 s'observe une fois sur 700 naissances ; l'âge de la mère étant un facteur favorisant, le diagnostic prénatal systématique est proposé en France aux femmes enceintes âgées de 38 ans ou plus.
Les antécédents familiaux, les dosages sanguins de β-HCG, l’échographie, les résultats de l’amniocentèse permettent de poser le diagnostic et de proposer une interruption médicale de grossesse.
Diagnostic peut être évoqué au 4ème mois de la grossesse sur des signes échographiques susceptibles de prêter à confusion et sur certains paramètres biochimiques du sang maternel (β-hCG, alpha-fœtoprotéine).

J. Lejeune, médecin pédiatre et généticien français membre de l’ Académie nationale de médecine (1926-1994) ; J. Down, médecin britannique (1866) ;  J. Lejeune, membre de l’ Académie nationale de médecine, Marthe Gautier, R. Turpin, membre de l’ Académie nationale de médecine, pédiatres et généticiens français (1959) ; Marilyn J. Bull, pédiatre américaine (2020)

Syn. mongolisme, syndrome de Down

Réf. J. Lejeune, M. Gautier et R. Turpin « Les chromosomes humains en culture de tissus » C. R. Acad. Sciences 26 janvier 1959

trisomie 21(diagnostic prénatal d'une)

[Q2, F1, K1, K2, H3, I1]

Édit. 2020

unité fœtoplacentaire l.f.

foetoplacental unit

Unité physiologique qui représente l’ensemble complémentaire des fonctions enzymatiques du fœtus et du placenta dans le métabolisme des stéroïdes.
Elle succède, au cours des deuxième et troisième trimestres de la grossesse, à l’activité prédominante du corps jaune de la grossesse pendant les deux premiers mois.

corps jaune l.m.

corpus luteum

Tissu formé par le follicule de de Graaf après l'ovulation, à la suite de la pénétration de la thèque interne et de la granulosa par les vaisseaux de la thèque externe.
Les granulations lipidiques qui se développent dans les cellules hypertrophiées donnent, par leur pigmentation, une couleur jaune parfaitement visible à l'œil nu. En plus des œstrogènes, le corps jaune secrète de la progestérone, qui prépare l'endomètre à la nidation de l'œuf fécondé. La progestérone empêche aussi les contractions intempestives du myomètre ; elle ferme l'orifice musculaire du col utérin et précipite les éléments de la glaire cervicale pour former un bouchon imperméable aux spermatozoïdes.
En l'absence de grossesse, le corps jaune cyclique ou mensuel involue au 10ème jour postovulatoire, sous l'influence des prostaglandines. C'est la lutéolyse, provoquant au 14ème  jour postovulatoire le saignement menstruel. En cas de grossesse, le corps jaune gravidique survit grâce à la gonadotrophine chorionique jusque vers le 2ème mois, date à laquelle le placenta assure seul la sécrétion endocrine.
Les anomalies de sécrétion du corps jaune cyclique, l'insuffisance lutéale, peuvent être responsables de stérilité.

R. de Graaf, anatomiste néerlandais (1672)

Syn. corps lutéal

follicule de de Graaf, thèque interne, thèque externe, granulosa, œstrogènes, progestérone, myomètre, glaire cervicale, prostaglandines, gonadotrophine chorionique, insuffisance lutéale

[O4]

Édit. 2018

anévrysme de l'artère splénique l.m.

splenic artery aneurysm

Les anévrysmes de l’artère splénique (AAS), parmi lesquels on distingue deux types, les vrais et les faux, comptent pour la moitié des anévrysmes des artères viscérales.
Les vrais AAS présentent une paroi artérielle composée d’une intima, d’une média et d’un adventice et les faux anévrysmes ou pseudo-anévrysmes sont dépourvus d’adventice. Les vrais AAS sont les plus fréquents, asymptomatiques et souvent découverts par l’imagerie. L’hypertension portale et la grossesse sont les facteurs de survenue les plus importants, à côté de l’athérome.
La description de l’AAS doit préciser ses dimensions, sa forme (fusiforme ou sacciforme), les dimensions du collet, la présence ou non de calcifications et de thrombose, sa position, le plus fréquemment situé au niveau du 1/3 distal de l’artère. Ils sont habituellement uniques, plus rarement multiples. Les vrais AAS doivent être traités lorsqu’ils sont symptomatiques.  Le risque de rupture des vrais AAS asymptomatiques est mal connu. La plupart des AAS de moins de 2 cm de diamètre sont asymptomatiques, ils peuvent être traités préventivement lorsqu’ils mesurent plus de 2 cm de diamètre ou lorsque les dimensions augmentent lors du suivi. L’AAS doit être traité s’il est découvert chez une femme enceinte ou en cas de désir de grossesse, en cas d’hypertension portale, chez les malades en attente de transplantation hépatique. Le traitement est endovasculaire (embolisation par coil ou stent) ou moins souvent actuellement chirurgical. La conservation splénique est souhaitable.  
Les faux AAS sont symptomatiques dans 90 % des cas. Ils sont secondaires à un processus infectieux de voisinage, une pancréatite aigüe ou chronique ou  un traumatisme. En cas de pancréatite il est difficile de savoir si la symptomatologie vient de l’anévrysme ou de la pancréatite. Ils sont souvent de grande taille, 5 cm de diamètre en moyenne, avec un risque élevé de rupture.  La symptomatologie peut être une  hémorragie intra ou rétro péritonéale, une fistulisation de l’anévrysme dans un organe de voisinage (estomac, colon, duodénum, canal de Wirsung),  une hypertension portale par compression des organes de voisinage. Contrairement aux vrais AAS, le risque de rupture  n’est pas lié à leur diamètre et tous doivent être traités.  

anévrysme, hypertension portale, embolisation vasculaire, pancréatite aigüe, pancréatite chronique

[L1, B2, K4]

Édit. 2018

anévrysme de l’artère splénique l.m.

Les anévrysmes de l’artère splénique qui comptent pour la moitié des anévrysmes des artères viscérales, ont une symptomatologie variable selon qu’ils sont vrais ou faux.
Les vrais anévrysmes présentent une paroi artérielle composée d’une intima, d’une média et d’un adventice alors que les faux anévrysmes ou pseudo-anévrysmes sont dépourvus d’adventice.
Les vrais anévrysmes sont les plus fréquents, souvent asymptomatiques et découverts sur l’imagerie. L’hypertension portale et la grossesse sont les facteurs de survenue les plus importants, à côté de l’athérome. La description de l’anévrysme doit préciser ses dimensions, sa forme (fusiforme ou sacciforme), les dimensions du collet, la présence ou non de calcifications, de thrombose, sa position, le plus fréquemment situé au niveau du 1/3 distal de l’artère. Il est habituellement unique, plus rarement multiple. Les vrais anévrysmes doivent être traités lorsqu’ils sont symptomatiques. La plupart des anévrysmes de moins de 2 cm de diamètre sont asymptomatiques. Le risque de rupture est alors mal connu. Ils peuvent être traités préventivement lorsqu’ils mesurent plus de 2 cm de diamètre ou lorsque les dimensions augmentent lors du suivi. L’anévrysme doit être traité s’il est découvert chez une femme enceinte ou en cas de désir de grossesse, en cas d’hypertension portale, chez les malades en attente de transplantation hépatique. Le traitement est endovasculaire (embolisation par coil ou stent) ou moins souvent actuellement chirurgical. La conservation splénique est souhaitable.
Les faux anévrysmes sont symptomatiques dans 90 % des cas. Ils sont secondaires à un processus infectieux de voisinage, une pancréatite (aigüe ou chronique), un traumatisme. En cas de pancréatite, il est difficile de savoir si la symptomatologie provient de l’anévrysme ou de la pancréatite. Ils sont souvent de grande taille, 5 cm de diamètre en moyenne, avec un risque élevé de rupture. La symptomatologie peut être une rupture avec hémorragie intra ou rétro péritonéale, une fistulisation de l’anévrysme dans un organe de voisinage (estomac, colon, duodénum, canal de Wirsung), une hypertension portale par compression des organes de voisinage. Contrairement aux vrais anévrysmes, le risque de rupture des faux anévrysmes n’est pas lié à leur diamètre et tous doivent être traités.  

Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation

hypertension portale, athérome, coil, stent, pancréatite aigüe, pancréatite chronique, fistulisation

[K3, L1 ]

Édit. 2018

Brouha-Hinglais-Simonnet (réaction de) l.f.

Brouha-Hinglais-Simonnet test

Méthode autrefois utilisée pour le diagnostic biologique de la grossesse : onze jours après l'injection d'urines de femme enceinte au souriceau mâle, apparaît chez lui une hypertrophie des vésicules séminales et de la prostate.
Le diagnostic biologique de la grossesse est maintenant effectué par le dosage de l'hormone chorionique gonadotrophique (HCG) par des techniques immunologiques.

L. Brouha, physiologiste endocrinologue belge, H. Hinglais, physiologiste français, H. Simonnet, biologiste français, membre de l'Académie de médecine (1930

iagnostic biologique de la grossesse, HCG

[03]

Édit. 2020

abcès du sein l.m.

abscess of the breast

Collection suppurée du tissu mammaire survenant le plus souvent comme une complication de l'allaitement.
Elle évolue en une phase de galactophorite, sensible aux antibiotiques, et une phase d'atteinte lobulaire avec un stade pré-suppuratif et un stade suppuratif dont le traitement est chirurgical.
En dehors de la grossesse, l'abcès du sein peut être révélateur d'un cancer.

Étym. lat. abcessus, d’abcedere : s’éloigner

galactophorite

[D1, F2, O5]

Édit. 2020

Abderhalden (réaction d') l.f.

Abderhalden’s reaction

Ancien test biologique de grossesse fondé sur l'action du sérum de femme enceinte sur l'albumine placentaire.

E. Abderhalden, biochimiste et physiologiste suisse (1877-1950)

[C2,O3]

Édit. 2017

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