fibrillation ventriculaire l.f.
ventricular fibrillation
Altération très grave du rythme cardiaque, remplaçant la contraction normale organisée par des contractions rapides, anarchiques et inefficaces de toutes les fibres myocardiques.
La fibrillation ventriculaire entraîne une inefficacité totale du cœur et un arrêt circulatoire spontanément mortel en quelques minutes. Le traitement représente donc une extrême urgence. Il consiste à appliquer à la masse ventriculaire un choc électrique délivré par un défibrillateur. Dans le cadre de la circulation extracorporelle pour chirurgie du cœur, est utilisée couramment une fibrillation ventriculaire provoquée volontairement par application d’un courant électrique, afin de supprimer les battements cardiaques et faciliter les gestes chirurgicaux.
→ flutter ventriculaire, défibrillateur, défibrillateur automatique implantable
[K2]
Édit. 2018
fibrillation ventriculaire idiopathique type Brugada l.f.
P. Brugada, électrophysiologiste cardiaque belge (1992)
[C3,K2,Q2]
Édit. 2018
fonction ventriculaire l.f.
ventricular fonction
Fonction des ventricules cardiaques définie par la pression de remplissage, la force de contraction déterminant le débit sanguin.
Elle est explorée par l’échocardiographie.
Sigle FEVG pour fraction d'éjection ventriculaire gauche, FEVD pour le ventricule droit
[K2]
Édit. 2018
éjection ventriculaire (fraction d') l.f.
ventricular ejection fraction
La fraction d’éjection ventriculaire est le pourcentage du sang contenu dans un ventricule éjecté pendant la systole.
La fraction d’éjection se calcule en divisant le volume d’éjection systolique [différence entre les volumes du ventricule rempli (télédiastolique) et vidé (télésystolique)] par le volume télédiastolique. Elle est le plus souvent mesurée par échocardiographie, mais peut l’être également par IRM, scintigraphie et ventriculographie. Elle représente un indice couramment utilisé permettant d’apprécier la performance ventriculaire. Elle est d’environ 60 % chez l’adulte normal. Elle est diminuée puis s’effondre dans l’insuffisance cardiaque.
Sigle FEVG pour fraction d'éjection ventriculaire gauche, FEVD pour fraction d'éjection ventriculaire droite
→ insuffisance cardiaque, échocardiographie
[K2]
Édit. 2019
gradient ventriculaire l.m.
ventricular gradient
Vecteur déterminé en électrocardiographie et représentant l’axe moyen de QRST.
Résultat géométrique des deux axes moyens de QRS et de T, il est exprimé par sa grandeur (en unités Ashman) son sens et sa direction. La grandeur moyenne du gradient ventriculaire normal est de 13 unités Ashman et sa direction comprise entre -17° et 86°. Il peut être altéré par des facteurs physiologiques (bradycardie, tachycardie) ou pathologiques (infarctus du myocarde). Difficile à déterminer avec précision et sujet à de grandes variations il n’a pas une valeur diagnostique très intéressante.
hypertrophie ventriculaire l.f.
ventricular hypertrophy
Augmentation pathologique de l’épaisseur des parois ventriculaires cardiaques, et du volume de la masse myocardique, limitée à l’un des deux ventricules (hypertrophie ventriculaire droite ou gauche) ou portant sur les deux (hypertrophie biventriculaire).
Elle est la conséquence possible de plusieurs phénomènes : un obstacle congénital ou acquis à l’évacuation ventriculaire, une maladie proprement myocardique (cardiomyopathie), ou une défaillance cardiaque de long cours. Elle se manifeste par des anomalies radiologiques et électrocardiographiques spécifiques.
hypokinésie ventriculaire l.f.
ventricular hypokinesia
Diminution globale ou partielle de la force et de l’amplitude de la contraction systolique du myocarde ventriculaire, qui témoigne d’une défaillance cardiaque.
Localisée, elle répond presque toujours à une altération ischémique de la paroi ventriculaire d’origine coronarienne. Son meilleur moyen d’étude est l’échocardiographie qui permet de la localiser et de la mesurer.
Étym. gr. hupo : sous ; kinêsis : mouvement
insuffisance ventriculaire l.f.
ventricular insufficiency
Défaillance subite ou progressive de la capacité de contraction systolique d’un ventricule du cœur entraînant une baisse de son débit et une stase circulatoire.
L’insuffisance ventriculaire peut intéresser un seul ventricule (insuffisance ventriculaire droite, insuffisance ventriculaire gauche), ou les deux ventricules (insuffisance biventriculaire). L’insuffisance ventriculaire est un des aspects de la défaillance cardiaque.
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
jonction auriculaire ventriculaire
Les études électrophysiologiques endocavitaires actuelles permettent d’analyser la conduction de l’influx cardiaque au niveau de la région auriculo-ventriculaire et du nœud d’Ashoff Tawara où on distingue trois régions la zone auriculo-nodale, la zone nodale centrale et la zone terminale auriculo-hisienne, zones de vitesse de conduction variable.
Le caractère hétérogène de la jonction rend compte des phénomènes de réentrée dans la physiopathologie des tachycardies supra ventriculaires paroxystiques.
→ tachycardie supra ventriculaire, réentrée (phénomène de), Wolf-Parkinson-White (syndrome de)
ligament ventriculaire l.m.
masse ventriculaire gauche l.f.
left ventricular mass
Évaluation par échocardiographie ou IRM de la masse du ventricule gauche, indicateur pronostique puissant et indépendant.
nœud des valvules auriculo-ventriculaire de Henle l.m.
F. Henle, anatomiste allemand (1809-1885)
→ trigone fibreux droit, trigone fibreux gauche
orifice auriculo-ventriculaire droit l.m.
→ orifice atrio-ventriculaire droit
Édit. 2017
orifice auriculo-ventriculaire gauche l.m.
→ orifice atrio-ventriculaire gauche
Édit. 2017
partie membraneuse du septum ventriculaire l.f.
pars membranacea septi interventricularis (TA)
membranous part of interventricular septum
Partie membraneuse, mince (deux millimètres d’épaisseur), du septum interventriculaire du cœur.
Elle occupe la base du septum, au voisinage immédiat du septum interatrial et en regard de la partie postéro-latérale droite de l’orifice aortique. Peu étendue, elle mesure 7 à 8mm de hauteur et de longueur. La face gauche répond dans sa totalité au ventricule gauche. La face droite donne insertion à la valve septale de la valvule tricuspide. Au-dessous de cette valve la partie membraneuse du septum est réellement interventriculaire et répond à droite au ventricule droit, alors qu’au-dessus de cette valve il est en fait interauriculo-ventriculaire et répond à droite à l’atrium droit. La portion sous-valvulaire dérive du septum aortico-pulmonaire, la portion sus-valvulaire dérive du septum intermedium. L’absence de développement de la partie membraneuse du septum interventriculaire a pour conséquence une communication interventriculaire haute isolée (maladie de Roger). En cas de dextroposition aortique (aorte à cheval sur les deux ventricules), comme dans le syndrome d’Eisenmenger ou la tétrade de Fallot, la communication interventriculaire haute est toujours présente.
Syn. anc. septum membraneux
→ septum interventriculaire, septum aortico-pulmonaire, septum intermedium
pli ventriculaire l.m.
post-charge ventriculaire l.f.
ventricular after load (ventricular post load)
Tension supplémentaire que doit développer le ventricule cardiaque pendant sa contraction pour évacuer complètement son contenu.
Déterminée par la pression aortique, la post-charge correspond aux facteurs qui s’opposent à l’éjection systolique : les résistances artérielles et artériolaires, l’épaisseur des parois aortiques et la géométrie ventriculaire. La post-charge est un des facteurs dont dépend la performance cardiaque.
→ charge, pré-charge ventriculaire
précharge ventriculaire l.f.
ventricular preload
Tension passive développée dans la paroi du ventricule au moment de sa distension maximale à la fin de la diastole.
Elle détermine le volume télédiastolique du ventricule et par là sa performance à la systole suivante.
Elle est mesurée par la pression ventriculaire télédiastolique. Elle dépend de la possibilité de distension du ventricule (compliance) et de l’importance du retour veineux. Elle est un des facteurs dont dépend la performance cardiaque.
préexcitation ventriculaire (syndrome de) l.m.
ventricular preexcitation (syndrome
Les travaux électrophysiologiques récents, les données de l’histologie myocardique et de la chirurgie ont contribué à éclaircir la pathogénie des pré-excitations ventriculaires et permis de décrire plusieurs aspects électrocardiographiques.
On a décrit outre le syndrome classique de Wolff Parkinson et White (type A, B, ou indéterminé) des variantes, soit du fait d’un espace PR > à 0,12 sec. soit d’un PR court avec un complexe QRS normal
→ Wolff-Parkinson-White (syndrome de)
régulation de la fonction ventriculaire l.f.
left ventricular function control
Ensemble des mécanismes qui ajustent le fonctionnement des ventricules du cœur et règlent leur débit.
Elle comporte :
1) une autorégulation intrinsèque qui est de deux types : la régulation hétérométrique liée aux variations de longueur des fibres myocardiques et mettant en jeu la loi de Starling, et la régulation homéométrique augmentant la contractilité myocardique,
2) une régulation extrinsèque qui est double, nerveuse (sympathique et parasympathique, directe ou réflexe) et humorale par action des catécholamines ou variations de la PO2 et de la PCO2 du sang artériel.
→ Laplace (loi de), Starling (loi de)
relaxation ventriculaire l.f.
ventricular relaxation
Période du cycle cardiaque qui s’étend du pic de pression systolique (début de la rupture des ponts actine-myosine) jusqu’à la fin de la phase de remplissage rapide (fin de la dissipation de l’activation des myofilaments).
Phénomène actif, consommateur d’énergie, la relaxation est très précocement altérée en cas d’hypoxie.
remodelage ventriculaire l.m.
ventricular remodeling
Mécanisme spécifique d’adaptation à l’insuffisance ventriculaire gauche par modifications de la masse et de la géométrie du ventricule.
Le remodelage concerne tant la structure que la fonction du muscle cardiaque. C’est un phénomène dynamique en rapport avec les conditions de charge, par exemple la perte de la masse contractile (infarctus du myocarde), les maladies du muscle cardiaque (cardiomyopathies) ou l’hypertension artérielle. Le remodelage s’accompagne de modifications de la cavité ventriculaire, de l’hypertrophie des fibres, du phénotype des cardiocytes retentissant sur l’énergétique et la fonction pompe. Le remodelage est un continuum physiopathologique. Il a un aspect délétère mais aussi bénéfique pouvant servir de cible pour diverses approches thérapeutiques. A l’échelon moléculaire, il concerne les protéines responsables du cycle cellulaire du calcium et la production par les myocytes de peptides natriurétiques.
remplissage ventriculaire l.m.
left ventricular filling (early-; late-)
Phase du cycle cardiaque qui s’étend de l’ouverture à la fermeture mitrale, découpée en 3 temps de durée équivalente (remplissage rapide, diastasis, remplissage d’origine auriculaire) et dont le déroulement est sous la dépendance de 4 données principales : la géométrie du ventricule, les propriétés passives du myocarde, la vitesse de relaxation, l’état physique des autres cavités et du péricarde.
remplissage ventriculaire (bruit de) l.m.
ventricular filling sound
→ bruit de remplissage ventriculaire
rythme ventriculaire l.m.
ventricular rhythm
Rythme imposé aux ventricules du cœur par les seuls centres ventriculaires d’automatisme cardiaque, lorsque la conduction supraventriculaire est bloquée ou inexistante.
Le plus souvent il s’agit d’un rythme lent (rythme idioventriculaire) mais il existe des rythmes idioventriculaires accélérés liés à un automatisme anormalement élevé à 80/110 par minute. Seuls les rythmes ventriculaires lents nécessitent un traitement sous forme d’une stimulation cardiaque électrique.