Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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faciès aortique l.m.

aortic facies

Pâleur du visage, légèrement jaunâtre avec parfois accès d’érythrose, observée dans les insuffisances aortiques sévères.
Au niveau céphalique s’exprime aussi l’hyperpulsatilité artérielle sous forme d’un hochement de la tête, synchrone du pouls, traditionnellement constaté lors des aortites syphilitiques (signe de Musset).

insuffisance aortique, signe de Musset, aortite syphilitiqu

[K2]

Édit. 2018

fourche aortique l.f.

aortic bifurcation

Syn. carrefour aortique

carrefour aortique

[A1]

Édit. 2018

gerbe aortique (examen de la) l.f.

aortic arch examination, thoracic aortography

Exploration radiologique, par un contraste iodé hydrosoluble, de l'aorte thoracique et de ses branches, en particulier des gros troncs artériels naissant de la crosse (artères sousclavières, carotides communes et vertébrales).
L'examen est fait selon la méthode de Seldinger, le plus souvent par voie fémorale, à l'aide d'un cathéter monté jusqu'à l'aorte ascendante. La technique nécessite une série de clichés très rapide et parfois le radiocinéma pour l'étude dynamique des valves aortiques. Les incidences pratiquées dépendent des indications cardiovasculaires ou neurologiques de l'examen.

Syn. aortographie sus-sigmoïdienne, aortographie thoracique

Seldinger (technique de)

glande aortique de Wölfler l.f.

A. Wölfler, chirurgien autrichien (1850-1917)

glande de Wölfler

glomus aortique l.m.

corps para-aortiques

hématome aortique intramural l.m.

aortic intramural hematoma

Mise en évidence radiologique au sein de la paroi aortique, d'un thrombus variablement étendu dans ses dimensions verticale et circonférentielle.
Il diffère de la dissection aortique par l'absence de faux chenal circulant et l'absence de lambeau intimal libre.

Étym. gr. haïma: sang, ôma : tumeur

dissection aortique

[K4]

hémicercle aortique l.m.

aortic hemicircle

Sur le cliché radiographique de face du segment supérieur de l’ombre cardiaque, image qui dessine une courbe de petit rayon convexe en dehors, formée par le bord gauche de la partie horizontale de la crosse aortique.

[K2]

hiatus aortique l.m.

hiatus aorticus
aortic hiatus
Orifice fibreux du diaphragme, situé en arrière et au-dessous du hiatus œsophagien, bordé par une arcade tendineuse formée par les tendons des piliers et un prolongement interne de ces tendons : le ligament arqué médian.
Il répond à la 12e vertèbre thoracique. Par cet orifice passent aorte et conduit thoracique lymphatique.
Anc. dénom. orifice aortique du diaphragme

Étym. lat. hiatus : ouverture

[A1]

Édit. 2015

hiatus aortique du diaphragme l.m.

hiatus aorticus diaphragmatis (TA)

aortic hiatus of diaphragm

Orifice Entièrement fibreux par lequel l’aorte traverse le diaphragme.
Il est bordé par une arcade tendineuse formée par les tendons des piliers du diaphragme et un prolongement médial de ces tendons. Son extrémité supérieure répond à la douzième vertèbre thoracique. Il livre également passage au conduit thoracique.

Étym. lat. hiatus : ouverture

Syn. anc. orifice aortique du diaphragme

[A1]

Édit. 2015

impédance aortique

aortic impedance

L’impédance aortique est la résistance opposée par l’aorte à l’éjection du ventricule gauche pendant la systole.
Elle est aux pressions et débits pulsatiles ce que la résistance est à un écoulement continu. L’augmentation de l’impédance aortique avec le vieillissement crée une surcharge de travail pour le ventricule gauche et aboutit a l’hypertrophie ventriculaire gauche.

Étym. lat. impedire : empêcher

implantation valvulaire aortique par cathétérisme l.f.

transcatheter aortic valve implantation (TAVI)

A. Cribier, médecin cardiologue français, membre de l’Académie de médecine (2002)

Étym. lat. plantare : ficher dans le sol

TAVI

insuffisance aortique l.f.

aortic valve insufficiency, aortic regurgitation

Valvulopathie définie par le reflux diastolique du sang de l'aorte dans le ventricule gauche en raison d'un défaut d'étanchéité de l'orifice aortique.
Son diagnostic est affirmé par les signes cliniques (souffle diastolique à l'auscultation du foyer aortique et du bord gauche du sternum) et ultrasoniques (flux de régurgitation sous les sigmoïdes aortiques). L'évaluation de son degré repose sur les modifications de la pression artérielle (élargissement de la pression différentielle) et sur les examens échodoppler et angiographiques (opacification du ventricule gauche après injection d'un produit opaque dans l'aorte ascendante).
Le pronostic dépend du volume et du mode d'installation de la régurgitation. Il est excellent si celle-ci est discrète. Il est grevé du risque d'insuffisance cardiaque dans les fuites volumineuses, surtout si elles sont d'installation rapide. Les causes les plus fréquentes de ces régurgitations sont : le rhumatisme articulaire aigu (dans les pays d'endémie rhumatismale), les lésions dégénératives des valvules avec ou sans anévrisme de l'aorte, l'endocardite bactérienne et plus rarement les aortites, la bicuspidie ou l'hypertension artérielle.
Une chirurgie de remplacement valvulaire est nécessaire dans les formes volumineuses avec retentissement sur le ventricule gauche (dilatation et altérations de sa fonction : prothèse artificielle ou bioprothèse).

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

Sigle  : IA

rhumatisme articulaire aigu, endocardite bactérienne, aortite, bicuspidie, hypertension artérielle

interruption de la crosse aortique l.f.

interruption of the aortic arch

Malformation congénitale exceptionnelle liée à une évolution anormale des arcs aortiques de l’embryon, comportant une solution de continuité entre l’aorte ascendante et l’aorte descendante.
Plus souvent on désigne sous ce nom une hypoplasie segmentaire étendue de la crosse aortique qui, par son importance, revêt la signification hémodynamique d’une interruption complète. L’interruption de la crosse aortique s’observe chez de très jeunes enfants et son pronostic spontané est sévère. Elle nécessite une correction chirurgicale qui est une opération difficile, associant un élargissement plastique de la portion rétrécie de la crosse, et une anastomose aorto-aortique terminale.

coarctation aortique

interruption de l'arc aortique, paralysie faciale et colobome rétinien l.m.

aortic arch interruption, facial palsy and retinal coloboma

Syndrome malformatif chez deux vraies jumelles avec hypoplasie ou interruption de l'arc transverse aortique, parésie faciale et colobome rétinien bilatéral.
Une autre famille a été décrite avec un colobome rétinien maculaire une coarctation de l'aorte et un nævus linéaire sébacé. L’affection est autosomique dominante (MIM 107550).

I. M. Levine, neurologue américain  (1964 et 1968) ; E. M. Critchley, neurologue britannique, membre de l'Acadmie de médecine (1967)

isthme aortique (rupture traumatique de l') l.f.

traumatic rupture of aortic isthmus

Lésion traumatique de l'aorte à la jonction de sa partie mobile et de la partie fixe de la crosse à la suite d'une décélération brutale à prédominance antéropostérieure (de l'ordre de 20 G), lors d'une chute (éjection lors d'un accident du trafic, accident d'avion, défenestration, etc.).
La rupture est habituellement transversale et régulière, partielle ou totale.
Une rupture totale intéressant les trois tuniques entraîne une hémorragie foudroyante et la mort immédiate. Elle peut se voir sans lésion de la paroi thoracique.
Une rupture partielle peut donner lieu à un hématome périlésionnel assurant une hémostase partielle ou, s'il n'y a pas rupture de l'adventice, réaliser un faux anévrisme traumatique permettant la survie, momentanément au moins qui peut passer inaperçue pendant un temps assez long, des années parfois. L'évolution de ces ruptures couvertes est inquiétante : une évolution vers une rupture complète inopinée ou un «bétonage médiastinal» (suintement de sang à travers la plaie) est toujours possible.
Le diagnostic se fait sur les circonstances de l'accident, les signes cliniques (inégalité du pouls et de pression artérielle entre les membres supérieurs et inférieurs, signes d'ischémie nerveuse, rénale, mésentérique, etc.) et les signes radiologiques (scanographie) d'hémomédiastin (élargissement du médiastin, disparition de la netteté du contour de l'aorte, en particulier du bouton aortique, accentuation de l'opacité médiastinale, déviation vers la droite de la trachée et de l'œsophage (y placer une sonde), abaissement de la bronche souche gauche, atélectasie, extension de l'hématome vers l'apex - calotte apicale - et mise en évidence de la rupture par l'angiographie).
Le traitement est urgent et toujours chirurgical.

ligament pancréatico-aortique l.m.

pli gastro-pancréatique

ligne para-aortique gauche l.f.

left paraaortic line

lignes du médiastin

mamelon aortique l.m.

aortic nipple

En radiologie pulmonaire, opacité arrondie ou triangulaire visible sur le bord gauche du bouton aortique.
Il répond à la partie transversale de la veine intercostale supérieure gauche qui chemine le long de l'aorte et dont l'axe est parallèle au rayonnement incident. Il est visible surtout en cas d'augmentation de la pression veineuse (insuffisance cardiaque) ou du débit veineux (dérivations caves).

Syn. épine aortique

orifice aortique du cœur l.m.

ostium aortae cordis (TA)

aortic orifice of heart

Orifice de la base du ventricule gauche du cœur, situé en avant et à droite de l’orifice atrio-ventriculaire gauche.
Il mesure 60 à 70mm de circonférence. Il fait suite au vestibule aortique du ventricule gauche qu’il fait communiquer avec l’aorte. Son appareil valvulaire comporte trois valves aortiques.

Édit. 2017

orifice aortique du diaphragme l.m.

hiatus aortique du diaphragme

Édit. 2017

paraganglion aortique l.m.

corps para-aortiques

plexus nerveux aortique abdominal l.m.

plexus nervosus aorticus abdominalis (TA)

abdominal aortic plexus

Ensemble des éléments sympathiques et parasympathiques (nerfs et ganglions) disposés autour de l’aorte abdominale et qui se distribuent aux organes intra-abdominaux.
Ce sont, de haut en bas, les ganglions phréniques, le plexus coeliaque, les ganglions aortico-rénaux, le plexus mésentérique supérieur, le plexus intermésentérique, le plexus rénal, le plexus urétérique, le plexus ovarien ou testiculaire, le plexus mésentérique inférieur et le plexus rectal supérieur. Le plexus nerveux aortico-abdominal se prolonge dans les plexus iliaque et fémoral.

portion ascendante de la crosse aortique l.f.

aorte ascendante

rétrécissement aortique l.m.

aortic valvular stenosis

Cardiopathie liée à la réduction de l'orifice valvulaire aortique par des lésions le plus souvent dégénératives.
Par ordre décroissant de fréquence, l'étiologie de ce rétrécissement peut correspondre à une dégénérescence fibrocalcaire (maladie de Mönckeberg), à une bicuspidie congénitale ou aux séquelles d'un rhumatisme articulaire aigu. Le rétrécissement aortique congénital sur valvule tricuspide est exceptionnel. Les obstacles aortiques juxtaorificiels sont rares et d'origine congénitale (sténoses sus et sousvalvulaires).
La présence du rétrécissement valvulaire impose un gradient entre la cavité ventriculaire gauche et l'aorte dans laquelle le sang est éjecté. De ce gradient, qui tend à s'accroitre avec le temps, résulte un souffle systolique, rude et râpeux, maximal à l'extrémité interne du deuxième ou troisième espace intercostal, droit, irradiant en écharpe vers les vaisseaux du cou. Un clic protosystolique d'éjection peut suivre le premier bruit. Le second bruit peut être dédoublé ou éteint. Le souffle est parfois accompagné d'un frémissement à la base du cœur. Le rétrécissement aortique s'accompagne d'une hypertrophie du ventricule gauche dont la fonction contractile systolique est longtemps préservée tandis que les altérations de sa fonction diastolique sont précoces et souvent importantes. L'apparition des symptômes (angor, décompensation cardiaque gauche puis globale, syncopes d'effort) atteste de la sévérité de l'affection et de son mauvais pronostic. Le diagnostic repose sur l'examen clinique et, parmi les examens techniques, surtout sur l'échocardiogramme.
Le rétrécissement aortique serré mérite, surtout s'il est symptomatique, une intervention qui, selon le cas, consistera en un remplacement valvulaire par prothèse, très rarement en une valvulotomie chirurgicale ou dans des circonstances plus exceptionnelles, en une dilatation valvulaire au ballonnet.

J. G. Mönckeberg, anatomopathologiste allemand (1903)

Sigle RA

Mönckeberg (maladie de)

rétrécissement aortique calcifié l.m.

calcified aortic stenosis

Diminution du calibre de l'orifice aortique calcifié faisant obstacle à l'évacuation du ventricule gauche, d'origine le plus souvent dégénérative et manifestée surtout à la septième ou la huitième décennie.
Les complications neurologiques sont des syncopes (exceptionnellement des morts subites) et des embolies cérébrales. En dehors de valvulopathies associées ou d'endocardites infectieuses, on distingue les petites embolies calcaires, à l'origine d'accidents rétiniens transitoires ou permanents, et des embolies plus volumineuses, en général provoquées par la manipulation de la valve (valvuloplastie percutanée, passage de cathéter), à l'origine d'infarctus cérébraux sévères.
Le traitement chirurgical, qui comporte une mortalité de 7% par défaillance cardiaque et des accidents vasculaires cérébraux per- ou post-opératoires (ces derniers de 14%), permet un bénéfice fonctionnel généralement spectaculaire.
Sigle. RAC

chirurgie cardiaque et accident vasculaire cérébral, rétrécissement aortique, Mönckeberg (maladie de)

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