Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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phosphoglycéraldéhyde-déshydrogénase n.f.

phosphoglyceraldehyde-dehydrogenase

Enzyme catalysant la déshydrogénation du phosphoglycéraldéhyde en diphospho-1,3-glycérate, en présence d'acide phosphorique et de NAD+ qui se trouve réduit en NADH,H+.
Cette réaction est la plus importante de la glycolyse puisque c'est elle qui transforme l'énergie d'oxydation en une énergie de liaison anhydride phosphorique (oxydoréduction phosphorylante).
La phosphoglycéraldéhyde-déshydrogénase est présente dans toutes les cellules vivantes, et représente 10 % des protéines de la levure. Elle contient du zinc et a dans son site actif une fonction thiol, qui intervient dans la réaction en se liant à la fonction aldéhyde, liaison que le transfert d'hydrogène transforme en liaison anhydride acyl-thiol. Elle est inhibée par les réactifs des fonctions thiol (p-chloromercuribenzoate, iodacétate, etc.). Le transfert d'hydrogène intéresse la position B du NADH. L'enzyme isolé du muscle a une masse moléculaire de 138 kDa et cristallise avec 2 molécules de NAD.

Syn. glycéraldéhyde-3-phosphate-déshydrogénase

phosphomutase n.f.

phosphomutase

Enzyme de la classe des isomérases catalysant le transfert d'un radical phosphoryle d'un point à l'autre d'une molécule.
Par Ex. la glucophosphomutase qui réalise l'équilibre glucose-6-phosphate< → glucose-1-phosphate.
Cette réaction est en fait plus complexe, car elle nécessite la synthèse préalable d'une molécule de glucose-1,6-diphosphate, qui se trouve régénéré à la fin de la réaction :
glucose-6-phosphate + enzyme phosphorylé <→ glucose-1,6-diphosphate + enzyme déphosphorylé <→ glucose-1-phosphate + enzyme phosphorylé.

phosphorylase n.f.

phosphorylase

1) Enzyme qui catalyse la phosphorolyse d'un composé par l'acide orthophosphorique.2) Plus spécifiquement, enzyme catalysant la phosphorolyse des liaisons glucosidiques 1→4 des chaînes d'amylose (amylose-phosphorylase). Les phosphorylases existent dans la plupart des tissus animaux et végétaux. Elles catalysent le transfert du radical glucosyle sur l'acide orthophosphorique, formant un glucose-1-phosphate et laissant un polyglucoside amputé d'un glucose. L'action de l'enzyme se poursuit tant que la chaîne polyglucosidique 1→ 4 ne comporte pas de ramification (liaison 1→ 6).L'amidon et le glycogène ne sont donc pas complètement attaqués et il reste une dextrine-P à la fin de la réaction : la proximité d'un groupe glucose uni par une liaison 1→ 6 inhibe l'action de la phosphorylase, qui laisse une petite chaîne de 4 groupes glucose unis en 1→ 4 sur chaque point de ramification. Les phosphorylases catalysent aussi la réaction inverse, permettant d'attacher des glucoses en 1→ 4 sur un polyglucoside à partir de glucose-1-phosphate. Selon les tissus, les phosphorylases ont des structures un peu différentes : l'enzyme du muscle existe sous deux formes : phosphorylase a et b. La phosphorylase b n'est pas directement active, mais elle est activée par l'acide adénylique (qui est produit dans la rupture de l'ATP au cours de la contraction musculaire). Elle peut être trans­formée en phosphorylase a directement active, sous l'influence d'une phosphorylase-kinase et d'ATP, qui fixe 4 radicaux acide phosphorique, permettant la dimérisation de la phosphorylase phosphorylée : 2 phosphorylases b + 4 ATP→ 4 ADP + 1 phosphorylase a. La phosphorylase a est transformable en phosphorylase b par une phosphorylase-phosphatase qui hydrolyse les liaisons ester phosphorique de l'enzyme. Dans le foie, la phosphorylase existe aussi sous deux formes : phosphorylée, directement active, et non phosphorylée, inactive (déphospho-phosphorylase) ; celle-ci est phosphorylée par une déphosphophosphorylase-kinase dont l'action est déclenchée par l'adrénaline ou le glucagon (ou plutôt par l'acide adénylique cyclique qui se forme sous son influence). La phosphorylase est l'enzyme qui permet aux cellules animales d'utiliser les réserves de glycogène en les transformant en glucose-phosphate métabolisable.

Syn. glycogène-phosphorylase

protéines de l'inflammation l.f.p.

acute phase proteins

Protéines du sérum dont la concentration augmente pendant une infection ou une réaction inflammatoire et qui sont synthétisées par les hépatocytes lors d’une stimulation par des cytokines telles que l’interleukine-6.
Les principales protéines de l’inflammation sont la protéine-C réactive (CRP), la protéine de liaison du LPS (LPS-BP), la galectine (lectine de liaison du galactose ou protéine Mac-2), les protéines C3, C4 et le facteur B du complément, l’haptoglobine, le fibrinogène, l’orosomucoïde, l’α1-antitrypsine et la substance amyloïde sérique SAA. La mesure de la protéine C-réactive, dont la demi-vie est de quelques heures, est un marqueur très sensible de la réaction inflammatoire.

psoralène n.m.

psoralen

Groupe de substances photosensibilisantes, isomères des furocoumarines, utilisées en dermatologie en association à des expositions aux rayons ultraviolets A : appliqués localement sur la peau et en bain ou administrés per os, les psoralènes potentialisent l'action cutanée de ces rayons, jouant le rôle de photocatalyseurs.
Leur mécanisme d'action n'est pas précisément connu : inhibition de la multiplication cellulaire par liaisons avec l'ADN (réaction de type I, non oxygénodépendante), ou lésions cellulaires résultant de la formation de radicaux libres (réaction de type II, oxygénodépendante), avec, sur le plan thérapeutique, un effet antimitotique sur les cellules épidermiques et les infiltrats dermiques superficiels, une action immunosuppressive, et une activation de la mélanogénèse. Les principaux psoralènes utilisés en thérapeutique sont le 8-méthoxypsoralène et le 5-méthoxypsoralène.

balnéoPUVAthérapie, photochimiothérapie, PUVAthérapie, méthoxypsoralène, photothérapie

réacteur nucléaire l.m.

nuclear reactor

Installation industrielle destinée à réaliser la fission contrôlée et à permettre l'utilisation du flux de neutrons qui en résulte (production d'isotopes radioactifs) ou de la chaleur qui y est dégagée (production d'électricité).
Le cœur du réacteur contient des barres de matière fissible, généralement 238U, entourées d'un milieu ralentisseur des neutrons et dans lequel plongent des barres de cadmium, absorbeur de neutrons. Le réglage de celles-ci maintient à un niveau constant le flux de neutrons produit par la réaction en chaine et éventuellement stoppe la réaction.
La chaleur dégagée est évacuée par un circuit primaire vers un échangeur où elle génère la vapeur sous pression qui actionne une turbine entraînant un alternateur (production d'électricité) ou une hélice (propulsion de navire).
Des canaux permettent d'introduire dans le cœur les matériaux à exposer au flux de neutrons pour la production d'isotopes radioactifs.
De robustes enceintes assurent le confinement des éventuelles fuites radioactives et l'isolement du cœur en cas d'emballement.

Syn. pile atomique

fission

réactif n.m.

reagent

1) Substance capable de produire une réaction, de modifier plusieurs caractères physiques d'une autre substance.
Ex. : la diméthylglyoxime est un réactif du nickel, du fer, du bismuth, etc.
Le réactif est dit sélectif quand il indique la présence d'un petit nombre d'ions ou de substances, et spécifique (ou caractéristique), quand il ne donne des indications qu'avec une seule substance.
2) Substance nécessaire pour que deux autres substances réagissent l’une sur l’autre : un réactif étant nécessaire pour un grand nombre d’épreuves biochimiques, les réactifs sont indispensables aux laboratoires d’analyses biologiques
3) Anticorps permettant de mettre en œuvre une réaction immunologique.
Par ex. réactif pour la détermination des groupes sanguins érythrocytaires.

réaction croisée l.f.

cross sensibility

Réaction immunologique entre plusieurs antigènes  différents  et un anticorps formé contre l'un d'eux, ou entre un anticorps et un antigène différent de celui qui a provoqué la formation de cet anticorps.
La réaction croisée peut être due à la présence de deux épitopes identiques ou similaires sur les deux antigènes, p. ex. à la fixation du même haptène sur deux macromolécules différentes.

réaction lépreuse l.f.

leprosy reaction

Ensemble d'épisodes aigus d'origine immunologique, survenant au cours de l'évolution de la lèpre.
On en distingue 2 types : les réactions de type 1 correspondent à un changement de la réponse immunitaire du patient vis-à-vis du bacille de Hansen : soit renforcement de cette réponse (ou réaction de réversion), soit diminution (ou réaction de dégradation); les réactions de type 2, qui comprennent l'érythème noueux lépreux et le phénomène de Lucio, sont des maladies à immuns complexes.

Syn. état réactionnel lépreux

lèpre

résilience n.f.

Capacité d'un individu à gérer efficacement les émotions lors d'une situation d'adversité et à s'enrichir de nouvelles compétences à partir de cette situation.
Terme que la psychologie a emprunté à la physique : capacité d'un corps à résister à une contrainte physique. Alain Rey a donné une excellente étude sémantique de ce terme complexe : « Comme ce qu’il exprime, résilience est un mot à ressort. Son origine latine est très claire : resilire, qui a produit notre verbe résilier, est un composé du latin salire « sauter », re-indiquant un mouvement vers l’arrière. D’où le sens pris par le verbe latin en droit, au Moyen Age : « Se rétracter, se dégager en se libérant d’un contrat ». Cependant, le participe passé de ce verbe, resiliens, est absorbé au XVIIIe siècle par la langue anglaise qui retient du « saut » l’idée de réaction après un choc. La notion de résilience, dans la langue de Shakespeare, passe du rebond à un indice de résistance au choc dont la définition technique fait appel à une énergie cinétique cause de rupture dans son rapport à la surface. Quand ce terme passe en français, au début du XXe siècle, résilience peut rimer avec résistance, bien que sauter [salire] n’ait rien à voir avec se tenir droit [stare]. A l’opposé de la résiliation, « qui abandonne », la résilience célébrée en psychologie par Boris Cyrulnik est un dynamisme, une aptitude heureuse. Il s’agit, après les coups et les chocs affectifs de surmonter, réagir, rebondir. La résilience, réaction vitale lorsqu’elle ne concerne plus les métaux mais les êtres vivants, évoque une sorte d’immunologie psychique ».
Alain Rey a donné une excellente étude sémantique de ce terme complexe : « Comme ce qu’il exprime,résilience est un mot à ressort. Son origine loris Cyrulnik, psychiatre et psychanalyste français (né en 1937) - La Résilience ou Comment renaître de sa souffrance,  éd. Fabert, collection « Penser le monde de l'enfant », Paris, 2004
Alain Rey, auteur du Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert - in bulletin de l’Ordre des Médecins – septembre 2006

Emmy Werner, psychologue américaine (1954) et Ruth S.Smith, psychologue clinicienne américaine - Overcoming the Odds. High Risk Children from Birth to Adulthood Cornell University Press, Ithaca-London (1992)

Étym. lat. resilio : résister, rebondir

Réf. E. Werner  et R. S. Smith, - Overcoming the Odds. High Risk Children from Birth to Adulthood,
Cornell University Press, Ithaca-London (1992)
Cyrulik B. : La Résilience ou Comment renaître de sa souffrance
Paris, éd. Fabert, collection "Penser le monde de l'enfant", 2004
A. Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert - in bulletin de l’Ordre des Médecins – septembre 2006

réveil (test de) l.m.

recovery test

Procédé d'évaluation des fonctions intellectuelles supérieures et de la coordination psychomotrice au décours d'une anesthésie générale ou locorégionale.
L'anesthésie réduit temporairement les performances des fonctions cognitives et de coordination des appareils sensoriels et moteurs dépendant du système nerveux central. On apprécie le réveil par des tests cliniques simples ou par des épreuves plus complexes. Ces tests peuvent aider à autoriser la sortie après une anesthésie ambulatoire. Cliniquement, on étudie la station debout, la marche en ligne droite et la posture avec une épreuve de Romberg.
Le score d'Aldrete, de 0 à 10 (calqué sur celui d'Apgar) comporte 5 items : pression artérielle, ventilation, motricité, conscience, coloration cutanée, cotés chacun de 0 à 2. La sortie de la salle de réveil est autorisée si le score est supérieur à 8.
Adaptés des tests utilisés en psychologie, les tests psychomoteurs ne sont employés que pour des recherches scientifiques. On utilise :
- l'étude de la rapidité de réaction, barrer une lettre donnée dans un texte écrit, temps de réaction visuelle, test de traçage (test de Trieger-Newman) ;
- le simulateur de conduite ;
- l'étude des saccades oculaires (par électrooculographie) ;
- la stabilométrie (équitest simplifié).
Après une anesthésie générale les tests sont perturbés pendant 90 à 180 minutes, voire plus. L'effet résiduel des médicaments dépend du patient (âge, antécédents) et de la nature des médicaments.

Virginia Apgar, anesthésiologiste américaine (1953) ; J. A. Aldrete, anesthésiologiste mexicain (1970) ; N. D. Trieger et M. G. Newman, stomatologues américains (1969)

Apgar (score d'), stabilométrie, Trieger-Newman (test de)

saponification n.f.

saponification

Réaction inverse de l'estérification, dans laquelle un ester, et plus spécialement un lipide, est hydrolysé sous l'action d'une base ou d'un enzyme comme la lipase pancréatique, en alcool (le glycérol) et en acide gras, sous forme de savon.
Cette réaction a été employée pour distinguer les trois types d'alcools. Elle est mise à profit industriellement pour la fabrication des savons et des bougies. En pathologie, la saponification apparaît dans la cytostéatonécrose, particulièrement au niveau du tissu adipeux du pancréas dans la pancréatite aigüe nécroticohémorragique.

sarcoïdose sur cicatrice l.f.

scar sarcoidosis

Lésion cutanée spécifique intégrée à une sarcoïdose prouvée car comportant d'autres manifestations cutanées ou viscérales, mais développée sur le site d'une cicatrice posttraumatique ou chirurgicale ancienne.
Le réveil avec tuméfaction d'une cicatrice souvent vieille de plusieurs dizaines d'années est évocateur de sarcoïdose; histologiquement, le développement de la réaction granulomateuse autour de corps étrangers, comme des particules de silice, ne permet pas d'affirmer qu'il s'agit d'un simple granulome à corps étranger, car cette réaction granulomateuse peut être observée au cours d'une authentique sarcoïdose : un bilan général est de toutes façons nécessaire.

sarcoïdose, granulome silicotique

sérum antilymphocytaire l.m.

antilymphocyte serum

Immunsérum animal contenant des anticorps antilymphocytes humains utilisé comme immunosuppresseur.
Préparé par l'injection de préparations purifiées de lymphocytes à des espèces différentes, il exerce des effets immunosuppresseurs puissants, en particulier sur les réactions à médiation cellulaire (rejet de greffe, réaction du greffon contre l'hôte).
Les sérums antilymphocytaires utilisés en pathologie expérimentale et humaine sont des hétéro-antisérums. Ces sérums xérogéniques, préparés par l'injection de préparations purifiées de lymphocytes à des espèces différentes,  exercent des effets immunosuppresseurs puissants, en particulier sur les réactions à médiation cellulaire (rejet de greffe, réaction du greffon contre l'hôte).
Des sérums antilymphocytaires et leurs dérivés (globulines antilymphocytaires, anticorps antilymphocytes humains monoclonaux natifs ou humanisés) ont fait l’objet d’études ou d’utilisation clinique en immunité de transplantation et dans certaines maladies comme la polyarthrite rhumatoïde.
Certaines immunoglobulines antilymphocytaires sont obtenues à partir de sérum d’animaux immunisés avec des thymocytes humains.

Sigle  : SAL

suicide (fonctions du) l.f.p.

suicidal functions

Démarche d'approfondissement de la conduite suicidaire, effectuée initialement par E. Stengel (1964), qui permet de mieux dégager, pour chaque cas, sa valeur de communication et ses principales significations, si possible au-delà du contenu manifeste.
Ces fonctions sont les suivantes : auto-agressivité, surtout dans la dépression mélancolique ; hétéroagressive, associée à un retournement de l'agressivité contre soi-même (S. Freud) ; appel à un entourage vécu comme indifférent ou hostile afin qu'il intervienne ; chantage ; fuite devant une situation inacceptable ou une douleur excessive ; ordalique, où prévaut le "jugement de Dieu". Cette série est complétée par la notion de suicide dans le cadre d'une réaction catastrophique (réaction non mentalisée, "en coupe-circuit", comparable aux crises excitomotrices).
Le plus souvent, la complexité de chaque situation fait apparaître l'association de plusieurs fonctions, qui peuvent évoluer en cas de récidive.
Malgré le désir de mort toujours présent, cette tentative de réduction des tensions internes, dans son ambivalence vie-mort, peut s'inscrire à la limite comme une tentative de résolution d'un problème de vie.

E. Stengel, psychiatre britannique (1964)

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide

synthase n.f.

synthase

Enzyme catalysant une réaction de synthèse sans consommer d'ATP.
Les synthases sont le plus souvent des lyases qui catalysent la réaction inverse, d'addition sur une double liaison. Pour certains biochimistes, le terme est synonyme de synthétase, et, p. ex. citrate-synthétase est le terme souvent utilisé en français pour la citrate-synthase.

ATP, lyase, synthétase

syphilis n.f.

- secondaire, caractérisée par une dissémination septicémique avec atteinte multiviscérale possible, mais essentiellement cutanée,

- tertiaire, survenant après une période de latence qui peut durer quelques années, avec possibilité de gommes syphilitiques, aortite, paralysie générale et tabès.
Les antigènes du spirochète induisent une réaction immunitaire humorale avec deux types d’anticorps : les réagines non spécifiques et les anticorps spécifiques (la classique réaction de Bordet-Wassermann est aujourd’hui abandonnée car insuffisamment sensible et spécifique).
Le traitement de choix est la pénicilline ou ses dérivés.
Syn. mal de Naples, mal français, lues venerea, vérole (grande vérole), tréponématose vénérienne

F. Schaudinn, zoologiste et E Hoffmann, médecin allemands (1905) ; J. Bordet, immunologiste et microbiologiste belge, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de Médecine en 1919 (1870-1961) A. von Wassermann, immunologiste et bactériologue allemand (1906)

Étym. Syphilus, berger malade, héros du poème de Fracastor, 1530 ; lues, du latin lues : peste

tréponème

techniques d'amplification génique l.f.p.

nucleic acid amplification technique

Méthodes qui ont pour but d'augmenter le nombre de copies d'un segment cible d'acides nucléiques (ADN ou ARN) de manière à permettre sa détection.
- La réaction de la polymérisation en chaîne (PCR) fut la première méthode mise au point en 1983. Le nombre de cycles nécessaires pour obtenir 106 copies va de 20 à 40.
- La réaction de ligature en chaîne (LCR) permet d'obtenir 106 copies d'ADN après 20 à 40 cycles d'amplification.
- L'amplification utilisant la transcription inverse de l'ARN (TMA) permet d'obtenir un facteur d'amplification de 106 après 4 cycles d'amplification, en théorie.
- L'amplification par déplacement d'un brin d'ADN (SDA) permet d'obtenir une amplification de 107 en 2 heures.
Les cibles sont communes aux espèces du "complexe tuberculosis". Elles ne permettent pas la distinction entre chacune des mycobactéries de ce complexe M. tuberculosis, M. bovis et M. africanum, le plus souvent.
Ces techniques ne remplacent pas la culture. En cas de prélèvement à examen positif elles permettent d'affirmer ou d'infirmer qu'il s'agisse de mycobactéries du "complexe tuberculosis" en particulier chez les patients positifs au VIH et chez les patients porteurs d'affections respiratoires chroniques.
Si les prélèvements sont négatifs à l'examen microscopique, ces tests ne sont pas recommandés actuellement.

Sigle TAG

titre en anticorps l.m.

antibody titer

Donnée numérique qui définit le contenu d'un sérum en anticorps spécifiques en tenant compte à la fois de l'affinité de ces anticorps et de leur concentration.
La mesure d’un titre d’anticorps s’appuie sur une réaction antigène-anticorps pratiquée avec des dilutions successives du sérum. Le titre correspond à l’inverse de la plus grande dilution susceptible d’induire une réaction positive.

transamidination n.f.

transamidination

Réaction de transfert d'un radical amidine NH=C-NH2 d'un composé à un autre.
Une transamidination permet la synthèse de glycocyamine (précurseur de la créatine) à partir de glycine et du radical amidine de l'arginine.
On peut aussi considérer le transfert du radical amidine sur une molécule d'eau (réaction terminale de l'uréogénèse catalysée par l'arginase) comme une transamidination. La transamidination de l'acide  α--aminobutyrique conduit à l'acide  α--guanidobutyrique qu'on trouve dans le cerveau.

transaminase n.f.

transaminase

Famille d’enzymes catalysant le transfert d’un groupement amine (- NH2) entre deux molécules carbonées.Les transaminases (ou amino-transférases) ont pour coenzyme le pyridoxal-phosphate, qui intervient dans la réaction en se combinant à la fonction amine pour former ensuite le pyridoxamine-phosphate, qui transfère secondairement son radical NH2 sur l'accepteur. Celui-ci est presque toujours spécifiquement l'α-cétoglutarate, qui se trouve transformé en glutamate. Le substrat aminé est lui-même transformé en produit carbonylé (cétonique ou aldéhydique). Les principales transaminases sont celles qui désaminent les acides α-aminés naturels. Les deux plus actives dans les tissus sont l'alanine-transaminase (ALAT) et l'aspartate-transaminase (ASAT), anciennement appelées glutamate-pyruvate-transaminase (SGPT) et glutamate-oxaloacétate-transaminase (SGOT) en précisant les substrats de la réaction inverse:CH3-CH(NH2)-COOH + COOH-(CH2)2-CO-COOH <→CH3-CO-COOH + COOH-(CH2)2-CH(NH2)-COOHOn connaît aussi les transaminases spécifiques d'autres acides α-aminés (cystéine, glycine, tyrosine, leucine, cynurénine, asparagine, glutamine). On appelle ω -transaminases celles qui désaminent les acides ω -aminés (ornithine, γ-amino-butyrate, β-alanine). Les transaminases jouent un rôle dans la désamination des acides aminés et dans la glyconéogénèse. Leur activité augmente dans le foie ou le rein sous l'effet inducteur du cortisol. Le pH optimum des transaminases est voisin de 7,5. Les transaminases sont présentes dans tous les types cellulaires et dans tous les tissus, en particulier le foie, le rein, le cœur et le cerveau. Les transaminases passent dans le sang lors de diverses lésions tissulaires. Les ASAT sont situées de façon préferentielle dans le myocarde et les muscles squelettiques et les ALAT principalement dans le foie. De ce fait, le dosage des transaminases sanguines est utile comme moyen de diagnostic de certaines affections. Si le dosage de l’ASAT n’est plus utilisé dans le diagnostic de l'infarctus du myocarde, celui de l’ALAT, souvent associé à celui de l’ASAT, est très utilisé, pour le diagnostic et le suivi des atteintes hépatiques (surtout des hépatites virales). Les valeurs habituellement trouvées dans le plasma des sujets normaux sont inférieures à 40 UI/L. à 37°C.

Syn. amino-transférase, aminophérase (désuet)

transamination n.f.

transamination

Réaction générale de transfert d'un groupement aminé d'un acide aminé à un acide alpha-cétonique, ce dernier devenant un acide aminé et le premier un composé cétonique :
R-CH(NH2)-COOH + R'-CO-COOH <→ R-CO-COOH + R'-CH(NH2)-COOH
Cette réaction est catalysée par une transaminase dont le coenzyme est le phosphate de pyridoxal ; le phosphate de pyridoxamine est le composé intermédiaire ayant fixé transitoirement la fonction aminée et celle-ci sera transférée ultérieurement à l'acide α-cétonique.
La transamination constitue un moyen de désamination indirecte des acides aminés et le système acide α-cétoglutarique-acide glutamique y joue un rôle important : alanine + acide α-cétoglutarique → acide pyruvique + acide glutamique, acide aspartique + acide α-cétoglutarique → acide oxaloacétique + acide glutamique. L'acide glutamique libère l'ammoniac sous l'effet d'une glutamodéshydrogénase spécifique (enzyme à Nicotinamide-Adénine-Dinucléotide (NAD) en régénérant l'acide α-cétoglutarique. Certains acides aminés se transaminent activement (alanine, acide aspartique, valine, leucine, isoleucine, tyrosine, phénylalanine, méthionine, tryptophane, arginine, cystéine, acide γ-aminobutyrique), d'autres se transaminent plus faiblement (glycine, ornithine, diiodotyrosine, dihydroxy-phénylalanine), d'autres encore se transaminent peu (sérine, histidine, lysine, citrulline, acide α-amino-isobutyrique). La glutamine peut remplacer l'acide glutamique : L-glutamine + acide α-cétonique → acide α-cétoglutaramique + acide α-aminé. La fonction amine en α d'une fonction acide peut subir la transamination : acide α-aminobutyrique + acide α-cétoglutarique → semi-aldéhyde succinique + acide L-glutamique. Les réactions de transmination étant réversibles, certains acides aminés (non indispensables) peuvent être synthétisés à partir de leur acide α-cétonique si celui-ci est formé dans l'organisme. La transamination est donc un processus général de dégradation et de synthèse des acides aminés. 

transsulfuration n.f.

transsulfuration

Réaction dans laquelle le soufre est transféré d'une molécule à l'autre.
L'exemple le plus connu est celui du transfert du soufre de la méthionine à la cystéine par l'intermédiaire de la cystathionine :
La cystéine, au cours de cette réaction, n'a reçu de la méthionine que le soufre ; tous les carbones et le groupe aminé proviennent de la sérine.

 méthionine homocystéine + -CH3 ,homocys téine + sérine cystathionine ,cystathionine cystéine + acide α-cétobutyrique.

trichophytine n.f.

Mélange complexe d’antigènes obtenus à partir de dermatophytes du genre Trichophyton.
Il est utilisé pour pratiquer une intradermoréaction, par injection intradermique d’une dilution à concentration variable, afin de mettre en évidence une réaction d’hypersensibilité retardée ou immédiate aux champignons du genre Trichophyton. En cas de réaction positive, il apparait une papule érythémateuse. La lecture a lieu 24, 48 et 72 heures après injection.

trouble de stress post traumatique (TSPT) l.m.

 posttraumatic stress disorder (PTSD) 

Réaction psychologique survenant  de quelques jours à quelques mois après une agression physique ou psychologique très violente (guerre, attentat, catastrophe naturelle).
La réaction immédiate est une peur intense, un sentiment d'impuissance, d'horreur. Le TSPT retardé se traduit par des réminiscences, souvent sous forme de cauchemars, des conduites d'évitement, une hyperstimulation. Ces symptômes durent au moins un  mois, et provoquent un handicap social, occupationnel,  relationnel.
Le traitement est psychologique et / ou médicamenteux.

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