Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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antimitotique adj.

antimitotic

Se dit d’une substance chimique capable d’arrêter le développement des cellules cancéreuses.
Les antimitotiques comprennent les moutardes, les antimétaboliques (antipuriques, antipyrimidiques, antifoliques), certains alcaloïdes végétaux (vincristine, vinblastine), des antibiotiques antitumoraux agissant directement sur l’ADN, et certains enzymes.

Syn. antinéoplasique

antinéoplasiques n.m.p.

antineoplastic agents

Terme générique pour toute substance utilisée dans le but de détruire les cellules cancéreuses ou d'en empêcher la prolifération.
Cette action s'accompagne habituellement d'un effet toxique, particulièrement net sur les tissus normaux à renouvellement rapide (système hématopoïétique et épithélium digestif notamment).

Syn. anticancéreux, antimitotique, cytostatique

→ antimitotique

anti-œstrogène n.m.

antioestrogen

Médicament de synthèse occupant, avec des effets œstrogéniques très limités, les récepteurs cellulaires aux œstrogènes des cellules cibles, exerçant donc un effet d’antagonisme compétitif au niveau des récepteurs.
Les plus utilisés sont le citrate de clomiphène pour l'induction de l'ovulation, et le tamoxifène pour le cancer du sein hormonodépendant chez la femme ménopausée. A cause de ses effets œstrogéniques, ce dernier peut entraîner une hyperplasie, voire un cancer de l'endomètre.

anti-oxygène n.m.

antioxygen

Substance inhibant la formation de métabolites de l'oxygène, qui sont particulièrement réactifs et agressifs pour les cellules.
Les vitamines E (tocophérol) et C (acide ascorbique) sont des anti-oxygènes naturels.

→ anti-oxydant

anti-PfMDR (médicaments) l.m.p. sigle angl. pour Plasmodium falciparum Malaria Drug Resistance

anti-PfMDR drugs

Médicaments tels que le vérapamil ou la désipramine, capables de restaurer la chloroquino-sensibilité de souches de Plasmodium falciparum résistantes, comme ils modulent la résistance de cellules cancéreuses.
En fait, ces produits n’ont jamais eu de réelles applications pratiques dans le traitement du paludisme, pour diverses raisons notamment liées aux risques d’effets indésirables aux doses actives.

Syn. médicaments "réverseurs"

antiphospholipide n.m.

antiphospholipide

Anticorps spécifique d’un phospholipide membranaire.
Certains phospholipides peuvent avoir des propriétés hapténiques : en particulier les cardiolipides, qui sont présents dans les membranes de bactéries et dans les mitochondries de cellules animales, surtout cardiaques.
Les phosphatidylsérines, qui peuvent apparaître à la surface externe des membranes cellulaires associées à une bêta2 glycoprotéine-I sont reconnues par un auto-anticorps circulant et sont impliquées dans le syndrome des antiphospholipides.
Les syndromes des antiphospholipides entraînent des accidents thrombotiques et peuvent se manifester par des fausses couches répétées.

→ syndrome des antiphospholipides

antisécrétoire gastrique l.m.

gastric secretion inhibitor

Substance inhibant la sécrétion acide gastrique.
Les antisécrétoires gastriques sont utilisés dans les états d'hypersécrétion acide. Dans ce groupe, il faut citer :
- les anticholinergiques (les premiers disponibles),
- les anti-H2 qui bloquent de façon sélective les récepteurs membranaires H2 de l’histamine des cellules pariétales (cimétidine, ranitidine),
- les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) qui bloquent l’activité de l’enzyme H+K+ ATPase (oméprazole, lansoprazole, pantoprazole, rabeprazole).

antitrypsine (clairance) l.f.

antitrypsin clearance

Test mesurant la vitesse de disparition de l’antitrypsine plasmatique.
Comme l'alpha1-antitrypsine résiste bien à l'activité protéolytique des enzymes pancréatiques et bactériens, elle peut servir de marqueur endogène pour la mesure fécale des pertes protéiques d'origine plasmatique, et sa clairance peut être évaluée, car elle est un bon reflet de l’exsudation protéique dans le tube digestif.
Son dosage dans le sang et les selles est facile par immunodiffusion radiale. La clairance se calcule par le rapport entre le débit fécal de l’alpha1-antitrypsine et son taux sérique (elle est normalement inférieure à 12 mL/j).
Les selles sont recueillies en totalité pendant 3 jours et un échantillon sanguin est prélevé durant cette période.
Les limites de la méthode étant liées à la destruction de l'alpha1-antitrypsine au-dessous de pH 3, elle ne peut servir à mesurer les pertes protéiques plasmatiques intragastriques.
Les protéines plasmatiques peuvent traverser en excès la muqueuse intestinale (élévation de la clairance de l’alpha1-antitrypsine) lorsque celle-ci est enflammée ou ulcérée (par ex. maladie de Crohn, lymphome malin), lorsqu’il existe un renouvellement trop rapide des cellules de la muqueuse (par ex. dans la maladie cœliaque), lorsque la pression lymphatique est trop élevée (par ex. envahissement des structures lymphatiques par une affection néoplasique, insuffisance cardiaque droite), ou lorsque les canaux lymphatiques de la paroi digestive sont dilatés et se rompent dans la lumière digestive (par ex. lymphangiectasie digestive). La mesure de la clairance de l’alpha1-antitrypsine est aussi utile pour la surveillance de l’efficacité du traitement de la maladie causale.

antre folliculaire l.f.

follicular antrum

Formation cavitaire intra-ovarienne emplie de liquide folliculaire, limitée en périphérie par la membrane de Slavjanski, formée de 5 à 6 assises de cellules de la granulosa.
Le follicule se situe dans les couches externes de la thèque ovarienne. Dans l'antre folliculaire saille le cumulus oophorus contenant l'ovocyte prémature.

antre mastoïdien l.m.

antrum mastoideum (TA)

mastoid antrum

Volumineuse cavité mastoïdienne communiquant en avant avec le récessus épitympanique par l’intermédiaire de l’aditus ad antrum.
Elle se développe dans la portion pétreuse de l’os temporal. Cette cellule aérique est présente dès la naissance; à partir d'elle se développent dans le processus mastoïde les autres cellules matoidiennes, plus petites jusqu'à l'age de 5 ans. Son infection est responsable d'une mastoïdite.

Syn. anc.  antre pétreux, antre tympanique, ductus tympanomastoïdeus.

[A1, P1]

Édit. 2020

AP-1 sigle angl. pour :

1) Activator Protein-1.
Protéine formée de deux sous-unités appartenant aux familles Jun et Fos (ou ATF), dimérisée par une fermeture-éclair à leucine.
Le terme AP-1 couvre un ensemble de facteurs de transcription inductibles homodimériques ou hétérodimériques, induits par divers stimulus (stress oxydant, cytokine, etc.).
AP-1 est un facteur de transcription provoquant l'expression de nombreux gènes de la réaction inflammatoire. Les corticostéroïdes liés aux récepteurs des glycocorticoïdes sont des antagonistes de cet effet transactivateur.
2) le premier des quatre Adaptor Protein complex AP-1, AP-2, AP-3, AP-4.
Protéine transmembranaire formée de quatre sous-unités qui sont associées avec les organites subcellulaires dans les cellules avec des voies d'endocytose ou de sécrétion.
AP-2 appartient à la membrane plasmique et participe à l'internalisation rapide des récepteurs d'endocytose.
AP-1, AP-3 et AP-4 sont associées aux membranes des vésicules transgolgiennes et des endosomes et jouent un rôle dans les mécanismes de sécrétion en liant à la membrane les protéines cargo qui transportent les produits de sécrétion.

apexite n.f.

apicitis

Inflammation des cellules de la pointe du rocher.

→ pétrosite, Gradenigo (syndrome de)

aphérèse n.f.

apheresis

Technique consistant à effectuer dans le sang d'un donneur ou d'un malade un prélèvement du plasma, des érythrocytes, des leucocytes ou des thrombocytes grâce à un séparateur de cellules.
Elle permet l'épuration d'un composant sanguin en excès, immunoglobulines dans le myélome, plaquettes dans la thrombocytose. L'aphérèse est la technique qui, à partir d'un donneur unique, permet d'obtenir un concentré plaquettaire contenant un nombre de plaquettes suffisant pour compenser une thrombopénie majeure en réduisant le risque d'immunisation.

Étym. gr. aphairesis : suppression

aplasie maculaire l.f.

macular aplasia

Absence de pigmentation, de reflet et d'entonnoir fovéolaire.
Histologiquement les cellules ganglionnaires persistent à l’emplacement de la fovéola et il n'y a pas de bouquet de cônes centraux. On la trouve dans l'albinisme oculaire, certaines aniridies et certains colobomes du nerf optique.

Étym. gr. a privatif ; plassein : façonner

aplasie papillaire l.f.

papilla aplasia

Absence de nerf optique, de cellules ganglionnaires, de vaisseaux rétiniens sur un œil le plus souvent microphtalme avec d'autres malformations oculaires (cornéennes etc.).
Il existe des formes isolées et des formes associées à des anomalies de chiasma ou cérébrales antérieures (structures médianes).

Étym. gr. a privatif ; plassein : façonner

apocrine  adj.

apocrine

1) Se dit d’une glande dont la sécrétion est expulsée en même temps qu’une partie de la cellule où elle a été accumulée par boursouflement et décapitation de la portion apicale des cellules.
2) Se dit de cette sécrétion elle-même.
Ce type de sécrétion exocrine, intermédiaire entre mérocrine et holocrine, est aussi désigné sous le nom d’holomérocrine. Il concerne la glande mammaire et certaines glandes sudoripares.

Étym.  gr. apokrinô : j’exclus

Syn. holomérocrine

→ holocrine, mérocrine, glande sudorale apocrine

apudome n.m.

apudoma

Prolifération développée aux dépens des cellules APUD, telles que les carcinoïdes.

Étym. APUD acr. pour Amine Precursor Uptake Decarboxylation

aquarétique n.m.

aquaretic compound

Médicament augmentant la diurèse aqueuse (aquarèse) et dépourvu d’effets sur l’excrétion urinaire des électrolytes.
Les aquarétiques sont des inhibiteurs non peptidiques des récepteurs V2 de l’hormone antidiurétique (ADH), présents à la face baso-latérale des cellules épithéliales du tube collecteur des reins. L’activation de ces récepteurs est la première étape de la voie de signalisation de l’ADH conduisant à la réabsorption de l’eau. Ils n’ont pas d’effet sur l’excrétion urinaire du sodium et sont donc indiqués dans les hyponatrémies (insuffisance cardiaque, cirrhose, sécrétion inappropriée d’ADH). On les désigne sous le nom de vaptans. Le tolvaptan est un inhibiteur spécifique des récepteurs V2 alors que le conivaptan est un inhibiteur mixte des récepteurs V2 et V1.

→ ADH, diurèse aqueuse, hyponatrémie

arc cornéen l.m.

arcus cornealis

Anneau cornéen gris opaque de surcharge lipidique en périphérie de la cornée à la jonction sclérocornéene.
Extrêmement fréquent, il apparaît à tout âge, plus fréquent chez les gens âgés. Le plus souvent non héréditaire : athérosclérose, cholestérol. Constitué de dépôts lipidiques ou de dégénérescence hyaline de cellules et de lamelles cornéennes. L’affection est autosomique dominante (MIM 107800).

Syn. gérontoxon, arc sénile cornéen, xanthome cornéen, arc lipoïdique

argyrophilie n.f.

argyrophily

Capacité d'une cellule de fixer les sels d'argent.
Dans le tube digestif, c'est une caractéristique des cellules endocrines du système APUD (Amine and Amine Precursor Uptake and Decarboxylation), qui ne permet pas de mettre en évidence un type particulier de cellule au sein de ce système. Les colorations argyrophiles les plus utilisées pour mettre en évidence cette propriété sont celles de Grimelius, de Bodian et de Vevier-Munger. La plupart des tumeurs endocrines du tube digestif sont argyrophiles.

Étym. gr. argyros : argent; affinis : ami

Arias-Stella (images d') l.f.p.

Arias-Stella’s phenomenon

Aspect histologique de l'endomètre dont les cellules sont vacuolisées et ballonnées, au cours de la grossesse extra-utérine.

J. Arias-Stella, anatomopathologiste péruvien, Presidente de la Academia Nacional de Medicina (1954)

ARN nucléaire hétérogène l.m.

heterogenous nuclear RNA (hnRNA)

Ensemble de molécules d'ARN de masses moléculaires élevées et variées, présentes dans le noyau des cellules eucaryotes, et qui constitueraient les ARN pré-messagers en cours de maturation.
Symb. ARNnh

→ ARN messager

artère ethmoïdale antérieure l.f.

arteria ethmoidalis anterior (TA)

anterior ethmoidal artery

Branche collatérale de l’artère ophtalmique qui traverse le canal orbitaire antérieur, longe le bord latéral de la lame criblée de l’ethmoïde et pénètre dans la cavité nasale par le foramen ethmoïdal antérieur.
Elle vascularise la dure-mère de la fosse crâniale antérieure (rameau méningé antérieur), les cellules ethmoïdales antérieures, le sinus frontal, la partie antérieure et latérale de la muqueuse nasale, le septum nasal (rameaux septaux antérieurs) et la peau du dos du nez.

artioploïdie n.f.

artioploidy

Caractéristique des cellules polyploïdes dont l'équipement chromosomique est constitué d'un nombre pair de n chromosomes (4n, 6n, 8n, etc.).

ARX gene sigle angl. pour aristaless related homeobox

Gène situé sur le locus chromosomique Xp21.3, codant r les protéines homeobox liées à aristaless.
The ARX gene provides instructions for producing a protein that regulates the activity of other genes.Le gène ARX fournit des instructions pour produire une protéine qui régule l'activité d'autres gènes. On the basis of this action, the ARX protein is called a transcription factor. Sur la base de cette action, la protéine
ARX est un facteur de transcription. The ARX gene is part of a larger family of homeobox genes, which act during early embryonic development to control the formation of many body structures. Le gène ARX fait partie d'une plus grande famille de gènes de homeobox, qui agissent pendant le développement embryonnaire précoce pour contrôler la formation de nombreuses structures corporelles. Plus précisément, on pense que la protéine ARX est impliquée dans le développement du pancréas, des testicules, du cerveau et des muscles utilisés pour le mouvement (muscles squelettiques).
Dans le cerveau en développement, la protéine ARX est impliquée dans le mouvement (migration) et la communication des cellules nerveuses (neurones). En particulier, cette protéine régule les gènes qui jouent un rôle dans la migration des neurones spécialisés (interneurones) vers leur emplacement approprié. Des mutations du gène ARX ont été identifiées dans un large spectre de désordres neurologiques précoces, incluant ou non des malformations cérébrales, le plus souvent associés à des épilepsies. Ces mutations provoquent une lissencéphalie à prédominance frontale. Elles sont à l’origine du syndrome de Partington, du syndrome de West, de la lissencéphalie avec anomalies génitales liée à l’X et du syndrome de Proud-Levine-Carpenter.

Syn. aristaless-related homeobox, X-linked, ISSX, MRX29, MRX32, MRX33, MRX36, MRX38, MRX43, MRXS1, PRTS

→ syndrome des spasmes en flexion, Partington (syndrome de), West (syndrome de)

[H1,H3,O1,Q1,Q2]

Édit. 2017

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