Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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cognitivisme n.m.

cognitivism

Théorie explicative du fonctionnement psychologique de l'individu et modèle de compréhension des troubles émotionnels et comportementaux (A. Beck et A. Ellis).
Le cognitivisme considère que de nombreux troubles (dépressifs et anxieux surtout) sont liés aux cognitions (pensées automatiques surgissant à l'esprit, images mentales, etc.) présentes chez le sujet à des moments donnés (p. ex. : "Je vais m'évanouir" ou "Je dois avoir l'air stupide" ou "J'échoue dans tout ce que j'entreprends").
Le cognitivisme utilise le modèle métaphorique du traitement de l'information : dans une situation donnée ("input"), l'individu "traite" les informations qu'il reçoit de son environnement pour produire une interprétation de cette situation sous la forme de cognitions ("output"). Celles-ci peuvent être irrationnelles, inadaptées, donc source d'émotions pénibles et de comportements-problèmes quand des erreurs de traitement de l'information (distorsions cognitives) ont pu se produire dans la lecture de l'environnement. D'autres variables cognitives, plus profondes dans l'organisation psychologique de l'individu, contrôlent à la fois le traitement de l'information et les cognitions du sujet : ce sont ses schémas cognitifs. Ils représentent l'ensemble des croyances et des convictions intimes que le sujet entretient sur lui-même et sur le monde, et correspondent souvent à l'intériorisation précoce de règles familiales ou sociales, ou à l'impact d'évènements de vie marquants.
L'approche cognitive se démarque des sciences cognitives, dans la mesure où son principal intérêt est le développement de stratégies thérapeutiques (les thérapies cognitives).

A. T. Beck, psychiatre américain né en 1921 et A. Ellis, psychologue américain (1913-2007)

thérapies cognitives

[H]

colopathie fonctionnelle l.f.

irritable bowel syndrom

Atteinte colique non reliée à une pathologie organique, qui s’exprime par des phénomènes douloureux abdominaux, des troubles du transit variables (périodes de diarrhées ou de constipation), sensations de ballonnement, bruits hydro-aériques.
Cette maladie est très souvent d’ordre psychologique, qu’il s’agisse des conditions initiales de survenue ou des circonstances de déclenchement des poussées. La règle pour le praticien est de faire des explorations qui permettent d’éliminer une affection organique.

[L1]

comportementalisme n.m.

behaviourism, behaviorism

Théorie psychologique issue des travaux des psychologues expérimentalistes.
Le manifeste comportementaliste (J.B. Watson) du début du siècle affirmait que pour être scientifique, la psychologie ne pouvait s'intéresser qu'à des éléments observables et quantifiables (donc refuser le "mentalisme") et, en conséquence, faire des comportements son seul centre d'intérêt. Ce "béhaviorisme radical" a permis la mise en évidence de certaines lois d'apprentissage des comportements humains, tout particulièrement des principes du conditionnement, qu'il soit répondant (I.P. Pavlov) ou opérant (B.F. Skinner). Après cette position très réductionniste, d'autres processus d'acquisition des comportements comme l'apprentissage social (A. Bandura), mettant en évidence le rôle important de facteurs liés à l'individu et à son environnement, ont été étudiés. L'intégration des variables cognitives a beaucoup élargi son champ d'intérêt, au-delà des comportements moteurs.
Ce courant très diversifié, donnant lieu à de nombreuses stratégies d'intervention (les thérapies comportementales), se caractérise par la démarche scientifique classique, hypothético-déductive, qu'il préconise dans l'abord du fonctionnement psychologique humain : démarche aux applications nombreuses en psychiatrie.

I. Pavlov, physiologiste russe, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1904 (1849-1936) ; B. F. Skinner, psychologue américain (1904-1990) ; J. B. Watson, psychologue américain (1878-1958) ; A. Bandura, psychologue américain (1969)

conduite, comportement

[H4]

conditionnement opérant l.m.

operant conditioning

Processus d'apprentissage de comportements dans lequel ne prévalent plus les variables précédant la réponse, mais celles qui suivent celle-ci (B.F. Skinner).
Dans "la boîte de Skinner", de la nourriture est distribuée périodiquement à l'animal en fonction de ses réponses à ce stimulus discriminatif, par appui sur un levier.
Lorsqu'une réponse crée une modification favorable de l'environnement, le sujet tend à la reproduire, réalisant un renforcement : soit positif, avec accroissement du débit des réponses si le stimulus est gratifiant ; soit négatif, avec diminution de celles-ci et même, p. ex., évitement des situations phobogènes et de leur angoisse, si le stimulus est aversif. La réponse peut aussi décroitre progressivement en l'absence de stimulus suivant la réponse (extinction).
On doit admettre que le conditionnement opérant se réalise par rétroaction de la conséquence d'un comportement sur l'organisme.
Certaines techniques de thérapie comportementale utilisent les principes du renforcement.

B. F. Skinner, psychologue américain (1938)

Syn. conditionnement skinnerien

[H4,C2]

contraception orale l.f.

oral contraception

Ensemble des méthodes contraceptives utilisant l'ingestion de substances à activité hormonale, dans la majorité des cas par la femme.
En langage courant on parle de « pilules »
L'effet le plus souvent demandé à un œstrogène, est d'inhiber, par rétroaction, l'activité ovarienne cyclique et d'empêcher ainsi l'ovulation. Le progestatif associé a pour but essentiel d'éviter les hémorragies incontrôlées. Cet œstrogène, le plus souvent l'éthinyl-œstradiol, peut être administré à doses variables, et on parle ainsi de pilule microdosée, minidosée ou normodosée ; le progestatif associé peut l'être à chaque prise, en association dite monophasique, ou réservé à certaines périodes, en association bi ou triphasiques qui se suivent au cours du cycle. L'effet peut être demandé au seul progestatif dont la prise entraîne l'obstruction cervicale par un bouchon muqueux coagulé et l'atrophie endométriale, en prise permanente commencée peu après le début des règles.

[O3,N1]

contraction utérine l.f.

uterine contraction

Raccourcissement plus ou moins synchrone des fibres musculaires entourant la cavité utérine.
Les contractions entraînent une élévation de la pression intra-utérine, l’intensité, pouvant atteindre physiologiquement 80 kilospascals, avec une durée voisine d'une minute et une fréquence très variable. Les contractions peuvent être relativement anarchiques, de faible intensité, non perçues objectivement, séparées par des intervalles longs, inégaux et variables : elles sont caractéristiques d'une fin de grossesse normale, dites de Braxton-Hicks. Lorsqu'elles sont régulières en durée, en intensité et en intervalles, elles peuvent accompagner la dilatation du col dans le vrai travail d'accouchement ou le laisser non modifié dans le faux travail. Le « train » de contractions qui accompagne le travail d'accouchement est caractérisé par leur augmentation progressive en durée, en intensité et surtout en fréquence. Elles se poursuivent après l'expulsion fœtale jusqu'à l'expulsion placentaire. En dehors de la grossesse, les contractions utérines douloureuses caractérisent la dysménorrhée.

J. Braxton Hicks, gynécologue britannique (1872)

[O3]

corrélation partielle l.f.

partial correlation

Quantification de la force de relation entre deux variables (en principe quantitatives), avec ajustement sur une ou plusieurs covariables.
P. ex. il existe une corrélation entre l’âge de la mère, le poids de l’enfant à la naissance et la parité. L’analyse des corrélations partielles permet de savoir si la liaison entre l’âge de la mère et le poids de l’enfant est indépendante ou non de la liaison avec la parité.

études multifactorielles, ajustement

[E1]

Édit. 2020

courbe de répartition l.f.

repartitioon curve

Courbe de variables quantitatives dont les valeurs sont portées en abscisse et les fréquences relatives cumulées en ordonnées.
Le 50 eme centile correspond à la valeur de la moitié de l’échantillon.

variables quantitatives

[E1]

coût d'une maladie l.m.

Dépenses consacrées au diagnostic et au traitement des maladies.


  1. Ces dépenses peuvent être appréciées de façons variables, selon que l’on s’intéresse au payeur final (le patient ou l’organisme de protection sociale), à un individu ou à un groupe de patients atteints de la même affection, à une affection de courte durée ou à une affection au long cours mais alors les conditions techniques et financières changent pendant l’étude, etc.

  2. La difficulté de ces calculs mène à les consacrer à des maladies de courte durée, à comparer les coûts selon le diagnostic plus ou moins précoce, selon l’âge des patients inclus dans l’étude, selon les traitements adoptés

coût efficacité, efficience

[E3]

covariable n. f.

Désigne  des variables « expliquantes » dans une analyse multifactorielle.

analyse multifactorielle, variable expliquante

[E1]

Édit. 2020

craniosténose n.f.

craniostenosis

Conséquence de la soudure prématurée d'une ou plusieurs sutures crâniennes (craniosynostose) provoquant des déformations du crâne, variables suivant la ou les sutures sténosées et la compression du contenu intracrânien.
Certaines formes peuvent être schématisées : avec soudure de la suture sagittale prédominante (scaphocéphalie, trigonocéphalie), avec atteinte asymétrique (plagiocéphalie), avec atteinte bicoronale et basicrânienne (oxycéphalie, brachycéphalie, turricéphalie).
La diminution de la capacité crânienne qui en résulte provoque des anomalies du développement cérébral (atrophie cérébrale, hydrocéphalie) et des atteintes sensorielles (atrophie optique, surdité).

R. Virchow, anatomopathologiste allemand (1851)

Étym. gr. kranion : crâne ; stenos : étroit

craniosynostose, acrocéphalie, scaphocéphalie, trigonocéphalie, plagiocéphalie, Franceschetti-Zwahlen-Klein (syndrome de)

[Q2,I1,H1]

crise épileptique frontale l.f.

frontal lobe epileptic fit, seizure

Crise épileptique partielle simple ou complexe, ou rapidement généralisée, prenant son origine dans les différentes structures du lobe frontal. Habituellement de brève durée, elle s'accompagne rarement d'une confusion post-critique.
Selon le départ de la décharge, plusieurs types de crises ont été individualisés :
- crise de l'aire motrice supplémentaire : élévation tonique d'un membre supérieur en abduction, suivie d'une déviation tonique de la tête et des yeux du même côté, vocalisation et arrêt de la parole ;
- crises cingulaires : activités motrices simples s'organisant en automatismes gestuels plus ou moins élaborés, signes végétatifs, modifications de l'humeur et de l'affectivité ;
- cortex frontal mésial : vocalisation, rire incoercible, difficultés respiratoires, mouvements des mains et des pieds, mouvements axiaux variables ;
- cortex frontopolaire antérieur : pensée forcée ou rupture de contact initiale, mouvements adversifs de la tête et des yeux, évolution possible vers des mouvements contraversifs, secousses cloniques axiales, chute et signes végétatifs, avec généralisation secondaire fréquente ;
- cortex orbitofrontal : crises partielles complexes avec automatismes gestuels initiaux, hallucinations et illusions olfactives, signes végétatifs ;
- région operculaire : crises oropharyngées comportant hypersalivation, arrêt de la parole, hallucinations gustatives, mouvements de dégustation et de mastication, parfois un malaise épigastrique, une peur, des signes végétatifs, des clonies de l'hémiface. Plus rarement et plus tardivement, un engourdissement des mains peut être noté. Crises fréquemment rencontrées dans l'épilepsie à paroxysmes rolandiques ;
- cortex moteur : crises partielles somatomotrices, dont la topographie dépend du siège initial et du côté de la décharge. Certaines de ces crises peuvent avoir une marche jacksonienne. Elles sont observées dans le syndrome de Kojewnikow.
Les crises frontales se rencontrent dans les épilepsies partielles cryptogénétiques ou symptomatiques et dans l'épilepsie frontale bénigne de l'enfance.

A.Y. Kojewnikow, neuropsychiatre russe (1895)

épilepsie, crise épileptique partielle

[H1]

curette n.f.

curette

Instrument métallique servant en général à gratter une cavité, et en gynécologie à évacuer la cavité utérine.
Elle comporte une tige terminée d'un côté par une poignée et, de l'autre, par une cuiller, mousse ou tranchante, parfois fenêtrée, de diamètre et de forme variables.

[B3]

cystite chronique l.f.

chronic cystitis

Inflammation chronique de la paroi vésicale, infectieuse ou non, se traduisant cliniquement par des signes d'instabilité vésicale (pollakiurie, douleurs, impériosités) très variables dans le temps, et anatomiquement par une infiltration inflammatoire puis scléreuse de la paroi qui peut conduire à la perte de la capacité fonctionnelle.
Les causes bactériennes semblables à celles des cystites aigües sont les plus fréquentes. La tuberculose était fréquente. Il est des causes parasitaires (bilharziose urogénitale) ou inflammatoires non spécifiques, d’autres d’origine thérapeutique (chimiothérapie, cyclophosphamide, radiothérapie). Un aspect fonctionnel ou psychosomatique doit parfois être pris en considération.

cystalgie, cystite bilharzienne, cystite interstitielle, cystite tuberculeuse, petite vessie, cystite radique

[M3]

cytostéatonécrose du nouveau-né l.f.

subcutaneous fat necrosis of the newborn

Panniculite non infectieuse du nouveau-né, spontanément régressive en un mois, caractérisée par la présence d’un granulome hypodermique lipophagique avec inclusions intra-adipocytaires pseudocristallines lancéolées, se manifestant par des indurations nodulaires ou en placards de taille et de forme variables, plutôt situées sur les zones convexes : épaules, faces latéro-externes des membres, menton, zone malaire.
Les complications possibles sont la fluctuation, la calcification secondaire qui s'élimine très lentement et l'hypercalcémie. Les facteurs favorisants sont la souffrance néonatale, l'hypothermie, l'hypoxie. Le rôle des prostaglandines est évoqué.

B. A. Marfan, pédiatre, membre de l'Académie de médecine et G. L. Hallez, dermatologiste français (1926) ; B. A. Marfan, membre de l'Académie de médecine et J. Debray, pédiatres français (1926)

Étym. gr. kutos : cavité, cellule ; steas : graisse ; nekros, mort, cadavre

Syn. induration cutanée curable de Marfan, Hallez et Debray

défilé costoscalénique (syndrome du) l.m.

scalenus syndrome

Effets rares et discutés d'un étirement ou d'une compression du plexus brachial dans le défilé formé par l'insertion des muscles scalènes sur la première côte, et emprunté par l'artère, la veine sous-clavière et les nerfs du plexus brachial.
La structure de ce défilé peut être modifiée surtout par une côte cervicale surnuméraire, une apophysomégalie transverse de C7, des tractus fibreux joignant l'apophyse transverse de C7 à la première côte, ou une insertion anormale du scalène antérieur.
Les troubles neurologiques observés sont variables : paresthésies douloureuses du bord cubital de l'avant-bras et de la main, cédant lors de l'élévation du bras ; hypoesthésie dans le territoire de DI et parfois sur l'annulaire ; déficit moteur et amyotrophie pouvant atteindre aussi bien les éminences thénar (médian) qu'hypothénar (cubital) ; douleur provoquée à la pression de la loge latérocervicale.
Les signes vasculaires sont plus fréquents : fourmillements, sudation, pâleur et refroidissement de la main ; syndrome de Raynaud ; diminution du pouls radial.
Même aidé par des investigations complémentaires (vitesse de conduction nerveuse, potentiels évoqués somesthésiques, angiographie dynamique), le diagnostic peut rester difficile. Il permet de poser les indications d'une éventuelle intervention correctrice des anomalies de structure en cause

H. C. Naffziger, neurochirurgien américain (1938)

Syn. syndrome de H. Naffziger, de la côte cervicale, du défilé costoclaviculaire, du défilé des scalènes, du scalène antérieur, de la traversée thoracobrachiale

dégénérescence systématisée opticocochléodentelée l.f.

systematized opticocochleodentate degeneration

Très rare affection familiale transmise sur le mode autosomique récessif, débutant habituellement dans l'enfance.
Elle comporte principalement une cécité progressive par atrophie optique, une surdité de type centrale également progressive, des signes cérébelleux (ataxie et incoordination à la marche) et des troubles mentaux variables. Une spasmodicité, des mouvements athétoïdes ou des crises comitiales sont possibles. Évolution péjorative et début précoce semblent liés.
L'histologie montre une dégénérescence des voies optiques et cochléaires, une atrophie cérébelleuse majorée sur les noyaux dentelés et parfois une atteinte des cordons postérieurs, des voies spinocérébelleuses et pyramidales.

R. Nyssen et L. van Bogaert, baron, membre de l'Académie de médecine, neuropathologistes belges (1934)

Étym. lat. degenerare : dégénérer

Syn. syndrome de R. Nyssen et L. van Bogaert

de Grouchy (syndrome de) l.m.

de Grouchy’s syndrome

Aberration chromosomique liée à une délétion partielle des chromosomes 18p.
Il existe un nanisme, une arriération mentale, une microcéphalie pas très marquée. Il y a parfois des anomalies céphaliques graves (cébocéphalie, cyclopie, probocis avec arhinencéphalie). On trouve des malformations digitales mineures, et des anomalies cardiaques souvent viables (canal artériel, sténose aortique, hypertrophie ventriculaire). La racine du nez est aplatie donnant l’impression d'un hypertélorisme qui n'existe que rarement. Les anomalies oculaires mineures sont assez variables et peuvent consister en épicanthus, ptosis, strabisme, microcornée, staphylome postérieur et atrophie optique. C’est la première délétion observée dans l'espèce humaine. En dehors de malformations particulièrement sévères, la survie est possible et certains patients ont plus de 60 ans, quelques femmes ont eu des enfants et ont transmis l'anomalie.

J. de Grouchy, médecin généticien français (1963)

délire d'imagination l.m.

delusional imagination

État délirant survenant sur fond de "mythomanie constitutionnelle" et revêtant des formes aigües et chroniques.
Les formes chroniques sont variables : depuis les délires de filiation en fait rarement purs, avec interprétations fréquentes, jusqu'à une luxuriance désordonnée avec thèmes mégalomaniaques, qui rejoint les paraphrénies confabulante et fantastique.

E. Dupré, membre de l’Académie de médecine et B.J. Logre, neuropsychiatres français (1911)

Étym. lat. delirium : délire

demande n.f.

request

En psychanalyse, adresse à un autre dont il serait attendu quelque chose.
Elle peut prendre des formes variables. J. Lacan, contre l'extension de ce concept, a précisé les différences entre la demande, le besoin et le désir. La demande transforme le besoin par l'effet même de sa formulation. Ainsi, avec la demande, l'important n'est pas (comme avec le besoin) ce que l'on donne, mais qui le donne. Toute demande est demande d'amour. Elle concerne toujours autre chose que ce qui est donné. Elle s'inscrit donc comme manque. Le désir est ce qui reste de la soustraction du besoin à la demande.

démence myoclonique l.f.

myoclonic dementia

Groupe d'affections hétérogènes, rares, dont le mode de transmission est divers : surtout autosomique récessif, sinon dominant ou sporadique.
Les épilepsies myocloniques progressives sont les plus fréquentes. Elles associent : des myoclonies parcellaires ou erratiques ; une épilepsie de type myoclonique, partielle ou généralisée tonicoclonique ; des signes neurologiques divers (cérébelleux, extrapyramidaux, atteintes neurosensorielles) ; un retard mental ou une détérioration intellectuelle sous forme de démence d'intensité, de fréquence et de rapidité d'évolution variables.

Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit

démence vasculaire l.f.

vascular dementia

Entité qui représente la deuxième cause des démences du troisième âge (plus du dixième de celles-ci), cliniquement hétérogène, en fonction de la taille et de la topographie des foyers ischémiques sous-jacents.
À prépondérance masculine, sa triade clinique est la suivante : des facteurs de risque vasculaire (âge, hypertension artérielle, athéromatose, cardiopathie, etc.) ; une évolution par poussées et des antécédents d'accidents vasculaires cérébraux (encore qu'un état démentiel puisse préexister à ceux-ci) ; des symptômes et des signes focaux variables, avec parfois une distinction difficile entre affaiblissement intellectuel et atteinte de certaines fonctions symboliques. De plus, une conscience douloureuse du pathologique persiste longtemps. L'imagerie cérébrale est très utile.
Schématiquement, il peut s'agir surtout d'infarctus multiples de grande taille (avec signes neurologiques déficitaires dominants), de formes focales (accident unique siégeant préférentiellement dans le territoire profond des artères cérébrales postérieures), d'un état lacunaire, ou d'une maladie de Binswanger. En pratique, les associations sont fréquentes entre ces variétés et possibles avec d'autres types de démences : hydrocéphalie à pression normale et maladie d'Alzheimer, en particulier.

O. Binswanger, neuropsychaitre suisse (1894) ; A. Alzheimer, neuropsychiatre allemand (1906)

Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit

Syn. ancien : démence artériopathique

variable dépendante l.f.

Variable qui change en relation avec une ou d’autres variables considérées dans l’étude.
P. ex. dans un cancer, la survie est une variable dépendante de covariables comme la taille de la tumeur, l’existence de métastases ganglionnaires, viscérales, etc.

Syn. variable expliquée

[E1]

Édit. 2020

détendeur n.m.

pressure regulator

Dispositif de réduction de la pression d'un gaz conçu pour fournir une pression constante d'alimentation en aval à partir de pressions plus élevées et variables en amont.
Ces appareils comprennent un clapet équilibré par un ressort et séparant la haute pression, en amont, de la basse pression, en aval. Ils délivrent une basse pression constante si la haute pression est suffisamment élevée, ce qui est le cas des distributions centrales de gaz médicaux. Pour les bouteilles de gaz comprimés, par contre, comme la haute pression diminue en cours d'utilisation et devient très faible quand la bouteille est presque vide, le débit délivré à la fin est, soit réduit (détendeur à clapet aval), soit augmenté (clapet amont), ce qui est une source d'accidents en anesthésie (par hypoxie ou par surdosage). Enfin les détendeurs sur les bouteilles peuvent provoquer des accidents lors d'une chute ou de chocs (cisaillement de la tête de bouteille) : les normes actuelles imposent la position du détendeur dans l'axe de la bouteille et une protection spéciale de la tête de bouteille.
De toute façon il ne faut jamais vider complètement une bouteille de gaz comprimé, on évite ainsi une rentrée d'air humide (source de rouille) et de souillure (cause d'éventuelle infection) ce qui nécessiterait un traitement spécial de la bouteille avant un nouveau remplissage.

Étym. lat. detendo (de : préfixe marquant la cessation ; tendo : tendre)

dialyse péritonéale l.f.

peritoneal dialysis

Méthode d'épuration extrarénale utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et surtout chronique, reposant sur le principe d'un échange entre le sang des capillaires mésentériques et un liquide de dialyse introduit dans la cavité péritonéale pendant quelques heures puis évacué.
La dialyse péritonéale peut être intermittente suivant des rythmes variables (p.ex. trois nuits par semaine). Elle est le plus souvent continue (dialyse péritonéale chronique ambulatoire ou DPCA) grâce à l’introduction dans la cavité péritonéale d’un liquide de dialyse contenu dans des sacs en plastique mis en élévation. Ces sacs mis en déclive recueillent le liquide de dialyse en fin de séance; 4 à 5 cycles par 24 heures sont nécessaires. En France, environ 6% des patients atteints d’insuffisance rénale chronique terminale sont traités par DPCA ; les autres bénéficient soit de l’hémodialyse, soit de la transplantation rénale.
La surface relativement limitée du péritoine rend ce procédé moins efficace que l’hémodialyse mais il est plus simple à mettre en œuvre. Il peut être suffisant chez certains malades et convenir à leur mode de vie. Il peut aussi être utilisé pour pallier des difficultés d’hémodialyse. Il n’est évidemment pas envisageable en cas de péritonite, danger majeur de cette technique qui exige des précautions d’asepsie méticuleuses..

Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer

dialyse

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