crise de rejet l.f.
rejection crisis
[F3]
crise de sevrage l.f.
withdrawal seizure
Crise épileptique survenant soit dans le contexte d'une intoxication alcoolique, soit lors de l'arrêt de certains médicaments surtout anti-épileptiques comme le phénobarbital ou les benzodiazépines.
Les crises de sevrage lors d'une intoxication alcoolique surviennent après un sevrage absolu ou relatif suivant une consommation chronique ou non de quantités importantes d'alcool : crises généralisées de type tonicoclonique, soit uniques, soit plus fréquemment en salves. Elles s'accompagnent d'autres signes en rapport avec le sevrage alcoolique et peuvent inaugurer un delirium tremens.
L'arrêt brusque de médicaments anti-épileptiques réalise le même tableau. Un état de mal est possible.
→ alcoolique (traitement de la maladie), sevrage, sevrage (syndrome de)
crise d'originalité juvénile l.f.
adolescent crisis
Ensemble des comportements d'opposition de l'adolescent aux normes de l'adulte.
Crise décrite par M. Debesse, qui se produit lorsque l'adolescent, à la conquête de son identité, manifeste son indépendance et son désir d'autonomie de façon ostentatoire en s'opposant aux normes sociales.
L'adolescence est dominée par une tendance à l'abstraction, à la rationalisation, aux préoccupations métaphysiques, qui est liée à l'entrée dans le stade de l'intelligence formelle, c'est-à-dire de l'accession à un fonctionnement intellectuel et conceptuel débarrassé de tout support concret.
Certaines bizarreries du comportement, certaines interrogations anxieuses sur l'identité, d'éventuelles idées suicidaires souvent en rapport avec des inquiétudes d'ordre métaphysique, peuvent faire craindre un mode d'entrée dans un état schizophrénique.
M. Debesse, psychologue français (1937)
crise du transplant l.f.
transplant crisis
Ensemble des manifestations cliniques et biologiques caractéristiques d'un rejet aigu réversible observé après transplantation rénale.
[F3]
crise dysmnésique l.f.
dysmnesic fit, seizure
Crise partielle comportant dès son début ou assez rapidement un décalage entre la réalité et les souvenirs.
Le patient ressent alors :
- une impression que le moment présent a été déjà vu, déjà entendu ou plus souvent déjà vécu, sans qu'il soit toujours possible de faire la part de telle ou telle modalité sensorielle ;
- une impression de désorientation passagère, d'étrangeté, de jamais vu, entendu ni vécu ;
- une vision panoramique, "au cours de laquelle le sujet a un aperçu panoramique très rapide d'épisodes plus ou moins étendus de sa vie passée" (H. Gastaut, 1972) ;
- des hallucinations ecmnésiques, "dans lesquelles le sujet se représente, se remémore dans le moindre détail, des expériences antérieurement vécues par lui" (H. Gastaut, 1972).
Ces manifestations impliquent une désorganisation paroxystique simultanée de la corne d'Amon et du cortex temporal externe. Elles sont classées dans les phénomènes illusionnels (aperceptifs), hallucinatoires, idéatoires, dysmnésiques.
H. Gastaut, neurophysiologiste français, membre de l'Académie de médecine (1915-1995)
crise dysphasique l.f.
arrest speech, ictal aphasia
Crise épileptique partielle, souvent de brève durée, se traduisant par un trouble de l'expression ou de la compréhension du langage.
Souvent difficile à reconnaître s'il existe une perturbation de la conscience, elle est en rapport avec une décharge dans la région frontale inférieure ou temporopariétale de l'hémisphère dominant.
Étym. gr. dus : difficulté ; phagein : manger
crise en psychiatrie l.f.
crisis in psychiatry
Réponse à une demande excessive imposée par le milieu, et qui dépasse les mécanismes habituels d'adaptation de l'individu.
Les évènements éprouvants susceptibles de précipiter une crise en fonction de la personnalité du sujet et de son "seuil de résistance psychologique" (H.H. Garner), sont très nombreux : depuis les traumatismes psychiques de guerre jusqu'aux effets de la maladie et du travail de deuil. S'en rapprochent à un moindre degré les constantes rééquilibrations exigées par la vie. La relation étiologique est davantage circulaire que linéaire.
Si la crise représente un danger, elle est également considérée comme une occasion positive possible pour l'individu, avec l'aide de sa prise en soins. Dans la meilleure hypothèse, sont confortés son aptitude générale à résoudre ses problèmes, ainsi que son équilibre adaptatif.
H. H. Gartner, psychiatre américain (1945)
[H3]
crise génitale du nouveau-né l.f.
neonatal genital crisis
Ensemble des manifestations génitales physiologiques, gynécomastie, métrorragies muco
Elle est due à la privation brutale de l'imprégnation hormonale œstroprogestative.
[O1]
crise hallucinatoire l.f.
hallucinatory seizure
Crise comitiale partielle simple, pouvant devenir complexe, comportant comme symptômes principaux des perceptions sans objet, de natures visuelle, auditive, gustative, olfactive ou somatognosique.
Étym. lat. hallucinare : se tromper
[H3]
crise hypertensive l.f.
hypertensive fit
[K2]
crise myoclonique l.f.
myoclonic fit, seizure
[H1,I4]
crise myoclonique astatique l.f.
myoclonus-astatic fit, seizure
→ myoclonique astatique (crise)
[H1,I4]
crise néonatale l.f.
neonatal fit, seizure
Crise de nature épileptique survenant pendant la période néonatale (quatre premières semaines de la vie).
Ces crises peuvent être : cloniques, localisées, lentes, contemporaines d'une décharge EEG des régions centrales, crises multifocales, migratrices, plus rarement hémi-convulsives ou axiales ; myocloniques, généralisées ou localisées ; toniques, généralisées ou localisées ; enfin d'expression plus discrète, avec ouverture simple des yeux, clignements des paupières, mouvements oscillatoires et rotatoires des globes oculaires, mouvements plus ou moins coordonnés des membres, mâchonnements, épisodes apnéiques, modifications du rythme cardiaque. Les états de mal généralisés ou localisés sont très fréquents.
Sur le plan nosologique, on distingue actuellement :
1) Des formes symptomatiques : l'encéphalopathie anoxo-ischémique responsable de 50 à 75% des convulsions néonatales ; les hémorragies intracrâniennes (15%) ; les hématomes et infarctus cérébraux, à l'origine d'états de mal focalisés ; les infections nerveuses centrales surtout bactériennes ; des causes métaboliques fréquentes et classiques comme l'hypocalcémie, l'hypoglycémie, les troubles hydro-électriques, l'hypo ou l'hypernatrémie (déficit en pyridoxine) et certaines erreurs innées du métabolisme ; des malformations cérébrales sévères ; des causes toxiques, rares (drogues, alcool) ; etc.
2) Des formes idiopathiques ou cryptogénétiques, ensembles syndromiques plus ou moins bien individualisés et reconnus par la classification internationale des syndromes épileptiques, parmi lesquelles sont différenciées : les convulsions bénignes idiopathiques, survenant autour du 5e jour de la vie, d'étiologie encore inconnue, d'évolution favorable, s'accompagnant le plus souvent d'un EEG inter-critique de type "thêta pointu alternant" ; les convulsions familiales bénignes, observées autour des 2e et 3e jours, avec des antécédents familiaux de convulsions néonatales ou d'épilepsie, un EEG habituellement sans anomalies et une évolution favorable, bien qu'une épilepsie secondaire puisse se développer dans 11% des cas.
crise névropathique l.f.
neurotic fit
Crise caractérisée, dans ses formes typiques, par un effondrement progressif, plus spectaculaire que brusque et traumatique, une perte de conscience incomplète, une agitation désordonnée, souvent de type expresso-émotif, sans morsure de la langue ni perte des urines.
Le diagnostic est plus difficile avec certaines comitialités partielles complexes. La notion de facteurs psychiques comme un afflux émotionnel ou une situation conflictuelle n'est pas décisive pour le diagnostic. Ainsi, une émotion peut faciliter la survenue d'une crise épileptique.
[H3]
crise occipitale l.f.
occipital fit, occipital seizure
Crise épileptique partielle, issue du cortex visuel primaire sous forme de symptôme visuel élémentaire, ou du cortex visuel associatif temporo-pariéto-occipital, se manifestant alors par des illusions ou des hallucinations visuelles souvent très élaborées, sous forme de figures ou de scènes, et/ou par des crises versives.
Ces crises sont observées dans des syndromes épileptiques divers : épilepsie bénigne de l'enfant avec pointes-ondes occipitales, syndrome épilepsie-calcifications occipitales bilatérales, syndrome de Sturge-Weber-Krabbe, infarctus de l'artère cérébrale postérieure, encéphalopathies mitochondriales, maladie de Lafora.
G. Lafora, neuropathologiste espagnol (1911) ; W. A. Sturge, médecin britannique (1879), F. P. Weber, médecin britannique (1922), K. Krabbe, neurologue danois (1932-34)
→ Lafora (maladie de), Sturge Weber Krabbe (maladie de)
crise oculogyre l.f.
oculogyric crisis
Spasme des muscles oculomoteurs fixant les globes oculaires dans une direction, le plus souvent vers le haut.
On lui donne également le nom de crise de plafonnement. Elle peut s'associer à une rotation de la tête, c'est alors la crise oculocéphalogyre qui entre dans le cadre de l'épilepsie.
[P2]
crise olfactive l.f.
olfactory seizure
Crise épileptique partielle comportant exclusivement ou principalement des manifestations illusionnelles (perception olfactive altérée) ou hallucinatoires (perception olfactive sans objet), le plus souvent désagréables.
Elle se rencontre dans les épilepsies partielles cryptogénétiques et symptomatiques.
Syn. crise uncinée
[H1]
crise oro-pharyngée l.f.
oropharyngeal fit, or seizure
Crise épileptique partielle comportant une hypersalivation le plus souvent associée à un arrêt de la parole, à des mouvements de déglutition et de mastication, à des hallucinations gustatives, plus rarement à un malaise épigastrique, à une peur, des signes végétatifs et à des clonies d'une hémiface.
En rapport avec une décharge de la région operculaire ou insulo-péri-insulaire, on la rencontre dans les épilepsies partielles cryptogéniques, symptomatiques ou idiopathiques.
crise surrénalienne l. f.
adrenal crisis
La survenue chez un malade présentant une insuffisance corticosurrénalienne d’une infection, d’une gastro-entérite, d’un traumatisme, de toute agression l’expose à l’intensification des symptômes : nausées, vomissements, douleurs abdominales, parfois fièvre, conduisant à un collapsus cardio-vasculaire hypovolémique.
La prévention consiste en une adaptation de la thérapeutique hormonale palliative aux événements pathologiques intercurrents.
→ insuffisance corticosurrénalienne lente
[O4]
crise uncinée l.f.
uncinate seizure
[H1]
crise unilatérale l.f.
unilateral fit, seizure
Crise partielle somatomotrice ou crise généralisée, le plus souvent clonique, plus rarement tonique ou tonicoclonique, limitée à un hémicorps.
Elle est surtout observée chez l'enfant.
→ hémi-convulsion-hémiplégie-épilepsie
[H1]
crise végétative l.f.
vegetative fit, seizure
Crise épileptique partielle ou généralisée, comportant comme symptôme exclusif ou principal des phénomènes végétatifs : modifications du rythme respiratoire (crises apnéiques fréquentes chez le nouveau-né), variations du rythme cardiaque, de la tension artérielle, troubles vasomoteurs (pâleur, rougeur, transpiration, pilo-érection), variations thermiques, modifications pupillaires.
Elle est en rapport avec des décharges limbiques et/ou du cortex supracingulaire.
[H1]
crise versive l.f.
versive fit, seizure
Crise épileptique caractérisée par une déviation des yeux seuls (crise oculogyre), de la tête, de la tête et des yeux (crise versive), avec parfois rotation du tronc sur son axe (crise giratoire), soit vers le côté opposé de l'hémisphère qui décharge (crise adversive ou contraversive), soit vers le même côté (crise ipsoversive).
Une généralisation secondaire est fréquente.
Sa signification est variable, en fonction de la clinique :
- déviation tonique rapide des yeux, isolée ou suivie d'une rotation de la tête, voire du tronc, sans perte de connaissance, liée à une décharge au niveau du cortex frontal intermédiaire ou mésial controlatéral ;
- élévation tonique d'un membre supérieur en abduction, suivie d'une déviation de la tête et des yeux du même côté, associées quelquefois à une vocalisation, en rapport avec une décharge au niveau de l'aire motrice supplémentaire controlatérale ;
- giration brusque du tronc, en relation avec l'aire primaire controlatérale.
[H1]
crise visuelle l.f.
visual fit, seizure
Crise épileptique partielle comportant des manifestations visuelles comme symptôme unique ou prédominant.
On peut distinguer :
- des perceptions visuelles sans objet, hallucinations élémentaires à caractère négatif ou positif, liées à une décharge au niveau des aires 16 et 17, et/ou hallucinations plus structurées, au niveau des aires associatives occipitales ;
- des perceptions visuelles altérées, illusions portant sur la forme, la taille ou le nombre des objets et des personnes (métamorphopsies), en rapport avec une décharge pariétale ou pariéto-occipitale.
[H1]
dacrystique (crise) l.f.
dacrystic fit, seizure
Crise caractérisée par de brefs accès de pleurs, avec ou sans rupture de contact.
Se rencontre dans les épilepsies partielles symptomatiques.
Étym. gr. dakruon : larme