Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

212 résultats 

condylome géant de Buschke-Löwenstein l.m.

giant condyloma acuminatum, condylomata acuminata

Forme envahissante, infiltrante, très exophytique de condylomes acuminés multiples des régions génitale ou anale, évoquant cliniquement un carcinome spinocellulaire mais histologiquement bénigne bien que d'aspect parfois pseudocarcinomateux et ne donnant jamais de métastases.
Elle est due aux HPV 6 et 11.

A. Buschke dermatologue allemand, L. Löwenstein, dermatologue américain d’origine allemande (1925) ; P. G. Unna, dermatologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1894) ; H. Grisson et E. Delbanco, chirurgien et dermatologiste allemands (1915)

Syn. condylomatose géante, tumeur de Buschke-Löwenstein, condylomatose floride pseudocarcinomateuse

précancérose condylomatoïde de Unna-(ou Grisson-) Delbanco, papillomatose géante mucocutanée pseudoépithéliomateuse

[F5,D1]

corticosurrénalome n.m.

adrenocortical adenocarcinoma

Tumeur maligne de la glande corticosurrénale.
Cette tumeur de haute malignité a une sécrétion endocrine très variable : responsable parfois d'un syndrome de Cushing, parfois d'un hyperandrogénisme, avec toute combinaison possible dans le temps ; parfois peu différenciée, elle n'a aucune sécrétion, rendant le diagnostic difficile avec les tumeurs du pôle supérieur du rein et rétro-péritonéales. Son pronostic est très mauvais. Les métastases sont hépatiques, pulmonaires, cérébrales. La chimiothérapie par op'DDD (± 5 fluoro-uracile) semble avoir une certaine action momentanée. Le traitement est l'exérèse chirurgicale large.

H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre del'Académie de médecine (1863-1939)

Cushing (syndrome de)

[F2,O4]

décalcification osseuse l.f.

bone decalcification

Appauvrissement du squelette en calcium, qui se traduit par une augmentation de la transparence radiologique des os, par un risque de fractures et qui peut être apprécié par une densitométrie osseuse.
La décalcification est un phénomène naturel au cours du vieillissement de l'organisme, plus marqué chez la femme (surtout après la ménopause) que chez l'homme.
Une ostéose décalcifiante diffuse peut être due soit à une insuffisance de l'ostéogenèse, soit à un excès de l'ostéolyse, soit à ces deux facteurs réunis. Chaque syndrome se traduit par des signes propres et son mécanisme est différent. L’ostéoporose est la conséquence d'un défaut d'élaboration de la trame protéique de l'os avec raréfaction des travées et diminution de la quantité de calcium fixé sur l'os par manque de charpente ;
- l'ostéomalacie résulte d'un défaut de fixation du calcium sur une charpente protéique normale, soit par défaut d’apport calcique soit par déficit en vitamine D. C’est cette deuxième cause qui détermine, chez l’enfant, l’apparition du rachitisme.
- la décalcification de l'hyperparathyroïdie provient d'une activité excessive des ostéoclastes ;
- l'ostéolyse est le fait d'une destruction des travées osseuses par l'envahissement de cellules malignes, qu'il s'agisse de métastases de cancers viscéraux, de plasmocytes d'un myélome multiple ou d’une lésion locale bénigne (kyste osseux, kyste anévrysmal, angiome).

ostéose, ostéoporose, ostéomalacie, ostéolyse, rachitisme

dégénérescence sarcomateuse d'un léiomyome utérin l.f.

sarcomatous degeneration of uterine myoma

Transformation maligne d'un fibrome utérin à partir des fibres musculaires lisses qui se manifeste, aux environs de la ménopause ou après, par des métrorragies et une augmentation rapide du volume de la tumeur qui tend à se fixer et par une altération de l'état général.
Elle peut donner des métastases pulmonaires ou hépatiques. Elle est parfois latente et découverte fortuitement sur une pièce d'hystérectomie pour fibrome.

Étym. lat. degenerare : dégénérer

variable dépendante l.f.

Variable qui change en relation avec une ou d’autres variables considérées dans l’étude.
P. ex. dans un cancer, la survie est une variable dépendante de covariables comme la taille de la tumeur, l’existence de métastases ganglionnaires, viscérales, etc.

Syn. variable expliquée

[E1]

Édit. 2020

Darier-Ferrand (dermatofibrosarcome de) l.m.

dermatofibrosarcoma protuberans

S’étendant le long des travées conjonctives du tissu adipeux sous-cutané, il est omposé de cellules fusiformes et uniformes, formant des faisceaux courts à disposition tourbillonnante ou storiforme, mal limité.
Tumeur superficielle de faible grade (tumeur « intermédiaire » dans la classification OMS de référence), à potentiel agressif local, elle survient le plus souvent chez l’adulte d’âge moyen, au niveau du dos et de la racine des membres, sous la forme d’une plaque ou d’une masse uni- ou pluri-nodulaire.
Le dermatofibrosarcome est associé (90% des cas) à une translocation équilibrée t(17 ;22)(q22 ;q13) (fusion des gènes COL1A1 et PDGFB1), en majorité sous la forme de chromosomes surnuméraires en anneaux ou de dérivés linéaires, plus rarement à des translocations t (2 ;17) ou t (9 ;22). L’activation autocrine résultant de la transformation de la protéine de fusion est responsable du développement tumoral.
L’agressivité  se manifeste par des récidives locales qui peuvent être itératives d’où la nécessité d’une exérèse large (latéralement et en profondeur). Les métastases sont très rares, survenant après des récidives multiples ou d’une transformation fibrosarcomateuse.
Les formes localement évoluées non résecables ou métastatiques peuvent bénéficier d’un traitement ciblé par inhibiteurs des thyrosine-kinases.

J. Darier, membre de l'Académie de médecine et M. Ferrand, dermatologistes français (1924)

Syn. dermatofibrome progressif et récidivant, tumeur de Darier et Ferrand, dermatofibrosarcoma protuberans, fibrome envahissant, fibrosarcome cutané

Sigle angl. DTSP

fibrosarcome, inhibiteur de la thyrosine-kinase, COL1A1 gene

[F2]

Édit. 2019

Dukes (classification de) l.f.

Dukes’ classification

Classification, à but pronostique et thérapeutique, du stade d’extension des carcinomes colorectaux, basée sur le degré d’infiltration de la paroi intestinale par la tumeur lors de l’examen histologique et la présence de métastases éventuelles ganglionnaires locorégionales et viscérales à distance.
Une modification de cette classification porte le nom d’Astler-Coller.

C. E. Dukes, anatomopathologiste britannique (1932, 1949, 1958) ; V. B. Astler, chirurgien et F. A. Coller, anatomopathologiste américains (1954)

épithélioma palpébral l.m.

eyelid carcinoma

Tumeur maligne de l'épithélium cutané palpébral.
Les tumeurs épithéliales malignes des paupières se présentent sous deux aspects : les épithéliomas basocellulaires (de loin les plus fréquents) et les épithéliomas spinocellulaires (plus rares). Les épithéliomas basocellulaires affectent le plus souvent la paupière inférieure et s'expriment sous de nombreuses formes cliniques (nodulaire, ulcérée, sclérosante, pigmentée) ; leur traitement est essentiellement chirurgical, la radiothérapie et la cryothérapie étant une alternative à la chirurgie lorsque celle-ci s'avère impossible. Les récidives sont possibles, ce qui justifie une surveillance postopératoire prolongée.
Les épithéliomas spinocellulaires surviennent habituellement sur des lésions préexistantes (kératose actinique, maladie de Bowen, dermatose postradique) et affectent davantage la paupière supérieure ; une évolution métastatique est possible contrairement aux épithéliomas basocellulaires. Leur traitement est l'exérèse chirurgicale parfois étendue à l'orbite ou aux ganglions en cas d'envahissement, la radiothérapie étant une alternative en cas de contrindication opératoire, d'extension à l'orbite ou de métastases.

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

cancer basocellulaire, carcinome spinocellulair, kératose actinique, Bowen(maladie de)

[,A3, F2, J1, P2]

Édit. 2020

évidement ganglionnaire cervical l.m.

neck dissection

Exérèse systématisée du tissu celluleux sous-cutané et profond, des vaisseaux et des nœuds (ganglions) lymphatiques cervicaux, entre en haut la base du crâne et la mandibule, en bas la clavicule, en avant la ligne médiane, en arrière le muscle trapèze et en profondeur l’aponévrose cervicale profonde.
Intervention réalisée par cervicotomie, l’évidement peut être plus ou moins étendu, plusieurs zones d’évidement étant délimitées par le muscle digastrique et le muscle omo-hyoïdien. Il peut être bilatéral.
Si seule l’exérèse du tissu celluleux, des vaisseaux et des nœuds (ganglions) lymphatiques est pratiquée, on parle d’évidement fonctionnel.
Si on pratique l’exérèse du muscle sterno-cléïdo-mastoïdien, de la veine jugulaire interne et du nerf spinal, on parle d’évidement radical avec des variantes intermédiaires.
L’exérèse peut être étendue dans certaines circonstances (évidement cervico-parotidien, cervico-thoracique).
Lors du traitement chirurgical des cancers de la tête et du cou, l’évidement a pour but d’éradiquer les métastases lymphatiques et des nœuds ganglionnaires cervicaux cliniques ou microscopiques.
Si l’évidement est réalisé avec la tumeur, en conservant une continuité anatomique, on parle d’exérèse en “monobloc”.

Syn. curage des nœuds ganglionnaires

[P1]

Édit. 2018  

exérèse pulmonaire élargie l.f.

extended lobectomy, extended pneumonectomy

Ablation d'un lobe ou d'un poumon associée à celle d'une portion de la paroi thoracique (diaphragme, paroi thoracique latérale, cupule pleurale) ou de la veine cave supérieure, du péricarde, voire d’une collerette de l'atrium gauche.
On a pu aussi proposer des résections limitées de l'œsophage, et même d'un corps vertébral.
Il s'agit plus souvent de pneumonectomie que de lobectomie. Cet élargissement augmente la difficulté des suites opératoires et la gravité du pronostic dans l'immédiat et à distance. Mais actuellement, dans des cancers sans métastases, il n'existe pas d'autres traitements à visée curative.
De petites tumeurs malignes de la bronche principale proche de la carène en particulier à droite peuvent nécessiter une pneumonectomie avec résection de la carène et réimplantation de la bronche principale gauche dans la trachée.

résection de la bifurcation trachéobronchique

[K1,K3]

Édit. 2018  

facteur angiogénique l.m.

angiogenic factor

Facteur qui stimule l’angiogenèse c’est à dire un processus de croissance de nouveaux vaisseaux sanguins (néo vascularisation) à partir de vaisseaux préexistants par la migration ou la prolifération des cellules vasculaires (p. ex. l'angiogénine).
L’angiogénèse est un processus physiologique normal en particulier du développement embryonnaire, mais aussi un processus pathologique, intervenant dans la croissance des tumeurs malignes et l’apparition de métastases. A partir d’une certaine taille, la tumeur pour survivre doit développer de nouveaux vaisseaux.
L’angiogenèse  est régulée par un équilibre complexe entre des facteurs pro- et anti-angiogéniques produits par les cellules saines et tumorales. 

J. Folkman, chirurgien américain (1971)

angiogenèse, facteurs anti-angiogéniques, facteurs pro-angiogéniques, inhibiteurs de l'angiogenèse, angiogénine

[K4,C1,C2,C3]

Édit. 2017

tumeur de la faux du cerveau l.f.

falx cerebri tumor

Tumeur intracrânienne développée au contact de la faux du cerveau.
Cette définition topographique englobe les tumeurs implantées sur les faces latérales ou le bord inférieur de la faux, mais aussi, selon certains, les tumeurs médianes des hémisphères cérébraux et parasagittales ayant des rapports intimes avec le sinus longitudinal supérieur.
Il s'agit le plus souvent de méningiomes (frontaux pour la moitié, rolandiques pour un tiers, postérieurs pour un cinquième des cas). Bien plus rarement, sont observées des métastases cancéreuses ou d'autres lésions.
Ces tumeurs se traduisent par des signes focaux (épilepsie, déficits sensitivomoteurs) et d'hypertension intracrânienne.
Le problème thérapeutique chirurgical est lié à la nécessité du respect des veines corticales et du sinus longitudinal postérieur.

méningiome, hypertension intracrânienne, métastase cérébrale

[H2]

Édit. 2018

féminisation n.f.

feminisation, feminization

Action de rendre féminin, résultat de cette action.
Ensemble de signes apparaissant chez des hommes traités par les œstrogènes, par ex. pour cancer de prostate avec métastases : gynécomastie, modifications de la peau et des phanères, de la voix, de la répartition des graisses.

[O4]

Édit. 2018

fibroblastome agressif à cellules géantes l.m.

giant cell fibroblastoma

Tumeur mésenchymateuse rare, décrite par Shmookler et Enzinger, survenant généralement chez l'enfant ou l'adulte jeune avec une prédilection pour le sexe masculin, siégeant le plus souvent sur les membres inférieurs ou dans la région inguinale et se manifestant par un nodule brunâtre intra- ou souscutané indolore, qui mesure environ 3,5 cm de diamètre.
La lésion, localisée dans le derme profond et l'hypoderme, se compose de plages et de faisceaux de cellules fusiformes à noyau clair situées dans un stroma lâche, ainsi que de cellules pléiomorphes et de lacunes pseudovasculaires bordées par des cellules tumorales et des cellules géantes multinucléées; les atypies cellulaires sont modérément prononcées. La tumeur présente une malignité atténuée; les récidives après ablation chirurgicale sont fréquentes. Des métastases n'ont pas été observées jusqu'à présent. Le traitement consiste en l'excision chirurgicale large de la tumeur.

B. M. Shmookler, F. M. Enzinger, anatomopathologistes américains (1989)

Syn. angiofibrome myxoide, angiofibroma  à cellules géantes

[F2]

Édit. 2018 

fibromatose palmoplantaire juvénile l.f.

juvenile palmoplantar fibromatosis, calcifying aponeurotic fibroma

Variété de fibromatose survenant chez le jeune enfant, donc avant l'âge de 10 ans, mais dont des formes tardives sont connues, réalisant une formation pseudotumorale palmoplantaire, invasive, calcifiante, douloureuse ou non, ne déterminant ni déformation ni contracture avec survenue de calcifications tardives, visibles sur les radiographies.
L'examen histologique montre une prolifération dense de fibroblastes et de fibres collagènes et, secondairement, des dépôts amorphes linéaires ou granuleux de calcium. Le traitement consiste en une exérèse limitée. Des récidives sont possibles, mais il n'y a jamais de métastases.

Syn. fibrome aponévrotique juvénile calcifié

[F5,O1]

Édit. 2018 

fibrosarcome osseux l.m.

osseous fibrosarcoma

Tumeur formée de tissus fibreux, située dans l’os ou à sa périphérie, primitive ou secondaire à une affection osseuse préexistante, non ostéogène et d’évolution habituellement lente.
Elle est localisée dans les os longs, le plus souvent et dans la région métaphysodiaphysaire. Ostéolytique et mal limitée, elle peut rompre les corticales osseuses, se propager dans les tissus adjacents et donner des métastases. Tumeur de l’adulte, peu douloureuse, elle apparaît primitive dans la plupart des cas. Elle complique des affections osseuses comme la maladie de Paget et peut avoir une évolution douloureuse et rapide. Son traitement est essentiellement chirurgical.

Paget (maladie de)

[F2,I1,I2]

Édit. 2018 

fibroxanthome atypique l.m.

atypical fibroxanthoma

Tumeur bénigne du sujet âgé, décrite comme un pseudosarcome, siégeant sur le visage, les régions découvertes ou sur une zone irradiée antérieurement et se manifestant souvent comme une tumeur dure et ulcérée.
Histologiquement, on observe sous un épiderme aminci une infiltration dense et mal délimitée du derme par des cellules de taille et de forme variées, à cytoplasme abondant et spumeux et à noyau volumineux, irrégulier souvent en mitose.
Malgré l'aspect histologique inquiétant, la lésion a longtemps été considérée comme une réaction inflammatoire bénigne. Des métastases ganglionnaires ayant été observées, beaucoup d'auteurs tendent actuellement à lui attribuer une malignité réduite. Certains la rapprochent de l'histiocytome fibreux malin et attribuent sa bénignité apparente à sa localisation superficielle et sa taille limitée. L'excision chirurgicale amène une guérison définitive.

Syn. fibrosarcome paradoxal de la peau

pseudosarcome

[F2,F5,J1]

Édit. 2018

FIGO (classification) sigle f. pour Fédération Internationale de Gynécologie et Obstétrique

International Federation of Gynecology and Obstetrics FIGO classification ; FIGO groupings

Classification en quatre stades de malignité des tumeurs primitives de l’ovaire, allant de la seule atteinte ovarienne : stade I ; jusqu’à la présence de métastases à distance, en dehors de la cavité péritonéale : stade IV.
Cette classification, établie sur les données de l’examen clinique et de l’exploration chirurgicale, ne tient pas compte du grade histologique de la tumeur mais incorpore les résultats de la cytologie sur lavage péritonéal ou ponction d’ascite.

Sigle FIGO

[F2,O3]

Édit. 2018

ganglioneurome de Montgomery et O'Leary l.m.

Montgomery - O’Leary’s ganglioneuroma

Tumeur bénigne émanant des ganglions du système sympathique, apparaissant généralement après l'âge de 10 ans, survenant le plus souvent dans la loge rétropérinéale et dans le médiastin, mais pouvant parfois s'observer sur le tégument, surtout en association à une maladie de Recklinghausen, à un neuroblastome ou à ses métastases.
Une localisation uniquement cutanée est exceptionnelle et a été décrite sur les extrémités et sur l'abdomen, sous forme de papules ou de nodules de consistance ferme et de teinte rougeâtre. En fait, ce "ganglioneurome multiple de la peau de Montgomery et O'Leary" (1934) est d'existence contestée et ces tumeurs sont généralement considérées comme des réticulohistiocytomes cutanés de Caro et Senear (1952)

H. Montgomey, P. A. O’Leary, dermatologistes américains (1934) ; M. R. Caro, F. E. Senear, dermatologistes américains (1952)

Étym. lat. ganglion ou gr. gagglion : petite tuméfaction sous-cutanée, glande ; gr. neuron : nerf ; ôma : tumeur

histiocytose multicentrique

germinome n.m.

germinoma, germ cell tumor

Tumeur rare (0,1 à 3,4% des tumeurs intracrâniennes), développée sur la ligne médiane, notamment dans la loge de la glande pinéale, près d'elle et dans la loge hypophysaire, observée principalement chez l'homme entre 15 et 25 ans.
Souvent volumineuse, mal limitée, infiltrant les structures voisines, elle apparaît lobulée, formée d'une double population de grandes cellules polygonales à gros noyau central nucléolé fréquemment en mitose et de lymphocytes T, groupés autour des vaisseaux.
Elle est habituellement incluse parmi les tumeurs germinales du fait de sa similitude histologique avec le séminome testiculaire. Son origine embryologique reste inconnue. Certaines théories évoquent à son origine une migration aberrante des cellules germinales primitives. Elle est souvent source de métastases.
Cliniquement, elle se révèle par des signes d'hypertension intracrânienne et/ou des paralysies oculomotrices, voire une pseudopuberté précoce chez l'enfant. Une ponction ou biopsie en conditions stéréotaxiques va permettre le diagnostic histologique en s'aidant de marqueurs tels que les phosphatases alcalines placentaires.
Les traitements radiothérapiques, associés ou non à la chimiothérapie, sont très efficaces. Une surveillance au long cours est cependant d'autant plus nécessaire que des localisations secondaires par propagation dans le liquide céphalorachidien peuvent survenir.

gonadoblastome n.m.

Tumeur survenant presque toujours sur une gonade dysgénétique, et le plus souvent chez des enfants porteurs d’une ambigüité sexuelle, et possédant un chromosome Y. 
C’est une tumeur de petite taille, constituée de nodules séparés, formés à leur tour de grandes cellules ressemblant à des gonies , formant des groupements circulaires autour de nodules hyalins ou calcifiés sur un fond de petites cellules foncées ayant la « valeur de cellules de Sertoli ou de cellules folliculaires », le tout créant une image remarquable.
Les gonadoblastomes sont à priori des tumeurs bénignes, ne donnant pas naissance à des métastases. Il arrive qu’à l’étude d’un séminome testiculaire on trouve des ilots cellulaires dont le groupement évoque le gonadoblastome.  

Syn. pflügérome

grossesse et tumeur cérébrale l.f.

pregnancy and cerebral tumors

Développement d'une grossesse chez une malade porteuse d'une tumeur cérébrale connue avant la grossesse ou découverte au cours de celle-ci.
Les gliomes posent surtout des problèmes thérapeutiques de chimiothérapie, souvent incompatibles avec le déroulement de la grossesse en raison de risques tératogènes fœtaux.
Les méningiomes et toutes les tumeurs bénignes vascularisées peuvent se déclarer et progresser durant la grossesse. Des hémangioblastomes bénins sont susceptibles d'augmenter rapidement de volume. Après la grossesse, l'évolutivité est moindre.
Les tumeurs hypophysaires sont souvent responsables de stérilité et d'aménorrhée. Cependant les tumeurs concomitantes de la grossesse se développant de façon importante, sont fréquentes.
Le choriocarcinome, avec ses métastases très extensives, pose des problèmes maternels vitaux.
Les neurofibromes et neurinomes, en particulier de l'acoustique, peuvent augmenter de volume lors du troisième trimestre, demandant donc une surveillance après l'accouchement.
Toutes ces tumeurs sont évaluées par IRM.

hémangio-péricytome n.m.

hemangiopericytoma

Tumeur vasculaire circonscrite rare, apparaissant à tout âge et le plus souvent localisée dans le tissu sous-cutané, d'aspect clinique peu caractéristique, consistant en un nodule hypodermique indolore, bien délimité, de teinte parfois bleutée, de volume variable et de consistance généralement ferme.
À l'examen histologique, on observe de nombreux capillaires de forme irrégulière, entourés de leur endothélium, logés dans une masse de cellules globuleuses ou fusiformes appelées péricytes de Zimmermann, rappelant tantôt la cellule glomique, tantôt la cellule musculaire lisse. La prolifération tumorale se fait à l’extérieur de ces vaisseaux. D'après l'aspect des vaisseaux et le degré d'anaplasie cellulaire, l'histologie permet de distinguer une forme bénigne, une forme maligne limite et une forme maligne franche de la tumeur. Des métastases viscérales et osseuses surviennent par voie sanguine dans les trois quarts des formes malignes limites et dans les formes malignes.

K. W. Zimmermann, anatomiste alleman (1923)

Étym. gr. haima : sang ; aggeion : vaisseau ; peri : autour ; kytos : cellule ; ôma : tumeur

[K4,O3]

Édit. 2015

hémangio-sarcome osseux l.m.

angiosarcoma, malignant hemangioendothelioma, hemangioendothelial sarcoma of bone

Tumeur maligne vasculaire survenant le plus souvent au niveau des os longs, volontiers multicentrique, hémorragique et nécrotique, faite histologiquement d'un réseau vasculaire anastomotique bordé de cellules endothéliales atypiques, mêlées à des foyers cellulaires denses, peu différenciés.
Les métastases, principalement pulmonaires, sont fréquentes.

Étym. gr. haïma : sang ; aggeion : vaisseau ; sarx : chair ; ome : suffixe indiquant la tumeur

[K4,I2]

hépatite toxique l.f.

toxic hepatitis

Atteinte hépatique pouvant être causée par de nombreuses substances et se manifestant par des troubles de gravité croissante, témoins d'une cytolyse de plus en plus étendue selon la dose absorbée.
L'atteinte du foie est le plus souvent associée à une altération des reins, d'où le terme d'hépatonéphrite. Les ictères hémolytiques ne font pas partie de cette catégorie d'affection.
Principaux signes : augmentation des transaminases, de la gamma-glutamyl-transférase ( GT), effondrement de la synthèse des protéines, en particulier des intermédiaires de la coagulation, hépatite grave avec hémorragies, ictère de type cytolytique ou rétentionnel, puis coma. Les formes les plus graves sont qualifiées de fulminantes et correspondent à une cytolyse diffuse et spontanément irréversible : seule une greffe hépatique peut permettre la guérison.
La classification des hépatites toxiques a été longtemps basée sur des considérations métaboliques avec des troubles portant sur le métabolisme des glucides ou des lipides, telle la stéatose hépatique avec hypoglycémie par intoxication par l'Akee (fruit de la Jamaïque) ou par le charbon à glu (Atractilis gummifera riche en atractiline).
D'autre mécanismes ont été identifiés : carence en méthionine (intoxication à l'éthionine, à l'hexachlorobenzène), découplage de l'oxydoréduction phosphorylante (intoxication au dinitro-ortho-crésol), déplétion en gluthation réduit (hépatite grave par absorption de doses fortes de paracétamol (acétaminophène), réaction secondaire sur des structures endocellulaires de radicaux alcoylants comme dans l'intoxication au tétrachlorure de carbone où l'altération initiale est plutôt mitochondriale.
Les plus typiques des hépatites toxiques s'accompagnent d'une agression qui prédomine en général sur le réticulum endoplasmique et qui s'étend à tous les éléments cellulaires. Aucun schéma uniforme ne peut être proposé, les lésions portant aussi bien sur les lysosomes, les mitochondries, que sur le noyau, ce qui rend difficile une distinction entre nécrose et apoptose cellulaire.
La cytolyse est particulièrement marquée au cours des intoxications par le phosphore blanc ou par l'amanite phalloïde.
D'autres altérations, plutôt subaigües, se rencontrant au cours d'intoxications, sont considérées comme des effets adverses de médicaments (ictères par méthyl-testostérone, par chlorpromazine), elles sont dites cholostatiques à cause de la bilirubine non conjuguée circulante et des anomalies histologiques observées au cours des ictères par rétention biliaire.
Compte tenu de l'importance de l'activité métabolique du foie, il est difficile d'interpréter comme souffrance cellulaire la stéatose hépatique, fréquente au cours de l'intoxication alcoolique chronique, les variations réversibles du réticulum endoplasmique et des microsomes siège de nombreuses réactions d'hydroxylation et d'oxydation par les cytochromes et les oxydases, enzymes susceptibles de réponses d'adaptation lors de l'absorption de nombreux toxiques. De même l'interprétation des infections virales de rencontre n'a été possible que par l'identification des virus et des réactions immunitaires qu'ils provoquent.
Les hépatites, dites veinoocclusives, où l'altération prédomine sur le drainage veineux ont été identifiées pour les alcaloïdes du séneçon.
De nombreuses hépatites médicamenteuses, dites de sensibilisation, surviennent après absorption prolongée pendant plusieurs mois ou années de produits appartenant à toutes les classes de médicaments. Elles surviennent de façon sporadique surtout chez des femmes âgées et peuvent prendre une allure suraigüe d'hépatite fulminante après la reprise du médicament.
Les altérations hépatiques prolongées peuvent s'accompagner de séquelles fibrosantes, de l'apparition d'une cirrhose hépatique évolutive, affection classique au cours de l'alcoolisme prolongé pendant plusieurs dizaines d'années.
L'interprétation de l'apparition de cancers primitifs du foie observés au cours d'intoxications expérimentales est rendue complexe par l'existence d'une sensibilité génétique très variable ches certaines espèces, par l'existence de formations tumorales bénignes (adénomes) et par la prolifération de peroxysomes, chez le rat surtout. Les cancers primitifs sont à distinguer des métastases hépatiques beaucoup plus fréquentes, provenant d'autres cancers.

hépatonéphrite, stéatose hépatique

[L1]

| page précédente | /9 | page suivante