Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

78 résultats 

tolérance (à une substance) l.f.

Capacité d’un organisme à supporter une substance étrangère sans en subir d’effets nocifs.
Lors d’introductions répétées de la substance, la tolérance peut s’atténuer par un phénomène de sensibilisation. Inversement la tolérance peut s’accentuer, si bien que pour entrainer le même effet, les doses doivent augmenter.

indépendance à un toxique,

psychodysleptique (substance) l.f.

Agents psychotropes perturbateurs du fonctionnement psychique.
Selon la classification des psychotropes de Delay et Deniker les psychodysleptiques sont une groupe de psychotropes aux côtés des psycho- analeptiques (antidépresseurs ou thymo-analeptiques, noo-analeptiques ou stimulants de la vigilance), des psycholeptiques (hypnotiques, anxiolytiques, neuroleptiques) des psycho-iso-leptiques (ou thymorégulateurs : sels de lithium,acide valproïque...).
Le groupe des psychodysleptiques inclut les hallucinogènes et les produits capables d’induire une symptomatologie de type psychotique telles que distorsions perceptives, idées délirantes, angoisses ou au contraire euphorie, perte du contrôle ...Les plus connus sont le cannabis et les cannabinoides de synthèse, l’amphétamine (ecstasy), les opiacés, le LSD, la cocaine (crack)...
De multiples substances psychodysleptiques sont désormais proposées sur internet.
Les effets psychodysleptiques (également dits psychomimétiques ou «psychotogenes») varient selon la nature de la substance et ses propriétés pharmacologiques : psylocybine et LSD très hallucinogènes, crack et ecstasy très excitateurs, cannabis et cannabinoïdes de synthèse inducteurs de distorsions perceptives....
La consommation de ces substances peut induire une pharmacopsychose aiguë (état onirique aigu) ou chronique (schizophrénie).
 Ces produits ont longtemps été réputés dépourvus de propriétés thérapeutiques et classés illicites :ceci est désormais remis en question notamment du fait des effets potentiellement antalgiques du cannabis, de l’effet antidépresseur de la kétamine.

J. Delay et P. Deniker, psychiatres français, membres de l’Académie de médecine (1957)

Étym. gr. psukhe : âme; dus : difficulté; lambanein : saisir

psychédélique (expérience), psychotropes, antidépresseur, psychoanaleptique, psycholeptique, hypnotique, anxiolytique, neuroleptiques, thymorégulateur, lithium (traitement par), acide valproïque, hallucinogène, cannabis, cannabinoides de synthèse

[G4, G5, H3]

Édit. 2020

trouble de l’usage d’une substance psychotrope l.m.

Les classifications nosographiques regroupent sous cette appellation, l’ensemble des manifestations psychiques, physiques et comportementales, révélatrices d’une perte de contrôle de la consommation qui se répète malgré les conséquences individuelles (menaces sur la santé) et sociales  (menaces sur la situation familiale, professionnelle en particulier) négatives.
Le sujet a tendance à consommer davantage que souhaité ou prévu, à minimiser les conséquences de la consommation, échoue à interrompre sa consommation malgré des tentatives répétées du fait d’épisodes de craving, de l’apparition d’une tolérance ou de symptômes de sevrage.
Le trouble de l’usage peut être qualifié de léger,moyen ou grave.
Les substances susceptibles d’induire un trouble de l’usage sont nombreuses : alcool, tabac, caféine , médicaments benzodiazépiniques parmi les substances licites, cannabinoides, héroine, cocaine, amphétamines, hallucinogènes parmi les substances illicites.
Un arrêt de la consommation depuis plus de 3 mois et moins de 12 mois est qualifié de rémission précoce.
Un arrêt depuis plus de 12 mois est qualifié de rémission prolongée.
La notion de guérison ne peut être avancée qu’après 2 ans d’arrêt de toute consommation de la substance.
 

addiction, dépendance, craving, sevrage

[G4, H3]

Édit. 2020

| page précédente | /4