abcès rétropharyngien l.m.
retropharyngeal abscess
Collection suppurée développée dans l'espace rétro-pharyngé.
Chez l’enfant de moins de 6 ans, l'abcès rétropharyngien survient lors d’une rhinopharyngite. Chez l’adulte il est la conséquence d’une inoculation septique. Il associe une dysphagie douloureuse, une contracture douloureuse des muscles paravertébraux, une voix nasonnée et étouffée puis une dyspnée. Une voussure de la paroi postérieure oro- ou hypopharyngée est observée avec parfois un œdème de la margelle laryngée. La fièvre est élevée et l’état général altéré. La radiographie de profil, l’IRM ou le scanner, la ponction confirment le diagnostic. La complication principale est la rupture spontanée ou provoquée par l’examen qui peut occasionner une inondation trachéobronchique. L’extension d’un mal de Pott sous-occipital peut donner un tableau d’abcès froid chez un malade immunodéprimé.
Étym. lat. abcessus, d’abcedere : s’éloigner
Syn. abcès rétroviscéral, abcès rétropharyngé
[D1,P1 ]
Édit. 2017
acanthocéphalose n.f.
acanthocephaliasis
Parasitose accidentelle et rare, provoquée par des vers ronds appartenant au phylum des acanthocéphales.
L’infection par Macrocanthorhinchus hirudinaceus (parasite du Porc) résulte de l’ingestion de larves de coléoptères contenant des larves du parasite. Pour Moniliformis moniliformis, parasite de différents rongeurs domestiques ou sauvages, c’est l’ingestion de larves de blatte ou de ver de farine parasités qui entraîne la contamination. Cliniquement, surviennent des douleurs abdominales paroxystiques, accompagnées de vomissements, de diarrhée, de fièvre et d’hyperéosinophilie. La guérison peut être spontanée, par expulsion des vers, ou bien des complications graves peuvent survenir (péritonite aigüe par perforation).
[D1]
Édit. 2020
acide acétylsalicylique l.m.
acetylsalicylic acid
Ester de l'acide acétique avec la fonction phénol de l'acide salicylique, médicament anti-inflammatoire non stéroïdien, antalgique, antipyrétique et anti-agrégant plaquettaire.
A faibles doses (100-325 mg), l’acide acétylsalicylique induit rapidement une inhibition irréversible, par acétylation, de la cyclo-oxygénase 2 plaquettaire et se traduit par une diminution de la production de thromboxane A2 (TXA2), agent agrégant et vasoconstricteur. Cette efficace action antiagrégante est largement utilisée dans la prévention secondaire des accidents vasculaires cérébraux et coronariens.
Irritant pour la muqueuse digestive, son utilisation répétée, à doses plus élevées, pour lutter contre les douleurs et la fièvre, peut favoriser l'apparition d'un ulcère gastrique ou œsophagien (parfois par incrustation dans la muqueuse s’il y a stagnation dans l’œsophage ou l’estomac en cas d’ingestion d’un comprimé non délité) et provoquer des hématémèses. Des réactions allergiques peuvent également survenir chez environ deux sujets sur mille.
Médicament essentiel de l'OMS.
Syn. aspirine,
→ anti-inflammatoire non stéroïdien
[C1, G5]
Édit. 2020
acidurie mévalonique l.f.
mevalonic aciduria
Affection infantile avec retards psychomoteur et de croissance, anémie, cataracte, hépato- splénomégalie et dysmorphie faciale.
Il existe également des crises récurrentes de fièvre, des adénopathies, des arthralgies, et des rashs morbiliformes. La déficience en mévalonate-kinase peroxysomique est prouvée par dosage leucocytaire.
L’affection est autosomique récessive avec diagnostic prénatal possible. (MIM 251170).
G. Hoffmann, pédiatre américain (1986)
Syn. mévalonate-kinase (déficit en)
[C1,O1,Q2]
Édit. 2017
acné fulminans l.f.
acne fulminans
Tableau rarissime caractérisé par le développement rapide d'une acné très inflammatoire et profuse associée à de la fièvre, une altération de l'état général, des douleurs articulaires et une polynucléose neutrophile et dont la physiopathologie est inconnue.
Des tableaux de ce type ont été rapportés chez des individus traités par isotrétinoïne ou présentant des entéropathies inflammatoires. La corticothérapie générale est, paradoxalement, souvent indiquée.
Étym. gr. akmê : pointe, efflorescence (faute de copistes pour acmé devenu acné)
[G5,J1,L1,N1]
Édit. 2017
adénite histiocytaire nécrotique l.f.
histiocytic necrotizing lymphadenitis
Maladie rare qui touche plus volontiers la femme jeune et qui se manifeste par des adénopathies cervicales unilatérales, indolores, isolées ou associées à des signes généraux divers: fièvre variable, manifestations digestives, altération de l’état général, sueurs, arthralgies, rashs cutanés, hépato- et splénomégalie.
Souvent normaux, les résultats des examens biologiques montrent parfois un Syndrome inflammatoire (V.S., CRP). Le diagnostic est histopathologique : il s’agit d’une adénite nécrosante, non suppurée, contenant des débris nucléaires sans polynucléaires et une importante réaction histiocytaire. Les diagnostics différentiels principaux sont les lymphomes malins et l’adénite lupique. L’évolution est spontanément favorable en 4 à 6 mois. Les rechutes sont possibles.
Étym. gr adên : glande ; suffixe - ite: se rattache à un processus inflammatoire
Syn. maladie de Kikuchi, lymphadénite nécrosante histiocytaire
[N1,P1]
Édit. 2017
adénite sinusale cytophagique l.f.
sinus histiocytosis with massive lymphadenopathy, Rosai and Dorfman’s Syndrome
La maladie est rare en Europe, d’étiologie inconnue et survient surtout chez le jeune enfant vivant dans des conditions socio-économiques précaires (tiers-monde en particulier).
Elle débute par des adénopathies cervicales volumineuses, pseudotumorales, indolores, puis s’étend à tout le corps. La fièvre est marquée, la polynucléose habituelle, la vitesse de sédimentation élevée. L’examen histologique d’un nœud (ganglion) montre une distension des sinus par l’accumulation d’histiocytes contenant de nombreux lymphocytes à des stades variables de destruction. L’évolution de cette lymphocytophagie est chronique, habituellement bénigne.
P-P. Destombes, anatomopathologiste français (1965), J. Rosaï, anatomopathologiste américain d’origine italienne (1969 et 1972) et R. F. Dorfman, anatomopathologiste américain (1969 et 1972)
Étym. gr adên : glande ; suffixe - ite: se rattache à un processus inflammatoire
Syn. histiocytose sinusale hémophagocytaire, syndrome de Destombes-Rosai-Dorfman, maladie de Destombes, lymphadénopathie massive par histiocytose sinusale avec hémophagocytose
[N1 ,P1 ]
Édit. 2017
adénopathies tuberculeuses du médiastin l.f.p.
tuberculosis of mediastinal lymph nodes
Atteinte tuberculeuse des nœuds (ganglions) lymphatiques du médiastin.
Ceux-ci sont volontiers volumineux, les lésions tuberculeuses détruisent l'architecture des nœuds lymphatiques où l'on trouve des follicules épithélioïdes et gigantocellulaires avec nécrose caséeuse.
Ces adénopathies s'observent surtout chez les immigrés et les Noirs africains, mais aussi chez les enfants. Ces adénopathies peuvent prendre une allure pseudotumorale. Le diagnostic repose sur le contage, souvent un peu de fièvre, une discrète altération de l'état général, une gêne respiratoire, des signes radiologiques.
La bronchoscopie est nécessaire pour rechercher ou confirmer la compression extrinsèque de l'arbre respiratoire, une zone de fistulisation ou de menace de fistulisation. Parfois l'on observe un bourgeon tuberculeux à ne pas confondre avec un bourgeon tumoral, il faut donc toujours le biopsier. Le bourgeon tuberculeux masque la fistule.
La menace de fistulisation tout particulièrement chez l'enfant, impose l'intervention pour évacuer le caséum afin d'éviter le risque de contamination parenchymateuse massive si elle survenait, et de sténose bronchique ultérieure. Le traitement antituberculeux précède et suit l'intervention.
Étym. gr. adên : glande ; pathê : maladie
[D1, K1]
Édit. 2020
adénovirus n.m.
adenovirus
Virus à ADN, de la famille des Adenoviridae et du genre Mastadenovirus, dont on distingue une cinquantaine de sérotypes pathogènes pour l’Homme.
Les adénovirus ont une affinité pour de nombreux tissus et organes et leur pouvoir pathogène est étendu. De nombreuses infections sont asymptomatiques ou bénignes. Le tableau le plus habituel associe une fièvre modérée, une pharyngite avec gêne à la déglutition, une conjonctivite et des adénopathies cervicales (syndrome adénopharyngoconjonctival) ou basses et diarrhées chez l’enfant. Le traitement est alors purement symptomatique : désencombrement par la kinésithérapie chez le nourrisson et l'enfant en bas âge. Les tableaux de bronchiolite avec dyspnée voire insuffisance respiratoire s'observent chez l'enfant entre 1 et 5 ans, ainsi que des syndromes diarrhéiques. Chez le sujet immunodéprimé, les infections à adénovirus sont souvent sévères : méningo-encéphalites, pneumonies, hépatites, cystites hémorragiques, ou encore une maladie disséminée avec atteinte multi-organe très grave. Le diagnostic biologique associe la détection directe d’antigène dans les sécrétions, l’isolement du virus en culture de cellules, la biologie moléculaire, la sérologie. Un nouvel antiviral, le cidofovir, est proposé pour traiter les formes graves d’infections à adénovirus.
→ Adenoviridae, adénovirus (kératite à)
[D1]
Édit. 2020
kératite à adénovirus l.f.
adenovirus keratitis
Affection à virus à ADN, à tropisme humain et dont on connaît de nombreux types sérologiques, responsables d'épidémies de conjonctivite folliculaire parfois hémorragique, de fièvre pharyngoconjonctivale et de kératoconjonctivite.
La kératite à adénovirus présente des signes caractéristiques : 5 jours après l'atteinte conjonctivale, il survient une kératite ponctuée fine qui évolue en petites ulcérations douloureuses vers le 7ème jour. Après environ quinze jours, il apparaît des infiltrats sous- épithéliaux durables pouvant altérer la vision.
[D1, P2]
Édit. 2020
Aedes aegypti
Aedes aegypti
Espèce d’Aedes des zones intertropicales surtout humides, qui n’est active que si la température dépasse 23°C.
Les œufs peuvent résister à la dessiccation et la moindre collection d’eau suffit au développement des larves. Ce moustique est notamment vecteur des virus de la dengue et de la fièvre jaune.
→ Aedes, dengue, fièvre jaune.
[D1, D4]
Édit. 2020
Alenquer (virus)
Alenquer (virus)
Virus à ARN du genre Phlebovirus (famille des Orthobunyaviridae), responsable, en Amérique tropicale, de syndromes fébriles et algiques entrant dans le cadre des fièvres à phlébotomes.
Ce virus entraîne, chez l'Homme, une maladie bénigne associant fièvre, frissons, céphalées, myalgies, photophobie durant 4 à 5 jours.
Sigle ALEV
[D1]
Édit. 2020
Alkhurma (virus)
Alkhurma (virus)
Virus à ARN du genre Flavivirus (famille des Flaviviridae).
En Arabie et en Egypte, le virus Alkhurma est responsable de fièvre, myalgies, vomissements, conjonctivite, bradycardie, adénopathies ; des formes hémorragiques sévères sont observées. Des troubles de l’encéphale peuvent aussi être observés. La létalité dépasse 25% des infections à manifestations cliniques sévères mais il existe des infections bénignes, voire inapparentes. La maladie touche surtout les éleveurs et les personnels des abattoirs. L'épidémiologie en est encore mal connue. Le réservoir du virus ALK pourrait être constitué par les Moutons et les Dromadaires, et des tiques du genre Ornithodoros en seraient les vecteurs mais la maladie pourrait également se contracter par contact avec le sang ou par ingestion de lait d'un animal (chamelle) infecté.
Il s'agirait d'un variant génétique du virus de la maladie de la Forêt de Kyasanur
Sigle ALKV
→ maladie de la Forêt de Kyasanur, Flaviviridae, Ornithodoros
[D1]
Édit. 2020
alphavirus n.m.
alphavirus
Genre de virus à ARN appartenant à la famille des Togaviridae.
Ces virus se transmettent par l’intermédiaire d’un vecteur hématophage d’où leur ancienne classification dans les arbovirus du groupe A.
Dans le genre Alphavirus, on distingue plusieurs groupes de virus :
1) Groupe Sindbis virus (SINV),
2) Eastern equine encephalitis virus (EEEV) ( virus de l'encéphalite équine de l'Est) et Venezuelan equine encéphalitis virus (VEEV) (virus de l'encéphalite équine du Venezuela),
3) Semliki Forest virus (SFV) (virus de la fôret Semliki), Ross River virus) RRV) virus Roos River), Mayaro virus ( MAYV) ( virus Mayaro), Chikungunya virus (CHIKV) (virus Chikungunya), O'nyong-nyong virus (ONNV) (virus de l'O'oyng-nyong),
4) Virus de groupe incertain : WEEV ou virus de l'encéphalite équine de l'Ouest.
Ces virus sont responsables d’infections chez l’animal et chez l’Homme, il s’agit donc de zoonoses. Elles se manifestent par une fièvre et une symptomatologie articulaire ou par une encéphalite.
→ Togaviridae, Alphavirus, Sindbis virus, encéphalite équine de l'Est , encéphalite équine du Venezuela, Semliki Forest (virus), Ross River virus, Mayaro virus, Chikungunya virus, encéphalite équine de l'Ouest
[D1]
Édit. 2020
Alvarado (score de) l.m.
Avarado’s score
Score pratique pour un diagnostic rapide d’appendicite aigüe basé sur des symptômes, des signes cliniques et des données biologiques.
| Symptomes | score |
| migration de la douleur vers la fosse iliaque droite | 1 |
| anorexie | 1 |
| nausées, vomissements | 1 |
| Signes cliniques | |
| fièvre > 37°3C | 1 |
| palpation douloureuse de la fosse iliaque droite | 2 |
| rebond douloureux | 1 |
| Données biologiques | |
| leucocytes : >10.000 | 2 |
| polynucléaires neutrophiles : > 75% | 1 |
| Total | 10 |
A. Alvarado, chirurgien américain (1986)
[L2]
Édit. 2015
Amur (virus)
Amur virus
Virus à ARN, appartenant à la famille des Bunyaviridae et au genre Hantavirus.
Ce virus a été isolé du rongeur Apodemus peninsulae qui en est vraisemblement le réservoir en Russie orientale et en Chine. Il est responsable de formes sévères de fièvre hémorragique avec syndrome rénal.
Sigle AMRV
→ Hantavirus, fièvre hémorragique avec syndrome rénal
[D1]
Édit. 2020
anaplasmose granulocytique humaine l.f.
human granulocytic anaplasmosis, human granulocytic ehrlichiosis
Maladie zoonotique due à la bactérie Anaplasma phagocytophilum, répandue en Eurasie et sur le continent américain.
Les patients infectés par cette bactérie présentent une fièvre, des frissons, des myalgies, des céphalées, une thrombopénie, une leucopénie, une augmentation des transaminases. L'évolution est habituellement favorable mais des complications sévères peuvent néanmoins survenir, comme des syndromes de choc septique, des coagulopathies, des détresses respiratoires, des myocardites, des insuffisances rénales aiguës. Beaucoup d'infections demeurent asymptomatiques ou se présentent comme une maladie très fruste. Le diagnostic biologique repose sur l'isolement du germe sur culture de cellules ou surtout sur l'immunofluorescence indirecte et la PCR. Le traitement fait surtout appel à la doxycycline. La transmission de la bactérie en cause a lieu par morsure de tique ; des cas d'infection par transfusion sanguine sont connus.
D. B. Sykes, médecin américain (2020)
Syn. ehrlichiose granulocytique humaine, anaplasmose (ou ehrlichiose) granulocytaire humaine
[D1,D4,D5]
Édit. 2020
angine n.f.
tonsillitis, angina, sore throat, pharyngitis
Inflammation aigüe de la tonsille palatine d’origine bactérienne ou virale.
En fonction de l'aspect de la muqueuse, plusieurs types d’angines peuvent être décrits : angine érythémateuse ou érythématopultacée, pseudomembraneuse, ulcéronécrotique, vésiculeuse. Les angines de la mononucléose infectieuse sont très protéiformes.
Les angines érythémateuses et érythématopultacées sont d’origine virale ou bactérienne.
Angines pseudomembraneuses : la présence de fausses membranes sur les tonsilles palatines doit toujours faire redouter la diphtérie, bien que la mononucléose infectieuse soit plus souvent en cause.
Les angines ulcéronécrotiques : bilatérales, elles doivent faire redouter une leucémie et imposer un hémogramme d’urgence; unilatérales, elles évoquent l’angine de Vincent, érosion tonsillaire souple et fièvre modérée, ou plus rarement le chancre syphilitique de l’amygdale.
Des prélèvements bactériologiques appropriés dans toutes ces formes orientent le diagnostic et guident le traitement.
Les angines vésiculeuses, très particulières, sont dues à l’herpangine, à l’herpès ou au zona.
Les angines de la mononucléose infectieuse peuvent revêtir toutes ces formes. Le diagnostic repose sur l’hémogramme et surtout sur le test spécifique.
Étym. lat. angina : angine ; angere : étrangler
[D1, F1, P1]
Édit. 2020
angine de Duguet l.f.
Duguet pharyngitis
Etat pathologique caractérisé par la présence, dans la région tonsillaire, de petites ulcérations superficielles, indolores apparaissant à la période d’état d’une fièvre typhoïde dans environ 10% des cas.
J-B Duguet, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1837-1914)
Étym. lat. angina : angine ; angere : étrangler
→ fièvres typhoïde et paratyphoïdes
[D1, P1]
Édit. 2020
angine de Vincent l.f.
Vincent’s angina, ulceromenbranous angina
Angine ulcéreuse, le plus souvent unilatérale, due à une association fusospirillaire, dont les signes cliniques associent une fièvre d’intensité modérée, une haleine fétide, une ulcération tonsillaire profonde recouverte de membranes grisâtres et une adénopathie satellite.
Le diagnostic est affirmé par la mise en évidence, au prélèvement de gorge, de l’association d’une bactérie anaérobie, Fusobacterium necrophorum et d’un spirochète (Treponema vincentii), encore appelée association fusospirillaire. L’angine de Vincent guérit rapidement sous pénicilline orale ou métronidazole.
J.H. Vincent, médecin général français, membre de l’Académie Nationale de Médecine (1896)
Étym. lat. angina : angine (déverbal d'ango : étrangler)
→ Fusobacterium, Treponema vincentii, fusospirillaire (association)
[D1,P1]
Édit. 2017
angiocholite n.f.
cholangitis
Infection aigue de la voie biliaire principale (appelée aussi cholédoque), due le plus souvent à un obstacle lithiasique, calcul enclavé au niveau du cholédoque.
Elle se manifeste typiquement par la succession, à court terme, en 48 heures de trois signes : douleur de type biliaire, fièvre avec frissons et ictère. La triade peut être incomplète. Il est rare que la lithiase soit découverte à l’imagerie, réalisée pour une symptomatologie atypique ou une cholestase anictérique.
L’angiocholite s’associe le plus souvent à une lithiase de la vésicule biliaire. Elle peut aussi survenir chez un patient antérieurement cholécystectomisé ; il s’agit alors d’un calcul oublié ou récidivant de la voie biliaire principale. Elle est plus rarement secondaire à des parasites migrants, ascaris ou douve. Les obstacles non lithiasiques, en particulier d’origine tumorale, tels un cancer de la tête du pancréas, ou une tumeur de l’ampoule de Vater ou un cholangiocarcinome sont rarement à l’origine d’une angiocholite. De même une sténose de la voie biliaire principale ou une compression par des adénopathies ou une pancréatite chronique sont rarement la cause d’une angiocholite. La maladie de Caroli et la fibrose hépatique congénitale peuvent se manifester par des épisodes de cholangite bactérienne récidivante. Biologiquement, il existe un syndrome biologique inflammatoire et une cholestase ictérique ou anictérique. Une élévation des transaminases parfois importante est fréquente à la phase aigüe de constitution de l’obstruction biliaire. Les hémocultures souvent positives mettent en évidence des germes d’origine digestive. L’imagerie par échographie ou scanner peut visualiser la lithiase de la voie biliaire principale et/ou sa dilatation et une lithiase vésiculaire. Mais les deux examens les plus sensibles pour le diagnostic de lithiase de la voie biliaire principale sont la cholangio-IRM, examen non invasif et l’échoendoscopie bilio-pancréatique, qui peut être réalisé immédiatement et dans le même temps que la cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) . Le traitement repose sur l’antibiothérapie mais surtout sur la levée de l’obstacle. Le traitement de première intention est la CPRE, associée le plus souvent à une sphinctérotomie, suivie par l’extraction du ou des calculs de la voie biliaire principale réalisée dans un centre expert. Secondairement, une cholécystectomie est envisagée.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; kholê : bile
→ Caroli (maladie de), fibrose hépatique congénitale
[D1, L1]
Édit. 2020
angiocholite ictéro-urémigène l.f.
acute toxic cholangitis
Infection des voies biliaires survenant habituellement sur obstacle de la voie biliaire principale, obstacle souvent incomplet et ignoré.
Elle entraîne un état de choc septique et une insuffisance rénale aigüe.
Symptômes : douleur, ictère cuivré «flamboyant» (pseudospirochétosique), fièvre (récurrente ou en plateau), état de choc, insuffisance rénale aigüe et parfois, syndrome hémorragique. Les germes en cause sont surtout à Gram- (Escherichia coli, Proteus, pneumobacille, B. pyocyanique, Klebsiella) mais aussi à Gram + (streptocoque, entérocoque).
Édit. 2017
J. Caroli, gastro-entérologue français (1945)
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; kholê : bile
[D1,L1,M1]
Ann Arbor (classification de) l.f.
clinical staging of Hodgkin’s disease, Ann Arbor’s classification
Système de classification utilisé dans le bilan d’extension des lymphomes malins (1971).
Sa valeur pronostique est moins importante dans les lymphomes malins non hodgkiniens que dans la maladie de Hodgkin.
Degré I : atteinte d’une seule aire ganglionnaire (I).
Degré II : atteinte de 2 aires ganglionnaires ou plus du même côté du diaphragme (II).
Degré III : atteintes ganglionnaires situées de part et d’autre du diaphragme (III), pouvant être accompagnées d’une atteinte splénique (IIIS).
Degré IV : localisation diffuse avec une ou plusieurs atteintes extraganglionnaires (IVE)
L’absence (A) ou la présence (B) de signes généraux comme fièvre prolongée, sueurs nocturnes et un amaigrissement notable complète la classification.
Étym. Ann Arbor, ville de l’État du Michigan des États-Unis.
→ lymphomes malins, Hodgkin (maladie de)
[F1]
Édit. 2017
antiamaril adj.
antiamarillic
Actif contre la fièvre jaune.
En pratique, s’applique surtout à la vaccination amarile.
anticorps anti-phospholipide (APL) l.m.p
antiphospholipide antibody
Groupe d’auto-anticorps comprenant l’anticoagulant circulant de type lupus qui est un anticorps anti-prothrombinase, des anticorps anti-cardiolipides et les anticorps responsables des expressions sérologiques syphilitiques dissociées ou faux BW chroniques.
Cliniquement la présence dans le sang des anticorps anti-phospholipides s’observe essentiellement dans le syndrome primaire des anti-phospholipides et les syndromes des anti-phospholipides secondaires à un lupus érythémateux disséminé. Ils se rencontrent beaucoup plus rarement dans les autres connectivites, dans certains cas d’hémopathie et d’hépatopathie, dans les maladies de Lyme avec atteinte neurologique et dans certaines maladies infectieuses (infection par le virus VIH avec adénopathies diffuses, sida avéré, fièvre Q, rhumatisme articulaire aigu, leishmaniose).
La présence d'un anticorps APL est associée aux accidents ischémiques cérébraux : thromboses veineuses, infarctus artériels souvent de petite taille et volontiers récidivants, pouvant évoluer vers un tableau de démence vasculaire.
Au cours du syndrome primaire des anti-phospholipides, les anticorps anti-phospholipides semblent avoir un rôle direct dans le déclenchement des avortements spontanés itératifs et la pathogénie de certaines complications thromboemboliques.