asthme n. m.
asthma
Syndrome caractérisé par des crises de dyspnée, survenant sur un terrain atopique, caractérisé par des accès de bradypnée expiratoire, liés à l'obstruction des petites voies aériennes par spasme, hypersécrétion et œdème des bronches.
Il évolue d'une phase sèche de toux quinteuse à une phase humide catarrhale, attestée par les sifflements perçus à l'auscultation ainsi que par le malade ou son entourage. Les crises, peuvent se succéder durant plusieurs jours si on ne les traite pas. Elles sont espacées de périodes de rémission pendant lesquelles la fonction respiratoire peut être normale, mais les crises graves peuvent être mortelles
L’obstruction bronchique réversible après inhalation de bêta2-mimétiques, tend à évoluer, à défaut de traitement anti-inflammatoire, vers une obstruction permanente et irréversible. Le spasme de la musculature lisse bronchique est dû au moins en partie, à une inflammation muqueuse, facteur étiologique essentiel à traiter. L'allergie joue le rôle principal par hypersensibilisation immédiate, semi-tardive ou retardée. Des causes très diverses peuvent déclencher la crise : infection bronchique, inhalation de substance irritante, émotion violente. L'évolution capricieuse de l'asthme doit être surveillée tous les jours par le débit de pointe que le patient peut mesurer lui-même. Toute suspicion d'asthme impose une spirographie à la recherche d'une altération des débits bronchiques.
Chez l'enfant, la toux quinteuse durable est une manifestation fréquente de l'asthme débutant. L'asthme de l'enfant peut disparaître à la puberté mais, avec l'âge, les symptômes peuvent se modifier, l'asthme devient humide et évolue vers l'insuffisance respiratoire chronique.
Toute suspicion d'asthme impose une spirographie à la recherche d'une altération des débits bronchiques. L'hyperréactivité bronchique, décelable par un test de provocation aux dérivés de l'acétylcholine ou plus rarement aux allergènes, constitue le stigmate permanent du terrain asthmatique en partie héréditaire.
Dans tous les pays industriels l'incidence de l'asthme augmente régulièrement depuis une quarantaine d'années, plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cet accroissement, aucune n'est encore validée
Étym. gr. asthma : respiration pénible, asthme
autisme n.m.
autism
L'autisme et les troubles apparentés constituent un ensemble de syndromes actuellement regroupés dans les classifications internationales des maladies sous les termes «troubles envahissants du développement» (CIM 10) et plus récemment « troubles du spectre de l’autisme » (DSM 5), caractérisés par des fonctionnements particuliers qui altèrent dès les premières années de vie, avant 3 ans, la socialisation, la communication et l'adaptation.
Dans le domaine de la socialisation et de la communication, l'enfant semble seul dans son monde et pourrait faire penser qu'il est sourd. Il réagit avec les personnes comme si elles étaient des objets. Son contact oculaire est atypique. Sa mimique est pauvre. Le partage émotionnel lui est difficile. Il ne parle pas, ou, si son langage existe, il ne s'inscrit pas dans un échange, un dialogue avec autrui.
En ce qui concerne les facultés d’adaptation : le moindre changement dans son environnement peut provoquer chez lui angoisse et agressivité ; l'enfant est attaché à «l'immuabilité». Le répertoire de ses activités est réduit, répétitif. Il est parfois animé de mouvements stéréotypés, battements, rotations ou balancements d'une partie ou de l'ensemble du corps. Des réactions témoignant d’hyper ou hypo-réactivité sensorielle sont également très caractéristiques
Tous ces traits persistent à l'âge adulte. La variabilité de l'expression clinique résulte non seulement du degré d'autisme mais aussi de son association à d'autres troubles (retard mental, troubles moteurs, sensoriels et perceptifs, épilepsie...).
La prévalence de ce syndrome est l’objet de discussion ; le chiffre désormais admis est de 1 pour 150 avec classiquement 4 garçons pour une fille.
L'identification des signes précoces est un enjeu majeur de santé publique. Les symptômes peuvent être discrets ou méconnus. Vers trois ans, le tableau d'autisme peut être confirmé, défini par les altérations qualitatives du comportement qui constituent les critères de diagnostic des classifications internationales. La CIM10 doit être obligatoirement appliquée en France selon les recommandations de la Haute autorité de santé. Le diagnostic est clinique. Il n'existe aucun marqueur biologique validé à ce jour.
L’autisme touchant différents domaine du développement, il est essentiel de favoriser une prise en charge globale qui aura pour objectif l'acquisition de compétences sociales, du langage ou de moyens alternatifs de communication, d'autonomie…
Chaque individu avec autisme a son propre profil qui peut varier au cours de sa vie. Aucun protocole standard n'existe, toutefois plusieurs principes fondamentaux guident les stratégies éducatives, rééducatives, les pratiques de soins et d'intégration sociale :
- précocité de l'intervention,
- accessibilité des services éducatifs et de soins,
- diversité des méthodes et moyens mis en œuvre,
- évaluation des besoins tout au long de la vie,
- l'implication de la famille partenaire et continuité du suivi garanti par un dossier personnalisé régulièrement mis à jour.
Le Comité consultatif national d’éthique a souligné, en 2007, la nécessité d’appuyer les pratiques sur un socle de connaissances issues de la recherche.
L. Kanner, pédopsychiatre américain (1943) ; H. Asperger, pédopsychiatre autrichien (1938 et 1944)
Étym. gr. autos : soi-même
Syn. troubles envahissants du développement, troubles du spectre de l’autisme
→ autisme (modèles physiopathologiques)
[H3]
Édit. 2018
basiotripsie n.f.
craniotomy with a basiotribe
Perforation avec réduction de la base du crâne fœtal à l'aide d'un basiotribe en cas de dystocie irréductible sur enfant mort.
P. ex. une hydrocéphalie méconnue, ou une présentation du siège avec rétention de la tête dernière sur un enfant mort.
Édit. 2017
Burkitt (lymphome de) l.m.
Burkitt's lymphoma
Lymphome malin décrit en Afrique intertropicale (et initialement en Ouganda) dans des foyers proches des grands lacs sous forme d'une tumeur des maxillaires chez des enfants infectés, à la fois, par Plasmodium falciparum et par un Lymphocryptovirus (virus d'Epstein-Barr ou EBV), de la famille des Herpesviridae.
Ce type de lymphome s’observe également dans les zones tempérées, essentiellement chez l’enfant et l’adulte jeune, sous forme d’atteintes intestinales, gonadiques ou ganglionnaires. Enfin, il peut se développer chez des sujets immunodéprimés, comme p. ex. au cours de l’infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Les cellules lymphoïdes de type B particulièrement similaires les unes aux autres, s'organisent en couches de cellules ayant de très forts taux de prolifération et d'apoptose. Ces lymphocytes ont un noyau de forme ronde ou ovale, aux contours réguliers, la chromatine, localisée dans la partie centrale du noyau, se trouvant réticulée avec plusieurs nucléoles de taille ordinaire. Le tissu lymphocytaire est mêlé à une population macrophagique renfermant des débris nucléaires et entourée d’un espace clair, ce qui donne à la préparation un aspect dit « en ciel étoilé ». Le lymphome de Burkitt est généralement associé à une translocation du gène c-myc (le gène MYC fut d'ailleurs découvert pour la première fois chez des patients atteints du lymphome de Burkitt). Cette translocation est souvent provoquée par l'oncogène viral EBV.Emplacements les plus courants dans le génome : t(8;14)(q24;q32) chromosome 8, région q24 vers chromosome 14, région q32. Variantes : du chromosome 8 vers les chromosomes 2 ou 22 t(8;2)(q24;p12); t(8;22)(q24;q11).L’intégration du virus Epstein-Barr est démontrée dans pratiquement tous les cas africains, dans 60% des cas des régions tempérées et 40% des cas survenant chez des sujets immunodéprimés. Ces observations ont eu une importance majeure pour la compréhension de l'oncogénèse. C'est un lymphome malin d'évolution rapide, spontanément très grave, mais sensible à la chimiothérapie. Il s'agit de la tumeur à la croissance la plus rapide avec un temps de doublement cellulaire entre un et deux jours. Une évolution terminale en leucémie lymphoblastique aigüe est fréquente chez l’enfant africain.
D. Burkitt, chirurgien britannique d’Irlande du Nord, membre de l’Académie des sciences (1958)
→ lymphome malin, proto-oncogène, Epstein-Barr (virus), Plasmodium falciparum, VIH, Herpesviridae, Lymphocryptovirus
Édit. 2017
cancer du vagin l.m.
cancer of the vagina
Il s’agit chez la femme âgée de cancers épidermoïdes, chez la femme jeune de sarcomes ou adénocarcinomes, à cellules claires, chez l’enfant de rhabdomyosarcomes embryonnaire (sarcome botryoïde).
Il peut parfois s’agir de mélanome du vagin.
Le cancer du vagin représente environ 2% des cancers gynécologiques, il s’agit plutôt d’un cancer de la femme âgée de plus de 90 ans. Chez les jeunes, le très rare carcinome à cellules claires est un adénocarcinome qui touche le plus souvent des femmes dont la mère a pris un oestrogène synthétique diéthylstilbestrol au cours des 16 premières semaines de grossesse, produit prescrit entre 1940 et 1971, pour faciliter la grossesse en prévenant en particulier les fausses couches .
Le traitement est essentiellement chirurgical généralement complété par une radiothérapie, curiethérapie et/ou téléradiothérapie. chez l’enfant le rhabdomyosarcome embryonnaire est très sensible à la chimiothérapie
Syn. carcinome du vagin
→ diéthylstilboestrol, rhabdomyosarcome embryonnaire.
[F2, O3]
Édit. 2020
captativité n.f.
captative behaviour
Tendance à accaparer de façon égocentrique et exclusive tout objet investi affectivement.
Chez le jeune enfant, le stade de captativité précède le stade d'offrande ou d'oblativité.
Chez l'adulte, le comportement captatif s'observe surtout chez certaines mères à l'égard de leur enfant.
Syn. possessivité
[H4]
cartilage thyroïde l.m.
cartilago thyroidea (TA)
thyroid cartilage
Cartilage laryngé, impair et médian, situé au-dessus du cartilage cricoïde et au-dessous de l’os hyoïde.
Il est formé de deux lames latérales quadrilatères, unies par leur bord antérieur formant un angle dièdre ouvert en arrière.
Chez l’enfant une pièce cartilagineuse impaire et médiane, le cartilage interthyroïdien, relie les deux pièces latérales du cartilage thyroïde. Elle est moins apparente chez l’adulte et disparait chez le vieillard. Losangique à grand axe vertical elle occupe toute la hauteur du cartilage thyroïde. Faite d’un tissu fibrocartilagineux, elle donne à cet organe, chez l’enfant, souplesse et élasticité. Sur sa face postérieure s’implante le nodule glottique antérieur sur lequel s’insèrent les ligaments vocaux.
[A1,A2,O4]
Édit. 2015
conduite agressive chez l'enfant et l'adolescent l.
faggressive behaviour in childhood and adolescence
Composante fondamentale de la nature humaine, l'agressivité peut se manifester chez l'enfant et l'adolescent de façon variée : sous forme de fantasmes destructeurs, de passages à l'acte, dans certaines attitudes d'opposition ou, sous une forme plus sublimée, par un goût pour la compétition.
Très tôt, l'enfant peut présenter des réactions de rage lors d'une frustration. Vers deux à trois ans, il passe souvent par une phase d'opposition active. À l'âge scolaire, l'agressivité s'exprime sous forme de jeux, coups, bousculades, agressions verbales ou rêves à thèmes agressifs. Chez l'adolescent, par leur intensité, leur forme et leur persistance, ces conduites peuvent prendre un caractère pathologique. L'intolérance à la frustration se traduit alors par des colères clastiques, des conduites violentes en groupe, pouvant aller jusqu'au meurtr
[H3,O1]
coqueluche n.f.
whooping-cough, pertussis
Maladie infectieuse, endémo-épidémique, très contagieuse, due à une bactérie, Bordetella pertussis.
Dans sa forme classique, elle atteint surtout l’enfant de 4 à 5 ans. Après une période d’invasion de 10 jours, marquée par une toux nocturne, cyanosante et émétisante, elle se caractérise, à la phase d’état, par des quintes de toux spasmodique, durant plusieurs semaines. Avant l’ère des antibiotiques et de la vaccination, elle se compliquait principalement de bronchopneumonies, dues à des bactéries de surinfections, et de malnutrition du fait des vomissements succédant aux quintes, ce qui s’observe encore dans les pays en développement. Dans les pays qui vaccinent depuis longtemps les nourrissons, la coqueluche de l’enfant a disparu, mais on observe une résurgence de la coqueluche chez de jeunes adultes, anciens vaccinés et chez les très jeunes nourrissons de moins de 6 mois, non encore vaccinés, contaminés par de proches parents atteints par la maladie. La forme du nourrisson est grave, caractérisée par la survenue d’apnées et d’accès de bradycardie ; la coqueluche maligne associe une tachycardie importante et permanente, des troubles vaso-moteurs, des œdèmes, des troubles de la conscience ou des convulsions, une hyperlymphocytose ; son pronostic est très péjoratif (mortalité proche de 75 %), justifiant une hospitalisation d'urgence en service de réanimation. La prévention est efficace, grâce aux vaccins de la coqueluche, à germes entiers ou acellulaires. Des rappels tardifs sont proposés en France et dans d’autres pays, pour diminuer les cas chez les adultes et pallier ainsi à la contamination des nourrissons.
→ vaccin coqueluche, Bordetella
[D3]
corrélation partielle l.f.
partial correlation
Quantification de la force de relation entre deux variables (en principe quantitatives), avec ajustement sur une ou plusieurs covariables.
P. ex. il existe une corrélation entre l’âge de la mère, le poids de l’enfant à la naissance et la parité. L’analyse des corrélations partielles permet de savoir si la liaison entre l’âge de la mère et le poids de l’enfant est indépendante ou non de la liaison avec la parité.
→ études multifactorielles, ajustement
[E1]
Édit. 2020
courbures secondaires de la colonne vertébrale l.f.p.
curvaturae secundariae columnae vertebralis (TA)
secondary curvatures of vertebral column
Chacune des quatre courbures de la colonne vertébrale qui apparaissent dans le plan sagittal au cours de la croissance et de l’âge.
La lordose cervicale apparaît lorsque l’enfant commence à s’asseoir. La cyphose thoracique perdure. La lordose lombaire se développe lorsque l’enfant commence à marcher. Ces courbures sont liées à l’équilibre entre les muscles extenseurs et fléchisseurs de la colonne. Elles ont pour résultat d’augmenter la résistance et l’élasticité de la colonne vertébrale.
[A1]
Édit. 2015
crèche collective l.f.
Etablissement social agréé par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales chargé de garder les enfants de moins de trois ans pendant la journée de travail de leur mère.
La crèche assure la nourriture, la surveillance du développement physique et psychomoteur de l’enfant et prépare l’enfant, dans une certaine mesure, à la vie collective. Les handicaps légers ne sont pas un motif d’exclusion.
[O1,E]
déclaration de naissance l.f.
Acte obligatoire de déclaration à l’état civil à la mairie du lieu de l’accouchement de toute naissance survenue sur le territoire national
Elle doit être faite dans les trois jours suivant l’accouchement (jour de l’accouchement et jours fériés non compris) par le père ou à défaut par tout témoin, par la sage-femme ou le médecin et, lorsque la mère a accouché hors de son domicile, par la personne chez qui elle a accouché. Doivent être déclarés tous les enfants nés vivants et viables dont le terme dépasse 22 semaines d’aménorrhée ou dont le poids excède 500 grammes, ainsi que les mort-nés au-delà de 180 jours de gestation. Devant un nouveau-né qu’il n’a pas mis au monde le médecin est seulement tenu de déclarer qu’un enfant est né au jour dit dans la mairie de la commune ou de l’arrondissement sans autre précision. La mère peut demander que la déclaration soit faite à son nom de jeune fille (loi sur la filiation du 3 janvier 1972). L’accouchement peut rester secret à la demande de la mère. Celle-ci ne divulgue pas son identité. L’enfant est alors déclaré de mère inconnue et confié à une pouponnière de la DASS pour adoption. La mère dispose de deux mois pour revenir sur sa décision.
décollement prématuré du placenta normalement inséré l.m.
abruptio placentae, premature placental separation
Détachement de la plaque basale du placenta par rapport à la caduque utérine avant l'expulsion du fœtus par le fait d’un hématome rétroplacentaire.
Il est dû à la formation d'un hématome par rupture d'un sinus veineux périphérique, l’hématome décidual marginal, ou d'une artère centrale, l’hématome décidual basal. Le décollement physiologique du placenta ne se produit normalement qu'après l'expulsion du fœtus, lors de la délivrance. C'est un accident aigu de la grossesse, complication d'une toxémie gravidique, d'un traumatisme ou d'une intoxication par le tabac, la cocaïne, ou de l'accouchement après rétraction brutale du myomètre suivant la vidange d'un hydramnios ou l'expulsion d'un premier jumeau. La symptomatologie est dominée par une douleur abdominale brutale, des métrorragies de sang noir incoagulable et un état de choc disproportionné par rapport aux pertes sanguines vaginales. A l'examen, le signe principal est l'hypertonie utérine, l’utérus de bois. Le diagnostic est conforté par l'existence d'une protéinurie. L'hématome rétroplacentaire présente des degrés de gravité variable, avec des formes mineures ou latentes et survie du fœtus, et des formes graves avec état de choc et mort fœtale. Son traitement nécessite une extraction par césarienne en urgence lorsque l'enfant est vivant et une évacuation utérine rapide lorsque l'enfant est mort.
A. Couvelaire, gynécologue obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1912) ; E. W Page, gynécologue obstétricien américain (1954)
→ Couvelaire (syndrome de), Page (classification de) , hématome décidual basal, hématome décidual marginal
[O3]
Édit. 2018
dépression de l'enfant l.f.
child's depression
État pathologique longtemps méconnu, voire nié, dont l'expression clinique est rarement celle de l'adulte et varie avec l'âge, le degré de maturation affective et le développement.
Chez le petit enfant (de trois à cinq ou six ans), dominent les conduites de lutte contre les affects dépressifs : désordres comportementaux principalement (depuis un calme excessif jusqu'à des crises de colère au moindre refus et aussi des oscillations de l'humeur) ; perturbations des acquisitions sociales (pas de jeux avec des pairs) ; fréquentes manifestations somatiques (sommeil troublé, alternance de refus alimentaire et de boulimie, énurésie secondaire, encoprésie) ; parfois sensibilité extrême aux séparations de la mère, avec refus scolaire.
Chez le grand enfant (jusqu'à 12 à 13 ans), sont observés surtout : une tristesse continue et intense avec autodépréciation ; des conduites de protestation contre les affects dépressifs (colère, agressivité, vols répétés, mensonges ou comportements mythomaniaques, fugues) ; un échec scolaire quasi constant.
Sur le plan suicidaire, toute idée de cet ordre exprimée doit être prise en considération, de même qu'une forte autodépréciation.
dermite du siège l.f.
napkin dermatitis, dermatitis glutealis
Atteinte de la région périnéofessière du nourrisson ou du jeune enfant correspondant à la zone recouverte par les couches et résultant de diverses causes notamment irritatives et infectieuses.
Variété de dermite du siège observée chez le jeune enfant, faite d'un érythème vernissé parfois légèrement squameux, dont la disposition sur le pubis, le périnée, la pointe des fesses et la face postéro-inférieure des cuisses affecte la forme de la lettre majuscule W.
M. Larrègue, dermatologiste français (1975)
développement (retard du) l.m.
developmental retardation of an infant
Retard dans les phénomènes évolutifs d'ordre neurophysique qui se déroulent à partir de la naissance et s'extériorisent par des acquisitions sous une forme et une chronobiologie déterminée.
C’est un motif de consultation fréquent, en raison d'une inquiétude parentale pas toujours conforme à la réalité.
La distinction est importante entre un retard global ou localisé à tel ou tel secteur du développement, p. ex. la motricité ou le langage. On repèrera dans quel contexte, somatique, psychologique et relationnel, il survient.
Un retard global s'exprime à la fois dans les grandes acquisitions motrices de la première enfance, les capacités cognitives, linguistiques et relationnelles de l'enfant.
Le recours à une échelle de développement psychomoteur, principalement celles de Brunet-Lézine, Gesell, Brazelton (comportement néonatal), permet de préciser ce retard par rapport au développement et à la maturation d'un enfant du même âge, sous la forme d'un quotient de développement (QD), dans quatre domaines : postural, coordination oculomotrice, langage et sociabilité.
L. Kreisler, pédopsychiatre français (1978) ; Odette Brunet et Irène Lézine, psychologues françaises (1951) ; A. L. Gesell, médecin et psychologue américain (1926) ; T. B. Brazelton, pédiatre américain (1973)
→ dyslexie, rééducation orthophonique, retard psychomoteur
dyspnée laryngée l.f.
laryngeal dyspnea
Dyspnée obstructive causée par un obstacle sur la voie laryngée.
L'enfant y est particulièrement sensible.
Une bradypnée inspiratoire avec tirage et cornage impose le diagnostic. La cause la plus fréquente est une laryngite sous-glottique, en général virale, ensuite viennent l'épiglottite aigüe, l'œdème laryngé et l'inhalation d'un corps étranger. Chez le grand enfant et l'adulte, outre l'inhalation d'un corps étranger, il ne faut pas méconnaître la possibilité d'un œdème du larynx (œdème de Quincke). Parmi les autres causes il faut citer les séquelles d'une intubation trachéale, les tumeurs bénignes ou malignes, la paralysie des cordes vocales, les kystes paralaryngés et les angiomes, etc.
Le soupçon d'inhalation de corps étranger impose un contrôle endoscopique. Un patient présentant une dyspnée laryngée ne cédant pas rapidement et totalement à un traitement symptomatique doit être hospitalisé.
Le traitement comporte l'intubation trachéale.
Étym. gr. dyspnoia : dyspnée → intubation trachéale (complications de l'), tumeurs laryngées, angiomes laryngés, paralysie des cordes vocales
échec scolaire l.m.
school failure
Souvent observés (dans 20% d'une classe selon certaines statistiques), des résultats scolaires inférieurs à la moyenne requise, constituent un motif fréquent de consultation et l'élément le plus révélateur de troubles psychiques chez l'enfant.
Ceux-ci peuvent être : la déficience intellectuelle, évaluée sur des épreuves psychométriques ; les troubles instrumentaux ; les problèmes psychoaffectifs, rendant compte des réactions d'opposition, d'un manque d'intérêt, d'un évitement, d'une inhibition en face des tâches demandées ; une organisation pathologique de la personnalité ; des troubles névrotiques, pathologies limites, psychoses infantiles.
Parmi les facteurs susceptibles d'intervenir, comptent le poids des inégalités sociales et l'attitude des parents (par excès ou défaut de soucis pour la réussite de leur enfant).
[H3]
Édit. 2019
encéphalite équine de l'Ouest l.f.
western equine encephalomyelitis
Maladie épizootique des équidés susceptible de toucher l'Homme, due à un arbovirus du genre Alphavirus (WEEV, famille des Togaviridae), répandue dans l'ensemble du continent américain.
Chez les équidés, les encéphalites sont sévères, aboutissant au décès dans 10 à 50 % des cas. Chez l'Homme, les infections peuvent être inapparentes ou très bénignes mais elles peuvent aussi, surtout chez l'enfant, prendre la forme d'une encéphalite aiguë. Dans ce cas, les premiers signes, d'apparition brutale, sont la fièvre, des frissons, des céphalées, des nausées et des vomissements, puis apparaissent des signes neurologiques : raideur de la nuque, photophobie, vertiges, irritabilité, convulsions, somnolence. La létalité est de l'ordre de 3 à 4 %.
Des séquelles neurologiques peuvent persister, principalement chez le jeune enfant. La zone endémo-épidémique du virus s'étend de l'Ouest du Canada à l'Argentine. La maladie sévit par épidémies estivales, surtout dans l'Ouest des Etats-Unis (à l'Ouest du Mississippi) où le vecteur majeur est le moustique Culex tarsalis. On compte, aux Etats-Unis, une vingtaine de cas par an. Elle parait moins grave en Amérique du Sud. Le virus infecte différentes espèces de mammifères mais ses hôtes principaux sont des oiseaux.
Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)
[H1, D1, D4]
Édit. 2019
encoprésie n.f.
encopresis
Défécation involontaire de l'enfant au-delà de l'âge habituel de la propreté (trois ans) en l'absence de cause organique d'incontinence anale.
Souvent associée à l'énurésie, l'encoprésie, à prédominance masculine, peut apparaître insidieusement chez des enfants n'ayant jamais été propres, ou après un intervalle libre de contrôle sphinctérien.
L'encoprésie est souvent une manifestation de conflit familial ou scolaire.
L'examen clinique permet de constater l'absence de lésion organique, la présence habituelle d'un fécalome et il élimine, par la normalité du réflexe recto-anal inhibiteur (à la manométrie anorectale) une forme basse de maladie de Hirschprung.
Après évacuation du fécalome, la déculpabilisation de l'enfant et la modification du comportement parental sont les bases d'un traitement particulièrement délicat.
H. Hirschsprung, pédiatre danois (1888)
Étym. gr. en : dans ; kopros : excrément
→ fécalome, Hirschsprung (maladie de)
[H3, L1, O1]
Édit. 2019
enfant battu l.m.
battered child syndrome
Enfant le plus souvent en bas âge, victime de violences physiques.
Les lésions sont diverses, affectent les téguments (égratignures, ecchymoses, hématomes cutanés et sous-cutanés, brûlures), le squelette (fractures des membres ou de la voûte crânienne avec parfois hématomes sous-duraux), plus rarement les viscères.
Sont évocateurs de sévices la localisation des lésions, la coexistence d’éléments d’âges différents.
La démarche diagnostique se doit d’être particulièrement rigoureuse, consignée par écrit ou enregistrée. Elle analyse les déclarations de l’enfant (si l’âge l’autorise), de ses parents et de son entourage, les informations tirées de l’examen clinique et radiologique (squelette complet).
F Silverman, pédiatre et radiologue aux Etats-Unis a décrit un syndrome spécifique associant chez des enfants victimes de sévices, la présence de fractures multiples d’âge différent avec arrachements métaphysaires et /ou décollements du périoste. Par abus de langage, certains désignent sous le nom de syndrome de Silverman toute maltraitance ou sévices à enfants.
F. N. Silverman, pédiatre et radiologue américain (1953)
Syn. Silverman (syndrome de)
→ enfant secoué, hématome sous-dural, Silverman (syndrome de)
[E3, O1]
Édit. 2020
enfant sauvage l.m.
wild child
Enfant découvert dans des lieux isolés et plus généralement dans des circonstances où il a été précocement privé de tout contact humain.
Le prototype en est "Victor l'enfant sauvage de l'Aveyron" . Itard osa dire que son total isolement expliquait son idiotie, contrairement à Pinel qui le considérait comme un idiot banal.
Au cours de "cette sublime tentative" qui dura quatre ans, Itard rédigea un modèle d'analyse psychiatrique. Ses recherches éducatives, les procédés qu'il inventa pour éveiller chez son élève la conscience des réalités et leur liaison eurent une énorme influence sur les travaux médicopsychologiques du XIXème siècle. D'aucuns considèrent Itard comme le premier pédopsychiatre.
J. M. Itard, médecin français, spécialiste de la surdité et de l’éducation spécialisée, membre de l'Acdémie de médecine (1797) ; Ph. Pinel, aliéniste et philosphe français (1745-1826)
[O1, H3]
Édit. 2020
épiglottite aigüe n.f.
epiglottitis
Inflammation aigüe de l'épiglotte et du vestibule laryngé, responsable d'une dyspnée laryngée grave.
Elle entraîne une détresse respiratoire, qui peut être mortelle en moins de deux heures, par obstruction laryngée du fait d'un œdème intense autour de micro-abcès à Hæmophilus influenzæ : l'intubation ou la trachéotomie s'impose sans délai.
L'épiglottite atteint de façon privilégiée l'enfant de 7 mois à 7 ans, mais elle peut s'observer plus tard. Le début est assez brutal : refus d'alimentation, dysphagie, suivis rapidement d'une forte hyperthermie avec apparition d'une dyspnée laryngée intense. L'aspect de l'enfant est caractéristique : bouche ouverte, mâchoire en avant, langue tirée ; une fois sur deux il est assis ; surtout ne pas l'allonger, car l'épiglotte l'étoufferait en basculant, et ne pas faire d'examen tant que la liberté des voies aériennes n'est pas assurée. Mais, si cela est fait, l'évolution est favorable en trois jours en moyenne, sans séquelle et, en règle, sans récidive.
→ dyspnée laryngée, Hæmophilus
[D1, O1, P1]
Édit. 2020
épilepsie idiopathique l.f.
idiopathic epilepsy
Syndrome épileptique réunissant des caractères électrocliniques communs : crises généralisées ou partielles, d'expression sémiologique âge-dépendante, survenant chez des patients le plus souvent normaux, sans lésion cérébrale, et comportant sur l'EEG des anomalies spécifiques du syndrome individualisé.
Il en est ainsi :
- de l'épilepsie à paroxysmes centrotemporaux, caractérisée par l'association de crises partielles simples ou complexes et d'anomalies paroxystiques à projection temporale droite ou gauche ;
- de l'épilepsie-absences de l'enfant, forme généralisée idiopathique comportant l'association, chez l'enfant ou l'adolescent, d'absences simples ou complexes et, sur l'EEG, de décharges de pointes-ondes à 3 c/s.
La seule explication actuelle de l'épilepsie idiopathique est un seuil épileptogène anormalement bas et un caractère génétique plus ou moins démontrable par l'histoire familiale.
Terme à ne pas confondre avec cryptogénique.
Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre; idios : propre à
Syn. épilepsie essentielle, primaire (déconseillé)
[H1]
Édit. 2020