Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

102 résultats 

cryo-anesthésie n.f.

cryoanaesthesia

Anesthésie par le froid.
Cette technique n'est pas utilisable en anesthésie générale pour les animaux à sang chaud (dont l'homme) mais c'est la technique de choix pour anesthésier les insectes (la mise au réfrigérateur à 4°C environ suffit).

cryoanalgésie

[G1]

dysautonomie (anesthésie et) l.f.

anaesthesia of a dysautonomic patient

Aucune technique d'anesthésie générale et aucun anesthésique ne sont contrindiqués; les anesthésies rachidiennes sont possibles à condition de prévenir l'hypotension artérielle.
Dans les dysautonomies familiales, qui s'observent surtout chez les enfants, les scolioses peuvent entraîner des difficultés pour l'installation sur la table d'opération et surtout les troubles digestifs (troubles de la motricité œsophagienne, reflux gastroœsophagien) peuvent induire une déshydratation et justifient de commencer une perfusion intraveineuse avant l'arrivée au bloc opératoire. L'anxiété pouvant déclencher une crise de dysautonomie (vomissements, hypertension artérielle, tachycardie, œdème cutané) une prémédication par benzodiazépine est justifiée.
Les dysautonomies primitives acquises s'observent surtout chez les adultes de plus de 50 ans, surtout s'il y a une hypotension artérielle orthostatique.
Elles justifient un traitement préventif (notamment 9a-fluorocortisone, caféine, antiinflammatoire non stéroïdien, midodrine, desmopressine).
Les complications cardiovasculaires sont fréquentes pendant la période peropératoire : traiter l'hypotension artérielle avec des sympathomimétiques directs à doses titrées en raison de l'hypersensibilité de dénervation.
Dans les dysautonomies secondaires, l'attitude est différente selon la maladie en cause, mais les analgésiques centraux sont à éviter en raison d'une diminution de sensibilité à l'hypoxie et à l'hypercapnie. En ce qui concerne les diabétiques asymptomatiques, étant donné le risque de crise peropératoire, la prise en charge est à conduire comme pour les patients atteints de dysautonomie primitive acquise.
En période postopératoire les complications peuvent justifier le séjour en réanimation chirurgicale ::
- complications cardiaques, hypotension artérielle, troubles du rythme cardiaque par allongement de l'espace QT, infarctus du myocarde sans douleur, mort subite ;
- complications respiratoires, dépression respiratoire par hypersensibilité aux opiacés, apnées obstructives du sommeil.

dysautonomie végétative

électroencéphalogramme et anesthésie l.m.

electroencephalogram and anaesthaesia

Les modifications de l'électroencéphalogramme ont été proposées pour apprécier la profondeur de l'anesthésie et des essais d'asservissement de l'anesthésie (anesthésie automatique), jusqu'à présent ces essais n'ont pas été couronnés de succès.
La profondeur de l'anesthésie à l'éther ou au chloroforme modifie l'électroencéphalogramme (H. Berger); un appareil d'anesthésie automatique asservissant l'administration de l'éther ou du thiopental à l'électroencéphalogramme a été présenté par Bickford. Cet asservissement peut utiliser différents paramètres tirés de l'analyse des potentiels électriques cérébraux (fréquence, amplitude, répartition spectrale, etc.), ce qui demande des moyens informatiques importants, de telle sorte que cela freine la recherche et a fortiori l'utilisation clinique.
Quoi qu'il en soit, l'aspect de l'électroencéphalogramme en fonction de la profondeur de l'anesthésie dépend du type d'anesthésique administré. Mais aussi interviennent l'oxygénation du sang (PaO2) et l'irrigation cérébrale, donc la pression artérielle et les résistances vasculaires au débit sanguin : cela complique le traitement des informations.

H. Berger, neuropsychiatre allemand (1933) ; R. G. Bickford, neurophysiologiste américain (1950)

anesthésie (profondeur de l'), index bispectral, élecroencéphalographie, épilepsie

[B3, G1, H1]

Édit. 2019

endoscopie trachéobronchique (anesthésie pour) l.f.

tracheobronchial fibroscopy (anaesthesia for)

Au cours d'une endoscopie trachéobronchique, l'anesthésie peut être locale ou générale.
En cas d'endoscopie souple avec un fibroscope à visée diagnostique, une simple anesthésie locale administrée par l'endoscopiste suffit généralement. Dans certains cas, une  sédation est nécessaire.
En cas d'endoscopie à visée interventionnelle thérapeutique avec un bronchoscope rigide, une anesthésie générale est nécessaire. La ventilation est  assurée de manière classique ou en jet ventilation.
Lors de l'utilisation d'un laser ou d'un bistouri électrique, le gaz délivré doit avoir une concentration en oxygène inférieure à 50% pour éviter les risques d'incendie.

jet-ventilation, laser (anesthésie lors de l'emploi du)

[B4, K1, G1]

Édit. 2020

anesthésie épidurale l.f.

epidural anesthesia

Syn. anesthésie péridurale

anesthésie péridurale

[G1]

Édit. 2020

évaporateur pour anesthésie l.m.

anæsthetic vaporizer

Dispositif permettant le passage d'un agent anesthésique de l'état liquide à celui de vapeur.
Pour les anesthésiques puissants les appareils actuels permettent l'administration d'une concentration précise grâce à un apport variable du gaz vecteur diluant le gaz totalement saturé en vapeur anesthésique.
Ces appareils sont utilisés pour l'halothane, l'enflurane, etc. On emploie divers procédés :
- léchage, le gaz vecteur lèche la surface du liquide, surface qui peut être agrandie par des mèches ;
- bullage, le gaz vecteur barbotte dans le liquide (ex. copper kettle) ;
- pulvérisation, le gaz vecteur passe dans un pulvérisateur qui aspire l'anesthésique volatil et projette des gouttelettes qui s'évaporent rapidement ;
- projection du liquide sur la paroi de la tubulure inspiratoire d'où il s'évapore ;
- injection de la vapeur anesthésique sous pression dans le gaz vecteur (vaporisateur chauffant).
Les analyseurs actuels permettent un réglage, automatique ou manuel, de la concentration de la vapeur anesthésique désirée.

Syn. vaporiseur, vaporisateur

système anesthésique

[B3,G1]

Édit. 2019

exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie l.f.p.

anaesthetic main requirements for safety and efficiency

Avant toute anesthésie générale ou locorégionale on doit donner les garanties suivantes.
- Une consultation pré-anesthésique doit avoir lieu plusieurs jours avant l'intervention, lorsqu'il s'agit d'une intervention programmée.
- Pour chaque patient, les moyens nécessaires à l'anesthésie doivent être disponibles et contrôlés avant l'intervention (surveillance continue de la fréquence cardiaque et tracé électrocardioscopique, surveillance de la pression artérielle ou de l'arrivée des fluides médicaux et de l'aspiration à l'appareil d'anesthésie, du matériel d'intubation trachéale et de la ventilation artificielle).
- Une surveillance continue après l'intervention doit être assurée dès la fin de l'intervention et de l'anesthésie (cette surveillance ne doit pas être interrompue lors du transfert du patient, elle doit se poursuivre jusqu'à la récupération des grandes fonctions vitales : respiration, circulation, système nerveux), la salle de surveillance postinterventionnelle (salle de réveil) doit être située à proximité du site où est pratiqué l'anesthésie.
- Il doit y avoir une organisation permettant de faire face à tout moment à une complication liée à l'intervention ou à l'anesthésie effectuée.
(Article D. 712-40 du Code de la santé, décret du 5 décembre 1994).

dispositif médical, extubation, surveillance postinterventionnelle (salle de)

[G1,E3]

Édit. 2018  

Guedel (stades de l'anesthésie de) l.m.

Guedel's anaesthetic stages

A. E Guedel, médecin anesthésiste américain (1937)

anesthésie (profondeur de l'), éther (stades de l'anesthésie à l')

hypertension et anesthésie l.f.

chronic hypertension and anaesthesia, anaesthesia for hypertensive patients

Avant une intervention chirurgicale, une hypertension artérielle essentielle est fréquente.
Elle demande une prise en charge spécifique en anesthésiologie car elle augmente le risque de complications cardiovasculaires péri-opératoires (hémorragie cérébrale ou, à la suite d'une thrombose artérielle, infarctus cérébral, angor ou infarctus du myocarde, insuffisance ventriculaire gauche avec œdème du poumon).
Un contrôle de la pression artérielle par un traitement antihypertenseur, diminue la fréquence des complications.
L'hypertension artérielle modifie la réactivité du système cardiovasculaire aux stimulations nociceptives (intubation, stimulations chirurgicales) et aux variations de la masse sanguine en réponse à une hémorragie, à la ventilation artificielle et aux changements de position. L'hyperréactivité du système résistif artériolaire favorise les poussées hypertensives. Mais la sensibilité aux médicaments inotropes négatifs et aux vasodilatateurs est souvent accrue : lors de l'induction l'hypotension est fréquente. Il en est de même lors des anesthésies rachidiennes (rachianesthésie et péridurale) : le risque d'hypotension est aussi grand que celui d'hypertension. Ce qu'on vérifie surtout lors des accidents vasculaires cérébraux (il y a une diminution de l'autorégulation de la circulation cérébrale chez l'hypertendu) et la thrombose des artères extra- ou intracrâniennes est plus fréquente en cas d'hypotension artérielle prolongée.
Le traitement antihypertenseur doit être maintenu jusqu'au jour de l'intervention pour éviter les accidents par rebond. En ce qui concerne les inhibiteurs de l'enzyme de conversion, il est recommandé de suspendre leur administration la veille d'une l'opération majeure pour éviter l'hypotension. Pour prévenir ce risque, il faut :
- utiliser les médicaments les moins dépresseurs cardiovasculaires et les administrer de façon continue pour éviter les pics de concentration qui augmentent les effets pharmacodynamiques ;
- ne pas hyperventiler,
- veiller au remplissage vasculaire, le plus tôt possible ou administrer précocément des vasopresseurs.
L'hypertension artérielle justifie dans certains cas un monitorage perfectionné (surveillance du débit cardiaque et de la pression de remplissage par un cathéter de Swan-Ganz ou surveillance de la fonction myocardique par échographie transœsophagienne).
Au réveil, l'hypothermie et la douleur postopératoire entraînent des réactions cardiovasculaires.

Swan-Ganz (sonde de), inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine

Jehovah (anesthésie-réanimation des témoins de)

anaesthesia and intensive care of Jehovah's witness

Les membres de cette secte religieuse, s'appuyant sur la Bible («Vous ne mangerez pas la chair avec son âme, c'est-à-dire son sang», Genèse 9.3.4, etc.) refusent tout dérivé du sang, toute transfusion homologue et n'acceptent que l'autotransfusion immédiate (le sang doit circuler en permanence). Certains refusent même la circulation extracorporelle, l'hémodialyse, les produits du fractionnement du plasma, les sérums, l'interféron, le «blood patch», et la transplantation d'organe, parfois même, la greffe de moelle autologue.
Même en cas d'urgence évidente, ces refus compliquent la réanimation surtout en cas d'hémorragie : ils obligent à ne recourir qu'aux substituts du plasma. Chez l'enfant en détresse vitale, il faut faire appel au Procureur de la République qui prononce un «délibérant parental temporaire» permettant de recourir aux soins indispensables.
La Bible n'évoque pas expressément les greffes de tissus humains qui sont considérées comme de simples tissus, aussi certains Témoins les acceptent à condition que l'équipe soignante ne fasse pas appel à la transfusion sanguine.

laryngoscope d'anesthésie l.m.

laryngoscope for anaesthesia

Instrument en métal ou en matière plastique utilisé pour la laryngoscopie directe lors de l'intubation.
Il comporte deux parties principales, le manche et la lame. Habituellement de forme arrondie, le manche permet la préhension. Il contient la source d'énergie électrique (pile) pour l'éclairage. La lame est une spatule munie d'une ampoule éclairante située au niveau du milieu ou près de son extrémité. La base de la lame comporte un ergot permettant la connexion avec le manche. En position d'utilisation, le manche est perpendiculaire à la lame. Lorsqu'elle est repliée le contact électrique est coupé et l'ampoule est éteinte.
Il existe diverses formes de lame, celle courbe de Macintosh est la plus utilisée. Chez l'enfant on utilise la lame droite. De nombreux laryngoscopes spéciaux ont été développés pour faire face aux cas d'intubation difficile. Les modifications concernent le manche ou la lame. Des prismes ou de miroirs ont aussi été ajoutés pour faciliter la vision du larynx au cours de la laryngoscopie.

Étym. gr. larugx : larunx ; skopein : observer

laryngoscopie (anesthésie pour) l.f.

anaesthesia for laryngoscopy

Technique d'anesthésie générale utilisée pour permettre des diagnostics ou des traitements portant sur le larynx.
La microchirurgie ou l'usage du laser nécessitent l'immobilité du larynx sous laryngoscopie en suspension. Cette immobilité est obtenue soit par l'anesthésie générale et la jet-ventilation, soit si possible par la sédation, le patient étant laissé en ventilation spontanée.

jet-ventilation

laser (anesthésie lors de l'emploi du) l.f.

anaesthesia with the use of a laser beam

Rayons laser (CO2, Nd-YAG ou KTP) utilisés pour traiter les lésions cicatricielles ou tumorales du larynx et de l'arbre trachéobronchique. L'énergie libérée par le rayon laser sur un combustible (sonde d'intubation) peut déclencher un incendie ou une explosion (avec un mélange gazeux anesthésique riche en oxygène ou en oxyde nitreux). Il est donc nécessaire de prendre des précautions spéciales pour éviter ces accidents.
Les sondes d'intubation en caoutchouc ou en polychlorure de vinyl peuvent prendre feu et causer de graves brûlures de la trachée. Des sondes spéciales, métalliques ou non, sont disponibles, faute de mieux on peut utiliser des sondes ordinaires à condition de les envelopper dans une protection métallique réfléchissante (feuilles d'aluminium ou de cuivre). Pour éviter les risques d'ignition ou d'explosion il faut utiliser l'O2 à une concentration inférieure à 30 % (FiO2 <0,3) et ne pas employer de N2O, comburant comme l'oxygène.

mise en route d'un appareil d'anesthésie l.m.

implementation of an anaesthetic apparatus

Vérification indispensable d'un appareil d'anesthésie ou de réanimation avant toute utilisation étant donné le risque mortel que peut apporter une mauvaise utilisation.
La vérification de la nature des gaz doit être faite au préalable par le service de contrôle, mais les autres vérifications doivent être faites systématiquement par l'anesthésiste : circuits, fixation des différentes parties, matériel d'intubation, de perfusion et autres (seringues, etc.) alimentations électriques et en gaz.

mise en service d'un dispositif médical

myopathe (anesthésie d'un) l.f.

anaesthesia in patient with muscle disease

Particularités de l’anesthésie de patients myopathes susceptibles de complications particulièrement en période périopératoire.
Les principaux risques sont liés à l'altération de la mécanique ventilatoire, à l'atteinte cardiaque associée dans certaines myopathies et, parfois, à l'hyperthermie maligne.
Le risque d'hyperthermie maligne lors de l'utilisation de la succinylcholine et des anesthésiques volatils est surtout important dans certaines myopathies (en cas de déficit en Ca-ATPase, myopathies mitochondriales, syndrome central core disease, maladie de Duchenne de Boulogne et maladie de Becker).
Les patients atteints de myasthénie sont très sensibles à l'action des curares non dépolarisants. Si l'utilisation de tels curares est nécessaire, il faut diviser par dix les doses usuelles et monitorer la curarisation. L'exacerbation postopératoire de la myasthénie justifie la surveillence en unité de soins intensifs au sortir de la salle de réveil.
Pour certaines myopathies comme la maladie de Duchenne de Boulogne, le risque essentiel est une insuffisance respiratoire par réduction de la force de l'inspiration (incapacité restrictive). Dans la maladie de Steinert (myopathie myotonique) la succinylcholine est contrindiquée car elle peut déclencher une crise myotonique.

Étym. gr. mus : souris, muscle ;  pathos : maladie

ordinateur (anesthésie pilotée par) l.f.

TCI (target controlled infusion)

anesthésie intraveineuse à objectif de concentration

Édit. 2017

péridurale (complication de l'anesthésie) l.f.

complication of the epidural anaesthesia

Conséquences plus ou moins nocives de l'anesthésie péridurale.
Elles peuvent être locales ou générales, immédiates ou retardées, les plus fréquentes n'ont pas de caractère de gravité.
Les complications observées sont :
- anesthésie incomplète unilatérale «en damier»;
- impossibilité de cathétériser l'espace péridural;
- ponction accidentelle de la dure-mère à l'origine de céphalées ;
- section du cathéter ;
- rupture de l'aiguille de ponction ;
- ponction accidentelle d'une veine péridurale, surtout fréquente chez la femme enceinte, non reconnue elle peut permettre une injection accidentelle d'anesthésique local et causer un surdosage brutal et dangereux ;
- l'injection accidentelle de la solution anesthésique après une ponction dure-mérienne peut être à l'origine d'une rachianesthésie étendue.
Les deux complications les plus rares mais les plus graves sont l'abcès épidural et l'hématome épidural. Ces deux complications conduisent dans près d'un cas sur deux à une paraplégie définitive.

phéochromocytome (anesthésie pour) l.f.

anaesthesia for pheochromocytoma

Anesthésie de patients à instabilité circulatoire qui nécessite une préparation par des médicaments alpha- et bêta-bloquants ainsi que par des vasodilatateurs (inhibiteurs calciques).
Le phéochromocytome, tumeur endocrine développée aux dépend des cellules chromaffines (localisé en général au niveau de la médullosurrénale, parfois dans l'abdomen ou le thorax), sécrète de l'adrénaline et de la noradrénaline d'où hypertension artérielle, hyperglycémie et sudation. Les manipulations chirurgicales de la tumeur peuvent provoquer des poussées hypertensives et il apparaît une hypotension brutale après l'exérèse.

porphyrie (anesthésie chez un patient atteint de) l.f.

anaesthesia for porphyria

L'anesthésie d'un patient atteint de porphyrie risque de déclencher des crises aigües car de très nombreux médicaments augmentent l'activité de l'acide delta-aminolévulinique-synthétase.
Parmi les anesthésiques les plus dangereux sont les barbituriques..
La difficulté principale en anesthésie est d'éviter ces médicaments qui peuvent déclencher une crise aigüe. En cas de crise, le traitement comporte l'administration d'hématine ou d'hémine.
Le propofol peut être utilisé.

profondeur de l'anesthésie (stade de) l.m.

depth of anaesthesia classification

Diminution du niveau de réactivité du patient, en réponse à des stimulations extérieures, telles l'intubation trachéale ou l'acte chirurgical.
L'anesthésie générale est un état d'inconscience transitoire réversible, induit par un ou plusieurs agents anesthésiques. De façon graduée, elle permet d'obtenir l'absence de perception et de remémorisation des stimulations extérieures. L'estimation de la profondeur de l'anesthésie se fait en quantifiant la stimulation et en utilisant un paramètre adapté pour exprimer la réponse.
Les stades de l'anesthésie (Plombey et Snow), ont été précisés par Guedel  pour l'anesthésie à l'éther en ventilation spontanée. Ils comportent :
- stade 1, analgésie,
- stade 2, excitation,
- stade 3, dit chirurgical, (subdivisé en 4 plans de profondeur croissante),
- stade 4, dit toxique (il débute par la paralysie respiratoire et se termine par l'arrêt cardiaque).
Cette classification est désuète car les anesthésiques actuels sont d'action rapide, ce qui occulte en moins d'une minute les premiers stades. D'autre part la curarisation et la ventilation contrôlée, qui suppriment la réponse respiratoire, rendent difficile l'évaluation de la profondeur de l'anesthésie. Cette perte d'information apporte un risque de sousdosage permettant un réveil intempestif et une mémorisation.
D'autres classifications ont été proposées (Gareth Jones) :
- 1) conscience avec mémorisation,
- 2) conscience avec amnésie,
- 3) conscience «subconsciente» avec amnésie (l'opéré perçoit des conversations ce qui peut influencer son comportement postopératoire bien qu'il n'en garde pas le souvenir),
- 4) inconscience.
La détermination de la profondeur de l'anesthésie permet de placer l'opéré dans un état d'inconscience et d'insensibilité adapté aux stimulations douloureuses auxquelles il doit faire face tout en évitant un surdosage ou un sousdosage.
Dans la pratique, l'évaluation de la profondeur de l'anesthésie se fait sur les signes cliniques (réactions motrices, cardiovasculaires, respiratoires, neurovégétatives).
L'évaluation instrumentale, trop complexe (électroencéphalographie et ses diverses modalités d'analyse notamment le calcul de l'index bispectral, les potentiels évoqués sensoriels, électromyographie du muscle frontal, activité contractile de l'œsophage), ne peut être utilisée en routine. On peut employer des moyens indirects d'évaluation par la mesure de la concentration alvéolaire des anesthésiques volatils ou la concentration sanguine (propofol) dans la technique d'anesthésie intraveineuse à objectif de concentration (AIVOC). Mais, à l'heure actuelle il n'existe pas de moniteur de la profondeur de l'anesthésie suffisamment simple, capable de donner des informations précises et fidèles pour une prédiction acceptable.

F. Plombey (1847), J. Snow (1847), médecins anesthésistes britanniques ; A. E. Geudel, médecin anesthésiste américain (1937) ; J Gareth Jones, médecin anesthésiste britannique (1928-2015)

éther (stades de l'anesthésie à l'),  index bispectral

[G1]

Édit. 2018

risque thermique en anesthésie l.m.

thermal hazard

En anesthésie générale par inhalation, risque d'accident d'hyperthermie qui a été supprimé par la normalisation de l'appareillage.
Il était dû à une élévation anormale de température en un point du circuit respiratoire, ce qui entraînait la toxicité des vapeurs anesthésiques et avait pu causer des explosions du mélange anesthésique.

explosion, risque anesthésique

sismothérapie (anesthésie pour) n.f.

electroconvulsive therapy (anaesthesia for)

Mode de traitement par choc électrique.
Indiquée dans plusieurs syndromes psychiatriques (p. ex. dépression, accès maniaques, schizophrénie), la sismothérapie doit être réalisée sous anesthésie générale et avec curarisation pour limiter les effets secondaires aux contractures.
Une fiche explicative doit être remise au patient, et il faut satisfaire aux exigences essentielles de sécurité en anesthésie (visite préanesthésique, programmation de l'anesthésie, avoir à disposition tout le matériel nécessaire, surveillance postopératoire). L'anesthésie brève (par ex. propofol) doit être associée à un myorelaxant : elle permet d'éviter l'angoisse du patient devant la paralysie des muscles ventilatoires par le curare, qui est indispensable pour éviter les convulsions motrices causes d'arrachements tendineux et des fractures osseuses.
La sismothérapie entraîne une élévation de la pression intracrânienne : l'hypertension intracrânienne est une contrindication absolue à ce traitement. Les contrindications relatives relèvent de l'appréciation du bénéfice attendu par rapport aux risques courus :
- risques cardiovasculaires, respiratoires et allergiques de l'anesthésie et de la curarisation,
- risque hémorragique lié à la présence d'un anévrisme ou d'une malformation vasculaire,
- existence d'un décollement de la rétine,
- existence d'un phéochromocytome,
- antécédent d'une sismothérapie inefficace ayant eu des effets secondaires graves,
- prise de certains traitements (ex. anticoagulants).
La mortalité après sismothérapie est presque deux fois plus élevée que celle relevée avec les anesthésies pour chirurgie générale : elle est estimée actuellement à 1 accident pour 13.000 à 14.000 séances.

Étym. gr. seismos : ébranlement, commotion

Syn. déconseillé : électrochoc

électrochoc, exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie

tuyauterie d'appareil d'anesthésie l.f.

anaesthesic machine gas piping

Ensemble des canalisations, y compris les raccordements, qui équipent l'intérieur d'un appareil d'anesthésie.
 
Schéma d’un système anesthésique en circuit fermé (le vaporisateur n’a pas été figuré) précisant la terminologie normalisée par l’AFNOR pour les tuyaux (vont de l’appareil au patient), les tubulures (sont à l’intérieur de l’appareil), les tubes flexibles (raccordent l’appareil à la prise murale) et la distribution en tubes rigides (de la centrale fournissant les gaz jusqu’aux prises murales). Pour un aspirateur mécanique le schéma est analogue, mais il y a une distribution d’air médical au lieu d’N2O.

va-et-vient d'anesthésie l.m.

to and fro anaesthetic device

système anesthésique

[G1]

Édit. 2019

éther (stades de l'anesthésie à l') l.m.

stages of ether anesthesia

On décrit quatre stades cliniques successifs de la profondeur de l'anesthésie à l'éther.
Le 1er stade, ne correspond qu'à une analgésie, mais le rythme α sur l'électroencéphalogramme est peu à peu remplacé par des rythmes rapides.
Le 2e, ou stade de délire, relativement bref, marque le début de la perte de conscience, mais les réactions aux stimulus extérieurs sont très vives. Il peut se produire des vomissements, une syncope vagale, un accès de fibrillation ventriculaire.
Le 3e stade, dit chirurgical, est classiquement divisé en quatre plans :
- Au 1er plan la ventilation devient ample, il y a une légère hypocapnie, le réflexe oculopalpébral subsiste, les mouvements des globes oculaires s'intensifient puis s'atténuent.
- Au 2e plan, la diminution du volume courant signe le début de la paralysie des muscles intercostaux, les mouvements oculaires cessent, l'évolution du diamètre pupillaire sert de repère.
- Au 3e plan, la ventilation diminue, elle est assurée uniquement par le diaphragme, le reflexe palpébral disparaît, la pupille commence à se dilater.
Le 4e stade correspond à un coma profond aboutissant très vite à l'arrêt cardiaque, si une ventilation artificielle efficace n'est pas très rapidement mise en œuvre : les pupilles sont complètement dilatées, la ventilation est arrêtée, il n'y a plus aucun réflexe, le cœur s'arrête enfin. Ce 4ème plan du 3 ème stade de Guedel a été rangé de façon exclue en dehors du stade chirurgical.
Avec d'autres agents anesthésiques que l’éther, employés seuls, l'évolution est assez comparable mais les stades sont en général moins nettement individualisés. Pour administrer l’éther, le masque d’Ombredanne a longtemps été utilisé.
anesthésie (profondeur de l') éther éthylique, masque d’Ombredanne

A. E. Guedel, médecin anesthésiste américain (1937) ; L. Ombrédanne, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1871-1956)

[G1]

Édit. 2018  

| page précédente | /5 | page suivante