Wiskott-Aldrich (syndrome de) l.m
Wiskott-Aldrich’s syndrome
Maladie génétique liée au chromosome X responsable d’un déficit immunitaire primaire récessif causé par l’absence de la protéine WASp (Wiskott-Aldrich syndrome protein) dans les leucocytes et se traduisant par des infections bactériennes ou virales répétées, un eczéma sévère, des hémorragies avec thrombopénie et des manifestations auto-immunes.
Le syndrome de Wiskott-Aldrich est rare (1/100 000 naissances). La maladie frappe les garçons. Les filles porteuses de la mutation ne sont pas malades. La protéine Wasp est un régulateur de l’actine du cytosquelette et de la signalisation cellulaire dans les leucocytes T et B. Les malades sont traités par greffe de moelle allogénique et, plus récemment, thérapie génique par introduction in vitro du gène dans des cellules souches hématopoïétiques autologues.
Le gène muté code pour la protéine "WASp" agissant sur la prolifération et la différentiation des cellules progénitrices hématopoïétiques ; son locus (IMD2) est en Xp11. 22-23. L’affection est liée au sexe récessive (MIM 301000).
P.G. Werlhof, médecin et poète allemand (1735) ; A. Wiskott, médecin allemand (1937) ; R. Aldrich, pédiatre américain (1954)
Syn. Aldrich (syndrome d'), Werlhof (maladie de)
Pelizaeus-Merzbacher (maladie de) chez les femmes porteuses (PM) l.f.
Forme de la maladie de Pelizaeus-Merzbacher que présentent certaines femmes qui ont des mutations sur le gène PLP1 (Xq22).
La prévalence est inconnue.
La maladie de PM est liée à l'X, et généralement, seuls les hommes sont affectés. Les femmes hétérozygotes appartenant à des familles avec les formes plus sévères de PM, risquent de développer les symptômes, à l'âge adulte,. Dans certaines familles, les femmes hétérozygotes peuvent présenter des signes neurologiques passagers similaires à ceux des garçons, dont elles récupèrent à la fin de l'enfance ou à l'adolescence.
La PM est due à des mutations ou des excès de quantité sur le gène PLP1 à l'origine d'une hypoméylinisation du système nerveux central. PLP1 code pour la protéine protéolipide ( la protéine la plus importante de la gaine de myéline) et de sa protéine isoforme à épissage alternatif. Chez les femmes hétérozygotes, les oligodendrocytes dégénérescents sont remplacées par des oligodendrocytes ayant inactivé l'allèle PLP1. Dès lors, à moins que l'inactivation de l'X soit faussée, ces femmes ne seront pas affectées, et la maladie se transmettra sur un mode récessif lié à l'X. Au contraire, dans les familles où les mutations PLP1 ne causent que peu ou pas d'apoptose, comme dans la maladie de Pelizaeus-Merzbacher, mutation non-sens de PLP1, les oligodendrocytes défectueux survivent chez les femmes hétérozygotes, qui sont alors plus susceptibles de développer des signes neurologiques, le plus souvent à l'âge adulte. Dans ce cas, on peut supposer que la transmission est dominante liée à l'X avec pénétrance variable.
Réf. Orphanet, J. Garbern (2011)
→ Pelizaeus-Merzbacher (maladie de), protéine protéolipide
[H1]
Édit. 2018
LRRK2 gène sigle pour Leucine Rich Repet Kinase 2
Le gène LRRK2, localisé en 12q12, code une protéine avec 5 domaines fonctionnels prédits : un domaine N-terminal riche en leucine (LRR), un domaine Roc d'homologie avec la superfamille de la GTPase Ras, un domaine COR (C-terminal de Roc), un domaine MAPKKK (MAP kinase kinase kinase) et un domaine répété WD40.
La protéine LRRK2 est capable de phosphoryler la protéine basique de la myéline et de s'autophosphoryler. Elle interagit avec la parkine (PARK2), également impliquée dans la maladie de Parkinson.
La mutation de ce gène est l'une des causes les plus fréquentes de maladie de Parkinson héréditaire et en particulier la mutation G2019S. Cependant, la prévalence de cette mutation est différente selon les populations : très rare en Asie, faible en Europe du Nord et élevée en Italie, en Espagne et au Portugal.
Syn. DARDARIN
→ parkine
[C1, H1, Q2]
Édit. 2019
protéine SMN l.f.
SMN protein
La protéine SMN (Survival of Motor Neurons) est une protéine intra-cellulaire codée par le gène SMN1 (et, pour une faible proportion, par le gène SMN2), dont l'absence conduit à une dégénérescence des neurones moteurs.
Un déficit en protéine SMN est responsable de certaines formes d'amyotrophie spinale (spinal muscular atrophy) appelées
amyotrophies spinales proximales liées à SMN1 : SMA de type I (maladie de Werdnig-Hoffmann), SMA de type II (intermédiaire), SMA juvénile de type III (maladie de Kugelberg-Welander) et SMA de type IV (forme adulte).
→ amyotrophie spinale proximale, SMN1 gene, SMN2 gene, Werdnig-Hoffmann (amyotrophie spinale de), maladie de Kugelberg-Welander
[C1, C3, H1, I4]
Édit. 2019
PDGFRA gene
sigle pour Platelet Derived Gowth Factor Receptor Alpha
Gène situé sur le locus chromosomique 4q12 donnant instruction pour une protéine de la famille du récepteur de la tyrosine kinase.
Celui-ci transmet des signaux de la surface cellulaire jusqu’à l’intérieur de la cellule par un processus appelé signal de transduction. La protéine PDGFRA est située dans la membrane cellulaire de certains types de cellules où une protéine spécifique appelée platelet-derived growth factor receptor alpha se lie à elle. Ce processus conduit à l’activation de multiples protéines dans une voie de signalisation multiple.
Des mutations de ce gène sont à l’origine de la leucémie chronique à éosinophiles associée à PDGFRA, de la tumeur stromale gastro-intestinale.
Syn. CD140 antigen-like family member A, CD140A, CD140a antigen, GAS9, PDGFR-alpha, PDGFR2, PGFRA_HUMAN, platelet-derived growth factor receptor 2, platelet-derived growth factor receptor alpha, platelet-derived growth factor receptor, alpha polypeptide
→ eucémie chronique à éosinophiles associée à PDGFRA, tumeur stromale gastro-intestinale
[Q1, F1, L1]
Édit. 2020
CFTR sigle angl pour Cystic Fibrosis Transmembrane Conductance Factor.
Protéine comportant 1 480 aminoacides, N-glycosylée, de masse moléculaire 170 kDa, localisée dans les membranes des cellules et jouant un rôle dans le passage transmembranaire des ions Cl-.
Elle est surtout présente dans les membranes apicales des cellules épithéliales du pancréas, des glandes salivaires, et de l’intestin. Elle possède les caractéristiques d’un canal ionique. Elle présente des analogies avec les P-glycoprotéines ou les protéines de résistance aux médicaments.
Sa structure comporte deux domaines transmembranaires, deux domaines fixant l’ATP et un domaine (appelé domaine R ou de régulation) susceptible d’être phosphorylé par une protéine kinase A sous l’effet de l’AMP cyclique.
Le gène CFTR, de 250 kb, est situé chez l’Homme sur le chromosome 7, en position 7q31.2. Gène régulateur de la conductance transmembranaire impliqué dans la fibrose kystique, dont les mutations sont responsables d’une inactivation de ses propriétés régulatrices de la sécrétion des ions chlorure entraînant la mucoviscidose. De très nombreuses mutations de ce gène peuvent être responsables d’une inactivation de ses propriétés régulatrices de la sécrétion des ions chlorure. La plus fréquente des mutations concernées est la délétion de la phénylalanine située en position 508 (deltaF508).
[C3]
cholestase intrahépatique progressive familiale de type 3 l.f.
progressive familial intrahepatic cholestasis (PFIC3)
Affection autosomique récessive familiale, caractérisée par une cholestase chronique sévère et une fibrose hépatique.
Les signes de cholestase (selles décolorées, urines foncées) apparaissent pendant la première année de vie chez environ un tiers des patients ou plus tard dans l'enfance, voire chez le jeune adulte. L'évolution est caractérisée par des épisodes récurrents d'ictère et un prurit modéré. La PFIC3 évolue vers une cirrhose biliaire secondaire. Des hémorragies digestives dues à l'hypertension portale peuvent révéler la maladie. Les patients présentent une activité sérique de la gamma-glutamyl transférase (γ-GT) élevée, des concentrations en acides biliaires sériques modérément augmentées tandis que celles du cholestérol sont normales. L'échographie hépatique, habituellement normale, peut montrer une vésicule biliaire volumineuse et une lithiase. L’arbre biliaire est normal. L'histologie hépatique montre une vraie prolifération ductulaire avec un infiltrat inflammatoire mixte, une fibrose portale et à un stade plus avancé, une cirrhose biliaire. L'immunomarquage de la protéine MDR3 est le plus souvent négatif, ce qui oriente vers le diagnostic de PFIC3. Le diagnostic différentiel inclut les maladies des voies biliaires et les autres causes de cholestase intrahépatique et de cirrhose à γ-GT élevée.
La PFIC3 est due à des anomalies du gène ABCB4 (7q21) codant la protéine MDR3 (MultiDrug Resistant 3), impliquée dans la sécrétion biliaire des phospholipides. L’intégrité du gène est essentielle pour la protection de la membrane canaliculaire vis à vis de l’action détergente des sels biliaires. L'effet détergent des acides biliaires hydrophobes qui ne sont plus solubilisés par les phospholipides explique la cholangite. De plus la concentration biliaire des phospholipides est insuffisante pour maintenir la solubilité du cholestérol ce qui augmente la lithogénicité de la bile. Une forme de lithiase biliaire est individualisée chez l’adulte jeune de moins de 40 ans, caractérisée par des calculs intra hépatiques et appelée lithiase biliaire à faible niveau de phospholipides ou LPAC (low phospholipides associated cholelithiasis). Les mutations au niveau du gène ABCB 4 peuvent également être responsables de cholestases gravidique ou secondaire aux œstroprogestatifs.
Le diagnostic prénatal peut être proposé si une mutation a été identifiée chez chacun des parents. Un traitement par l'acide ursodésoxycholique (AUDC) doit être initié chez tous les patients. Ses effets bénéfiques sont en général observés en présence au moins d’une mutation faux-sens. Chez la moitié des patients, le traitement par l'AUDC échoue et la transplantation hépatique est nécessaire du fait de l'insuffisance hépatique. L’AUDC doit être prescrit impérativement chez les patients présentant une lithiase biliaire à faible niveau de phospholipides.
Syn. cholestases intrahépatiques progressives familiales, cholestase familiale récurrente cirrhogène, cholestases intrahépatiques familiales, cholestases fibrogènes familiales , cholestases intrahépatiques progressives familiales, PFIC
→ ABCB 4 gene, MDR 3, lithiase biliaire à faible niveau de phospholipides, Byler (maladie de), cholestases intrahépatiques progressives familiales, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 1, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 2, cirrhose biliaire secondaire, hypertension portale, gamma-glutamyl transférase, cholestase médicamenteuse, cholestase gravidique, acide ursodésoxycholique
[A4,C1,C3,L1,O6,Q2]
CRX gene l.angl. pour cone-rod homeobox-containing gene
Gène, situé sur le locus chromosomique 19q13.3, codant pour la protéine cone-rod homeobox, formée dans la rétine.
Cette protéine, se liant à des régions spécifiques du DNA pour contrôler l’activité de certains gènes, est appelée facteur de transcription.
CRX gene aide les cellules photoréceptrices à évoluer en deux types de cellules : les bâtonnets nécessaires pour la vision de la lumière de faible intensité, les cônes pour la lumière de forte intensité et les couleurs.
Des mutations de ce gène entraînent la dystrophie des cônes et des bâtonnets, les formes dominantes d’amaurose congénitale de Leber et de rétinite pigmentaire tardive.
Syn. cone-rod homeobox protein, CORD2, CRD, LCA7, orthodenticle homeobox 3, OTX3
→ dystrophie des cônes et des bâtonnets, Leber (amaurose congénitale de), protéine cone-rod homeobox
MYCN gene sigle anglais pour v-myc avian myelocytomatosis viral oncogene neuroblastoma derived homolog
Gène situé sur le locus chromosomique 2p24.3 codant pour une protéine qui joue un rôle dans la formation tissulaire durant la vie embryonnaire ; elle est nécessaire au développement du cœur, des reins, du système nerveux, du système digestif, des poumons.
Cette protéine régule l’activité des autres gènes en se liant à des régions spécifiques de l’ADN. Sur la base de cette action, elle est appelée facteur de transcription.
Ce gène appartient à la classe des oncogènes qui, après mutation, sont la cause de la cancérisation cellulaire.
Des mutations de ce gène sont responsables du syndrome de Feingold (syndrome oculo-digito-œsophago-duodénal), de neuroblastome.
Syn. bHLHe37, MYCN_HUMAN, MYCNOT, N-myc, N-myc proto-oncogene protein, neuroblastoma-derived v-myc avian myelocytomatosis viral related oncogene, neuroblastoma MYC oncogene, NMYC, oncogene NMYC, pp65/67, v-myc avian myelocytomatosis viral related oncogene, neu
→ Feingold (syndrome), oculo-digito-oesophago-duodénal (syndrome), neuroblastome
optogénétique n.f.
optogenetics
Science consistant à insérer un gène codant pour une protéine photosensible dans des cellules afin d’ inhiber ou activer des fonctions biologiques par exposition à la lumière.
Les cellules cibles sont le plus souvent des cellules du système nerveux. Le gène est inséré en utilisant un virus comme vecteur. Les cellules sont exposées directement ou la lumière acheminée via des fibres optiques lorsqu’on s’intéresse à des zones profondes. Cette technique en plein développement a été utilisée pour améliorer la vision chez des souris atteintes de rétinite pigmentaire. L’insertion d’un gène codant pour une protéine photosensible dans les cellules de la rétine restaure partiellement la vision.
[Q1,C3,P2]
Édit. 2017
ROM 1 sigle angl. pour Rod Outer segment Membrane protein-1
Protéine membranaire hydrophobe située sur les disques des bâtonnets, formant un hétérodimère avec la périphérine des photorécepteurs.
Il s’agit d’une protéine qui présente une grande similitude avec la périphérine. Son gène est un gène candidat pour les rétinopathies humaines, mais son implication dans les dystrophies rétiniennes n'a été retrouvée qu'en association à la périphérine (transmission digénique de la rétinite pigmentaire ROM1/RDS) et jamais seul. Le gène est localisé en 11q13 (MIM 180721).
Syn. protéine 1 du segment externe des bâtonnets
RPE sigle pour Résonance Paramagnétique Electronique
RPE65 gene l. angl. pour Retinal Pigment Epithelium specific protein 65
Gène, situé sur le locus chromosomique 1p31, codant pour une protéine jouant un rôle essentiel dans la vision normale.
Cette protéine, appelée épithélium pigmentaire rétinien, produite dans la couche mince cellulaire nourrit la rétine qui est le tissu sensible à la lumière.
Des mutations de ce gène entraînent la rétinite pigmentaire et l’amaurose congénitale de Leber.
Syn. all-trans-retinyl-palmitate hydrolase, BCO3, LCA2, mRPE65, p63, RBP-binding , membrane protein, rd12, retinal pigment epithelium-specific 65 kDa protein, retinal pigment epithelium-specific protein 65kDa, retinitis pigmentosa 20 (autosomal recessive), retinoid isomerohydrolase, retinol isomerase, RP20, RPE65_HUMAN, sRPE65
→ rétinite pigmentaire, Leber (amaurose congénitale de)
[C1,B2,B3]
Édit. 2018
SCN9A gene sigle angl. pour sodium voltage-gated channel alpha subunit 9
Gène localisé en 2q24.3, qui code les instructions pour constituer la sous-unité alpha du canal sodique NaV1.7. NaV1.7, présente dans les cellules nerveuses nocicepives transmetteuses de la douleur.
Les mutations de ce gène sont à l’origine de l’insensibilité congénitale à la douleur, de l’érythromélalgie, de la neuropathie sensitive autonome héréditaire de type II, de la douleur paroxystique extrême, de la neuropathie à petites fibres, des crises épileptiques fébriles
Gène situé sur le locus
Les propriétés du canal formé par la protéine transmembranaire codée peuvent être modifiées par interaction avec différentes sous-unités bêta. This protein may be involved in the onset of pain associated with peripheral neuropathy.Cette protéine peut être impliquée dans le début de la douleur associée à une neuropathie périphérique. Alternative splicing results in multiple transcript variants. L'épissage alternatif résulte de plusieurs variantes de transcription. En plus des nocicepteurs, des canaux de sodium NaV1.8 ont également été trouvés dans les cellules musculaires cardiaques où, en contrôlant le flux d'ions sodium, ils jouent probablement un rôle dans le maintien d'un rythme cardiaque normal.
Syn. hNE, Nav1.7 ; NE-NA ; PN1 ; SCN9A_HUMAN ; sodium channel, voltage gated, type IX alpha subunit; voltage-gated sodium channel alpha subunit Nav1.7
→ tétrotoxine, épissage alternatif, Brugada (syndrome de)
[C3,H1,K2,Q2]
Édit. 2017
triplet (CGG) n l.m.p.
triplet (CGG) n
Triplet dans la région 5' du gène FMR1 (Xq27.3).
L'inhibition de la transcription du gène FMR1 (Xq27.3), causée par l'expansion de la répétition de triplets (CGG) n dans sa région 5' non traduite et les méthylations qui s'en suivent, est à l’origine du syndrome de l'X fragile. Ces mutations complètes proviennent d'allèles instables, prémutés (55 à 200 répétitions de CGG). Les prémutations sont notamment associées à un risque d'insuffisance ovarienne précoce (IOP) chez les femmes et au syndrome tremblement-ataxie lié à une prémutation de l'X fragile. De rares cas de mutations ponctuelles intragéniques de FMR1 sans expansion de répétitions CGG ont été décrits. Le gène FMR1 code pour la protéine FMRP, une protéine de liaison de l'ARN qui régule la synthèse protéique et d'autres voies de signalisation dendritiques. L'inhibition transcriptionnelle de FMR1 réduirait la plasticité et la modulation synaptique dans l'ensemble du cerveau, y compris l'hippocampe.
Syn. CGG trinucléotide
→ triplet, FMR1 gene, syndrome de l'X fragile, syndrome tremblement-ataxie lié à une prémutation de l'X fragile, protéine FMRP
[H1,O1,O6,Q2]
Édit. 2017
allèle n.m.
allele
Chacune des deux séquences d'ADN d'un même gène portées par les deux chromosomes appariés, pouvant être identiques en cas d'homozygotie ou différentes et caractéristiques de chacune des différentes formes structurales dans une espèce donnée.
Un allèle est dominant quand, à l’état hétérozygote, il produit un phénotype dit dominant. Un allèle est récessif quand il ne peut s’exprimer que lorsqu’il est à l’état homozygote ou accompagné d’un autre allèle récessif. Au cours de la mitose le gène transmet l’information génétique aux cellules filles.
Les allèles sont des séquences faiblement divergentes situées au même locus (gène polyallélique) sur l'ADN génomique. Par ex., il existe six allèles différents pour le gène C des groupes Rhésus.
En immunologie, les principales protéines alléliques sont les molécules du Complexe majeur d’histocompatiblité et les immunoglobulines. Il existe un polymorphisme allélique de la protéine elle-même ou des séquences régulatrices pour la plupart des protéines du système immunitaire : récepteurs des lymphocytes T, cytokines, complément.
Étym. gr. allos : autre
[F3,Q1]
Édit. 2017
glioblastomes (thérapie génique des) l.f.
gene therapy for glioblastomas
Perspective nouvelle de traitement pour une forme de tumeur qui reste jusqu'à présent incurable malgré l'exérèse chirurgicale, la radiothérapie, la chimiothérapie, et qui a représenté une pathologie pionnière pour ce type de thérapie.
Un telle utilisation des éléments moléculaires qui constituent le gène a pour but d'agir à ce niveau, afin de modifier les anomalies moléculaires et cellulaires intervenant dans l'oncogénèse gliale, aux différents stades précédant la traduction du matériel génétique en protéine.
Pour introduire un gène dans les cellules tumorales (transfection), plusieurs procédés sont possibles, notamment physiques, chimiques et viraux. L'abord moléculaire peut concerner des cellules prélevées chez le patient et réimplantées par la suite, ou s'effectuer directement au sein du tissu pathologique. Il s'agit par là-même de corriger l'excès de prolifération et de vascularisation tumorale et, au contraire, de neutraliser les mécanismes de mort cellulaire (dits aussi d'apoptose), de différenciation et d'immunogénicité tumorale.
Un des protocoles en cours comporte essentiellement la transfection intratumorale du gène suicide de la thymidine kinase herpétique. Un gène suicide provoque la destruction des cellules transfectées après administration d'une prodrogue inoffensive, celle-ci étant devenue hautement toxique sur ces cellules. La méthode apparaît sans risques, mais l'absence actuelle de résultats majeurs, qui contraste avec ceux, précliniques, obtenus chez l'animal, semble liée aux difficultés de délivrance thérapeutique. Le rôle des cliniciens est donc fondamental.
Les recherches doivent être poursuivies et approfondies, contrastant avec la publicité excessive donnée d'ores et déjà à ces traitements.
hyperoxalurie primitive n.f
primary hyperoxaluria
Maladie héréditaire du métabolisme à transmission autosomique récessive, à faible prévalence, caractérisée par l’association de lithiase oxalique, néphrocalcinose, altération de la fonction rénale et de pronostic de sévérité variable selon le gène muté.
Il existe 3 variétés d’hyperoxalurie primitive dont la plus fréquente et la plus grave est celle de type I (HP1). Elle est due à diverses mutations affectant le gène AGXT localisé dans le chromosome 2. La protéine codée est l’alanine glyoxylate aminotransférase (AGT). Elle comporte 392 acides aminés et a une masse moléculaire de 43 kDa. Localisée dans le peroxysome des hépatocytes, elle catalyse la transformation du glyoxylate en glycine, étape finale de la dégradation de l’hydroxyproline provenant du collagène. La maladie est due à l’accumulation d’oxalate donnant lieu à une hyperoxalurie. Les premiers symptômes apparaissent durant l’enfance. Il s’agit d’épisodes de lithiase urinaire avec accumulation d’oxalate dans les reins conduisant à l’insuffisance rénale. Le diagnostic repose sur l’hyperoxalurie, l’étude de la cristallurie démontrant la présence d’oxalate de calcium monohydraté (whewellite), l’hyperglycolaturie et le génotypage. Lorsque la filtration glomérulaire diminue, l’oxalate s’accumule dans les tissus (cœur, rétine, peau, système nerveux). Le traitement médical repose sur l’hydratation, la réduction de la calciurie par l’hydrochlorothiazide et l’administration de pyridoxine, coenzyme de l’AGT. Le traitement le plus efficace est la transplantation combinée de foie et de rein, le foie pour supprimer la source de la production d’oxalate et le rein pour permettre une excrétion efficace de l’oxalate.
L’hyperoxalurie primitive de type II est due à des mutations sur le gène GRHPR codant pour la glyoxylate-réductase/hydroxypyruvate-réductase, localisé sur le chromosome 9. Il existe associée à l’hyperoxalurie une excrétion accrue de L-glycérate sans hyperglycolaturie. La maladie est moins sévère que l’HP1.
L’hyperoxalurie primitive de type III est due à des mutations sur le gène HOGA1 qui code pour la 4-hydroxy-2-oxoglutarate aldolase. Le diagnostic repose sur un rapport 4-hydroxyglutarate/créatinine urinaire élevé. La maladie est la moins sévère des 3 hyperoxaluries primitives. Son traitement se limite à l’hyperhydratation.
→ hyperoxalurie, néphrocalcinose, lithiase rénale, lithias oxalique, insuffisance rénale chronique
[M1,Q2,R1,L1]
Édit. 2017/2
myopathie à bâtonnets l.f.
nemaline myopathy
Myopathie congénitale définie par la présence sur la biopsie musculaire de bâtonnets, formations allongées fuchsinophiles de 1 à 8 microns après coloration au trichrome de Gomori, matériel identique à celui des stries Z en microscopie électronique et due une protéïne anormale, la némaline.
Elle se traduit par une hypotonie infantile avec dysmorphies (faciès allongé avec palais ogival, pieds creux ou en varus équin, cyphoscoliose). On observe parfois des formes précoces fatales ou bien des formes à révélation tardive de topographie souvent scapulofibulaire. Son hérédité est autosomique le plus souvent dominante. Dans la forme némaline le gène en cause, ACTA 1 codant pour l’alpha-actine, principal composant de la fibre Z, est localisé sur le chromosome 1 (en 1q42.1). Une autre forme autosomique dominante a pour locus 1q21-q23 (gène TMP3 de l’α-tropomyosine 3) ; d’autres formes sont autosomiques récessives : mutation du gène NEB (locus 2q21-q23) codant pour la nébuline ou du gène CLF2 codant pour la cofiline 2.
Étym. gr. mus : souris, muscle ; pathos : maladie ; nêma : fil, bâtonnet
Syn. myopathie némaline
→ myopathies congénitales, némaline
seipine n.f.
seipin
Protéine de 398 acides aminés, possédant deux domaines transmembranaires, qui est codée par un gène découvert par Berardinelli et Seip comme le gène dont une mutation est responsable d’une lipodystrophie congénitale.
Ce gène (gène BSCL) est surtout exprimé dans le cerveau. La lipodystrophie congénitale de Berardinelli et Seip est caractérisée par une absence à peu près totale de tissu adipeux, une hypertriglycéridémie, une hyperglycémie et un hyperinsulinisme. La seipine exercerait son action au niveau de l’axe hypothalamohypophysaire.
M. Seip, pédiatre norvégien (1959) ; W. Berardinelli, médecin endocrinologue brésilien (1954)
→ Berardinelli et Seip (syndrome de), lipodystrophie congénitale généralisée, axe hypothalamo-antéhypophysaire
[C1, O4, R1, Q3]
Édit. 2018
effet trans l.m.
trans effect
Chez les Bactéries, action d'un gène sur un autre gène par l'intermédiaire d'une protéine produite par le premier.
P. ex., l'action d'un gène régulateur sur l'expression d'un opéron par un répresseur produit par le gène.
diabètes monogéniques l.m.p
Diabètes dus à une insuffisance de production d’insuline liée à un défaut moléculaire, sans pathologie auto-immune impliquée, dont il existe trois types principaux :
1- plusieurs diabètes à révélation néonatale, les gènes sont localisés dans la région 6q24 (mode de transmission héréditaire variable), ou KCNJ11, KIR2, avec implication de la sous-unité du canal potassique (caractère autosomique dominant ou parfois récessif), ou ABCC8, SUR1, avec implication de la sous-unité du canal potassique, INS, avec implication de l’insuline (caractère autosomique dominant) ;
2- diabète familial à révélation précoce (MODY : Maturity Onset Diabetes of the Young), dont le gène GCK implique la glucokinase (caractère autosomique dominant; ou dont le gène HNF1A implique l’Hepatocyte nuclear factor 1A, ou encore le gène HNF4A qui implique l’Hepatocyte nuclear factor 4A ;
3- diabètes avec atteintes extrapancréatiques :
- Mody 5 dont le gène HNF1B implique l’ Hepatocyte nuclear factor1B, (à caractère autosomique dominant) ,
- mitochondrial MLT-1, à transmission maternelle,
- syndrome de Wolfram à gène WFS-1 impliquant la wolframine (à caractère autosomique récessif.
Étym. gr. diabêtês : qui traverse
GABRG2 gene l.m sigle angl. pour Gamma-AminoButyric acid type A Receptor Camma2 subunit
Gène situé sur le locus chromosomique 5q34, codant la sous-unité gamma 2 de récepteur de l'acide gamma-aminobutyrique (GABA (A) R). Mutations in this gene have been associated with epilepsy and febrile seizures.
L’épissage alternatif de ce gène entraîne la production de transcrits codant différentes isoformes.
Les mutations de ce gène ont été associées à une épilepsie et à des crises fébriles (épilepsie généralisée avec convulsions fébriles-plus).Alternative splicing of this gene results in transcript variants encoding different isoforms.
→ épilepsie généralisée avec convulsions fébriles-plus, épissage alternatif, acide gamma-aminobutyrique
[H1,O1,O6,Q2]
Édit. 2017
myasthénie congénitale l.f.
congenital myasthenia
Affection congénitale transmissible, rare, reconnue en général à la naissance ou dans les premiers mois de la vie sur un ptosis, une ophtalmoplégie, des troubles de la déglutition avec dysphagie, une hypotonie, une fatigabilité à l’effort, des épisodes paralytiques provoqués par les cris, les vomissements ou un accès fébrile.
Les perturbations respiratoires engagent le pronostic vital, il peut s’ensuivre une apnée et la mort subite. Par rapport à la myasthénie néonatale et infantile auto-immune les signes d’orientation sont : une mère non myasthénique, l’absence d’anticorps sériques anti-récepteurs de l’acétylcholine (anti-R-Ach) et la fréquence des formes familiales. L’affection est due à un trouble de la transmission synaptique à la jonction neuromusculaire. Trois formes sont distinguées :
1- La forme postsynaptique (85% des cas) est due le plus souvent à une anomalie des récepteurs de l’acétylcholine (R-Ach), canaux ioniques de la membrane musculaire, par mutation de ses sous-unités ; il s’ensuit une diminution du nombre de ces récepteurs ou un défaut de leur fonctionnement qui est trop rapide (canal rapide) ou trop lent (canal lent). D’autres causes sont décrites : mutation du gène RAPS (locus en 11p11.2-p11.1) codant pour la rapsyne qui stabilise le RACh dans la membrane ; des gènes MuSK et Dok7, codant pour des protéines membranaires. Elle est due plus rarement à un défaut de formation de la membrane musculaire à la jonction neuromusculaire lors de la période fœtale; c’est la forme la plus précoce et la plus sévère.
2- La forme synaptique (10% des cas) est due à un déficit en acétylcholinestérase par mutation du gène COLQ (locus en 3p24.2) codant pour la queue collagénique de l’enzyme qui intervient sur la fixation de l’acétylcholine sur son récepteur ou à un déficit en laminine β (gène LAMB2) ou en agrine (gène AGRN) qui ont un rôle dans la transmission synaptique et la composition de la lame basale intermédiaire de la jonction neuromusculaire.
3- La forme présynaptique (5% des cas) est due à une mutation du gène CHAT (locus en10q11.2) codant pour l’acétylcholinetransférase nécessaire à la synthèse de l’acétylcholine et provoquant son déficit dans les vésicules présynaptiques
Les anticholinestérasiques sont efficaces sauf dans les formes synaptiques et le canal lent mais non les traitements à visée immunitaires (corticoïdes, immunosuppresseurs, etc.) Les jeunes malades doivent être surveillés par un monitorage respiratoire et circulatoire ; la disponibilité d’un respirateur manuel par masque est indispensable.
Étym. gr. mus : souris, muscle ; astheneia : manque de vigueur (a- privatif ; sthenos : force)
Syn. myasthénie héréditaire
Sigle : SMC : Syndrome Myasthénique Congénital
syndrome de Rett l.m.
Encéphalopathie progressive grave, souvent confondue avec l'autisme infantile, observée presque exclusivement chez la petite fille après un développement en général normal et qui se manifeste habituellement entre 6 et 18 mois.
Ce syndrome comporte : une stagnation puis une régression du développement psychomoteur ; des symptômes d'allure autistique, mais avec une recherche du contact par un regard d'une qualité particulière ; d'importants signes neurologiques (stéréotypies manuelles, ataxie du tronc et des membres, altérations du langage, comitialité, etc.) ; un fréquent dysfonctionnement respiratoire. Des formes atypiques sont possibles.
L'évolution, très variable, se fait le plus souvent vers une stabilisation apparente autour de l'âge de trois ans, sous forme d'un état démentiel avec incoordination motrice, absence de langage, manque total d'autonomie. Le décès survient dans un contexte grabataire, généralement entre 10 et 20 ans, dans un tableau de polyhandicap souvent compliqué d'épilepsie puis de l'apparition d'une scoliose.
La tomodensitométrie est normale ou met en évidence une atrophie cérébrale modérée et diffuse qui affecte surtout la substance grise.
L'évolution peut laisser une survie d'une quarantaine d'années avec dépendance complète. Aucune lésion ophtalmologique spécifique n’a été décrite. Seules les filles sont atteintes par la maladie qui doit être létale pour les garçons. Le risque de récurrence familiale est faible d'environ 0,3%.
Ce syndrome héréditaire dominant lié à l'X (MIM 312750) est en rapport avec une mutation du gène MeCP2 (methyl-CpG-binding protein 2) situé sur le bras long du chromosome X, dans la région Xq28. Les mutations du gène MeCP2 se produisant généralement de novo, le risque de récurrence empirique est estimé à moins de 1/300, bien que la possibilité de mosaïcisme germinal ne puisse pas être exclue.
Des mutations du gène MeCP2 ont été rapportées dans le cadre d'encéphalopathies du garçon mais ne correspondent pas au même tableau. Des mutations du gène CDKL5 et une interruption du gène Nétrine G1 ont récemment été identifiées chez des patients présentant un phénotype similaire à celui du syndrome de Rett.
Le syndrome de Rett existe dans les différentes parties du monde. La prévalence en Europe serait d'environ 1/15 000 filles.
A. Rett, neuropédiatre autrichien (1966)
Réf. Orphanet, J. Christodoulou, S. Williamson (2007)
→ Encéphalopathie, autisme, ataxie, comitialité, stéréotypie en psychiatrie, MeCP2 gene, CDKL5 gene
[H1, H3, K1, O1, Q2]
Édit. 2019
gamma-transducine poplypeptide l.f.
γ-transducin poplypeptide
Sous-unité de la transducine qui est une variété de protéine G, protéine liée à un nucléotide à guanine trouvée dans le segment externe des bâtonnets qui joue un rôle important dans la transduction visuelle.
Elle est associée à la rhodopsine et met en rapport rhodopsine et phosphodiestérase (PDE). Lorsque la rhodopsine est activée par un photon, elle active à son tour la sousunité α de la transducine ; cette dernière lève l'inhibition de la phosphodiestérase qui à son tour hydrolyse les molécules de GMPc en 5'-GMP ; la diminution en GMPc provoque alors la fermeture des canaux Na+ de la membrane du segment externe, ce qui est à l'origine de l'hyperpolarisation qui donne naissance à l'ERG. La transducine est composée de trois sousunités, α, β et γ. L'unité α montre une grande diversité et confère la fonction spécifique à la protéine G, les unités β et γ sont moins diversifiées et jouent probablement peu de rôle dans la spécificité de la protéine G. Les unités β et γ sont différentes pour les cônes et pour les bâtonnets (MIM 189970).
J. B. Hurley, biologiste américain (1984)
Sigle GNGT (guanine nucleotide-binding protein, gamma-transducine)