Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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spincast n.angl.

spincasting
Technique de fabrication d'une lentille hydrophile utilisant un moule concave rotatif qui définit la face antérieure de la lentille ; sa face postérieure et sa forme définitive dépendent alors de la quantité de matière que reçoit le moule et de sa vitesse de rotation.
L'hydrogel utilisé y est déposé sous état liquide et c'est sa polymérisation qui s'effectue dans le moule pendant cette phase de fabrication qui donne à la lentille sa géométrie. 

splénographie n.f.

splenography

Technique obtenant une mage radiographique du parenchyme splénique opacifié par un produit de contraste iodé hydrosoluble.

Syn. splénogramme

→ splénoportographie

split brain l. angl.

Conséquences de la commissurotomie, section des commissures interhémisphériques, tout particulièrement du corps calleux, pratiquée dans l'abord chirurgical des tumeurs du troisième ventricule et, antérieurement aux antiépileptiques modernes, dans le traitement de l'épilepsie généralisée.
En dehors de ses effets thérapeutiques, cette technique a fortement contribué à l'étude des asymétries fonctionnelles hémisphériques. Les procédés d'imagerie fonctionnelle cérébrale ont permis d'affiner ces données. Certains auteurs estiment même qu'il y a sans doute autant de différences fonctionnelles entre deux régions d'un même hémisphère qu'entre des régions homologues des deux hémisphères.

J.H. Trescher et F.R. Ford, neurologues américains (1937)

→ déconnexion interhémisphérique (syndrome de)

squeeze n. angl.

Technique de compression manuelle du pénis lors d'un rapport sexuel pour tenter de retarder l'éjaculation.

Étym. angl. squeeze (to) : presser

staphylorraphie n.f.

staphylorrhaphy

Technique de réparation chirurgicale de la division vélaire par rapprochement et suture sur la ligne médiane des deux hémivoiles.
Elle comporte la réparation des muqueuses supérieure et inférieure, de l’aponévrose palatine et des muscles qui constituent le voile du palais.
L’uranostaphylorraphie est la réparation de la voûte et du voile du palais en cas de fente vélopalatine.

Étym. gr. staphulos : grain de raisin , luette ; raphein : coudre

→ fente palatine, fente labiopalatine, division palatine

status dentaire l.m.

dental profile

Ensemble de petits clichés dentaires, habituellement au nombre de 18 à 21, comprenant de 14 à 17 péri-apicaux et 4 clichés bite-wing, disposés sur un présentoir en carton adéquat et visualisant la totalité de la denture et de l'os alévolaire sous-jacent.
Les clichés sont réalisés par groupes de quelques dents, en vraie grandeur, le plus souvent avec la technique long-cône.

Syn. bilan rétro-alvéolaire technique long-cône

→ panoramique dentaire (cliché)

stéréoradiographie n.f.

stereoradiography

Procédé de radiographie destiné à obtenir, au moyen de deux clichés d'une même région anatomique, la vision en relief de celle-ci.
Les deux films radiographiques sont pris successivement après un déplacement du tube radiogène correspondant à l'écartement des deux yeux (en moyenne 7 cm). L'observation des clichés se fait au moyen d'un stéréoscope approprié. Très employée aux débuts de la radiologie pour le repérage des corps étrangers métalliques, cette technique fut progressivement abandonnée au profit de la tomographie, elle-même supplantée par la scanographie avec reconstruction en 3D et l'IRM.

Étym. gr. stereos : solide

stérilisation tubaire l.f.

tubal sterilisation

Suppression irréversible de la fertilité par ablation chirurgicale de tout ou partie de la trompe de Fallope ou par son obstruction.
Elle se pratique par laparotomie, par colpotomie antérieure ou postérieure, ou par cœlioscopie. Les techniques les plus utilisées sont la salpingectomie, la fimbriectomie, la résection-ligature d’un segment de trompe, avec ou sans enfouissement sous le péritoine, la destruction de l’isthme et de l’ampoule par électrocoagulation, l’obturation de l’isthme par un anneau en silastique de Yoon ou une agrafe de Hulka. Elle est en principe irréversible, mais le taux d’échecs est de 1 à 2%, quelle que soit la technique ; les chances de grossesse sont de l’ordre de 50% après reperméabilisation chirurgicale d’une ligature tubaire. Considérée comme une mutilation, elle est interdite en France, sauf dans le cas où une grossesse ferait peser des menaces graves sur la santé de la femme.

R. H. Pomeroy, gynécologue américain (1867-1925), sa technique a été décrite par ses associés E. Bishop et W. F Nelms en 1930 ; M. Madlener, gynécologue allemand (1919)

→ fimbriectomie, Pomeroy (technique de), Madlener (technique de), Hulka-Clemens (clips de)

Stewart-Hamilton (méthode de) l.f.

Stewart-Hamilton's method

Technique montrant que, quand on injecte un indicateur dans la circulation, celui-ci se dilue dans le sang, sa concentration moyenne augmente à chaque passage à travers le cœur et elle se stabilise assez rapidement.
Un prélèvement fait lors de la stabilisation permet de mesurer la concentration de l'indicateur dans le sang et, connaissant la dose injectée, de déterminer le volume sanguin circulant. L'enregistrement transcutané continu de la concentration permet de déterminer le débit cardiaque.
Dans un volume V de liquide, l'injection d'une quantité I d'un indicateur donne une concentration C = I/V de colorant. Quand la concentration sanguine, Cf, est stabilisée, l'indicateur (vert d'indocyanine, traceur radioactif, bol de solution froide, etc.) est distribué dans toute la circulation. Une mesure transcutanée ou un prélèvement de sang en un endroit quelconque de la circulation (veine périphérique, artère pulmonaire par cathétérisme, etc.) permettent de mesurer Cf et, connaissant la dose d'indicateur injectée I, de calculer le volume sanguin circulant : Vs = I/Cf. L'enregistrement transcutané continu ou celui directement prélevé par cathétérisme permet d'obtenir ensuite la courbe de la concentration sanguine, courbe en fonction du temps étalonnée sur la concentration finale, Cf.
Le premier passage à travers le cœur donne un signal qui peut être extrait par calcul par un petit calculateur, car la queue du passage est une exponentielle décroissante. La surface grisée, S, sous la courbe du signal de premier passage correspond à la dose d'indicateur injectée. Avec un étalonnage convenable, le volume de l'ondée sanguine est V = I /S et, si la fréquence cardiaque f est stable, le débit cardiaque est  Q’= f.I/S.
Une version très utilisée de la méthode est l'emploi comme indicateur d'un bol de solution froide, c'est-à-dire l'injection d'un petit «bol de froid» par une sonde de Swan Ganz calibrée placée dans l'artère pulmonaire. Mesurée par des capteurs (thermistors) portés sur la sonde, la différence de température entre la solution injectée et le sang refroidi permet d'extraire le signal. La sonde étant calibrée, on obtient directement le débit cardiaque sans avoir besoin de prélever d'échantillon de sang au préalable. Comme la solution froide passe à petit débit et que la minime quantité de chaleur soustraite à la circulation n'abaisse pas la température du sang pulmonaire lors de son retour au cœur, on peut suivre en continu le débit cardiaque, grandeur cardinale très utile pour la réanimation des insuffisances cardiocirculatoires.

stimulodétection n.f.

stimulodetection

Technique d'étude électrophysiologique neuro-musculaire permettant d'apprécier la vitesse de conduction nerveuse, le temps de latence des régions motrices ou sensitives et les caractères de la réponse : amplitude, morphologie, durée.
Les courants de stimulation sont d'amplitude variable mais supramaximale (amplitude supérieure à la valeur donnant la réponse la plus ample). Les électrodes de stimulation délivrent une stimulation monopolaire ou bipolaire percutanée sur les nerfs superficiels.

stop and go l.angl.  

Technique destinée à retarder l'éjaculation par interruptions itératives des mouvements de pénétration lors d'un rapport sexuel.

Strömbeck (opération de) l.f.

Strömbeck's operation

Technique chirurgicale de plastie mammaire qui consiste à pédiculiser l'aréole et à réséquer la base du sein.

J. O. Strömbeck, chirurgien plasticien suédois (1960)

[O5]

Édit. 2018

structure de réanimation l.f.

intensive and critical care structure

Structure qui reçoit des patients présentant une ou plusieurs défaillances viscérales aigües pouvant mettre en jeu le pronostic vital à court terme et ce, pour une durée variable mais souvent prolongée, et devant répondre à des critères précis (circulaire du Ministère de la Santé du 7. 2. 89 - Définition de la Société de Réanimation de Langue Française).
Elle a pour caractéristiques :
- locaux spécialement aménagés (nombre minimal de lits : 8, nombre maximal : 20) ;.
- proximité d'un plateau technique important et complet ;
- permanence médicale sur place 24 h/24, qualifiée et spécifique (c'est-à-dire ayant en charge uniquement des malades de réanimation) ;
- $ermanence soignante assurée par du personnel expérimenté en nombre suffisant affecté uniquement au service.
Des critères fonctionnels permettent de juger de l'activité de ces structures : indice de gravité élevé des patients hospitalisés, pourcentage des patients nécessitant une assistance ventilatoire supérieure à 30%. Pourcentage de patients nécessitant une assistance ventilatoire d'au moins 48 h. supérieure à 20%. Coefficient d'occupation compatible avec de puissantes possibilités d'accueil.
On doit distinguer les structures de réanimation (services ou unités de réanimation médicale, cardiologique, chirurgicale, médicochirurgicale polyvalente, pédiatrique) des unités de soins intensifs et des unités de surveillance continue.

suc duodénal l.m.

duodenal juice

Milieu liquide présent dans la lumière duodénale même chez un sujet à jeun, composé principalement des sécrétions de l'épithélium duodénal.
L'aspiration du suc duodénal, au moyen d'une sonde dont l'extrémité était placée dans le duodénum, permettait d'analyser, après une stimulation adéquate, la sécrétion du pancréas exocrine ou de la bile. Cette technique est rarement pratiquée de nos jours.

surstimulation cardiaque n.f.

overdrive

Technique de stimulation du cœur permettant de l’entraîner à une fréquence supérieure à celle qui est générée spontanément, afin de réduire un trouble du rythme auriculaire ou ventriculaire.

Sweet (méthode géométrique de) l.f.

Sweet’s method

Méthode de localisation géométrique d’un corps étranger intraoculaire radio-opaque.
Elle repose sur l’utilisation de l’appareil de Sweet placé en regard du globe du patient allongé en procubitus, tête de profil sur la plaque. Deux clichés sont réalisés : un cliché de profil strict perpendiculaire à la cornée, et un cliché avec une angulation de 20° du rayonnement. La position du corps étranger par rapport aux repères est reportée sur une épure qui permet de le localiser à l’intérieur ou à l’extérieur du globe.
Cette technique va devenir de plus en plus désuète au fur et à mesure de la facilité d’obtention d’une tomodensitométrie en coupes millimétriques selon le plan neuro-oculaire.

W. M. Sweet, ophtalmologiste américain (1909)

→ Sweet (appareil de)

sympathectomie n.f.

sympathectomy

Exérèse plus ou moins étendue d’un nerf, d’un ganglion ou d’une partie de la chaîne neuroganglionnaire sympathique.
La plus courante est la sympathectomie lombaire, mais elle peut viser aussi la chaîne sympathique cervicale ou thoracique.
Elle est en principe une opération chirurgicale mais peut aujourd’hui être réalisée sous vidéoscopie. Destinée à obtenir une vasodilatation dans le territoire dépendant du segment nerveux supprimé, la sympathectomie a été très en faveur à la suite des travaux de Leriche et de son école. Elle est aujourd’hui beaucoup moins utilisée, en raison du développement des traitements médicaux et d’interventions artérielles directes. Elle ne représente plus qu’une technique de complément ou de repli en cas d’impossibilité de chirurgie directe.
On disait aussi sympathicectomie (obs).

symphyse pleurale l.f.

pleurodesis

Union entre les plèvres viscérale et pariétale entraînant l'effacement de la cavité pleurale.
Cette symphyse peut être partielle, plus ou moins étendue, laissant des zones libres de la cavité pleurale, ou totale. Sa cause est habituellement une infection de la cavité pleurale, spécifique ou non, entraînant une disparition du revêtement mésothélial et l’apparition de bourgeons charnus. La grande pourvoyeuse de symphyses est la tuberculose pleurale, suivie par les pleurésies purulentes, les pleurésies inflammatoires, moins souvent un hémothorax.
Cette symphyse peut être créée médicalement pour éviter la récidive d’un pneumothorax. Les colles biologiques, les talcages, les badigeonnages de la plèvre pariétale à l'iode donnent des résultats très inférieurs à ceux de l'abrasion pleurale ou mieux de la pleurectomie pariétale. On tente de créer, dans les pleurésies abondantes récidivantes tumorales, une telle symphyse par talcage ; mais là encore, si elle est possible et si l'on envisage une survie prolongée, la pleurectomie pariétale est la technique la plus sûre.

Syn. pleurodèse

synchronisation n.f.

gating

En imagerie numérique, technique utilisée fréquemment pour décomposer un enregistrement, long par rapport à la durée d'un mouvement physiologique périodique, en une série d'images repérées par rapport à la période de celui-ci, ce qui permet de s'affranchir des artéfacts qu'entraîne ce mouvement ou de pouvoir en effectuer l'étude fonctionnelle.
En IRM, les synchronisations pulmonaires et cardiaques améliorent la résolution. En scintigraphie et en IRM, les synchronisations cardiaques sont à l'origine d'études fonctionnelles.

→ gamma-angiographie, synchronisation cardiaque, synchronisation pulmonaire

synchronisation cardiaque en IRM l.f.

cardiac gating

En IRM, mise en coïncidence de séquences IRM avec l'électrocardiogramme (ECG).
Cette synchronisation est obtenue par concomitance du temps de répétition TR avec l'onde R de l'électrocardiogramme de sorte que l'ECG déclenche l'impulsion de radiofréquence et lance l'acquisition d'une ligne du plan de Fourier. Pour une matrice de 256 x 256, il faudrait en principe 256 battements pour remplir ce plan. Mais en réalité on utilise le temps entre deux ondes R (intervalle RR) pour acquérir plusieurs coupes.
Deux possibilités existent :
- ou l’on acquiert une pile de coupes adjacentes pendant un intervalle RR (imagerie multicoupe en écho de spin), chaque image correspondant à la fois à une coupe différente et à un instant différent du cycle cardiaque ;
- ou, en combinant écho de gradient ultrarapide et acquisition segmentée, on obtient une série d'images successives du même plan de coupe à des instants différents de la révolution cardiaque (ciné-IRM). Cette technique permet, grâce à une représentation dynamique des images, d'étudier le cœur en mouvement. Elle a l'avantage de remplir le plan de Fourier en une apnée (pour une matrice de 256 x 256 qu'on divise en 16 segments, le plan de Fourier sera rempli en 16 battements cardiaques, ce qui peut s'obtenir en une apnée).

J. B. Fourier, mathématicien et physicien français, membre de l’Académie de médecine (1768-1830)

Syn. gating cardiaque

→ synchronisation (en imagerie), artéfact de mouvement (en IRM)

[B2,B3]

Édit. 2018

Tailhefer (technique de) l.f.

Tailhefer’s technique

Technique utilisée au début des années 1950 pour traiter les cancers de la vulve, qui associait une destruction par cautérisation de la tumeur et un curage ganglionnaire inguinal et crural.

A. Tailhefer, chirurgien français (1896-1963)

Tait (technique de) l.f.

Tait’s technique

Technique chirurgicale de dissection de la cloison rectovaginale pour le traitement par voie périnéale des fistules rectovaginales.

L. Tait, gynécologue britannique (1845-1899)

tamponnement vagino-utérin l.m.

utero-vaginal packing

Technique d’hémostase temporaire en cas d’hémorragie utérine ou vaginale incontrôlable, qui consiste à tasser des compresses ou des champs chirurgicaux dans la cavité utérovaginale afin d’exercer une compression.
Elle précède habituellement une forme plus complète d’hémostase, par la ligature chirurgicale ou l’embolisation des vaisseaux utérovaginaux.

Tansini (opération de) l.f.

Tansini’s operation

Technique chirurgicale de reconstruction du sein par lambeau de rotation vascularisé du muscle grand dorsal.

I. Tansini, chirurgien italien (1906)

Taussig (opération de) l.f.

Taussig’s operation

Technique chirurgicale de lymphadénectomie ilio-pelvienne extrapéritonéale.

F.J. Taussig, gynécologue américain (1935)

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