Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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acide nicotinique l.m.

nicotinic acid, niacin

Acide pyridine-carboxylique-3, C5H4N-COOH, poudre cristalline blanche, inodore, faiblement soluble dans l'eau.
Il existe sous forme de combinaisons de son dérivé amidé, le nicotinamide, dans la plupart des cellules vivantes, dans le foie, la levure, le lait, les viandes, la luzerne, le maïs ; la farine blanche de froment en contient environ 60 µg par gramme.
L'acide nicotinique est utilisé pour la prophylaxie et le traitement de la pellagre.  Il a été proposé comme hypocholestérolémiant.

Syn. niacine

→ nicotinamide, pellagre

[C1, C3, G5, J1]

Édit. 2020

acide okadaïque l.m.

okadaic acid

Acide organique à chaîne grasse (qui a été isolé à partir d'une éponge "Halichondria Okadai"), doué d'un important pouvoir oncogène.
Sa formule est celle d'un dérivé polyester d'un acide gras à 32 carbones.
Il exerce une action inhibitrice spécifique sur les protéines-phosphatases 1 et 2a, qui interfère par conséquent avec l'état de phosphorylation de nombreuses protéines ayant des rôles métaboliques importants : il présente un effet insulinomimétique en augmentant la teneur des cellules en enzymes tyrosine-phosphorylés. Il est produit par le plancton et présent dans les éponges et dans de nombreuses espèces marines, responsables d'intoxications diarrhéiques par les fruits de mer.

[C1,C3,D2,F2,G4,L1,R1,R2]

Édit. 2017

acide orotique l.m.

orotic acid

Acide uracile-carboxylique-6, présent dans le lait de différents mammifères.
C'est un métabolite important de la biosynthèse des bases pyrimidiques dans toutes les cellules. Par action d'une molécule de phosphoribose-pyrophosphate, il peut être transformé en orotidine-5'-phosphate, nucléotide précurseur des autres nucléotides pyrimidiques : acide uridylique et acide cytidylique. On l'a introduit en thérapeutique pour favoriser l'anabolisme des acides aminés et leur synthèse dans l'insuffisance hépatique, ainsi que dans le traitement de la goutte.

Étym. gr. oros : sérosité ; petit lait, d'où l'acide a été extrait pour la première fois

[C1,C3,G5,L1,N3]

Édit. 2017

acide sénécioïque l.m.

senecioic acid

Acide bêta-méthylcrotonique.
Sa combinaison avec le coenzyme A est un métabolite présent dans les cellules.

[C1,C3]

Édit. 2017

acides nucléiques l.m.p.

nucleic acids

Structures polynucléotidiques complexes, de poids moléculaire élevé, présentes dans le noyau des cellules et généralement unies à des protéines pour former des nucléoprotéines.
Les acides nucléiques sont constitués d’un pentose, d’acide phosphorique et de bases puriques et pyrimidiques. On distingue les acides ribonucléiques (ARN) et les acides désoxyribonucléiques (ADN).

→ vaccination par acide nucléique

[C1,C3,Q1]

Édit. 2018

acide thymidylique l.m.

thymidylic acid

Nucléotide dont la base est la thymine.
Jusqu'à une période récente, on ne connaissait dans les milieux naturels que l'acide thymidylique à désoxyribose, tel que celui qui figure dans les acides désoxyribonucléiques.
La découverte d'acide thymidylique à ribose dans certains acides ribonucléiques solubles a rendu nécessaire la distinction entre l'acide désoxythymidylique (à désoxyribose) et l'acide thymidylique à ribose. L'acide (désoxy-) thymidylique (à désoxyribose) est formé dans toutes les cellules à partir d'acide désoxyuridylique par transhydroxyméthylation réductrice avec le méthylène-5,10-tétrahydrofolate.

Syn. acide thymidine-monophosphorique

Sigle s. TMP ou dTMP

[C1]

Édit. 2017

acidité gastrique l.f.

gastric acidity

Teneur en ions H+ dans la sécrétion gastrique, dont la mesure permet d'explorer le fonctionnement des cellules sécrétrices de l'estomac.
Par rapport à l'examen radiologique ou endoscopique, la mesure de l'acidité gastrique permet une analyse fonctionnelle chimique de l'estomac à côté de la fonction mécanique.

[C2,L1]

Édit. 2017

acidorésistant adj.

acid-fast

Se dit d'un micro-organisme (Mycobacterium notamment) qui, une fois coloré par la fuchsine à chaud, ne peut pas être décoloré par un acide minéral fort et l'alcool, les autres cellules étant décolorées.

Syn. acido-alcoolo-résistant

→ coloration de Ziehl-Neelsen

[D1]

Édit. 2017

acidophilie n.f.

acidophilia

Propriété de certaines cellules ou de certains constituants cellulaires de se colorer par les colorants acides, l’éosine par exemple.

Syn. éosinophilie

[A2,A3,C1]

Édit. 2017

acrospirome eccrine l.m.

eccrine acrospiroma

1) Pour certains, synonyme de l'hidradénome à cellules claires.
2) Pour d'autres, hidradénome nodulaire dont le nodule intradermique vient en contact avec l'épiderme ou même la surface cutanée.
3) Pour d'autres encore, vocable regroupant trois formations tumorales dérivées de l’épithélium du canal sudoripare eccrine et qui peuvent être selon le siège sur le canal intra-dermique (hidracanthome simplex), juxta-dermique (procrome eccrine) ou intra-dermique (tumeur du canal dermique « dermal duct tumor »).

Étym. gr. akros : extrémité ; speira : spirale ; ôma : tumeur ; ec : hors de ; krinein : sécréter

→ hidradénome à cellules claires, hidradénome nodulaire,  hidroacanthome, porome eccrine de Pinkus, tumeur du canal dermique

[F5,J1]

Édit. 2017

activité jonctionnelle l.f.

junction activity, junctional activity

Phénomène consistant en la présence dans les couches inférieures de l'épiderme et au niveau de la jonction dermo-épidermique de thèques formées de petits amas de cellules næviques contenant une quantité variable de mélanine et faisant saillie dans le derme papillaire.
En cas d'hésitation entre une lésion bénigne (nævus) et maligne (mélanome), une intense activité jonctionnelle peut être un argument en faveur de la malignité.

Étym. lat. activitas : activité (déverbal d'ago : pousser devant soi, agir)

[J1]

Édit. 2017

adamantin adj.

adamantin

1) Relatif à l’émail, qualifie une tumeur qui provient des cellules formatrices de l’émail dentaire ou qui s’en rapprochent.
Ex. épithélioma adamantin ;
2) Qualifie une substance ou une lésion qui a l’aspect ou la dureté du diamant ou de l’émail.

Étym. gr. adamantinos, de adaman, adamantos : diamant

[F2, P3]

Édit. 2020

adéno-acanthome du col utérin l.m.

adeno-acanthoma of the uterine cervix

Adénocarcinome du col utérin contenant des plages de métaplasie malpighienne.
Il faut le différencier du carcinome adéno-squameux où les deux contingents glandulaire et fibreux sont malins, y compris donc les cellules malpighiennes. Le pronostic est analogue à celui des cancers épidermoïdes du col utérin.

Étym. gr. adên : glande ; akantha : épine ; oma : tumeur

[A3,F2,O3]

Édit. 2017

adénocarcinome à cellules claires de l'endomètre l.m.

clear-cell adenocarcinoma of the endometrium

Variété d'adénocarcinome de l'endomètre à cellules claires évoquant un hypernéphrome d'origine mullérienne.
Le pronostic est péjoratif comme celui des adénocarcinomes indifférenciés.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2,O3]

Édit. 2017

adénocarcinome à cellules claires de l'ovaire l.m.

clear-cell adenocarcinoma of the ovary

Variété d'adénocarcinome de l'ovaire à cellules claires emplie de glycogène d'origine mullérienne.
Il est souvent associé à une tumeur endométriale ou à une endométriose.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2,O3]

Édit. 2017

adénocarcinome à cellules claires du col utérin l.m.

clear-cell adenocarcinoma of the uterine cervix

Variété d'adénocarcinome du col utérin dont les cellules claires évoquent un hypernéphrome d'origine mullérienne.
Il peut être la conséquence d’une exposition in utero au diéthylstilbœstrol (DES). Il faut le distinguer de l'extension au col d'une tumeur mésonéphroïde de l’endomètre.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

Syn. adénocarcinome mésonéphroïde du col utérin

[A3,F2,O3]

Édit. 2017

adénocarcinome colloïde l.m.

colloid adenocarcinoa

Variété de cancer qui contient une importante proportion de cellules mucineuses hyperactives et de larges plages de mucus extracellulaire.
Il peut atteindre tous les organes du tube digestif, surtout l'appendice et le côlon.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2,L1 ]

Édit. 2017

adénocarcinome indifférencié l.m.

undifferentiated adenocarcinoma

Tumeur formée de cellules ayant perdu leurs capacités sécrétoires et leur structure glanduliforme.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2]

Édit. 2017

adénocarcinome œsophagien l.m.

adenocarcinoma of the oesophagus

Cancer qui résulte en général (peut-être toujours) de la transformation maligne d'une métaplasie intestinale de l'œsophage ayant constitué un endobrachyœsophage ou d'une plage limitée de muqueuse de Barrett.
L'adénocarcinomel est actuellement plus fréquent que le cancer épidermoïde dont l’incidence diminue. La symptomatologie est marquée par une dysphagie, une altération de l’état général, un hoquet, une dysphonie suggérant une atteinte récurrentielle, une adénopathie sus-claviculaire ou cervicale. Le cancer épidermoïde siège au niveau des tiers supérieur et moyen de l’œsophage, alors que l’adénocarcinome intéresse le tiers inférieur ou la jonction œsogastrique. Il est lié au reflux gastro-œsophagien et est fréquent  chez les patients obèses ou en surpoids. La surveillance de l’endobrachyœsophage est recommandée tous les 2 à 5 ans selon sa hauteur, avec des biopsies étagées. Le type histologique est déterminé selon l'architecture (tubuleux, à prédominance papillaire, mucineux ou à cellules dissociées). Le grade tient compte du degré de différenciation : bien, moyennement ou peu différenciés.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

→ endobrachyoesophage, métaplasie ,  Barrett (œsophage de)

[A3, F2, L1]

Édit. 2020

adénocarcinome pancréatique l.m.

pancreatic adenocarcinoma

Cancer développé à partir des petits canaux de la glande, beaucoup plus fréquent que les cancers ayant pour origine d'une part les acinus exocrines, d'autre part les cellules des ilots de Langerhans.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2,L1,L2]

Édit. 2017

adénolymphome l.m.

adenolymphoma, cystadenolymphoma, Warthin’s tumor

Tumeur bénigne des glandes salivaires habituellement développée dans la parotide, parfois multiple ou bilatérale.
Cette lésion d’évolution lente est faite d’une double prolifération épithéliale et lymphocytaire. L’épithélium est souvent agencé en deux couches de cellules cylindriques d’aspect volontiers oxyphile. Il repose sur un tissu lymphoïde ordonné en follicules lymphoïdes.

A. Warthin, anatomopathologiste américain (1929)

Étym. gr. aden : glande ; lymphè : eau ; ome : tumeur

→ Warthin (tumeur de)

[A3,F5,P3]

Édit. 2017

adénome papillaire du rein l.m.

renal adenoma

Tumeur épithéliale bénigne du parenchyme rénal, qui se développe souvent dans le cadre de lésions de pyélonéphrite chronique ou de néphro-angiosclérose.
Son cadre nosologique est mal défini. Les critères de bénignité retenus ont été longtemps la petite taille et l'absence (apparente) d'évolutivité. L'aspect chromosomique des cellules évoque parfois une transition vers la malignité.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

[F5, M2]

Édit. 2020

adénome pléomorphe  l.f.

pleomorphic adenoma

Variété la plus fréquente des tumeurs bénignes des glandes salivaires surtout développée dans la glande parotide.
Elle tire son nom de la coexistence au sein des plages tumorales de structures épithéliales massives ou à différenciations canalaire, associées à une composante à cellules fusiformes et à des plages de différenciations chondroïde, voire cartilagineuse. D’autres différenciations peuvent être présentes malpighiennes, adipocytaires, sébacées, osseuses. Ces tumeurs sont plus ou moins bien limitées. Leur évolution est très lente et elles ont tendance à récidiver localement en cas d'exérèse insuffisante. Des foyers carcinomateux peuvent se développer en leur sein.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur ; pléôn : plus abondant ; morphê : forme

Syn. anc. tumeur mixte, épithélioma à stroma remanié

[A3,F5,P1,P3 ]

Édit. 2017

adénome rénal l.m.

renal adenoma

Tumeur épithéliale bénigne du parenchyme rénal.
Son cadre nosologique est mal défini, l'aspect des cellules ne se différenciant guère de l'adénocarcinome, et les critères de bénignité retenus étant la petite taille et l'absence apparente d'évolutivité.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

[F5,M2]

Édit. 2018

adénome thyroïdien toxique l.m.

toxic adenoma of the thyroid gland, Plummer’s disease

Nodule thyroïdien hyerfonctionnel responsable d’hyperthyroïdie.
Favorisée par la déficience iodée, cette situation résulte le plus souvent de la prolifération monoclonale de cellules affectées par une mutation activatrice du récepteur de la TSH. Le développement lent de la prolifération cellulaire finit par constituer un nodule initialement fonctionnel captant l’iode radioactif, puis progressivement extinctif vis-à-vis de la TSH, enfin hyperfonctionnel ce dont rend compte l’accroissement de la T3 puis de T3 et T4. A ce stade un état thyrotoxique apparaît cliniquement évident, souvent lorsque la taille de l’adénome excède 2 à 3 cm.  
L’affirmation de son caractère autonome est traditionnellement obtenue par la scintigraphie thyroïdienne : le captage de l’iode 123 (ou du technétium)  s’effectue exclusivement au niveau de la formation nodulaire cliniquement perçue (« image du drapeau japonais »). Une alternative diagnostique est  constituée par l’échographie qui fait état d’un nodule typiquement isolé souvent hypoéchogène s’accompagnant d’un accroissement du débit dans l’artère thyroïdienne inférieure et d’une hypotrophie du reste de la thyroïde.
Une telle pathologie qui ne saurait être éradiquée par les thérapeutiques médicales antithyroïdiennes, nécessite le recours au traitement par l’iode rédioactif qui a réduit les indications de la lobectomie. Dans certaines circonstances sont envisageables des traitements locaux (alcoolisation, thermo-ablation, ultrasons…).

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

→ exploration fonctionnelle de la thyroïde, nodule toxique, thyréostimuline, hormones thyroïdienne, hyperthyroïdie.

[F5, O4 ]

Édit. 2020

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