adénovirus n.m.
adenovirus
Virus à ADN, de la famille des Adenoviridae et du genre Mastadenovirus, dont on distingue une cinquantaine de sérotypes pathogènes pour l’Homme.
Les adénovirus ont une affinité pour de nombreux tissus et organes et leur pouvoir pathogène est étendu. De nombreuses infections sont asymptomatiques ou bénignes. Le tableau le plus habituel associe une fièvre modérée, une pharyngite avec gêne à la déglutition, une conjonctivite et des adénopathies cervicales (syndrome adénopharyngoconjonctival) ou basses et diarrhées chez l’enfant. Le traitement est alors purement symptomatique : désencombrement par la kinésithérapie chez le nourrisson et l'enfant en bas âge. Les tableaux de bronchiolite avec dyspnée voire insuffisance respiratoire s'observent chez l'enfant entre 1 et 5 ans, ainsi que des syndromes diarrhéiques. Chez le sujet immunodéprimé, les infections à adénovirus sont souvent sévères : méningo-encéphalites, pneumonies, hépatites, cystites hémorragiques, ou encore une maladie disséminée avec atteinte multi-organe très grave. Le diagnostic biologique associe la détection directe d’antigène dans les sécrétions, l’isolement du virus en culture de cellules, la biologie moléculaire, la sérologie. Un nouvel antiviral, le cidofovir, est proposé pour traiter les formes graves d’infections à adénovirus.
→ Adenoviridae, adénovirus (kératite à)
[D1]
Édit. 2020
Adie (pupille d') l.f.
Adie's tonic pupil
Syndrome généralement unilatéral, survenant le plus souvent chez la femme jeune, et associant une pupille tonique à une abolition des réflexes ostéotendineux, sans autre anomalie neurologique.
W. Adie, neurologue britannique (1931)
[H1,P2]
Édit. 2017
ADN mitochondrial l.m.
mitochondrial DNA, mtDNA
Molécule d'ADN circulaire située dans la mitochondrie.
L'ADN porte l'information génétique et constitue le génome des êtres vivants. L'ADN code pour une partie des protéines et des ARN (acides ribonucléiques) spécifiques au fonctionnement de la mitochondrie.
Chaque mitochondrie possède plusieurs copies d'un ADN circulaire (mtDNA), bicaténaire(brins H et L), de 16569 paires de bases, codant pour 13 chaînes polypeptidiques appartennt aux complexes protéiques de la chaîne respiratoire, 22tRNA et les RNA 23S et 16S de leurs ribosomes. Les protéines des mitochondries sont donc très majoritairement codées par l'ADN nucléaire.
La pathologie génétique à hérédité maternelle de ces organites cellulaires peut ainsi résulter de mutations ou d'anomalies touchant l'ADN mitochondrial: syndrome de Kearns-Sayrè, neuropathie optique de Leber...) ou l'ADN nucléaire (ex: ataxie de Friedreich, neuropathie axonale de Charcot-Maire Tooth type CM2TA...)
Symb. ADNmt
→ ADN, ARN, mitochondrie, Kearns-Sayre (syndrome de), neuropathie optique héréditaire de Leber, hérédoataxie de Friedreich, Charcot-Marie-Tooth (maladie de)
[C1,C3,Q1]
Édit. 2017
adrénomyéloneuropathie n.f.
adrenomyeloneuropathy
Variété d'adrénoleucodystrophie caractérisée par une paraplégie ou une para-parésie spastique associée à une neuropathie périphérique (souvent modérée, parfois latente et détectable uniquement par l’électrophysiologie), avec hypogonadisme, insuffisance surrénalienne débutant dans l'enfance.
Elle est rencontrée essentiellement chez l'adulte jeune (alors que l'adrénoleucodystrophie se voit plutôt chez l'enfant). L’insuffisance surrénale est le plus souvent infraclinique, détectée par les seuls examens biologiques endocriniens, parfois même seulement après stimulation. Le diagnostic est affirmé par une élévation de la teneur plasmatique en esters du cholestérol à très longue chaîne. Cette accumulation d'acides gras à très longue chaîne (AGTLC) saturés dans tous les tissus, est liée à leur destruction insuffisante dans les peroxysomes. Celle-ci serait due à un déficit en lignocéryl-CoA-synthétase. À l'examen en microscopie électronique, sont mises en évidence des inclusions lamellaires spécifiques dans les cytoplasmes des cellules de Schwann, qui sont aussi trouvées sur la biopsie cutanée et conjonctivale.
En ophtalmologie, on décrit le syndrome de Bálint (lésions bilatérales pariéto-occipitales donnant une ataxie optique) avec troubles des mouvements oculaires volontaires (paralysie psychique du regard, actes sans possibilité du contrôle visuel), troubles du champ visuel (diminution de l'attention visuelle et seules les images maculaires atteignent la conscience) et atrophie optique.
Il s'agit du même gène et des mêmes haplotypes que l'adrénoleucodystrophie liée au sexe. L’affection, récessive, est liée au sexe (MIM 300100). Le gène anormal est localisé au bout du bras long (Xq 28) du chromosome X, dans une région où se trouvent le gène de l'hémophilie et celui du daltonisme, notamment. Un régime pauvre en AGTLC (dit "de Lorenzo") est préconisé, mais il n'a pas fait preuve d'une efficacité certaine.
J.W. Griffin et H.H. Schaumburg, neuropathologistes américains (1977)
→ adrénoleucodystrophie, Bálint (syndrome de), peroxysome
[H1, O4, P2, Q2]
Édit. 2020
adrénomyodystrophie n.f.
adrenomyodystrophy
Syndrome associant une insuffisance surrénalienne primaire, une dystrophie myopathique, un retard psychomoteur sévère, une dégénérescence graisseuse hépatique, une mégalo-cornée et une ectasie vésicale.
L'affection rarissime a été découverte chez deux enfants entre six mois et un an ; l'hypophyse contient des micro-adénomes produisant de l'ACTH. Distincte d’adrénoleucodystrophie et du déficit en glycérokinase.
L’affection est liée au sexe (MIM 300270).
W. von Petrykowski, pédiatre allemand (1982)
[H1, L1, M3, O1, O4, P2, Q2]
Édit. 2020
agalactie n.f.
agalactia
Absence totale de sécrétion lactée.
Observée au décours de l’accouchement, elle conduit à évoquer en premier lieu un syndrome de Sheehan par nécrose hémorragique de l'antéhypophyse. Plus tard elle s’observe aussi dans les hypophysites auto-immunes du postpartum, responsables de défaillances antéhypophysaires.
[O4, O5]
Édit. 2020
agammaglobulinémie n.f.
agammaglobulinemia
Syndrome caractérisé par l'absence de production d'immunoglobulines sériques.
Les deux principaux types d’agammaglobulinémie sont;
- l’agammaglobulinémie héréditaire liée au sexe ou maladie de Bruton, affectant les garçons, de nature récessive, dont Le gène est localisé en X q 21. 3-q22, (ce qui rend possible le diagnostic prénatal); l'immunité cellulaire est normale;
- l’hypogammaglobulinémie à expression variable (HGEV) ou agammaglobulinémie acquise.
Une agammaglobulinémie, dite de type suisse , peut s’observer dans certaines formes de déficits immunitaires combinés sévères (DICS).
→ agamma-globulinémie liée à l'X, hypo-gamma-globulinémie, Nézelof (syndrome de), Bruton (maladie de), arthrite de l' agammaglobulinémie
[F3, Q2]
Édit. 2020
agénésie tubaire l.f.
tubal agenesia
Absence congénitale du salpinx (tube utérin).
Elle est bilatérale dans l'agénésie mullérienne du syndrome de Rokitansky-Kuster-Hauser. Elle est unilatérale dans les hémimatrices, l'utérus unicorne.
→ Rokistansky-Kuster-Hauser (syndrome de)
[O3,Q2]
Édit. 2017
agénésie utérine l.f.
uterine agenesia
Absence congénitale d'utérus due à l'arrêt de développement d'un des canaux de Muller.
Elle est incomplète, unilatérale en cas d''utérus unicorne. Elle est complète dans le syndrome de Rokistansky-Kuster-Hauser.
→ Rokistansky-Kuster-Hauser (syndrome de)
[O3,Q2]
Édit. 2017
agglutinines froides (maladie des) l.f.
cold agglutinin disease
Troubles vasomoteurs des extrémités (syndrome de Raynaud) et parfois accès d’hémolyse intravasculaire avec ou sans hémoglobinurie, survenant surtout chez la femme après 50 ans, après une exposition au froid.
Il peut persister entre les crises une anémie avec un subictère et une splénomégalie. L’affection est due à la présence dans le sérum d’agglutinines froides (IgM à chaîne légère κ ) à un taux élevé, d’un anticorps froid incomplet et souvent une hémolysine froide qui sont responsables d’une auto-agglutination des hématies.
[F3,F4,K4]
Édit. 2017
agitation postopératoire l.f.
postoperative agitation
Hyperactivité psychomotrice, permanente ou par accès, souvent associée à un Syndrome confusionnel qui survient dans les suites d'une intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie générale ou locorégionale.
L'agitation précoce survient en salle de réveil lors de l'émergence de l'anesthésie générale. Elle comporte surtout une agitation motrice habituellement sans verbalisation. Elle peut s'observer après tout type d'anesthésie et tout anesthésique. Plus fréquente chez l'enfant et après certains produits comme la kétamine, elle peut être le témoin d'une douleur.
L'agitation retardée se voit dans les jours qui suivent l'acte chirurgical, après un intervalle libre. De nombreux facteurs la favorisent (âge, antécédents psychiatriques, traitements médicamenteux en cours, troubles métaboliques, maladies endocriniennes) ; elle peut cacher une complication chirurgicale.
Étym. lat. agitatio (déverbal d'agito : fréquentatif d'ago : mettre en mouvement)
[G1,N2]
Édit. 2017
agnosie digitale l.f.
finger agnosia
Trouble acquis caractérisé par l'incapacité de reconnaître, de désigner ou de nommer les différents doigts de sa propre main ou de celle d'un examinateur.
Secondaire à une lésion pariétale gauche, l'agnosie digitale est le plus souvent intégrée à un syndrome de Gerstmann.
Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)
[H1]
Édit. 2017
agrammatisme n.m.
agrammatism
1) Défaut de prononciation résultant de l'omission d'une ou de plusieurs lettres d'un mot (obs.).
2) Perturbations aphasiques se manifestant dans le discours oral ou écrit du patient par l'absence d'emploi des morphèmes grammaticaux libres (petits mots fonctionnels : articles, prépositions, pronoms) ou liés (flexions verbales : genre, nombre) et des déclinaisons.
Les morphèmes lexicaux (mots à contenu) prédominent dans la production du patient, qui se caractérise par un style "télégraphique". Ce trouble survient de façon spécifique (mais non obligée) dans l'évolution des aphasies de Broca.
3) Actuellement, tendance à regrouper dans le syndrome agrammatique d'autres traits expressifs comme des difficultés avec l'ordre des mots et la production des verbes, mais aussi des traits réceptifs : difficultés à reconnaître ou utiliser les marques morphosyntaxiques exprimant les relations sémantiques qui lient les éléments lexicaux d'une phrase entre eux.
K. Kleist, neuropsychiatre allemand (1916)
Étym. gr. a : privatif ; grammata : lettres
→ aphasie de Broca, dyssyntaxie
[H1]
Édit. 2017
agraphie n.f.
agraphia
Trouble spécifique de l'expression écrite, secondaire à une affection cérébrale.
Lorsqu'elle est d'origine aphasique (agraphie aphasique), elle est rarement isolée (agraphie pure), parfois associée à un trouble de la lecture (alexie-agraphie), souvent intégrée à un Syndrome aphasique plus complexe. L'approche cognitiviste préfère l'emploi des termes de dysgraphie ou dysorthographie.
Elle distingue : les dysgraphies profondes, caractérisées par une incapacité d'écrire des pseudomots et par de grandes difficultés avec les mots abstraits ou grammaticaux ; les dysgraphies de surface, définies par le profil inverse, où les performances dépendent étroitement du degré de régularité du mot ; les dysgraphies phonologiques et leur incapacité totale de transcrire des pseudomots ou lettres, contrastant avec leurs performances excellentes dans la production de mots familiers, réguliers ou non. L'agraphie peut résulter d'un trouble praxique (agraphie apraxique), habituellement lié à des lésions de l'hémisphère gauche, pariétales ou frontales. Elle se manifeste alors par une altération du graphisme et s'associe habituellement à une apraxie des membres. Consécutives à des lésions hémisphériques droites, les agraphies spatiales se traduisent par des difficultés à organiser les aspects spatiaux de l'écriture, souvent associées à une héminégligence. Les agraphies numériques concernent spécifiquement l'écriture des chiffres. L'agraphie de la main gauche, observée lors des lésions calleuses, comporte une incapacité spécifique à écrire spontanément ou en dictée avec la main gauche. L'hémisphère gauche, seul capable de programmer le geste de l'écriture, ne peut transmettre à l'hémisphère droit l'information nécessaire. La copie servile avec la main gauche ne pose aucune difficulté, démontrant l'absence de réel trouble constructif.
Étym. gr. a : privatif ; graphein : écrire
→ dysgraphie, dysorthographie, alexie, calleux (syndrome), Gerstmann (syndrome de)
[H1]
Édit. 2017
agression n.f.
aggression
Phénomène brutal et souvent inattendu ressenti par une personne ou un organisme comme une menace pour son intégrité ou sa vie, et à laquelle elle répond par des réactions de défense (peur, fuite, violence).
L’agression peut être d’ordre verbal, familial, professionnel, mécanique, chimique, etc. Elle déclenche des phénomènes réactifs d’ordre affectif, végétatif, moteur, constituant le syndrome général d’adaptation. Mais ces réactions peuvent, par leur intensité et leur nature, dépasser leur but en constituant le stress et provoquer des affections organiques et/ou mentales plus graves que celles dues à l’agression.
Lors des agressions intéressant plusieurs personnes, les réactions individuelles s’amplifient les unes les autres, aboutissant aux paniques collectives avec leurs pertes de contrôle, aux violences irraisonnées, etc.
Étym. lat. aggressio : aggression
→ conduite agressive chez l'enfant et l'adolescent, agression sexuelle
[E3,H3,H4 ,N1]
Édit. 2017
AGS gene sigle angl.pour Alagille Syndrome
Gène localisé en 20p12.1-11.23 dont la mutation est à l’origine du syndrome d’Alagille.
Syn. AHD gene, AWS gene
[Q2]
Édit. 2017
AHD gene sigle angl.pour Alagille Syndrome
Gène localisé en 20p12.1-11.23 dont la mutation est à l’origine du syndrome d’Alagille.
Syn. AGS gene, AWS gene
[A4,O6,Q2]
Édit. 2017
Aicardi (syndrome d') l.m.
Aicardi’s syndrome
Triade sporadique comportant des spasmes en flexion, une agénésie du corps calleux et des lacunes choriorétiniennes, avec retard mental sévère et indifférence sensorielle.
Le syndrome comporte également épilepsie, hypotonie, anomalies crâniennes (dysmorphie et plagiocéphalie), mentales et vertébrales, parfois fente palatine et labiale.
J.F. Aicardi, neurologue français (1969)
Syn. AIC, agénésie du corps calleux et lacunes choriorétiniennes, Aicardi-Thieffry (syndrome d')
[H1,P2,Q2]
Édit. 2017
akathisie n.f.
akathisia
Incapacité de rester assis, allongé ou immobile.
Ce phénomène, qui doit être différencié de l'agitation psychomotrice, est souvent accompagné d'un besoin irrésistible de marcher ou d'un piétinement sur place impérieux et incessant (tasikinésie). Un inconfort, des insomnies secondaires, voire une détresse dans les formes majeures sont souvent observés.
Il peut être dû à un Syndrome extrapyramidal (assez rarement une maladie de Parkinson, plus fréquemment des effets secondaires de neuroleptiques), à d'autres causes organiques (douleurs, lésions osseuses) ou à des troubles psychiques (kathisophobies).
Étym. gr. akathektos : qui ne peut être contenu, tenu
Syn. astasie-abasie trépidante, acathisie
[H1,H3]
Édit. 2017
Alagille (syndrome d') l.m.
Alagille’s syndrome
Génopathie à transmission autosomique dominante (MIM 118450), dont le diagnostic est posé sur l’association d’au moins trois des cinq critères majeurs : un faciès particulier (front bombé, petit menton pointu, hypertélorisme), un embryotoxon postérieur, des vertèbres en aile de papillon, une sténose des branches de l’artère pulmonaire ou une tétralogie de Fallot et une cholestase chronique due à une paucité des voies biliaires inter-lobulaires.
D’autres organes peuvent être concernés. L’atteinte rénale, fréquente peut se manifester par une acidose tubulaire et une insuffisance rénale. Une hypertension artérielle peut compliquer l’évolution. Le diagnostic peut d’ailleurs être porté à l’âge adulte devant une maladie hépatique inexpliquée ou devant la découverte d’une atteinte rénale ou d’une hypertension artérielle
L'évolution vers la cirrhose n'est pas constante et peut apparaître à partir de l’adolescence, faisant discuter une transplantation hépatique ; laquelle peut aussi être indiquée plus précocément en cas d’ictère persistant depuis la naissance associé à des xanthomes et un prurit sévère.
Deux gènes sont impliqués dans le syndrome d’Alagille : JAG1 et NOTCH2. Des mutations du gène JAG 1 sont identifiées chez plus de 80% des patients. Ce gène code une protéine qui lie un récepteur transmembranaire (Notch) impliqué dans la différenciation cellulaire à des étapes précoces du développement. Le gène NOTCH2 est plus rarement impliqué. Un diagnostic moléculaire anténatal est disponible, mais dans 2/3 des cas les mutations sont sporadiques.
D. Alagille, pédiatre et biochimiste français(1975)
Syn. AGS, AHD, AWS, dysplasie artériohépatique, Alagille-Watson (syndrome d’), cholostase avec sténose pulmonaire périphérique, hypoplasie des canalicules biliaires (syndrome d’)
→ hypertélorisme, embryotoxon, Fallot (tétralogie de)
[Q1,O1,L1]
Édit. 2018
Alajouanine (manœuvre d') l.f.
Doll’s eye movement
Méthode qui permet d’étudier la motilité automaticoréflexe des globes oculaires : quand on modifie la position de la tête, les yeux effectuent un mouvement compensateur.
En l’absence de paralysie de fonction, les yeux se portent vers la gauche quand la tête est déplacée vers la droite, s’élèvent quand la tête est fléchie, s’abaissent, quand la tête est en extension.
Par ex., dans une paralysie de l’élévation (syndrome de Parinaud), le malade ne peut regarder volontairement vers le haut, mais si on fléchit la tête, on voit apparaître un mouvement compensateur d’élévation.
La paralysie porte sur les mouvements volontaires et réflexes, si la dissociation n’existe pas.
T. Alajouanine, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1926)
Syn. yeux de poupée de Schuster (manœuvre des)
[H1,P2]
Édit. 2017
albinisme avec diathèse hémorragique et cellules pigmentées réticulo-endothéliales l.m.
albinism with hemorrhagic diathesis and pigmented reticuloendothelial cells
Albinisme oculocutané avec surcharge pigmentaire réticulo-endothéliale et défaut d'agrégation plaquettaire de type "pool vide".
Il y a hypopigmentation "tyrosinase positive". Le patient ressemble aux albinos tyrosinase négative "yellow mutant" avec cheveux blancs, peau rose, nystagmus, iris translucides, hypoplasie maculaire, grains de beauté et taches de rousseur ; il présente des hémorragies gingivales, des épistaxis (particulièrement après la prise d'aspirine), et un saignement intarissable lors des interventions chirurgicales. Il s'agit d'un défaut d'agrégation plaquettaire de type "pool vide". Il existe également un syndrome de surcharge avec accumulation de matériel céroïde dans les lysosomes du système réticuloendothélial, ce qui aboutit à une atteinte pulmonaire (fibrose interstitielle chronique), des ulcères digestifs, une gingivite, une colite granulomateuse hémorragique, une insuffisance rénale et une cardiomyopathie. Locus du gène en 10q23-q23.3. L’affection est autosomique récessive (MIM 203300).
F. Hermansky, interniste et P. Pudlak, hématologue tchèques (1959)
Étym. lat. albus : blanc
Syn. HPS, albinisme oculocutané d'Hermansky-Pudlak, Hermansky-Pudlak (syndrome d'), maladie du pool vide, albinisme oculocutané type VIa
[F4,J1,P2,Q2]
Édit. 2017
Albright (acidocétose d') l.f.
renal tubular acidosis (RTA)
Acidose tubulaire rénale congénitale, due à une tubulopathie distale entraînant des troubles hydro- électrolytiques de déshydratation, une acidose et une néphrocalcinose.
Le sujet est de petite taille, parfois sourd et il existe des anomalies de l'émail dentaire et une tétanie. L'hypocalcémie entraîne une cataracte qui ressemble à celle de la maladie de Steinert. Il y a aussi une hyperphosphorémie.
L'affection est très hétérogène et comprend plusieurs types de transmission ainsi que deux principaux phénotypes : le type I avec acidose tubulaire distale et le type II avec acidose tubulaire proximale. L'affection est très rare et n'atteint pratiquement que les filles pour le type II. Ce type est caractérisé par un nystagmus, une cataracte, des opacités cornéennes, une hypertension oculaire et des sclérotiques bleues comme dans le syndrome de Lowe. L’affection est autosomique dominante (MIM 179800 type I) ou liée au sexe (MIM 312400 type II).
F. Albright, médecin endocrinologue américain, membre de l'Académie de médecine (1946)
Syn. acidose distale primitive familiale, acidose tubulaire distale, RTA distal type, RTA proximal type, syndrome de Butler-Albright, Steinert (maladie de)
→ Lowe (Syndrome de), néphrocalcinose, maladie de Steinert, syndrome de Lowe
[M1, R1, Q2]
Édit. 2020
Albright (syndrome d'ostéodystrophie autosomique dominante d') l.m.
Albright disease
Pseudohypoparathyroïdisme avec petite taille, faciès lunaire, brachydactylie et bachymétacarpie, calcifications et ossifications sous- cutanées, hypocalcémie et augmentation de l'hormone parathyroïdienne dans le sérum avec hyperplasie parathyroïdienne.
Le retard mental est inconstant ou modéré. Sont observés surcharge pondérale, mains et pieds aux doigts courts avec brièveté inégale et asymétrique des métacarpiens et métatarsiens), calcifications sous-cutanées et des parties molles notamment du scalp, des mains et des pieds. L’affection peut se compliquer de cataracte, de calcifications des noyaux gris centraux ou plus diffuse de l’encéphale (syndrome de Fahr), de néphrocalcinose.
Dans la pseudohypoparathyroïdie IA (PHP-IA) le gène Gs a une fonction anormale altérant la production des protéines assurant la liaison entre le récepteur de l’hormone parathyroïdienne et l’unité effectrice qui contribue à l’activation de l’ATP en AMPc en réponse à l’adénylate cyclase) ; l’ubiquité des protéines de liaison explique la coïncidence habituelle de résistances associées (aux gonadostimulines, la GH, la TSH, la leptine, les catécholamines, au glucagon, à la mélanogenèse …) ce qui contribue à la diversité des phénotypes. Dans la forme IB (PHP-IB) où n’est pas observée d’anomalie phénotypique, ni non plus clairement de résistances hormonales associées à celle de la PTH, les altérations génétiques de GS impliquent une anomalie de la syntaxine. La maladie prend une expression différente selon le sexe du parent transmetteur (empreinte génétique) : les pères des sujets atteints de PSHP de type 1A sont ordinairement atteints de la même situation ; en revanche les mères ont simplement un phénotype de pseudopseudohypoparathyroïdie (habitus d’Albright sans anomalie métabolique ou hormonale, notamment du calcium sanguin et du taux de PTH). L’affection est autosomique dominante (MIM 103580, MIM 103581) ou plus exceptionnellement autosomique récessive (MIM 203330).
F. Albright, médecin endocrinologue américain, membre de l'Académie de médecine (1942)
Syn. AHO, pseudohypoparathyroïdisme de type IA, ostéodystrophie héréditaire d'Albright
[I2, O4, Q2]
Édit. 2020
albumine n.f.
albumine
Protéine plasmatique (M.m. 69 000 Da) soluble dans l'eau, biosynthétisée par le foie.
Elle assure 70% de la pression oncotique du plasma (concentration de 40 à 45 g/L, demi-vie 20 jours environ), et participe au transport dans le sang de certaines hormones et médicaments par des liaisons peu spécifiques mais de grande capacité (par ex. barbituriques). Elle traverse l'endothélium capillaire, sa concentration dans les liquides interstitiels va de 20 à 80% de la concentration plasmatique. L'albumine interstitielle retourne au sang circulant par la lymphe.
La pression oncotique de l'albumine retient les liquides dans le secteur intravasculaire où elle s'oppose à la pression hydrostatique intracapillaire qui tend à en chasser l'eau vers l'interstitium tissulaire (l'hypoalbuminémie favorise les œdèmes interstitiels).
L'albumine est un médicament dérivé du sang, Comme tel, elle est soumise aux règles de la traçabilité. La pasteurisation des solutions élimine les virus type VIH et hépatite C, la filtration sur des filtres à 15 nanomètres élimine les virus (le poliovirus a un diamètre compris entre 18 et 20 nm), restent les agents transmissibles non conventionnels (prions ?) encore inconnus.
La solution à 4% est presque iso-oncotique au plasma. On emploie aussi une solution à 20%. Ces solutions sont utilisées dans le traitement des hypovolémies de la femme enceinte, de l’enfant et en cas d’allergie aux colloïdes artificiels. Autres indications : brûlures graves, syndrome de Lyell et hypovolémies lorsque les colloïdes artificiels ont été utilisés à posologie maximale.
Étym. lat. albumen : blanc d'œuf
→ demi-vie, pression osmotique, traçabilité
[C1,C2]
Édit. 2017