Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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ostéoclasie n.f.

osteoclasia, osteoclasis

1) Processus de résorption de la trame osseuse auquel participent les ostéoclastes.
2) En orthopédie, manœuvre forcée de correction du squelette, utilisée en particulier chez le jeune enfant pour corriger un pied bot en s’aidant souvent d’un levier (technique aujourd’hui abandonnée).

Étym. gr. osteon : os ; klastos : brisé

Édit. 2017

ostéomyoplastie n.f.

osteomyoplasty

Intervention chirurgicale sur l’os et les muscles adjacents en vue d’améliorer la fonction et de favoriser l’application d’un appareillage ou l’adaptation d’une prothèse.
Ce terme regroupe des interventions très diverses selon le segment osseux intéressé, le plus souvent au membre inférieur, et selon les corrections à traiter : malformation congénitale  des membres, amputation, séquelle de traumatisme, résection osseuse pour cancer de l’os, infection osseuse, lésion d’origine vasculaire.
Certaines techniques sont relativement simples comme le matelassage distal d’un moignon osseux d’amputation par suture entre les muscles antérieurs et postérieurs (Weiss). D’autres sont plus complexes comme la technique de Van Nes de correction des grandes inégalités du membre inférieur : raccourcissement fémoral et rotation de 180° du segment inférieur de manière à placer l’articulation tibio-tarsienne au niveau du genou du côté opposé ; ainsi retournée celle-ci permettra, après appareillage,  un mouvement de flexion-extension du segment distal.

J. A. Weiss, chirurgien américain (1947) ; R. Dederich, chirurgien allemand (1966) ; C. P. Van Nes, chirurgien néerlandais (1950)

Étym. gr. osteon : os ; mus : souris, muscle ; plassein : modeler

→ Van Nes (opération de)

Édit. 2017

oxygène hyperbare en radiothérapie l.m.

hyperbaric oxygen

Technique de radiothérapie (abandonnée) dans laquelle le patient était irradié dans un caisson sous pression (3 atmosphères) d'oxygène.
L'objectif était d'accroître la concentration de l'oxygène dissous dans le plasma sanguin pour oxygéner mieux les cellules hypoxiques.

→ effet oxygène

Édit. 2017

Palmer (manœuvre de) l.f.

Palmer's manœuvre

Technique consistant à imprimer une pression sur les lèvres du col grâce aux valves du spéculum : l'issue de sang peut être un signe de cancer de l'endocol.

R. Palmer, gynécologue français (1904-1985)

pancréas divisum l.m.

pancreas divisum

Absence de fusion du segment ventral et du segment dorsal du pancréas, anomalie relativement fréquente puisqu'elle est retrouvée sur 5% environ des cholangio-pancréatographies rétrogrades endoscopiques.
Cette technique permet d'en faire le diagnostic en montrant le canal du segment ventral fin et court alors que l'opacification de la papille accessoire montre un canal de Santorini drainant tout le segment dorsal. Le pancréas divisum est considéré comme une simple variante anatomique sans conséquence, mais certains auteurs pensent qu'elle peut être responsable de poussées de pancréatite aigüe en raison d'une hyperpression dans le canal dorsal en amont d'une sténose de la papille accessoire : d'où les propositions de sphinctérotomie endoscopique ou chirurgicale de cette papille.

Papanicolaou (coloration de) l.f.

Papanicolaou staining

Technique de coloration cellulaire par une préparation complexe à base d'hématoxyline de Harris et d'orange GG, surtout utilisée pour les frottis cervicovaginaux, en vue d'étudier la morphologie et l'affinité tinctoriale du cytoplasme des cellules prélevées.
Elle permet d'apprécier l'état d’imprégnation hormonale et de déceler d'éventuelles cellules cancéreuses.

G. N. Papanicolaou, anatomopathologiste américain (1883-1962)

→ hématoxyline, frottis cervicovaginal de dépistage

[F2, O3]

Édit. 2018

pariétographie n.f.

parietography

1) Technique radiographique destinée à visualiser la paroi d'un organe creux, en particulier estomac ou vessie, soit entre deux couches d'air l'une externe (pneumopéritoine) l'autre intraluminale (par insufflation), soit en associant un pneumopéritoine à une opacification de la cavité.
2) Étude d'une paroi viscérale par artériographie sélective.
Ces techniques, de mise en œuvre compliquée, sont actuellement remplacées par l'imagerie de la scanographie et de l'IRM.
Une pariétographie peut apparaître spontanément au cours d'un pneumopéritoine pathologique (signe de Rigler).

Parma (incidence de) l.f.

Parma's method, lateral projection of the TMJ

Technique de radiographie unilatérale de l'articulation temporomandibulaire.
Le film est au contact de l'articulation à radiographier et le tube radiogène au plus près possible du crâne du côté opposé ; ce procédé, actuellement abandonné en raison de l'importance de l'irradiation cutanée locale, est avantageusement remplacé par d'autres techniques radiologiques.

→ ATM

PDCA sigle angl. m. pour Plan Do Check Act

«Roue» de la mise en œuvre du processus de qualité dans les entreprises (préparer, réaliser, vérifier, améliorer) permettant à leurs dirigeants de prendre conscience du coût de la non-qualité.
Cette démarche, qui se développe dans les établissements de santé, s'oppose à celle des économistes en ce sens qu'elle ne s'appuie pas sur des données financières mais sur la considération du résultat technique à obtenir et à maintenir au cours de la production.

W. E. Deming, physicien et mathématicien américain (1950)

→ qualité (amélioration continue de la)

peeling n.angl.m.

skin peeling n.m.
Acte dermatologique ancien mais toujours d'actualité qui consiste à appliquer un agent chimique caustique pour détruire plus ou moins profondément les couches de l'épiderme, parfois du derme, et provoquer une exfoliation de ces couches.
Ce traitement, basé sur la possibilité de limiter et de contrôler la destruction cutanée, sera suivi d'une reconstitution de la peau à partir des follicules pilosébacés et des papilles dermiques. Il existe trois niveaux de peelings selon la profondeur de la destruction cutanée recherchée : peeling superficiel, réalisé aux acides de fruits, par ex. acide glycolique, à la résorcine ou à l'acide trichloracétique à 20 ou 30%; peeling moyen atteignant la limite dermo-épidermique utilisant l'acide trichloracétique à 30 ou 35%; peeling profond, réalisé avec du phénol, atteignant le derme superficiel. Des complications sont possibles : dyschromie, cicatrices, surtout en cas de technique inadéquate.

→ exfoliation

Peham-Amreich (opération de) l.f.

Peham-Amreich’s operation

Technique d'hystérectomie vaginale.
Elle comporte les temps suivants :
incision circulaire et curviligne du vagin, libération de la vessie en avant après désinsertion de la paroi antérieure du vagin, ouverture du cul-de-sac de Douglas après désinsertion de la paroi postérieure du vagin, ligature en bloc puis section des ligaments utéro-sacrés et des ligaments de Mackenrodt, ligature séparée de l'artère utérine, ouverture du cul-de-sac vésico-utérin, ligature des pédicules annexiels, exérèse de l'utérus, fermeture péritonéale.

H. von Peham et I. A. Amreich, gynécologues autrichiens (1930)

pelvigraphie n.f.

pelvigraphy

Étude radiologique des organes du petit bassin de la femme après création d'un pneumopéritoine ou produit de contraste iodé hydrosoluble.
Cette technique dessine le relief du péritoine pelvien et définit les contours des organes et des cloisons cellulofibreuses sagittales et transversales qui les séparent.. Cet examen est actuellement remplacé par les techniques d’imagerie moderne (échographie, scanographie, IRM).

Syn. pneumopelvigraphie

→ pelvimétrie

pelvimétrie par IRM l.f.

MRI pelvimetry

Technique IRM permettant d'obtenir une mesure précise du pelvis sans exposition aux radiations ionisantes. Les parties molles maternelles et fœtales sont en outre visibles.

→ radiopelvimétrie

[B2,B3]

Édit. 2018

pelvimétrie par tomodensitométrie l.f.

tomodensitometry pelvimetry

Technique d'étude des diamètres du bassin obstétrical par scanographie de face et de profil.
Les avantages par rapport à la radiopelvimétrie sont une grande fiabilité des mesures, une réduction sensible de l'irradiation, le confort de la femme, la visualisation des parties molles en coupes axiales.

pelvimétrie radiologique l.f.

X-ray pelvimetry

Technique évaluant la forme et les dimensions de la filière pelvienne dans le but d'établir un pronostic obstétrical.
Elle comporte trois clichés de base : une coupe sagittale médiane (paroi antérieure et postérieure, orientation du bassin, inclinaison du détroit supérieur, mesure de diamètre antéropostérieur), un cliché du détroit supérieur (diamètres transverses), un cliché de l'arcade pubienne permettant de mesurer le diamètre bi-sciatique du détroit moyen.

Syn. radiopelvimétrie

pélyscopie n.f.

pelyscopy

Technique endoscopique permettant, grâce à l'introduction d'un système optique à lumière froide par voie vaginale, à travers le cul-de-sac de Douglas, l'exploration du petit bassin.

→ culdoscopie

percussion n.f.

percussion

1) En pneumologie, mode d'exploration consistant à produire un son en frappant avec les doigts une région du corps, le thorax le plus souvent, avec, en général, un doigt interposé de l'autre main.
2) En kinésithérapie, technique consistant à frapper le thorax avec le bord cubital des mains afin de favoriser l'expectoration.
En effet les vibrations transmises par le choc déplacent et fluidifient les crachats (effet thixotropique) ce qui facilite l'expectoration.
3) En mécanique, au cours d'un choc, quantité de mouvement fournie au corps touché (impulsion).

1) J.  von Auenbrugger, médecin autrichien (1761)

Étym. lat. percussio : action de frapper fort (per : augmentatif : quatio : frapper)

→ impulsion, thixotropie

percussion du thorax l.f.

thoracic percussion

Mode d'exploration clinique en frappant la paroi thoracique avec l'index ou les 4 derniers doigts pour rechercher une modification de la sonorité thoracique.
La percussion peut être :
- médiate, l'index droit recourbé percute l'index ou le médius gauche posé à plat sur la paroi thoracique
- immédiate, les 4 derniers doigts de la main droite recourbés percutent directement la paroi thoracique.
C'était un temps capital, mais très délicat de l'examen du thorax. Les modifications de sonorité n'apparaissent que par comparaison d'un côté à l'autre. Aussi, cette technique devenue d'utilisation rare, doit être abandonnée, (car source d'erreurs graves en urgence), au profit de la seule auscultation.
La percussion avait pour but de distinguer matité et tympanisme.

Pereyra (opération de) l.f.

Pereyra's operation

Technique simplifiée de colposuspension pour incontinence urinaire chez la femme.
Une petite incision sus-pubienne est réalisée jusqu'à l'aponévrose. La canule coudée de Pereira est introduite par l'incision sus-pubienne. Elle est poussée dans l’espace de Retzius à l'aveugle, le trocart étant retiré, et ressort par le vagin à droite du col de la vessie, repéré par le relief du ballonnet d'une sonde de Foley à 3 ou 4 cm du méat. Le trocart est ensuite poussé dans la canule, sort au niveau de la coudure de celle-ci et perfore le vagin à 2 cm d'elle. Un fil d'acier est placé dans l'œillet terminal de la canule et l'autre extrémité dans celui du trocart. L'ensemble est retiré par l'incision sus-pubienne. La même manœuvre est réalisée de l'autre côté. Les fils de droite sont noués à leurs homologues du côté gauche, au-devant de l'aponévrose abdominale. De leur tension dépend l'accentuation de l'angle cervico-urétral. On complète par une cautérisation profonde au bistouri électrique, dont la pointe est introduite au niveau des tissus para-urétraux de part et d'autre de l'urètre.

A. J. Pereyra, chirurgien urologue américain (1959)

perfusion in situ l.f.

in situ perfusion
Technique permettant, lors des prélèvements d'organes en vue de transplantation, le lavage et le refroidissement de ceux-ci en place, sans manipulation préalable.
On obtient ainsi une meilleure qualité de perfusion du fait de l'absence de vasoconstriction induite par la dissection.

→ perfusion ex situ

perfusion intra-osseuse l.f.

intra-osseous perfusion

Perfusion dans la partie spongieuse d'un os (crête iliaque, sternum chez l'adulte, médullaire d'un os long chez l'enfant : aborder perpendiculairement la face interne du tibia à la hauteur de la tubérosité antérieure).
Cette voie très rapide (temps de circulation os-cœur : 10 à 15 s) permet de passer non seulement des solutions électrolytiques mais de grosses molécules et du sang, au besoin à grande vitesse.
Cette voie avait été abandonnée à cause d'atteintes musculaires et d'ostéomyélites par asepsie insuffisante. A la fin des années 80 elle a été remise en honneur à condition de respecter une asepsie scrupuleuse. Elle est très utile en urgence quand on n'arrive pas à obtenir en trois minutes une bonne voie de perfusion. La technique consiste à forer un trou dans l'os jusqu'à la médullaire, si possible avec un trocart assez gros, comme on le fait pour une ponction de moelle. Cette voie de secours doit être remplacée par une voie intraveineuse dès que possible

péricardioplastie n.f.

pericardioplasty

Technique de chirurgie cardiaque utilisant des lambeaux péricardiques pédiculés ou plus souvent libres (autologues ou homologues cliniquement traités) dans des buts divers : oblitération de défauts du septum cardiaque, réalisation de cloisonnement intracardiaque, comblement de pertes de substances, élargissement d’une structure de surface insuffisante, etc.

péricardite constrictive l.f.

constrictent pericarditis

Péricardite chronique avec épaississement fibreux ou calcifié du péricarde, séquelle tardive d'une péricardite aigüe, tuberculeuse le plus souvent.
Elle entraîne une insuffisance cardiaque par gêne au remplissage diastolique du cœur.
Il en résulte une élévation permanente des pressions diastoliques du capillaire pulmonaire jusqu'à l'oreillette droite. Ce tableau d'«adiastolie» permet de confirmer un diagnostic que faisaient suspecter les signes cliniques évoquant une insuffisance ventriculaire droite, un électrocardiogramme microvolté, des calcifications du péricarde visibles sur la radiographie du thorax et, parfois, la connaissance d'antécédents tuberculeux. La péricardectomie chirurgicale, de technique délicate, est justifiée lorsque le bilan hémodynamique confirme le diagnostic : elle a transformé le pronostic de cette affection.

→ péricardectomie

périmétrie n.f.

perimetry

Technique d’exploration du champ visuel utilisant la projection de tests lumineux dans une coupole de convexité variable selon les appareils.

→ champ visuel

périmétrie cinétique l.f.

kinetic perimetry

Technique d’exploration du champ visuel permettant d’apprécier la sensibilité de la totalité du champ visuel et de bien explorer la périphérie (test V/1 ou V/4 déplacé dans le sens centripète sur chaque méridien) et la tache de Mariotte (test II/1).

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