Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

78 résultats 

radiothérapie interstitielle l.f.

curiethérapie, endocuriethérapie

rupture interstitielle du périnée l.f.

interstitial rupture of the perineum

Déchirure périnéale incomplète lors de l'accouchement, n'intéressant pas le sphincter anal.

rupture centrale du périnée

oiseaux (pneumopathie due aux) l.f.

bird's allergy

Affection pulmonaire liée au contact avec les déjections d'oiseaux, pigeons en particulier ou plus rarement perroquets.
Les plumes sont très peu allergisantes, mais certains parasites des oiseaux de basse-cour tels l'Ornithonyssus sylvarium peuvent être responsables d'asthme professionnel chez les éleveurs de volailles. D'autre part, certains allergènes présents dans les déjections sont à l'origine d'alvéolite extrinsèque. La maladie des éleveurs d'oiseaux, particulièrement des éleveurs de pigeons, est assez répandue dans le nord de la France. Les malades sont allergiques à la poussière, abondante dans les élevages de pigeons, et le nettoyage des cages peut être une action dangereuse. Cette affection est reconnue par le tableau des maladies professionnelles n° 66 du régime général et le tableau n° 32 du régime agricole.

éleveurs d'oiseaux (maladie des)

Édit. 2017

pneumopathie n.f.

pneumopathy, pneumonopathy

Inflammation, d’origine infectieuse ou non, atteignant le parenchyme pulmonaire dans la partie distale des voies aériennes comprenant les bronchioles respiratoires et les alvéoles.
Elle est le plus souvent interstitielle associant infiltration cellulaire et œdème pouvant aboutir à une fibrose. On en exclut par définition les lésions d'origine infectieuse. Cependant le terme "pneumopathy" est utilisé par les auteurs américains au sens de pneumonie et l'est parfois en France par transposition du mot.

pneumopathie abcédée l.f.

pneumonie abcédée

pneumopathie à cholestérol l.f.

pneumopathie lipidique endogène

pneumopathie à éosinophiles l.f.

eosinophilic pneumonia

Pneumopathie avec éosinophilie sanguine accrue et/ou un taux d'éosinophiles supérieur à 20% dans le liquide de lavage broncho-alvéolaire, et/ou sur les biopsies pulmonaires.
Plusieurs tableaux cliniques sont individualisés :
a) L’éosinophilie pulmonaire simple ou syndrome de Löffler est peu symptomatique avec ses opacités pulmonaires à caractère migratoire et spontanément résolutif ;
b) L'aspergillose bronchopulmonaire allergique : réaction d'hypersensibilité à la présence d'un champignon (Aspergillus fumigatus) dans l'arbre bronchique d'un sujet asthmatique.
c) La pneumopathie chronique idiopathique à éosinophiles ou maladie de Carrington. Chez un sujet asthmatique, la symptomatologie fonctionnelle et générale est modérée, avec des opacités pulmonaires bilatérales, périphériques. Un traitement corticoïde est nécessaire après avoir éliminé toute parasitose.
d) La pneumopathie aigüe à éosinophiles donne un tableau de pneumopathie interstitielle diffuse aigüe, idiopathique, développée chez des sujets non asthmatiques. Elle est corticosensible avec un traitement court.
e) L'angéite allergique et granulomateuse (syndrome de Churg et Strauss). La maladie débute par un asthme ou une sinusite. Suivent des signes extrathoraciques : cardiaques, cutanés, neurologiques périphériques. La présence dans le sérum d'anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles, de type périnucléaire antimyéloperoxidase, est fréquente. Une corticothérapie pendant un an est nécessaire.

aspergillose bronchopulmonaire allergique, Carrington (maladie de), Churg et Strauss (syndrome de), Löffler (syndrome de)

pneumopathie à l'amiodarone l.f.

amiodarone pulmonary toxicity

Pneumopathie médicamenteuse induite par l'amiodarone.
Après quelques semaines, mois ou années de traitement, elle s'installe de façon insidieuse et progressive : toux, fièvre, dyspnée, râles crépitants et frottements pleuraux. L'aspect radiologique habituel est celui d'une pneumopathie interstitielle, bilatérale, asymétrique avec parfois épanchement pleural. On observe plus rarement des opacités lobaires ou nodulaires denses. La biopsie pulmonaire met en évidence une pneumopathie interstitielle plus ou moins fibrosante, avec une surcharge phospholipidique des cellules alvéolaires assez caractéristique.
Le traitement par l'amiodarone doit être arrêté. La corticothérapie est souvent nécessaire pour éviter l'évolution vers la fibrose irréversible. La régression des lésions est lente de un à six mois et peut demeurer incomplète.
Beaucoup plus rarement, l'amiodarone peut entraîner un œdème pulmonaire à pression capillaire normale, ou une BOOP.

pneumopathie atypique l.f.

pneumonie atypique

pneumopathie communautaire l.f.

pneumonie communautaire

pneumopathie d'aspiration l.f.

aspiration pneumonia

Ensemble des pneumopathies en relation avec une introduction dans la trachée du contenu pharyngé par défaillance des mécanismes physiologiques protecteurs du système respiratoire (pneumonie par inhalation du contenu gastrique alimentaire ou chimique ou d'autre nature).

pneumonie d'inhalation

pneumopathie des batteurs en grange l.f.

thresher's lung

Pneumopathie d'hypersensibilité ayant quasi disparu.
À rapprocher de la pneumopathie des faneurs.

pneumopathie d'hypersensibilité des professions agricoles et leurs causes.

pneumopathie des cracheurs de feu l.f.

hydrocarbon pneumonitis, fire-eater pneumonia

Pneumopathie aigüe dyspnéisante fébrile et pseudo-infectieuse, induite par l'inhalation accidentelle de kérosène chez les cracheurs de feu, habituellement résolutive en quelques semaines, mais parfois fatale.
Du fait de sa fluidité extrême, le kérosène accidentellement inhalé se répand rapidement dans les bronches déclives, puis gagne les alvéoles, provoque une pneumonie chimique avec probable déficit en surfactant. La haute volatilité de cet hydrocarbure entraîne immédiatement une saturation de l'air alvéolaire expliquant la cyanose d'installation rapide. Il apparaît d'abord une bronchiolite progressive. Une alvéolite fibrinoleucocytaire et des microabcès se développent. Les anomalies radiologiques pulmonaires apparaissent moins de 24 heures après l'inhalation. Ce sont des opacités macronodulaires des bases dont la disparition se fait en 2 semaines à 8 mois lentement progressive. Le traitement, purement symptomatique, a bénéficié des progrès de la réanimation respiratoire. Les corticoïdes et les antibiotiques, jadis largement prescrits en pareil cas, semblent inefficaces.

pneumopathie des immunodéprimés l.f.

pneumonie des immunodéprimés

pneumopathie d'hypersensibilité (PHS) l.f.

hypersensitivity pneumonitis

Pneumopathie interstitielle diffuse résultant de la réaction, d'un individu prédisposé, à l'inhalation répétée de particules organiques : actinomycètes thermophiles (poumon de fermier), champignons (poumon des travailleurs du bois), protéines animales (maladie des éleveurs d'oiseaux).
Les PHS comportent des formes aigües après exposition importante et intermittente (poumon de fermier) ; le tableau clinique est fait d'une pneumopathie interstitielle diffuse aigüe fébrile, spontanément résolutive après arrêt de l'exposition et récidivant en cas de réexposition ultérieure.
Les formes subaigües chroniques s'observent après exposition modérée continue, telle la maladie des éleveurs d'oiseaux avec, cliniquement, une bronchopneumopathie chronique obstructive ou une fibrose pulmonaire interstitielle diffuse irréversible.
Deux éléments immunologiques les caractérisent : présence dans le sérum d'anticorps précipitants dirigés contre l'antigène organique, anomalies de l'immunité à médiation cellulaire attestées par une augmentation du taux des T lymphocytes CD8+ dans le liquide de lavage bronchoalvéolaire, et par la présence histologique dans le poumon d'éléments mononucléés et granulomateux.

Syn. alvéolite allergique extrinsèque

éleveurs d'oiseaux (maladie des), poumon du fermier, alvéolite

pneumopathie d'inhalation l.f.

inhalation pneumopathy

Mendelson (syndrome de)

pneumopathie huileuse l.f.

exogenous lipoid pneumonia, exogenous lipid pneumonia, mineral oil pneumonia

Pneumopathie lipidique exogène chronique et pseudotumorale, induite par l'inhalation accidentelle et répétée de petites quantités d' »huiles minérales » (hydrocarbures).
Les lipoïdoses pulmonaires exogènes aux huiles animales (huile de foie de morue, graisse de lait), apanage du nourrisson, ont de nos jours presque complètement disparu. Les huiles d'origine végétale ne sont pratiquement jamais en cause. Les « huiles minérales » en sont presque toujours responsables. Il s'agit habituellement de paraffine liquide absorbée par voie buccale dans un but laxatif, souvent pendant de nombreuses années consécutives. Plus rarement, la pneumopathie huileuse est d'origine professionnelle : inhalation chronique d' «huile de coupe » ou de vapeurs huileuses dans un environnement industriel.
Souvent cliniquement asymptomatiques ou peu symptomatiques, ces pneumopathies sont dépistées sur des anomalies radiologiques pulmonaires : opacités bilatérales intéressant préférentiellement le poumon droit et les bases pulmonaires. En tomodensitométrie, les opacités sont déclives et souvent fortement hypodenses (de densité graisseuse), ce qui est évocateur. Envisagé sur l'histoire clinique et les anomalies radiologiques, le diagnostic repose sur le lavage bronchoalvéolaire (LBA) et la biopsie pulmonaire. Le LBA est blanchâtre, d'aspect huileux et les macrophages alvéolaires contiennent de nombreuses vacuoles lipidiques. Dans les cas typiques, la biopsie pulmonaire n'est pas indispensable. Elle montrerait une fibrose interstitielle ou mutilante, infiltrée par des vacuoles lipidiques avec souvent une réaction inflammatoire pouvant prendre l'aspect d'un granulome à cellules géantes. Le traitement se borne à arrêter les huiles minérales, et à traiter un reflux gastroœsophagien s'il existe.
Les pneumopathies huileuses, pneumopathies lipidiques exogènes, doivent être distinguées des pneumopathies lipidiques endogènes.

pneumopathie lipidique endogène

pneumopathie immunoallergique l.f.

pneumopathie d'hypersensibilité, pneumo pathie à éosinophiles

pneumopathie infiltrative diffuse l.f.

maladie infiltrative diffuse pulmonaire

pneumopathie lipidique endogène l.f.

endogenous lipoïd pneumonia

Pneumopathie qui survient lorsque les lipides normalement contenus dans le tissu pulmonaire, principalement le cholestérol et ses esters, se libèrent des cellules alvéolaires détruites.
Ce peut être en amont d'une lésion bronchique obstructive (souvent un carcinome bronchique) ou du tissu pulmonaire détruit par une suppuration. Plus rarement, la pneumopathie lipidique endogène provient d'une embolie graisseuse, d'une protéinose alvéolaire ou de désordres du stockage lipidique.
Les pneumopathies lipidiques endogènes doivent être distinguées des pneumopathies huileuses, encore appelées pneumopathies lipidiques exogènes. L'examen pathologique et les colorations spéciales des graisses permettent cette distinction.

Syn. pneumopathie à cholestérol

pneumopathie huileuse

pneumopathie lipidique exogène l.f.

pneumopathie huileuse

pneumopathie médicamenteuse l.f.

pneumopathies iatrogéniques

pneumopathie nécrosante l.f.

pneumonie nécrosante

pneumopathie nosocomiale l.f.

pneumonie nosocomiale

pneumopathie organisée cryptogénique l.f.

organising pneumonia (angl.), organizing pneumonia (américain)

Pneumopathie chronique de cause inconnue, caractérisée par l’existences de bourgeons conjonctifs endo-alvéolaires à la biopsie pulmonaire,.
Les patients présentent souvent une clinique de « pneumopathie » récidivante malgré des traitements antibiotiques, avec un syndrome inflammatoire. 
Sur le scanner les lésions sont en général multiples, avec une base périphérique jouxtant la plèvre. Le caractère migrateur des opacités est typique à cette affection : certaines disparaissant alors que d’autres surviennent  dans d’autres territoires. Le liquide de lavage lavage bronchoalvéolaire montre une formule panachée, avec augmentation des neutrophiles, éosinophiles et lymphocytes.

Il faut éliminer une cause définie, par exemple une pneumopathie médicamenteuse, l'association à une connectivite ; la conséquences d’une radiothérapie pour cancer du sein.
Le diagnostic formel nécessite une biopsie pulmonaire. Histologiquement, les alvéoles, les canaux alvéolaires, et les bronchioles terminales sont comblés par des fibroblastes et du collagène.
Après élimination d’une cause infectieuse, le traitement repose sur la corticothérapie, dont le résultat spectaculaire confirme le diagnostic. La diminution des corticoïdes doit être progressive, les récidives étant fréquentes à la diminution ou à l’arrêt du traitement.

A. G. Davison et Margaret Turner-Warwick, médecins britanniques (1983)

Syn. pneumopathie organisée idiopathique

pneumopathie, lavage bronchoalvéolaire , connectivite

[K1]

Édit. 2018

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