Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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voie veineuse l. f

intravenous access, intraveinous line

Abord veineux, généralement percutané, par l'intermédiaire d'une aiguille ou d'un cathéter, permettant l'injection intraveineuse de substances à visée diagnostique ou thérapeutique.
On distingue les voies veineuses périphérique et centrale : voie veineuse périphérique dans une veine superficielle, en principe hors du thorax, située au :
- membre supérieur : veines basilique ou céphalique, exceptionnellement celles du dos de la main ;
- membre inférieur : veine saphène interne ;
- cou : veine jugulaire externe ;
- crâne : ponction de la fontanelle chez le nourrisson ;
- abdomen : crête iliaque (perfusion intra-osseuse), veine ombilicale chez le nouveau-né ; voie veineuse centrale, l'extrémité intrathoracique du cathéter est située dans la veine cave supérieure ou l'une de ses branches. Les accès les plus courants pour le cathétérisme central sont la veine sousclavière ou la veine jugulaire interne.

voie ventrale de conduction optique l.f.

ventral stream

Module anatomique de traitement des signaux visuels de détails fins de formes, de texture et de couleurs, constitué par les connexions réciproques d'un groupe d'aires visuelles qui regroupe les aires étroitement connectées au cortex inférotemporal.
La voie ventrale reçoit des projections de type M(magnocellulaire), P(parvocellulaire) et K (koniocellulaire) dont la latence de réponse est très dispersée. Elle pourrait donc fonctionner selon un motif temporel d'activité créé par l'activation successive de ses composants. Dans cet ensemble, les neurones de l'aire V4 sont activés de façon optimale par les couleurs et les formes. Dans l'aire TE (temporale externe) du singe, les champs récepteurs répondent à des formes complexes centrées sur le point de fixation. C'est donc le module de traitement de la reconnaissance visuelle des formes.

Syn. voie occipito-temporale

voies de conduction optique

voie sublinguale l.f.

sublingual access

Voie d'administration des médicaments en les plaçant sous la langue, ce qui assure une absorption rapide pour une petite dose de produits actifs.
Ex. : prise de granules de trinitrine en cas de douleur angineuse de poitrine.

Étym. lat. sub : sous ; lingua : langue

administration des médicaments (voie d')

Watson-Jones (voie d'abord de) l.f.

Watson-Jones’ approach

Abord antérolatéral de l’articulation de la hanche, au bord antérieur du muscle moyen fessier gluteal (gluteus medius).

R. Watson-Jones, Sir, chirurgien britannique (1935)

York Mason (voie transanosphinctérienne de) l.f.

York Mason's procedure

Voie d'abord chirurgicale transanorectale utilisée en urologie pour la cure des fistules prostato- ou uréthrorectales.
L'intervention fend sur la ligne médiane postérieure l'anus, les éléments du sphincter anal, la paroi rectale postérieure, ce qui donne un accès direct à la fistule qui s'abouche à la face antérieure, et permet de la réparer par excision du trajet et suture des deux viscères

A. York Mason, chirurgien urologue britannique (1970)

lithiase de la voie biliaire principale ou lithiase du canal cholédoque. l.f.

choledocolithiasis.

La lithiase de la voie biliaire principale  (VBP) secondaire, le plus souvent à la migration d’un calcul provenant de la vésicule, plus rarement au développement des calculs de novo in situ,dans la VBP, est responsable de l’angiocholite et la pancréatite aigüe.
La lithiase de la VBP est précédée à court terme par des douleurs de type biliaire, c’est-à-dire une douleur de l’épigastre ou de l’hypochondre droit, se propageant vers l’épaule droite, durant de 30 minutes à plusieurs heures. Les calculs de petite taille s’impactent souvent au niveau du sphincter d’Oddi entraînant une obstruction distale à l’origine d’une pancréatite aigüe. Les calculs plus volumineux s’impactent à un niveau plus haut situé dans la VBP à l’origine d’une obstruction proximale et entraînant ictère et angiocholite.
Les tests biologiques hépatiques sont pathologiques, en particulier dans les 72 premières heures, les premières anomalies sont une élévation des transaminases souvent importante et rapidement régressive. L’imagerie première est l’échographie abdominale qui visualise les calculs vésiculaires et de manière inconstante la lithiase de la VBP. Si la lithiase n’est pas objectivée au niveau de la VBP, l’imagerie de deuxième intention est la bili-IRM ou en cas d’indisponibilité l’échoendoscopie bilio-pancréatique.
L’angiocholite se manifeste par la classique triade de Charcot douleur de type biliaire, fièvre élevée avec frissons et ictère, ayant une spécificité élevée mais une faible sensibilité. Les perturbations biologiques mettent en évidence une hyperleucocytose, une élévation de la protéine C-réactive et des anomalies des enzymes hépatiques de type cholestatique et cytolytique. La conduite à tenir comporte une antibiothérapie à large spectre et surtout la décompression biliaire. Le traitement recommandé est l’extraction des calculs par sphinctérotomie endoscopique lors d’une cholangiopancréatographie endoscopique (CPRE), associée à une cholécystectomie par laparoscopie pour la lithiase vésiculaire, idéalement dans le même temps. Mais le plus souvent en pratique, l’ablation de la vésicule est réalisée en post-opératoire, et doit l’être dans un délai rapide.
Le diagnostic de pancréatite aigüe biliaire est basé  sur la présence de douleurs abdominales associées à une élévation de la lipasémie et des enzymes hépatiques chez un patient ayant une lithiase vésiculaire et/ou de la VBP. En cas d’angiocholite associée à la pancréatite, le traitement exige une antibiothérapie à large spectre et l’extraction des calculs par sphinctérotomie endoscopique lors d’une CPRE si possible dans les 24 heures. En l’absence d’angiocholite ou d’obstruction biliaire, il n’y a pas d’indication à une CPRE en urgence. En cas de pancréatite biliaire sévère ou non sévère, sans angiocholite ni obstruction biliaire, il n’y a pas d’indication à une CPRE précoce. Une IRM biliaire ou une échoendoscopie bilio-pancréatique permettent de savoir si la lithiase de la VBP est toujours présente ou a migré spontanément. Si la lithiase de la VBP est présente, elle doit être extraite par CPRE. Si la lithiase de la VBP est absente, en cas de pancréatite non sévère, la cholécystectomie  doit être faite pendant le même séjour hospitalier. En cas de pancréatite sévère, il n’y a pas de recommandations formelles concernant le délai de réalisation de la cholécystectomie. Néanmoins, elle peut être faite lorsque les collections péri pancréatiques ont disparu ou lorsque ces collections sont persistantes, on peut proposer de faire la cholécystectomie au moins 6 semaines après la pancréatite aigüe.

Réf. EASL Clinical Practice Guidelines on the prevention, diagnosis and treatment of gallstones. Journal of Hepatology 2016 ; 65 : 146-181.

angiocholite, pancréatite aigue, cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique, lithiase vésiculaire, enzymes hépatiques, bili-IRM, Charcot (triade symptomatique de), protéine C-réactive, sphinctérotomie endoscopique, cholécystectomie, lipasémie

[L1]

Édit. 2018

voie de signalisation hippo l.f.

hippo pathway

Voie de signalisation contrôlant la taille d’un organe en régulant la prolifération cellulaire et l’apoptose dont un de ses composants fondamentaux est la protéine kinase hippo.
Des mutations du gène de la protéine kinase hippo conduisent à une augmentation de la croissance cellulaire.
La voie de signalisation Hippo comporte une série de kinases (enzymes phosphorylants) intervenant dans la prolifération des tumeurs malignes. Un rôle majeur est joué par la protéine YAP qui diminue l’inhibition de contact, processus par lequel la confluence des cellules stoppe leur prolifération par manque d’espace. L’activité de YAP est accrue dans les cancers supprimant ainsi toute inhibition de contact.

Étym. hippo :dénomination due à  l’augmentation de la croissance cellulaire aboutissant à un phénotype « hippopotame »

protéine-kinase, apoptose

[C2]

Édit. 2018

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