Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

212 résultats 

cancer superficiel l.m.

early carcinomal, superficial spreading, muco-invasive cancer

Dénomination employée principalement pour les cancers de l'estomac et de la vessie qui au début de leur évolution sont limités à la muqueuse, avec extension possible dans la sous-muqueuse mais pas au-delà de la musculeuse, avec ou sans métastases ganglionnaires.
Au niveau de l’estomac, ce terme correspond notamment au cancer muco-érosif et à l'ulcérocancer ou ulcère chronique cancérisé.

cancer de l'estomac, cancer de la vessie

[F2]

cancer térébrant l.m.

invasive rodent ulcer

Carcinome basocellulaire qui débute le plus souvent par une ulcération creusante (ulcus rodens), mais s'étend progressivement en surface et en profondeur et provoque de larges destructions de la peau et des tissus sous-jacents.
Malgré l'absence de métastases, l'évolution en est redoutable tant par l'envahissement local important que par les complications (infections, hémorragies), qui peuvent entraîner la mort.

Étym. lat. terebrare : percer avec une tarière

Syn. carcinome térébrant

[F2]

cancer vésiculaire de la thyroïde l.m.

follicular carcinoma of the thyroid

Carcinome développé à partir des cellules vésiculaires du corps thyroïde, dont la morphologie reproduit des structures vésiculaires plus ou moins différenciées, sans composante papillaire.
Les noyaux doivent être arrondis, sans inclusion nucléaire ni aspect optiquement vide. Ce carcinome donne volontiers des métastases osseuses.

Syn. carcinome vésiculaire de la thyroïde

cancer de la thyroïde

[F2,O4]

carcinome annexiel microkystique l.m.

microcystic adnexal carcinoma

Variété de carcinome eccrine, survenant principalement chez la femme d'âge moyen, siégeant le plus souvent sur la lèvre supérieure, ayant une tendance à l'infiltration profonde et caractérisée histologiquement par la présence dans un stroma fibreux de zones contenant des îlots de cellules basaloïdes avec différenciation pilaire et d'autres dans lesquels prédominent des aspects glandulaires.
Malgré le caractère infiltrant de la tumeur, des métastases n'ont jusqu'à présent pas été rapportées. Après exérèse chirurgicale, les récidives locales sont fréquentes.

Syn. carcinome sudoral sclérosant

[F2,J1]

carcinome basocellulaire l.m.

basal cell carcinoma

Tumeur épithéliale fréquente apparaissant surtout au visage après la cinquantaine.
Le terme carcinome est préféré à celui d'épithélioma basocellulaire. L'aspect clinique le plus courant est celui d'une lésion cutanée de forme et de dimensions variées, entourée d'une bordure « perlée ». Elle se compose, au microscope, d'amas denses ou de cordons cellulaires anastomosés, qui sont en connexion avec l'épiderme sus-jacent ou avec les annexes. On y distingue des cellules centrales basophiles, de petite taille, polyédriques ou fusiformes, dépourvues de filaments d'union, et des cellules périphériques cylindriques qui, rangées en « palissade », délimitent les boyaux de la tumeur. Les cellules du carcinome basocellulaire peuvent prendre des aspects multiples, résultant soit d'une évolution de cellules primitives vers des stades plus différenciés, comme p. ex. les évolutions kératinoïde, pilaire ou sébacée, soit de phénomène de régression, dont l'atrophie stellaire, la formation de pseudokystes et de lacunes péritumorales sont des exemples. Dans la plupart des cas, le stroma périvasculaire a une structure lâche, rappelant celle du tissu conjonctif périfolliculaire, tandis qu'une minorité des tumeurs est entourée d'une stroma-réaction plus ou moins fibreuse. Plusieurs formes cliniques ont été décrites : le carcinome plan cicatriciel, l'ulcus rodens, le carcinome bourgeonnant, le carcinome superficiel ou pagétoïde, le carcinome sclérodermiforme, le carcinome nodulaire, le carcinome basocellulaire pigmenté. L'évolution est lente ; la tumeur envahit petit à petit le derme et les structures sous-jacentes, mais ne donne jamais de métastases. Il n'y a pas de localisations muqueuses.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. cancer basocellulaire, épithélioma basocellulaire, basaliome, cancer basocellulaire

cancer spinocellulaire

[F2,J1]

carcinome basosébacé l.m.

Carcinome basocellulaire dont les cellules se différencient en certains endroits et en proportion variable vers des éléments plus volumineux, multivacuolaires, analogues aux cellules des glandes sébacées normales, et contenant des enclaves lipidiques.
La tumeur, qui est assimilée par certains à l'épithélioma sébacé, est peu évolutive et ne donne que rarement des métastases. Elle doit être différenciée du carcinome sébacé, dans lequel la
différenciation cellulaire est beaucoup plus nette et dont l'évolution est plus maligne.

Étym. lat. sebum : suif

Syn. cancer basosébacé, épithélioma sébacé

[F2,J1]

carcinome cloacogène l.m.

cloacogenic carcinoma

Cancer développé depuis les restes embryologiques de la région cloacale, à métastases précoces, plus fréquent chez la femme que chez l’homme.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

[F2]

carcinome épidermotrope eccrine l.m.

epidermotropic eccrine carcinoma

Tumeur cutanée maligne d'origine sudorale eccrine, résultant soit de la prolifération intra-épidermique primitive d'amas de grandes cellules acrosyringéales atypiques, soit de la transformation maligne d'un porome eccrine.
Elle peut être localisée et prendre l'aspect clinique d'un nodule cutané ou d'une tumeur ulcérée, ou se généraliser avec de multiples métastases cutanées et viscérales. Le diagnostic différentiel est souvent difficile avec le carcinome intra-épidermique, un carcinome métastatique épidermotrope, le mélanome malin, la maladie de Paget.

H. Pinkus et A. H. Mehregan, dermatologues américains (1963)

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur;  krinô : je sécrète

Syn. porocarcinome eccrine, porome eccrine malin

sécrétion eccrine, mélanome malin, maladie de Paget du mamelon

[F2, J1]

Édit. 2020

carcinome hépatocellulaire l.m.

Tumeur maligne née à partir des hépatocytes

Huitième cancer dans le monde par sa fréquence (1,5 à 1,8% des nouveaux cancers en France). Il apparaît rarement sur un foie sain. Il survient le plus souvent sur un foie cirrhotique, cirrhose secondaire à une affection virale (hépatite B ou C), ou à une imprégnation alcoolique. En Afrique et en Asie l’aflatoxine, mycotoxine secrétée par Aspergillus flavus parasite des arachides est une des principales responsables des carcinomes hépatocellulaires. Peuvent être aussi incriminés des hormones (contraceptifs oraux, androgènes anabolisants), une surcharge en fer, le thorotrast (produit de contraste utilisé pour les artériographies abandonné en 1950),  un déficit en a1-antitrypsine.
La croissance tumorale est sous la dépendance du flux artériel ; une hypervascularisation artérielle est courante ; l’extension se fait dans les systèmes veineux porte et hépatique, et parfois dans les canaux biliaires ; les cellules tumorales peuvent migrer dans les veines sus-hépatiques et former des métastases pulmonaires.
Il se présente sous plusieurs types : expansif souvent entouré d’une capsule fibreuse ; infiltrant avec nodules irréguliers à limites imprécises ; multifocal fait de plusieurs tumeurs réparties en différents points de l’organe ; de petite taille sous forme d’un nodule solitaire de diamètre inférieur à 2 cm.
Certains marqueurs tumoraux peuvent aider au diagnostic particulièrement l’élévation dans le sang de l’a-fœtoprotéine (AFP).
Le CHC peut s’accompagner de syndrome paranéoplasique : polyglobulie, hypoglycémie, hypercalcémie.
Son traitement curatif est essentiellement chirurgical : résection ou transplantation hépatique.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. cancer hépatocellulaire, hépatocarcinome

Sigle CHC

cirrhose, hépatite chronique, aflatoxine, hépatite B

[F2, L1]

Édit. 2019

carcinome métastatique ou secondaire de la peau l.m.

metastatic cutaneous carcinoma

Lésion cutanée maligne consécutive à des métastases de carcinome viscéral.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. cancer métastatique de la peau, cancer secondaire de la peau

métastase cutanée

[F2,J1]

carcinome mucineux eccrine l.m.

mucinous (adenocystic) carcinoma

Variété rare de carcinome sudoripare, généralement localisée au visage, au cuir chevelu et au tronc, se présentant comme une tumeur rougeâtre, parfois ulcérée et dont l'aspect histologique est caractérisé par la présence dans le derme et l'hypoderme de larges plages de mucine d'origine épithéliale ou sialomucine, séparées par des septums fibreux et dans lequel se situent de petits amas de cellules atypiques présentant une différenciation sudorale plus ou moins nette.
Des métastases régionales ganglionnaires ont été rapportées. L'exérèse chirurgicale est le traitement de choix, mais est toutefois souvent suivie de récidives locales.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. carcinome adénokystique, carcinome sudoral ductal

carcinome sudoripare, métastase cutanée, sialmucine

[F2]

carcinome papillaire de la thyroïde l.m.

papillary carcinoma of the thyroid.
Carcinome développé à partir des cellules vésiculaires comportant au moins en partie une différenciation papillaire.
Les noyaux doivent être porteurs d’inclusions et peuvent avoir un aspect optiquement vide. Ce carcinome donne volontiers des métastases ganglionnaires.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

cancer de la thyroïde

[F2,O4]

carcinome pilomatriciel l.m.

pilomatriciel carcinoma

Tumeur maligne exceptionnelle correspondant à un carcinome développé à partir de la matrice pilaire.
Atteignant l'adulte d'âge moyen, elle se présente généralement sous forme de nodules sous-cutanés siégeant sur le tronc et les membres.
Histologiquement, elle comporte une prolifération de cellules matricielles atypiques, des zones nécrotiques et des plages de cellules momifiées entourées d'un granulome macrophagique ; les mitoses y sont nombreuses. Bien que rares, des métastases peuvent se développer. Le traitement est chirurgical.

A. Malherbe et J. Chenantais fils, dermatopathologistes français (1880)

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. épithéliocarcinome de Malherbe

[F2,J1]

carcinome plan cicatriciel l.m.

cicatricial plan carcinoma

Variété de carcinome basocellulaire localisée principalement sur le front et les régions temporopariétales, de forme irrégulière, de teinte cireuse et circonscrite par un bourrelet perlé, souvent incomplet.
La surface est occupée par une ou plusieurs ulcérations peu profondes et en partie par une cicatrice atrophique. Au microscope, la tumeur se compose de boyaux plus ou moins volumineux, de forme capricieuse, peu différenciés, qui envahissent toute la profondeur du derme. Le stroma péri-tumoral est très cellulaire et présente une forte tendance à la fibrose. Au cours de son évolution, la tumeur s'étend progressivement et peut envahir des zones importantes : il s'agit donc en fait d'une pseudocicatrisation. Elle ne forme pas de métastases.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. épithélioma plan cicatriciel (obs.)

[F2,J1]

carcinome sclérodermiforme l.m.

morphoeic basal cell carcinoma, morphealike basal cell carcinoma, sclerodermiform basal cell carcinoma

Variété rare de carcinome basocellulaire siégeant surtout sur le visage, qui se présente comme une plaque blanc-jaunâtre aux contours arrondis, de consistance ferme et dont la surface lisse est parcourue de télangiectasies, ressemblant à une plaque de sclérodermie et qui ne dépasse pas le niveau de la peau environnante.
L'examen histologique montre une tumeur infiltrant profondément le derme, constituée de nombreux boyaux étroits qui s'étirent ou se ramifient, et ne comportent généralement que deux ou trois rangées de cellules ovalaires ou fusiformes, et qui sont entourés d'une stroma-réaction intense et presque exclusivement conjonctive. Certains interprètent la tumeur comme un néoplasme indifférencié, tandis que d'autres y voient une différenciation pilaire et/ou sudorale. La tumeur progresse lentement mais ne donne pas de métastases. L'exérèse chirurgicale est le traitement de choix.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. épithélioma sclérodermiforme, carcinome morphéiforme, épithélioma morphéiforme (obs.)

carcinome basocellulaire, sclérodermie localisée, télangiectasie

[F2,J1]

carcinome sébacé l.m.

sebaceous carcinoma

Tumeur annexielle des sujets âgés, localisée au visage ou dans le cuir chevelu, dont l'aspect clinique est aspécifique, mais de teinte souvent orangée.
La radiodermite chronique et l'arsénicisme seraient des facteurs favorisants. La caractéristique histologique la plus importante est la différenciation de nombreuses cellules tumorales basophiles vers des éléments sébacés à aspect « en grelot », dont le cytoplasme clair et multivacuolaire renferme des gouttelettes lipidiques sur coupes après congélation. Le degré de différenciation varie toutefois d'une tumeur à l'autre. Le carcinome sébacé pourrait être considéré comme le pôle le moins différencié et le plus agressif d'un pathologique à multiples gradations, dont l'autre pôle serait le carcinome basosébacé, mieux différencié et moins invasif, l'épithélioma sébacé étant une forme moins maligne que le carcinome. Au cours de l'évolution de la tumeur, les métastases sont possibles, mais peu fréquentes. Le traitement est de préférence chirurgical.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur ; lat. sebum : suif

Syn. adénocarcinome sébacé

radiodermite chronique, arsenicisme, carcinome basosébacé

[F2,J1]

carcinome sudoripare apocrine l.m.

carcinoma of apocrine glands, apocrine sweat gland carcinoma

Tumeur cutanée maligne rare siégeant principalement sur les zones munies de glandes apocrines, telles que les aisselles et la région anogénitale, dont l'image histologique comporte des îlots ou travées contenant des lumières bordées par des cellules glandulaires atypiques à cytoplasme éosinophile présentant en certains endroits une sécrétion « en décapitation ».
La plupart ont une malignité locale, quoique des métastases régionales ganglionnaires et même généralisées aient été rapportées.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

[F2,J1]

carcinome sudoripare eccrine l.m.

carcinoma of eccrine glands, eccrine sweat gland carcinoma

Tumeur maligne des glandes sudoripares eccrines, dont l'aspect clinique est atypique, consistant en un nodule rougeâtre parfois ulcéré, siégeant principalement sur le cuir chevelu, mais pouvant également s'observer sur les paumes et sur les plantes.
L'aspect histologique le plus fréquent est celui d'une tumeur située dans le derme profond ou l'hypoderme, présentant divers degrés de différenciation, allant d'aspects glandulaires avec des lumières bordées de plusieurs assises cellulaires à des images indifférenciées ou polymorphes. L'évolution est plus ou moins rapide et se complique de métastases après quelques mois ou quelques années. Des formes histologiques particulières ont été décrites : le carcinome annexiel microkystique, le carcinome mucineux eccrine, le carcinome eccrine syringoïde et l'exceptionnel carcinome kystique adénoïde.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. hidradénocarcinome, adénocarcinome sudoripare

carcinome annexiel microkystique, carcinome mucineux eccrine

[F2,J1]

carcinome verruqueux l.m.

verrucous carcinoma

Variété de carcinome épidermoïde à malignité atténuée, se développant sur la peau ou les muqueuses de l'homme âgé, d'aspect histologique bien différencié, parcouru de fissures et creusé de pertuis contenant une substance malodorante.
Si la tumeur se localise dans la région buccopharyngée, on parle de papillomatose orale floride. Dans la région anale, elle a aussi été décrite comme condylome géant de Buschke-Löwenstein, ou comme condylomatose floride pseudocarcinomateuse. Lorsque la néoformation envahit la plante du pied, elle est nommée carcinoma cuniculatum. L'aspect histologique est constitué d'une hyperplasie épithéliale bien différenciée, dont les lobules, formés de cellules épithéliales régulières, sont creusés de cryptes et de canaux anastomosés et envahissent le derme sous-jacent. Par suite de l'absence d'atypies cellulaires, la lésion est facilement confondue avec une hyperplasie pseudocarcinomateuse ou une pyodermite végétante. Cette tumeur à faible malignité envahit progressivement les plans profonds, mais donne rarement des métastases ganglionnaires. Le traitement de choix est l'ablation chirurgicale large. La pathogénie n'en est pas connue. Des phénomènes inflammatoires, des microtraumatismes répétés, une infection virale ont été évoqués.

A. Buschke, dermatologue allemand et L. Löwenstein, dermatologue américain (1925)

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. papillomatose cutanée floride

papillomatosis cutis carcinoïdes, papillomatose orale floride, condylome géant de Buschke-Löwenstein, condylomatose floride pseudocarcinomateuse carcinoma cuniculatum

[F2]

cellule souche mésenchymateuse l.f

mesenchymal stem cell

Cellule migratoire fusiforme d’origine mésodermique possédant des capacités de différenciation multi- ou pluri-potentes, présente dans le tissu mésenchymateux de l’embryon et présente aussi chez l’adulte dans le tissu conjonctif de l’os et du cartilage, qu’elle contribue à former, ainsi que dans la moelle osseuse, le tissu adipeux et le sang du cordon.
Le rôle des CSM est multiple. On peut les considérer comme des cellules souches de l’adulte. Elles peuvent se différencier en cellules épithéliales (transition mésenchymo-épithéliale) et sont à l’origine des métastases dans plusieurs cancers. Elles participent à la myogenèse, l’angiogenèse et la cardiogenèse, ce qui a conduit à les utiliser, le plus souvent sous forme de cellules autologues, en thérapie cellulaire soit directement, soit après différenciation in vitro. Elles secrètent, en outre, des facteurs de croissance agissant sur les cellules environnantes. Elles sont peu immunogèniques, ce qui, joint à leur capacité d’adressage vers un tissu lésé (homing), permet d’envisager aussi une utilisation allogénique.

Sigle CSM

cellule souche, mésenchyme, tissu conjonctif

[C3]

Édit. 2019

chimiothérapie anticancéreuse l.f.

cancer chemotherapy

Traitement des tumeurs cancéreuses par des médicaments à action cytotoxique puisque la principale caractéristique des cellules cancéreuses est leur capacité de multiplication autonome, anarchique et illimitée.
Cette action cytotoxique se fait par interaction avec certains substrats cellulaires indispensables à la vie ou à la division des cellules (ADN, ARN, enzymes, protéines).
On distingue :
- les antimétabolites qui inhibent la synthèse de l'ADN, essentiellemnt  antagonistes foliques , pyrimidiques, puriques , anologues des prurines, 5 fluoro-uracile et lméthotrexate;
- les alkylants qui provoquent des anomalies des brins d'ADN, telles les moutardes à l'azote, les éthylènes imines, les organoplatines, les alkylosulfonates, les nitrosourée; 
- les intercalant,s telle l'adriamycine, la bléomycine, la mitoxantrone et les inbiteurs de la topoisomérase I et II;
- les poisons du fuseau comme les vinca-alcaloïdes (vindésine, vincristine) et les taxanes. 
On renforce l'efficacité de ce traitement par l'association de produits appartenant à des classes différentes.Ces associations sont généralement codifiées et utilisées dans le cadre de protocoles admis internationalement. Leur mode d'administration dépend de chaque médicament, généralement par voie intraveineuse, mais peut se faire aussi par voie intra-musculaire ou orale, voire intracaviaire.
Du fait de leur action sur les celules, les cytotoxiques ont de nombreux effets secondaires, témoins de leur action, sur les cellules saines. Leur prescription et leur surveillance doivent être assurées par des spécialistes du traitement des cancers. Certains effets secondaires sont communs à la plupart d'entre eux, atteinte de la moelle osseuse entraînant une baisse des globules blancs et des plaquettes, atteinte des follicules pileux responsable d'une perte des cheveux, atteinte digestive. De plus chaque produit a sa toxicité propre.
La chimiothérapîe cytotoxique est indiquée dans les formes évoluées et dans les formes localisées en complément du traitement loco-régional soit pour renforcer l'action de ce dernierl soit pour éviter la survenue d'une récidive ou de métastases.

antimétabolites, alkylants, intercalants, poisons du fuseau,

[F2, G3, G5 ]

Édit. 2020

chondrosarcome de la paroi thoracique l.m.

chondrosarcoma (chest wall)

Tumeur maligne du tissu cartilagineux avec des zones myxoïdes ou fibroblastiques, des cavités remplies de sang ou de tissus nécrosés.
La densité cellulaire y est anormalement élevée avec des cellules géantes à gros noyaux plurinucléés en mitoses. La tumeur est mal limitée et envahissante.
Elle s'observe surtout au niveau du sternum, rarement au niveau des côtes. Le plus souvent primitive, elle est parfois secondaire à un ostéochondrome ou à un chondrome. Il est des chondrosarcomes postradiothérapiques.
On en distingue trois degrés de malignité, le degré 3 est caractérisé par de nombreuses cellules sarcomateuses. D'évolution redoutable, cette tumeur est marquée par son extension locale et des métastases pulmonaires. Son exérèse doit être large en bloc.

[F2 ]

chordome n.m.

chordoma

Tumeur d'évolution lente observée à tout âge et dans les deux sexes, ayant pour origine la notochorde, tissu embryonnaire organisateur du futur squelette axial, et qui se développe aux deux extrémités de la colonne vertébrale : base du crâne, au-dessus du clivus, vertèbres cervicales et région sacrococcygienne, à partir de vestiges intra-osseux.
Les sièges électifs sont : la région sacrococcygienne et la base du crâne (sphéno-occipitale) ; ses localisations, sa latence, ses rapports avec les structures nerveuses et son évolution maligne en font une tumeur particulièrement grave.
Volumineuse, polylobée, de coloration grisâtre, la tumeur a tendance à envahir largement les tissus voisins et à récidiver. Elle est constituée de travées de cellules jointives polyédriques à cytoplasme éosinophile, soit plus arrondies ou vacuolisées, dites physaliphores, irrégulièrement distribuées. Le stroma mucoïde est souvent abondant.
Dans certaines formes atypiques, le chordome peut être difficile à distinguer du chondrome et des tumeurs cartilagineuses malignes. Il faut alors rechercher une positivité pour les marqueurs épithéliaux, antigène épithélial de membrane et cytokératine.
Révélé le plus souvent par des signes de compression des organes de voisinage, inconstamment sensible à la radiothérapie, sa gravité est fonction des récidives et de l'extension locorégionale. Les métastases peuvent être tardives

Étym. gr. khordê : corde

Syn. cordome

[F2 ]

chorio-adénome destruens l.m.

chorioadenoma destruens

Variété de môle hydatiforme, histologiquement bénigne, caractérisée par l’envahissement du myomètre et des viscères de voisinage, et des métastases bénignes qui se propagent par voie vasculaire.

Syn. môle disséquante, môle invasive

[F5,O3 ]

choriocarcinome n.m.

choriocarcinoma

Tumeur hautement maligne, constituée de cellules cyto- et syncitiotrophoblastiques, pouvant s’observer au niveau du placenta, au cours ou dans les suites d’une grossesse, ou se révéler par des métastases.
Cette tumeur reproduit la morphologie (notamment les cellules géantes) et les capacités fonctionnelles du trophoblaste, notamment l’élaboration de gonadotrophines. On distingue les chorio-carcinomes gonadiques, les chorio-carcinomes extra gonadiques, nés de la transformation maligne d’un tératome préexistant et les chorio-carcinomes nés d’un placenta gravidique, souvent d’une dégénérescence molaire partielle ou totale, envahissant rapidement le myomètre. Dans ce dernier cas, la tumeur est microscopiquement constituée par la prolifération maligne de deux variétés cellulaires de l’épithélium villositaire : cellules de Langhans er cellules multinuclées syncitiales qui envahissent les vaisseaux et infiltrent le muscle utérin.
L’évolution spontanée très maligne est compensée par une grande sensibilité à la chimiothérapie. Le taux sanguin ou urinaire des gonadotrophines est un marqueur fidèle de leur évolution. 

Étym. gr. chorion :placenta ; carcinome :cancer

Syn. épithélioma trophoblastique, chorio-épithéliome

trophoblaste, gonadotrophine, môle hydatiforme

[F2,O3]

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