génétique humaine l.f.
human genetics
Partie de la génétique consacrée à l'étude de la transmission de caractères héréditaires au sein des familles et des différentes populations humaines, que ces caractères soient normaux ou qu'ils aient des modes d'expression pathologiques.
Les objets d'étude de la génétique humaine sont innombrables, tant sont variés les aspects du polymorphisme : caractéristiques anthropologiques, polymorphisme antigénique, épidémiologie des anomalies métaboliques ou chromosomiques, etc. Elle s’occupe également de la découverte de gènes dont les mutations sont responsables des maladies génétiques.
génétique inverse l.f.
reverse genetics
Consiste à analyser l’impact phénotypique de la modification d’un gène dont on ne connaît pas la fonction. La génétique moléculaire et le séquençage des génomes ont conduit à l'essor de la génétique inverse. Ce paradigme sélectif (le chercheur choisit le gène à muter/perturber) est différent de celui de la génétique formelle ou classique.
génétique mendélienne l.f.
mendelian genetics
Partie de la génétique qui se réfère à l'hérédité telle que décrite par G. Mendel.
génétique microbienne l.f.
microbial genetics
Partie de la génétique consacrée à l'étude des micro-organismes et en particulier des bactéries.
génétique moléculaire l.f.
molecular genetics
Partie de la génétique consacrée à l'étude de la constitution biochimique du matériel génétique, sa réplication, sa réparation, son expression et la régulation de ses fonctions.
L'invention des premiers outils du génie génétique dans le début des années 1970 a constitué une révolution méthodologique en permettant aux gènes humains de devenir des objets concrets d'étude.
La découverte du polymorphisme de restriction (1980) a conduit à l'essor de la génétique inverse, qui permet d'isoler des gènes inconnus, responsables de maladies génétiques.
Les outils de la génétique moléculaire sont désormais utilisables pour le diagnostic et le conseil génétique d'un nombre croissant de génopathies.
D. Botstein, biologiste américain (1980)
génétique physiologique l.f.
physiological genetics
Partie de la génétique consacrée à l'étude de la base héréditaire des différences existant entre individus dans l'accomplissement des diverses fonctions.
génie génétique l.m.
genetic engineering
Ensemble des concepts, méthodes et techniques permettant de modifier le matériel génétique d'une cellule ou d'un organisme.
Le développement du génie génétique dépend pour l'essentiel des progrès actuels de la microbiologie et de la génétique moléculaire.
identification génétique l.f.
genetic identification
Manière de reconnaître un individu par le relevé des caractéristiques inscrites dans l’ADN de ses cellules.
Cette identification ne peut être recherchée, en matière civile, qu’en exécution d’une mesure d’instruction ordonnée par un juge dans le cadre d’une action relative à la filiation ou relative à des subsides. Elle exige le consentement de l’intéressé. Elle ne peut être réalisée après la mort sauf accord express de la personne manifesté de son vivant (art. 16-11 du code civil-art. L.1131-1, 1131-5 du code de santé publique).
Les applications en sont multiples : recherche de paternité ou de maternité, identification d’un corps ou d’un fragment, identification d’un ADN sur une scène de crime, personnalisation de l’ADN d’un agresseur… Ces analyses nécessitent pour les laboratoires une obligation de moyens importants pour qu’elles soient exactes, fiables et reproductibles. Le laboratoire doit être certifié et géré par une personne accréditée.
→ empreinte génétique, examen des caractéristiques génétiques.
information génétique l.f.
genetic information
Ensemble des messages héréditaires contenus dans le matériel génétique : il code pour toutes les structures de l'individu et leur fonctionnement.
L'information est contenue dans les séquences nucléotidiques des ADN et ARN. Elle est transmise grâce à des processus tels que la réplication, la transcription, la traduction, le transfert génétique.
Étym. lat. formatio, de formare : former
→ chromosome, hérédité extrachromosomique, plasmide
leucémie aigüe myéloblastique (LAM): apport de la génétique et des données moléculaires l.f.
acute myeloid leukaemia : genetics and molecular anomalies.
La génétique associée à la détection moléculaire des mutations géniques jouent un rôle primordial dans la classification des leucémies aigües myéloblastiques et dans la stratification de leur risque.
Les études moléculaires ne supplantent pas la place des résultats cytogénétiques mais jouent un rôle complémentaire en définissant un pronostic plus raffiné et en particulier dans certains sous-groupes spécifiques de LAM. À l’exception de la leucémie promyélocytaire aigüe, le traitement des LAM n’est pas ciblé et l’intensité de la thérapeutique est choisie et adaptée en fonction des sous-groupes pronostiques. Plusieurs systèmes de score pronostique classent les patients en sous-groupes favorable, intermédiaire et défavorable basées sur des données cliniques et génétiques. A ces données cytogénétiques les recherches de mutations de FLT3, NPM1, CEBPA et KIT conduisent à déterminer d’autres sous-groupes pronostiques.
La plupart des anomalies cytogénétiques pronostiques des LAM sont soit des réarrangements chromosomiques ou de larges délétions génomiques (Tableau 1). La leucémie promyélocytaire avec t(15 ;17) et les leucémies core binding factor avec inv(16)/t(16;16) ou t(8;21)sont de bon pronostic. Par contre, les caryotypes complexes ou monosomiques, les délétions des chromosomes 5 ou 7 ont un pronostic défavorable. D’autres images cytogénétiques telles que la t(9 ;11), un +8 isolé ou un caryotype normal ont un pronostic intermédiaire. Cependant la présence de certaines mutations peuvent modifier ces groupes pronostiques. Des mutations isolées NPM1 ou bialléliques CEBPA améliorent le pronostic des LAM avec cytogénétique normale d’intermédiaire à favorable. Par contre la mutation FLT3 ITD aggrave le pronostic d’un caryotype normal d’intermédiaire à défavorable. La présence d’une mutation KIT dans la leucémie core banding factor péjore le pronostic en intermédiaire.
Sophia Yohe, hématobiologiste américaine (2015) ; E. J. Duncavage, pathologiste américain (2021)
→ leucémie aigüe myéloblastique (définition et critères), leucémie aigüe myéloblastique (paysage génomique), FLT3, NPM1, CEBPA, KIT
[F1,Q1]
Édit. Édit 2021
liaison génétique l.f.
genetic linkage
Association de gènes présents sur le même chromosome.
Plusieurs allèles peuvent ainsi être transmis simultanément en raison de la proximité physique de leurs locus sur le génome, sauf lors d'enjambements qui peuvent rompre la liaison.
Cette locution est utilisée pour décrire l'association de génotypes particuliers à certains phénomènes, p. ex. certaines maladies. Le degré de liaison, mesuré par le pourcentage de recombinaisons entre allèles dans la descendance, définit une distance génétique (distance entre les locus des gènes considérés) qui est exprimée en centimorgans et permet la réalisation de cartes génétiques.
→ groupe de liaison, ligat, morgan, recombinaison génétique
maladie génétique l.f.
genetic disease
Maladie due à une aberration chromosomique ou à la mutation d'un gène.
Syn. génopathie, maladie familiale
marqueur génétique l.m.
genetic marker
Caractère héréditaire facilement détectable et à déterminisme génétique simple.
Par par exemple la résistance d’une souche bactérienne à un antibiotique est un marqueur génétique. Le trait génotypique permet de repérer une cellule ou un chromosome. La localisation dans le génome de certains marqueurs génétiques est connue.
matériel génétique l.m.
germplasm
Ensemble des structures moléculaires porteuses de l'information héréditaire.
Par par exemple, l'ADN ou l'ARN de certains virus.
mosaïque génétique n.f.
genetic mosaic
Structure où coexistent des cellules de génotypes différents apparus par mutations au cours du développement de cet organisme.
Selon le moment de survenue de la mutation, on parle de mosaïque somatique, celle-ci intervenant au début de l’embryogenèse, ou de mosaïque germinale, apparue au cours du développement des gonades.
myopie forte (génétique) l.f.
myopia severe (genetic)
Myopie déterminée par plusieurs gènes avec une forme dominante publiée par Franceschetti tandis que Karlsson pense qu'elle est probablement souvent récessive.
Certains auteurs pensent que la myopie influence le développement du cerveau (myopie plus élevée chez les étudiants aux plus forts QI) et que la myopie et une certaine forme d'intelligence sont soumis à des gènes pléiotropiques (détermination par un seul gène de plusieurs caractères qui ne semblent avoir aucun rapport entre eux).
Un facteur de croissance, sécrété par la rétine, aurait une influence sur l'œil et le cerveau.
Des variants ont été identifiés en 15q25 et un gène de susceptibilité en 15q14. La myopie est probablement plurigénique avec influence environnementale ; on la trouve associée dans de nombreuses affections de transmission récessive avec le glaucome congénital ; liée au sexe avec l'héméralopie ; dominante avec le nystagmus. Sa transmission peut être autosomique dominante (MIM 160700) ou autosomique récessive.
L. Karlsson, médecin généticien islandais (1975) ; A. Franceschetti, ophtalmologiste suisse (1953)
Étym. gr. muein : cligner ; ôps : œil ; bas lat. myops, myopsis : qui a la vue courte
→ myopie, glaucome congénital, héméralopie, nystagmus
[ P2, Q3]
Édit. 2018
patrimoine génétique l.m.
germplasm
polymorphisme génétique l.m.
genetic polymorphism
Dans une espèce donnée, présence régulière et simultanée à des fréquences supérieures à celles des mutations spontanées, de plusieurs formes différentes d'un caractère génétique, dépendant de plusieurs allèles à un même locus.
C'est la présence dans une population d'au moins deux variantes alléliques d'un locus génétique, explorables par analyse de l'ADN (polymorphisme génotypique) ou par analyse de produit protéique (polymorphisme phénotypique).
→ cartographie RFLP, PTFR, série allélique
protocoproporphyrie génétique l.f.
genetic protocoproporphyria
réassortiment génétique l.m.
genetic reassortment
Echange de segments génomiques entre deux virus proches à génomes segmentés.
Les réassortiments génétiques surviennent fréquemment lorsqu'un même hôte est infecté par deux virus apparentés dont les génomes sont segmentés. C'est le cas, par exemple, avec les Bunyaviridae ou avec les virus grippaux. Les virus résultant d'un réassortiment sont dénommés virus réassortants. Le réassortiment constitue l'un des mécanismes majeurs à l'origine de la variabilité génétique des virus.
recombinaison génétique l.f.
genetic recombination
Formation de nouvelles combinaisons de gènes, d’allèles ou de séquences à partir d’une ou de plusieurs molécules d’acide nucléique.
Chez les bactéries, la recombinaison peut survenir après un transfert génétique tel que transformation, conjugaison ou transduction. Chez les eucaryotes, elle a typiquement lieu au cours de la méiose.
régulation génétique l.f.
genetic regulation
Ensemble des systèmes de contrôle régissant l'expression du matériel génétique, la réplication et la conservation des gènes d'un organisme.
→ répression catabolique, rétrocontrôle
sexe génétique l.m.
genetic sex
tatouage génétique l.m.
Insertion d'un marqueur génétique dans, ou au voisinage d'un gène.
transfert génétique l.m.
genetic transfer
Passage de matériel génétique d'une cellule à une autre directement ou par l'intermédiaire d'un vecteur.
Chez les Bactéries, on distingue plusieurs modes de transfert : la transformation génétique, la conjugaison, la transduction, etc.