Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

112 résultats 

fractionnement d'une irradiation n.m

fractionation

Facteur de la distribution temporelle de la dose (D) délivrée par une irradiation fractionnée, exprimé par le nombre N de séances ou la dose par séance dF2 (d = D/N).

[F2]

Édit. 2018

grossesse chez une patiente psychiatrique chronique l.f.

pregnancy in a chronic psychiatric patient

Conséquences de la grossesse sur une affection mentale préexistante.
Ce problème a été encore assez peu abordé.
Au cours des états psychotiques, surtout des troubles de l'humeur, une relative protection est admise mais discutée. L'influence de la gravidité sur l'anxiété et les névroses est variable. Sur leur installation, l'influence de la grossesse semble fréquente. Les rapports avec l'anorexie mentale ne sont pas clairs. La boulimie peut s'améliorer.
Comme ces patientes constituent un groupe à risque de complications obstétricales, une coordination est indispensable entre obstétricien, psychiatre, travailleur social et entourage éventuel, si possible dès la période préconceptuelle. Le risque tératogène du lithium est certain, au maximum pendant le premier trimestre, et il peut être remplacé par des neuroleptiques sédatifs ou par l'utilisation prudente d'anticonvulsivants comme la carbazépine. Plus de 60% des malades chroniques non hospitalisées n'élèvent pas leur enfant.

grossesse et psychotropes

grossesse dans une corne rudimentaire l.f.

pregnancy in a rudimentary horn

Exceptionnelle grossesse après implantation de l'œuf dans la corne rudimentaire d'un utérus pseudo-unicorne.
L'évolution se fait vers la rupture hémorragique cataclysmique au 4ème mois de grossesse. Exceptionnellement, la grossesse peut se poursuivre jusqu'au 3ème trimestre.

hémorragie digestive occulte (mesure radio isotopique d'une) l.f.

digestive bleeding (radioisotopic measurement)

Confirmation et mesure d'un saignement digestif occulte, effectuées par méthode isotopique.
On prélève quelques millilitres de sang du patient ; les globules rouges sont alors marqués par 51Cr puis réinjectés au patient. Connaissant l'activité du millilitre de sang marqué réinjecté et celle des selles (du jour de l'administration des globules marqués et des jours suivants), on calcule l'élimination fécale quotidienne de sang.
Il a également été proposé d'administrer directement des colloïdes marqués. En cas d'hémorragie digestive importante, on peut déceler un foyer radioactif intraabdominal.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[L1]

histoire naturelle d'une maladie l.f.

Evolution théorique d’une maladie en l’absence d’intervention, depuis son début clinique, avec ses phases de rémission ou d’aggravation, ses complications éventuelles, jusqu’à la guérison du malade ou sa mort.
1) Cette « histoire » résulte de l’accumulation des données recueillies par les médecins après l’observation d’un grand nombre de cas de la même maladie ; elle n’est applicable à un malade particulier qu’en fonction des probabilités, des capacités de résistance de son organisme, etc.
2) Selon la nature de l’affection, ces phases s’expriment en jours, en mois ou en années. La thérapeutique vise à raccourcir ces durées, à éviter les complications et à l’obtention rapide de la guérison avec le moins de séquelles possibles : selon les malades et les maladies, l’histoire naturelle de l’affection en cause est diversement modifiée.

histopronostic d'une tumeur l.m.

grading

Appréciation ou évaluation, parfois chiffrée, du degré de malignité d’une tumeur, de son potentiel évolutif et donc de son pronostic.
L’histopronostic est notamment utilisé dans les tumeurs du sein (classification de Scarff et Bloom) ; du côlon (classification de Dukes, Astler-Coller). Ce procédé n’est cependant pas limité au seul domaine tumoral ; en effet, on utilise dans les hépatites infectieuses un score, dit de Knodell, d’évaluation du degré d’évolutivité des lésions, basé sur l’examen en microscopie optique.

R. W. Scarff, anatomopathologiste britannique (1968), H. J. Bloom, médecin radiothérapeute britannique (1957) ; C. E. Dukes, anatomopathologiste britannique (1932) V. B. Astler, chirurgien et F.A. Coller anatomopathologiste américains (1954) ; R. G. Knodell, gastroentérologue américain (1981)

Syn. gradage (à éviter)

Scarff et Bloom (score de), Dukes (classification de), Astler-Coller (classification d’), Knodell (score de)

[A3, F2]

Édit. 2018

hypercholestérolémie due à une mutation de l'apolipoprotéine B-100 l.f.

hypercholesterolemia due to defective apolipoprotein B-100

Affection caractérisée par des  taux de cholestérol élevé dès la naissance avec secondairement la constitution d'une artériosclérose et l'apparition de complications cardiovasculaires vers la quarantaine.
Le cholestérol LDL se dépose sur les parois artérielles provoquant la constitution d’un athérome à l’origine de complications ischémiques. A l'examan ophtalmologique, les artères sont modifiées. La maladie aurait une fréquence en France de 1/1200 naissances. Il s’agit d’une mutation du gène ApoB, mutation Arg3500Gln. L’affection est autosomique dominante. (MIM 107730.0009)..

Gloria L.Vega, biochimiste et S.M. Grundy, médecin interniste américains (1986)

Syn. apolipoprotéine B-100 (déficit familial en)

cholestérol, hypercholestérolémie, apolipoprotéine B

[Q2,R1,K2]

Édit. 2018

incidence d'une maladie l.f.

En épidémiologie : nombre de cas d’une maladie ou plus généralement d’un évènement particulier qui sont apparus pendant une période de temps donnée dans une population déterminée

La notion d’incidence s’oppose à celle de prévalence qui mesure le nombre de cas à un moment donné dans une population définie.

Étym. angl. incidence ; lat. incidere : tomber dans, sur in et cadere : arriver par hasard

fréquence, prévalence

insensibilité congénitale à la douleur liée à une canalopathie l.f.

congenitral insensitivity to pain caused by channelopathy

Forme particulière d’insensibilité à la douleur, sans autres troubles somesthésiques ou du système autonome, par défaut de fonction des canaux sodiques membranaires des cellules nerveuses.
La douleur n’est pas perçue alors que le tact, la chaleur et le froid le sont. Les réflexes sont normaux. Il n’y a aucune anomalie sensorielle ni altération du système autonome. L’intelligence est normale. Les mutilations secondaires peuvent être importantes. Il n’y a aucune anomalie des nerfs à l’examen histologique.
L’affection est liée à des mutations du gène SCN9A – locus en 2q24- codant pour la sous unité α d’un canal sodique Nav1.7 voltage-dépendant, exprimé dans les neurones nocicepteurs périphériques. La mutation entraînerait, avec la perte de fonction des canaux, une absence de formation et de propagation des potentiels d’action des signaux nociceptifs.
A l’opposé, une autre mutation du gène SNC9A provoquerait sa surexpression (un gain de fonction) à l’origine de l’érythromélalgie primitive familiale de transmission autosomique dominante –Dib-Hajj.

J. J. Cox, généticien britannique (2006) ; S. D. Dib-Hajj, neurologue américain (2005)

canalopathie, canal ionique, canal sodique, insensibilité congénitale à la douleur

insuffisance respiratoire chronique (décompensation aigüe d'une) l.f.

acute insufficiency in chronic respiratory insufficiency

Les insuffisants respiratoires chroniques peuvent se décompenser rapidement sous l'influence de causes minimes (Par ex. infection bronchique banale) : du fait de la compensation de leur hypercapnie chronique, ces patients ont accumulé une grande quantité de bicarbonates dans leur milieu intérieur et leur équilibre acidobasique est particulièrement instable.
La situation est caractérisée par l'apparition rapide d'un ou de plusieurs signes tels que l'augmentation de la dyspnée avec tachypnée, des troubles psychiques, la mise en charge de tous les muscles ventilatoires (tirage, respiration abdominale paradoxale), l'aggravation des données de dosages des gaz du sang. Chez de tels malades, en général atteints de pneumopathie obstructive, la réanimation est délicate : une ventilation artificielle imprudente peut amener des barotraumatismes pulmonaires, un collapsus circulatoire (collapsus de reventilation) et une perfusion trop rapide peut entraîner un œdème pulmonaire.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

collapsus de reventilation, hypocapnie, incapacité fonctionnelle, insuffisance fonctionnelle

interface-fabricant d'une prise murale de gaz l.f.     

conversion kit of a terminal unit of gas distribution

Ensemble d'éléments spécifique à un gaz fourni par un fabricant conçu pour modifier la configuration ou les performances d'une prise murale de distribution de gaz fournie par un autre fabricant.

lésion directement létale (d'une cellule) l.f.

directly lethal injury

Lésion produite par le passage d'une particule ionisante dans une cellule et qui entraîne la mort de celle-ci.
Le taux de survie cellulaire S relatif à ce type de lésion décroit selon une fonction exponentielle de la dose : S = exp (D/Do),
où Do - dose létale moyenne - est un paramètre caractérisant la radiosensibilité des cellules. S ne dépend pas de la distribution de la dose dans le temps.

Syn. lésion létale d’emblée

lésion sublétale (d'une cellule) l.f.

sublethal injury

Lésion produite dans une cellule irradiée, qui par elle-même ne provoque pas la mort cellulaire, mais peut entraîner celle-ci lorsqu'elle est associée à d'autres lésions de ce type.
La probabilité de mort cellulaire qui en résulte croît à mesure que s'accumulent les lésions sublétales, ce qui entraîne l'incurvation - épaulement - de la courbe de survie.
Les lésions sublétales sont spontanément réparées en quelques heures. Du fait de cette réparation la mortalité cellulaire est diminuée si la dose est fractionnée ou délivrée à faible débit.

lymphome T sous-cutané simulant une panniculite l.m.

subcutaneous panniculitis-like T-cell lymphoma (SPTCL)

Variété très rare de lymphome T siégeant surtout aux extrémités, particulière par sa localisation au tissu cellulo-graisseux sous-cutané, par sa ressemblance clinique avec une panniculite ou avec des lipomes douloureux, mais qui peuvent s’ulcérer, et par la fréquente association d’un processus d’hémophagocytose.
On distingue deux variétés :
- le sous-type alpha/bêta, de croissance lente et de pronostic favorable,
- le sous-type gamma/delta, plus agressif et associé au syndrome hémophagocytaire.

C. L. Gonzalez, hématopathologiste américain (1991)

mesure radio isotopique d'une hémorragie digestive occulte l.f.

hémorragie digestive occulte (mesure radio isotopique d'une)

métapophyse d'une vertèbre lombaire l.f.

processus mamillaire d'une vertèbre lombaire

Monteggia (équivalent d'une fracture de) l.m.

Monteggia equivalent

Variantes du type I de la fracture de Monteggia.
Quatre de ces variantes ont été décrites
1° luxation de la tête radiale et inflexion simple de la diaphyse cubitale ;
2° fracture du col du radius à la place de la luxation de la tête radiale ;
3° fracture de la partie proximale de la diaphyse radiale à la place de la luxation de la tête radiale ;
4° fracture du col du radius et déplacement important de la diaphyse radiale sans luxation de la tête radiale.

G. B. Monteggia, chirurgien italien (1814)

morsure (infection transmise par une) l.f.

bite (infection after)

Infection secondaire à une morsure animale, d’espèces variées, telles que le rat (sodoku, haverhilliose) le chien ou le chat (infections à staphylocoques, à streptocoques, à bactéries anaérobies, pasteurelloses).
La rage (rage sauvage des carnassiers, rage canine, rage des chiroptères) se transmet aussi par morsure. On peut citer aussi les morsures de tiques, à l’origine de la maladie de Lyme, de la fièvre boutonneuse méditerranéenne, de certaines encéphalites virales.

neuropathies liées à une anomalie de la transthyrétine l.f.p.

transthyretin anomaly induced neuropathies

amyloïdes (neuropathies), amyloïde familiale portugaise

névrose (caractères cliniques généraux d'une) l.f.p.

clinical general characteristics of a neurotic disorder

Terme à partir duquel se créa et se précisa un couple d'opposition pertinente avec les psychoses, au sens des linguistes.
Essentiellement par rapport aux psychoses, les névroses comportent, dans leurs formes les plus typiques : des symptômes répétitifs mais moins "graves", relativement superficiels et plastiques ; une certaine conscience de l'état morbide, vécu comme une enclave au moins gênante, contre laquelle le sujet tend à lutter sans résultat ; l'absence de désorganisation de la personnalité, avec des attitudes plus pragmatiques, une adaptation sociale relativement bonne sauf dans les formes majeures et invalidantes, ainsi que des altérations du comportement moins accentuées mais s'accompagnant volontiers de doute et d'indécision ; une évolution davantage réversible, facilitée par une fréquente demande de recours médical ; une réponse plus ou moins importante aux thérapeutiques non médicamenteuses, en particulier psychothérapiques.
Malgré les limites de tels critères, ce sont bien eux qui sont utilisés par la grande majorité des psychiatres.

W. Cullen, médecin britannique (1777)

œilleton d'une sonde n.m.

eye of a tube

Dans un matériel anesthésique, orifice percé dans la paroi d'un tube trachéal, près de l'extrémité du malade et sur le côté opposé au biseau.

Édit. 2017

temps de participation à une étude l.m.

contribution period

Délai entre la date des dernières nouvelles et la date d’origine de l'étude.

date d'origine, date des dernières nouvelles

[E1]

Édit. 2020

perforation d'une lentille l.f.

fenestration

Trou de forme précisée et traversant une lentille de contact dans toute son épaisseur en un lieu défini.

période biologique d'une substance l.f.

biological half-time

Espace de temps pendant lequel la quantité d'une substance, initialement introduite dans un compartiment biologique défini, est réduite de moitié par les mécanismes physiologiques.
La notion de période implique une disparition aléatoire des molécules, c'est-à-dire une diminution exponentielle de leur nombre.

phase (d'une maladie) l.f.

L'une des périodes successives d’une maladie : phases d’incubation, d’invasion, etc.

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