Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

907 résultats 

profilage ribosomique n.m

ribosome profiling

Technique permettant de suivre la position des ribosomes sur les ARN messagers (ARNm) à un moment donné pendant la traduction.
La synthèse des protéines est assurée par les ribosomes, complexes composés de protéines et d’ARN ribosomaux qui reconnaissent les ARNm et les traduisent. La technique de profilage ribosomique repose sur le fait que l’ARNm lié au ribosome est protégé de la digestion enzymatique. En comparant la séquence de départ à la séquence digérée à un moment donné, il est possible d’étudier la traduction de l’ensemble des ARN messagers de la cellule. Le profilage ribosomique est utile pour analyser les mécanismes de contrôle de la traduction mis en place dans la cellule pour répondre aux infections virales. Dans ce cas, en effet, les virus qui sont dépourvus de ribosomes utilisent ceux de la cellule hôte pour traduire leurs ARNm.

ribosome, ARN messager

transformation n.f.

transformation

1) En génétique, modification morphologique d'une cellule habituellement induite par un gène viral, s'accompagnant de propriétés de croissance indépendantes des facteurs exogènes.
P. ex., les cellules animales ayant subi l'action d'un agent cancérigène deviennent cancéreuses et transmettent ce caractère à toutes les cellules qu'elles engendrent.
L’infection in vitro de lymphocytes B par le virus d’Epstein-Barr permet d’obtenir une lignée lymphoblastoïde B qui se multiplie indéfiniment. Plusieurs gènes viraux (environ 8) sont impliqués dans ce phénomène. Les lignées lymphoblastoïdes se distinguent des lignées lymphomateuses dérivées de lymphomes, par une forte expression des molécules adhésives et des molécules du complexe majeur d’histocompatibilité. Les lignées lymphomateuses sont souvent résistantes à l’action des lymphocytes T cytotoxiques.
2) En bactériologie, acquisition d’ADN libre étranger par une bactérie dite compétente, suite à un contact direct entre ADN et cellule hôte.
Les molécules d’ADN qui pénètrent peuvent intégrer le génome de la cellule hôte par recombinaison.

transformation génétique, transformation bactérienne

vecteur n.m.

vector

1) En mathématiques, quantité possédant un ordre de grandeur, une direction et un sens positif ou négatif, et figurée par une flèche.
2) En génétique, molécule d'acide nucléique dans laquelle il est possible d'inscrire des fragments d'acide nucléique étranger, pour les introduire ensuite et les maintenir dans une cellule-hôte.
P. ex. utilisation des plasmides comme vecteurs pour le clonage de fragments d'ADN du colibacille.
3) En génétique microbienne, véhicule de matériel génétique de cellule à cellule.
P. ex., un plasmide conjugatif, un phage transducteur, etc.
4) En génie génétique, synonyme de vecteur de clonage.
5) En pharmacologie, substance associée à un agent actif dans le but de faire atteindre à celle-ci le site visé.
6) En infectiologie, arthropode hématophage qui transmet d'un hôte à un autre hôte un virus, une bactérie ou un parasite.    
P.ex. anophèle vecteur de l’agent du paludisme.
7) En thérapeutique, structure moléculaire, particulaire ou virale, utilisée pour transporter un principe actif vers son site d'action (on parle de vectorisation).
8) En radiologie, synonyme de marqueur radioactif  c.à.d. radio-isotope émetteur γ introduit dans l’organisme afin de suivre le déplacement ou le métabolisme de la molécule sur laquelle il a été fixé et qui est dite « marquée ».

Étym. lat. vector : celui qui transporte

marqueur radioactif

[B1, Q1, D1, D2, D4, G3]

Édit. 2020

cotransporteur sodium-glucose l.m.

sodium-glucose cotransporter

Protéines qui transportent de façon couplée le glucose  et le sodium, incluant plusieurs sous-types, dont le cotransporteur type1 retrouvé dans la muqueuse de l’intestin grêle (SGLT1 sodium- glucose transporter 1) et le cotransporteur type 2 (SGLT2, sodium-glucose transporter 2) retrouvé  dans les cellules épithéliales du tube proximal.
Le transport du glucose dans le tube proximal est un transport actif qui se fait à travers la membrane apicale contre le gradient de glucose. Initialement, la sodium-potassium ATPase utilise l’énergie fournit par le catabolisme de l’ATP pour expulser 3 atomes de sodium hors de la cellule et faire entrer 2 atomes de potassium. Le gradient de sodium ainsi créé entre  l’urine tubulaire et la cellule  permet à SGLT2 de transporter le glucose contre le gradient existant entre l’urine et la cellule.  Il s’agit là d’un exemple de transport actif secondaire. La quantité transportée s’élève avec la glycémie pour atteindre un maximum (Tm)  de 375 mg/min en moyenne chez l’homme. Au-delà de ce chiffre, une glycosurie  est observée.
SGLT2 présent dans la partie initiale contournée du tube proximal est de haute capacité (90% de la quantité réabsorbée) et de faible affinité alors que SGLT1  présent dans la pars recta du tube est de haute affinité, mais de faible capacité (10% de la quantité réabsorbée). 
Le gène codant SGLT2 est dans le chromosome 16. Des mutations de ce gène sont à l’origine  de la glycosurie rénale familiale ou diabète rénal.  Ce transport peut être inhibé par une nouvelle classe de médicaments, les glifozines.

sodium / potassium adenosyltriphosphatase (Na/K ATPase, pompe à sodium), Adénosine-TriPhosphate, diabète rénal, glifozines

[C2, M1]

Édit. 2019

cellule permissive l.f.

permissive cell

Cellule exprimant un récepteur permettant à un virus de la contaminer et d’effectuer le cycle viral jusqu’à la lyse cellulaire et la libération de néo-virions.
Une cellule permissive peut par contact transmettre le virus à une cellule moins permissive n’exprimant pas le récepteur et ainsi contribuer à une invasion indépendante de celui-là.

[D1]

Édit. 2020

adaptation cellulaire l.f.

cellular adaptation

Capacité que possède une cellule de modifier ses caractères morphologiques et fonctionnels sous l'effet de stimulus physiologiques ou pathologiques, et d'acquérir un nouvel état stable permettant sa survie, et traduite notamment par des phénomènes d'hypertrophie et d'atrophie.
Lorsque cette capacité est altérée par un trouble de l'adaptation cellulaire, la cellule peut entrer dans un cycle d'altérations plus ou moins réversibles pouvant conduire à la mort cellulaire et à la nécrose.

Étym. lat. adaptare : ajuster

[C3]

Édit. 2017

agger nasi l.m.

agger nasi (TA)

agger nasi

Saillie à la partie antérieure de la face médiale de la masse latérale de l’os ethmoïde.
Elle est déterminée par la présence d’une volumineuse cellule ethmoïdale, la cellule de l’agger nasi. Ce serait le reliquat d'un cornet situé en avant du cornet moyen.

[A1]

Édit. 2020

alphabet Braille l.m.

Braille’s alphabet

Procédé d’écriture et de lecture destiné aux aveugles, utilisant le sens du toucher.
Ce système utilise le principe de la cellule braille formée de 6 points en relief. Les 63 combinaisons possibles de cette cellule, permettent d’obtenir une écriture qui peut aussi être utilisée pour les mathématiques ou pour la musique. Le braille est un moyen de communication facile pour les aveugles. Il existe des livres en braille couvrant à peu près tous les sujets, ainsi que de nombreux objets d’usage courant (montre, jeux de société etc.). Son apprentissage demande du temps et de la patience, deux ans environ pour être en mesure de lire et d’écrire la version abrégée.

L. Braille (1809-1852), inventeur français aveugle, organiste (mises au point successives de l’écriture braille:1821, 1825, 1829)

braille

[E,P2]

Édit. 2017

améloblaste n.m.

ameloblast

Cellule prismatique haute, d’origine ectodermique, située sous la surface de l’émail.
Elle fabrique cette substance riche en glycosaminoglycanes et fortement minéralisée au niveau de la dent en formation. Cette cellule disparaît au moment de l’éruption dentaire.

Étym. vieux français amel : émail; blastos : germe

Syn. adamantoblaste

[A2, P3]

Édit. 2020

analyse en série de l'expression des gènes l.f.

SAGE method, serial analysis of gene expression

Méthode permettant d’étudier le profil d’expression génique d’une cellule, tissu, ou organisme par l’analyse quantitative de milliers d’étiquettes provenant des transcrits (ARN messagers).
La méthode est fondée sur la production de courts fragments d’ADN complémentaire issus d’une population d’ARN messagers. Ces petits fragments produits par digestion à l’aide d’endonucléases de restriction sont assemblés sous forme d’une longue série d’étiquettes d’ADN (de 10 à 14 nucléotides) qui peut être amplifiée et séquencée. Le nombre d’occurrences d’une même étiquette représentant un transcrit donnée permet de déterminer son niveau d’expression dans la cellule ou tissu donnés.

ADN complémentaire, ARN messager, endonucléase de restriction, acide nucléique, nucléotide

[Q1]

Édit. 2017

argyrophilie n.f.

argyrophily

Capacité d'une cellule de fixer les sels d'argent.
Dans le tube digestif, c'est une caractéristique des cellules endocrines du système APUD (Amine and Amine Precursor Uptake and Decarboxylation), qui ne permet pas de mettre en évidence un type particulier de cellule au sein de ce système. Les colorations argyrophiles les plus utilisées pour mettre en évidence cette propriété sont celles de Grimelius, de Bodian et de Vevier-Munger. La plupart des tumeurs endocrines du tube digestif sont argyrophiles.

Étym. gr. argyros : argent; affinis : ami

atrophie optique l.f.

optic atrophy

Aspect ophtalmoscopique de la papille optique qui apparaît pâle dans sa totalité ou dans un secteur particulier, le plus souvent temporal.
Pour pouvoir parler d'atrophie optique, il faut que la pâleur de la papille s'accompagne d'un scotome négatif central ou d'une amputation périphérique du champ visuel, sinon il ne s'agit que d'un aspect de pâleur papillaire.
L'atrophie optique peut être primitive ou être l'aboutissement de tout processus ayant intéressé la voie optique antérieure depuis la cellule bipolaire rétinienne et l'axone de la cellule ganglionnaire, jusqu'à la terminaison de celui-ci au corps genouillé latéral au terme de son trajet dans le nerf optique intra-orbitaire, le chiasma optique et la bandelette optique. Elle correspond alors à une dégénérescence axonale. En fait, une différenciation entre une atteinte primitive des neurones ganglionnaires ou du nerf optique est souvent difficile à établir.
Parmi ses étiologies, on citera la sclérose en plaques, avec une atrophie optique franche et régressive, mais également sans expression fonctionnelle ; diverses intoxications (quinine notamment) ; l'idiotie amaurotique de Tay-Sachs, à type de gangliosidose ; l'atrophie optique familiale de Leber.

Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture

autocrine adj.

autocrine

Qualifie une sécrétion, dont le produit agit sur la cellule sécrétrice elle-même ou sur une cellule voisine du même type.

Étym. gr. autos : soi-même ; krinein : sécréter

cellule autocrine

autocrinie n.f.

autocrinie

Sécrétion interne locale, dans laquelle la cellule productrice est sensible à sa propre sécrétion ou à la sécrétion d’une cellule voisine de même nature.

Étym. gr. autos : soi-même ; krinein : sécréter

cellule autocrine

autophagie n.f.

autophagy

Digestion intracellulaire de divers composants cytoplasmiques par des lysosomes.
Processus intracellulaire au cours duquel se forment des phagolysosomes incluant des constituants de la cellule. Il permet le « nettoyage » d'organelles altérées au cours d'une agression et la restitution de l'intégrité cellulaire, si l'altération n’a pas été trop importante. L'autophagie permet à la cellule de préserver sa fonction normale, elle est particulièrement marquée dans l'évolution d'une atrophie cellulaire. Lorsque le contenu n'est pas totalement dégradé par les enzymes lysosomaux, le phagolysosome peut persister dans le cytoplasme sous forme de corps résiduel ou être expulsé.Digestion intracellulaire de divers composants cytoplasmiques par des lysosomes.

Étym. gr. autos : lui-même ; phagein : manger ; kutos : cellule

phagocytose, atrophie, vacuole autophagique, dégénérescence vacuolaire, dégénérescence cytoplasmique focale, autophagosome, lysosome

[C3]

Édit. 2019

bâtonnet rétinien l.m.

retinal rod

Photorécepteur rétinien spécialisé dans la réception lumineuse en basse luminance, le bâtonnet rétinien proprement dit est l’expansion externe de la cellule (cellule à bâtonnet).

 cellule à bâtonnet , photorécepteur rétinien

Édit. 2017

bourgeonnement n.m.

budding

Mode de reproduction asexuée, habituel chez les levures et présent chez quelques bactéries, dont la cellule mère émet une boursouflure qui grossit et se détache en laissant une cicatrice sur la cellule-mère ou qui y reste attachée.

Syn. gemmiparité

blastospore

Édit. 2017

caractère n.m.

character

1) En biologie : propriété morphologique, physiologique, écologique ou comportementale propre à un organisme donné.
Certains caractères sont innés, transmis génétiquement, d'autres sont acquis, résultant généralement de l'action de l'environnement. Un caractère peut être propre à une cellule, à un individu, à une population, à une espèce (caractère spécifique) ou à un groupe d'espèces et servir ainsi à sa reconnaissance taxinomique (caractérisation) ou encore traduire un état pathologique (ex.: caractères d'une cellule cancéreuse).
2) En génétique: trait particulier transmis génétiquement, sur un mode dominant ou récessif.
3) En Psychologie: manière habituelle et stable d’être, de sentir, de penser, d’agir et de réagir dans certains types de situations ou vis-à-vis de certains objets, propre à un individu ou à un groupe.
Ce mode relationnel et visible de la structure représenterait la composante affective, dynamique et psychogénétique de l’individu. Depuis les « caractères » de J. de La Bruyère, il s’agit aussi de l’aspect expressif du sujet tel qu’il est perçu par les autres.

personnalité, tempérament, caractère (troubles du), caractériel

[C,Q,H4]

cardiomyocyt e n.m.

cardiomyocyte

Cellule du muscle cardiaque.
Mesurant 50 à 100 µm de long et 10 à 20 µm de large, la cellule myocardique entourée par une membrane et dotée de tous les organites intracytoplasmiques ainsi que de myofibrilles de 1 à 2 µm de diamètre qui constituent l’élément contractile. Longtemps considéré comme un syncytium, le myocarde est en réalité constitué de cellules distinctes étroitement connectées les unes aux autres.
Au sein du myocarde se situent les cellules nodales aux caractères particuliers et aux fonctions originales.

Syn. cellule myocardique

cellules nodales

[K2,A2]

cellule n.f.

cell

Plus petite unité structurale et fonctionnelle fondamentale des organismes vivants, constituée d’un protoplasme ou cytoplasme, séparée du milieu externe par une membrane.
La cellule eucaryote comprend un noyau au sein du cytoplasme dont elle est séparée par une membrane nucléaire, alors que chez les procaryotes le nucléoïde n'a pas de membrane propre. Noyau et cytoplasme contiennent des organites. La capacité de régénération cellulaire permet de différencier les cellules labiles qui se divisent pendant toute la vie comme celles des épithéliums de surface, du sang ; les cellules stables, d'un niveau de régénération faible mais capables de se renouveler en réponse à des stimulus (cellules du foie, du rein, du pancréas, fibroblaste, cellule musculaire lisse, endothélium vasculaire) et les cellules définitives, sans possibilité de régénération comme les cellules nerveuses.

Étym. lat. cellula : cellule ; de cella : magasin

[A2]

cellule à bâtonnet l.f.

rod cell

Neurone situé dans le feuillet interne de la rétine dont l'extrémité photoréceptrice est en forme de bâtonnet, et qui constitue un des deux grands types de cellules photoréceptrices de la rétine.
Le terme elliptique de bâtonnet est le plus souvent utilisé pour désigner cette cellule. Les bâtonnets, qui font partie avec les cônes des éléments récepteurs de la rétine, ne permettent pas la réception colorée. On en dénombre 100 millions par œil chez l'homme. Ils sont répartis sur l'ensemble de la rétine sauf dans la fovéa et forment un anneau de densité maximale d'un diamètre d'environ 20° centré sur la fovéa. Les bâtonnets convergent en grand nombre sur la même cellule ganglionnaire, ce qui contribue à leur faible résolution spatiale (acuité). En revanche leur extrême sensibilité (de l'ordre de 1 photon) et leur convergence assure une vision sous de très faibles éclairements, de l'ordre de 10-6 à 10-2 cd.m2 (vision photoscopique), correspondant à une nuit étoilée sans lune. Sous des illuminations supérieures à 100 cd.m2 (vision photopique), les bâtonnets sont saturés et ne contribuent plus à la vision.

cellule à haute fréquence de recombinaison l.f.

Hfr cell (high frequency of recombination)

Cellule porteuse d'un plasmide F intégré au chromosome et capable de transmettre à une cellule F- des gènes chromosomiques avec une fréquence élevée de recombinaison, d'où le symbole Hfr.

recombinaison génétique

[A2,Q]

cellule assistante l.f.

helper cell

Cellule nécessaire au développement ou à l’expression d’une autre cellule ou d’un virus.

[C3]

Édit. 2019

cellule atypique l.f.

atypical cell

Cellule dont les caractères morphologiques diffèrent de ceux d’une cellule normale de même type.
On tend à remplacer ce terme par celui de dysplasie qui décrit les anomalies cellulaires et tissulaires précédant le cancer.

dysplasie

[A2]

cellule bipolaire l.f.

bipolar cell

Cellule constituant le neurone de liaison entre un photorécepteur et une cellule ganglionnaire.

[A2]

| page précédente | /37 | page suivante