Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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muscle droit supérieur du bulbe de l'œil l.m.

musculus rectus superior bulbi oculi (TA)

superior rectus of eyeball

Muscle de l’orbite, aplati et rubané qui se détache de la partie supérieure de l’anneau tendineux commun (tendon de Zinn).
Il se dirige vers l’avant en s’élargissant et se termine sur la sclère à huit millimètres au-dessus de la cornée. Il provoque la rotation de l’œil de manière à porter le bulbe del’œil en haut et un peu en dedans. Il est innervé par un rameau de la branche supérieure du nerf oculo-moteur.

Syn. anc.  muscle droit supérieur de l’œil

muscle oblique inférieur du bulbe de l'œil l.m.

musculus obliquus inferior bulbi oculi (TA)

inferior oblique of eyeball

Muscle de l’orbite, aplati et rubané qui se détache du plancher de l’orbite, en dehors de l’orifice supérieur du canal lacrymo-nasal.
Il se dirige en dehors et en arrière, passe sous le muscle droit inférieur du bulbe de l’œil et s’enroule sur le bulbe pour se terminer sur la partie inférieure et latérale de l’hémisphère postérieur. Il porte le bulbe de l’œil en bas et en dehors. Il est innervé par un rameau de la branche antérieure du nerf oculomoteur.

Syn. anc.  muscle petit oblique de l’œil

muscle oblique supérieur du bulbe de l'œil l.m.

musculus obliquus superior bulbi oculi (TA)

superior oblique of eyeball

Muscle fusiforme situé à la limite des parois supérieure et médiale de l’orbite.
Il s’insère au-dessus et en dedans de l’orifice antérieur du canal optique. Le muscle formé à ce niveau par un fuseau très allongé se porte en avant le long de l’angle réunissant les parois supérieure et médiale de l’orbite au-dessus du muscle droit médial de l’œil. A quelques millimètres en arrière de l’angle supéro-médial du bord supra-orbitaire il se continue par un petit tendon cylindrique qui s’engage dans un anneau fibro-cartilagineux implanté dans la fossette trochléaire, la trochlée du muscle oblique supérieur de l’œil. Le tendon s’y réfléchit à angle aigu et se porte en dehors, en bas et en arrière pour se fixer en éventail sur la partie supéro-latérale de l’hémisphère postérieur du bulbe de l’œil.  Il porte le globe oculaire en haut et en dehors. Il est innervé par le nerf trochléaire.

Syn. anc.  muscle grand oblique de l’œil

muscle-œil-cerveau (maladie) l.f.

muscle-eye-brain disease

Syndrome associant une dystrophie musculaire avec secousses myocloniques, une myopie sévère avec glaucome congénital, pâleur papillaire et hypoplasie rétinienne, une hydrocéphalie avec retard mental.
Pour Dobyns et col. (1989) ce syndrome semble correspondre au syndrome de Walker-Warburg.
L’affection est autosomique récessive (MIM 253280).

Christina Raitta, ophtalmologiste finlandaise (1978); A. E. Walker neurologue américain (1942) ; Mette Warburg, ophtalmologiste danoise (1971) ; W. D. Dobyns, neurologue américain (1989)

Syn. MEB (maladie)

Warburg (syndrome de)

muscle orbiculaire de l'œil  l.m.

musculus orbicularis oculi (TA)

orbicular oculi

Muscle peaucier qui occupe les paupières en dépassant leur limite périphérique.
Il est constitué de deux portions principales : une partie palpébrale et une partie orbitaire.
La partie palpébrale (pars palpebralis musculi orbicularis oculi) est elle-même formée de deux parties : le faisceau ciliaire (fasciculus ciliaris partis palpebralis musculi ocularis oculi) et la partie profonde (pars profunda). Le faisceau ciliaire est lui-même constitué de deux ordres de fibres : des fibres marginales préciliaires situées en avant des bulbes pileux des cils, du ligament palpébral médial et de la crête lacrymale postérieure ; des fibres marginales rétrociliaires (muscle de Riolan), situées en arrière des bulbes pileux des cils et présentant les mêmes insertions. La partie profonde du muscle orbiculaire de l’œil est également constituée de deux parties : la partie prétarsale formée de fibres annulaires s’attachant en dedans au tendon direct du muscle orbiculaire des paupières ; la portion préseptale (muscle tenseur du dôme lacrymal) formée de fibres annulaires s’insérant en dedans sur le ligament palpébral médial et sur le dôme du sac lacrymal ; cette portion lacrymale constitue le muscle de Horner.
La partie orbitaire (pars orbitalis musculi orbicularis oculi), périphérique, se détache de la partie la plus élevée de la face cutanée du processus frontal du maxillaire et du versant antérieur du bord supra-orbital de l’os frontal ; elle se termine, après avoir décrit une ellipse, sur le bord inférieur de l’orbite.
Dans son ensemble ce muscle provoque l’occlusion des paupières. Il est innervé par la branche temporo-faciale du nerf facial.

Syn. anc. muscle orbiculaire des paupières ; sphincter des paupières

muscle petit oblique de l'œil l.m.

muscle oblique inférieur du bulbe de l'œil

muscles droits de l'œil l.m.p.

musculi recti bulbi  (TA)

rectus muscles of eyeball

Muscles, au nombre de quatre, qui prennent leur origine au sommet de l'orbite, sur le tendon de Zinn ( anulus tendineus communis) fixé sur le corps du sphénoïde au niveau du tubercule sousoptique (tuberculum infraopticum) sur le bord supérieur de la fente sphénoïdale ( fissura orbitalis superior).
Ce tendon se divise ensuite en quatre languettes tendineuses, deux horizontales, deux verticales sur lesquelles naissent les corps charnus des muscles : droit interne ( m.rectus medialis), droit externe ( m. rectus lateralis), droit supérieur ( m. rectus superior), droit inférieur (m. rectus inferior). Les quatre muscles se dirigent en avant pour se terminer sur le globe oculaire par un tendon plat amarré sur la partie antérieure de la sclère dont la partie médiane est à environ 5 à 8 mm du limbe. Le muscle droit externe est innervé par le VI (nervus abducens, nerf oculomoteur externe), les autres muscles droits par le III (nervus oculomotorius, nerf oculomoteur commun).   

muscles extrinsèques du bulbe de l'œil l.m.p.

musculi externi bulbi oculi (TA)

extra-ocular muscles ; extrinsic muscles of eyeball

Ils regroupent le muscle orbital (partie orbitale du muscle orbiculaire de l’œil), le muscle droit supérieur, le muscle droit inférieur, le muscle droit médial, le muscle droit latéral, le muscle oblique supérieur, le muscle oblique inférieur et le muscle élévateur de la paupière supérieure.

muscles intrinsèques de l'œil l.m.p.

musculi ciliaris, dilatator pupillae, sphincter pupillae  (TA)

intrinsic ocular muscles

Muscles qui comprennent le muscle ciliaire, le muscle dilatateur de la pupille, le muscle sphincter de la pupille.

[A1,P2]

Édit. 2016

muscles obliques de l'œil l.m.p.

musculi obliquui oculi (TA)

oblique muscles of eyeball

Muscles qui croisent obliquement l'axe antéropostérieur du globe oculaire (bulbus oculi).
Le muscle grand oblique (m. obliquus superior) nait par un court tendon, fixé en dedans et en-dessus du trou optique. Il longe l'angle supéro-interne de l'orbite et donne un tendon qui se réfléchit dans une poulie fibrocartilagineuse amarrée dans la fossette trochléaire du frontal à l'angle supéro-interne de l'orbite. Il change ainsi brusquement de direction pour redevenir musculaire, s'aplatit en un tendon qui va s'insérer sous le droit supérieur sur la partie supéroexterne de l'hémisphère postérieur du globe. Il est innervé par le IV, nerf pathétique (nervus trochlearis).
Le muscle petit oblique (m. obliquus inferior) a son origine dans la partie antérieure de l'orbite, en dehors de l'orifice orbitaire du canal lacrymonasal. Il se dirige en dehors et en arrière, il contourne la face inférieure du globe en passant sous le droit inférieur pour se terminer sous la face inféroexterne de l'hémisphère postérieur du globe. Il est innervé par le III (n. ocolomotorius).

œil de Murphy l.m.

Murphy’s eye

F. J. Murphy, médecin anesthésiste américain (1941)

œilleton d'une sonde

Édit. 2017

œil de perdrix l.m.

soft clavus, soft corn

Prolifération épidermique hyperkératosique circonscrite due au frottement de deux saillies phalangiennes, siégeant sur la face interne d'un orteil, généralement le 5ème, dans l'espace interdigital, souvent dans le fond de cet espace et pouvant être douloureuse.
Son nom est lié à son aspect rouge centré par un point sombre. Une tendance à la macération, qui  le ramollit, risque de le faire prendre pour une mycose interdigitale.

Syn. durillon inter-orteils

cor

Édit. 2017

œil de poisson (maladie en) l.f.

fish-eye disease

Opacification de la cornée par dyslipoprotéinémie proche de la maladie de Tangier mais avec légère réduction des lipoprotéines de haute densité (HDL).
Aspect en œil de poisson cuit moins dense que dans la maladie de Tangier. L’opacification du stroma par dépôts de cholestérol se fait dans la 2e décennie de la vie. L’anomalie génétique est une mutation sur le même gène que la maladie de Norum, autosomique récessive, avec opacités cornéennes. Il existe une anémie normochrome et une protéinurie. Le gène (LCAT) est localisé sur le locus chromosomique 16q22.1. L’affection est autosomique dominante (MIM 136120).

L. A. Carlson et B. Philipson, médecins suédois (1979)

Tangier (maladie de l'île de), ichtyophtalmie, dystrophie cornéenne dyslipoprotéinémique, déficit en alpha-lécithine-cholestérol acyltransférase, LCAT gene

Édit. 2017

œil de poisson de Norum (maladie en) l.f.

Norum’s fish-eye disease

Opacification de la cornée acompagnée d’anémie, de protéinurie et de dyslipoprotéinémie avec taux bas des lipoprotéines de haute densité (HDL).
Le cholestérol est très augmenté et l'anémie normochrome est secondaire à l'augmentation de cholestérol dans les globules rouges ; la protéinurie signe le début d'une insuffisance rénale parfois fatale. La maladie apparaît chez l'adulte jeune, l'opacification de la cornée est visible à l'œil nu et donne un aspect en œil de poisson cuit ; on trouve un discret voile diffus cornéen, un arc cornéen atypique (tout le stroma est atteint), des vacuoles dans la membrane (ou couche) de Bowman et le stroma antérieur. L'acuité visuelle est conservée, on peut trouver au fond d’œil des ruptures de la membrane de Bruch et des hémorragies rétiniennes. La mutation est sur le même gène que la maladie en œil de poisson dominante. Il s'agit d'un déficit en lécithine-cholestérol acyltransférase (LCAT) dont le locus est situé sur le chromosome 16 en 16q22.1. L’affection est autosomique récessive (MIM 245900).

K. R. Norum, biochimiste norvégien et E. Gjone, médecin interniste norvégien (1967)

déficit en lécithine cholestérol-acyl-transférase, déficit en LCAT

Édit. 2017

œil directeur l.m.

œil dominant

Édit. 2017

œil dominant l.m.

dominant eye

En vision binoculaire normale, œil prévalent aussi appelé parfois œil directeur.
Dans le strabisme, œil qui spontanément prend la fixation pour fixer une cible à une distance donnée : si le strabisme est alternant, on dira dans ce cas que l'alternance est incomplète.

Édit. 2017

œil fixateur l.m.

fixing eye

Chez le sujet strabique, œil qui fixe spontanément.
Ce terme suppose l'absence de vision bifovéolaire.

Édit. 2017

œil kystique congénital l.m.

congenital cystic eye

Kyste remplissant l'orbite, bombant en avant, soulevant la paupière supérieure et d'aspect bleuté.
Malformation secondaire à l'absence d'invagination de la vésicule optique primitive, l’action tératogène se situant vers la 4ème semaine de la période embryonnaire. Le kyste est entouré d'une capsule fibreuse sur laquelle viennent s'insérer les muscles. Il n'y a ni iris, ni chambre antérieure, ni cristallin. Si le cristallin existe, il est malformé, situé au cœur de la cavité.

Édit. 2017

œil lourd l.m.

Cas d'une hyperphorie qui accompagne quelquefois les anisométropies.
L'œil le plus hypermétrope est le plus haut, l'œil le plus myope est le plus bas. Tout se passe comme si l'œil le plus gros, donc le plus lourd, était plus bas.

anisométropie, hyperphorie

Édit. 2017

œil préférentiel l.m.

preferential eye

œil directeur

Édit. 2017

œil réduit l.m.

Système optique reproduisant schématiquement un modèle d'œil.
L'œil peut être assimilé à un système optique comprenant : 1) une lentille convergente, de distance focale voisine de 15 mm, d'axe principal à peu près confondu avec l'axe visuel ; 2) une surface sensible placée pour un œil normal dans le plan focal image de la lentille convergente ; 3) un diaphragme dont le diamètre se règle automatiquement pour laisser passer la lumière.
Ce système optique ainsi schématisé est appelé œil réduit.
Pour l'œil réduit de Listing, la puissance est de 60 dioptries (D), avec un dioptre de 5,6 mm de rayon ; pour l'œil réduit de Donders, la puissance est de 66,75 D avec un dioptre de 5 mm de rayon.
En fait, l'œil réduit a peu d'intérêt car il est trop différent de l'œil théorique.

J. B. Listing, physiologiste et philosophe allemand (1808 - 1882)

Édit. 2017

œil réduit de Donders l.m.

Donders’ reduced eye

Pour étudier le système optique de l’œil, on peut utiliser l’œil réduit proposé par Donders qui considère que les points  principaux et les points nodaux image et objet sont suffisamment rapprochés pour qu’on puisse les considérer comme confondus, réduisant ainsi l’œil théorique à un dioptre unique.
Donders a en outre proposé pour les calculs courants de choisir des constantes simplifiées pour le rayon de courbure, l’indice, les distances focales et la puissance. 
Son rayon de courbure est de 5 mm, son indice 1,33, ses distances focales f = 15 mm et f ' = 20 mm, sa puissance 66,75 dioptries. Gullstrand précisera encore davantage ces données numériques et ajoutera celle de l'œil réduit aphaque. Pour l'œil réduit de Listing, la puissance est de 60 D, avec une dioptrie de 5,6 mm de crayon.

F. C. Donders, ophtalmologiste néerlandais, membre de l’Académie de médecine (1864) ; A. Gullstrand, ophtalmologiste suédois, prix Nobel de médecine en 1911 (1912)

Édit. 2017

œil sec l.m.

dry eye

Tarissement de la sécrétion lacrymale, responsable d’une irritation de la conjonctive.
Ce tarissement peut s’intégrer dans un syndrome sec et être quantifié par le test de Schirmer.

alacrymie, hypolacrymie, sécheresse oculaire, syndrome sec, Schirmer (test de)

Édit. 2017

œil simplifié l.m.

œil réduit de Donders

Édit. 2017

œil sympathisant l.m.

exciting eye

Œil atteint par une plaie transfixiante (accidentelle ou opératoire) au cours d'une ophtalmie sympathique.

ophtalmie sympathique

Édit. 2017

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