Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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médulloblastome l.f.

medulloblastoma

Néoformation classée dans les tumeurs embryonnaires du système nerveux comme la tumeur neuro-ectodermique primitive de référence (Rorke, 1983), qui représente 20% des tumeurs intracrâniennes de l'enfant, mais s'observe aussi chez l'adulte surtout jeune (1 à 2% des tumeurs cérébrales). Elle est plus fréquente dans le sexe masculin.
Développé aux dépens de la couche des grains du cervelet, le médulloblastome intéresse plus volontiers le vermis et le quatrième ventricule. Macroscopiquement, il est infiltrant, parfois kystique et hémorragique. Il est constitué de petites cellules rondes très basophiles, à gros noyau, souvent en mitose, qui se disposent en nappes ou en rosettes caractéristiques, dites de Homer Wright. On peut observer des plages de différenciation neuronale, astrocytaire ou oligodendrogliale. En revanche, des cellules de grande taille ou une surcharge lipidique sont plus rares.
La forme desmoplastique serait plus superficielle et de meilleur pronostic. Elle comporte des ilots cellulaires, siège d'une différenciation neuronale ou gliale particulière, entourés ou non de fibres collagènes.
Les formes rares comprennent des différenciations cellulaires (médullomyoblastomes) ou une surcharge mélanique (médulloblastomes mélanotiques).
Cette tumeur survient vers l'âge de 9 ans chez l'enfant, avec un siège essentiellement vermien, et à un âge médian de 25 ans chez l'adulte, avec un siège préférentiel latéral.
Le mode de révélation est généralement un syndrome d'hypertension intracrânienne, avec parfois atteinte des paires crâniennes. Le diagnostic est évoqué sur un scanner et surtout une IRM.
Le traitement comporte une exérèse chirurgicale la plus large possible, suivie d'une radiothérapie craniospinale dont les séquelles sont souvent sévères chez l'enfant (troubles de la croissance, séquelles endocriniennes, atteinte cognitive) et moindres chez l'adulte. La chimiothérapie peut être utile lors de récidives locales et en cas de dissémination ménigospinale ou systémique (osseuse). Le pronostic peut être favorable avec 50% de survie à 5 ans, notamment chez l'adulte.
Le médulloblastome est une tumeur d'évolution rapide qui a tendance à métastaser dans tout l'organisme ou par voie liquidienne. Les nombreux essais d'histopronostic aident peu dans la décision thérapeutique. Les récidives sont fréquentes.

J. H. Wright, anatomopathologiste américain (1910) ; Lucy Bilian Rorke-Adams, neuropahologiste américaine (1983)

Étym. lat. medulla : moelle ; gr. blastos : bourgeon, germe ; -ome suffixe indiquant une tumeur

mégaline n.f.

megalin

Protéine de masse moléculaire élevée (600 kDa) localisée dans les membranes de cellules épithéliales, qui fait partie des récepteurs des lipoprotéines LDL et présente une grande homologie avec les récepteurs de l’bêta2-macroglobuline.
Elle est exprimée notamment avec la cubiline dans les cellules bordant des tubules rénaux et le feuillet viscéral du sac vitellin. Elle intervient avec de nombreux ligands dans le transport des lipides de faible densité, des vitamines A et D, en immunologie et dans le développement et la fonction de nombreux organes. Elle est codée par le gène LRP2 (low-density protein receptor-related Protein 2) locus en 2q31.1 dont les mutations sont à l’origine des syndromes de Donnai et Barrow et facio-oculo-acousticorénal.

D. Donnai et M. Barrow, généticiens britanniques (1993)

hernie diaphragmatique, exomphalocèle, absence de corps calleux, hypertélorisme, myopie et surdité neurosensorielle, facio-oculo-acousticorénal (syndrome).

méiocyte n.m.

meiocyte

Cellule subissant la méiose.
Chez les animaux, il s'agit des ovogonies et des spermatogonies ; chez les végétaux supérieurs, des cellules mères du pollen et des cellules mères du sac embryonnaire.

Étym. gr. meiôsis, réduction (de meion : moins) ; kutos : cellule

ovogénèse, spermatogénèse

mélanome à cellules ballonnisantes l.m.

balloon cell melanoma

Mélanome contenant, dans sa masse tumorale épithélioïdes, des amas de cellules volumineuses à cytoplasme clair non pigmenté, légèrement granuleux et à noyau ovalaire plus ou moins irrégulier, qui parfois ressemble à celui des cellules ballonnisantes de certains nævus, ce qui rend le diagnostic histologique de mélanome parfois difficile.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

nævus à cellules ballonnisantes

membrane basale l.f.

basement membrane

1) Liseré homogène, régulier, d'épaisseur variable, de structure extracellulaire, marquant l'interface entre endothélium, épithéliums, muqueuses glandulaires et les tissus conjonctifs de soutien sous-jacents.
C'est une barrière infranchissable ou sélective ainsi qu'un support pour les structures cellulaires ; elle intervient aussi dans leur contrôle de prolifération et leur métabolisme. Elle est mise en évidence par le PAS, les colorations argentiques et ses caractères ultrastructuraux ; elle est en effet constituée de trois couches : une centrale, la lamina densa, et deux périphériques situées de part et d’autre de la lamina densa : la lamina lucida (dite rara interna, zone d’attachement des cellules parenchymateuses), et la lamina subbasale (dite rara externa, formée de fibrilles de collagène qui se continuent avec le tissu conjonctif adjacent). Sur le plan biochimique, elle est essentiellement constituée de collagène de type IV, de glycosaminoglycanes et de glycoprotéines de structure. La membrane basale de l’épiderme est dénommée jonction dermoépidermique.
2) Revêtement fibrillaire à la surface externe de certaines cellules.

Étym. lat. membrana 

glycocalyx

membrane limitante interne l.f.

internal limiting membrane

Couche la plus interne de la neurorétine, qui correspond à la membrane basale des cellules de Müller et constitue le versant rétinien de l’interface vitréorétinienne.
Elle tapisse toute la surface de la rétine et de l’ora serrata, et se prolonge au niveau de la papille par la membrane basale des astrocytes prépapillaires appelée membrane limitante interne d’Elschnig. Elle varie en épaisseur : elle est plus épaisse au pôle postérieur qu’à l’équateur, elle est composée de collagène de type IV, de fibronectine, de laminine et de protéoglycane. On lui décrit deux couches : la lamina rara au contact direct de la membrane cytoplasmique des cellules de Müller, et la lamina densa au contact direct des fibrilles de collagène du cortex vitréen postérieur.

Syn. limitante interne

mémoire immunologique l.f.

immunologic memory

Concept exprimant la capacité d'un organisme (ou de cellules immunocompétentes) de répondre de façon accélérée particulièrement intense à une nouvelle stimulation par un antigène déjà rencontré.
Les lymphocytes B à mémoire se distinguent des lymphocytes B naïfs par l’absence d’IgD membranaires et la présence d’IgG, d’IgA ou d’IgE membranaires. Les lymphocytes T à mémoire sont caractérisés par une faible expression de la sélectine CD62L et la présence d’une isoforme courte de la molécule CD45 (CD45RO). Les cellules T à mémoire possèdent en outre des propriétés de migration tissulaire (écotaxie) particulières liées à l’expression de certains antigènes ou d’intégrines membranaires. D’une façon générale les lymphocytes T et B à mémoire sont caractérisés par leurs capacités d’activation par de faibles concentrations d’antigènes ou de peptides et un rôle plus restreint des cosignaux d’activation (cytokines, molécules adhésives intercellulaires).

Étym. lat. immunire : se protéger : gr.  logikê  (de logos : discours,  étude)

Menétrier (maladie de) l.f.

Menétrier's disease

Affectation caractérisée par la présence dans le fundus et le corps de l'estomac de plis géants avec, histologiquement, hyperplasie des fovéoles  entraînant un épaississement muqueux malgré l'atrophie progressive des glandes avec remplacement des cellules principales et pariétales par des cellules à mucus.
Les culs-de-sac glandulaires distendus forment des pseudokystes.
On constate une hypo-albuminémie, une anémie, une hyposécrétion gastrique acide et une exsudation protéique gastrique. Les complications sont la dénutrition, les œdèmes ou anasarque, l'hémorragie digestive et l'adénocarcinome gastrique. Une surveillance endoscopique à long terme est indispensable.

P. Menétrier, médecin français, membre de l’Académie nationale de médecine (1888)

ménine n.f.

menin

Protéine intranucléaire ayant un rôle de suppresseur de tumeur dans les cellules glandulaires endocrines, dans la constitution du cytosquelette et dont les mutations sont responsables des néoplasies endocriniennes multiples de type 1.
Régulatrice de la prolifération cellulaire par interaction avec des facteurs de transcription, elle intervient dans l’apoptose. Constituée de 610 acides aminés, elle est codée par le gène MEN1 (Multiple Endocrine Neoplasia 1) en 11q13 (Biström). Ses mutations, ponctuelles, souvent de type non-sens ou par délétion donnent une protéine tronquée, inactive, les cellules se divisent alors sans contrôle et développent des tumeurs des glandes endocrines : parathyroïdes, pancréas, hypophyse, et aussi corticosurrénales, thyroïde, thymus. Ces mutations, autosomiques dominantes, étant ponctuelles mais très nombreuses, l’expression est très variable d’une famille à l’autre. La prédominance de l’atteinte duodéno-pancréatique avec gastrinomes multiples et récidivants constitue de syndrome de Zollinger-Ellison.

Camilla Byström, médecin généticienne suédoise (1988)

néoplasie endocriniennes multiple de type 1, Zollinger-Ellison (syndrome de),

mérogamie n.f.

Mode de reproduction sexuée où les gamètes sont des cellules spécialisées, bien distinctes des cellules somatiques.

Étym. gr. méros : partie, gamétês : époux

Ant. hologamie

hologamie

métamorphose n.f.

metamorphosis

En cytologie : acquisition par une cellule de caractères morphologiques et fonctionnels différents du type originel.
Cette transformation frappe aussi bien les cellules épithéliales que les cellules conjonctives et est souvent étroitement liée au phénomène de métaplasie.

Étym. gr. metamorphôsis : changement de forme (de méta et morphê : forme)

méthodes substitutives l.f.p.

substitute methods

Méthodes permettant de réduire le nombre des animaux de laboratoire utilisés en expérimentation, d’optimiser leur utilisation, voire dans le meilleur des cas de la remplacer par tout autre moyen efficace, tel que les méthodes in silico utilisant des bases de données constituées à partir de résultats expérimentaux, des méthodes physico-chimiques, des systèmes biologiques préparés à partir d’organismes vivants ou non (systèmes enzymatiques reconstitués, micro-organismes, cellules, modèles de tissus reconstruits...).
A ces méthodes mises en jeu et développées depuis plusieurs années, viennent s’ajouter des modèles prospectifs tels que les Omiques qui s’inscrivent dans les stratégies de substitution, les cellules souches, les organes bio-artificiels et les cultures organotypiques. Peu de méthodes réussissent isolément, il faut les utiliser de façon concertée de sorte que l’emploi de l’animal n’intervienne que de tardivement et de manière ultime.
Ces méthodes trouvent des applications très diverses.
Leur validation est réalisée au niveau européen par ECVAM (pour European Centre for the Validation of Alternative methods) dans le cas des substances chimiques, par EDQM (pour European Directorate for the Quality of Medicine, Direction européenne de la Qualité du médicament et soins de santé).
Mal traduite de l’anglo-américain, l’appellation “méthode alternative” est impropre. 

Étym. lat. substituere : mettre à la place (de sub et statuere : placer sous)

méthodes de substitution absolue, méthodes de substitution relative, in silico, in vivo, in vitro, omiques, organe bioartificiel

Pautrier (micro-abcès de) l.m.

Pautrier microabscess

Petite cavité creusée dans l'épiderme ou parfois dans l'épithélium folliculaire, renfermant des cellules mononucléées tassées les unes contre les autres, qui sont soit des petits lymphocytes, soit des cellules de Sézary, sans spongiose associée, le tout réalisant une image histologique caractéristique du mycosis fongoïde, témoignant du caractère épidermotrope de l'infiltrat.

L. M. Pautrier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1876-1958) ; F-J. Darier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1856-1928)

Syn. nid épidermique de Darier

cellule de Sézary, spongiose, mycosis fongoïde

[J1]

Édit. 2018

microglie n.f.

microglia

Ensemble de macrophages intraparenchymateux d'origine mésodermique du système nerveux central, qui représente environ 10% de la population cellulaire gliale du cerveau.
Ses progéniteurs peuvent être très tôt mis en évidence dans les bourrelets neuraux, à partir du huitième jour de l'embryogénèse. Il s'agit de cellules à phénotype macrophagique, qui proviennent très probablement du sac vitellin, pénétrant l'ébauche neurale et s'y multipliant activement. La très grande majorité des cellules microgliales apparaît dans les deux semaines qui suivent la naissance.
Une mise en évidence de ces données chez l'Homme reste à démontrer. Dans ce cas, en résulteraient d'importantes conséquences sur la physiopathologie d'affections cérébrales (telles que le neurosida) et sur les modalités d'éventuelles thérapies géniques.

Étym. gr. mikros : petit ; gloios : colle

migraine hémiplégique familiale l.f.

familial hemiplegic migraine

Crises récurrentes de douleurs crâniennes ou hémicraniennes de type migraineux précédées d'hémiplégie et d'hémiparésie pouvant durer plusieurs jours.
Elles peuvent être accompagnées d’ataxie, d’incoordination, de nystagmus, de surdité de perception, de dysarthrie et parfois de coma. L’EEG est perturbé dans l’hémisphère opposé au déficit. Deux groupes sont distingués : une forme pure où l’examen neurologique est normal entre les crises et les formes avec troubles cérébelleux permanents (30% des familles). C’est probablement la même entité que la migraine familiale. Une famille a été décrite avec dégénérescence rétinienne.
La transmission est autosomique dominante avec pénétrance incomplète (86%). Plusieurs gènes ont été identifiées : 1- le gène CACNA1A – locus en 19p13- noté dans la moitié des cas (et 100% en cas de troubles cérébelleux) code pour la sous unité α1A principal constituant des canaux calciques dépendant du voltage P/Q : P, à inactivation lente, étant le principal courant calcique des cellules de Purkinje du cervelet et le type Q à inactivation rapide jouant un rôle dans la libération des neurotransmetteurs. c’est une mutation « gain d’activité » qui entraîne une excitation cérébrale. 2- Le gène ATP1A2 – locus en 1q25-q31 code pour la protéine Na+/K+ATPase, transporteur ionique qui utilise l’ATP comme énergie pour extraire le Na+ et entrer le K+ dans les cellules à travers la membrane. Ce gène  est trouvé dans les formes avec épilepsie (10à 20% des cas). 3- Un autre locus a été décelé en 6p12.2-p21.1.

J. M. Clarke, neurologue britannique (1910)

Étym. gr. hêmi : demi : kranion : crâne ; hemi- : moitié : plêssein : frapper

CADASIL

mimétisme moléculaire l.m.

molecular mimicry

Similitude de séquences entre les constituants de l'hôte et les constituants de micro-organismes. Le mimétisme moléculaire a été invoqué pour rendre compte de certaines maladies auto-immunes ou de maladies inflammatoires chroniques déclenchées par des micro-organismes et entretenues par la stimulation par des peptides de l’hôte.
Cette théorie s’appuie sur l’existence de lymphocytes T autoréactifs dans l’organisme sain, en particulier de lymphocytes T qui reconnaissent des peptides ignorés, non présentés par les cellules hématopoïétiques de la jonction corticomédullaire du thymus. P. par exemple des souris transgéniques dont les cellules ß des ilots de Langerhans expriment un peptide du virus de la chorioméningite lymphocytaire ne présentent aucun désordre pathologique. Par contre l’injection du virus entier chez ces souris déclenche un diabète insulinodépendant.

Étym. gr. mimeisthai : imiter (de mimos : mime) ; lat. moles : masse

mitogène n.m.

mitogen

Substance qui induit la prolifération des cellules, en particulier des lymphocytes.
La prolifération des lymphocytes B murins peut être induite par les lipopolysaccharides. La prolifération des cellules T peut être induite par des lectines végétales (phytohémagglutinine, concanavaline A) qui provoquent l’oligomérisation des molécules CD2 et CD3 ou bien par des anticorps monoclonaux dirigés contre le complexe CD3-TCR ou par des anticorps polyclonaux. La prolifération des lymphocytes T et B peut en outre être déclenchée par l’association d’un ester de phorbol et d’un ionophore calcique (ionomycine) qui induit la translocation de facteurs de transcription des gènes de cytokines et du récepteur de l’IL-2 (NFAT et NFκB, Nuclear Factor kappa B).

Étym. gr. mitos : filament ; genos : origine, naisance

lectine

mitose n.f.

mitosis

Processus dynamique et contrôlé, par lequel les cellules somatiques se divisent et se multiplient et répartisssent de façon équitable les chromosomes dupliqués dans chacune des cellules filles, leur fournissant un nombre identique à celui de la cellule mère et par voie de conséquence la même information génétique.
La mitose est complexe et comporte des phases séparées où le matériel génétique est en situation plus ou moins vulnérable aux radiations et à certains agents chimiques : la prophase, la métaphase, l’anaphase et la télophase. La mitose s’oppose à la méiose, également une division cellulaire qui ne concerne que les gonies et s’accompagne d’une réduction de moitié du nombre chromosomique. L’évaluation chiffrée du nombre des mitoses, soit de-visu, soit à l’aide d’un anticorps monoclonal (Ki-67 ; MIB) permet indirectement d’étudier le degré de croissance d’un tissu et d’une tumeur et de préjuger de l’influence d’antimitotiques. Les mitoses atypiques, par exemple les mitoses tripolaires, témoignent d’une perturbation profonde de ce processus et sont fortement évocatrices d’un cancer. Les anomalies chromosomiques sont mieux analysées sur un caryotype, obtenu après induction de mitoses ou arrêt de celles-ci en télophase par un toxique, colchicine par exemple.

Étym. gr. mitos : fil

mort n.f.

death

Cessation totale et définitive des fonctions organiques et tissulaires animant l'organisme.
Dans le langage courant la mort se définit par l'arrêt évident et définitif de toutes les fonctions vitales : perte de conscience, de toute réaction à un stimulus quelconque et de tout mouvement spontané, arrêt respiratoire, arrêt cardiaque primitif (mais quelle que soit la cause de la mort, il y a toujours arrêt cardiaque).
En médecine légale on distingue habituellement :
- la mort naturelle, à la suite d'une évolution normale de la vie, expliquée par une maladie, connue ou évidente, ou par l'anomalie ou l'arrêt d'une fonction essentielle, par par exemple l'arrêt cardiaque ;
- la mort violente, où une inspection détaillée permet d'identifier un meurtre un suicide ou un accident ;
- la mort suspecte, dont les conditions de survenue ne permettent pas d'affirmer les causes sans un examen complet avec autopsie et contrôle toxicologique.
La mort peut survenir subitement, en quelques minutes, ou faire suite à une agonie plus ou moins longue dont la durée dépend des moyens de réanimation mis en œuvre .
La définition de la mort implique un certain délai pour affirmer l'irréversibilité du processus. La conviction de l'observateur annonçant la mort est donc justifiée par le temps écoulé entre l'apparition de l'arrêt d'une fonction vitale (annulation de la grandeur cardinale caractérisant cette fonction), l'extension progressive de l'arrêt aux autres fonctions vitales et le constat de l'irréversibilité au bout d'un temps suffisant.
La mort cérébrale autorise le prélèvement d'organes et l'arrêt de la réanimation : la pratique des greffes utilisant des organes a montré que la plupart d'entre eux ont une capacité de retrouver des fonctions naturelles plusieurs minutes voire plusieurs heures après le constat de la mort de l'individu. Ainsi la mort de nombreuses cellules est beaucoup plus tardive que celle de l'individu mais elle est variable selon les tissus : la nécrose des cellules cérébrales survient la première.

Étym. lat. mors : mort (de l'étrusque : Morta, était l'une des trois Parques, homologue de l'Atropos grecque, celle qui coupe le fil de la vie)

cardinale (grandeur), mort cellulaire, mort cérébrale, mort (signes de la)

mort cellulaire l.f.

cell death

Terme ultime des altérations cellulaires irréversibles qui correspond à l'arrêt de tout métabolisme et à la disparition de l'intégrité des membranes cellulaires dont dépend l'homéostasie.
On distingue deux formes de mort cellulaire : la nécrose et l'apoptose.
Une agression rompant les membranes mitochondriales produit la nécrose, processus passif.
Au contraire l'apoptose est un processus physiologique actif sans rupture des membranes mitochondriales, il conduit à la disparition de la cellule avec phagocytose des mitochondries par les cellules voisines. L'apoptose, appelée mort «programmée», se produit lorsque cessent des signaux de vie venus des cellules voisines, signaux qui empêchent le déroulement du «programme suicidaire» inscrit dans le génome.

apoptose, cardinale (grandeur), caspase, mort, nécrose, œdème

mort cellulaire (après irradiation) l.f.

cell death

Disparition d'une cellule causée par son irradiation.
Elle peut se produire lors de la première tentative de division. Plus fréquemment la cellule irradiée peut présenter quelques divisions successives et son atteinte se manifeste par la disparition de la totalité de sa descendance. On désigne cette condamnation de la descendance sous le nom de mort différée ou mort mitotique de la cellule irradiée. Le mécanisme biologique en cause n'est pas établi ; on l'attribue à une aggravation progressive de lésions de l'ADN au cours des quelques divisions successives qu'elles autorisent.
La cellule est considérée survivante si sa descendance dépasse la 6ème génération, c'est-à-dire un effectif d'une centaine de cellules. Ce test est utilisé pour évaluer le taux de survie des cellules irradiées avec les techniques de clonage.

clone (cellulaire)

morula n.f.

morula (TE)
morula
Amas muriforme de blastomères constituant le stade initial de la segmentation de l'œuf.
Cette phase commence 4 jours après la fécondation (stade carnegie 4) au stade de 16 cellules (blastomères), dure presque une semaine et se termine au stade de 64 cellules avec la formation de la cavité de segmentation, le blastocèle, qui mène à la phase de la blastula.

Étym. lat. morus : mûre

blastomère, blastocyste, blastula, blastocèle, stade carnegie 4

[A4,O6]

Müller (cellule de) l.f.

Müller's cell

Grande cellule de la rétine, s’étendant à travers toute l’épaisseur de la rétine neurosensorielle, de la membrane limitante interne à la couche des photorécepteurs.
Les cellules de Müller présentent des digitations latérales qui comblent tous les espaces laissés libres par les autres cellules de la rétine. Du côté interne elles reposent sur une membrane basale qui constitue la membrane limitante interne. Elles ont un rôle de soutien et de cohérence de la rétine et un rôle de nutrition.

H. Müller, anatomiste allemand (1856)

mutation n.f.

mutation

Changement d'un caractère héréditaire survenant spontanément ou provoqué par divers agents.
Une mutation peut toucher les cellules germinales mais aussi les cellules somatiques. En génétique, une mutation est causée par une altération d'une chaîne d'ADN, entraînant le plus souvent une erreur dans la transcription et la traduction du gène altéré. La mutation peut être due à la substitution d'une base par une autre, à une délétion par perte d'un ou plusieurs nucléotides consécutifs ou à l’insertion d'un ou plusieurs nucléotides supplémentaires. Une substitution silencieuse n'a aucune conséquence sur la traduction, le codon substitué ayant la même spécificité que le codon initial. Une mutation faux-sens remplace un codon par un autre très différent. Une mutation non-sens transforme un codon qui code un acide aminé en un codon stop qui arrête la traduction, ou inversement change un codon stop en un codon qui n'arrête pas la traduction.

Étym. lat. mutatio : déplacement, changement

Mycoplasma

Mycoplasma
Genre de bactéries polymorphes, dépouvues de paroi, appartenant à la famille des Mycoplasmataceae de la classe des Mollicutes, qui se fixent à la surface des cellules épithéliales ou sont intracellulaires.
Certaines espèces sont pathogènes, après avoir colonisé l’oropharynx ou les muqueuses génito-urinaires de l’Homme et des animaux, d’autres sont des contaminants de cultures cellulaires. Les patients qui présentent un déficit en cellules B ou une drépanocytose sont particulièrement réceptifs aux infections à Mycoplasma ; l’infection à VIH, pour sa part, prédispose aux infections systémiques à M. fermentans et à M. penetrans.
On distingue principalement :
- M. pneumoniae, responsable d’infections respiratoires (pneumopathies atypiques communautaires) de l’enfant et de l’adulte jeune, plus rarement d’autres manifestations : myocardites, péricardites, érythème polymorphe, méningo-encéphalites,
- M. hominis, à l’origine de pyélonéphrites aigües et d’infections génitales,
- M. genitalium, qui provoque des uréthrites,
- M. fermentans et M. penetrans.
Leur identification nécessite des milieux de culture spécifiques ; l’amplification par PCR facilite leur mise en évidence. On dispose aussi, pour M. pneumoniae, de techniques sérologiques.
Ces bactéries sont sensibles aux tétracyclines, aux macrolides et aux fluoroquinolones.

Syn. mycoplasme

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