Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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lysosome-related organelles (LROS) l.angl.

Organelles qui ont beaucoup de similitudes avec les lysosomes qui digèrent et recyclent le matériel mais qui ont des fonctions spécialisées et sont présentes dans les mélanocytes, les plaquettes et les cellules pulmonaires.
Les mutations des gènes associés au syndrome de Hermansky-Pudlak préviennent la formation des LROs et perturbent le fonctionnement structurel de ces cellules. Les patients avec ce syndrome souffrent d’un albinisme oculo-cutané car les LROs des mélanocytes ne peuvent produire et distribuer la substance qui donne la coloration à la peau, les cheveux et les yeux (mélanine). Des problèmes de saignement sont causés par l’absence de LROs des plaquettes qui affectent le processus de l’activité plaquettaire et de la formation du caillot. Des mutations de certains gènes causent le syndrome Heřmansky

F. Heřmansky et P. Pudlak, médecins tchèques (1959)

→ Heřmansky-Pudlak (syndrome de), HPS gene

maladie des chaînes légères l.f.

light chain disease

Maladie rare, caractérisée par la prolifération de cellules productrices d'anticorps.
Ces cellules ne produisent plus que les chaînes légères d'immunoglobulines anormales et particulières par leur tendance à former des précipités dans certains tissus, comme les glomérules et tubules des reins, les nerfs, le cœur, le foie. Il en résulte des troubles de fonctionnement des tissus infiltrés. Cette maladie est proche par certains de ses caractères de l'amylose immunoglobulinique AL, dont elle se distingue par la nature des dépôts anormaux.

→ amylose, chaînes légères

Takayasu (maladie de) l.f.

Takayasu arteritis, Takayasu syndrome, pulseless disease, nonspecific aortoarteritis

Vascularite inflammatoire, chronique, non nécrosante, caractérisée par un infiltrat avec des cellules géantes, touchant les vaisseaux de gros calibre
Panartérite segmentaire non spécifique, d'étiologie inconnue, responsable de sténoses des troncs artériels supra-aortiques, survenant de préférence chez la femme jeune, d'origine asiatique, antillaise ou d'Afrique du nord.
Affection rare,  qui s'intègre dans le cadre des angéites non-nécrosantes, à cellules géantes, caractérisées par une atteinte préférentielle des branches de l’aorte, souvent carotides, artères sous-clavières et vaisseaux digestifs et/ou coronaires. Dans 32% des cas, existent des lésions sur le reste de l'aorte descendante et abdominale. Les lésions des artères extracrâniennes contrastent avec le respect des artères intracrâniennes.
L'inflammation conduit à l'épaississement de la paroi artérielle, à sa fibrose et sa sténose. Le contexte comprend des poussées fébriles et une biologie inflammatoire. La disparition habituelle des pouls radiaux est à l'origine de l'appellation classique de «maladie des femmes sans pouls». Une claudication intermittente caractérise le retentissement hémodynamique des manifestations ischémiques : vertiges, syncopes survenant à l'effort ou au changement de position, plus rarement accidents ischémiques cérébraux transitoires ou constitués. L'atteinte neuro-ophtalmologique est habituelle : cécité par ischémie rétinienne, exsudats des vaisseaux rétiniens, hémorragies, anévrismes, fistules artérioveineuses ; les complications oculaires ischémiques les plus sévères conduisent à une atrophie du globe et à une énophtalmie. Des hémorragies cérébrales ont été rapportées, compliquant l'hypertension artérielle, fréquente dans cette affection.
Le diagnostic est évoqué devant un faisceau d’éléments cliniques, biologiques, radiologiques, échographiques et parfois histologiques. On ne dispose pas de marqueur biologique diagnostique spécifique. Le syndrome inflammatoire est confirmé par l’augmentation de la protéine C réactive, de la pentraxine 3, du fibrinogène, des α2-globulines et de la vitesse de sédimentation. La recherche de facteurs antinucléaires ou de facteurs rhumatoïdes est négative.
Le pronostic est lié à la diffusion et à l'évolutivité des lésions artérielles.
Le traitement fait appel aux glucocorticoïdes ; les antiplaquettaires et les anticoagulants sont discutés, la maladie étant peu thrombogène. Des biothérapies et des immunosuppresseurs sont aujourd’hui proposés en association à la corticothérapie. Les indications chirurgicales sont nécessaires pour corriger une ischémie symptomatique. Elle doit être faite préférentiellement, une fois l’inflammation jugulée.
La maladie est endémique au Japon et non familiale, mais de nombreux cas familiaux ont été publiés avec dans certains cas de vrais jumeaux, faits que l'on peut expliquer par une possible cause immunologique puisque l’on trouve une association avec le groupe HLA-B52 (MIM 207600). En fait les jumeaux vivent dans le même environnement et une cause non génétique peut aussi être discutée.

M. Takayasu, ophtalmologiste japonais (1908) ; F. Martorell Otzet et J. Fabré Tersol, chirurgien et cardiologue espagnols (1944)

Syn. maladie des femmes sans pouls , Martorell et Fabré-Tersol (syndrome de), syndrome de la crosse aortique, aortite à cellules géantes, aortite non syphilitique

[K4, N3, P2]

Édit. 2019

maladie veino-occlusive du foie  l.f.

hepatic veino occlusive disease

Entité caractérisée par une atteinte non thrombotique des cellules sinusoïdales du foie comportant au stade précoce un œdème endothélial et à un stade plus tardif une fibrose concentrique des veinules hépatiques.
La lésion initiale est une atteinte toxique des cellules de l'endothélium sinusoïdal, plus sensibles que les hépatocytes.
Cette entité a été initialement décrite au cours des intoxications aigües ou chroniques par les alcaloïdes de la pyrrolizidine contenus dans de très nombreuses plantes. L’irradiation hépatique et la chimiothérapie, particulièrement en préparation à la greffe de moelle, représentent la principale cause. Chez des malades atteints de cancer, la chimiothérapie a été incriminée ; il s’agit de protocoles contenant de l’oxaliplatine.

Syn. syndrome d’obstruction sinusoïdale

Sigle  : SOS

malignité (signes histologiques de) l.m.p.

Ensemble des caractères morphologiques, observés en microscopie optique, permettant de porter le diagnostic de tumeur maligne.
Outre les signes cytologiques de malignité, on note une infiltration par les cellules malignes des tissus environnants qui se trouvent ainsi progressivement détruits après effraction de la membrane basale dans le cas des cancers épithéliaux, et extension dans les tissus conjonctifs interstitiels. Au niveau de ces derniers, les cellules tumorales se trouvent au contact d’un riche réseau vasculaire qu’elles vont pénétrer après effraction de la membrane basale des vaisseaux, ce qui peut permettre la diffusion de la tumeur et l’apparition de métastases. Le tissu tumoral, parfois métaplasique, peut offrir des degrés variables de différenciation ; les proliférations tumorales les plus indifférenciées, voire anaplasiques, peuvent orienter vers la malignité ; à l’opposé, certaines tumeurs authentiquement malignes sont très différenciées et parfois même le siège d’une maturation signalée p. par exemple par la production de mucus pour les cancers glandulaires, ou de kératine pour les cancers épidermoïdes.

Étym. lat. malignus : méchant

MALT (lymphome du) l.m.

MALT lymphoma

Variété de lymphome non hodgkinien développé à partir du tissu lymphoïde annexé aux muqueuses, plus précisément de la zone marginale, la précession par des lésions lymphoépithéliales bénignes étant fréquente : gastrite chronique à Helicobacter pylori, thyroïdite chronique, syndrome de Sjögren.
Ces lymphomes ont une évolution souvent indolente, longtemps localisée. Le rôle d'une stimulation antigénique chronique locale est illustré par la régression possible des lymphomes gastriques après éradication de Helicobacter pylori.
La classification OMS (2001) distngue les lymphomes de la zone marginale (dans 96% des cas) à cellules lymphoïdes B de petite taille, peu évolutifs et les lymphomes diffus à grandes cellulesB, invasifs.
Dans près de la moitié des cas il est noté une translocation t(11 ; 18)(q21- q22) entraînant une fusion des deux gènes API2 et MALT1 impliqués dans la régulation de l’apoptose ; dans les formes à grandes cellules on note une mutation par délétion P53.

Syn. lymphome à cellules monocytoïdes, lymphome de la zone marginale

Sigle  : Mucosa Associated Lymphoid Tissue

→ MALT

marqueurs biologiques tumoraux l.m.p.

tumor-associated markers

Molécules protéiques ou glycoprotéiques secrétées par les cellules tumorales. Ces marqueurs peuvent permettre la détection de tumeurs les produisant. Ils sont, toutefois, souvent peu spécifiques et leur dosage est donc surtout  utile pour la surveillance des malades traités, afin de déceler précocement une récidive.
Les plus importants sont :
- l'α-fœtoprotéine dans les cancers du foie et les tératomes,
- la beta-HCG, dans les tumeurs germinales testiculaires,
- la calcitonine dans le cancer médullaire de la thyroïde,
- le PSA (Prostate Spécific Antigen) pour les carcinomes prostatiques,
- le CA 125 (Cancer Antigen 125) pour les cancers de l'ovaire,
- le CA 15-3 (Cancer Antigen 15-3) pour les carcinomes du sein,
- le CA 19-9 pour les carcinomes gastriques et pancréatiques,
- l'ACE ou antigène carcino-embryonnaire pour les carcinomes colorectaux,
- la NSE (Neuron-Specific Enolase) pour les carcinomes bronchiques à petites cellules.

Syn. marqueurs biologiques des cancers

matrice extracellulaire l.f.

extra cellular matrix

Réseau de macromolécules  excrétées par les cellules des organismes pluricellulaires, qui forme un espace extracellulaire assurant le soutien, la protection mécanique et chimique et participant à l'organisation tissulaire, la migration et la communication de ces cellules.
C'est le constituant du tissu conjonctif qui occupe, avec le liquide interstitiel, tout l'espace compris entre les membranes basales des différents tissus.
Elle est formée de fibres et de la substance fondamentale.

Étym. lat. matrix, dérivé de mater, mère

Syn. matériel extracellulaire

→ tissu conjonctif de soutien

[A2]

Édit. 2019

médicaments de thérapie innovante (MTI) l.m.p.

innovative therapeutic medicine (ITM)

Ensemble des médicaments de thérapie génique, de thérapie cellulaire somatique et de ceux issus de l’ingénierie cellulaire et tissulaire.
Ce statut regroupe les produits ayant subi une modification substantielle (par exemple, une culture cellulaire, une étape d’activation ou de différentiation cellulaire) ou correspondant à un usage des cellules indépendant de leur origine (par exemple, l’injection de cellules souches médullaires dans le cœur). Le développement de ces produits suit la directive européenne n° 1394/2007. Elle est régulée au niveau national (Agence nationale de sécurité des médicaments) pour les essais cliniques et au niveau européen pour la mise sur le marché et l’ensemble des procédures de suivi après autorisation (« European medicine agency »).
Il existe également des médicaments de thérapie innovante préparés ponctuellement (MTI-PP). Ce sont des MTI fabriqués et utilisés au sein d’un unique état membre et destinés à un seul malade. Ces MTI-PP sont sous le régime des MTI du règlement européen, mais sont cependant exemptés de la clause de l’AMM centralisée. Ils doivent obéir à la règlementation nationale en matière de qualité et de sécurité qui est identique à celle de l’Union européenne.

médulloblastome l.f.

medulloblastoma

Néoformation classée dans les tumeurs embryonnaires du système nerveux comme la tumeur neuro-ectodermique primitive de référence (Rorke, 1983), qui représente 20% des tumeurs intracrâniennes de l'enfant, mais s'observe aussi chez l'adulte surtout jeune (1 à 2% des tumeurs cérébrales). Elle est plus fréquente dans le sexe masculin.
Développé aux dépens de la couche des grains du cervelet, le médulloblastome intéresse plus volontiers le vermis et le quatrième ventricule. Macroscopiquement, il est infiltrant, parfois kystique et hémorragique. Il est constitué de petites cellules rondes très basophiles, à gros noyau, souvent en mitose, qui se disposent en nappes ou en rosettes caractéristiques, dites de Homer Wright. On peut observer des plages de différenciation neuronale, astrocytaire ou oligodendrogliale. En revanche, des cellules de grande taille ou une surcharge lipidique sont plus rares.
La forme desmoplastique serait plus superficielle et de meilleur pronostic. Elle comporte des ilots cellulaires, siège d'une différenciation neuronale ou gliale particulière, entourés ou non de fibres collagènes.
Les formes rares comprennent des différenciations cellulaires (médullomyoblastomes) ou une surcharge mélanique (médulloblastomes mélanotiques).
Cette tumeur survient vers l'âge de 9 ans chez l'enfant, avec un siège essentiellement vermien, et à un âge médian de 25 ans chez l'adulte, avec un siège préférentiel latéral.
Le mode de révélation est généralement un syndrome d'hypertension intracrânienne, avec parfois atteinte des paires crâniennes. Le diagnostic est évoqué sur un scanner et surtout une IRM.
Le traitement comporte une exérèse chirurgicale la plus large possible, suivie d'une radiothérapie craniospinale dont les séquelles sont souvent sévères chez l'enfant (troubles de la croissance, séquelles endocriniennes, atteinte cognitive) et moindres chez l'adulte. La chimiothérapie peut être utile lors de récidives locales et en cas de dissémination ménigospinale ou systémique (osseuse). Le pronostic peut être favorable avec 50% de survie à 5 ans, notamment chez l'adulte.
Le médulloblastome est une tumeur d'évolution rapide qui a tendance à métastaser dans tout l'organisme ou par voie liquidienne. Les nombreux essais d'histopronostic aident peu dans la décision thérapeutique. Les récidives sont fréquentes.

J. H. Wright, anatomopathologiste américain (1910) ; Lucy Bilian Rorke-Adams, neuropahologiste américaine (1983)

Étym. lat. medulla : moelle ; gr. blastos : bourgeon, germe ; -ome suffixe indiquant une tumeur

mégaline n.f.

megalin

Protéine de masse moléculaire élevée (600 kDa) localisée dans les membranes de cellules épithéliales, qui fait partie des récepteurs des lipoprotéines LDL et présente une grande homologie avec les récepteurs de l’bêta2-macroglobuline.
Elle est exprimée notamment avec la cubiline dans les cellules bordant des tubules rénaux et le feuillet viscéral du sac vitellin. Elle intervient avec de nombreux ligands dans le transport des lipides de faible densité, des vitamines A et D, en immunologie et dans le développement et la fonction de nombreux organes. Elle est codée par le gène LRP2 (low-density protein receptor-related Protein 2) locus en 2q31.1 dont les mutations sont à l’origine des syndromes de Donnai et Barrow et facio-oculo-acousticorénal.

D. Donnai et M. Barrow, généticiens britanniques (1993)

→ hernie diaphragmatique, exomphalocèle, absence de corps calleux, hypertélorisme, myopie et surdité neurosensorielle, facio-oculo-acousticorénal (syndrome).

méiocyte n.m.

meiocyte

Cellule subissant la méiose.
Chez les animaux, il s'agit des ovogonies et des spermatogonies ; chez les végétaux supérieurs, des cellules mères du pollen et des cellules mères du sac embryonnaire.

Étym. gr. meiôsis, réduction (de meion : moins) ; kutos : cellule

→ ovogénèse, spermatogénèse

mélanome à cellules ballonnisantes l.m.

balloon cell melanoma

Mélanome contenant, dans sa masse tumorale épithélioïdes, des amas de cellules volumineuses à cytoplasme clair non pigmenté, légèrement granuleux et à noyau ovalaire plus ou moins irrégulier, qui parfois ressemble à celui des cellules ballonnisantes de certains nævus, ce qui rend le diagnostic histologique de mélanome parfois difficile.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

→ nævus à cellules ballonnisantes

membrane basale l.f.

basement membrane

1) Liseré homogène, régulier, d'épaisseur variable, de structure extracellulaire, marquant l'interface entre endothélium, épithéliums, muqueuses glandulaires et les tissus conjonctifs de soutien sous-jacents.
C'est une barrière infranchissable ou sélective ainsi qu'un support pour les structures cellulaires ; elle intervient aussi dans leur contrôle de prolifération et leur métabolisme. Elle est mise en évidence par le PAS, les colorations argentiques et ses caractères ultrastructuraux ; elle est en effet constituée de trois couches : une centrale, la lamina densa, et deux périphériques situées de part et d’autre de la lamina densa : la lamina lucida (dite rara interna, zone d’attachement des cellules parenchymateuses), et la lamina subbasale (dite rara externa, formée de fibrilles de collagène qui se continuent avec le tissu conjonctif adjacent). Sur le plan biochimique, elle est essentiellement constituée de collagène de type IV, de glycosaminoglycanes et de glycoprotéines de structure. La membrane basale de l’épiderme est dénommée jonction dermoépidermique.
2) Revêtement fibrillaire à la surface externe de certaines cellules.

Étym. lat. membrana 

→ glycocalyx

membrane limitante interne l.f.

internal limiting membrane

Couche la plus interne de la neurorétine, qui correspond à la membrane basale des cellules de Müller et constitue le versant rétinien de l’interface vitréorétinienne.
Elle tapisse toute la surface de la rétine et de l’ora serrata, et se prolonge au niveau de la papille par la membrane basale des astrocytes prépapillaires appelée membrane limitante interne d’Elschnig. Elle varie en épaisseur : elle est plus épaisse au pôle postérieur qu’à l’équateur, elle est composée de collagène de type IV, de fibronectine, de laminine et de protéoglycane. On lui décrit deux couches : la lamina rara au contact direct de la membrane cytoplasmique des cellules de Müller, et la lamina densa au contact direct des fibrilles de collagène du cortex vitréen postérieur.

Syn. limitante interne

mémoire immunologique l.f.

immunologic memory

Concept exprimant la capacité d'un organisme (ou de cellules immunocompétentes) de répondre de façon accélérée particulièrement intense à une nouvelle stimulation par un antigène déjà rencontré.
Les lymphocytes B à mémoire se distinguent des lymphocytes B naïfs par l’absence d’IgD membranaires et la présence d’IgG, d’IgA ou d’IgE membranaires. Les lymphocytes T à mémoire sont caractérisés par une faible expression de la sélectine CD62L et la présence d’une isoforme courte de la molécule CD45 (CD45RO). Les cellules T à mémoire possèdent en outre des propriétés de migration tissulaire (écotaxie) particulières liées à l’expression de certains antigènes ou d’intégrines membranaires. D’une façon générale les lymphocytes T et B à mémoire sont caractérisés par leurs capacités d’activation par de faibles concentrations d’antigènes ou de peptides et un rôle plus restreint des cosignaux d’activation (cytokines, molécules adhésives intercellulaires).

Étym. lat. immunire : se protéger : gr.  logikê  (de logos : discours,  étude)

Menétrier (maladie de) l.f.

Menétrier's disease

Affectation caractérisée par la présence dans le fundus et le corps de l'estomac de plis géants avec, histologiquement, hyperplasie des fovéoles  entraînant un épaississement muqueux malgré l'atrophie progressive des glandes avec remplacement des cellules principales et pariétales par des cellules à mucus.
Les culs-de-sac glandulaires distendus forment des pseudokystes.
On constate une hypo-albuminémie, une anémie, une hyposécrétion gastrique acide et une exsudation protéique gastrique. Les complications sont la dénutrition, les œdèmes ou anasarque, l'hémorragie digestive et l'adénocarcinome gastrique. Une surveillance endoscopique à long terme est indispensable.

P. Menétrier, médecin français, membre de l’Académie nationale de médecine (1888)

ménine n.f.

menin

Protéine intranucléaire ayant un rôle de suppresseur de tumeur dans les cellules glandulaires endocrines, dans la constitution du cytosquelette et dont les mutations sont responsables des néoplasies endocriniennes multiples de type 1.
Régulatrice de la prolifération cellulaire par interaction avec des facteurs de transcription, elle intervient dans l’apoptose. Constituée de 610 acides aminés, elle est codée par le gène MEN1 (Multiple Endocrine Neoplasia 1) en 11q13 (Biström). Ses mutations, ponctuelles, souvent de type non-sens ou par délétion donnent une protéine tronquée, inactive, les cellules se divisent alors sans contrôle et développent des tumeurs des glandes endocrines : parathyroïdes, pancréas, hypophyse, et aussi corticosurrénales, thyroïde, thymus. Ces mutations, autosomiques dominantes, étant ponctuelles mais très nombreuses, l’expression est très variable d’une famille à l’autre. La prédominance de l’atteinte duodéno-pancréatique avec gastrinomes multiples et récidivants constitue de syndrome de Zollinger-Ellison.

Camilla Byström, médecin généticienne suédoise (1988)

→ néoplasie endocriniennes multiple de type 1, Zollinger-Ellison (syndrome de),

mérogamie n.f.

Mode de reproduction sexuée où les gamètes sont des cellules spécialisées, bien distinctes des cellules somatiques.

Étym. gr. méros : partie, gamétês : époux

Ant. hologamie

→ hologamie

métamorphose n.f.

metamorphosis

En cytologie : acquisition par une cellule de caractères morphologiques et fonctionnels différents du type originel.
Cette transformation frappe aussi bien les cellules épithéliales que les cellules conjonctives et est souvent étroitement liée au phénomène de métaplasie.

Étym. gr. metamorphôsis : changement de forme (de méta et morphê : forme)

méthodes substitutives l.f.p.

substitute methods

Méthodes permettant de réduire le nombre des animaux de laboratoire utilisés en expérimentation, d’optimiser leur utilisation, voire dans le meilleur des cas de la remplacer par tout autre moyen efficace, tel que les méthodes in silico utilisant des bases de données constituées à partir de résultats expérimentaux, des méthodes physico-chimiques, des systèmes biologiques préparés à partir d’organismes vivants ou non (systèmes enzymatiques reconstitués, micro-organismes, cellules, modèles de tissus reconstruits...).
A ces méthodes mises en jeu et développées depuis plusieurs années, viennent s’ajouter des modèles prospectifs tels que les Omiques qui s’inscrivent dans les stratégies de substitution, les cellules souches, les organes bio-artificiels et les cultures organotypiques. Peu de méthodes réussissent isolément, il faut les utiliser de façon concertée de sorte que l’emploi de l’animal n’intervienne que de tardivement et de manière ultime.
Ces méthodes trouvent des applications très diverses.
Leur validation est réalisée au niveau européen par ECVAM (pour European Centre for the Validation of Alternative methods) dans le cas des substances chimiques, par EDQM (pour European Directorate for the Quality of Medicine, Direction européenne de la Qualité du médicament et soins de santé).
Mal traduite de l’anglo-américain, l’appellation “méthode alternative” est impropre. 

Étym. lat. substituere : mettre à la place (de sub et statuere : placer sous)

→ méthodes de substitution absolue, méthodes de substitution relative, in silico, in vivo, in vitro, omiques, organe bioartificiel

Pautrier (micro-abcès de) l.m.

Pautrier microabscess

Petite cavité creusée dans l'épiderme ou parfois dans l'épithélium folliculaire, renfermant des cellules mononucléées tassées les unes contre les autres, qui sont soit des petits lymphocytes, soit des cellules de Sézary, sans spongiose associée, le tout réalisant une image histologique caractéristique du mycosis fongoïde, témoignant du caractère épidermotrope de l'infiltrat.

L. M. Pautrier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1876-1958) ; F-J. Darier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1856-1928)

Syn. nid épidermique de Darier

→ cellule de Sézary, spongiose, mycosis fongoïde

[J1]

Édit. 2018

microglie n.f.

microglia

Ensemble de macrophages intraparenchymateux d'origine mésodermique du système nerveux central, qui représente environ 10% de la population cellulaire gliale du cerveau.
Ses progéniteurs peuvent être très tôt mis en évidence dans les bourrelets neuraux, à partir du huitième jour de l'embryogénèse. Il s'agit de cellules à phénotype macrophagique, qui proviennent très probablement du sac vitellin, pénétrant l'ébauche neurale et s'y multipliant activement. La très grande majorité des cellules microgliales apparaît dans les deux semaines qui suivent la naissance.
Une mise en évidence de ces données chez l'Homme reste à démontrer. Dans ce cas, en résulteraient d'importantes conséquences sur la physiopathologie d'affections cérébrales (telles que le neurosida) et sur les modalités d'éventuelles thérapies géniques.

Étym. gr. mikros : petit ; gloios : colle

migraine hémiplégique familiale l.f.

familial hemiplegic migraine

Crises récurrentes de douleurs crâniennes ou hémicraniennes de type migraineux précédées d'hémiplégie et d'hémiparésie pouvant durer plusieurs jours.
Elles peuvent être accompagnées d’ataxie, d’incoordination, de nystagmus, de surdité de perception, de dysarthrie et parfois de coma. L’EEG est perturbé dans l’hémisphère opposé au déficit. Deux groupes sont distingués : une forme pure où l’examen neurologique est normal entre les crises et les formes avec troubles cérébelleux permanents (30% des familles). C’est probablement la même entité que la migraine familiale. Une famille a été décrite avec dégénérescence rétinienne.
La transmission est autosomique dominante avec pénétrance incomplète (86%). Plusieurs gènes ont été identifiées : 1- le gène CACNA1A – locus en 19p13- noté dans la moitié des cas (et 100% en cas de troubles cérébelleux) code pour la sous unité α1A principal constituant des canaux calciques dépendant du voltage P/Q : P, à inactivation lente, étant le principal courant calcique des cellules de Purkinje du cervelet et le type Q à inactivation rapide jouant un rôle dans la libération des neurotransmetteurs. c’est une mutation « gain d’activité » qui entraîne une excitation cérébrale. 2- Le gène ATP1A2 – locus en 1q25-q31 code pour la protéine Na+/K+ATPase, transporteur ionique qui utilise l’ATP comme énergie pour extraire le Na+ et entrer le K+ dans les cellules à travers la membrane. Ce gène  est trouvé dans les formes avec épilepsie (10à 20% des cas). 3- Un autre locus a été décelé en 6p12.2-p21.1.

J. M. Clarke, neurologue britannique (1910)

Étym. gr. hêmi : demi : kranion : crâne ; hemi- : moitié : plêssein : frapper

→ CADASIL

mimétisme moléculaire l.m.

molecular mimicry

Similitude de séquences entre les constituants de l'hôte et les constituants de micro-organismes. Le mimétisme moléculaire a été invoqué pour rendre compte de certaines maladies auto-immunes ou de maladies inflammatoires chroniques déclenchées par des micro-organismes et entretenues par la stimulation par des peptides de l’hôte.
Cette théorie s’appuie sur l’existence de lymphocytes T autoréactifs dans l’organisme sain, en particulier de lymphocytes T qui reconnaissent des peptides ignorés, non présentés par les cellules hématopoïétiques de la jonction corticomédullaire du thymus. P. par exemple des souris transgéniques dont les cellules ß des ilots de Langerhans expriment un peptide du virus de la chorioméningite lymphocytaire ne présentent aucun désordre pathologique. Par contre l’injection du virus entier chez ces souris déclenche un diabète insulinodépendant.

Étym. gr. mimeisthai : imiter (de mimos : mime) ; lat. moles : masse

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