Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pustulose néonatale l.f.

neonatal pustulosis

Groupe d'affections néonatales variées, caractérisées par la présence de pustules, dont le diagnostic repose sur l'analyse des antécédents maternels, la distribution des pustules, le cytodiagnostic, les prélèvements microbiens et, éventuellement, sur la biopsie cutanée.
La pustulose néonatale peut être infectieuse (staphylococcie, listériose, candidose, virose, etc.), non infectieuse (érythème toxique, mélanose pustuleuse transitoire, acropustulose infantile, pustulose à éosinophiles, miliaire sébacée), voire due à des causes plus rares (psoriasis pustuleux, incontinentia pigmenti, syndrome d'Omenn, histiocytose langerhansienne, etc.).

pyodermite végétante l.f.

pyoderma ou pyodermatitis vegetans

Infection cutanée bourgeonnante responsable de formations exophytiques mollasses, friables, irrégulières, suintantes et purulentes, correspondant en règle à des infections staphylococciques banales situées dans les plis, la macération étant responsable du caractère végétant.
Le botryomycome peut en être considéré comme une forme particulière. Les halogénides, le pemphigus végétant, la syphilis peuvent donner des tableaux similaires. Histologiquement, le caractère végétant réalise parfois des aspects pseudocarcinomateux. Parfois est réalisé un aspect papulo-érosif, comme dans la dermite fessière, syphiloïde postérosive de Sevestre et Jacquet des nourrissons

radiodermite n.f.

radiodermatitis

Réaction cutanée consécutive à une irradiation.
Dans les semaines qui suivent on peut observer les réactions de l’épiderme.
Après des doses supérieures à 20 Gy en irradiation unique, 40 Gy en irradiation fractionnée, persistent des séquelles d’atrophie, de sclérose cutanées (radiodermite chronique) qui peuvent s’ulcérer ou se cancériser. Les pionniers des radiations, physiciens et radiologistes, ont payé un lourd tribut à la radiodermite chronique.

→ radioépidermite

Ramsay Hunt (zone de) l.m.

Ramsay Hunt's area

Zone sensitive cutanée innervée par la branche intermédiaire du nerf facial, le nerf intermédiaire de Wrisberg.
Elle comprend une partie du tympan, le conduit auditif externe, une partie du pavillon de l'oreille : tragus, conque, antitragus, anthélix et fosse de l'anthélix. C'est à ce niveau que l'on constate, lorsque le nerf facial est lésé avec son contingent sensitif, une hypoesthésie, siège parfois d'une douleur. Ceci est particulièrement vrai dans le cas d'un zona du ganglion géniculé, et c'est dans cette zone que l'on doit rechercher les vésicules caractéristiques.

J Ramsay Hunt, neurologue américain (1907)

rash n.m.

rash

Éruption cutanée de courte durée, que peuvent réaliser certaines infections virales.
D’autres étiologies, telles que les réactions allergiques, en sont aussi la cause.

Étym. angl. rash : éruption

Syn. exanthème

réactions secondaires aux produits de contraste l.f.p.

secondary reactions (to contrast media)

Effets secondaires plus ou moins importants, souvent désagréables, parfois graves, provoqués par l'injection intraveineuse, plus rarement intra-articulaire ou intra-artérielle d'un produit de contraste iodé.
Les manifestations cliniques peuvent en être très variées : sensation de chaleur plus ou moins importante ; douleur parfois suffisamment intense pour justifier une anesthésie générale (en particulier lors d'une injection dans l'artère humérale ou dans l'artère carotide externe) ; nausées ou vomissements ; surtout phénomènes allergoïdes pouvant aller de la simple réaction cutanée à l'œdème de Quincke voire au choc anaphylactique.
Certains effets secondaires seraient dus au franchissement de la barrière hématoencéphalique, en rapport avec l'hypertonicité de la solution. Ces réactions secondaires sont moins importantes pour les produits de contrastes triiodés non ioniques que pour les produis de contraste triiodés classiques à haute osmolalité.

→ allergie à l'iode

[B2,F3]

Édit. 2018

réflectivité en neurologie l.f.

reflexes in neurology

Réactions essentiellement motrices, régulièrement déclenchées en dehors de l'intervention de la volonté par la stimulation d'un récepteur.
L'arc réflexe permet la réponse réflexe. Il se compose de récepteurs, les fuseaux neuromusculaires, des axones afférents à une structure nerveuse centrale (moelle, tronc cérébral), et des axones efférents vers l'effecteur musculaire.
Citons :
- les réflexes ostéotendineux, contractions musculaires monosynaptiques mises en jeu par le brusque étirement que provoque la percussion du tendon. Chacun correspond à un niveau central précis, p. ex. : styloradial (C6), rotulien (L4), achilléen (S1) ;
- les réflexes cutanés, polysynaptiques. La stimulation cutanée entraîne une réponse motrice, p. ex. : réflexes cutanés abdominaux (D6-D8, D8-D10 et D10-D12), crémastérien (L1-L2), cutané plantaire (S1-S2) ;
- les réflexes de défense, dits d'automatisme médullaire, eux aussi polysynaptiques. Liés à des lésions sévères altérant de façon profonde et bilatérale le contrôle de l'arc réflexe, ils comportent une triple flexion avec retrait du membre inférieur stimulé et extension du membre inférieur controlatéral. À l'extrême, un triple retrait permanent est possible (paraplégie en flexion, dite cutanéoréflexe).

réflexe crémastérien l.m.

cremasteric reflex

Contraction du muscle crémastérien avec rétraction de la bourse homolatérale obtenue, à l'état normal, par l'excitation cutanée de la face interne de la cuisse au niveau de son tiers supérieur.
Ce réflexe explore la moelle sacrée. C’est surtout un signe fidèle de lésions de la voie pyramidale.

[H1,N1]

réflexe cutané plantaire l.m.

plantar reflex

Réflexe cutané faisant intervenir les muscles fléchisseurs plantaires, le mucle long fléchisseur de l’hallux et le nerf ischiatique (nerf fibulaire commun) qui correspond aux racines de S1 et S2.
Il est recherché par stimulation cutanée avec une pointe mousse, du bord externe du pied vers le 5e orteil, le sujet étant en décubitus dorsal, jambes en semiflexion.
La réponse normale est une flexion du gros orteil. Son extension lente (à différencier d'une réaction de retrait) constitue le signe de Babinski, qui permet d'affirmer l'existence d'une lésion du faisceau pyramidal.

→ Babinski (signe de)

région sacrée l.f.

regio sacralis (TA)

sacral région

Partie inférieure et médiane de la région dorsale, située au-dessous de la région vertébrale et répondant à la face postérieure du sacrum et du coccyx.
On y trouve inconstamment chez le nouveau-né une petite dépression cutanée répondant à l’apex du coccyx, la fossette coccygienne.

réticulose maligne l.f. (obs.)

malignant reticulosis

Appellation autrefois proposée pour désigner les variétés d'hématodermies dont on pensait qu'elles correspondaient à des proliférations malignes de cellules réticulaires à localisation purement ou essentiellement cutanée et ganglionnaire.
Actuellement remplacée par le terme lymphome.

→ lymphome

réticulose médullaire histiocytaire de Scott et Robb-Smith l.f.

histiocytic medullary reticulosis

Prolifération maligne systémique d'histiocytes, rare, d'étiologie inconnue, qui touche l'adulte jeune et atteint la peau dans 10% des cas sous la forme d'un ou de plusieurs nodules souscutanés parfois ulcérés.
L'examen histologique d'une biopsie cutanée montre une infiltration dermique s'étendant vers les plans profonds, faite d'histiocytes anormaux à différents stades de maturation. L'évolution est rapidement défavorable sans un traitement qui fait appel à la chimiothérapie et/ou à la radiothérapie.

R. Scott, pédiatre et A. Robb-Smith, anatomopathologiste britanniques (1939) ; H. Rappaport, anatomopathologiste américain (1966)

Syn. réticulose histiocytaire maligne, histiocytose maligne de Rappaport

rétinoïde n.m.

retinoid

Famille de substances synthétiques dérivées de la vitamine A naturelle, dont plusieurs possèdent des propriétés pharmacologiques.
Les formes commercialisées sont par voie topique, la trétinoïne et, par voie systémique, l'isotrétinoïne et l'acitrétine.
Les rétinoïdes agissent sur la prolifération et la différenciation des tissus, notamment des épithéliums. Ils ont, comme indications, les acnés nodulokystiques graves et les troubles de la kératinisation et, comme effets secondaires, une irritation cutanée, une nette tératogénicité et une élévation des triglycérides et des VLDL.

→ acitrétine , isotrétinoïne , trétinoïne , vitamine A, VLDL

rétinopathie exsudative avec aplasie de la moelle osseuse l.f.

exsudative retinopathy with bone marrow failure, Revesz syndrome

Téloméropathie marquée par une rétinopathie exsudative bilatérale survenant à l'âge de six mois suivie, un mois après, d'une sévère anémie et, l'année suivante, d’un décès.
La maladie ressemble à un retard de croissance intra-utérine, les cheveux sont rares, il existe une pigmentation cutanée réticulée, une ataxie par hypoplasie cérébelleuse, des calcifications cérébrales, une hypertonie et un retard psychomoteur. L’affection est rarissime est causée par une mutation hétérozygote du gène TINF2 situé sur le locus chromosomique 14q12 

T. Révész, pédiatre émirien (1992) ; P. Kajtár et K. Méhes, pédiatres hongrois (1994)

Syn. Revesz (syndrome de)

→ TINF2, téloméropathie

[Q2,P2,F1 H1,J1]

Édit. 2018

réveil (test de) l.m.

recovery test

Procédé d'évaluation des fonctions intellectuelles supérieures et de la coordination psychomotrice au décours d'une anesthésie générale ou locorégionale.
L'anesthésie réduit temporairement les performances des fonctions cognitives et de coordination des appareils sensoriels et moteurs dépendant du système nerveux central. On apprécie le réveil par des tests cliniques simples ou par des épreuves plus complexes. Ces tests peuvent aider à autoriser la sortie après une anesthésie ambulatoire. Cliniquement, on étudie la station debout, la marche en ligne droite et la posture avec une épreuve de Romberg.
Le score d'Aldrete, de 0 à 10 (calqué sur celui d'Apgar) comporte 5 items : pression artérielle, ventilation, motricité, conscience, coloration cutanée, cotés chacun de 0 à 2. La sortie de la salle de réveil est autorisée si le score est supérieur à 8.
Adaptés des tests utilisés en psychologie, les tests psychomoteurs ne sont employés que pour des recherches scientifiques. On utilise :
- l'étude de la rapidité de réaction, barrer une lettre donnée dans un texte écrit, temps de réaction visuelle, test de traçage (test de Trieger-Newman) ;
- le simulateur de conduite ;
- l'étude des saccades oculaires (par électrooculographie) ;
- la stabilométrie (équitest simplifié).
Après une anesthésie générale les tests sont perturbés pendant 90 à 180 minutes, voire plus. L'effet résiduel des médicaments dépend du patient (âge, antécédents) et de la nature des médicaments.

Virginia Apgar, anesthésiologiste américaine (1953) ; J. A. Aldrete, anesthésiologiste mexicain (1970) ; N. D. Trieger et M. G. Newman, stomatologues américains (1969)

→ Apgar (score d'), stabilométrie, Trieger-Newman (test de)

Reverdin (greffe de) l.f.

Reverdin’s graft

Greffe cutanée de petits greffons de trois à quatre millimètres de diamètre.
La peau est piquée et soulevée superficiellement à la pointe d’une petite aiguille de Reverdin et prélevée au bistouri, sous la pointe de l’aiguille, en une fine rondelle dont les berges coupées tangentiellement contiennent toutes les couches superficielles de la peau, assurant ainsi les meilleures chances de prise de chacun des petits greffons prélevés. Cette technique est particulièrement indiquée pour couvrir de petites surfaces sur un lit de greffe de vascularisation médiocre.

J. L. Reverdin, chirurgien suisse, membre de l'Académie de médecine  (1869)

rhinotomie l.f.

rhinotomy

Exposition chirurgicale des fosses nasales soit par voie cutanée (voie para-latéro-nasale), soit par voie muqueuse.
Rhinovirus n.m.
Rhinovirus
Genre de virus à ARN, non enveloppés, appartenant à la famille des Picornaviridae ; on en distingue  une centaine de sérotypes.
Le réservoir de ces virus est strictement humain et leur transmission s’effectue par voie aérienne (sécrétions nasales) et par l’intermédiaire des mains ou d’objets souillés. Ils sont responsables du rhume et, chez le jeune enfant, d’infections respiratoires basses (bronchiolites, pneumopathies). Les Rhinovirus peuvent être isolés, à partir des sécrétions nasales, en cultures cellulaires mais le diagnostic des infections qu’ils provoquent est essentiellement clinique.

Étym. gr. rhis : nez ; tomein : couper

rickettsiose n.f.

rickettsiosis

Maladie infectieuse éruptive provoquée par une bactérie du genre Rickettsia.
On distingue les rickettsioses du groupe boutonneux-pourpré (fièvre boutonneuse méditerranéenne due à Rickettsia conorii et autres rickettsioses à tiques telles que la fièvre à tiques africaine et la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses) transmises par tiques et les rickettsioses du groupe typhus (typhus exanthématique provoqué par Rickettsia prowazekii, typhus murin dû à Rickettsia typhi) transmises par déjections d'insectes. La gravité clinique de ces maladies est très variable (les plus sévères sont les infections dues à R. prowazekii et R. rickettsii). Ces infections se caractérisent par une fièvre élevée d'apparition brutale, une éruption cutanée maculopapuleuse et diverses atteintes viscérales, neurologiques, cardiovasculaires, respiratoires, rénales qui conditionnent le pronostic de la maladie. La principale anomalie physio-pathologique des rickettsioses est une augmentation de la perméabilité vasculaire. Le traitement repose essentiellement sur les tétracyclines et les fluoroquinolones.

Étym. l'appellation fait référence à H. T. Ricketts (1907)

→ Rickettsia

rupia n.m.

rupia

Lésion cutanée formée par des croûtes concentriques noirâtres, ostréacées soulevées par du pus et entourées d'une aréole inflammatoire.
Terme obsolète utilisé pour décrire certains ecthymas ou psoriasis, des lésions des formes aiguës hyperthermiques de parapsoriasis varioliforme, mais surtout des syphilides ulcéreuses et croûteuses au cours de la syphilis maligne précoce.

Étym. gr. rhypos : crasse, ordures

Syn. rupia syphilitique

sarcoïdose sur cicatrice l.f.

scar sarcoidosis

Lésion cutanée spécifique intégrée à une sarcoïdose prouvée car comportant d'autres manifestations cutanées ou viscérales, mais développée sur le site d'une cicatrice posttraumatique ou chirurgicale ancienne.
Le réveil avec tuméfaction d'une cicatrice souvent vieille de plusieurs dizaines d'années est évocateur de sarcoïdose; histologiquement, le développement de la réaction granulomateuse autour de corps étrangers, comme des particules de silice, ne permet pas d'affirmer qu'il s'agit d'un simple granulome à corps étranger, car cette réaction granulomateuse peut être observée au cours d'une authentique sarcoïdose : un bilan général est de toutes façons nécessaire.

→ sarcoïdose, granulome silicotique

saucérisation n.f.

saucerisation

Évidement opératoire « en soucoupe » d’un territoire osseux infecté de façon à mettre les lésions à plat en attendant un temps opératoire secondaire : comblement osseux, recouvrement par greffe cutanée, myoplastie ou autre.

Étym. angl. saucer: soucoupe

sclérème du nouveau-né l.m.

sclerema neonatorum, neonatal scleredema

Induration cutanée généralisée du nouveau-né, souvent prématuré, atteint d'une affection favorisante telle que septicémie, cardiopathie..., dont la peau est lisse, froide, dure, cireuse.
Histologiquement, les lésions diffèrent de celles de la cytostéatonécrose par l'importance de la sclérose collagène des septums hypodermiques.

M. Underwood, médecin obstétricien britannique (1784)

Étym. gr. sklêros : dur

Syn. sclérème oedémateux du nouveau-né, maladie d’Underwood

→ scléroedème

sclérodactylie n.f.

sclerodactyly

Sclérose cutanée atteignant les extrémités, survenant après plusieurs mois ou années d’évolution d'un syndrome de Raynaud, donnant aux doigts un aspect effilé, enraidi, progressivement rigide, fuselé en baguettes de tambours, et qui représente une des formes ou un des stades évolutifs de la sclérodermie systémique.
Plus tard, des ulcérations cutanées peuvent apparaître sur les extrémités des doigts, éventuellement associées à des signes de résorption osseuse, le tout finissant par créer un véritable handicap fonctionnel ; une atteinte de même nature des orteils est possible.

Étym. gr. sklêros : dur ; daktylos : doigt

→ acrosclérose, Raynaud (syndrome de), sclérodermie systémique

sclérodermie diffuse l.f.

diffuse systemic sclerosis

Forme clinique de sclérodermie caractérisée par une atteinte cutanée débordant les mains.

sclérodermie limitée l.f.

limited scleroderma

Forme clinique de sclérodermie caractérisée par une atteinte cutanée limitée aux mains.

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