Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Touraine, Golé et Soulignac (cellulite sclérodermiforme extensive bénigne de) l.f.

A. Touraine et L. Golé, membres de l'Académie de médecine et R. Soulignac, dermatologues français (1935 et 1937) ; A. Buschke, dermatologue allemand (1900) ; A. Hardy, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1877)

→ cellulite sclérodermiforme extensive bénigne de Touraine, Golé et Soulignac

[J1]

Touraine, Solente et Golé (pachydermie plicaturée avec pachypériostose des extrémités de) l.f.

A. Touraine, G. Solente, L. Golé, dermatologues français (1935)

→ pachydermie plicaturée avec pachypériostose de la face et des extrémités

tourbillon capillaire n.m.

hair whirl

Zone d'origine des lignes d'implantation des cheveux située au sommet du vertex au centre de laquelle les cheveux poussent dans des directions divergentes.
Les lignes d'implantation, qui s'écartent ensuite les unes des autres en s'éloignant du centre du tourbillon, sont incurvées et parfois spiralées à leur origine.

tourisme médical l.m.

Pratique de personnes qui, pour des raisons particulières, en partie financières, se rendent dans des pays différents de celui de leur domicile habituel pour y subir des traitements médicaux et chirurgicaux (en particulier de chirurgie esthétique).
Cette pratique échappe à la surveillance de leur médecin référent et peut poser des questions diverses en cas d’incidents et accidents.

tourista n.f.

turista

Syn. turista

→ gastroentérite infectieuse

tourniole n.f.

paronychia, run-around

Dénomination familière de l’impétigo phlycténulaire de la sertissure de l'ongle, ou panaris superficiel du repli périunguéal.

Syn. tournant (obs.)

→ panaris périunguéal

tourniquet n.m.

tourniquet

Dispositif ou instrument destiné, généralement dans un but d’hémostase, à la compression circulaire d’un membre, d’une partie d’un organe ou d’un gros vaisseau.

E.F. Gerlier médecin suisse (1887)

→ garrot, Gerlier (syndrome de)

tourtereau n.m.

→ pigeonneau

tout ou rien (loi du) l.f.

All-or-None relationship

Loi très générale à laquelle obéit la réponse d'une cellule vivante à une excitation quelle qu'en soit la nature : au-dessous d'un certain seuil d'excitation, il n'y a pas de réponse (contraction pour le muscle, influx pour le nerf), au-dessus du seuil la réponse est toujours la même et ne dépend pas de l'intensité du stimulus.
D'abord mise en évidence sur la fibre musculaire du cœur par Bowditch (1871) puis par Gotch (1902) pour la fibre nerveuse cette loi, généralisée par Andrian et Lucas, est une conséquence du concept d'élément individualisable : par ex. la vie d'un individu répond à la loi du tout-ou-rien (il est vivant ou mort). D'une manière générale, à l'échelle quantique toute description de la Nature répond à cette loi. Leibnitz l'avait pressenti dans sa thèse de philosophie sur le «principe d'individualisation» (1663), qu'il développa avec la théorie des nombres binaires et des Monades : avec 0 (le Néant) et 1 (Dieu) on peut écrire tous les nombres en numération binaire et donc décrire toute la Nature. Leibnitz trouvait là une démonstration de la création du Monde par Dieu à partir du Néant.
De fait la numération binaire (un, 1 ; deux, 10 ; trois, 11 ; quatre, 100 ; cinq, 101 ; etc.) est à la base du fonctionnement des ordinateurs électroniques (0, pas de courant, 1, passage du courant) et de celui du cerveau, formé de réseaux de cellules nerveuses répondant à la loi du Tout ou Rien. Cette loi implique aussi que toute action pharmacologique, toxique ou autre n'est efficace qu'au-dessus d'un certain seuil. Autrement dit l'hypothèse d'un effet proportionnel à la dose de toxique n'est pas acceptable pour les très faibles doses (hypothèse LNT).

H. P. Bowditch, physiologiste américain (1871); F. Gotch, neurophysiologiste britannique (1902); E. D., Adrian, baron,électrophysiologiste britannique, prix Nobel de médecine de 1932 (1914) et K. Lucas, neurophysiologiste britannique (1879-1916) ; G. W. Leibniz, philosophe allemand (1646-1716) ; F. Haber, chimiste allemand, prix Nobel de chimie de 1918

→ bit, Haber (loi de),  information, LNT hypothèse, toxique

Touton (cellule de) l.f.

Touton giant cell

Cellule histiocytaire géante parfois à cytoplasme clarifié, spumeux, abondant, riche en cholestérol, phospholipides et triglycérides.
Lorsqu’elle est plurinucléée, ses noyaux se groupent en cercle autour d'une zone centrale de cytoplasme éosinophile avec, en périphérie, une couronne cytoplasmique vacuolaire et spumeuse remplie de lipides. Ce type de cellule est observé dans les xanthomes et xanthogranulomes.

K. Touton dermatologiste allemand (1858-1934)

→ lipophagie, Chambard (cellule de)t

toux n.f.

cough

Expiration brusque et sonore de l’air compris dans les poumons, précédée d'une fermeture de la glotte avec contraction des muscles expiratoires, suivie de l'ouverture brutale de la glotte avec expulsion rapide de l'air, la vitesse du courant aérien passant alors de 25 à 1000 km/heure.
Il s’agit le plus souvent d’une réponse réflexe à une irritation inflammatoire, mécanique ou tumorale de la muqueuse des voies respiratoires, O.R.L. ou trachéo-bronchiques, par activation de récepteurs sensitifs.
On distingue la toux sèche, irritative, ne ramenant pas de sécrétions, et les toux productives.
L'expectoration peut être :
- séreuse évoquant une origine cardiaque en particulier si la toux survient la nuit,
- perlée à la fin d'une crise de dyspnée, elle évoque un asthme,
- mucopurulente en particulier le matin au lever dans les dilatations des bronches, dans les bronchopathies chroniques obstructives,
- faite de pus, telle la vomique d'un abcès.
La toux peut être chronique ou prendre un caractère aigu, fébrile comme dans les bronchites.

toux férine  l.f.

Toux sèche, pénible, opiniâtre, parfois un peu rauque, incessante, pénible.
La toux férine est un signe classique de la rougeole, liée au catarrhe muqueux. Elle est presque constante, plus fréquente que les manifestations oculaires et nasales.  

Étym.  lat ; fera : bête sauvage

→ rougeole

[D1,P1]

Édit. 2018

Townes-Brocks (syndrome de) l.m.

Townes-Brocks syndrome

Affection congénitale autosomique dominante, de pénétrance complète et d’expressivité très variable, caractérisée par des malformations anales (de la simple antéversion à l’imperforation avec fistule recto-vaginale pouvant conduire à l’encoprésie postopératoire définitive), des malformations de l’oreille externe (appendice prétragien, hélix malformée, sténose du méat acoustique externe), des anomalies du rayon radial (pouce triphalangé, pouce bifide, hexadactylie), une surdité de type et de gravité variable.
Peuvent s’y associer des malformations des pieds et des anomalies rénales et cardiaques, ces dernières seules susceptibles de mettre le pronostic vital en jeu.
Avec une centaine de cas rapportés, la prévalence est estimée à 1-9/1 000 000.
Le gène responsable, SALL1, est localisé sur le chromosome 16 (16q12.1) et code pour un facteur de transcription.

P. E. Townes,  E. Brocks, généticien et pédiatre américains (1972)

Syn.  

Sigle TBS

Réf. P. Townes, E. Brocks (1972) - Hereditary syndrome of imperforate anus with hand, foot and ear anomalies J. Pediat 81: 321-30
Orphanet, S. Marlin (2005)

→ Townes-Brocks (syndrome de), hémimélie radiale, encoprésie

[I2, L1, K2, M1; O1, O6, P1, Q3]

Édit. 2019

Townes-Brocks (syndrome de) l.m.

Townes-Brocks’ syndrome

Affection congénitale autosomique dominante, de pénétrance complète et d’expressivité très variable, caractérisée par l'association de plusieurs malformations anales, auditives et du rayon radial.
Au niveau de l’anus, les anomalies varient de la simple antéversion à l’imperforation avec fistule recto-vaginale pouvant conduire à l’encoprésie postopératoire définitive.
Une surdité de type et de gravité variables et s’associe l’existence d’un appendice prétragien, d’une hélix malformée, d’une sténose du méat acoustique externe.
Au niveau du rayon radial peuvent s’observer un pouce triphalangé ou bifide, une hexadactylie.
D’autres anomalies peuvent être rencontrées au niveau des pieds, des reins et du cœur, ces dernières sont  susceptibles de mettre en jeu le pronostic vital. 
Avec une centaine de cas rapportés, la prévalence est estimée à 1-9/1 000 000. Le gène responsable, SALL1, est localisé sur le chromosome 16 (16q12.1) et code pour un facteur de transcription.

P. E. Townes, généticien, E. Brocks, pédiatre américains (1972)

Syn. syndrome REAR

Sigle angl. TBS

Réf. Orphanet, S. Martin (2004)

→ hémimélie radiale, imperforation anale, fistule rectovaginale, encoprésie

[A4, O6, Q2]

Édit. 2018

toxémie n.f.

toxaemia

Syndrome clinique secondaire à l’apparition dans le sang d’une quantité excessive de poisons qu’ils soient endogènes ou exogènes.

Étym. crase de toxique et d'hémie (gr. haima : sang) : toxique dans le sang

toxémie du nouveau-né l.f.

newborn toxaemia

→ enfant de mère toxémique

toxémie gravidique l.f.

toxaemia of pregnancy

Syndrome gravidique apparaissant entre la 20e semaine de grossesse et la fin de la première semaine du postpartum et caractérisé par l'association hypertension artérielle, œdèmes, protéinurie, parfois anomalies de la coagulation à type de coagulopathie de consommation et qui peut se compliquer de convulsions.
Affectant une grossesse sur dix, surtout chez les primipares et les grossesses gémellaires, elle peut se compliquer d'éclampsie et d'hématome rétroplacentaire, entraînant la mort in utero ou l'hypotrophie du fœtus. Elle met en danger la vie du fœtus et de la mère.
On distingue divers types cliniques. La forme dite "pure" ou "vraie" frappe la primipare, indemne d'antécédents rénovasculaires, après le 5e mois de grossesse. L'atteinte rénale caractéristique est une endothéliose capillaire glomérulaire. La forme récidivante survient à chaque grossesse en l'absence de toute manifestation rénovasculaire entre les grossesses. Enfin, la forme dite "surajoutée" peut survenir précocement au cours de la grossesse et elle est observée chez des femmes ayant des antécédents à type d'hypertension ou d'atteinte rénale indépendants de l'état gravide.
Repos complet et maîtrise médicale de la pression  artérielle évitent la survenue des convulsions et permettent désormais, dans la majorité des cas, une évolution favorable de la grossesse.
Hormis les cas particuliers d’hypertension ou de néphropathie précédant la grossesse, de môle hydatiforme, de lupus érythémateux disséminé ou de syndrome des antiphospholipides, sa cause demeure inconnue. Seul l’accouchement est capable de la guérir, encore qu’elle puisse quelquefois apparaître dans le postpartum.

Étym. crase de toxique et d'hémie (gr. haima : sang) = toxique dans le sang

Syn. prééclampsie, hypertension artérielle gravidique, syndrome vasculorénal de la grossesse, néphropathie gravidique, dysgravidie, toxicose gravidique

→ hypertension gravidique

[O3, M1]

Édit. 2020

toxémie staphylococcique n.f.

toxic shock syndrome, toxemia

Choc toxique staphylococcique décrit à l'occasion d'une épidémie due à des tampons périodiques vaginaux colonisés par Staphylococcus aureus.
Le syndrome associe hyperthermie, choc septique et hypovolémique, signes digestifs (vomissements, diarrhée), éruption cutanée assez discrète mais suivie d'une desquamation surtout palmoplantaire, hyperhémie muqueuse, signes musculaires (myalgies, élévation des CPK), signes neuropsychiques (confusion), signes hépatiques (élévation de la bilirubine et des enzymes hépatiques), insuffisance rénale, thrombopénie.
Le phénomène essentiel est la libération d'une exotoxine par une souche particulière de staphylocoque.

J. Todd et M. Fishaut, pédiatres américains (1978)

Étym. crase de toxique et d'hémie (gr. haima : sang) = toxique dans le sang

→ toxique

toxi-infection n.f.

toxiinfection

Infection provoquée par un germe toxinogène.
Ex. tétanos, toxi-infection alimentaire

toxi-infection alimentaire l.f.

alimentary toxiinfection, alimentary toxicosis

Affection consécutive à l'absorption d'aliments contaminés par diverses bactéries pathogènes ou par leur toxines : Salmonella (S. enterica sérotypes enteritidis, typhimurium, etc.), Clostridium botulinum, Clostridium perfringens de type A, Shigella, Escherichia coli entérotoxinogènes, entéropathogènes, entérohémorragiques, Yersinia enterocolitica, Vibrio parahæmolyticus, Bacillus cereus, Staphylococcus aureus, Listeria monocytogenes.
Les aliments contaminés sont variés (crèmes, gâteaux, viandes préemballées, volailles, œufs, jambon, charcuterie, lait en poudre, poissons crus, etc.).
Les salmonelles sont la cause de la toxi-infection dans 80% des cas. Elle a le plus souvent un caractère collectif (famille, collectivité scolaire, restaurant d'entreprise, banquets, etc.). L'incubation est variable, très courte pour le staphylocoque (1 à 6 h), moyenne pour le B. cereus et le C. perfringens, plus longue pour les salmonelles (24 h). Les signes cliniques sont digestifs, associant nausées, vomissements, pesanteurs abdominales et surtout diarrhée hydrique, plus rarement sanglante (syndrome dysentérique), avec ou sans fièvre. Le botulisme (conserves domestiques, charcuteries) donne un tableau clinique très différent (sécheresse des muqueuses, paralysies nerveuses). Il faut craindre les conséquences de la déshydratation. Le diagnostic se fait par la coproculture.

→ botulisme, froid (conservation des aliments par le)

toxi-infection alimentaire collective l.f.

collective alimentary toxiinfection

Toxi-infection alimentaire définie par l’apparition d’au moins deux cas caractérisés par une symptomatologie digestive (gastroentérite ou syndrome dysentérique) dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire.
Elle entraîne une enquête épidémiologique rigoureuse et fait partie des maladies à déclaration obligatoire.

Sigle TIAC

toxicité n.f.

toxicity

1) Capacité d'une substance à créer dans un organisme vivant des effets dangereux pour lui.
2) Ensemble des effets néfastes consécutifs à l'introduction dans l'organisme d'une quantité excessive d'une substance donnée.
On distingue la toxicité aigüe pouvant entraîner la mort rapidement et la toxicité à terme qui se manifeste après administration répétée et prolongée, par des altérations fonctionnelles ou morphologiques réversibles ou définitives.

toxicodépendance n.f.

dependency of toxic substance

Dépendance à une substance toxique.

toxicogénétique n. f.

toxicogenetic

La toxicogénétique étudie les variations des gènes codants pour des protéines impliquées dans l’absorption, la distribution, le métabolisme, l’élimination et l’effet d’un xénobiotique.

toxicogénomique n.f.

toxicogenomics

Fusion des disciplines de la génomique et de la toxicologie visant à répertorier, à classifier et à gérer les effets nuisibles latents et initiaux sur la structure du génome et des niveaux d'expression (ARN, protéine, types de cellule, de tissus ou d'organe) comme conséquence de l'exposition d'un organisme à des substances environnementales 1.
Le principe consiste à évaluer les modifications du génome de cellules en cultures soumises à l'action d'une substance dangereuse. La toxicogénomique permet de visualiser les variations des gènes codant pour des protéines intervenant dans diverses fonctions de l'organisme. De ce fait, elle révèle la réactivité des cellules après un contact direct avec une substance. Cette méthode est donc très prometteuse et elle est d'ores et déjà appliquée, en particulier à des études dites de « screening »2 qui permettent de trier, parmi de nombreuses molécules, celles qui provoquent plus ou moins de réponse de la part des cellules. La toxicogénomique utilise les technologies "omiques" telles que l'expression d'ARNm à l'échelle génomique (transcriptomique), l'expression des protéines dans les tissus et les cellules (protéomique), et les profils métaboliques (métabolomique), en combinaison avec les outils bioinformatiques et la toxicologie conventionnelle.
Elle constitue de ce fait une alternative intéressante et possible à certaines expérimentations utilisant des modèles animaux. Des études sont poursuivies dans ce sens et leurs résultats sont analysés afin de définir quelle place cette méthodologie peut occuper dans l'évaluation des substances chimiques, en particulier dans le cadre du règlement REACH 3 pour lequel la préoccupation de la diminution du nombre d'animaux utilisés à des fins d'études est une priorité. Cependant, du fait de la complexité et des particularités de l'espèce humaine, aucun modèle in vivo et in vitro ne peut prétendre encore aujourd'hui être un reflet exact et complet de sa réactivité et permettre ainsi une extrapolation totale. Les phénomènes complexes de réactivité et de métabolisme se produisant au sein d'un organisme entier doivent aussi être considérés. La toxicogénomique a sans doute une place dans la caractérisation des propriétés toxiques d'une substance chimique qu'il convient de lui attribuer en fonction du niveau de pertinence des informations qu'elle procure. Pour ce faire, les études sont actuellement en cours et suivies avec toute l'attention qu'elles méritent. Les apports possibles de la toxicogénomique à l'évaluation du potentiel toxique des substances chimiques présentes dans l'environnement ont largement été évoqués au cours des réunions du Grenelle de l'environnement 4.
3 - REACH (« Registration, Evaluation and Authorisation of Chemicals » - en français "Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques") est un règlement européen (
4 - Réponse du Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports (JO Sénat du 01/11/2007 - page 1992) à la question écrite n° 00700 de

Étym. gr. toxicon : poison ; genesis : origine

Réf. 1 - Dictionnaire de la biotechnologie

→ génomique, toxicologie, criblage à haut débit, High Content Screening

[2,Les essais basés sur le screening moléculaire utilisent de nouvelles technologies telles que le criblage à haut débit « High,Throughput Screening (HTS) » et High Content Screening (HCS),développés initialement pour les besoins de l'industrie pharmace]

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