Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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thérapie de groupe l.f.

group therapy

Méthode psychothérapique utilisant des séances où le sujet est intégré dans un groupe de patients atteints ou non d’affections de même type que lui.
Le thérapeute est le meneur du groupe, il stimule les réactions des malades par ses questions ou celles qu’ils se posent.

thérapie de remplacement mitochondrial l.f

mitochondrial replacement therapy

Transfert de l’ADN nucléaire de l’ovocyte d’une femme porteuse d’anomalies génétiques mitochondriales, capables de transmettre des maladies graves à sa descendance, dans l’ovocyte d’une autre femme indemne, préalablement énucléé, lequel est ensuite fertilisé par les spermatozoïdes du père.
Les mitochondries possèdent leur propre ADN codant pour des protéines impliquées dans la production d’énergie dans les cellules. Les mutations de cet ADN sont responsables de maladies sévères transmises par la mère (les mitochondries des spermatozoïdes sont éliminées au cours de la fertilisation). La sévérité de la maladie dépend en partie de la proportion de mitochondries affectées dans l’ovocyte. Le principal danger de la méthode est que l’ADN nucléaire lors de son transfert puisse être accompagné par des mitochondries résiduelles entraînant l’échec de la substitution, ce qui est appelé « réversion mitochondriale » (« mitochondrial reversion »). La technique est autorisée au Royaume-Uni. Elle soulève cependant à côté de ces problèmes scientifiques des questions éthiques, entre autres la triple filiation (bébé à 3 ADN).

→ mitochondrie, ADN mitochondrial

thérapie familiale l.f.

family therapy

Technique psychothérapique, qui s'adresse à tout le groupe familial auquel, selon des modalités diverses, en fonction des courants de pensée, le patient et sa pathologie sont considérés comme liés.
Ces techniques sont hétérogènes et font appel :
- à la psychanalyse, sur la base du sujet porteur de symptômes qui est l'expression de conflits intrafamiliaux ;
- à différents courants de type surtout écosystémique : la famille considérée comme un système autorégulé, constitué d'éléments interactifs en transactions (1) ; la cybernétique (2) ; le rôle tenu par le patient dans l'homéostasie familiale (3).

1Maria Selvini-Palazzoli, psychiatre italienne (1916-1999); 2G. Bateson, anthropologiste, linguiste, cybernéticien britannique (1904-1980); 3D.D. Jakson, psychiatre américain (1920-1968)

→ connotation positive, cybernétique et psychiatrie, familiale (homéostasie), systémique (thérapie)

thérapie génique l.f.

gene therapy

Utilisation thérapeutique de l'ADN qui consiste à introduire du matériel génétique dans les cellules somatiques de l'organisme afin de lui apporter un nouveau gène pour remédier à l'insuffisance qualitative ou quantitative d'un gène altéré, pour moduler l'expression génétique endogène ou corriger l'anomalie structurale d'un gène muté.
Dans la prévention de la resténose coronaire, technique de transfert de matériel ADN dans l'épaisseur de la paroi vasculaire, dans le but de contrôler le processus moléculaire de la resténose. Cette thérapeutique est en cours d'évaluation pour le traitement de certaines tumeurs malignes, des infections et des déficits congénitaux ou acquis.

→ transformation

thérapie génique des glioblastomes l.f.

gene therapy for glioblastomas

→ glioblastomes (thérapie génique des)

thérapie occupationnelle l.f.

occupational therapy

Méthode de traitement et de réadaptation des malades mentaux chroniques, comportant des activités de groupe (ateliers, clubs, etc) et l'ergothérapie.

thérapie systémique l.f.

systemic therapy

Méthode de traitement utilisant le modèle systémique, qui considère de façon dynamique les systèmes vivants dans leur totalité et leurs interrelations avec les autres objets.
En psychiatrie, G. Bateson a été le premier à examiner la famille avec des principes d'origine cybernétique.
L'analyse systémique, en particulier des familles de schizophrènes, met en lumière des erreurs ou des déviations des communications verbales et non verbales, des alliances ou des scissions temporaires entre les différents partenaires, révélant leurs difficultés à accepter les changements et l'intolérance vis-à-vis de l'autonomie. Ces thérapies systémiques sont des techniques actives, consistant à modifier le présent ("ici et maintenant") en s'appuyant sur les propriétés du système familial.

G. Bateson, anthropologiste, linguiste, cybernéticien britannique (1904-1980)

→ double lien, familiale (homéostasie)

thériaque n.f.

Électuaire opiacé qui était employé contre la morsure des serpents (terme vieilli).
Cet électuaire noirâtre aurait été composé par Andromaque pour l’empereur Néron. Dans cette préparation opiacée entrait une soixantaine de composants selon une formule dérivée de celle du mithridate créé pour Mithridate VI Eupator, dit le Grand, dernier roi du Pont, au temps d’Alexandre le Grand. Primitivement antidote universel des venins de serpents puis des poisons en général, la thériaque est devenue rapidement une panacée censée tout guérir, tant par voie interne qu’externe. Elle a été en usage jusqu’à la fin du XIXème siècle.
 Édit.2017/2

Étym. gr. thériaké, de thérion: bête sauvage

Syn. historiques: terme forgé en 1478 mais - tiriaque ou theriace en lat. medical du XIIe - triacle en anc. français

→ électuaire, opiat, mithridate, mithridatisme, accoutumance

[G3,G4,G5]

thermal adj.

thermal, mineral

1) Qui concerne une eau à température plus ou moins élevée à la source.
2) Qui a trait au thermalisme.

Étym. gr. thermê : chaleur

→ thermalisme

thermal (établissement) l.m.

balneotherapy care facility ; spa therapy care facility 

Etablissement agréé pour effectuer des cures thermales.

Étym. gr. thermê : chaleur

→ thermalisme, thermale (station)

thermale (cure) l.f.

balneotherapy care, spa therapy care

Ensemble des soins thermaux réglementés, délivrés sur prescription médicale, au sein d’un établissement thermal.

Étym. gr. thermê : chaleur

→ thermalisme 

thermale (médecine) l.f.

balneology, spa medicine 

Ensemble des connaissances et des pratiques médicales qui concernent des produits et les activités de soins et d’éducation pratiquées dans les stations thermales.

Étym. gr. thermê : chaleur

→ thermalisme, thermale (station)

thermale (station) l.f.

balneotherapy resort, spa resort 

Localité mettant en œuvre le thermalisme.
Des séjours dans les stations thermales sont recommandés pour le traitement d’affections chroniques ou récidivantes dans douze orientations selon le code de la Sécurité sociale.
Les huit stations les plus fréquentées sont par ordre décroissant : Dax, Aix-les-Bains, Balaruc, Amélie-les-Bains, Gréoux-les-Bains, Barbotan, Rochefort, Luchon.
 Etym. gr. thermê : chaleur

→ thermalisme, station touristique

thermalisme n.m.

spa therapy, balneotherapy 

1) Utilisation, sur place ou par adduction directe, pour le traitement interne ou externe de malades,  d’eaux minérales naturelles, chaudes ou non, comme aussi de produits dérivés (boues ou gaz), à propriétés thérapeutiques démontrées.
Douze indications thérapeutiques ont été définies par la Sécurité sociale.
2)Tout ce qui concerne les stations thermales du point de vue de l’aménagement, de l’organisation et de l’exploitation

Étym. gr. thermê : chaleur; spa, lat, sanitas per aqua: la santé par les eaux

Syn.  : crénobalnéothérapie

→ thermale (station), eau minérale, crénobalnéothérapie

thermalisme (essais cliniques en) l.m.pl.

spa therapy clinical trial

Afin d’évaluer les propriétés thérapeutiques des eaux thermales, l’Académie nationale de médecine a proposé, depuis les années 1990, et obtenu de faire réaliser des essais cliniques.
La responsabilité des eaux thermales est une des prérogatives reconnues à l’Académie depuis ses origines.

Étym. gr. thermê : chaleur; lat. sanitas per aqua (spa) : la santé par les eaux

→ thermalisme

thermalisme et appareil digestif l.m.

Les indications sont les suivantes : troubles fonctionnels intestinaux (surtout avec troubles du transit), diverticulose sigmoidienne, formes modérées des colites en dehors des poussées aiguës (Rectocolite hémorragique, Crohn),colites radiques, colites sequellaires des affections parasitaires, troubles dyspeptiques rebelles (brûlures épigastriques, pyrosis, digestions lentes), gastrites par reflux ou iatrogènes, migraines à expression digestive et équivalents migraineux  de l'enfance, séquelles fonctionnelles des hépatites, séquelles d’interventions chirurgicales (reflux duodénogastriques après cholécystectomie, séquelles de colectomie, de gastrectomie, de pancréatectomie). L’ulcére gastro-duodénal, les lithiases et microlithiases biliaires,les gastrites microbiennes ne sont pas des indications. Les hépatites actives évolutives, les ulcères gastro-duodénaux en poussée, la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn en phase aigüe, les cirrhoses, les néoplasmes digestifs sont des contrindications. Stations qualifiées pour les affections de l’appareil digestif : Alet-les-Bains, Barbazan, Boulou (le), Brides-les-Bains, Capvern-les-Bains, Castera-Verduzan, Chaldette (la), Châtel-Guyon, Cilaos (ile de la Réunion), Contrexéville, Eugénie-les-Bains, Montrond-les-Bains, Plombières, Thonon-les-Bains, Vals-les-Bains, Vichy, Vittel.

B.B. Crohn, chirurgien américain (1932)

thermalisme et appareil respiratoire l.m.

spa and respiratory system

 Les indications sont les suivantes : broncho-pneumopathies chroniques obstructives, bronchite chronique, dilatation des bronches, asthme de stade 1 à 3, rhino-bronchites à répétition, trachéo-bronchites récidivantes, trachéite spasmodique infectieuse à répétition.
La mucoviscidose et l’asthme sévère ou trop instable qui relève plutôt d'une cure climatique ne
sont pas des indications. Les affections aiguës, les maladies infantiles contagieuses, la
 primo-infection récente, l’insuffisance respiratoire chronique sévère et la dilatation des
bronches développée à partir d’un déficit immunologique sévère constituent des
contre-indications.
Stations qualifiées pour les affections de l’appareil respiratoire : Aix-les-Bains-Marlioz,
Allevard-les-Bains, Amélie-les-Bains, Amnéville-les-Thermes Argelès-Gazost, Ax-les-Thermes,
 Bagnères-de-Bigorre, Bagnols-les-Bains, Barèges-Sers-Barzun, Berthemont-les-Bains,
Bourbonne-les-Bains, Bourboule (la), Cambo-les-Bains, Camoins-les-Bains, Cauterets,
Chaldette (la), Challes-les-Eaux, Digne-les-Bains, Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes (les),
Enghien-les-Bains, Fumades (les), Gréoux-les-Bains, Jonzac, Luchon, Luz-Saint-Sauveur,
Molitg-les-Bains, Montbrun-les-Bains, Mont-Dore (le), Préchacq-les-Bains,
Saint-Amand-les-Eaux, Saint-Claude-Matouba-Papaye (Guadeloupe), Saint-Gervais,
Saint-Honoré-les-Bains, Saint-Lary-Soulan, Tercis-les-Bains, Uriage-les-Bains,
 Vernet-les-Bains, Zigliara-Bains d’Urbalacone

thermalisme et artériopathies l.m.

stade de la claudication intermittente, atteinte  athéromateuse des membres supérieurs, certaines insuffisances vasculaires cérébrales, troubles de l’érection d'origine artérielle, acrosyndromes et phénomène de Raynaud, ulcérations cutanées, artérielles,

de la chirurgie vasculaire.
Les obstructions hautes relevant d'un traitement interventionnel, les formes évoluées avec
gangrène étendue ne sont pas des indications. Les insuffisances coronariennes sévères,
les accidents vasculaires cérébraux répétitifs, les infarctus du myocarde survenus depuis
moins de six mois sont des contre-indications.
Stations qualifiées pour les affections artérielles :Bains-les-Bains, Boulou (le),
 Bourbon-Lancy, Royat-Chamalières.

A. G. Raynaud, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1862)

thermalisme et cardiopathies l.m.

spa and heart diseases

Les indications sont les insuffisances coronaires.
Les insuffisances coronariennes sévères, les accidents vasculaires cérébraux répétitifs et
l’infarctus du myocarde survenu depuis moins de six mois sont des contrindications.
Stations qualifiées pour les cardiopathies : Bains-les-Bains, Boulou (le).

thermalisme et dermatologie l.m.

hypertrophiques post-chirurgicales),prurits (prurigo nodulaire de Hyde, prurit essentiel),

dermatite séborrhéique, rosacées rebelles, érythro-couperoses, lichens, ichtyoses, cicatrices érythémateuses des acnés.
Les acnés, les dyschromies, l’urticaire, les chéloïdes, les ulcères artériels et veineux ne sont
pas des indications. Les dermatoses infectieuses, virales, mycosiques et parasitaires, les
bulloses sont des contrindications.
Stations qualifiées pour les dermatoses : Avène-les-Bains, Bourboule (la),
Camoins-les-Bains, Fumades (les), Molitg-les-Bains, Neyrac-les-Bains, Rochefort-sur-Mer,
Roche-Posay (la), Saint-Christau, Saint-Claude-Matouba-Papaye, Saint-Gervais,
 Tercis-les-Bains, Uriage-les-Bains, Zigliara-Bains d’Urbalacone.

J. N. Hyde, dermatologue américain (1840-1910)

thermalisme et gynécologie l.m.

troubles fonctionnels de la ménopause ;stérilité : tubaire inflammatoire ou congestive ;

stérilité après plastie tubaire ou inexpliquée.
Les prurits vulvaires, les dermatoses vulvo-périnéales, les méno-métrorragies, le syndrome de
Masters et Allenne sont pas des indications. Les interventions, les phlébites et les infections
 aigües de survenue récente constituent des contre-indications.
Stations qualifiées pour les affections gynécologiques : Bagnoles-de-l'Orne,
Bourbon-l'Archambault, Challes-les-Eaux, Dax, Évaux-les-Bains, Léchère (la),
 Luxeuil-les-Bains, Luz-Saint-Sauveur, Salies-de-Béarn, Salies-du-Salat, Salins-les-Bains,
Ussat-les-Bains.

W.M. Allen et W.H. Masters, gynécologues américains (1955)

thermalisme et maladies métaboliques l.m.

Les indications sont les suivantes :  diabète de type 1 et 2 (avec ou sans hospitalisation selon  l’équilibre), dyslipoprotéinémies, obésité, syndrome métabolique. L’obésité morbide n’est pas une indication. Stations qualifiées pour les maladies métaboliques : Alet-les-Bains, Aulus-les-Bains, Barbazan, Boulou (le), Brides-les-Bains, Capvern-les-Bains, Castera-Verduzan, Chaldette (la),  Châtel-Guyon, Cilaos (ile de la Réunion), Contrexéville, Eugénie-les-Bains, Évian-les-Bains, Montrond-les-Bains, Plombières, Preste (la), Saint-Nectaire, Thonon-les-Bains,  Vals-les-Bains, Vichy, Vittel.

thermalisme et neurologie l.m.

motrices d'un traumatisme crânien ou d’autre cause ; séquelles douloureuses nerveuses

périphériques ou centrales ; maladie de Parkinson, myopathies non évolutives.
Il n’y a pas indication en l’absence de troubles neuro-orthopédiques ou de troubles moteurs.
Les affections évolutives, la comitialité, les troubles psycho-intellectuels, les troubles
sphinctériens, les troubles majeurs de la sensibilité constituent des contre-indications.
Stations qualifiées pour les affections neurologiques : Lamalou-les-Bains, Néris-les-Bains,
Ussat-les-Bains.

thermalisme et ORL l.m.

trans-tympanique, otites chroniques à tympan ouvert ou fermé, dysfonctionnements

 tubo-tympaniques.
Les pharyngites chroniques dues à un reflux gastro-œsophagien ne sont pas des indications.
 Les affections aiguës constituent des contrindications.
Stations thermales qualifiées pour les affections ORL : Aix-les-Bains-Marlioz,
Allevard-les-Bains, Amélie-les-Bains, Amnéville-les-Thermes Argelès-Gazost, Ax-les-Thermes,
Bagnères-de-Bigorre, Bagnols-les-Bains, Barèges-Sers-Barzun, Berthemont-les-Bains,
Bourbonne-les-Bains, Bourboule (la), Cambo-les-Bains, Camoins-les-Bains, Cauterets,
Chaldette (la), Challes-les-Eaux, Digne-les-Bains, Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes (les),
Enghien-les-Bains, Fumades (les), Gréoux-les-Bains, Jonzac, Luchon, Luz-Saint-Sauveur,
 Molitg-les-Bains, Montbrun-les-Bains, Mont-Dore (le), Préchacq-les-Bains,
Saint-Amand-les-Eaux, Saint-Claude-Matouba-Papaye (Guadeloupe), Saint-Gervais,
Saint-Honoré-les-Bains, Saint-Lary-Soulan, Tercis-les-Bains, Uriage-les-Bains,
Vernet-les-Bains, Zigliara-Bains d’Urbalacone

thermalisme et pédiatrie l.m.

orthopédique, infirmité motrice cérébrale, hémiplégie cérébrale, maladie d’Osgood-Schlatter,

maladie de Scheuermann, nanisme psycho-social.
L’énurésie accompagnée de troubles mictionnels diurnes ou avec irritation périnéale n’est pas
 une indication.
L’énurésie assortie de troubles du comportement est une contrindication.
Stations qualifiées pour la pédiatrie : Bourboule (la), Lons-le-Saunier, Salies-de-Béarn,
Salies-du-Salat, Salins-les-Bains.

R. B. Osgood, chirurgien orthopédiste américain (1903) ; C. B. Schlatter, chirurgien suisse (1903) ; H. W. Scheuermann, chirurgien orthopédiste et radiologue danois (1920)

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