Hargraves (cellule de) l.f.
LE cell
Granulocyte, qui est le plus souvent un polynucléaire, englobant une grosse inclusion arrondie et homogène d'aspect "fumeux", ne comportant aucune structure chromatinienne et refoulant le noyau en périphérie.
Sa recherche a représenté le premier test biologique diagnostique du lupus érythémateux disséminé qui figurait toujours en 1982 parmi les critères de l'Association des rhumatologues américains. Elle se faisait, soit sur le sang du malade, soit indirectement à partir de son sérum (test de Haserick). En fait, la spécificité des cellules de Hargraves n'est pas aussi nette qu'on le pensait : en effet, cette recherche peut être positive au cours du lupus discoïde, de la sclérodermie systémique, de la polyarthrite rhumatoïde, de l'hépatite chronique. Cette recherche est aujourd'hui obsolète depuis le développement des techniques d'immunofluorescence indirecte.
M. M. Hargraves, médecin américain (1948) ; J. R. Haserick, dermatologiste américain (1949)
Syn. cellule LE (cellule du lupus érythémateux)
→ cellule LE, lupus érythémateux disséminé, Haserick(test de), lupus discoïde, polyathrite rhumatoïde, hépatite chronique
[N3]
Édit. 2015
Hashimoto (thyroïdite d') l.f.
Hashimoto's thyroiditis, Hashimoto’s disease, struma lymphomatosa
Maladie auto-immune chronique, caractérisée par un goitre lié à une infiltration lymphoplasmocytaire diffuse du parenchyme thyroïdien.
Le diagnostic est évoqué devant une hypertophie thyroïdienne diffuse, de volume modéré, très ferme (« goitre de suif »), indolore s’associant parfois dèjà à une hypothyroïdie discrète qui tend à s’aggraver au fil des années et des décennies. Un accroissement souvent considérable des titres des anticorps antithyroïdiens circulants (antithyroperoxydase et antithyroglobuline) est constaté. L’affection évolue souvent vers l’atrophie progressive de la glande, ou si persiste l’hyeptrophie quelquefois vers le lymphome (1% des cas). Elle est parfois associée à d’autres affections auto-immunes.
Le seul traitement recommandé est la prise d’hormone thyroïdienne.
H. Hashimoto, chirurgien japonais (1912)
[O4]
Édit. 2015
Hebra (prurigo de) l.m.
Hebra's prurigo
Variété rare de prurigo chronique débutant dans l'enfance, décrite en Europe Centrale avec, comme particularité clinique, une papule très prurigineuse dure et sèche, profondément enchâssée dans la peau, mais qui est, en réalité, d'autonomie discutée.
F. von Hebra, Ritter, dermatologue autrichien (1854)
[J1]
Édit. 2015
Helicobacter pylori l.m.
Helicobacter pylori
Bactérie à Gram négatif, à transmission intra-familiale essentiellement oro-orale et feco-orale, siégeant dans le mucus gastrique, jouant un rôle important dans la pathogénie des affections gastroduodénales.
Elle se caractérise par sa morphologie (forme spiralée, flagelles polaires), sa physiologie (multiplication en milieu acide, métabolisme micro-anaérobie, absence d’utilisation des substrats sucrés).
Sa prévalence dans la population générale, augmente avec l’âge. Elle est plus élevée dans les pays en voie de développement que dans les pays développés. Son incidence diminue régulièrement dans les pays industrialisés. Sa localisation gastrique est responsable de lésions pouvant conduire à long terme à une gastrite atrophique. La gastrite chronique atrophique est à risque d’évoluer vers la métaplasie puis l’adénocarcinome de siège antral. L'infection est un cofacteur de l'ulcérogénèse gastrique et surtout duodénale. L'éradication du germe s'accompagne d'une quasi disparition des récidives ulcéreuses. L'infection à H. pylori est également mise en cause dans la genèse des cancers gastriques de type intestinal et de certains lymphomes du type MALT.
La bactérie a été reconnue comme facteur étiologique du cancer gastrique et du lymphome en 1994 par l’OMS.
Le diagnostic d’infection à HP repose sur des tests réalisés au cours d’une endoscopie et des tests non endoscopiques.
Les tests endoscopiques sont réalisés sur des biopsies gastriques. Au moment de l’endoscopie, des biopsies antrales et fundiques sont pratiquées et adressées à l’anatomopathologiste qui pose le diagnostic d’infection à HP, la bacterie est aisément reconnaisable. Le test rapide à l’uréase permet d’obtenir un résultat en moins d’une heure. Le fragment biopsique prélevé au cours de l’endoscopie est placé dans un tube contenant de l’urée. La détection colorée repose sur la présence d’une activité uréase de HP. La culture avec antibiogramme est un examen de deuxième intention en cas d’échec d’une antibiothérapie antérieure. L’amplification génique par PCR est utilisée dans le cadre d’études.
Les tests non endoscopiques reposent sur le test respiratoire à l’urée marquée. Il est utilisé en pédiatrie et pour contrôler l’éradication lorsqu’une endoscopie n’est pas nécessaire. La sérologie HP est surtout utilisée pour les études épidémiologiques. Elle peut être proposée dans les situations qui réduisent la sensibilité des techniques sur biopsies (traitement récent par inhibiteurs de la pompe à protons ou antibiothérapie récente, hémorragie, atrophie gastrique).
H. pylori est sensible à l’amoxicilline, à la clarithromycine et au métronidazole.
→ ulcère gastrique, ulcère duodénal, cancer gastrique
[D1,L1]
Édit. 2015
héliodermie n.f.
dermatoheliosis
Ensemble d'altérations cutanées induites par l'exposition chronique au soleil, se différenciant du vieillissement physiologique, mais s'y associant.
L'héliodermie est caractérisée histologiquement par une altération du derme appelée élastose solaire se manifestant cliniquement par un épaississement jaunâtre de la peau (peau citréine de Milian) creusé de rides plus ou moins profondes. Histologiquement, il existe des troubles de la pigmentation par atteinte des mélanocytes responsable de lentigos ou d'une hypomélanose idiopathique en gouttes, d'altérations des structures épidermiques, avec des kératoses actiniques pouvant évoluer vers un carcinome, et une atteinte des annexes (adénomes sébacés), ainsi que des vaisseaux dermiques (purpura de Bateman).
Étym. gr. dermâ : peau ; hélios : soleil
Syn. dermatohéliose, héliodermatite, vieillissement cutané photo-induit
→ élastose cutanée, peau citréine de Milian, lentigo, hypomélanose idiopathique en gouttes, kératose, adénomes sébacé, purpura sénile de Bateman
[J1]
hémangiome épithélioïde l.m.
epithelioid haemangioma
Prolifération vasculaire inflammatoire pseudo-tumorale d'étiologie inconnue, touchant l'adulte jeune et caractérisée par la survenue de lésions nodulaires sous-cutanées habituellement groupées autour des oreilles, parfois associées à des adénopathies satellites et à une éosinophilie sanguine.
L'examen histologique montre une prolifération de capillaires normaux dont les parois sont épaissies par des cellules endothéliales protruses dans la lumière vasculaire et un infiltrat constitué de lymphocytes et de nombreux éosinophiles autour des vaisseaux pouvant aller jusqu'à la différenciation en follicules lymphoïdes. L'évolution spontanée est chronique et toujours bénigne. Le traitement fait appel à la chirurgie et/ou à la radiothérapie.
T. Kimura, anatomopathologiste japonais (1948)
Syn. hyperplasie angiolymphoïde avec éosinophilie, hémangiome histiocytoïde (obs.)
→ angiome caverneux, Kimura (maladie de)
[K4]
Édit. 2015
hémarthrose n.f.
hemarthrosis, hemorrhagic arthropathy
Épanchement de sang dans une articulation, qui devient douloureuse et tendue.
En cas d'hémarthrose post- traumatique, la symptomatologie apparaît en deux ou trois heures. Dans les cas de synovite villonodulaire, l’affection adopte un mode chronique. Une anomalie de l'hémostase est toujours à rechercher. La ponction articulaire confirme le diagnostic. Le traitement repose sur l'immobilisation, associée à une ponction si le liquide est sous tension.
Étym. gr. haïma : sang ; arthron : articulation
[I2]
hématome périrénal spontané l.m.[M2-2015]
spontaneous perirenal haemorrhage
Epanchement hémorragique périrénal sous-capsulaire survenant en dehors de toute cause évidente (traumatisme, affection hémorragique ou traitement anticoagulant).
Le syndrome est caractérisé par des signes soit bruyants, avec triade de Lenk (douleurs lombaires, signes de choc ou d'hémorragie interne, tuméfaction lombaire associée à un syndrome pseudoocclusif et à une hyperthermie), soit atténués (oligoanurie) ou atypiques (hématurie, anémie). L'échographie et la scanographie confirment l'hématome. Il est le plus souvent révélateur d'une affection rénale (néphrite chronique) ou de la localisation rénale d'une maladie générale (périartérite noueuse en particulier).
C. Wunderlich, médecin interniste allemand (1858)
Étym. gr. haïma : sang, ôma : tumeur
Syn. apoplexie spontanée de la capsule du rein, maladie de Wunderlich
hématome sousdural l.m.
subdural haematoma
Hémorragie diffuse ou circonscrite, d'origine traumatique ou spontanée, siégeant entre la dure-mère et l'arachnoïde.
Il en existe deux types. Les hématomes sous-duraux aigus ou subaigus, sont généralement associés à des contusions cérébrales hémorragiques. Le saignement provient des artères et veines du cortex. Après un intervalle libre très court, ou bien d'emblée, se manifestent des troubles de la vigilance, des signes hémisphériques déficitaires ou épileptiques, ou un coma. Le scanner montre un aspect de galette de densité hématique moulant la convexité d'un hémisphère et, par effet de masse sur les structures médianes, un "gros hémisphère" décollé de la convexité. Le traitement est neurochirurgical.
Les hématomes sous-duraux tardifs ou chroniques, se forment après un intervalle libre de quelques jours ou semaines. Leurs manifestations cliniques peuvent être trompeuses : absence de traumatisme connu, céphalées, troubles psychiques (confusion, pseudodémence), signes d'hypertension intracrânienne, déficits neurologiques progressifs, crises comitiales. Le scanner montre surtout une collection sous-durale hypodense, plus fréquemment frontotemporale avec, là aussi, un effet de masse sur les structures médianes. Leur survenue est spontanée ou à la faveur d'un minime traumatisme, chez un sujet âgé prenant des antiagrégants plaquettaires (aspirine) ou surtout des anticoagulants. Une intervention neurochirurgicale est le plus souvent, indiquée.
Chez le sujet âgé et chez l’alcoolique chronique, peuvent être observés, surtout quelques semaines après un traumatisme cranio-encéphalique, des troubles d'allure mélancolique plutôt que maniaque, mais surtout une obnubilation avec notamment déficits mnésiques, perplexité et a fortiori des épisodes confusionnels. Parfois ancien et fréquemment bénin, le traumatisme initial peut être oublié.
Étym. gr. haïma : sang ; ôma : tumeur
→ troubles psychiques de l'hématome sous-dural
[H2]
Édit. 2018
hémicrânie paroxystique chronique l.f.
chronic paroxysmal hemicrânia
Variante très rare de la forme chronique des algies vasculaires de la face, touchant essentiellement les femmes, caractérisée par des accès douloureux hémifaciaux brefs (cinq à dix minutes), nombreux dans les 24 heures et par une grande sensibilité à l'indométacine.
[H1]
hémispasme facial l.m.
facial hemispasm, Bell's spasm
Syndrome caractérisé par des crises de contraction d'une hémiface.
Les crises sont d'abord parcellaires et peuvent concerner ensuite tous les muscles On distingue une forme secondaire à une paralysie faciale et une forme essentielle, évoluant de façon chronique, éventuellement liée à un conflit vasculonerveux dans l'angle pontocérébelleux, comme dans la névralgie du trijumeau.
C. Bell, Sir, anatomiste et chirurgien britannique, membre de l’Académie de médecine (1821)
Étym. gr. hêmi : demi ; spao : je contracte
→ l paralysie faciale, névralgie du trijumeau
[H1]
Édit. 2015
hémisporose n.f.
hemisporosis
Mycose rare due à un champignon du genre Hemispora se manifestant par des abcès cutanés ou osseux, d’évolution chronique.
Le tableau clinique le plus typique serait une ostéite du tibia.
[D2]
Édit. 2015
hémocult ® n.m
hemoccult
Réactif (ou procédé) permettant de déceler la présence de sang dans les selles.
Le dépistage organisé du cancer colo-rectal repose sur le recherche de sang dans les selles dans la population à risque moyen de cancer colo-rectal âgée entre 50 ans et 74 ans. Ce dépistage est répété tous les 2 ans. Lorsque la recherche est positive, les sujets doivent se soumettre à une coloscopie.
Sont exclus de ce dépistage les sujets à risque élevé ou très élevé de cancer colo-rectal qui doivent se soumettre à un dépistage par une coloscopie d’emblée sans passer par la recherche de sang dans les selles.
Sont à risque élevé, les sujets ayant des antécédents personnels de maladie chronique inflammatoire des intestins, d’adénome villeux ou d’adénome de plus de 10 mm de diamètre ou plus de 2 adénomes quelles que soient sa taille et sa composante histologique, ceux qui ont un antécédent de cancer du colon ou qui présentent une acromégalie. Sont à risque très élevé les sujets ayant un antécédent familial chez une ou plusieurs personnes de cancer colorectal au premier degré de moins de 65 ans ceux qui ont une polypose adénomateuse familiale ou un syndrome de Lynch (syndrome HNPCC : hereditary non- polyposis colorectal cancer).
Le dépistage a reposé sur la détection de l’hème dans les selles (hemoccult I®). Depuis 2015, le test est immunologique (hemoccult II®) ; il met en présence des anticorps dirigés contre des globines humaines. Il est d’utilisation plus simple que le précédent test ; un seul prélèvement suffit (au lieu de 6). Surtout, il est plus sensible, détectant 2 à 2,5 fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus d’adénomes avancés.
hémodialyse chronique de suppléance l.f.
intermittent hemodialysis of substitution
Technique d'épuration extrarénale utilisée pour le traitement des insuffisances rénales chroniques, qui repose sur le principe des échanges, à travers une membrane semi-perméable, entre les constituants du plasma et ceux d’une solution hydroélectrolytique, dite « liquide de dialyse », de composition proche de celle d’un liquide extra-cellulaire normal.
Le principe de l’hémodialyse fait appel aux lois des transferts de masse à travers les membranes semi-perméables constituées de polyacrilonitrile et plus souvent de cuprophane ou d’acétate de cellulose disposés en plaques, en bobines et surtout en fibres creuses.
L'hémodialyse nécessite la mise en œuvre d'une circulation extracorporelle partielle qui dérive le sang vers la membrane semiperméable de l’appareil dit « rein artificiel », préalablement rempli d'une solution isotonique.
Dans le traitement substitutif de l’insuffisance rénale chronique, la dérivation sanguine est artérioveineuse grâce à une fistule créée chirugicalement, au préalable, à l’avant-bras, à partir de l’artère radiale. Le sang est rendu incoagulable par de l’héparine de bas poids moléculaire, par voie générale ou localement, à l'entrée de l'appareil. Le débit sanguin utilisé est de 33 à 200 mL/min, le débit à contrecourant du dialysat est en moyenne de 500 mL/min.
L'écart de concentration entre les deux compartiments crée une différence de pression osmotique qui détermine le passage des molécules à épurer à travers la membrane. Les petites molécules (électrolytes, urée, créatinine) traversent plus facilement la membrane que les autres. L’établissement d’un gradient de pression hydrostatique entre le sang du malade et le bain de dialyse permet la soustraction, par ultrafiltration de la quantité de sel et d’eau accumulée par le malade dans l’intervalle de deux dialyses. L'efficacité d'épuration du dispositif est évaluée par la clairance pour un soluté donné. Des dispositifs de surveillance de la composition du bain, de la pression de perfusion dans le circuit, assurent la sécurité.
Le plus souvent, les séances d’hémodialyse d’une durée de quatre heures, sont répétées trois fois par semaine. Elles peuvent avoir lieu soit dans des centres spécialisés traitant de nombreux malades, notamment à haut risque, soit dans des centres dits d'autodialyse où quelques patients se prennent eux-mêmes en charge avec l'aide éventuelle d'un technicien, soit au domicile même du patient.
L’hémodialyse périodique assure la suppléance des fonctions d’excrétion et de régulation hydroélectrolytique du rein malade sans pouvoir pallier la perte de ses fonctions endocrines et métaboliques.
B. H. Scribner, médecin néphrologue américain (1960)
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
Syn. rein artificiel
→ hémofiltration, hémodiafiltration, rein artificiel, fistule artérioveineuse, générateur de dialyse
[M1]
Édit. 2015
hémodialyse d'urgence l. f..
emergency hemodialysis
Technique d'épuration extrarénale utilisée pour le traitement des insuffisances rénales aigües, qui repose sur les mêmes principes que ceux de l’hémodialyse chronique de suppléance.
Dans les indications d’urgence, en réanimation, la dérivation sanguine est veinoveineuse grâce à l’utilisation de cathéters spéciaux à double lumière. L'hémodialyse est également utilisée pour corriger les déséquilibres électrolytiques (par ex. l'hyperkaliémie) ou acidobasiques et l'hyperhydratation. Elle est d'une application délicate. On pratique des séances de deux à quatre heures avec un faible débit continu, suivies d'une ultrafiltration pendant une à deux heures. L'hémodialyse mobilise une quantité importante de sang dans le circuit extracorporel (d'un volume comparable à celui d’une hémorragie) et les variations rapides d'osmolarité plasmatique entraînent en outre une perte accélérée de liquide intravasculaire ; il en résulte une hypovolémie et une inflation du secteur extravasculaire qui fait courir le risque d'œdème cérébral. C'est pourquoi on préfère aujourd’hui souvent l'hémofiltration à l'hémodialyse.
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
Syn. rein artificiel
→ hémofiltration, hémodiafiltration, rein artificiel, générateur de dialyse
[M1,G2]
Édit. 2015
hémosidérinurie n.f.
hemosiderinuria
Présence d'hémosidérine dans les urines, conséquence habituellement d'une hémolyse intravasculaire chronique.
Elle est habituellement rencontrée dans l'hémoglobinurie nocturne paroxystique, où elle est responsable de la carence en fer observée.
→ hémosidérine, hémoglobinurie nocturne paroxystique
[F1]
hémosidérose n.f.
hemosiderosis, secondary hemochromatosis
Surcharge tissulaire en fer observée en dehors de l'hémochromatose génétique, dans des affections hépatiques, pulmonaires et hématologiques.
Au cours des hépatites virales, et chez les sujets atteints de cirrhose, la saturation de la transferrine et la ferritinémie sont souvent augmentées. Les hémopathies entraînant une destruction excessive chronique des hématies peuvent provoquer des surcharges en fer. Il en est de même des sujets soumis à des transfusions répétées ou à un traitement par l'érythropoïétine. Une élévation de la ferritinémie est souvent observée dans le syndrome métabolique.
Étym. gr. haima : sang, sideros : fer
Syn. hémochromatose secondaire
→ hémosidérose pulmonaire, hémochromatose génétique, hépatite virale, cirrhose hépatique, érythropoïétine, syndrome métabolique
[L1]
hépatite alcoolique l.f.
alcoholic hepatitis
Atteinte aigüe du parenchyme hépatique, avec ou sans infiltration inflammatoire qui n'entraîne aucun symptôme quand elle est limitée, mais qui peut déterminer une insuffisance hépato-cellulaire plus ou moins sévère quand elle est étendue.
On en décrit plusieurs variétés cliniques : hépatites alcooliques aigüe et chronique ainsi que la forme aigüe sur cirrhose.
→ alcool, alccolisme
[L1]
hépatite G (virus de l') l.m.
Hepatitis G Virus
Virus à ARN de la famille des Flaviviridae, transmis à l’homme par voies sanguine, sexuelle et maternofœtale, comme le virus de l’hépatite C, mais sa pathogénicité apparaît nulle.
Il n’y a pas d’association entre ce virus et une hépatite en particulier chronique. En raison de l’absence de manifestations cliniques liées à ce virus, il n’est pas détecté lors du don du sang. Il est actuellement tombé dans l’oubli.
La co-infection hépatite C-hépatite G n’aggrave pas l’hépatite C. On dispose de la PCR et de la sérologie (ELISA) pour le diagnostic de l’hépatite G. Cette recherche est devenue caduque.
[D1,L1]
hépatite toxique l.f.
toxic hepatitis
Atteinte hépatique pouvant être causée par de nombreuses substances et se manifestant par des troubles de gravité croissante, témoins d'une cytolyse de plus en plus étendue selon la dose absorbée.
L'atteinte du foie est le plus souvent associée à une altération des reins, d'où le terme d'hépatonéphrite. Les ictères hémolytiques ne font pas partie de cette catégorie d'affection.
Principaux signes : augmentation des transaminases, de la gamma-glutamyl-transférase ( GT), effondrement de la synthèse des protéines, en particulier des intermédiaires de la coagulation, hépatite grave avec hémorragies, ictère de type cytolytique ou rétentionnel, puis coma. Les formes les plus graves sont qualifiées de fulminantes et correspondent à une cytolyse diffuse et spontanément irréversible : seule une greffe hépatique peut permettre la guérison.
La classification des hépatites toxiques a été longtemps basée sur des considérations métaboliques avec des troubles portant sur le métabolisme des glucides ou des lipides, telle la stéatose hépatique avec hypoglycémie par intoxication par l'Akee (fruit de la Jamaïque) ou par le charbon à glu (Atractilis gummifera riche en atractiline).
D'autre mécanismes ont été identifiés : carence en méthionine (intoxication à l'éthionine, à l'hexachlorobenzène), découplage de l'oxydoréduction phosphorylante (intoxication au dinitro-ortho-crésol), déplétion en gluthation réduit (hépatite grave par absorption de doses fortes de paracétamol (acétaminophène), réaction secondaire sur des structures endocellulaires de radicaux alcoylants comme dans l'intoxication au tétrachlorure de carbone où l'altération initiale est plutôt mitochondriale.
Les plus typiques des hépatites toxiques s'accompagnent d'une agression qui prédomine en général sur le réticulum endoplasmique et qui s'étend à tous les éléments cellulaires. Aucun schéma uniforme ne peut être proposé, les lésions portant aussi bien sur les lysosomes, les mitochondries, que sur le noyau, ce qui rend difficile une distinction entre nécrose et apoptose cellulaire.
La cytolyse est particulièrement marquée au cours des intoxications par le phosphore blanc ou par l'amanite phalloïde.
D'autres altérations, plutôt subaigües, se rencontrant au cours d'intoxications, sont considérées comme des effets adverses de médicaments (ictères par méthyl-testostérone, par chlorpromazine), elles sont dites cholostatiques à cause de la bilirubine non conjuguée circulante et des anomalies histologiques observées au cours des ictères par rétention biliaire.
Compte tenu de l'importance de l'activité métabolique du foie, il est difficile d'interpréter comme souffrance cellulaire la stéatose hépatique, fréquente au cours de l'intoxication alcoolique chronique, les variations réversibles du réticulum endoplasmique et des microsomes siège de nombreuses réactions d'hydroxylation et d'oxydation par les cytochromes et les oxydases, enzymes susceptibles de réponses d'adaptation lors de l'absorption de nombreux toxiques. De même l'interprétation des infections virales de rencontre n'a été possible que par l'identification des virus et des réactions immunitaires qu'ils provoquent.
Les hépatites, dites veinoocclusives, où l'altération prédomine sur le drainage veineux ont été identifiées pour les alcaloïdes du séneçon.
De nombreuses hépatites médicamenteuses, dites de sensibilisation, surviennent après absorption prolongée pendant plusieurs mois ou années de produits appartenant à toutes les classes de médicaments. Elles surviennent de façon sporadique surtout chez des femmes âgées et peuvent prendre une allure suraigüe d'hépatite fulminante après la reprise du médicament.
Les altérations hépatiques prolongées peuvent s'accompagner de séquelles fibrosantes, de l'apparition d'une cirrhose hépatique évolutive, affection classique au cours de l'alcoolisme prolongé pendant plusieurs dizaines d'années.
L'interprétation de l'apparition de cancers primitifs du foie observés au cours d'intoxications expérimentales est rendue complexe par l'existence d'une sensibilité génétique très variable ches certaines espèces, par l'existence de formations tumorales bénignes (adénomes) et par la prolifération de peroxysomes, chez le rat surtout. Les cancers primitifs sont à distinguer des métastases hépatiques beaucoup plus fréquentes, provenant d'autres cancers.
→ hépatonéphrite, stéatose hépatique
[L1]
hépatonéphrite n.f.
hepatonephritis
Syndrome caractérisé par l'évolution simultanée, aigüe ou chronique, de manifestations hépatiques et rénales, étroitement intriquées, relevant d'un même facteur étiologique.
Les causes habituelles sont infectieuses (le type en est la leptospirose) et toxiques (exposition à l'arsenic, au plomb, au tétrachlorure de carbone, etc). Les manifestations cliniques principales sont l'ictère et l'oligo-anurie.
[L1,M1]
hernie diaphragmatique traumatique l.f.
traumatic diaphragmatic hernia
Hernie consécutive à une rupture diaphragmatique ignorée, à une plaie diaphragmatique sans lésion viscérale abdominale, à la désunion secondaire d'une phrénotomie chirurgicale.
Elle s'observe surtout au niveau de la coupole gauche.
Souvent, la hernie a une symptomatologie digestive ou thoracique chronique.
Parfois le tableau clinique est aigu : strangulation gastrique ou occlusion intestinale haute à ventre plat avec douleurs, vomissements et dyspnée. L'examen radiologique fait découvrir une image gazeuse anormale de la base thoracique, quelquefois un syndrome de perforation. L'intervention est une extrême urgence.
Étym. lat. hernia : hernie
→ hernie
[L2]
herpès n.m.
cold sore, herpes, herpes simplex
Infection cosmopolite fréquente bénigne due aux Simplexvirus 1 et 2, de la famille des Herpesviridae.
Après une primo-infection, symptomatique ou non, l'herpès devient récurrent in situ, à type d'herpès labial, périnarinaire, génital, anal, oculaire, fessier, etc. La lésion élémentaire est une vésicule évoluant en quelques jours vers l'érosion puis vers la croûte. La confluence des lésions réalise le bouquet d'herpès. Une adénopathie satellite est fréquente.
L'herpès peut exceptionnellement être grave : méningoencéphalite herpétique, herpès chronique de l'immunodéprimé, pustulose varioliforme de Kaposi-Juliusberg, herpès néonatal, herpès disséminé viscéral des immunodéprimés, etc.
Le diagnostic est clinique. Dans les cas douteux, le cytodiagnostic met en évidence les cellules ballonnisées et, surtout, la culture virale sur cellules fibroblastiques ou épithéliales permet d'identifier le virus. Le traitement symptomatique suffit le plus souvent. L'Aciclovir est réservé aux herpès graves ou récidivant fréquemment.
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
→ Simplexvirus, Herpesviridae, herpès chronique, herpès de la cornée, herpès et troubles neuropsychiques, herpès génital, herpes gestationis, herpès iris, herpès néonatal, herpès récurrent, neuropathies herpétiques
[D3,J1]
hétérosondage urinaire intermittent l.m.
intermittent catheterization
Sondage uréthrovésical, évacuateur, pratiqué de façon régulière par un personnel soignant en vue de la rééducation d’une vessie neurologique.
Cette méthode combat la rétention chronique et la distension vésicale, et préserve mieux l'intégrité du bas appareil que la sonde à demeure. Plusieurs sondages sont nécessaires chaque jour.Cette technique indiquée dans les rétentions chroniques complètes ou incomplètes, à titre transitoire ou définitif, évite la sonde à demeure et, en permettant l'évacuation complète de la vessie quatre à six fois par jour, vise à prévenir l'infection urinaire. Il peut également favoriser la continence et protège le haut appareil. C'est le mode mictionnel de plus de 80% des handicapés neurologiques. Il est remplacé si cela est possible par l'autosondage.
[M2]
hidrosadénite n.f.
hidradenitis suppurativa
Suppuration chronique supposée prendre naissance dans les glandes sudoripares apocrines ou les follicules pileux des régions axillaires et périnéogénitales, réalisant des nodules inflammatoires profonds qui se ramollissent pour former des abcès douloureux se vidant de leur pus par intermittence ou se résorbant lentement.
Il s'agit plus d'une forme d'acné conglobata avec laquelle elle est souvent associée que d'un processus pathologique proprement infectieux bien qu'une surinfection par les pyogènes, staphylocoques dorés, soit fréquente. Le traitement est essentiellement chirurgical.
A. Verneuil, chirurgien français (1854)
Étym. gr. hidros : sueur ; adên : glande
Syn. abcès tubéreux de l'aisselle
→ Verneuil (maladie de), sébocystomatose, acné conglobata
[J1,D3]
Édit. 2015