Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de la fécondation à 2,5 semaines) l.m.

human embryonic and fetal development (0 to 2,5 weeks)

Cette période correspond approximativement aux horizons I à VIII de Streeter et aux stades carnegie 1 à 8 ; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 1,5mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : disque embryonnaire plat ; formation de la ligne primitive et du nœud primitif (de Hensen) ; apparition de la plaque, des crêtes et gouttière neurales (fin de la période présomitique);
- tube digestif et ses glandes : intestin non individualisé de la vésicule vitelline ;
- cavité cœlomique et les mésos : présence du cœlome extra-embryonnaire ; cœlome embryonnaire sur le point d’apparaître ;
- système urogénital : présence de l’allantoïde ;
- système vasculaire : les ilots sanguins apparaissent dans le chorion et la vésicule vitelline ; plicature de l’aire cardiogénique ;
- système squelettique : invagination des cellules notochordales dans le nœud primitif en direction crâniale jusqu’à la plaque préchordale ;
- téguments et leurs annexes : ectoderme à une seule couche de cellules ;
- système nerveux : gouttière neurale marquée.

L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)

Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé

→ stades carnegie, horizons de Streeter

[A4,O6]

développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de 8 à 10 semaines) l.m.

human embryonic and fetal development (8 to 10 weeks)

Cette période correspond approximativement aux 8ème à 12ème semaines de gestation de Streeter; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 40 mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : la tête est redressée ; les membres sont plus finement dessinés ; les replis unguéaux sont marqués ; la hernie ombilicale se réduit ;
- cavité buccale : les papilles fongiformes et valléculaires se différencient ; les lèvres se séparent des mandibules ; les organes de l’émail et les papilles dentaires se forment ; les replis palatins fusionnent ;
- pharynx et ses annexes : l’épithélium thymique se transforme en un réticulum et en corpuscules thymiques ; les corps ultimo-branchiaux disparaissent en tant que tels ;
- tube digestif et ses glandes : les anses intestinales se retirent du cordon ombilical et prennent leur position caractéristique ; le canal anal est formé ; les alvéoles pancréatiques sont présentes ;
- système respiratoire : les fosses nasales sont divisées par fusion du septum et du palais ; le nez est cartilagineux ; la cavité laryngée s’ouvre à nouveau ; les replis vocaux apparaissent ;
- cavité cœlomique et les mésos : le processus ou sac vaginal du péritoine se forme ; l’intestin et son mésentère quittent le cordon ombilical ;
- système urogénital : le rein commence à sécréter ; la vessie se développe comme un sac ; le conduit génital du sexe opposé dégénère ; les glandes bulbo-uréthrales et vestibulaires apparaissent ; les processus vaginaux sont formés ;
- système vasculaire : le conduit thoracique et les lymphatiques périphériques se développent ; les nœuds lymphatiques les plus précoces apparaissent ; les hématies (globules rouges sans noyaux) sont en majorité dans le sang ;
- système squelettique : les centres d’ossification deviennent plus habituels ; le chondrocrâne est à son maximum de développement ;
- système musculaire : les muscles du périnée se développent tardivement ;
- téguments et leurs annexes : des cellules intermédiaires s’ajoutent à l’épiderme ; les cellules péri-dermiques sont en majorité : le lit de l’ongle est marqué ; les follicules pileux les plus précoces comment à se développer sur la face ;
- système nerveux : la moelle spinale a gagné sa structure interne définitive ;
- organes des sens : l’iris et le corps ciliaire sont organisés : les paupières sont soudées ; les glandes lacrymales bourgeonnent ; l’organe spiral commence à se différencier.

L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)

Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé

→ stades carnegie, horizons de Streeter

[A4,O6]

digestion des glucides l.f.

digestion of carbohydrates

Ensemble des transformations subies dans le tube digestif par les glucides alimentaires aboutissant à des oses assimilables par les cellules.
Elle comporte l’hydrolyse des amidons qui commence dans la bouche et se poursuit dans la lumière de l'intestin grêle par l'action de l'amylase pancréatique.
Les oligosaccharides alimentaires (saccharose, lactose) et ceux issus de la digestion luminale sont hydrolysés en oses (monosaccharides) par une série d'enzymes situés dans la bordure en brosse des entérocytes, dont le plus important est la saccharase-isomaltase.
Les monosaccharides sont ensuite absorbés soit par voie intercellulaire (mécanisme passif), soit par voie transcellulaire par l'intermédiaire de transporteurs actifs spécifiques (GLUT1 pour le glucose et le galactose, GLUT5 pour le fructose). Les glucides non digérés dans l'intestin grêle (notamment les celluloses), sont métabolisés par fermentation par les bactéries coliques, avec production de gaz (H2, CO2, CH4) et d'acides gras à chaîne courte utilisés comme substrat énergétique par les cellules pariétales coliques.

discret adj.

sampled, discrete

1) En pathologie, qualifie des lésions dont les éléments sont séparés les uns des autres.
Éruption cutanée discrète.
2) En physiologie, qualifie les potentiels d'action issus des cellules neuronales (telles que les cellules ganglionnaires de la rétine).
C'est leur fréquence d'émission qui caractérise le signal à transmettre (par opposition aux potentiels continuellement variables apparaissant p. ex. au pied des récepteurs).
3) En mathématique et en physique, caractérise des phénomènes discontinus et énumérables, des données composées d’éléments distincts, ou encore de grandeurs ne pouvant prendre qu’un nombre fini de valeurs identifiables séparément.
Il correspond à une série de valeurs représentant de façon discontinue, après échantillonnage, un phénomène continu.
Un signal discret n'existe à l'entrée ou à la sortie d'un système, qu'à des instants précis. Il n'existe pas pendant certains intervalles de temps puis se manifeste pendant une durée déterminée, généralement brève. On dit que la variable "temps" est alors discontinue.
La modélisation de ces phénomènes fait appel à des équations aux différences finies.
4) En informatique, discret est synonyme de numérique.
P. ex. les bits sont des éléments discrets car ils ne peuvent prendre que deux valeurs (0 et 1)

Étym. lat. discretus : séparé, divisé, discontinu

→ continu, numérisation

division cellulaire l.f.

cell division

Processus par lequel se réalise la division d'une cellule procaryote ou eucaryote.
1) Chez les Eucaryotes il comprend deux étapes, d'une part la division du noyau ou caryodiérèse et d'autre part la division du cytoplasme et de la membrane cellulaire ou cytodiérèse.
2) La division peut être soit équationnelle, lorsque les deux cellules-filles possèdent le même nombre de chromosomes que la cellule d'origine, soit réductionnelle lorsque les deux cellules-filles possèdent la moitié du nombre de chromosomes de la cellule d'origine.

→ améiose, amitose, méiose, mitose

dopamine n.f.

dopamine

Dihydroxy-phényléthylamine, neuromédiateur biosynthétisé par différentes cellules nerveuses dites dopaminergiques, de la médullosurrénale ou des cellules chromaffines de l'intestin.
Elle est classée parmi les hormones dites catécholamines.
Dans la maladie de Parkinson, son déficit est constant au sein du locus niger et du striatum. Administrée par voie générale, elle ne franchit pas la barrière hémato-méningée. En revanche son précurseur, la L-dihydroxy-phénylalanine (L-dopa) pénètre dans le système nerveux où la dopadécarboxylase la transforme en dopamine. Mais une décarboxylation en dopamine se produit dans la plupart des tissus, si bien que seule, une fraction de la dose ingérée est disponible pour le système nerveux et que des doses élevées de l’ordre de 3 à 4 grammes par jour sont nécessaires. Ces doses ont des effets seconds sur l'ensemble de l'organisme, en raison des productions digestives et cardiovasculaires de dopamine. L'association à la L-dopa d'un inhibiteur de la décarboxylase qui ne peut pas franchir la barrière hémato-méningée, prévient ces effets indésirables et réserve au système nerveux central l'action du médicament.
Son rôle dans la régulation de la LH-RH est discuté. Ses propriétés pharmacologiques en font un médicament adrénergique utilisé dans le choc cardiogénique et les anuries du choc.

A. Carrlsson, neuropharmacologiste suédois, prix Nobel de médecine en 2000 (1957)

[G3]

Édit. 2020

dU suppression (test de) l.m. sigle pour déoxyUridine froide

deoxyuridine suppression test

Test utilisé pour l'exploration in vitro des cellules médullaires au cours des carences en cobalamines ou en acide folique.
La vitamine B12 et l'acide folique permettent in vitro, dans des cellules normales, l'incorporation dans l'ADN de dU. Cette incorporation va inhiber, secondairement, par compétition celle de la thymidine tritiée. En cas de carence en cobalamines ou en folates, l'incorporation de la dU ne se fait pas et l'inhibition n'a pas lieu. L'adjonction au milieu des facteurs vitaminiques ou des métabolites dont l'apport ou la synthèse sont présumés insuffisants, peut permettre la normalisation du test et préciser ainsi la pathogénie du trouble.

→ anémie mégaloblastique, Biermer (anémie de), folique (acide)

dyskératose pagétoïde labiale l.f.

pagetoid dyskeratosis of the lips

Image histologique rencontrée occasionnellement, mais relativement souvent, dans l’épithélium malpighien d’une lèvre sur toute la hauteur du corps muqueux, mais surtout en position suprabasale, correspondant à la modification de kératinocytes, soit isolés soit en groupes, dont la taille s’agrandit tandis que leur cytoplasme devient clair et leur noyau petit et pycnotique, ce qui les fait ressembler à des cellules de Paget mais sans colorabilité par le muci-carmin.
Elle est interprétée comme traduisant une kératinisation précoce de certaines cellules malpighiennes vraisemblablement favorisée par des facteurs locaux tels que mouvements des lèvres, humidité, et n’implique donc pas de caractère néoplasique ni même prénéoplasique.

J. Paget, Sir, chirurgien et physiologiste britannique, membre de l'Académie de médecine (1874)

→ cellules de Paget

dystrophine n.f.

dystrophin

Protéine musculaire de masse moléculaire 427 kDa, constituée de 3 685 acides aminés, qui joue un rôle dans la constitution du cytosquelette en se liant à la F-actine.
Plusieurs formes existent selon les cellules qui en contiennent : à côté de la M-dystrophine du muscle, on a décrit la C-dystrophine du cerveau, la P-dystrophine des cellules de Purkinje, et des apodystrophines 1, 2, 3. La myopathie de Duchenne est due à un défaut de synthèse de cette protéine.

G. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1858)

Étym. gr. dus : difficulté, trophê : nourriture

→ Duchenne (maladie de)

ECGF sigle angl. pour Endothelial Cell Growth Factor.

Facteur de croissance des cellules endothéliales.
Protéine de masse moléculaire comprise entre 17 et 25 kDa, qui a été purifiée à partir de plaquettes sanguines et d'hypothalamus et qui stimule la multiplication des cellules endothéliales.

[C2, C3, K5]

Édit. 2019

fibres d'élastine l.f.p.

elastic fiber

Fibres ou lames continues constituant un réseau tridimensionnel dans la matrice extracellulaire, en particulier du derme, des poumons, des artères, des veines... et assurant à ces tissus des propriétés d'étirement et d'élasticité.
Elle est biosynthétisée par les fibroblastes, les cellules musculaires lisses, les cellules endothéliales vasculaires, sous forme d'un précurseur, la tropoélastine, qui se polymérise au sein de la substance fondamentale, et de microfibrilles formées de glycoprotéines de structure en particulier de fibrilline.

Étym. elassein : réduire de taille

→ fibre élastique, fibre élaunique, fibre oxytalane, élastine, fibroblaste, tropoélastine, fibrilline

[A2, C1]

Édit. 2019

Elschnig (perle d') l.f.

Elschnig pearl

Formation en globule apparaissant à la surface de la capsule résiduelle du cristallin après chirurgie de la cataracte laissant en place le rideau capsulaire (extraction extracapsulaire mécanisée ou non) et répondant à la colonisation capsulaire par des cellules très globuleuses (cellules de Wedl).

A. Elschnig, ophtalmologue autrichien (1863-1939)

→ cataracte, Wedle (cellule de)

[P2]

Édit. 2019

embryon préimplantatoire l.m.

embryo implantationis (TE)

preimplantation embryo

Embryon obtenu par fécondation in vitro avant implantation dans l’utérus, dont le développement correspond aux stades Carnegie 1 à 4 et aux horizons I à IV de Streeter.
Durant ces périodes l’ovocyte fécondé subit une série de divisions mitotiques aboutissant à la formation des blastomères. Au 3ème jour la division cellulaire à 16 cellules donne la morula libre dépourvue de villosités (horizons I – III de Streeter). L’implantation de la morula libre dans la cavité utérine reproduit sa pénétration naturelle ; la morula libre devient villeuse et pénètre dans la muqueuse utérine au niveau des cellules trophoblastiques situées au pôle embryonnaire ; cette pénétration est favorisée par l’action de la muqueuse utérine (stade Carnegie 4 ; horizon IV de Streeter). Le zygote est alors appelé blastocyste.
En droit, l’embryon pendant sa phase préimplantatoire n’est pas une personne au sens habituel du terme. (Conseil de l’Europe, Documents de séance, 3-8 octobre 1988).

→ stades Carnegie, horizons de Streeter, blastomère, morula, cellules trophoblastiques, pôle embryonnaire, zygote, blastocyste

[A4]

Édit. 2019

endocardite rhumatismale l.f.

rheumatic endocarditis

Atteinte inflammatoire par réaction immunitaire antistreptocoque de la tunique interne du cœur, au cours du rhumatisme articulaire aigu.
  ou maladie de Bouillaud.
Au cours ou au décours d'une crise de rhumatisme articulaire aigu après une amygdalite, apparaissent fièvre, sueurs, pâleur et souffles cardiaques.
L’endocardite, presque toujours associée à une myocardite (endomyocardite), se marque surtout  par des saillies verruqueuses de 1 à 3 mm qui, respectent le bord libre des valves mais siègent sur la face valvulaire exposée au courant sanguin, s’étendent éventuellement sur les cordages tendineux, sur les piliers, et sur l’endocarde auriculaire avec œdème, congestion, infiltration de cellules inflammatoires, prolifération de grandes cellules disposées en nodule et plus rarement nodule d’Aschoff.
C’est l’évolution cicatricielle de l’endocardite rhumatismale qui crée les lésions valvulaires rhumatismales caractéristiques.
Le traitement est double : pénicilline et corticothérapie. La prévention par l'antibiothérapie régulière au long cours, permet d'éviter les récidives et de diminuer la fréquence des valvulopathies qui constituent actuellement un fléau dans les pays en développement. 
 

K. Aschoff, anatomopathologiste allemand (1904) ; J-B. Bouillaud, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1832)

Étym. gr. endon : à l’intérieur ; kardia : cœur

→ nodule d'Aschoff, Bouillaud (maladie de)

[D1, I1, K2, N3, O1 ]

Édit. 2019

endomètre n.m.

endometrium, tunica mucosa uteri (TA)

endometrium

Tunique muqueuse qui tapisse la cavité utérine.
On lui reconnaît trois portions de structure différente :
1) dans le corps de l’utérus et la partie haute de la cavité cervicale, un épithélium prismatique simple, dont certains éléments sont ciliés, et qui repose sur un chorion constitué par des fibroblastes ; il adhère étroitement au muscle sous-jacent ; de longues cryptes épithéliales, dites improprement glandes utérines, lui sont  annexées ;
2) à la partie inférieure de la cavité du col (muqueuse endocervicale), c’est un épithélium simple à cellules polyédriques comportant des cellules caliciformes à mucus ;  les glandes cervicales sont moins nombreuses et plus volumineuses que sur le corps ; très polymorphes au niveau de l’ostium externe, elles peuvent se transformer en kystes (les œufs de Naboth) ; le chorion est ici riche en fibres conjonctives et pauvre en fibroblastes ; cette portion de l’endomètre est parcourue de plissements qui forment les plis palmés (ancien arbre de vie) ;
3) au niveau de la portion vaginale du col de l’utérus (museau de tanche), c’est un épithélium pavimenteux stratifié reposant sur un chorion très riche en fibres conjonctives et élastiques.
L’endomètre présente une série de modifications anatomo-fonctionnelles en rapport avec le stade du développement génital, le cycle oestral et la gestation.

→ kyste de Naboth

[A1, O3]

Édit. 2019

ensemble lésionnel l.m.

lesional set

Association de différentes lésions élémentaires réalisant une image anatomopathologique caractéristique qui permet habituellement un diagnostic.
Ainsi un ensemble de cellules épithélioïdes, de cellules géantes et de caséum évoque une lésion tuberculeuse.

Syn. groupement lésionnel

[A3]

Édit. 2020

enzyme de conversion de l'angiotensine l.m.

angiotensin converting enzyme

Enzyme qui intervient d'une part sur le système rénine angiotensine en transformant l'angiotensine I en angiotensine II, substance fortement vasopressive, et d'autre part en inactivant la bradykinine.
L'enzyme est une dipeptidyl-carboxypeptidase formée de 1278 acides aminés. Son activité enzymatique est peu spécifique. Elle agit aussi sur d'autres  peptides vasodilatateurs. L'analogie structurale de l'enzyme de conversion de l'angiotensine avec la bradykinine et la kininase II explique l'interaction.
Normalement sécrétée par le foie et les cellules endothéliales, elle peut l’être au cours de certaines inflammations, en particulier en cas de granulomes tuberculoïdes. 
L'enzyme de conversion, localisé sur la membrane des cellules endothéliales, présente un polymorphisme génétique : certains sujets, qui ont une concentration plasmatique augmentée d'enzyme de conversion, ont un risque accru de maladies cardiovasculaires. Dans la sarcoïdose, le dosage de cette enzyme dans le sérum peut révéler son élévation et, bien que sa spécificité soit médiocre, il est néanmoins utile lors de la surveillance évolutive. 
A titre thérapeutique, les inhibiteurs de l'enzyme de conversion sont utilisés dans le traitement de l'hypertension artérielle et de l'insuffisance cardiaque.

Syn. angioconvertase

Sigle ECA

→ enzyme, angiotensine (I, II, III, IV), système rénine-angiotensine, bradykinine

[C1, C2, K2, K4]

Édit. 2020

épargne maculaire l.f.

macular sparing

Vision conservée de la région maculaire malgré une hémianopsie consécutive à une lésion d'un lobe occipital.
Deux hypothèses étayées par les observations expliquent l'origine de l'épargne maculaire. D'une part, les axones de certaines cellules ganglionnaires de la région maculaire bifurqueraient dans le chiasma optique, réalisant une projection bilatérale. D'autre part, les cellules ganglionnaires de la région maculaire ne respecteraient pas strictement la frontière que constitue le méridien vertical de la rétine. Compte-tenu de leur grande concentration dans cette région, on observerait un chevauchement des projections homo- et controlatérales de part et d'autre de la ligne virtuelle constituée par le méridien vertical par défaut de ségrégation.

→ macula, hémianopsie, chiasma optique

[P2]

Édit. 2020

épendymome n.m.

ependymoma

Tumeur développée à partir des cellules épendymaires, qui se localise dans n'importe quel point du système ventriculaire et du canal épendymaire, avec une prédominance autour du quatrième ventricule chez le sujet jeune et au niveau de la queue de cheval chez l'adulte.
Habituellement bien limitée sauf en cas de siège spinal bas, elle est constituée microscopiquement de cellules cylindriques à noyau allongé en situation basale, à fins prolongements fibrillaires, régulièrement disposées autour d'axes vacuolaires. L'ensemble forme une nappe continue, parsemée de pseudorosettes. Les formes papillaires prédominent dans les localisations rachidiennes. Dans certaines, l'axe de la papille contient un matériel mucoïde qui correspond à l'épendymome myxopapillaire : c'est une tumeur bénigne, mais qui peut devenir très extensive, infiltrante et récidivante. Il existe de rares formes malignes à noyaux hyperchromatiques, riches en mitoses hémorragiques et nécrotiques. Les subépendymomes comportent une double composante : épendymaire et gliale. Bénins histologiquement, souvent silencieux, ils sont associés à d'autres lésions, localisées le plus souvent dans la fosse postérieure. L'épendymoblastome du jeune enfant, très immature, est à rattacher aux tumeurs neuro-ectodermiques primitives.
Le traitement est chirurgical, complété par la radiothérapie. Mais ces tumeurs récidivent, infiltrent ou disséminent à distance par le liquide céphalorachidien.

→ épendyme

[H1, F5]

Édit. 2020

éphélide n.f.

ephelis, freckle

Petite macule brunâtre survenant de façon profuse et symétrique sur les régions exposées au soleil chez les enfants et les adultes de carnation blonde ou rousse, donc de phototype clair, s'atténuant, voire s'effaçant en hiver sauf chez les sujets roux.
Elle est due à une surcharge en pigment mélanique des cellules épidermiques de la couche basale, mais sans augmentation du nombre des mélanocytes et sans cellules næviques.

Étym. epi : en rapport ; helios : soleil

Syn. tache de rousseur

[J1]

Édit. 2020

épigénome n.m

Interprétation du développement d'un organisme selon laquelle un embryon se développe par multiplication et différenciation progressive des cellules et des organes mettant en jeu, des mécanismes régulant l’expression des gènes qui constituent l’épigénome.
Toutes les cellules d’un Homme possèdent le même ADN. Elles ont cependant des fonctions différentes parce que l’ADN ne s’exprime pas à l’identique d’un type cellulaire à l’autre. Deux mécanismes de régulation interviennent : les facteurs de transcription agissant sur les promoteurs des gènes et l’épigénome. Ce dernier est l’ensemble des « marques épigénétiques », c’est-à-dire de modifications soit de l’ADN, soit des histones par des réactions d’acétylation ou de méthylation. Ces modifications ont pour conséquence l’activation ou l’inhibition de l’expression du gène concerné. L’épigénome peut être modifié, chez le fœtus par l’environnement maternel, les médicaments (distilbène®) et, après la naissance, par des facteurs environnementaux : alimentation, stress, produits xénobiotiques. L’épigénome de jumeaux monozygotes peut donc être différent entraînant, de ce fait, des variations de phénotype. Les marques épigénomiques sont transmissibles au cours des mitoses. Lors de la formation des gamètes, leur élimination peut être incomplète avec transmission aux générations suivantes.

Étym. gr. épí : au-dessus de ; genos : origine, descendance

→ épigénétique, acide désoxyribonucléique, histone, NF-κB (facteur de transcription)

[Q1,Q3]

Édit. 2020

epithelioid and spindle cell nævus l. angl. m.

Naevus de Spitz, ainsi appelé par certains auteurs anglosaxons en raison de la présence dans cette tumeur de grandes cellules cubiques à aspect épithélioïde et de cellules fusiformes.

Sophie Spitz, anatomopathologiste américaine (1948)

→ naevus de Spitz

[J1, F2]

Édit. 2020

épithélioma kératinisant l.m.

keratotic basal cell carcinoma

Carcinome basocellulaire à évolution pilaire ou kératinisante, phénomène fréquent, qui se reconnait à la tendance de la tumeur à élaborer des follicules rudimentaires et des formations imitant le bourgeon primitif, ainsi qu'à la présence au sein des boyaux tumoraux de faisceaux de cellules fusiformes ou de groupements de cellules "en bulbe d'oignon", dont le centre contient souvent des amas de kératine ortho ou parakératosique.

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

→ cancer basocellulaire

[A3, F5, J1]

Édit. 2020

épithélium pigmentaire rétinien l.m.

retinal pigmented epithelium

Couche cellulaire la plus externe de la rétine.
Elle s’étend de la papille à l’ora serrata, où elle se prolonge par l’épithélium pigmenté du corps ciliaire. Elle forme une couche cellulaire unistratifiée, pigmentée : les cellules sont unies entre elles par un système de jonctions intercellulaires imperméables (zonula occludens), constituant une barrière physique (barrière hémato-rétinienne externe) qui régule les échanges choriorétiniens, ces cellules jouent un rôle dans l’adhésion entre la rétine neurosensorielle et l’épithélium pigmentaire par un mécanisme actif de déshydratation de l’espace sous sensoriel, dans le métabolisme des photorécepteurs, dans le métabolisme de la vitamine A et un rôle d’écran et de défense contre la toxicité liée à la lumière.

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

→ rétine, zonula occludens

[A1, A2, P2]

Édit. 2020

épithélium simple l.m.

Epithélium constitué par une seule couche de cellules.
Il peut être pavimenteux (poumons, vaisseaux), cubique (petits canaux et tubules), prismatique simple (vésicule biliaire), cilié (trompe), cylindrique cilié, pseudostratifié (épithélium respiratoire). Le renouvellement des épithéliums simples s'effectue par des cellules de remplacement, éparses, n'atteignant pas la lumière, et en contact avec la membrane basale.

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

→ épithélium

[A2]

Édit. 2020

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