Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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suc gastrique l.m.

gastric juice

Liquide sécrété par les glandes en tubes de l'épithélium gastrique, agent essentiel de la digestion.
Chez l'Animal, la méthode de choix pour le recueillir à l'état pur est le petit estomac de Pavlov. Chez l'Homme, on le recueille par tubage après administration d'un repas d'épreuve ou après injection d'histamine, qui stimulent sa sécrétion. Ses principales caractéristiques sont : liquide clair, inodore, légèrement visqueux, franchement acide. L'acidité libre (acide chlorhydrique) à jeun est normalement comprise entre 0 et 1 g/L ; l'acidité totale (acide chlorhydrique lié aux protéines, phosphates et carbonates, plus l'acidité libre) ne dépasse pas 1,8 g/L. Le suc gastrique contient aussi des enzymes, la pepsine notamment, et une mucine, sécrétée par de très nombreuses cellules de la paroi gastrique, dont le rôle physiologique est de protéger la muqueuse contre l'autodigestion et de constituer un gradient pour la neutralisation de l'acide chlorhydrique au contact de la muqueuse. Accessoirement, le suc gastrique contient de l'histidine, une cathepsine, le labferment (ou chymosine), pouvant coaguler le lait, et une lipase gastrique de faible activité. On estime à 1 500 mL la quantité moyenne de suc gastrique sécrétée en 24 heures par un homme normalement alimenté ; elle peut varier entre 1 et 2,5 litres.

suc pancréatique l.m.

pancreatic juice

Produit de la sécrétion exocrine du pancréas déversé dans le duodénum par le canal pancréatique (de Wirsung) et le canal pancréatique accessoire (de Santorini).
C'est un liquide clair ou légèrement opalescent, visqueux, inodore, de saveur légèrement salée et fortement alcalin (pH 8,7-9,0). Il contient des enzymes (amylase, lipase, phospholipases, cholestérolestérase, ribonucléase, désoxyribonucléase) et des proenzymes (trypsinogène, chymotrypsinogène, procarboxypolypeptidases A et B) ainsi que d'autres protéines telles que la colipase, la stathérine.
Le trypsinogène activé par l'entérokinase intestinale donne un enzyme protéolytique, la trypsine, qui active d'autres proenzymes. La sécrétion est déclenchée par un mécanisme réflexe (parasympathique surtout) une à deux minutes après l'ingestion, et par un mécanisme hormonal (sécrétine et pancréozymine). La quantité totale de suc pancréatique produite par jour est généralement supérieure à 2 L et dépend de la dilution du bol alimentaire.
L’analyse du suc pancréatique permet de détecter une diminution de son activité enzymatique, traduisant l’existence d’une insuffisance pancréatique exocrine, comme dans la pancréatite chronique.

succinate d'œstriol l.m.

œstriol succinate

Oestrogène naturel, à faible effet hormonal, prescrit pour traiter l'atrophie vaginale de la ménopause.

succinate-cytochrome c-réductase n.f.

Ensemble enzymatique de la chaîne respiratoire mitochondriale, catalysant l'oxydoréduction du succinate avec le ferricytochrome c :

Ce système comporte la succinate-déshydrogénase et d'autres facteurs associés (fer non héminique, ubiquinone, cytochrome b et c1, phospholipides), c'est-à-dire les complexes II et III de Green, qui ne sont pas liés. Le nom plus correct de cet ensemble enzymatique est succinate-cytochrome c-oxydoréductase.

succinate + 2 cytc-Fe3+ fumarate + 2 cytc-Fe2+ + 2H+.

succinate-déshydrogénase n.f.

succinate dehydrogenase

Enzyme catalysant la déshydrogénation du succinate en fumarate.
La succinate déshydrogénase est une enzyme de la membrane mitochondriale qui fait partie du cycle de l’acide citrique ou cycle de Krebs. Elle constitue le complexe II de la chaîne mitochondriale des transporteurs d’électrons, responsable de la production d’énergie dans les cellules. Elle est constituée de quatre sous-unités :deux sous-unités catalytiques, SDHA et SDHB, et deux sous-unités servant à l’ancrage dans la membrane mitochondriale, SDHC et SDHD. La sous-unité SDHA est couplée au co-enzyme « flavine-adénine-dinucléotide » (FAD) par une laison covalente.
Des mutations de SDHA sont responsables de pathologies mitochondriales pouvant entraîner des anomalies cérébrales, cardiaques, musculaires, hépatiques, rénales et osseuses chez l’enfant, ainsi que des tableaux de myopathie chez l’adulte. Des mutations de SDHB, SDHC ou SDHD ont été trouvées dans le syndrome de paragangliome-phéochromocytome familial.

Syn. succinyldéshydrogénase

FAD

succinate-ubiquinone-réductase n.f.

succinate ubiquinone reductase

Ce système comporte quatre sous-unités, dont deux sont détachables de la membrane riche en phospholipides, la succinate-déshydrogénase, centres fer-soufre (fer non héminique), cytochrome b 558 ; il constitue le complexe II de Green. Le nom plus correct de cet ensemble enzymatique est succinate-ubiquinone-oxydoréductase

Système enzymatique de la chaîne respiratoire mitochondriale, catalysant l'oxydo-réduction du succinate avec l'ubiquinone : succinate + ubiquinone fumarate + dihydro-ubiquinone.

succinoxydase n.f.

succinoxidase

Système enzymatique catalysant l'oxydation par l'oxygène du succinate en fumarate.
Ce système mitochondrial comporte la succinate-ubiquinone-réductase, l'ubiquinone-cytochrome c-réductase et la cytochrome-oxydase.

succinyl-coenzyme A n.m.

succinylcoenzyme A

Forme métaboliquement active de l'acide succinique lié par l'un de ses carboxyles à la fonction thiol du coenzyme A.
C'est un intermédiaire du cycle des acides tricarboxyliques et l'un des précurseurs dans la synthèse de l'hème.

succinyl-coenzyme A-synthétase n.f.

succinylcoenzyme A synthetase

Enzyme catalysant la réaction réversible de synthèse du succinyl-coenzyme A à partir de succinate de coenzyme A et d'un nucléoside-triphosphate, qui peut être le GTP, l'ITP ou l'ATP : succinate + HSCoA + ATP → ADP + phosphate + succinyl-CoA.
Il existe plusieurs enzymes de ce type : quelquefois liés à l'oxydation de l'a-cétoglutarate, comme l'enzyme qui permet la formation d'ATP à partir du succinyl-coenzyme A formé dans le cycle tricarboxylique, quelquefois destinés à activer des acides gras à chaîne courte et des diacides, comme l'acyl-CoA synthétase mitochondriale à GTP ; cet enzyme permet d'alimenter la biosynthèse de l'hème.

succinylcholine n.f.

succinylcholine

suxaméthonium

succion n.f.

suction, aspiration, sucking

Aspiration dans la bouche à travers les lèvres serrées, le plus souvent d’un liquide.
L’induction de ce mouvement aspiratif par réflexe archaïque fait partie de l’examen neurologique du nouveau-né.

sucement du pouce l.m.

thumb sucking

Comportement habituel à la majorité des enfants du premier âge.
On pense que le fait de sucer son pouce jusqu'à un âge plus avancé est un signe d'immaturité affective. Pour les psychanalystes, cette habitude serait à relier à un désir de satisfaction orale, avec une signification autoérotique.

suçoir de lamproie l.m.

« tumefied lips »

Tuméfaction transitoire des lèvres d'un nouveau-né accouché par la face.

Sucquet-Hoyer (canal de) l.m.

Sucquet-Hoyer’s duct

J. P. Sucquet anatomiste français (1840-1870) ; H. F. Hoyer, anatomiste polonais (1834-1907)

glomus neuromyoartériel

sucrase n.f.

sucrase

α-glucosidase catalysant l'hydrolyse du saccharose.

lévane-sucrase

sucrose n.m.

Syn. angl. de saccharose

sudamina n.m.p.

sudamen, miliaria crystallina

Minuscules petites vésicules claires de la taille d'une tête d'épingle secondaires à une transpiration abondante et brusque qui clive la couche cornée de l’épiderme.
Provoquées par une poussée de fièvre ou par le port d'un pansement occlusif, cette éruption, qui disparaît en quelques jours, se distingue de la bourbouille par l'absence d'un halo inflammatoire et de prurit.

Syn. miliaire cristalline

miliaire sudorale

sudation n.f.

sudation

Fonction de production de la sueur par les glandes sudorales.

sudation prandiale l.f.

gustatory sweating syndrome

Transpiration localisée à la région parotidienne et à la joue, provoquée par l’excitation gustative et observée après lésion traumatique ou opératoire du nerf auriculo-temporal.
Elle peut également se localiser à la région mentonnière, par atteinte des filets parasympathiques de la corde du tympan, après chirurgie de la glande sous-maxillaire.

Łucja Frey  neurologue polonaise (1923)

Syn. syndrome de Lucie Frey

syndrome de l'auriculo-temporal

Sudeck (maladie de) l.f.

Sudeck’s fever

P. Sudeck, chirurgien allemand (1866-1938)

Sudeck-Leriche (maladie de), algodystrophie

Sudeck-Leriche (maladie de) l.f.

Sudeck-Leriche’s disease

Ostéoporose algique posttraumatique consécutive à une luxation, à une fracture mais aussi à un traumatisme minime tel que contusion ou entorse.
Elle siège surtout à la main et au pied. Des douleurs vives s'installent quelques jours après le traumatisme, aggravées par la moindre tentative de mobilisation du poignet et des doigts. La main est totalement impotente. Des troubles vasomoteurs s'installent secondairement. Il s'agit d'une forme étiologique d'un syndrome douloureux et dystrophique très probablement en relation avec une perturbation neurovégétative locale (algodystrophie sympathique). Les radiographies révèlent une hypertransparence diffuse des os de la main et du poignet. Au bout de quelques mois, cette image prend un aspect moucheté, microgéodique assez spécifique. Le traitement fait appel à une rééducation prudente aidée d'antalgiques. La griséfuline, la calcitonine, les bêta-bloquants peuvent être utiles. La guérison est souvent obtenue après un an d'évolution.

P. Sudeck, chirurgien allemand (1900), R. Leriche, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1937)

Syn. atrophie osseuse de Sudeck-Leriche, ostéoporose algique post-traumatique

algodystrophie

sudorifique adj.

Qualifie ce qui provoque ou augmente la sudation.

Syn. hidrotique

[C2, J1]

Édit. 2019

sueur n.f.

sweat

Solution saline faible, d'odeur particulière, sécrétée par les glandes sudorales et déversée sur la peau en quantité très variable suivant la température extérieure et l'activité physique et selon les individus.
Sa composition varie en fonction du type de la glande, eccrine ou apocrine.
La sueur eccrine a un pH qui varie entre 4,5 et 8 selon le régime alimentaire et la cause de la sudation. Son résidu sec représente environ 0,5 à 1%. Il contient des chlorures, des phosphates, des sulfates, des ions sodium, potassium et ammonium, de l'urée (0,6 à 1,5 p.1000), de l'acide lactique (0,7 à 3 p. 1 000), de l'acide urique, des acides gras et du glucose (0,03 à 0,1 p. 1 000). La quantité de sueur sécrétée par 24 h chez un sujet normal au repos dans une atmosphère tempérée est d'environ 500 à 1 000 g ; elle peut atteindre ou dépasser 10 kg en cas d'effort soutenu ou de température élevée. Normalement, la sueur s'évapore et participe ainsi à la régulation thermique. La teneur forte en chlorure de sodium (1,7-4,5 g/L) invite à considérer les besoins nutritionnels élevés en cas de sudation intense, particulièrement dans les régions à climat chaud et sec.
La sueur apocrine est produite en quantité beaucoup plus réduite que la sueur eccrine : de ce fait, elle ne joue aucun rôle dans la régulation thermique. Elle est d’apparence huileuse ; en se répandant sur la surface cutanée, et par suite d’une décomposition d’origine bactérienne ou fongique, elle peut prendre un aspect coloré et une certaine odeur.

hyperhidrose, anhidrose, chromhidrose, bromhidrose, rétention sudorale, test à la sueur, mucoviscidose

sueur (test à la) l.m.

sweat test, quantitative pilocarpine iontophoresis sweat test

Dosage du chlore dans la sueur après sudation déclenchée par la pilocarpine (ou par la chaleur).
Le test à la sueur est positif quand la concentration de chlore dans la sueur est supérieure à 60 mEq/l, élévation qui est très caractéristique de la mucoviscidose.

mucoviscidose

suffocation n.f.

suffocation, choking, asphyxiation

Difficulté brutale à respirer, étouffement.
Elle peut être due à une diminution de la pression ambiante ou de la teneur en oxygène, ou encore à la présence d’un agent agressif.
À partir du XVIIe siècle, le mot très expressif de suffocation (étranglement, obstruction de la gorge par de l'eau ou par un corps étranger, inhalation de gaz «suffocant», etc.) a été progressivement supplanté par asphyxie, mot impropre qui ne concerne que l'absence de pouls, effet de la suffocation.

Étym. lat. suffocatio : étouffement (fauces : gorge)

asphyxie, mal des caissons

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