Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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glaucome exfoliatif l.m.

capsular glaucoma

Glaucome chronique induit par la libération d’exfoliats dans l’angle iridocornéen.
Le glaucome est la complication principale du syndrome exfoliatif.

Syn. glaucome capsulaire

→ syndrome exfoliatif, pseudoexfoliation capsulaire

glaucome néovasculaire l.m.

neovascular glaucoma

Glaucome secondaire de type obstructif dû à une prolifération de néovaisseaux et d'un tissu fibreux dans l'angle iridocornéen et sur l'iris.
Cette membrane fibrovasculaire se contracte au cours de son évolution et aboutit à la formation de goniosynéchies étendues et à une hypertonie chronique grave. La prolifération néovasculaire sur l'iris, ou rubéose irienne est le plus souvent la conséquence d'une ischémie rétinienne.

glaucome traumatique l.m.

traumatic glaucoma

Glaucome chronique, secondaire à une contusion oculaire.
Les glaucomes postcontusifs peuvent relever de plusieurs mécanismes pathogéniques : remaniements traumatiques de l'angle iridocornéen, luxation du cristallin, hyphémas récidivants, désinsertion de l'iris.

globe vésical l.m.

clinical distended bladder

Masse hypogastrique de consistance liquidienne, palpable, percutable et parfois visible, qui représente la vessie en rétention complète ou incomplète, aigüe ou chronique.

→ rétention d'urine

glomérulonéphrite n.f.

glomerulonephritis
Néphropathie caractérisée par une atteinte glomérulaire exclusive ou prédominante dont l'évolution revêt une allure aigüe, subaigüe ou chronique.
Les symptômes majeurs sont la protéinurie (parfois intégrée dans un syndrome néphrotique), l'hématurie (micro- ou macroscopique) et l'hypertension artérielle. Les glomérulonéphrites (GN) chroniques sont une cause fréquente d'insuffisance rénale irréversible.
Les GN relèvent d'étiologies multiples. Elles sont le plus souvent primitives en apparence et d'étiologie inconnue. Elles peuvent être secondaires à diverses affections acquises ou héréditaires et relèvent d'un processus immunitaire encore imparfaitement élucidé.
L’étude en microscopies optique et électronique ainsi que l’examen en immunofluorescence ont permis le démembrement des GN dites primitives et leur classement en fonction du type histologique des lésions, de la nature et du siège des dépôts immuns. On peut  distinguer les GN en fonction de la présence ou non d'une prolifération : les formes non prolifératives regroupent les GN à lésions glomérulaires minimes, les GN avec hyalinose segmentaire et focale, les GN extramembraneuses, les GN avec anomalies des membranes basales, les GN avec accumulation de matériel anormal ; les formes prolifératives réunissent les GN prolifératives mésangiales, endocapillaires, les GN nécrosante focale avec prolifération extracapillaire, les GN prolifératives endo et extracapillaires et les GN membranoprolifératives. On  peut aussi distinguer les GN en fonction ou non de dépôts de complexes immuns ou de dépôts isolés de complément

Syn. glomérulopathie

glossite n.f.

glossitis

Inflammation aigüe ou chronique de la langue quelle qu’en soit l’origine : infectieuse, mécanique, chimique, médicamenteuse...
Selon son aspect macroscopique, elle peut être : aphteuse (vésicules confluentes se rompant pour faire place à des ulcérations), atrophique, dépapillante (lors des anémies mégalocytaires d’une scarlatine ou d’un syndrome de Gougerot-Sjögren), disséquante, kératosique, phlegmoneuse, enfin scléreuse, soit superficielle (syphilis tertiaire), soit profonde (néoplasie), ou ulcéreuse.

Étym. gr. glôssa : langue

gourme des mineurs l.f.

ground itch

Nodules cutanés observés chez les sujets fréquemment réinfestés par des ankylostomes, en particulier dans certaines mines.
Ces lésions correspondent à l'évolution, au niveau des zones de pénétration des larves du parasite, d'une dermatose chronique avec eczématisation et lichénification.

goutte n.f.

gout

Arthropathie métabolique due à l'élévation sanguine de la teneur en acide urique qui est un produit de la dégradation des nucléotides puriniques en acides nucléiques, aboutissant à l’accumulation intra-articulaire de cristaux d’urate dans les articulations périphériques.
Les variations de l’uricémie entraînent des mouvements de l’acide urique entre les articulations et le sang circulant : ce sont ces mouvements qui provoquent l’accès de goutte. L'atteinte se traduit par trois principaux tableaux cliniques : l'hyperuricémie asymptomatique, l'accès goutteux et la goutte tophacée.
- Dans le premier cas, il existe une simple élévation de la teneur sanguine d'acide urique qui n'impose pas de traitement, mais conduit à une recherche étiologique pour la corriger : p. ex. erreur de régime, prise médicamenteuse.
- L'accès goutteux se caractérise par une atteinte articulaire inflammatoire aigüe survenant par accès, très douloureuse, siégeant le plus souvent sur une seule articulation, classiquement la première articulation métatarso-pha­langienne du premier orteil. Le médiotarse, la cheville, le genou, le poignet, les doigts et les coudes peuvent également être atteints. Les crises débutent en général au petit matin.
- La goutte tophacée est caractérisée par des déformations et une impotence des articulations des doigts et des orteils secondaires à des dépôts d'urate de sodium au niveau de ces  articulations mais aussi, du pavillon de l'oreille, de la bourse olécranienne ou du tendon d'Achille.
Des dépôts rénaux d’urate de sodium peuvent être à l’origine d’une lithiase rénale.
Des manifestations ophtalmologiques sont possibles : blépharite, conjonctivite, épisclérite, iritis exsudatif très douloureux, glaucome chronique à angle ouvert.
Le diagnostic, essentiellement clinique, est confirmé par les examens biologiques et, lorsqu'il est possible, par l'examen du liquide synovial mettant en évidence les cristaux d'urate de sodium typiques.
Le traitement de l’accès aigu repose sur la colchicine, tandis que l’hyperuricémie peut être combattue par la suppression des éventuelles causes d'hyperuricémie et des inhibiteurs de la xanthine-oxydase qui réduisent la synthèse de  l’acide urique.

M. Lesch, médecin cardiologue et W. L. Nyhan, pédiatre américains (1964)

Étym. lat. gutta: goutte d’un liquide, humeur

→ tophus, accès goutteux, Lesch-Nyhan (maladie ou syndrome de, ou hyperuricémie primaire héréditaire), xanthine-oxydase

granulome n.m.

granuloma

En histologie, mode particulier de réaction inflammatoire chronique caractérisé par un infiltrat mononucléé composé d'une proportion variable de macrophages et d'histiocytes épithélioïdes, de cellules géantes de Langhans et de lymphocytes.
Ce terme est utilisé seul ou dans la locution « granulome inflammatoire », qui constitue l'aboutissement de la phase exsudative et cellulaire de l'inflammation. Sous forme d’une locution, il précise la cause de la lésion (p. ex. granulome à corps étranger) ou la population cellulaire prédominante (p. ex. granulome plasmocytaire, histiocytaire, épithélioïde). Les granulomes induits par les corps étrangers (asbestose, bérylliose) sont provoqués par une activation directe des macrophages sans reconnaissance spécifique d’antigène par les lymphocytes T. Les macrophages activés sécrètent des facteurs d’activation et de prolifération des fibroblastes. Le granulome peut être à l’origine d’une fibrose avec synthèse et dégradation de protéines matricielles. Des granulomes s’observent de façon caractéristique dans certaines maladies inflammatoires chroniques d’étiologie inconnue telles que la sarcoïdose ou la maladie de Crohn.
En dermatologie clinique, le terme de granulome participe à la dénomination d'entités nosologiques variées telles que granulome annulaire, granulome actinique, granulome éosinophile, granulome facial, granulome silicotique, etc.

Étym. lat. granulum : petit grain ; gr. ôma : tumeur

→  granulomatose

granulome éosinophile l.m.

eosinophilic granuloma

Forme chronique localisée d'histiocytose langerhansienne touchant essentiellement l'adulte jeune et concernant la peau, les muqueuses ou les os.
Les lésions cutanéo-muqueuses, végétantes, ulcérées ou verruqueuses et hémorragiques, qui correspondent au granulome éosinophile périorificiel, sont habituellement isolées, d'allure torpide, avec un pronostic souvent favorable.
Le diagnostic repose sur l'examen histologique qui montre un infiltrat polymorphe constitué de cellules histiocytaires marquées par l'anticorps antiCD1a et dans lesquelles l'étude ultrastructurale retrouve des granules de Birbeck intracytoplasmiques, ainsi que des polynucléaires éosinophiles et neutrophiles, des cellules géantes multinucléées, des lymphocytes et des plasmocytes.
Le traitement fait appel à la radiothérapie dans les formes osseuses qui, généralement, ne s'accompagnent pas de lésions cutanées.
Le granulome éosinophile facial ou granulome facial n'est pas une variété d'histiocytose langerhansienne.

Syn. histiocytose langerhansienne, granulome éosinophile des os, histiocytose X (obsolète),

granulome palissadique l.m.

palisading granuloma

Variété particulière de réaction inflammatoire granulomateuse centrée par des foyers d'altération du conjonctif dermo-hypodermique à type de nécrobiose autour desquels les histiocytes épithélioïdes sont disposés en palissade.
Les entités cliniques correspondant à la présence d'un granulome palissadique sont essentiellement le granulome annulaire, la nécrobiose lipoïdique et le nodule rhumatoïde ; mais des aspects semblables peuvent être observés parfois dans d'autres lésions : acrodermatite chronique atrophiante, tophus goutteux, etc.

granulome tuberculeux l.m.

tuberculous granuloma

Granulome spécifique constitué de lymphocytes et d’histiocytes d’un type spécial, les cellules épithélioïdes, plus ou moins groupées en follicules ou granulomes épithélioïdes.
Ces cellules épithélioïdes peuvent fusionner pour donner naissance aux cellules géantes de type Langhans.
Pour les auteurs anglo-saxons, le terme de granulome s’applique à cette forme d’inflammation spécifique, de même que celui d’inflammation granulomateuse est synonyme d’inflammation chronique de nature tuberculeuse, lépreuse ou bilharzienne.

granulome tuberculoïde l.m.

Amas de cellules épithélioïdes, de cellules géantes et de fibroblastes élaborant des fibres de collagène, signant une inflammation chronique et évoquant par sa structure un follicule tuberculeux sans être de nature tuberculeuse vraie.

Syn. granulome sarcoïdosique

greffon contre l'hôte (réaction du) l.f.

graft-versus-host reaction (GVH) disease ou reaction

Ensemble de signes cutanés, souvent au premier plan, digestifs et hépatiques qui traduisent la réaction du greffon contre l’hôte, témoignant de l’incompatibilité immunologique entre le sujet greffé et le greffon qu’il reçoit.
Cette réaction se manifeste après injection de lymphocytes T allogéniques à un animal ou à un sujet incapable de rejeter ces cellules. Elle s’observe après transfusion sanguine chez des enfants atteints de déficit immunitaire portant sur les cellules T et après allogreffe de moelle osseuse.
Lors de la phase aiguë, il existe une éruption érythémateuse maculeuse diffuse sur laquelle peuvent apparaître secondairement des papules lichénoïdes ou des bulles. Ces GVH aigües sont classées en 4 grades de sévérité (I à IV). Elles se manifestent par de la fièvre, des éruptions cutanées, (maculeuses diffuses sur lesquelles peuvent apparaître secondairement des papules lichénoïdes ou des bulles), de la diarrhée, une hépatomégalie et une splénomégalie.
Les signes de la phase chronique succèdent en général aux signes de la phase aiguë, mais peuvent apparaître sans éruption annonciatrice : il s’agit d’une éruption papuleuse lichénoïde diffuse, parfois hyperpigmentée, secondairement compliquée de lésions sclérodermiformes du visage et des extrémités, d’un syndrome sec ou de lésions buccales évocatrices de lichen plan ; ces lésions sont associées à une perte de poids, à des infections bactériennes et à une cytolyse hépatique.
Lors des greffes de cellules-souches hématopoïétiques, les GVH aigües peuvent être diminuées par élimination des cellules T matures du greffon et par administration d’un traitement immunosuppresseur prophylactique et un traitement par glucocorticoïdes. Les formes réfractaires aux glucocorticoïdes aux inhibiteurs de Janus kinase ( Ruxolitinib)

R. Zeiser, hématologue allemand (2020)

→ greffe, transplantation, Ruxolitinib

[F1, G5]

Édit. 2020

greffon contre l'hôte (signes cutanés de la réaction du) l.m.p.

graft-versus-host (GVH) disease or reaction (cutaneous symptoms of)

Ensemble de signes cutanés, souvent au premier plan, qui, avec les signes digestifs et hépatiques, traduisent la réaction du greffon contre l'hôte, témoignant de leur incompatibilité immunologique.
Lors de la phase aigüe, il existe une éruption érythémateuse maculeuse diffuse sur laquelle peuvent apparaître secondairement des papules lichénoïdes ou des bulles. Les signes de la phase chronique succèdent en général aux signes de la phase aigüe, mais peuvent apparaître sans éruption annonciatrice : il s'agit d'une éruption papuleuse lichénoïde diffuse, parfois hyperpigmentée, compliquée secondairement de modifications sclérodermiformes du visage et des extrémités, de lésions de morphée, d'un syndrome sec et de lésions buccales évocatrices de lichen plan.

grippe commune l.f.

influenza

Maladie due aux Myxovirus influenzae, causes les plus fréquentes des infections bronchopulmonaires virales.
Trois types de Myxovirus influenzae ont été reconnus, A, B, et C, et dont les plus importants sont :
- le A, le plus fréquent, responsable des épidémies, qui présente de nombreux sous-types liés aux variations antigéniques du virus ;
- le B, plus rare, responsable de cas sporadiques ou de petites épidémies.
L'incubation est de 2 à 4 jours. Le début de la grippe commune associe un syndrome général fait de fièvre, de frissons et d'asthénie, des douleurs à type de céphalées, de myalgies et de courbatures constantes ; il s'y ajoute une atteinte des voies aériennes avec catarrhe oculonasal, enrouement, surtout une atteinte bronchique avec de la toux et quelques râles à l'auscultation. La radiographie thoracique est normale ou montre quelques opacités hilifuges. Les surinfections bactériennes à staphylocoques, pneumocoques, ou Haemophilus influenzae — ce dernier pris par Pfeiffer pour l'agent causal de la grippe — se voient surtout chez les personnes âgées ou atteintes d'une affection bronchopulmonaire chronique.
La pandémie de 1918-1919, étrangement appelée grippe espagnole alors qu'elle partit de Chine, passa aux USA et arriva en Europe avec les contingents américains, fit au moins 15 millions de morts, soit presque le double de ceux dus à la première guerre mondiale. Le virus de la grippe H1N1v contient des gènes d’origine aviaire, humaine et bovine. Il a été responsable d’une pandémie de juin 2009 à août 2010. Une vaccination a été proposée en urgence pour la première fois dans une pandémie. Les cas de grippe grave ont concerné des adultes jeunes, des femmes enceintes et des personnes souffrant d’obésité. Le virus H1N1v circule actuellement au même titre qu’un virus de grippe saisonnière.
Le traitement comporte l'alitement, les antitussifs, les antithermiques. La vaccination est le vrai traitement, bien que la protection ne s'observe que dans les 2/3 des cas.

[L'Oseltamivir (Tamiflu),est efficace s’il est pris dans les deux premiers jours suivant le début des symptômes ou en prophylaxie,.]

Gumprecht (ombres de) l.f.p.

Gumprecht's shadows

Débris nucléaires observés sur les frottis sanguins colorés étudiés au microscope.
Ils n'apparaissent que sur les frottis et semblent résulter d'une fragilité cellulaire excessive. Ils sont observés dans de nombreuses affections hématologiques, dont la leucémie lymphoïde chronique.

F. Gumprecht, médecin interniste allemand (1864-1947)

Haff (maladie du) l.f.

Haff disease

Maladie d'étiologie inconnue, caractérisée par une rhabdomyolyse avec myalgies aiguës parfois très douloureuses, sans arthralgies ni fièvre.
Les examens biologiques mettent en évidence une myoglobinurie, des taux de créatine kinase, d'aspartate aminotransférase, d'alanine aminotransférase et de lactate déhydrogénase très élevés.
La maladie survient par petites épidémies souvent familiales. Les premiers cas ont été observés en 1924, chez l’Homme et chez les animaux séjournant à proximité du lac du Haff (lagune de la mer Baltique), après ingestion de poissons de ce lac. D'autres épidémies sont survenues en Amérique du Nord (Etats-Unis) et du Sud (Brésil). Cette maladie est clairement liée à l'ingestion de certains poissons d'eau douce mais aussi à des poissons marins appartenant aux familles des Serranidés et des Gadidés. Les troubles apparaissent environ douze heures après l'ingestion de poisson, même consommé cuit.
On peut en rapprocher des lésions nécrotiques de rhabdomyolyse chronique (myofibrogranulomes avec phénomènes inflammatoires) observées au Canada et aux Etats-Unis chez certains poissons comme les sandres qui, de ce fait, pourraient constituer une modèle d'étude de la maladie humaine.

Étym. du lac du Haff

→ rhabdomyolyse

[G4]

Édit. 2015

hallebarde (aspect en) l.m.

overhanging margin

En radiographie, lacune marginale de l'os, à contour net, limitée par un éperon osseux oblique ou perpendiculaire à l'axe diaphysaire, l'ensemble simulant une hallebarde.
Cet aspect est caractéristique de nodules tophacés intra-osseux, de la goutte chronique évoluée; devenu plus rare depuis l'emploi de l'allopurinol.

→ goutte

[B2,I1,R1]

Édit. 2015

hallucination n.f.

hallucination

"Perception sans objet à percevoir", ou plutôt altération des perceptions qui peut être simple et élémentaire, complexe ou élaborée, qui peut intéresser tous les domaines, visuel surtout, auditif, tactile, cénesthésique.
Dans ces derniers cas, l’hallucination affecte la sensibilité interne : sensations de torsion viscérale, de grossesse, d’éprouvés sexuels (« J’ai vu, j’ai entendu, j’ai senti »).
Dans les formes psychosensorielles, l’hallucination est caractérisée par la sensorialité ou esthésie avec spatialité (projection dans l’espace ou xénopathie qui situe l’objet de l’hallucination à l’extérieur du sujet) et croyance (conviction de sa réalité).
Dans les formes dites psychiques, il existe seulement une perception psychique, non sensorialisée, de « voix intérieures ».
De survenue aigüe et transitoire dans les états confuso-oniriques, en particulier toxiques (alcool, hallucinogènes), les bouffées délirantes ou les épilepsies temporales, les hallucinations sont durables dans la psychose hallucinatoire chronique et dans de nombreuses schizophrénies.
En marge de la clinique psychiatrique, on décrit des hallucinations hypnagogiques (lors du passage de la veille au sommeil) et hypnopompiques (passage du sommeil à l’éveil), le plus souvent non pathologiques, ainsi que des éprouvés sensoriels au cours de certaines épilepsies temporales.

H. Ey, psychiatre français (1900-1977)

Étym. lat. hallucinare : se tromper

→ hallucinose

[H3]

Édit. 2015

hallucinatoire chronique (psychose) l.f.

hallucinatory chronicle psychosis

Variété de délire chronique, caractérisée notamment par l'activité hallucinatoire1.
Survenant en règle après 30 ans, elle est classiquement dominée au début par un "petit automatisme mental", puis par de très riches phénomènes psychosensoriels, surtout acousticoverbaux, le plus souvent à thèmes de persécution, en fait assez bien systématisés. Des poussées jalonnent l'évolution. Habituellement, le suivi médical et paramédical, avec les neuroleptiques, réduit ces troubles, mais sans véritable disparition. On respecte au besoin des franges délirantes, afin de prévenir des états dépressifs, pseudodéficitaires ou régressifs éventuels.
Une tentative de démembrement selon trois structures délirantes2 n'a pas supprimé cette entité propre à l'école française, souvent considérée à l'étranger comme une forme de schizophrénie à début tardif. La CIM 10 l'inclut dans les "autres troubles psychotiques non organiques" ne répondant pas, en particulier, aux critères schizophréniques, ni à ceux d'une pathologie thymique de type psychotique.

1G. Ballet, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1911-1913) ; 2 C-H. Nodet, psychiatre français (1937)

Étym. lat. hallucinare : se tromper

[H3]

Édit. 2015

hallucinose des buveurs l.f.

hallucinosis among chronic alcoholics

Survenue, après arrêt ou importante réduction de la consommation habituelle d'alcool, d'hallucinations principalement auditives, acousticoverbales et psychiques, avec fréquent commentaire péjoratif et maintien d'un contact relatif avec la réalité sans confusion mentale.
Résolutifs en quelques jours, ces épisodes peuvent, en cas de répétition, faire le lit d'un état délirant chronique. Comme pour les autres accidents de sevrage, des mesures préventives systématiques sont efficaces.

Étym. lat. hallucinare : se tromper

[G4,H1,H3]

Édit. 2015

hamartome épidermique verruqueux inflammatoire linéaire l.m.

inflammatory linear verucous epidermal nævus (ILVEN)

Lésion congénitale ou atteignant l'enfant avant l'âge de six ans et principalement les filles, unilatérale, évoluant par poussées inflammatoires successives et dont l'aspect clinique consiste en papules kératosiques prurigineuses, disposées en bandes ou en réseau et souvent couvertes de squames grisâtres.
Histologiquement, l'aspect est psoriasiforme, avec cependant la présence dans la couche cornée d'une alternance de zones ortho- et parakératosiques. L'évolution est chronique. Il n'y a pas de traitement efficace; les rétinoïdes peuvent amener une amélioration relative.

J. Altman et A. Mehregan, dermatologues américains (1971)

Étym. gr. hamartein : se tromper , manquer

Syn. nævus épidermique verruqueux inflammatoire linéaire, dermatitic epidermal nævus (obs.)

Sigle : HEVIL

[A3,F5,Q2,J1]

Édit. 2015

handicapé adj. 

disabled

Se dit d'une personne porteuse d'un handicap.
Dans le langage courant, on désigne les handicapés selon leur maladie et leurs besoins :
- handicapé physique, p. ex. après amputation, porteur d'une poliomyélite, affection neurologique.
- handicapé psychomoteur p. ex. après traumatisme encéphalique à la naissance, traumatisme craniocéphalique
- handicapé sensoriel, aveugle ou mal voyant, sourd ou mal entendant
- handicapé viscéral, p. ex. par insuffisance respiratoire chronique, mucoviscidose, stomisés.
Les grands handicapés dont les capacités sont diminuées d’au moins 80% bénéficient d’avantages sociaux particuliers.

→ handicap

[E3]

Édit. 2015

Hand-Schüller-Christian (maladie de) l.f.

Hand-Schüller-Christian’s syndrome

Forme xanthomateuse chronique disséminée d’histiocytose langerhansienne débutant le plus souvent chez le jeune enfant (3 à 10 ans).
Elle associe de façon variable un diabète insipide, une exophtalmie, des lacunes osseuses (notament de la voûte du crâne), parfois une hépato-splénomégalie. une fibrose pulmonaire, et des lésions cutanées. Ces dernières sont constituées par des éruptions faites de papules de couleur variable parfois recouvertes de croûtes, de plaques d'allure xanthomateuse ou hyperpigmentées, associées à des atteintes muqueuses sous la forme de lésions ulcéronécrotiques hémorragiques. Sa gravité dépend des localisations et de la réponse au traitement : corticothérapie, chimiothérapie, radiothérapie.

A. Hand Jr, pédiatre américain (1893), A. Schüller, neurologue autrichien (1915), H. A. Christian, médecin interniste américain (1920)

Syn. histiocytose X (désuet), xanthomatose crâniohypophysaire (désuet)

→ histiocytose langerhansienne, xanthome, diabète insipide, exophtalmie

[N3,O1,O3]

Édit. 2015

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