Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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nævus de Meyerson l.m.

Meyerson's nevus

Nævus entouré d'une zone érythématosquameuse, prurigineuse et parfois crouteuse, dont l'image histologique correspond à celle d'un eczéma.
L'eczématisation périnævique, peu fréquente, survient surtout chez l'homme entre 20 et 50 ans; elle se développe en peu de temps sans cause apparente et régresse spontanément sans altérer l'aspect du nævus atteint. Il s'agirait, d'après Meyerson, d'un pityriasis rosé de Gibert localisé principalement autour d'un nævus tandis que d'autres attribuent plutôt la formation de l'eczéma à un phénomène d'hypersensibilité périnævique. Une guérison rapide peut être obtenue par l'application de corticoïdes locaux.

L. B. Meyerson, dermatologiste américain (1971)

Étym. lat. nævus : marque, tache

Syn. eczéma périnævique de Meyerson

néphrographie n.f.

nephrography

1) Image radiologique du parenchyme rénal opacifié par un produit de contraste iodé hydrosoluble, au cours d'une urographie intraveineuse ou d'une artériographie rénale ou d'une façon générale après toute injection d'un produit de contraste iodé.
Elle correspond à l'opacification du parenchyme avant que le produit de contraste arrive dans les cavités pyélocalicielles.
Après injection rapide, le produit de contraste iodé diffuse rapidement dans les vaisseaux du parenchyme rénal, très nombreux dans la corticale et les colonnes de Bertin, peu nombreux dans les pyramides de Malpighi : c’est le stade de "néphrographie vasculaire" où apparaît la différentiation corticomédullaire.
Secondairement le produit iodé étant filtré par les glomérules et concentré dans la partie proximale des tubules, le parenchyme s'opacifie en totalité : c’est le stade de "néphrographie tubulaire".
L'étude du parenchyme est aujourd'hui effectuée par les diverses techniques d'imagerie permettant une exploration en coupes des reins.
2) En médecine nucléaire, enregistrement d'un néphrogramme isotopique.

Étym. gr. nephros : rein ; graphein : écrire

→ urographie intraveineuse, néphrogramme

Nernst (loi de) l.f.

Nernst law

Entre les deux faces d'une membrane séparant deux solutions, la différence de concentration d'un ion entraîne une différence de potentiel électrique proportionnelle au logarithme népérien du rapport des concentrations de cet ion.
Si C1 et C2 sont les concentrations de l'ion considéré de valence z, la différence de potentiel ∆V est donnée par la relation :

 
avec F, le Faraday (F = 96 500 Coulombs), R, la constante des gaz parfaits (= 8,31 J par K et par mole) et T, la température absolue (en K).
Cette relation montre que les différences de concentrations ioniques à travers les membranes cellulaires engendrent un potentiel de repos et que, s'il y a des entrées d'ions par les canaux des membranes, elles font varier les concentrations dans la cellule, entraînant un courant d'action.

W. H. Nernst, chimiste allemand, prix Nobel de chimie en 1920 (1864-1941)

→ action, K, logarithme

[B1]

Édit. 2019

niche de Haudek l.f.

Haudek's niche

Sur un cliché radiographique de l'estomac d'un sujet debout, volumineuse image d'addition pédiculée avec trois contrastes étagés (air, liquide gastrique, bouillie barytée).
Cet aspect correspond à un ulcère perforé bouché.

M. Haudek, médecin radiologue autrichien (1912)

→ ulcère gastrique, ulcère duodénal

[L1]

Édit. 2015

nodule n.m.

nodule

Terme général désignant une image circonscrite, le plus souvent arrondie, qui se distingue de son environnement par divers caractères.
Sa détection dépend de sa taille, de la netteté de ses contours, de son contraste et de la technique utilisée.

notch sign angl.

Chez l'adulte, signe de Nordenström, chez le nourrisson, indentation du bord gauche de l'image du cœur prouvant la présence du lobe gauche du thymus.

NTSC sigle angl. m. pour National Television System Committee

Système de télévision en couleur mis au point aux États-Unis en 1953 par des ingénieurs de CBS et RCA, conçu pour être compatible avec le noir et blanc et fondement des systèmes de diffusion PAL et SECAM.
Pour faciliter l'utilisation du courant électrique qui a une fréquence de 60 Hz aux États-Unis, le standard NTSC diffuse 30 images/seconde. Ce standard a été adopté par tous les pays ayant la même fréquence de secteur : Canada, Japon, Mexique. Le système NTSC code l'image sur 525 lignes (PAL et SECAM codent sur 625 lignes).

→ balayage

numérique adj.

digital

1) Se dit d'un signal constitué par une suite discontinue de nombres.
2) Se dit également d'une image représentée par un tableau de nombres disposés en lignes et colonnes.

→ pixel, numérisation

numérisation n.f.

digitalisation, digitizing

Procédé électronique et informatique consistant à transformer une donnée analogique à variation continue, en une série de chiffres.
Ceux-ci représentent les mesures effectuées sur les images à des intervalles de temps connus, mises en mémoire, puis traités en temps réel afin d'améliorer la visualisation de certaines structures (atténuation du bruit de fond, modification des contrastes, effet zoom, soustraction, reconstruction tridimensionnelle, etc.). Les "images numériques" ainsi obtenues sont reconverties en images vidéo et peuvent être exploitées en plusieurs clichés à partir d'une seule prise de vue initiale.
Les signaux fournis initialement par les détecteurs sont analogiques. Leur numérisation s'effectue en prélevant une série d'échantillons équidistants (équidistance qui définit le pas d'échantillonnage) et en adressant chaque valeur (en général des millivolts) à un convertisseur analogique-numérique. Celui-ci opère par comparaison avec une série de cellules dont les tensions progressent comme les multiples de 2; il fournit la suite de signes binaires (1 ou 0) correspondant à l'expression numérique de chaque échantillon, en système à base 2. Cette suite est adressée à une mémoire où sont stockées en correspondance la valeur de l'échantillon et sa localisation sur le signal ou l'image.
En imagerie médicale, la numérisation s'est imposée pour la scanographie et l'IRM, puis en angiographie et enfin en radiologie courante pour le traitement des images acquises par les écrans radioluminescents à mémoire ou par la fluorographie numérisée.
Ce procédé permet une diminution de la dose de rayonnement X distribuée.

→ programmation, méthode de convolution

nystagmus de fixation l.m.

tremor

Durant la fixation, mouvements de haute fréquence de quelques secondes d'arc, non perceptibles cliniquement.
Il traduit l'instabilité du système oculomoteur perpétuellement corrigé par un mécanisme de rétroaction, de réajustement. En fait, il serait destiné à mobiliser durant la fixation, l'image sur la rétine de manière à éviter une adaptation sensorielle locale.

Étym. gr. nustazô : je m'incline

Syn. micromouvement de fixation

œil réduit l.m.

Système optique reproduisant schématiquement un modèle d'œil.
L'œil peut être assimilé à un système optique comprenant : 1) une lentille convergente, de distance focale voisine de 15 mm, d'axe principal à peu près confondu avec l'axe visuel ; 2) une surface sensible placée pour un œil normal dans le plan focal image de la lentille convergente ; 3) un diaphragme dont le diamètre se règle automatiquement pour laisser passer la lumière.
Ce système optique ainsi schématisé est appelé œil réduit.
Pour l'œil réduit de Listing, la puissance est de 60 dioptries (D), avec un dioptre de 5,6 mm de rayon ; pour l'œil réduit de Donders, la puissance est de 66,75 D avec un dioptre de 5 mm de rayon.
En fait, l'œil réduit a peu d'intérêt car il est trop différent de l'œil théorique.

J. B. Listing, physiologiste et philosophe allemand (1808 - 1882)

Édit. 2017

œil réduit de Donders l.m.

Donders’ reduced eye

Pour étudier le système optique de l’œil, on peut utiliser l’œil réduit proposé par Donders qui considère que les points  principaux et les points nodaux image et objet sont suffisamment rapprochés pour qu’on puisse les considérer comme confondus, réduisant ainsi l’œil théorique à un dioptre unique.
Donders a en outre proposé pour les calculs courants de choisir des constantes simplifiées pour le rayon de courbure, l’indice, les distances focales et la puissance. 
Son rayon de courbure est de 5 mm, son indice 1,33, ses distances focales f = 15 mm et f ' = 20 mm, sa puissance 66,75 dioptries. Gullstrand précisera encore davantage ces données numériques et ajoutera celle de l'œil réduit aphaque. Pour l'œil réduit de Listing, la puissance est de 60 D, avec une dioptrie de 5,6 mm de crayon.

F. C. Donders, ophtalmologiste néerlandais, membre de l’Académie de médecine (1864) ; A. Gullstrand, ophtalmologiste suédois, prix Nobel de médecine en 1911 (1912)

Édit. 2017

ombre compagne (en radiologie) l.f.

satellite shadow

Sur une radiographie du thorax de face, ligne parallèle au bord crânial des clavicules, crée par la tangence du rayon incident à l’interface entre l’air ambiant et les parties molles du creux supra-claviculaire.
Une image analogue peut être vue à la partie latérale du bord caudal des premières côtes (surtout la seconde), toujours due à la tangence du rayon incident à l’interface entre l’air pulmonaire et les parties molles para-costales (muscle, graisse, plèvre…).

[B2]

Édit. 2017

opacité radiologique pulmonaire linéaire l.f.

linear opacity

Aspects pouvant répondre à des structures normales (scissures) ou pathologiques (lignes septales, lignes non septales, image en rail).
La scanographie en fait actuellement une étude topographique exacte et permet, en particulier, la distinction entre lignes septales et non septales.

Édit. 2017

opacité radiologique pulmonaire systématisée l.f.

lobar shadow

Opacité limitée, au moins d'un côté, par une scissure.
Souvent soupçonnée sur le cliché de face, cette image est confirmée dans son siège exact et son étendue (lobaire ou segmentaire) par le cliché de profil : l'opacité lobaire est de forme triangulaire à sommet hilaire et à base périphérique.
La scanographie permet de mieux juger de la systématisation exacte de l'opacité, surtout quand elle est segmentaire.
Lorsque la scissure reste rectiligne ou bombe vers le poumon sain, il s'agit habituellement d'un processus infectieux. A l'inverse, la scissure concave est due à une rétraction du parenchyme, par trouble de ventilation secondaire à une obstruction bronchique (atélectasie).

Édit. 2017

ophtalmomètre n.m.

ophthalmometer

Appareil permettant la mesure de l’astigmatisme cornéen.
L’appareil se compose d’un oculaire, d’un objectif, d’un prisme de Wollaston et d’un axe muni d’une graduation, sur lequel se déplacent deux mires dont l’image se réfléchit sur la face antérieure de la cornée. Le chevauchement des mires sur l’un des deux méridiens principaux indique l’axe du méridien le plus courbe et la valeur de l’astigmatisme en dioptries.

→ prisme de Wollaston

Édit. 2017

ophtalmoscopie indirecte binoculaire l.f.

binocular indirect ophthalmoscopy

Examen du fond d'œil à l'aide d'un ophtalmoscope binoculaire permettant une vision stéréoscopique et nécessitant l'interposition d'une lentille devant l'œil examiné, ce qui donne une image inversée.

Édit. 2017

orthodiagramme n.m.

orthodiagram

Image obtenue par orthodiagraphie.

Édit. 2017

os dans l'os (aspect d') l.m.

bone within bone appearance

En radiologie, image d'os compact située dans la médullaire, concentrique à la corticale normale et simulant un os inclus de forme semblable à celle de l'os porteur.
Cet aspect est observé dans certaines affections constitutionnelles comme l'ostéopétrose ou la nécrose médullaire (radiothérapie, maladie de Gaucher). Dans le rachis de certains nouveau-nés, il peut être normal et transitoire lié à la décalcification périphérique.

Édit. 2017

ossiculoplastie n.f.

ossiculoplasty

Intervention dont le but est la réfection de la chaîne ossiculaire.
Selon les circonstances, l’intervention respecte l’anatomie des éléments résiduels ou insère une pièce intermédiaire entre le stapès et la membrane ou le manche du malléus. Dans ce cas, le montage est appelé « effet columellaire », à l’image de la columelle de certains oiseaux.

Étym. lat. ossiculum : osselet

→ tympanoplastie

Édit. 2017

ostéoblastome n.m.

osteoblastoma

Tumeur bénigne de l’os au sein de laquelle la prolifération cellulaire est faite d’ostéoblastes et des tissus qu’ils élaborent : os et tissu ostéoïde.
Survenant dans la deuxième et la troisième décennie, plus fréquent chez le garçon, elle se manifeste par des douleurs surtout nocturnes, soulagées par l’aspirine (mais moins qu’en cas d’ostéome ostéoïde). Sa localisation la plus fréquente est le rachis, surtout sur l’arc postérieur, moins souvent les os longs, les os plats et les côtes, le crâne. L’aspect radiologique est celui d’une lacune de 2 à 6 cm de long, bordée d’un os mince mais dense, moins net dans les localisations en tissu spongieux. Le centre de la lésion peut être le siège de calcifications ; un vrai nidus est rare : il donne une image en cocarde caractéristique et la distinction avec un oetéome ostéoïde peut être difficile ; ces formes ont pu faire considérer l’ostéoblastome comme un « ostéome ostéoïde géant ». Si les limites de la lésion sont peu nettes ou rompues, le diagnostic peut se poser avec une lésion maligne. La biopsie est nécessaire : l’examen histologique montre un tissu ostéoïde et de nombreux ostéoblastes dans un stroma conjonctif vascularisé.
La lésion est bénigne et l’exérèse chirurgicale rarement suivie de récidive.

H. L. Jaffé et L. Lichtenstein, anatomopathologistes américains (1942)

Étym. gr. osteon : os ; blastos : germe

Syn. ostéoblastome bénin

→ ostéome ostéoïde

Édit. 2017

ostéochondrose ischiopubienne l.f.

van Neck-Odelberg’s disease

Altération radiologique de la jonction ischiopubienne survenant chez l'enfant entre 8 et 10 ans.
Elle se traduit cliniquement par des douleurs lors du sport et à l'abduction de la hanche. La douleur cesse par le repos. L'image radiologique de la jonction ischiopubienne est irrégulière, boursoufflée. Elle correspond à une ostéochondrose microtraumatique par traction des muscles adducteurs de la cuisse.

M. van Neck, chirurgien belge (1924) ; A. Odelberg, chirurgien suédois (1924)

Syn. maladie de van Neck

Édit. 2017

ostéophyte n.m.

osteophyte

En radiologie, image de production osseuse pathologique de forme et de taille variables développée au rebord des surfaces articulaire, caractérisant la dégénérescence arthrosique des articulations.

Étym. gr. osteon : os ; phuton : plante, végétation

Édit. 2017

ostéose iliaque condensante l.f.

condensing iliac osteosis

Atteinte osseuse dégénérative peut-être micro-traumatique, plus souvent constatée chez la femme jeune.
Image radiographique de condensation triangulaire à base inférieure des berges iliaques des articulations sacro-iliaques sans altération de l’interligne et des berges sacrées qui la différencie de la spondylarthrite ankylosante.

T. Bársony et F. Polgár, médecins radiologues hongrois (1928)

Syn. maladie de Bársony-Polgár

Édit. 2017

otomycose n.f.

otomycosis

Mycose de l'oreille externe se manifestant sous différents aspects liés au type de champignon pathogène, essentiellement Aspergillus niger ou Candida : simple enduit pulvérulent, bouchon verdâtre ou blanchâtre.
Une surinfection myco-bactérienne est fréquente. La symptomatologie fonctionnelle va, selon l’importance de l’inflammation cutanée, depuis un simple prurit, à une importante otalgie. Le traitement est uniquement local. Exceptionnellement, peut s’observer une forme « maligne » (à l’image de l’otite externe maligne) chez un sujet immunodéprimé.

→ otite externe maligne

Édit. 2017

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