Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

116 résultats 

vaccin contre la varicelle l.m.

varicella-zoster vaccine

Vaccin vivant atténué, injectable, préparé à partir d’une souche de virus varicelleux (souche Oka), dont les indications sont limitées à la prévention de la varicelle chez les enfants atteints d’hémopathie maligne ou de tumeur solide et susceptibles d’être soumis à une chimiothérapie immunosuppressive majeure.
Aux États-Unis et au Canada, depuis 1995, ce vaccin est recommandé chez tous les enfants.

vaccin varicelle-zona, varicelle

[E1, D1]

Édit. 2019

vaccin contre l'hépatite virale A l.m.

viral hepatitis A vaccine

Vaccin antiviral inactivé recommandé pour les voyageurs (adultes et enfants au dessus de 1 an) non immuns se rendant en zone d’endémie, pour les adultes et les adolescents exposés à des risques particuliers ainsi que dans l’exercice de certaines professions (services de voirie, compagnies des eaux, restauration, etc.).
Ce vaccin, efficace et bien toléré, ne nécessite qu’une injection suivie d’un rappel 6 à 12 mois plus tard et confère une protection vaccinale d’au moins 10 ans. Il est compatible avec les autres vaccins inactivés.

vaccin hépatite virale A, hépatite virale A

[E1; D1]

Édit. 2019

vaccin contre l'hépatite virale B l.m.

viral hepatitis B vaccine

Vaccin antiviral inactivé préparé à partir d’une fraction antigénique non infectante et conférant une immunité très satisfaisante, apparaissant environ 1 mois après la deuxième injection et persistant bien au-delà de 10 ans.
La vaccination consiste en deux injections à 1 mois d’intervalle suivies d’une troisième à 6 mois. Certaines complications graves (risque d’affection démyélinisante) ont fait l’objet de vives polémiques et semblent maintenant infirmées. Ce vaccin est recommandé chez les nourrissons et les adolescents non immuns. En l’absence d’immunisation antérieure, il est obligatoire pour les personnels de santé et vivement conseillé chez divers sujets exposés (voyageurs, utilisateurs de drogues, partenaires sexuels ou entourage d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B, patients suceptibles de recevoir des transfusions massives ou itératives, etc.). La vaccination contre l’hépatite B est compatible avec l ‘ensemble des vaccins inactivés.

vaccin hépatite virale B, hépatite virale B

[E1, D1]

Édit. 2019

vaccin coqueluche l.m.

pertussis vaccine

Vaccin dont il existe deux sortes de types : à germes entiers et acellulaires.
Les premiers vaccins à germes entiers sont préparés à partir de souches virulentes de Bordetella pertussis inactivées par la chaleur ou le formol. Très efficaces, ces vaccins ont été abandonnés en France et dans beaucoup de pays industrialisés en raison de leur réactogénicité.
Les vaccins acellulaires (terme issu de l’anglais « cell », équivalent de « bactérie ») sont constitués d’antigènes purifiés de Bordetella pertussis, au nombre de deux à cinq selon les vaccins, comportant toujours la toxine pertussique détoxifiée par un aldéhyde et l’hémagglutinine filamenteuse (FHA). Les autres antigènes possibles sont la pertactine, les agglutinogènes ou fimbriae. En France, deux vaccins sont disponibles à deux et trois composants, d’efficacité comparable. Ces vaccins sont bien tolérés. Ils ne sont pas monovalents mais sont toujours combinés à d’autres vaccins (diphtérie, tétanos, poliomyélite, Haemophilus , hépatite B), réalisant ainsi des vaccins quadri-, penta- ou hexavalents. Les compositions sont différentes pour l’enfant et l’adulte.
Chez l’enfant, le vaccin est recommandé à deux, trois, quatre mois, et des rappels à seize-dix-huit mois , onze-douze ans et, chez l’adulte, une dose à vingt-six ans en l’absence de vaccination contre la coqueluche depuis dix années.

coqueluche, réactogénicité

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin diphtérie l.m.

diphtheria vaccine

Vaccin préparé à partir de l’anatoxine diphtérique.
La primovaccination consiste en trois injections intramusculaires ou sous-cutanées à un mois d’intervalle, à partir de l’âge de deux mois. Ce vaccin est généralement associé aux vaccins contre le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et les infections à Haemophilus influenzae de type b, voire de l’hépatite B. Un premier rappel est effectué à l’âge de seize à dix-huit mois. Cette vaccination est généralisée à l’ensemble de la population ; chez l’adulte, la concentration antigénique utilisée doit être plus faible que chez l’enfant.

Syn. vaccin antidiphtérique

diphtérie, anatoxine diphtérique, anatoxine

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin encéphalite eurasiatique à tiques d'Europe Centrale l.m.

tick borne encephalitis vaccine

Vaccin inactivé préparé à partir du Flavivirus responsable de l’encéphalite à tiques.
Ce vaccin est plus particulièrement destiné aux personnes vivant en permanence dans les régions rurales des zones d’endémie (il est très utilisé dans certains pays d'Europe centrale : Autriche, Slovaquie, Rép. tchèque) ou devant y séjourner en plein air (campeurs, randonneurs, militaires, etc.), surtout d’avril à octobre. Efficace et bien tolérée, cette vaccination, comporte trois injections séparées de quinze jours , suivies d’un rappel un an plus tard, puis tous les trois ans.

encéphalite eurasiatique à tiques, Flavivirus

vaccin fièvre typhoïde l.m.

typhoid fever vaccine

Vaccin polyosidique capsulaire injectable, protégeant contre la fièvre typhoïde (infection à Salmonella enterica sérotype Typhi) mais non contre les fièvres paratyphoïdes (dues à Salmonella enterica sérotype Paratyphi A et B).
Après la primovaccination, un rappel est nécessaire tous les trois ans. Ce vaccin est recommandé aux coopérants et aux voyageurs se rendant en zone d’endémie de fièvre typhoïde. Il est, en outre, obligatoire pour les personnels de laboratoire.

fièvre typhoïde

[D1, E1]

Édit. 20189

vaccin hépatite virale A l.m.

viral hepatitis A vaccine

Vaccin antiviral inactivé recommandé pour les voyageurs (adultes et enfants au-dessus de un an) non immuns se rendant en zone d’endémie, pour les adultes et les adolescents exposés à des risques particuliers ainsi que dans l’exercice de certaines professions (personnel soignant, services de voirie, compagnies des eaux, restauration, etc.).
Ce vaccin, efficace et bien toléré, ne nécessite qu’une injection suivie d’un rappel six à douze mois plus tard et confère une protection vaccinale d’au moins dix ans. Il est compatible avec les autres vaccins inactivés.

hépatite A

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin hépatite virale B l.m.

viral hepatitis B vaccine

Vaccin antiviral inactivé préparé à partir d’une fraction antigénique non infectante et conférant une immunité très satisfaisante, qui apparaît environ un mois après la deuxième injection et persiste bien au-delà de dix années.
La vaccination consiste en deux injections à un mois d’intervalle suivies d’une troisième à six mois. Ce vaccin est recommandé chez les nourrissons et les adolescents non immuns : administré dès la naissance, il permet de prévenir la transmission à partir de mères porteuses du virus de l’hépatite B. En l’absence d’immunisation antérieure, il est obligatoire pour les personnels de santé et vivement conseillé chez divers sujets exposés (voyageurs, utilisateurs de drogues, partenaires sexuels ou entourage d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B, patients susceptibles de recevoir des transfusions massives ou itératives, etc.). La vaccination contre l’hépatite B est compatible avec l ‘ensemble des vaccins inactivés. Certaines complications graves (affection démyélinisante) ont fait l’objet de vives polémiques et semblent maintenant infirmées.

hépatite B

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin rotavirus l.m.

rotavirus vaccine

Vaccin vivant atténué, administré par voie orale, destiné à prévenir les gastroentérites à rotavirus des nourrissons.
Le vaccin doit être administré dès l’âge de six semaines, en deux ou trois prises, ceci avant vingt-quatre à vingt-six semaines. Les effets indésirables sont essentiellement limités à un risque d’invagination intestinale aiguë.

rotavirus

[E1, D1]

Édit. 2019

vaccin tétanos l.m.

tetanus vaccine

Vaccin préparé à partir de l’anatoxine tétanique.
La primovaccination antitétanique consiste en 3 injections intramusculaires ou sous-cutanées à au moins un mois d’intervalle, à partir de l’âge de 2 mois. Des rappels sont effectués après 1 an et 5 ans, puis tous les 10 ans. Ce vaccin est généralement associé aux vaccins contre la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche et les infections à Haemophilus influenzae de type b, voire l’hépatite B. La vaccination antitétanique, bien tolérée et très efficace, est généralisée à l’ensemble de la population.

Syn. vaccin antitétanique

tétanos, anatoxine tétanique, anatoxine

[E1, D1]

Édit. 2019

vaccin antipoliomyélitique l.m.

antipoliomyelitis vaccine

1) Le vaccin Salk préparé à l’aide de poliovirus inactivé, administré, par voie souscutanée, en 3 injections induit la production d’anticorps sériques qui neutralisent le virus lors de la phase de virémie au cours de laquelle il atteint les neurones de la corne antérieure de la moelle épinière.
2) Le vaccin Sabin, administré par voie orale, contient les trois types de virus poliomyélitiques vivants atténués.
Le virus se réplique dans l’épithélium de l’oropharynx et de l’intestin. Il stimule la production d’anticorps sériques et d’anticorps IgA sécrétoires.
En supprimant le réservoir humain du virus, les vaccins Salk et Sabin sont susceptibles d’éradiquer la maladie. Cependant leur efficacité est faible en cas de déficit immunitaire.

poliomyélite

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin antipoliomyélitique l.m.

antipoliomyelitis vaccine

1) Le vaccin Salk préparé à l’aide de poliovirus inactivé, administré, par voie souscutanée, en 3 injections induit la production d’anticorps sériques qui neutralisent le virus lors de la phase de virémie au cours de laquelle il atteint les neurones de la corne antérieure de la moelle épinière.
2) Le vaccin Sabin, administré par voie orale, contient les trois types de virus poliomyélitiques vivants atténués.
Le virus se réplique dans l’épithélium de l’oropharynx et de l’intestin. Il stimule la production d’anticorps sériques et d’anticorps IgA sécrétoires.
En supprimant le réservoir humain du virus, les vaccins Salk et Sabin sont susceptibles d’éradiquer la maladie. Cependant leur efficacité est faible en cas de déficit immunitaire.

J. E. Salk, biologiste américain (1954); A. Sabin, microbiologiste américain (1906-1993)

vaccin de Salk, poliomyélite antérieure aigüe

[D1 , E1]

Édit. 2019

vaccin diphtérique l.m.

diphtheria vaccine

Vaccin préparé à partir de l’anatoxine diphtérique.
La primovaccination consiste en trois injections intramusculaires ou souscutanées à un mois d’intervalle, à partir de l’âge de 2 mois. Ce vaccin est généralement associé aux vaccins contre le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et les infections à Haemophilus influenzae. Un premier rappel est effectué à l’âge de 16 à 18 mois. Cette vaccination est généralisée à l’ensemble de la population.

anatoxine diphtérique, diphtérie

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin tétanique l.m.

tetanus vaccine

Vaccin préparé à partir de l’anatoxine tétanique.
La primovaccination consiste en 3 injections intramusculaires ou souscutanées à au moins un mois d’intervalle, à partir de l’âge de 2 mois. Des rappels sont effectués après 1 an et 5 ans, puis tous les 10 ans. Ce vaccin est généralement associé aux vaccins contre la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche et les infections à Haemophilus influenzae. La vaccination tétanique, bien tolérée et très efficace, est généralisée à l’ensemble de la population.

anatoxine tétanique, tétanos

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin varicelle-zona l.m.

varicella-zoster vaccine

Vaccin vivant atténué préparé à partir du virus varicelle-zona (VZV)
En France, ce vaccin est réservé aux enfants fortement immuno-déprimés en prévention et au personnel soignant pour éviter des infections graves par le virus VZV. Dans certains pays (Etats-Unis par exemple), son usage est largement recommandé mais cette indication demeure discutée en raison d'inconvénients potentiels. Il pourrait également prévenir le zona chez les sujets âgés.

virus varicelle-zona , varicelle, zona

[D1, E1]

Édit. 2019

adjuvant n.m.

adjuvant

1) En pharmacie, substance inerte ajoutée à un médicament pour en faciliter l'administration au malade, par ex. pour en masquer le goût désagréable.
2) En immunologie, substance non antigénique ou mélange de substances qui, administrée en même temps et au même site qu'un antigène, accroît la réponse immunitaire à ce dernier.
Pour la majorité des vaccins inactivés (ne comportant pas de germe vivant), la présence d’adjuvants est indispensable pour permettre une réponse immunitaire entraînant une protection. L’ajout d’adjuvant dans les vaccins permet, par ailleurs, de diminuer la quantité d’antigènes par dose vaccinale, et de réduire le nombre d’injections.
L'adjuvant habituellement utilisé pour les vaccinations chez l'Homme est l'hydroxyde d'alumine Al(OH)3. Si certaines manifestations cliniques sévères ont pu paraître provoquées par des injections vaccinales (myofascite à macrophage), aucun lien de causalité n’a pu être établi, à ce jour, avec les adjuvants aluminiques, d’autant que ces manifestations paraissent limitées dans le temps (non identifiées avant 1990 et semblant en extinction depuis 2012) et dans l’espace (la France a cumulé la quasi-totalité des cas décrits dans le monde). Le squalène est parfois utilisé comme adjuvant de certains vaccins comme le vaccin grippe avec le squalane, dérivé hydrogéné du squalène.
Sur les 56 vaccins autorisés en France, 30 contiennent des adjuvants dont 90% sont des dérivés de l’aluminium (Agence du médicament - 2014). Certains vaccins, notamment ceux qui sont à base de virus vivants atténués, n’ont pas besoin d’adjuvant. Mais pour les vaccins inactivés ou subunitaires (anatoxine diphtérique ou tétanique, antigène HBs du virus de l’hépatite B…), les adjuvants sont indispensables pour obtenir une réponse immunitaire efficace.
De très nombreuses substances extraites de micro-organismes ont des propriétés adjuvantes et pro-inflammatoires.
En expérimentation animale, l'adjuvant incomplet de Freund est un mélange d'huile minérale et d'agents émulsifiants. L'adjuvant complet de Freund contient en outre des mycobactéries (Mycobacterium tuberculosis) tuées par chauffage. Différents adjuvants ont fait l'objet d'études expérimentales, en particulier des émulsions d'huile dans l'eau préparées avec du squalane (dérivé hydrogéné du squalène), de la saponine, hétéroside triterpénique extrait de l'arbre Quillaia saponaria qui, associé à la lécithine et au cholestérol, forme des particules de 35 nm de diamètre contenant l'antigène sous forme très immunogène (ISCOMS : immunostimulating complexes). Les liposomes (émulsions eau-huile) permettent de présenter des antigènes et des adjuvants sous forme de gouttelettes lipidiques ou bien en phase aqueuse. Ces liposomes sont internalisés dans les cellules présentatrices d'antigène, leur contenu est transloqué dans le cytosol et les antigènes peuvent alors être présentés sous forme de peptides associés aux molécules de classe I du complexe majeur d’histocompatibilité, permettant l'induction d'une réponse T cytotoxique, qui est nécessaire dans certaines vaccinations contre les infections virales.

Étym. lat. adjuvare : aider

Freund (adjuvant complet de), Freund (adjuvant incomplet de), squalène, liposome, complexe majeur d'histocompatibilité

[F3, G3]

Édit. 2020

atténuation n.f.

attenuation

1) En biologie moléculaire : système de contrôle de la traduction d’un ARN messager consistant en l’interruption prématurée de la biosynthèse protéique en réponse à un métabolite, une protéine ou même à la température.
L’atténuation a lieu en un site appelé « atténuateur » et aboutit à la formation d’ARN messagers incomplets.
2) En microbiologie : diminution, artificiellement provoquée, de la virulence (pouvoir pathogène) d’une bactérie ou d’un virus, permettant par exemple d’utiliser la souche ainsi traitée comme vaccin.

vaccin vivant atténué, ARN messager, opéron

[D1, Q1]

Édit. 2019

autovaccin n.m.

autovaccine

Vaccin préparé à partir d’une culture de bactéries provenant du malade lui-même.

biologie de synthèse l.f.

synthetic biology

Ingénierie de systèmes vivants n’existant pas dans la nature.
 Branche interdisciplinaire de la biologie moléculaire qui recourt à la physique, à l’informatique et à la chimie pour inventer des génomes, obtenir des réactions enzymatiques nouvelles, et créer des cellules capables d’activités métaboliques etfonctionnelles inédites. La biologie de synthèse a plusieurs objets. Le premier est l’assemblage de segments d’ADN aux fonctions connues afin de créer de nouveaux circuits métaboliques ou de régulation dans des microorganismes (levures, bactéries). Le deuxième consiste dans le retrait d’une partie du génome d’un microorganisme en y ajoutant le codage d’une nouvelle activité de synthèse, par exemple la production d’un médicament ou d’un vaccin. Le troisième relève de la création de systèmes distincts de ceux trouvés dans la nature : acides nucléiques ou acides aminés nouveaux et également de protocellules. Ces dernières sont des cellules simplifiées pouvant conduire à la connaissance des cellules primordiales à l’origine de la vie.

protocellule

[C2, Q1]

Édit. 2019

charbon pulmonaire l.f.

pulmonary anthrax

Pneumonie causée par l'inhalation de spores du bacille du charbon (Bacillus anthracis).
L'incubation est d'un jour à une semaine. Non traitée, la pneumonie a une mortalité de 90%.
Actuellement très rare dans nos pays, la maladie se voit chez les dockers ayant manipulé de la poudre d'os, de la laine ou des poils de chèvre issus d'animaux morts du charbon. La maladie peut réapparaître sur une grande échelle par l'action de terroristes : un petit avion équipé pour la pulvérisation agricole, est capable de disperser 100 kg de spores de charbon, mais la préparation de telles spores susceptibles d'être pulvérisées en aérosol est trop délicate pour être faite par des amateurs. Il pourrait répandre ainsi l'équivalent de 3 millions de doses létales.
Outre la forme pulmonaire il existe des formes digestives (ingestion de viande charbonneuse) et méningée. Les formes cutanées (pustule charbonneuse) sont moins graves (mortalité 10 à 20%) mais les pustules malignes se compliquent de septicémie.
Il n'y a pas de contagion interhumaine. Le bacille est très sensible à la pénicilline et aux antibiotiques. La vaccination est très efficace (obligatoire en France pour les animaux), mais en Asie notamment, le charbon est encore très répandu dans les troupeaux de chèvres. Mais des laboratoires militaires spécialisés ont étudié la production de souches de charbon pour lesquels il faudrait un vaccin spécifique.

Étym. lat. carbo : charbon (nom donné à la maladie à cause de la couleur de la pustule charbonneuse)

arme biologique

[D1,K1]

cutiréaction n.f.

cutireaction

Scarification de la peau avec application d’un antigène tel que la tuberculine.
Une réaction cutanée locale inflammatoire se développe si le sujet est sensibilisé à cet antigène. Une cutiréaction positive à la tuberculine signifie que le sujet a été en contact avec le bacille tuberculeux au cours de sa vie ou qu’il a reçu le vaccin BCG ; une réaction inflammatoire intense est un argument important en faveur d’une forme évolutive de tuberculose.

C. P. von Pirquet, pédiatre autrichien (1907)

[F3,D1]

déficit immunitaire

iImmunodeficiency

Insuffisance des moyens de défenses naturels de l’organisme contre les agressions bactériennes ou virales : soit des moyens non spécifiques (déficience de la phagocytose), soit des réactions spécifiques d’immunité humorale ou cellulaire.
Il existe un déficit à dominante humorale où la fabrication des anticorps sériques est perturbée, un déficit à médiation cellulaire et des déficits combinés à la fois humoraux et cellulaires. Dans les déficits humoraux, le dosage spécifique des protéines sériques détermine la concentration des principales classes d'immunoglobines, IgG, IgA et IgM. On peut aussi identifier le nombre de cellules B et de cellules T circulantes. On peut apprécier l'évolution de la réponse aux anticorps in vivo après immunisation par un vaccin spécifique ou après traitement.
Certaines maladies rares et graves (maladies par carence immunitaire), caractérisées essentiellement par une sensibilité anormale aux infections, sont dues à une carence immunitaire primitive, congénitale : soit par déficience de la phagocytose, maladies avec neutropénie, granulomatose septique progressive ; soit par déficience de l’immunité humorale ou cellulaire ou des deux immunités (carence immunitaire combinée ou mixte) : dysgénésie réticulaire, agammaglobulinémie, alymphocytose, syndromes de DiGeorge, de Wiskott-Aldrich, ataxie-télangiectasies, amnésie immunitaire. La carence immunitaire peut être secondaire à certaines affections du tissu lymphoïde, au sida ou à un traitement immunodépresseur.

A. M. DiGeorge, pédiatre américain (1968) ; A. Wiskott, pédiatre allemand (1937) ; R. A. Aldrich, pédiatre américain (1954)

Syn. carence immunitaire

immunité, cellule immunocompétene, dysglobulinémie, dysgammaglobulinémie, sida et tolérance immunitaire, immunodéficience acquise, immunodéficience congénitale

dengue n.f.

dengue, dengue fever, break bone fever

Arbovirose humaine, donnant lieu à d’importantes épidémies, due à quatre sérotypes de Flavivirus (famille des Flaviviridae), répandue dans la plupart des régions tropicales et sub-tropicales mais également dans la région méditerranéenne.
La maladie est caractérisée par une période d’invasion brusque (fièvre, céphalées frontales et rétro-orbitaires puis douleurs articulaires et musculaires, anorexie, nausées), suivie, vers le 3ème ou 4ème jour, d'une défervescence thermique et d'une sensation de mieux-être, puis, à la phase d'état, par une reprise de la fièvre et des douleurs, accompagnées d’une éruption morbilliforme prurigineuse.. Les formes bénignes (dengue "classique") guérissent spontanément en une semaine mais des formes sévères, dont le mécanisme physio-pathologique demeure mal compris, sont observées (1 à 5% des infections cliniques), principalement chez l'enfant, en Amérique tropicale et surtout en Asie. Il s'agit de formes hémorragiques, souvent accompagnées d'une perméabilité capillaire, de choc hypovolémique, d'épanchements liquidiens, d'hypoxie, de défaillance hépatique ou rénale aiguë, de détresse respiratoire ou cardiaque, voire d'encéphalopathie. L'évolution de ces formes sévères peut aboutir au décès dans un pourcentage de cas variant de 1 à 5% (parfois jusqu'à 20%). On note, sur le plan biologique, une leucopénie, une thrombopénie, une hémoconcentration. En cas de guérison, la convalescence est longue et se caractérise par une asthénie intense et l'absence de toute séquelle. L’infection laisse une immunité durable, spécifique du type viral en cause (il n’existe pas d’immunité croisée entre les quatre sérotypes viraux). Aucun traitement étiologique n'est disponible, la prise en charge repose sur l'administration d'antipyrétiques (non salicylés), la réhydratation, les transfusions de sang ou de plaquettes, la correction des désordres métaboliques, le traitement du choc et des éventuelles défaillances respiratoire, cardiaque, hépatique ou rénale.
L'incidence annuelle est estimée à quelque 60 millions de cas par an. En outre, les formes asymptomatiques ou frustes sont fréquentes.
Les virus en cause sont des Flavivirus. Il en existe quatre sérotypes antigéniquement distincts, transmis par des moustiques du genre Aedes, principalement Aedes aegypti et Aedes. albopictus. Il s'agit de moustiques anthropophiles, bien adaptés au milieu urbain, dont les larves se développent dans des gîtes artificiels (récipients de stockage d'eau auxquels s'ajoutent, en saison des pluies, des récipients abandonnés). La maladie, qui sévit sur un mode épidémique ou endémo-épidémique, est surtout observée en Asie et en Amérique tropicale et en Océanie ; elle est moins fréquente en Afrique sub-saharienne et des cas sporadiques peuvent survenir dans le bassin méditerranéen.
Le réservoir de ces virus est constitué par les populations humaines urbanisées. En l'absence de traitement spécifique et de vaccin, la prévention repose avant tout sur la lutte anti-vectorielle en milieu urbain.

Sigle s DENV1, DENV2, DENV3, DENV4

fièvre d'Ebola l.f.

Ebola virus disease

Maladie infectieuse à type de fièvre hémorragique due au virus Ebola, de la famille des Filoviridae, transmise à l'Homme par contact avec des Singes infectés de la République démocratique du Congo (Zaïre) et du Soudan et par contamination interhumaine.
Les signes principaux sont la fièvre, des céphalées, des courbatures, une pharyngite, de la toux, des troubles digestifs, une éruption, un ictère puis des hémorragies et des signes de défaillance multiviscérale. L'évolution est fatale dans 50 à 90% des cas avec des lésions disséminées de nécrose tissulaire, notamment dans le foie. Le diagnostic repose sur l'identification du virus dans le sang par amplification génomique.La découverte d’un vaccin se montre efficace pour enrayer les épidémies.

P. Piot, baron, microbiologiste et épidémiologiste belge, membre de l’Académie nationale de médecine (1977); H. Feldmann, virologue américain (2020)

Étym. Ebola : cours d'eau de la République démocratique du Congo (Zaïre)

Ebola (virus)

[D1]

Édit. 2020

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