Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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protéinose alvéolaire l.f.

alveolar proteinosis

Lésion pulmonaire dans laquelle les cavités alvéolaires sont remplies d’un matériel protéinique amorphe éosinophile, riche en lipides, et contenant des cellules spumeuses et des cristaux de cholestérol : alvéolite lipoprotéique.
Elle est généralement considérée comme la manifestation d’un trouble de la production du surfactant en relation avec l’inhalation de poussières, de vapeurs, de gaz, ou de fumée de tabac.
Cette maladie est due à des mutations de la chaîne commune bêta-c (CDw131) des récepteurs d’Il-3, Il-5 et GM-CSF. Les mêmes lésions peuvent être observées au cours de leucémies myéloïdes aigües lorsque le clone mali n’exprime pas bêta-c et chez les souris déficientes en GM-CSF ou en chaînes bêta-c.

Reinke (œdème de) l. m.

Œdème gélatineux qui se développe sous la muqueuse de la face supérieure du pli vocal.
Il est lié à l’abus de tabac et au malmenage vocal. Il entraîne une dysphonie légère avec abaissement du fondamental (voix de bronze).

F. B. Reinke, anatomiste allemand (1895)

Syn. laryngite chronique pseudomyxomateuse, pseudomyxome

Reinke (espace de)

sevrage n.m.

weaning, withdrawal, washing out (en pharmacologie clinique)

1) Action de supprimer à un enfant l'allaitement au sein et, d'une façon générale, de séparer un être des conditions d'alimentations ou de vie auxquelles il était habitué, p. ex. sevrage de l’administration d'un médicament, de l’apport d’alcool ou de toute drogue.
2) En pharmacologie clinique et thérapeutique, période qui suit la prise régulière d’un médicament pendant laquelle un autre médicament de même type ne doit en principe pas être prescrit, cette période étant nécessaire pour que disparaissent les effets du premier médicament.
3) En toxicologie, privation plus ou moins rapide du toxique habituel, dont le tabac, dans une cure de désintoxication.
Le sujet est alors dans un état de manque qui nécessite un traitement particulier, souvent à l’aide d’une substance de même type que celle utilisée auparavant mais impliquant un moindre degré d’accoutumance (ex. méthadone, nicotine).
4) On parle aussi parfois de sevrage pour la cessation de la ventilation mécanique.
En réanimation, le sevrage du respirateur doit se faire progressivement en passant du mode de ventilation contrôlée, générateur d'une hypocapnie, qui met les centres respiratoires au repos, à celui de ventilation assistée, qui sollicite les centres à chaque inspiration (la diminution progressive de la ventilation minimale imposée sollicite de plus en plus les centres). Quelques essais, bien surveillés et de plus en plus longs, de respiration spontanée permettent de sevrer le patient et de lui rendre son autonomie respiratoire.

Étym. lat. pop. separare : séparer du sein

drogue, vasovagale (atteinte, syncope), crise de sevrage, cure de sevrage, syndrome de sevrage

sorbitol n.m.

sorbitol

Hexa-alcool acyclique résultant de la réduction enzymatique du D-glucose.
Il est très largement répandu dans le règne végétal et se trouve notamment dans les fruits et dans le vin. Il n'existe qu'en très faibles quantités dans les tissus animaux (principalement dans les vésicules séminales).
On l'utilise en synthèse organique (acide ascorbique, résines ...) comme agent humidifiant industriel (cuirs, tabac ...) comme constituant de mélanges réfrigérants, comme édulcorant pour diabétiques et comme adjuvant favorisant l'absorption de certaines préparations pharmaceutiques (notamment des vitamines).

Étym. sorbier (arbre dont les fruits sont riches en sorbitol)

Syn. D-glycitol (ou D-glucitol), L-gulitol, sorbite

souffrance fœtale chronique l.f.

chronic foetal distress

État correspondant à une altération progressive de la croissance et de la vitalité du fœtus in utero.
Elle peut être due à une cause embryonnaire ou fœtale : une malformation fœtale par anomalie chromosomique ou par tératogenèse, p. ex. une embryopathie virale  (rubéole, infection à cytomégalovirus) ou parasitaire (toxoplasmose). Elle peut être la conséquence d’une intoxication chronique maternelle par le tabac, l’alcool ou les stupéfiants. Elle peut être secondaire à une maladie maternelle, p. ex. une toxémie gravidique. Dans un tiers des cas elle est idiopathique. Elle se traduit cliniquement par un retard de croissance intra-utérin, une hauteur utérine trop faible pour le terme de la grossesse. A l’échographie, la circonférence abdominale du fœtus et la longueur du fémur sont d’abord réduites puis, au stade ultime, le diamètre céphalique bipariétal. La vélocimétrie Doppler montre une réduction du flux dans les artères ombilicales, dans les artères utérines en cas de maladie vasculaire de la mère, et dans les artères cérébrales du fœtus en cas d’atteinte très sévère. La perte de la variabilité du rythme cardiaque à l’enregistrement cardiotocographique indique un risque imminent de mort fœtale in utero et l’urgence d’une extraction fœtale. Pour les fœtus viables et non malformés, le seul traitement est en effet l’extraction fœtale.

retard de croissance intra-utérin, hypotrophie fœtale, cardiotocographie

stress oxydatif l.m.

oxyzidation stress

Ensemble des processus biologiques intervenant dans un organisme pour aboutir à la production de radicaux libres et au cours desquels sont produites des lésions cellulaires par des composés oxygénés appelés « formes réactives de l’oxygène » (FRO).
Ces composés sont le résultat des étapes de réduction complète d’une molécule d’oxygène (O2) en une molécule d’eau (H20). Ils sont produits dans l’organisme par l’action de divers facteurs tels que la respiration cellulaire normale, la pollution de l’air, la fumée de tabac, certains produits chimiques, des additifs alimentaires... Les FRO jouent aussi un rôle dans les défenses anti-infectieuses et constituent un médiateur de l’inflammation. Mail ils sont aussi, à des degrés divers, impliqués dans les mutations génétiques, dans le processus de cancérisation ou dans l’oxydation des protéines qui participe aux phénomènes du vieillissement. Une situation de stress oxydant est nécessaire pour qu’apparaissent des mutations et des lésions cellulaires. Il a été récemment démontré que l’augmentation de la teneur de l’atmosphère en gaz carbonique (CO2) renforce les effets délétères du stress oxydant sur la bactérie Escherichia coli. La superoxyde dismutase et la catalase à manganèse participent à la protection de la cellule contre le stress oxydatif, la première en dismutant le superoxyde (O2-.) en dioxygène (O2) et en peroxyde d’hydrogène (H2O2)et, la seconde, en prenant en charge H2O2 pour conduire à H2O et O2.

surmortalité n.f.

supermortality, super death rate

Surcroît de mortalité qui frappe certains groupes d’une population par rapport à la mortalité générale.
Ex. la surmortalité masculine, qui n’est pas entièrement expliquée par les surconsommations de tabac ou d’alcool, ni la pratique de professions plus exposées à divers risques que celles plus souvent pratiquées par les femmes.

tabagisme passif l.m

Le tabagisme passif résulte de l'inhalation involontaire de la fumée dégagée par la combustion de tabac.
Un rapport de l'Académie de Médecine(1997) estime à 3 000 le nombre de non-fumeurs tués par le tabagisme passif par an en France. Dans le monde ce chiffre est estimé à 600 000, dont 28 % sont des enfants. Il augmente le risque de survenue de différentes pathologies  : infections surtout chez l’enfant, cancers du poumon, cancer oto-rhino-laryngologique), maladies cardiovasculaires etc..

thromboangéite oblitérante de Buerger l.f.

Buerger's disease, thromboangiitis obliterans

Artériopathie non athéromateuse, oblitérante, segmentaire, touchant les artères et veines de petit et de moyen calibre des extrémités supérieures et inférieures et survenant chez un homme jeune et gros fumeur.
Son étiologie est inconnue hormis le facteur déclenchant ou aggravant du tabagisme; originellement, elle a paru plus fréquente chez les jeunes israélites. Le traitement repose sur l'arrêt de la consommation de tabac, les soins locaux, les anticoagulants et les perfusions massives destinées à augmenter le débit sanguin périphérique.

L. Buerger, chirurgien urologue américain (1908)

Syn. maladie de Buerger, thromboangiose, thromboartérite juvénile

TP53 gene sigle. angl. pour Tumor protein p53, ou cellular tumor antigen p53

Gène, situé sur le locus chromosomique 17p13.1, codant pour une protéine appelée tumor protein p53 (ou p53), qui entre dans le groupe des gènes suppresseur de tumeur en régulant la division cellulaire, en empêchant les cellules de croître et de se diviser trop rapidement ou d’évoluer dans une voie incontrôlée.
Les études d’épidémiologie moléculaire ont démontré de manière formelle que les altérations du gène p53 étaient dues à l’exposition à des carcinogènes dans les cas de cancers bronchiques (tabac), cutanés (rayons UV) ou hépatiques (alcool) et dans les pays en voie de développement (exposition à l’aflatoxine B1), pour lesquelles les mécanismes de réparation du génome n'ont pas fonctionné.
L’inactivation de TP53 par mutation génique intervient dans la genèse de nombreux cancers : sein, ovaire, vessie, des cellules squameuses de la tête et du cou, peau, autres tumeurs, syndrome de Li-Fraumeni.

Syn. antigen NY-CO-13, cellular tumor antigen p53, P53, P53 tumor suppressor, P53_HUMAN, phosphoprotein p53, transformation-related protein 53, TRP53, tumor protein p53 (Li-Fraumeni syndrome), tumor suppressor p53

Li Fraumeni (syndrome de), p53

[Q1,O3,M2]

tumeur papillaire de vessie l.f.

papillary bladder tumor

Localisation la plus fréquente des tumeurs urothéliales. Souvent multiples elles peuvent revêtir tous les degrés de gravité, allant des tumeurs les plus bénignes, dites superficielles, au cancer infiltrant.
De multiples classifications histologiques ont été proposées. Les facteurs carcinogènes les mieux identifiés sont certains colorants à base d'amilène et le tabac. Véritable maladie de l'ensemble de la paroi vésicale, l'évolution est spontanément multifocale et récidivante ; un quart des tumeurs initialement superficielles évolueront vers l'infiltration.
Le traitement des tumeurs superficielles est endoscopique (résection, électrocoagulation), ou a recours à la BCG-thérapie ou la chimiothérapie endovésicales. Le traitement des tumeurs infiltrantes est celui des cancers de vessie.

A. C. Broders Sr, anatomopathologiste américain (1922), V. F. Marshall, chirurgien urologue américain (1952), H. J. Jewett, chirurgien urologue américain (1952), J. Chomé, anatomopathologiste français (1957), J. N. Eble, anatomopathologiste américain (2004) pour la WHO/ISUP classification of tumors of urinary tract.

Étym. lat. tumor : gonflement

Syn. papillome vésical, , polype de vessie

vessie (cancer de)

virus oncogènes l.m.p.

oncogenic virus

Virus qui provoquent des tumeurs malignes chez l’Homme ou chez l’animal.
Ce sont des virus à ADN ou ARN qui s’intègrent dans le génome d’une cellule animale ou végétale et sont susceptibles d’en modifier le rythme mitotique, de la rendre insensible aux stimulations extérieures et immortelles (ou insensibles à l’apoptose naturelle).
A côté de la mosaïque du Tabac (historiquement premier oncovirus identifié) on connaît chez l’Homme l’ Epstein Barr virus (ADN) associé à certains cancers du pharynx, certains papillomavirus (ADN) associés au cancer cervico-utérin, l’Hepadnavirus (ADN) responsable de l’hépatite B et du carcinome hépatobiliaire et chez l’animal une grande variété de rétrovirus (ARN) associés à des leucémies aviaires (Deltarétrovirus), félines
Les Deltarétrovirus (virus de la leucémie aviaire, virus du sarcome de Rous, virus HTLV1 ou Human T Leukemia Virus, associé à des leucémies se développant après plusieurs années d’infection chronique), le virus simien 40 (SV40), le virus Epstein-Barr, l’herpèsvirus humain 8 (HHV8) associé aux lésions tumorales de la maladie de Kaposi et à certaines formes de maladie de Castleman en sont d’autres exemples ; certains sérotypes de papillomavirus humains sont impliqués dans différents cancers : du  col de l’utérus, anal, ou ORL.

B. Castelman, anatomopathologiste américain (1956) ; F. P. Rous, virologue américain, prix Nobel de médecine en 1966 (1911) ; M. A. Epstein, Sir, virologiste et anatomopathologiste  et Yvonne M. Barr, virologiste britanniques (1964) ; M. K. Kaposi, dermatologiste hongrois, membre de l'Académie de médecine (1887) ; R. Dubelcco, virologiste américain d'origine intalienne, prix Nobel de médecine en 1975 (1976) : H. E. Varmus et J.M.  Bishop, biologistes américains, prix Nobel de médecine en 1989 (1976)

Syn. oncovirus

cancer du pharynx, papillomavirus, virus de l'hépatite B, carcinome hépato-cellulaire, HTLV, herpès virus 8, Kaposi (maladie de)

[F2 C1]

Édit. 2020

vulnérable adj.

vulnerable

1) Au sens général, état d’une personne qui, quel que soit son âge, est sans protection, et donc plus particulièrement exposée à des conditions délétères externes: alcool, drogues, tabac, infections, stress, agressions, abus ou maltraitance.
2) En médecine gériatrique, état des malades le plus souvent les plus isolés, mal nourris, physiquement fragiles et limités sur le plan mental.

Étym. lat. vulnerare : blesser

xanthonychie n.f.

xanthonychia

Modification de la couleur des ongles ou chromonychie, qui prennent une couleur jaunâtre.
Ses causes sont variées : interventions d’agents externes locaux (vernis à ongles et durcisseurs, tabac, dermatophytes) ou généraux (consommation abondante d’aliments riches en carotène), prise de médicaments (tétracyclines, D-pénicillamine, mépacrine), maladies générales (sida, ictère).

Étym. gr. xanthos : jaune ; onyx : ongle

ongles jaunes (syndrome des)

exposome n.m.

exposome

Ensemble des facteurs nocifs auxquels on est exposé la vie durant, incluant ceux relatifs à la vie in utero, l’environnement externe (pollution, climat, stress, bactéries et virus…) et le style de vie (tabac, alcool, obésité, sédentarité…).
La notion d’exposome a été proposée en complément de celle de génome, ces deux paramètres englobant l’ensemble des causes des maladies.

[N1]

Édit. 2018

dissection spontanée des artères coronaires n.f.

spontaneous coronary artery dissection

Dissociation d’une partie de la paroi d’une artère coronaire créant un hématome intra-mural comprimant la lumière de l’artère et pouvant aboutir à une occlusion totale et à un infarctus du myocarde.
Cette affection essentiellement féminine, représente une part importante des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans. La maladie n’est pas associée aux facteurs de risque habituels comme l’âge, l’athérosclérose, une dyslipidémie une obésité ou la consommation de tabac. Elle survient souvent chez plusieurs femmes d’une même famille suggérant une origine, au moins partiellement, génétique. Des lésions de dysplasie fibro-musculaires sont fréquemment rencontrées créant des déformations non-athéromateuses et non-inflammatoires de la paroi des artères de moyen calibre.

infarctus du myocarde, dysplasie fibro-musculaire

[K2, K4, Q1]

Édit. 2019

antithyroïdiens n.m.p.

antithyroids

Composés naturels ou de synthèse, médications ou polluants, possédant la capacité de réduire la production hormonale de la thyroïde.
Ces substances altèrent l’une ou l’autre des étapes de la biosynthèse hormonale (captage, oxydation ou organification de l’iode, couplage des iodotyrosines, protéolyse de la thyroglobuline). Elles sont potentiellement goitrogènes,  susceptibles de déterminer une hypothyroïdie, ou d’être mise à profit dans le traitement des hyperthyroïdies.
On distingue les antithyroïdiens naturels (goitrine, linamanoside, flavonoïdes….) et les antithyroïdiens  de  synthèse (dérivés de la thio-urée).
Des polluants présents dans l’eau, dans l’air, dans l’alimentation sont susceptibles d’interférer aussi avec le fonctionnement de la thyroïde : organochlorés libérés par l’industrie, thiocyanate  présent dans le tabac, perchlorate issu d’explosifs  ou d’engrais,  lithium provenant de la dégradation des piles.

antithyroïdiens naturels, antithyroïdiens de synthèse

[G4, G5, O4]

Édit. 2019

variable confondante l.f.

confounding variable

Variable aléatoire influençant,  à la fois, la variable dépendante (survenue d’un événement) et les variables explicatives (facteurs susceptibles d’influencer l’événement).
L’existence de ce type de facteur va introduire un biais dans l’analyse du lien. Il convient de la rechercher pour éviter les fausses associations expliquant que corrélation ne signifie pas causalité. Par exemple, si on étudie l’influence de la consommation de tabac sur le stress au travail, on doit aussi prendre en compte les autres facteurs (sexe, âge…) influençant ces deux variables et en évaluer l’importance en en calculant l’odds ratio (risque relatif rapproché).

Syn. facteur confondant, facteur de confusion

variable dépendante, odds ratio

[E1]

Édit. 2020

trouble de l’usage d’une substance psychotrope l.m.

Les classifications nosographiques regroupent sous cette appellation, l’ensemble des manifestations psychiques, physiques et comportementales, révélatrices d’une perte de contrôle de la consommation qui se répète malgré les conséquences individuelles (menaces sur la santé) et sociales  (menaces sur la situation familiale, professionnelle en particulier) négatives.
Le sujet a tendance à consommer davantage que souhaité ou prévu, à minimiser les conséquences de la consommation, échoue à interrompre sa consommation malgré des tentatives répétées du fait d’épisodes de craving, de l’apparition d’une tolérance ou de symptômes de sevrage.
Le trouble de l’usage peut être qualifié de léger,moyen ou grave.
Les substances susceptibles d’induire un trouble de l’usage sont nombreuses : alcool, tabac, caféine , médicaments benzodiazépiniques parmi les substances licites, cannabinoides, héroine, cocaine, amphétamines, hallucinogènes parmi les substances illicites.
Un arrêt de la consommation depuis plus de 3 mois et moins de 12 mois est qualifié de rémission précoce.
Un arrêt depuis plus de 12 mois est qualifié de rémission prolongée.
La notion de guérison ne peut être avancée qu’après 2 ans d’arrêt de toute consommation de la substance.
 

addiction, dépendance, craving, sevrage

[G4, H3]

Édit. 2020

abstinence n.f.

abstinence

Désigne le renoncement volontaire et durable à une consommation ou un comportement initialement associés à une sensation de plaisir génératrice de l’envie ou de la compulsion à répéter la consommation ou le comportement.
L’abstinence est une étape recherchée dans les cas de trouble de l’usage d’alcool ( à type d’abus et dépendance ) ou de trouble de l’usage d’une autre substance addictogène ( tabac,héroine,cannabis…).
L’obtention d’une abstinence ( durant plusieurs mois ou années ) définit la notion de rémission transitoire ou durable de la pathologie addicitve .Elle a longtemps été considérée comme la seule voie d’issue de la dépendance notamment tabagique ou alcoolique . Les avancées thérapeutiques ( traitements de substitution et médicaments d’aide au contrôle de la consommation ) ont remis en question cette notion.
Hors le domaine pathologique le renoncement durable à une consommation ou un comportement peut être sous tendu par un motif philosophique ou religieux telle l’abstinence sexuelle . 

Étym. lat.abstinentia

addiction, dépendance, trouble de l’usage d’une substance psychotrope, sevrage

[H3]

Édit. 2020

dépistage du cancer du pancréas lm

Pancreatic cancer screening

Le cancer du pancréas qui ne fait pas partie du cadre du dépistage organisé des cancers, doit dans certains cas  bien sélectionnés, être proposé au cours d’une consultation d’oncogénétique.
Il existe des facteurs de risque d’adénocarcinome pancréatique :  la pancréatite chronique, le tabac, le diabète, l’obésité et des altérations génétiques.
Au cours de la pancréatite chronique, qui est le plus souvent d'origine alccolique, le surrisque  de cancer du pancréas est trouvé avec un ratio d’incidence standardisé allant de 16,5 à 27. Dans le cas de la pancréatite chronique héréditaire,  le risque de cancer du pancréas est encore nettement supérieur à celui de la pancréatite chronique non héréditaire; le surrisque est de 69 chez les hommes et de 142 chez les femmes.
La proportion de cancers du pancréas attribuable au tabagisme est estimée à 20 %.
Il existe aussi un lien entre l’obésité de type androïde, le diabète et le cancer du pancréas. Mais il faut aussi noter que l’insulinorésistance et le diabète sont d’apparition fréquente dans les années précédant la survenue d’un cancer du pancréas.
La plupart des patients ayant ces facteurs de risque ne justifient pas le dépistage du cancer du pancréas ; c’est le cas en particulier des patients ayant une pancréatite chronique de cause alcoolique.
Par contre, les patients ayant une pancréatite chronique  héréditaire liée à des mutations de PRSS1 idiopathiques ou génétiques en rapport avec des mutations de SPINK1, CTRC ou CFTR, avec imagerie  pancréatique anormale (TDM et IRM avec CPIRM) justifient un dépistage.
Il est également  recommandé de mettre en œuvre des mesures de dépistage chez les sujets ayant  un contexte de cancers pancréatiques familiaux (avec ou sans anomalie génétique identifiée) . Les cas familiaux sont définis par l’existence d’un cancer chez au moins 2 apparentés au premier degré ou de 3 apparentés quel qu' en soit le degré . Ils représentent 5 à 10 % des cancers du pancréas. Tous les apparentés au premier degré des cas index doivent être dépistés.
Une consultation d’oncogénétique doit être proposée aux patients avec un syndrome de Peutz – Jeghers, c’est-à-dire porteurs d’une mutation constitutionnelle de LKB1/STK11 ; Formes héréditaires des cancers du sein et de l’ovaire, en rapport avec une mutation constitutionnelle des gènes BRCA1/2 porteurs d’une mutation constitutionnelle des gènes BRCA2 ou de PALB2 ayant un apparenté au premier degré ayant eu un cancer du pancréas ou au minimum 2 apparentés de tout degré ;  mélanome familial multiple porteurs de mutation du gène p16/CDKN2A, ou ayant un  syndrome de Lynch avec au minimum un cas de cancer du pancréas chez un apparenté au premier degré. Polypose adénomateuse familiale, mutation constitutionnelle du gène APC identifiée dans la famille.   L’objectif est de poser le diagnostic de cancer de forme héréditaire et/ou de faire une étude moléculaire afin d’identifier la mutation causale, de proposer un protocole de dépistage adapté et si l’anomalie moléculaire est identifiée de proposer la réalisation d’un test moléculaire ciblé aux apparentés à risque. À noter que l’absence d’identification d’une anomalie constitutionnelle ne permet pas d’éliminer le diagnostic de forme héréditaire. Ce diagnostic est alors basé sur des critères généalogiques, les antécédents personnels et familiaux du patient. Le déterminisme n’est alors pas connu (altération d’un ou de plusieurs gènes non encore identifiés).
Le dépistage caractérisé actuellement par un faible taux de détection, est néanmoins optimisé dans les populations bien sélectionnées, avec des risques de surtraitement et  d’anxiété.
 

pancréatite chronique héréditaire, STK11 gene, BRCA gene, syndrome de prédisposition héréditaire aux adénocarcinomes pancréatiques

[F2, L1, Q1]

Édit. 2020

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