Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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astrocyte n.m.

astrocyte

Cellule macrogliale comportant de nombreux prolongements cytoplasmiques qui lui donnent une forme étoilée.
Présente en abondance dans la substance blanche et surtout dans la substance grise, elle comprend un noyau dépourvu de nucléole. Occupant un volume considérable, ses prolongements cytoplasmiques forment les pieds vasculaires et contribuent à la constitution de la barrière hémato-cérébrale, tandis que d’autres se terminent sur les régions non synaptiques des neurones.
On en distingue deux types : l’astrocyte fibreux, dans la substance blanche, et l’astrocyte protoplasmique, dans la substance grise où il est un des éléments les plus nombreux parmi les cellules gliales.
Les astrocytes possèdent expérimentalement des relations avec le système immunitaire. Leur aptitude à répondre à l'effet des lymphokines et à produire des substances immunomodulatrices est pratiquement superposable. Ainsi, la barrière sang-cerveau garde l'encéphale relativement à l'abri des agressions infectieuses, mais en échange limite la diffusion des substances thérapeutiques administrées par voie générale.

Étym. gr. aster : étoile, ou astron : constellation ; kutos : cellule

biomatériau n.m.

biomaterial

Matériau,résorbable ou non, qui peut être implanté dans le corps humain pour remodeler, réparer, remplacer des fonctions ou des organes défectueux, ou même susciter leur autoréparation.
Littéralement, matériau compatible avec la vie ce qui nécessite: une innocuité obligatoire, l’absence de propriétés pro-inflammatoires, une inertie chimique lorsqu’il est en contact avec le sang, les tissus et les médicaments injectables, une capacité aussi faible que possible à fixer bactéries et fungi.
Il s’agit de toute matière, substance ou tissu d'origine biologique destiné à pallier une déficience ou un manque tissulaire, fonctionnel ou esthétique. En pratique, ce sont habituellement des matériaux implantés dans l'organisme humain ou participant à des équipements prothétiques, aussi bien d'origine naturelle qu'artificiellement créés par le génie de l'homme et son industrie ; ils peuvent également procéder de cette double filiation et être composites. Lorsque la persistance de ces matériaux est limitée dans le temps, ces derniers peuvent être assimilés, suivant les situations, à des consommables (substances visco-élastiques p. ex.), se caractérisant par une présence éphémère dans l'organisme.
Pour l'implantation cristallinienne, différentes matières sont utilisées : acrylique, Hema, PMMA (polymétacrylate de méthyle), prolène, silicone, etc.
En chirurgie, le biomatériau doit permettre la repousse tissulaire par pénétration ou substitution. En chirurgie osseuse, le corail, débarrassé de toute sa substance protéinique, est utilisé comme biomatériau naturel de remplissage ou comme appoint dans les greffes osseuses. Les céramiques d’alumine font partie des biomatériaux de synthèse. Le principal inconvénient de ces substances est leur faible résistance aux contraintes. Elles sont ostéoconductrices mais pour le moment aucune n’a de propriétés réellement ostéo-inductrices.

Étym. gr. bios : vie ; lat. materia: matière

[C2]

Édit. 2019

cataracte toxique l.f.

Différentes substances toxiques d’administration systémique peuvent être à l’origine d’une cataracte

Ceux sont les hydrocarbures ou les substances dérivées (en particulier le naphtalène et le dinitrophénol), les sels de certains métaux (thallium, cobalt, sélénium, agents antimitotiques, inhibiteurs enzymatiques) et un certain nombre de substances telles que les myotiques.
articulier les inhibiteurs de la cholinestérase) la chlorpromazine et les corticoïdes.

Étym. gr. katarraktès: chute d’une trappe, d’une porte de ville, chute d’eau, kata rassô : tomber complètement, chute d’un voile (devant les yeux)

cataracte

[P2,G4]

chanvre n.m.

Cannabis sativa L., Cannabinacées
Plante herbacée à pieds mâles et pieds femelles séparés, fournissant traditionnellement des fibres textiles.
Certaines variétés sont cultivées, particulièrement en climat chaud et sec, pour l’obtention d’une résine contenant des substances psychotropes dont le delta-9-tétrahydrocannabinol, capable d’entraîner une toxicomanie importante.
On distingue plusieurs produits, désignés par divers noms vernaculaires (haschich, marihuana, kif, bhang, ganjah, etc.) ; leur concentration en substances psychotropes et leur activité sont variables. Selon les règlementations en vigueur dans différents Etats, la culture et la consommation y sont plus ou moins sévèrement interdites. En France, culture et usage sont interdits.

cannabis

[G3]

chimie thérapeutique l.f.

Discipline d’étude et de recherche qui se consacre dans un but thérapeutique à la reproduction ou à la modification de substances naturelles, ainsi qu’à la conception et à la création de substances de synthèse.
Cette discipline est liée à la pharmacologie et à la toxicologie pour l’identification des molécules obtenues et leur éventuelle toxicité ; la création de molécules actives est aidée par la théorie et l’expérimentation qui lient les actions pharmacologiques aux structures spatiales des molécules.

[G5,G4 ]

chimiothérapie n.f.

chemotherapy

Administration à but thérapeutique d’agents pharmacologiques de nature chimique contenus dans des médicaments.
Initialement cette expression concernait des substances sans rapport avec des modèles naturels, actives vis-à-vis de parasites (organo-arséniés en particulier). Par dérivation, l'expression a été appliquée à de nombreuses substances actives de synthèse à action antibactérienne, anticancéreuse, etc., devenant ainsi synonyme de "thérapeutique par médicament chimique".

alopécie par chimiothérapie, chimiothérapie anticancéreuse, chimiothérapie intrathécale

[G5 ]

chloratio n n.f.

Introduction de chlore ou de composés chlorés dans une eau afin d’assurer une désinfection ou l’oxydation de certaines substances indésirables.
L’oxydation ainsi obtenue a pour but d’améliorer la qualité de l’eau considérée (par exemple : coloration, suppression d’un excès de fer). La chloration des eaux pour désinfection peut présenter certains inconvénients (formation de substances chimiques secondaires notamment), elle ne constitue donc pas un procédé universel de désinfection ; d’autres techniques existent.

[G5]

comprimé gynécologique l.m.

gynecologic tablet

Préparation de consistance solide obtenue par agglomération sous pression d'une ou de plusieurs substances médicamenteuses additionnée ou non d'adjuvants.
Une forme ovoïde ou ellipsoïdale aplatie est donnée aux comprimés gynécologiques pour permettre leur introduction facile dans le vagin avant leur délitement. Les comprimés gynécologiques sont destinés en principe à une thérapeutique locale, mais l'absorption au travers de la paroi vaginale vers la grande circulation est particulièrement aisée pour de nombreuses substances, p. ex. les médicaments antifongiques.

[O3,G5]

Édit. 2017

douleur (médicaments de la) l.m.p.

drugs of pain, (pain killer)

Agents pharmacologiques utilisés pour soulager la douleur, qui ne permettent pas toujours un apaisement complet de celle-ci mais procurent au moins, à la plupart des patients, une amélioration satisfaisante.
L’éventail analgésique est vaste mais limité dans ses actions et non exempt d’effets indésirables. Contre les douleurs des cancéreux, les substances disponibles sont efficaces dans environ 60 à 80% des cas.
Dans les douleurs par excès de nociception, l’action des antalgiques s’exerce :
- en périphérie, grâce à l’inhibition de la biosynthèse de substances algogènes, par l’aspirine, les anti-inflammatoire non stéroïdiens, le paracétamol, les glucocorticoïdes…
- aux niveaux médullaire et supramédullaire, grâce à l’inhibition de la transmission synaptique des influx douloureux, par la morphine.
La morphine et ses succédanés suspendent la plupart des douleurs intenses par excès de nociception, observées au cours de l’évolution des cancers et après les interventions chirurgicales. Ses effets indésirables ont été surestimés et en particulier, le risque d’induction d’une toxicomanie est réduit.
Dans les douleurs par désafférentation, les antidépresseurs non psychostimulants et certains antiépileptiques diminuent l’hyperexcitabilité neuronale. En cas d’effets indésirables trop importants, les stimulations électriques (surtout transcutanées) sont utiles.
Le schéma de l'OMS, concernant le traitement des douleurs chroniques, distingue depuis 1997, trois paliers :
- I, les médicaments non morphiniques (essentiellement paracétamol, aspirine et anti-inflammatoires non stéroïdiens) qui sont indiqués contre les douleurs légères à modérées ;
- II, les opioïdes dits "faibles" (codéine, dextropropoxyphène) associés ou non aux produits précédents, qui sont utilisables contre les douleurs modérées à sévères ou après l’échec des antalgiques du palier I ;
- III, les opioïdes "forts", avec pour référence la morphine, ils sont efficaces contre les douleurs d'emblée intenses ou après l’échec des produits du palier II.
À chaque palier, des adjuvants peuvent être associés : antidépresseurs, antiépileptiques et myorelaxants. De plus la composante antalgique de certains traitements étiologiques – chimiothérapie, radiothérapie (par réduction tumorale), corticoïdes – est souvent manifeste.
Les principales règles et principes à respecter lors de la prescription d’antalgiques sont :
- un traitement individualisé,
- le respect des contre-indications,
- la prudence chez les personnes âgées et les enfants,
- l’administration à intervalles réguliers, à horaires fixes, en fonction de la durée d'action de la substance choisie,
- l’absence de dose standard pour la morphine avec la recherche de la plus faible dose,
- la préférence pour la voie orale, sans méconnaître l’utilité des voies intraveineuse ou sous-cutanée, contrôlées par le patient lui-même, avec cependant un dispositif de sécurité intégré au pousse-seringue pour éviter les surdoses.
En fait, le nombre des médicaments de la douleur demeure limité. L’intérêt actuel se porte sur des agonistes des récepteurs opioïdes (présumés exempts des effets indésirables de la morphine) et sur les agonistes des systèmes mono-aminergiques descendants du tronc cérébral. Ce sont principalement les systèmes sérotoninergiques et noradrénergiques, dont le rôle dans la modulation de la transmission nociceptive est essentiel. Les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase 2, les antagonistes des récepteurs des acides aminés excitateurs ou des récepteurs aux neurokinines, les agonistes des récepteurs nicotiniques, les agonistes des récepteurs NT2 de la neurotensine sont aussi des voies de recherche.

Étym. lat. dolor : douleur

antalgique, analgésique, morphine, opioïde

dyslipoïdose n.f.

dyslipoidosis

Maladie héréditaire rare caractérisée par des accumulations anormales, ou thésaurismoses, de lipides ou de substances apparentées aux lipides (lipoïdes) dans certains tissus ou organes, comme la rate, le foie, la moelle osseuse, le système nerveux, la rétine, les vaisseaux sanguins.
Le plus souvent, c'est le système des histiocytes-macrophages qui accumule ces lipides, en raison d'un défaut d'un système enzymatique responsable de leur catabolisme, généralement lysosomique.
On classe les dyslipoïdoses selon les substances accumulées : cholestérol (xanthomatoses, maladie de Hand-Schüller-Christian), céramides (maladie de Farber), sphingomyélines (maladie de Niemann-Pick), glucosidocéramide (maladie de Gaucher), di- et trihexosidocéramides (maladie de Fabry), gangliosides (maladie de Tay-Sachs, maladie de Hurler, maladie de Landing), sulfatides (maladie de Scholz), etc.

Syn. (moins usuel) : lipoïdose

équivalent-air, équivalent-eau l.m.

air-equivalent, water-equivalent

En physique, se dit d'une substance dont la composition atomique est telle que l'énergie déposée par unité de masse par le rayonnement y est très voisine de celle déposée dans l'air (ou dans l'eau).
Des substances solides équivalent-air sont utilisées pour constituer la paroi de chambres d'ionisation et des substances équivalent-eau pour les fantômes solides

[B1]

Édit. 2018 

excipient n.m.

excipient

En pharmacotechnie, ensemble des substances auxiliaires  accompagnant le principe actif, dépourvues d’action thérapeutique recherchée, destinées à diluer ou à permettre la mise en forme galénique du médicament.
Parmi les excipients figurent les substances qui permettent la présentation solide ou liquide du principe actif, les conservateurs, les aromatisants et les colorants éventuels, correspondant donc en règle générale à tout ce qui, dans un médicament n'est pas le principe actif. En réalité, les excipients ne sont pas tous totalement inertes car, dans certains cas, ils peuvent contribuer eux-mêmes à un effet recherché tel qu’hydratant dans les préparations cosmétiques.

Étym. lat. excipiens de excipere : recevoir, accueillir.

[G3]

Édit. 2018  

flavonoïde n.m.

flavonoid

Nom générique désignant un vaste groupe de substances naturelles polyphénoliques (plus de 3000), généralement colorées en jaune, présentes de façon quasi universelle dans les organes végétaux (feuilles, tiges, fleurs,  fruits) contribuant à leur coloration.
La structure chimique de base est le 2-phénylchromone, exceptionnellement le 3-phénylchromone, possédant le groupe phénol de façon répétitive. Ces substances polyphénoliques sont présentes à l’état libre (aglycones ou génines) ou le plus souvent à celui de glycosides ou hétérosides, plus nettement hydrosolubles que les premiers.
En phytochimie, on classe les flavonoïdes selon la nature de la structure de base. 1° phénylchromones subdivisés en flavones, flavonols et leurs dimères ; flavanones. 2° 3-phénylchromones dont les isoflavones (ex. génistéine à action œstrogénique); 3° 2-phénylchromanes : flavanes incolores et leurs dérivés phénoliques (catéchines assurant une liaison avec les tanins) ; 4° divers autres types  structurels (chalcones et benzalcoumaranones). Parfois rattchés au noyau benzylpyrrylium, les anthocyanes peuvent être également classés dans le cadre général des flavonoïdes.
Le rôle des flavonoïdes dans les plantes reste insuffisamment expliqué. Présents dans nombre d’aliments, les légumes verts et les fruits en particulier, les flavonoïdes sont abondamment consommés dans la ration alimentaire normale où ils agissent en association avec l’acide ascorbique. Plusieurs flavonoïdes naturels, d’hémisynthèse, voire de synthèse imitative sont proposés en thérapeutique pour des effets protecteurs de la perméabilité vasculaire et de la résistance capillaire. On a parlé de vitamine P (perméabilité vasculaire). Certains exercent des effets diurétiques et sont des inhibiteurs d’enzymes.  

Étym. lat. flavus : jaune

vitamine P

[C1]

Édit. 2018

déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD) l. m.

glucose-6-phosphate deshydrogenase deficiency

Déficit enzymatique en glucose-6-phosphate déshydrogénase érythrocytaire, le plus répandu dans le monde, responsable d’hémolyse.
Cette maladie était dénommée « favisme » car l'ingestion de fèves qui contiennent des substances oxydantes, peut provoquer des crises d'hémolyse aigüe. Le philosophe grec Pythagore aurait recommandé de ne pas manger de fèves par crainte de la maladie. En 1956, Carson établit une relation entre le déficit enzymatique et la survenue d'anémie chez les patients prenant de la primaquine, médicament contre le paludisme. Cette même année, Crosby fait la relation entre cette maladie et le favisme.
Sa répartition couvre l’Afrique, l’Inde, le bassin méditerranéen, le Moyen-Orient et le sud-est asiatique. Les migrations de populations font qu'aujourd'hui, il ne s'agit plus d'un déficit rare, il toucherait entre 100 et 400 millions d’individus et on estime qu'un minimum de 100 000 à 200 000 patients vivent en France. Dans certaines régions d’Afrique centrale, la fréquence des porteurs sains dépasse 15% de la population.
Le gène responsable (G6PD), séquencé en 1986, a permis de découvrir plus d'une centaine de mutations.La maladie est transmise génétiquement sur le mode récessif, lié au bras long du chromosome sexuel X où se situe le gène G6PD produisant l'enzyme. Elle est essentiellement exprimée chez les sujets de sexe masculin (XY) dits hémizygotes, car ils possèdent un seul allèle du gène (sur l’X). La maladie, chez les filles homozygotes, a la même traduction que chez les garçons.
Le déficit en G6PD bloque la première réaction d'oxydation de la voie des pentoses phosphates. Ainsi, la sous-production de NADPH qui en résulte, réduit fortement les capacités cellulaires à lutter contre le stress oxydant. Les hématies utilisent la voie des pentoses phosphates pour créer du NADPH nécessaire à la formation du glutathion, l'autre voie classique, utilisant les mitochondries qui n'existent pas dans les globules rouges. Ce dernier est impliqué dans la diminution du stress oxydatif des hématies dont la membrane cellulaire ainsi fragilisée, est détruite ce qui provoque une anémie aigue par hémolyse avec un taux de réticulocytes élevé (anémie régénérative), une augmentation de la bilirubine non conjuguée pouvant aller jusqu'à l'apparition d’un ictère. L'hémoglobine est transformée en méthémoglobine et des corps de Heinz apparaissent dans les hématies et permettent le diagnostic. 
Avoir un déficit en G6PD ne signifie pas forcément être malade. En effet, sans accident particulier, la personne est bien portante, ne se plaint de rien et l' espérance de vie est normale. Elle devra, durant toute sa vie, connaître et respecter certaines consignes pour éviter les complications auxquelles le prédispose ce déficit. Sa gravité et les circonstances déclenchantes varient d'un individu à l'autre, en raison des nombreuses mutations possibles du gène responsable avec des conséquences variables sur l'activité de la G6PD.
Les mesures principales à recommander sont préventives en évitant de ne jamais ingérer de fèves et ne jamais être traité avec certains médicaments (comme les anti-paludiques par exemple) et autres substances oxydantes.
La crise peut être causée également par des infections (en particulier, hépatites virales).A contrario, il est établi que le déficit en G6PD protège du paludisme en favorisant la phagocytose précoce des hématies parasitées.

W. H. Crosby, hématologiste américain (1956) ; A. S. Alving et P. E. Carson, médecins américains (1956) ; Groupe de Travail de l’OMS (1990) ; E. Beutler, hématologiste et biochimiste américain (1991)

favisme , glucose-6-phosphate déshydrogénase, primaquine, NADPH, glutathion

[F1,Q1,Q2]

Édit. 2018

hémoperfusion n.f.

hemoperfusion

Méthode d'épuration extrarénale qui fait appel au pouvoir absorbant de certaines substances comme le charbon activé pour retirer de l'organisme diverses substances éventuellement toxiques.
Elle est complémentaire de l'hémodialyse mais ne peut se substituer à elle dans la mesure où elle ne peut assurer le contrôle du bilan hydro-électrolytique et notamment la soustraction d'eau de l'organisme

hémodialyse

[M1]

hypersignal (en IRM) n.m.

hypersignal

Signal de forte intensité, apparaissant sur l’image IRM comme une plage blanche ou gris pâle. En T1, c’est le signal des substances à T1 court : lipides (graisse, tumeurs graisseuses, moelle osseuse grasse…), liquides riches en protéines (mucocèles, kystes tumoraux…), substances à effet paramagnétiques (gadolinium…), fer (hématome subaigu), radicaux libres (mélanine), posthypophyse…. En T2, c’est le cas de l’eau libre (urine, LCS, épanchements, liquide synovial…) de l’eau interstitielle (œdème, inflammation…), du sang stagnant, des liquides pauvres en protéines….

signal (en IRM)

[B2,B3]

Édit. 2018

hyposignal (en IRM) n.m.

hyposignal

Signal de faible intensité, apparaissant sur l’image IRM comme une plage noire ou gris foncé. C’est le cas en l’absence de protons (air), des substances à T2 court (tissus calcifiés (os cortical, émail, calcifications), des tissus riches en collagène (tendons, ligaments, fascias…), des liquides riches en protéines, des liquides stagnants (urine, LCS, épanchements, œdème, inflammation…), des substances à effet paramagnétique (gadolinium concentré), du fer en concentration élevée (hémochromatose), des certains hématomes….

signal (en IRM)

[B2,B3]

Édit. 2018

intoxication alimentaire l.f.

food poisoning

Ensemble des accidents provoqués par des substances toxiques ou des agents infectieux apportés par l'alimentation.
Les intoxications d'origine microbienne, de loin les plus fréquentes, sont provoquées par la contamination des aliments par des Salmonelles, le Staphylocoque doré, le Clostridium perfringens ; d'autres germes comme Escherichia coli, le vibrion cholérique, Yersinia enterocolitica, diverses espèces de  Shigella, Clostridium botulinum ont été mis en cause. Certains champignons sont également responsables d’intoxications alimentaires. Les symptômes sont les conséquences de la production d'une toxine par le germe ou directement en rapport avec l'action du microorganisme sur la muqueuse digestive. La durée de la période d'incubation de quelques heures dépend du microorganisme en cause. Les manifestations des intoxications alimentaires doivent être distinguées de celles des intolérances alimentaires liées à une réaction anormale de l'organisme à des substances normalement contenues dans les aliments : intolérance au glutamate, allergie digestive, intolérance au lactose etc.
Syn .toxi-infection alimentaire

champignons, champignons (accidents précoces par ingestion de), champignons (accidents tardifs par ingestion de)

larvicide n.m.

larvicide

Procédé ou substance qui tue les larves.
Désigne un effet ou une substance qui tue les larves en particulier d’anophèles, par ingestion, contact ou blocage respiratoire et qui comprennent des composés chimiques (vert de Paris, DDT), des substances biologiques (Bacillus thuringiensis), des substances naturelles (huile de paraffine) ou des prédateurs (Gambusia, Notobranchius).

opiacé n.m. (et adj.)

opiate

Se dit d’une substance qui contient de l’opium ou l’un de ses dérivés semisynthétiques qui en a les propriétés.
Les substances opiacées telles que codéine, morphine et substances hémi-synthétiques dérivées de ces molécules et de la thébaïne, peuvent faire l’objet d’abus toxicomaniaques.
On utilise également ce terme pour désigner les dérivés de l’opium. P.ex. : « toxicomanie aux opiacés ».

analgésiques centraux, douleur (médicament de la), opioïde

Édit. 2017

pharmacologie inverse l.f.

Pharmacologie de développement récent, qui résulte de l'isolement dans le génome de gènes identifiés par homologie avec d'autres gènes ou à la suite de séquençages industriels sans sélection préalable.
Ces gènes exprimés dans les cellules pouvant les rendre sensibles à l'action de certaines substances, on en déduit qu'ils codent pour des enzymes ou des récepteurs actifs pharmacologiquement.
Cette pharmacologie suit donc une démarche qui va du gène à la fonction, alors que la pharmacologie moléculaire traditionnelle procédait de la fonction à la protéine puis au gène : elle recherchait une protéine douée d'activité biologique dite pharmacologique, en se fondant sur l'effet de substances sur certaines cellules. Le biochimiste isolait la protéine et, par synthèse d'oligonucléotides basés sur la séquence, localisait le gène correspondant.
La pharmacologie inverse a ainsi identifié de nombreux sous-types de récepteurs, par ex. de la sérotonine (14 sous-types au lieu de 3 ou 4 attendus de la pharmacologie classique) ou de la dopamine (7 au lieu des 2 connus), etc.

photoprotection n.f.

photoprotection

Méthode mettant en œuvre des moyens physiques ou chimiques, naturels ou artificiels, pour obtenir une protection de la peau contre les effets délétères du rayonnement solaire.
On en distingue plusieurs types : la protection naturelle est induite par des constituants de la peau comme le système pigmentaire, la pilosité, l'épaississement épidermique, les pigments caroténoïdes, l'acide urocanique, les systèmes de réparation de l'ADN; la photoprotection artificielle comprend la photoprotection externe dite "passive", par le port de vêtements dont le degré de photoprotection dépend de la nature du textile et de son tissage, et par l'application de filtres et/ou d’ écrans solaires, et la photoprotection interne, qui tente de remplacer ou de renforcer les mécanismes de protection naturelle défaillants ou insuffisants, notamment dans les photodermatoses, grâce aux antipaludéens de synthèse, aux caroténoïdes, à l'acide para-aminobenzoïque, à la vitamine PP. Quant à la photoprotection dite "active", qui consiste en l'apport par voie externe ou interne de substances absorbant les radicaux libres telles que vitamine C, vitamine E, substances anti-inflammatoires, etc., elle est en cours d'évaluation chez l'homme.

Syn. protection solaire

poumon (fonctions métaboliques du) l.f.

metabolic functions of the lung

Fonctions métaboliques importantes du poumon en dehors de celle d'assurer les échanges gazeux.
La biosynthèse des phospholipides tels que la dipalmitoyl-glycérophosphoryl-choline, composant du surfactant, se fait dans les poumons. De même le métabolisme des glucides intervient pour constituer les mucopolysaccharides du mucus bronchique.
Le poumon est le lieu d'élaboration normale du collagène et de l'élastine de son parenchyme, mais dans des conditions anormales les leucocytes ou les macrophages libèrent des protéases qui dégradent ces protéines, il en résulte un emphysème périlobulaire.
Une part importante des cellules de l'endothélium vasculaire est située dans les poumons, aussi le passage du sang à travers le poumon joue un rôle important dans le métabolisme des substances vaso-actives : grâce à l'enzyme convertisseur de l'angiotensine situé dans de petites cavités des parois capillaires (caveolæ intracellulares), l'angiotensine I est transformée en angiotensine II, cinquante fois plus active que son précurseur.
De nombreuses substances sont inactivées par les enzymes pulmonaires, telles la bradykinine (inactivée à 80%) la sérotonine, les prostaglandines E1, E2 et F2alpha la noradrénaline (inactivée à un peu plus de 30%), par contre l'histamine est peu affectée. Le poumon peut vraisemblablement capter et jouer un rôle dans le métabolisme de certains médicaments.

emphysème, lobe pulmonaire, œdème pulmonaire, rénine-angiotensine (système), surfactant

prostaglandine n.f.

prostaglandine

Chacune des substances pharmacologiquement actives dérivées de l'acide prostanoïque.
Les prostaglandines sont biosynthétisées par la plupart des cellules de l’organisme : elles ont une demi-vie courte dans les milieux biologiques et agissent localement par effet autocrine ou paracrine.
Schématiquement, les prostaglandines de la série 1 sont dérivées de l'acide eicosatriénoïque, celles de la série 2 de l'acide eicosatétraénoïque (acide arachidonique), et celles de la série 3 de l'acide eicosapentaénoïque. Seules les prostaglandines de la série 2 semblent avoir une importance biologique. Les enzymes responsables de synthèse à partir de l'acide arachidonique sont les cyclooxygénases (COX), dont il existe une forme constitutive (COX1) et une forme inductible (COX2). L'inhibition pharmacologique des COX par les antiinflammatoires non stéroïdiens rend compte de l'effet antiinflammatoire de ces substances.
Pour plus de précision il faut ajouter que
- leur structure d'acides gras cycliques à 20 atomes de carbone leur a valu le nom d'eicosanoïdes qu'elles partagent avec d'autres dérivés métaboliques des acides gras polyéthyléniques à 20 carbones (thromboxanes, leucotriènes).
- les principales prostaglandines proviennent de la peroxydation de l'acide arachidonique, et ont 2 doubles liaisons : elles forment la classe des PG2 ; celle des PG3 qui ont 3 doubles liaisons dérivent de l'acide eicosapentaénoïque et se trouvent chez les esquimaux qui se nourrissent de graisse de phoque. La prostaglandine I2, isomère époxy 6-9 de la PGE2 est appelée prostacycline. Les prostaglandines D sont des isomères des PGE dans lesquels les fonctions cétone et hydroxyle ont une position inverse dans le cycle. Les prostaglandines A, B et C ont une double liaison dans le cycle pentanique. Les deux autres classes de prostaglandines dérivent d'acides gras à 20 carbones ayant une double liaison en moins en 5-6 (PGE1, PGF1) ou en plus en 17-18-cis (PGE3, PGF3). La première prostaglandine biosynthétisée dans les cellules par action de 2 molécules de dioxygène sur une molécule d'acide arachidonique, est nommée PGG2 (endoperoxy-9-11-hydroperoxy-15-prostadiènoïque). Celle-ci est réduite par la glutathion-peroxydase en prostaglandine H2 qui est biosynthétisée, stockée et sécrétée par les plaquettes sanguines et utilisée par les cellules des parois artérielles qui les transforment en prostacycline. Dans les plaquettes sanguines elle est également transformée en thromboxanes sous l'action d'une thromboxane-synthase.
Les prostaglandines sont impliquées dans les processus inflammatoires (douleur, œdème). Elles agissent sur les muscles lisses (vasodilatatrices, bronchodilatatrices), sur le muscle utérin (déclenchement de l'accouchement, avortement), sur l'intestin (stimule la contraction), sur le système nerveux central, sur les plaquettes sanguines, sur les adipocytes (lipomobilisation), etc. Elles sont spécialement utilisées :
- en obstétrique où leurs effets sont multiples : elles sont lutéolytiques ; elles sont ocytociques et présentes en fortes concentrations dans les membranes de l’œuf et dans le liquide amniotique au début de la parturition ; sous forme de gel ou d’ovule, elles sont utilisées pour déclencher artificiellement le travail de l’accouchement ou des avortements et pour induire une maturation du col préalable au déclenchement ; elles sont vasoactives et responsables, notamment PGE2, de la forte baisse des résistances vasculaires pendant la grossesse et du maintien de la perméabilité du canal artériel pendant la vie fœtale;
- dans le tube digestif, où l'effet le mieux connu des prostaglandines est sur la sécrétion gastrique, elles stimulent la sécrétion de mucus et de bicarbonates, et à doses pharmacologiques peuvent inhiber la sécrétion acide pariétale. De ce fait, des analogues de synthèse comme le misoprostol sont utilisés en prophylaxie des lésions gastriques induites par les antiinflammatoires non stéroïdiens;
- dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire.
Elles ont été découvertes en 1935 dans les vésicules séminales du mouton par von Euler (qui a cru par erreur qu'elles étaient sécrétées par la glande prostatique)

U. von Euler, physiologiste suédois, prix Nobel de médecine en 1970 (1935)

Étym. prostate

Sigle : PG

PGA, PGB, PGC, PGD, PGE, PGF, PGI, PGH, poumon (fonctions métaboliques du), prostanoïque (acide)

rate n.f.

splen ; lien (TA)

spleen

Organe lymphoïde volumineux (poids moyen 200g), situé dans l’hypochondre gauche, en arrière de l’estomac, au-dessous et en dedans du diaphragme, en avant du rein gauche et au-dessus de la courbure colique gauche et du ligament phrénico-colique gauche.
Maintenue en place par les organes voisins, les vaisseaux spléniques, le péritoine et les replis péritonéaux (notamment le ligament gastro-liénal et le ligament pancréatico-liénal), la rate a une forme polyédrique à quatre faces, avec un grand axe à peu près parallèle à la dixième côte, fortement oblique en avant, en dehors et en bas. Elle est plus large et plus épaisse en bas et en avant qu’en haut et en arrière. La face diaphragmatique, postéro-latérale, régulièrement convexe et entièrement tapissée par le péritoine, est en contact avec le diaphragme. La face rénale, inféro-médiale, concave, se moule sur la convexité de l’extrémité supérieure de la glande suprarénale et de la partie supéro-latérale du rein gauche. La face gastrique, antéro-médiale, concave, répond à la face postérieure de l’estomac ; elle est occupée par le hile splénique, rangée de fossettes par lesquelles les vaisseaux spléniques pénètrent dans l’organe ; cette face est reliée à l’estomac par le ligament gastro-liénal et à la queue du pancréas par le ligament pancréatico-liénal ; la queue du pancréas peut y marquer une empreinte. La face colique, basale, presque plane,  est dirigée en dedans, en bas et un peu en avant; elle s’appuie sur l’angle colique gauche. La rate est recouverte d’une capsule fibreuse qui envoie des tractus fibreux dans la pulpe splénique, les trabécules spléniques. La pulpe splénique, rouge, est parsemée de nodules blancs qui forment la pulpe blanche. La pulpe rouge est constituée de sinus remplis de sang, bordés de cellules réticulo-endothéliales et séparés les uns des autres par des travées lymphoïdes (les cordons de Billroth). La pulpe blanche est représentée par les nodules lymphoïdes spléniques à centre germinatif bien développé (les corpuscules de Malpighi). Organe hémopoïétique myéloïde chez le fœtus, lymphoïde monocytaire dans la vie post-fœtale, la rate constitue un réservoir important de sang qui peut, en cas de besoin, libérer dans la circulation générale, très rapidement, environ 150 à 200ml de sang. En tant qu’organe important du système réticulo-endothélial, elle intervient dans le processus d’hémolyse, dans l’élaboration de l’hémoglobine et des pigments biliaires, et dans la production d’anticorps. Elle est capable de fixer des cellules, des protozoaires, des bactéries et des substances chimiques diverses. La mise en réserve anormale de certaines substances au niveau de la rate est à l’origine d’un grand nombre d’affections.

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